dimanche 27 février 2011

Parole de Dieu
Mt 6, 24-34
Dimanche 27 février

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait :
Aucun homme ne peut servir deux maîtres :
ou bien il détestera l'un et aimera l'autre,
ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent.
C'est pourquoi je vous dis :
Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie,
au sujet de la nourriture, ni pour votre corps,
au sujet des vêtements.
La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
et le corps plus que les vêtements ?
Regardez les oiseaux du ciel :
ils ne font ni semailles ni moisson,
ils ne font pas de réserves dans des greniers,
et votre Père céleste les nourrit.
Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?
D'ailleurs, qui d'entre vous, à force de souci,
peut prolonger tant soit peu son existence ?
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ?
Observez comment poussent les lis des champs :
ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Or je vous dis que Salomon lui-même,
dans toute sa gloire,
n'était pas habillé comme l'un d'eux.
Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs,
qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu,
ne fera-t-il pas bien davantage pour vous,
hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ;
ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ?'
ou bien : 'Qu'allons-nous boire ?'
ou encore : 'Avec quoi nous habiller ?'
Tout cela, les païens le recherchent.
Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Cherchez d'abord son Royaume et sa justice,
et tout cela vous sera donné par-dessus le marché.
Ne vous faites pas tant de souci pour demain :
demain se souciera de lui-même ;
à chaque jour suffit sa peine.


"« Le Seigneur est mon appui : il m’a dégagé, m’a donné du large, il m’a libéré, car il m’aime ». L’antienne d’ouverture de la liturgie de ce jour nous en donne le fil rouge et la clé d’interprétation : la Parole de Dieu veut nous libérer de nos asservissements, afin que nous connaissions « la joie de le servir sans inquiétude », et que « les événements de ce monde se déroulent dans la paix, selon le dessein » du Père (cf. Or. d’ouv.).
D’où viennent nos divisions, nos oppositions, nos conflits ? De nos divisions, nos oppositions, nos conflits intérieurs, que nous projetons - individuellement et collectivement - sur notre entourage ! « Aucun homme ne peut servir deux maîtres », nous dit Jésus ; et pourtant, combien de faux maîtres n’avons-nous pas ? Tantôt nous aimons l’un et détestons l’autre, tantôt nous nous attachons à ce dernier et méprisons le premier. Nous sommes sans cesse en contradiction intérieure, divisés entre nos multiples appartenances contradictoires. Jésus choisit pour exemple l’argent, qui constitue le paradigme de nos convoitises, puisqu’il donne accès à l’avoir, au pouvoir et à la gloire selon ce monde. Ce n’est pas l’argent en tant que tel qui est mis en cause : s’il n’existait pas, il faudrait réinstaurer le troc - ce qui ne serait probablement guère mieux. Mais c’est notre relation à l’argent que Jésus critique : de serviteur, ou plutôt de moyen d’échange de biens et de services, il est devenu une fin en soi, un absolu, c’est-à-dire une idole. Lorsque Jésus met en accusation « l’argent trompeur » (Lc 16, 9), il dénonce le mensonge qu’il représente : ces quelques pièces de métal éveillent en nous des désirs inavouables, qui sont à mettre en lien avec le péché des origines. Coupés de Dieu, nous sommes enfermés dans nos peurs : peur de l’avenir, peur de l’autre, peur de la maladie, peur des imprévus, peur des revers de fortune ; aussi sommes-nous en quête de sécurité, d’assurances en tous genres, que nous espérons trouver dans l’argent, supposé nous prémunir de tous les aléas de la vie. Illusoire le repos qui prétend se fonder sur l’abondance matérielle ! ..."

Et quelle image avons-nous de Dieu ?

"Mais pour faire confiance au Seigneur, il nous faut d’abord nous laisser guérir de notre défiance envers le Dieu rival, jaloux de notre bonheur, cette idole monstrueuse qui tyrannise notre cœur depuis que le Serpent a perverti en nous l’image du Dieu Père. Les quelques versets du prophète Isaïe que la liturgie nous propose en première lecture sont un véritable antidote contre ce venin : « Jérusalem disait : “Le Seigneur m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée”. Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait t’oublier, moi, je ne t’oublierai pas. Parole du Seigneur tout-puissant ». Où est-il le paternel tyrannique qui nous enferme dans la peur ? Cette idole n’a jamais existé que dans notre cœur blessé par le mensonge de l’Ennemi ; la peur de Dieu est l’ivraie la plus redoutable que le malin ait semée dans le champ de nos vies. Elle pousse avec le blé et menace de l’étouffer ; mais le seul moyen de l’empêcher de nuire, ce n’est pas de l’arracher au risque d’arracher aussi les épis, mais c’est de promouvoir la croissance du bon grain, en fortifiant notre foi par l’écoute de la Parole et l’accueil de l’Esprit d’amour dans la prière et les sacrements (cf. Mt 13, 24-30)."

De la confiance à l'abandon responsable :

"C’est donc une double idolâtrie que Jésus dénonce, l’une entraînant probablement l’autre : l’idolâtrie d’un Dieu lointain, exigeant, indifférent aux besoins de l’homme ; et l’idolâtrie de l’Argent. Il n’est pas impossible que la seconde ne soit qu’une compensation pour l’insatisfaction engendrée par la première. Telle est l’attitude des « païens » qui ignorent le vrai visage de Dieu, et continuent de s’inquiéter quotidiennement quant au boire et au manger. Celui qui se sait fils du Père, travaille certes pour subvenir aux besoins des siens, et participe au bien commun de la société à laquelle il appartient ; mais il le fait dans la liberté filiale, c’est-à-dire dans la certitude que Dieu est avec lui dans son effort comme dans son repos, dans ses succès comme dans ses échecs professionnels. De maître, l’argent peut devenir serviteur parce que dans son rapport à Dieu, le croyant est passé de la servitude au service, de la peur à la confiance filiale. Son souci n’est plus de sauvegarder sa vie - il sait maintenant qu’il la reçoit à chaque instant de son Père comme un don d’amour - mais de travailler pour établir la justice du Royaume, c’est-à-dire de rendre à chacun ce dont il a besoin afin qu’il puisse vivre dans la dignité de fils de Dieu ; à commencer par ceux qui lui sont les plus proches : ceux qui lui sont confiés et qu’il est chargé de servir." (P. Joseph-Marie)


samedi 26 février 2011

Parole de Dieu
Mc 10, 13-16
Vendredi 26 février

On présentait à Jésus des enfants
pour les lui faire toucher ;
mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :
« Laissez les enfants venir à moi.
Ne les empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis :
celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu
à la manière d'un enfant n'y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

Jésus se sent bien avec les enfants. Il fait partie de leur monde et ils se reconnaissent en Lui. En eux il n'y a pas d'arrière pensée, il y a de la confiance et de l'abandon. L'enfant sait reconnaître Jésus, il le fait non avec sa tête, mais avec son cœur. Daniel Ange a écrit un livre intitulé : "Ces enfants, nos théologiens." Souvent les paroles simples de l'enfant sur Dieu, sur Jésus, sont d'une extrême profondeur et d'une grande justesse car il est directement connecté à la Source, vivant son réel dans le présent, là où jaillit la Présence et donc la relation vraie. Son regard est limpide ...
L'adulte, lui, a tendance à fuir dans le passé où à se projeter dans l'avenir, dans la difficulté de vivre le présent. D'où toutes ses complications et ses replis sur lui-même, ses aspirations à la domination et au rapport de force ... à la reconnaissance.
Tout le cheminement spirituel consiste à retrouver la simplicité de l'enfant, sa spontanéité dans l'amour au delà de tous calculs : "le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent". L'enfant nous révèle l'aspiration de notre cœur et aussi tout le chemin qu'il reste à parcourir ... c'est ainsi qu'il peut être dérangeant pour l'adulte : "les disciples les écartèrent vivement". La parole de Jésus doit nous interpeler et ne plus nous lâcher : "Si vous ne redevenez comme des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume." Être comme un enfant, c'est aussi reconnaître qu'on ne sait pas tout et même qu'on ne sait rien et qu'on a tout à apprendre ...

vendredi 25 février 2011

Parole de Dieu
Mc 10, 1-12
Jeudi 25 février

Jésus arrive en Judée et en Transjordanie.
De nouveau, la foule s'assemble près de lui,
et de nouveau, il les instruisait comme d'habitude.
Des pharisiens l'abordèrent
et pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient :
« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui répondirent :
« Moïse a permis de renvoyer sa femme
à condition d'établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua :
« C'est en raison de votre endurcissement qu'il a formulé cette loi.
Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme.
A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère,
il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un.
Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! »

Le mariage demande l'Amour dans le sens essentiel de ce mot qui se résume en Jésus-Christ donnant sa vie sur la Croix pour l'humanité. Chacun des époux est appelé à aimer l'autre comme le Christ nous a aimé : vouloir le bien, le meilleur pour l'autre et non pas se servir de l'autre pour soi. Ce qui demande la reconnaissance de la dignité de l'autre reconnu comme une personne et non comme un objet. L'autre reste toujours un mystère dans les racines de son être qui plonge dans la Lumière de Dieu. Chacun des époux est sacré et doit être respecté dans ce mystère. L'un n'est pas au-dessus de l'autre, il y a égalité en dignité. Mais chacun apporte à l'autre ce qu'il est pour l'accomplissement de l'autre, il y a complémentarité ... ainsi les deux ne font qu'un dans une communion qui se veut Alliance. Cette union ne peut que porter un fruit commun où l'Amour se fait chair ...

jeudi 24 février 2011

Parole de Dieu
Mc 9, 38-40
Mercredi 22 février

Jésus disait à ses disciples :
"Celui qui vous donnera un verre d'eau
au nom de votre appartenance au Christ, amen,
je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
Celui qui entraînera la chute d'un seul de ces petits
qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui
qu'on lui attache au cou une de ces meules
que tournent les ânes, et qu'on le jette à la mer.
Et si ta main t'entraîne au péché, coupe-la.
Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle
que d'être jeté avec tes deux mains dans la géhenne,
là où le feu ne s'éteint pas.

Si ton pied t'entraîne au péché, coupe-le.
Il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle
que d'être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne.
Si ton oeil t'entraîne au péché, arrache-le.
Il vaut mieux entrer borgne dans le royaume de Dieu
que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne,

là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas.
Car tout homme sera salé au feu.
C'est une bonne chose que le sel ;
mais si le sel cesse d'être du sel,
avec quoi allez-vous lui rendre sa force ?
Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous.

Quel est le scandale par excellence ? - Le manque de charité : "Ne pas donner un verre d'eau à l'un de ces petits ..." Ce verre d'eau est symbolique de toute une façon d'être envers son frère. Le chemin nous est tracé par Jésus Lui-même lavant les pieds de ses disciples et les invitant à faire de même; libérant et guérissant sans distinction de personnes; invitant à donner comme on lui donnerait à lui : "ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.", à pardonner sans mesure et à pardonner à ses ennemis. Ne pas seulement se dire chrétien, mais l'être en vérité, en n'oubliant jamais que "Dieu ne fait pas de différence entre les hommes." Oui, le scandale, c'est d'être un contre témoignage de la charité. Combien de regards qui tuent alors que plein d'amour, ils devraient donner la vie et faire exister l'autre; combien de main qui ne se tendent pas lorsque la main d'un frère ou d'une sœur en humanité se tend dans un geste qui demande une aide; combien de pieds se détournent du chemin sur lequel se trouve quelqu'un dans le besoin. Un sourire seul peut donner le Soleil. Être Sel, c'est permettre par notre charité de redonner goût à la vie à notre prochain.

mercredi 23 février 2011

Parole de Dieu
Mc 9, 38-40
Mercredi 22 février

Jean, l'un des Douze, disait à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu'un chasser
des esprits mauvais en ton nom ;
nous avons voulu l'en empêcher,
car il n'est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit :
" Ne l'empêchez pas, car celui qui fait un miracle
en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;

celui qui n'est pas contre nous est pour nous."

Nous voyons dans les Évangiles, des hommes et des femmes qui normalement devraient être loin de Jésus en tant que païens et qui en fait sont proches de Lui. Ainsi de la cananéenne qui vient toucher le pan de son manteau; du centurion qui demande la guérison de son serviteur. A la première, Jésus dira : "Qu'il te soit fait selon ta foi !"; au second : "Jamais je n'ai trouvé autant de foi en Israël !" Et Jésus aura ces paroles : "Vous vous jugez selon les apparences, moi je juge selon le cœur." Cet homme qui chasse les esprits mauvais en son nom, Jésus le connaît de l'intérieur et il sait la relation profonde qui le relie à Lui et la foi qui le fait vivre.
Jean a cette parole étonnante : " ... il n'est pas de ceux qui nous suivent." Il identifie le groupe des disciples à Jésus. Il y voit une élite qui seul peut détenir le pouvoir de libération de Jésus. Comme si le fait de le suivre physiquement suffisait à le suivre en vérité, de cœur. Jésus casse cette perspective. Le suivre en vérité est d'abord une réalité intérieure et seul Jésus sait "ce qu'il y a en l'homme", c'est-à-dire au fond de son cœur. Nous ne sommes pas habilité à en juger.

mardi 22 février 2011

Parole de Dieu
Mt 16, 13-19
Mardi 22 février

Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe,
et il demandait à ses disciples :
« Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, il est Jean Baptiste ;
pour d'autres, Élie ;
pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara :
« Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

L'Église repose sur la proclamation de Pierre, inspirée par le Père Lui-même : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant !" Pierre comprend-il vraiment ce qu'il dit ? ... Il le comprendra à la Pentecôte où l'Esprit-Saint lui donnera l'intelligence du cœur. Et c'est en ce Jour et à cette Heure que l'Église sera vraiment fondée. Aujourd'hui, nombre de chrétiens disent "oui" à Jésus et laisse de côté l'Église, allant jusqu'à lui dire "non". C'est un contresens total ! Jésus ne s'oppose pas à l'Église, il en est le Fondateur, il l'a voulu : "Tu es Pierre, et sur cette Pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux."
Parfois les hommes qui forment l'Église et nous en sommes, peuvent nous agacer, mais en son cœur elle est Sainte et la voix du Père ne cesse de s'y faire entendre par la Parole qu'est le Fils incarné, dans le Souffle qu'est l'Esprit. C'est de son cœur que jaillit la grâce des Sacrements qui sont action du Christ pour nous aujourd'hui. Et combien leur tournent le dos, le tournant ainsi au Christ.
Il est facile de se faire juge, cela évite de se remettre soi-même en question comme si nous étions au-dessus de la mêlée. Tous ceux qui forment l'Église sont en chemin ...
Écoutons St Paul :
" Il s'agit de connaître le Christ, d'éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts. Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j'ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, je ne pense pas l'avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l'avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus." (Ph 3, 10-14) Dans une course, les participants ne sont pas tous au même point du parcours ... l'important, c'est de courir et d'arriver. Ainsi pour les baptisés !
Écoutons aussi ces paroles du Pape Paul VI : "Il convient de rappeler à un moment où non sans douleur, nous pouvons entendre des personnes, que nous voulons croire bien intentionnées mais certainement désorientées sans leur esprit, répéter qu'elles prétendent aimer le Christ mais sans l'Église, écouter le Christ mais non l'Église, être au Christ mais en dehors de l'Église. L'absurde de cette dichotomie apparaît nettement dans cette parole de l'Évangile : "Qui vous rejette, me rejette." (Lc 10, 16) Et comment vouloir aimer le Christ sans aimer l'Église, si le plus beau témoignage rendu au Christ est celui de St Paul : "Il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ?" (Ep 5, 25) ( Evangelii nuntiandi 16)
Rappelons ici les dernière paroles de Ste Thérèse d'Avila, juste avant de mourir au monastère d'Alba de Tormes, qui redisent tout son attachement et son amour filial pour l'Église, sa fierté de lui appartenir : "Je suis fille de l'Église !" Et plusieurs siècles après, une autre Thérèse, celle de Lisieux décrira sa vocation dans ces simple mot : "Au cœur de l'Église, je serai l'Amour !" A nous, par notre conversion et notre fidélité au Christ, de témoigner de la beauté de l'Église, car l'Église, c'est chacun de nous, et nous tous ensemble. Le mot Église signifie "Ensemble". On ne peut être chrétien seul !

dimanche 20 février 2011

Parole du jour
Mt 5, 43-48
Dimanche 20 février

Vous avez appris qu'il a été dit :
Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père
qui est dans les cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants
et sur les bons, et tomber la pluie
sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense aurez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d'extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Vous donc, soyez parfaits
comme votre Père céleste est parfait.

Il suffit de regarder le tableau de Jérôme Bosch, le portement de croix, pour comprendre mieux ce que signifie "Aimez ses ennemis". En fait ses détracteurs font de Jésus leur ennemi. Jésus, Lui, refuse de faire d'eux ses ennemis. Aucune haine dans son cœur, seulement le choix libre de donner sa vie pour eux. Il se servira de leur haine à son encontre pour les sauver : "Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font." La Croix en est le Signe définitif, le Signe de l'Amour victorieux. Tel est la perfection dont parle Jésus : "Vous donc, soyez parfait comme votre Père céleste est parfait." Tout un programme !

vendredi 18 février 2011

Parole du jour
Mc 8, 34-38; 9,1
vendredi 18 février

Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit :
« Si quelqu'un veut marcher derrière moi,
qu'il renonce à lui-même,
qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive.

Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie pour moi
et pour l'Évangile la sauvera.
Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner
le monde entier en le payant de sa vie ?
Quelle somme pourrait-il verser
en échange de sa vie ?
Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles
dans cette génération adultère et pécheresse,
le Fils de l'homme aussi aura honte de lui,
quand il viendra dans la gloire de son Père avec les anges. »
Et il leur disait :
« Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici,
certains ne connaîtront pas la mort avant
d'avoir vu le règne de Dieu venir avec puissance. "

Le sommet de l'amour, c'est la croix qui nous le proclame. Jésus renonçant à sa propre vie. Jésus perdant sa vie et par ce don total rejaillissant dans la Vie. C'est la voie du bonheur : "celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera". Nous sommes en plein mystère Pascal, mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Et nous savons que le fruit en est l' Salut du monde. Quelle fécondité ! "Si le grain de blé ne meurt pas, il reste seul. S'il meurt, il donne beaucoup de fruits. ..." "Le règne de Dieu venant avec puissance", c'est la Parole de la Croix ! La puissance, celle de l'Amour !

jeudi 17 février 2011

Parole du jour
Mc 8, 14-21
jeudi 17 février

Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages
situés dans la région de Césarée-de-Philippe.
Chemin faisant, il les interrogeait :
« Pour les gens, qui suis-je ? »
Ils répondirent :
« Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ;
pour d'autres, un des prophètes. »
Il les interrogeait de nouveau :
« Et vous, que dites-vous ?
Pour vous, qui suis-je ? »
Pierre prend la parole et répond :
« Tu es le Messie. »
Il leur défendit alors vivement
de parler de lui à personne.
Et, pour la première fois, il leur enseigna
qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup,
qu'il soit rejeté par les anciens,
les chefs des prêtres et les scribes,
qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cela ouvertement.
Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais Jésus se retourna et,
voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes.

Nous savons bien qui est Jésus. Saint Marc, dès le premier verset de l’évangile, nous a dit que Jésus est Christ et Seigneur ; au jour du baptême, une voix venue du Ciel nous a dit qu’il est le « fils bien aimé » ; d’ailleurs les esprits impurs le savent, eux qui l’appellent « Saint de Dieu » et « fils de Dieu ».

Nous qui sommes si bien renseignés, nous risquons de regarder d’un peu loin la scène de Césarée de Philippe. Pourtant l’annonce que fait Jésus est un véritable enseignement — c’est d’ailleurs le mot choisi par Marc — et constitue le cœur de l’annonce chrétienne : le messie doit être rejeté, tué, et, trois jours après, ressusciter d’entre les morts. Or le rejet du Christ et sa mort ignoble constituent une pierre d’achoppement pour les disciples de tous les temps. Jésus est certes le Messie, mais un messie souffrant. Jésus porte la Croix et nous invite sur le chemin de Croix. Voilà qui ne manque jamais d’ébranler. Ainsi nous entendrons mieux sans doute que le commandement du silence nous concerne aussi.

Pour confesser avec fruit que Jésus est le Messie, nous devons entrer dans la contemplation de notre Seigneur. Nous devons le regarder en chemin vers Jérusalem pour comprendre qu’il n’y a de rencontre avec le Christ que dans la faiblesse assumée, dans la vulnérabilité acceptée.

Notre savoir est clair : Jésus est le Messie, le fils du Dieu vivant, notre Sauveur. Suivons-le donc à Jérusalem. Suivons-le sur les chemins de sa Passion. Suivons-le dans la force de l’Esprit. Nous pénètrerons ainsi l’énigme de sa véritable identité. Nous contemplerons le mystère de son cœur ouvert et offert. Alors nous pourrons le rencontrer et proclamer en vérité : « mon Seigneur et mon Dieu ». (F. Dominique)

mercredi 16 février 2011

Parole du jour
Mc 8, 14-21
mercredi 16 février

Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde.
On lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher.
Jésus prit l'aveugle par la main et le conduisit hors du village.
Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains.
Il lui demandait : « Est-ce que tu vois quelque chose ? »
Ayant ouvert les yeux, l'homme disait :
« Je vois les gens, ils ressemblent à des arbres,
et ils marchent. »
Puis Jésus, de nouveau,
imposa les mains sur les yeux de l'homme ;
celui-ci se mit à voir normalement,
il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté.
Jésus le renvoya chez lui en disant :
« Ne rentre même pas dans le village. »

Combien souvent nous sommes des aveugles. Nous croyons voir et ne voyons pas. Jésus lui-même le dira : "Il ont des yeux et ne voient pas." Combien il est possible de voir avec les yeux de chair ce qu'on ne peut voir qu'avec les yeux du cœur. Voir avec les yeux de chair conduit immanquablement au jugement car la chair ne peut comprendre ce qui vient du cœur et prend source dans le cœur du Christ. Le regard du Christ en relevait certains, comme Matthieu de son bureau de publicain, car c'était un regard plein de lumière et d'amour ... il en dérangeait d'autres incapable de l'accueillir et de s'en laisser transformer. De là toutes ces paroles sans fondement véritable, qui accusent et détruisent. Le Christ l'a payé de sa vie. Siméon l'avait annoncé à Marie sa Mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division ..." Sa famille même voudra le récupérer : "Il a perdu le sens !" Le jugement est une triste maladie qui déforme la vérité et ne veut l'entendre : "Ils ont des oreilles et n'entendent pas !". Il est négation de l'autre, habité par la haine, sans pardon : "Ils m'ont haï sans raison." ... Oui, le Christ en a fait les frais. Comment n'en serait-il pas de même du disciple : "Le disciple n'est pas plus grand que son Maître ..." "L'arbre se reconnaît à ses fruits ..." dira Jésus. Ils ne peuvent non plus les reconnaître et s'en réjouir. Il est deux mondes, le passage de l'un à l'autre demande de changer de rive comme le propose Jésus a ses disciples et demande une conversion et beaucoup d'humilité. Oui, Jésus ouvre nos yeux et que se réalise pour nous ce qui s'est réalisé pour l'aveugle : "il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté." Donne-nous de voir avec ton regard de lumière et d'amour et d'entendre selon les battements de ton cœur.

mardi 15 février 2011

Parole du jour
Mc 8, 14-21
mardi 15 février

Les disciples avaient oublié de prendre du pain,
et ils n'avaient qu'un seul pain
avec eux dans la barque.
Jésus leur faisait cette recommandation :
« Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens
et à celui d'Hérode ! »
Ils discutaient entre eux
sur ce manque de pain.
Il s'en aperçoit et leur dit :
« Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ?
Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ?
Vous avez le cœur aveuglé ?
Vous avez des yeux et vous ne regardez pas,
vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ?
Vous ne vous rappelez pas ?
Quand j'ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes,
combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Douze.
— Et quand j'en ai rompu sept pour quatre mille,
combien avez-vous rempli de corbeilles
en ramassant les morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Sept. »
Il leur disait :
« Vous ne comprenez pas encore ? »

"L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toutes paroles qui sort de la bouche de Dieu". La faim "biologique" est symbolique d'une faim beaucoup plus essentielle, la faim de Dieu et donc de sa Parole. L'Eucharistie est la table du rassasiement : table de la Parole proclamée, table de la Parole manduquée : "Dans la Sainte Liturgie, l'Église ne cesse de se nourrir du Pain de Vie de la table de la Parole de Dieu comme du Corps du Christ, de prendre le Pain de la vie et de le présenter aux fidèles." (Benoît XVI citant Dei Verbum 21) Après la multiplication des pains (Mc 8, 1-10), les apôtres qui ont participé au miracle des pains : "ils les donnait à ses disciples pour les servir, et ils les servirent à la foule ...", retombent dans leurs vieux sabots. Ils se sont extasiés au moment : "on emporta les restes des morceaux : sept corbeilles pleines !" Mais très vite ils retombent dans leur petit monde fermé et sans horizon. Jésus cherche à les réveiller , à leur redonner de la hauteur en leur rappelant les faits. Qui est-il donc pour eux ? ... Il leur a montré que ce qui leur était impossible, lui il le pouvait. Que sans lui "ils ne pouvaient rien faire" (Jn 15, 5) . Que "ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu" (Lc 18, 27) , déclinant ainsi son identité. Rien n'y fait, ils restent le nez cloué au sol et en oublient les étoiles. Combien de fois Jésus ne leur dira-t-il pas : "N'avez-vous pas encore la foi" ... "homme de peu de foi" (Mt 14, 31) Et nous l'entendons : "Il leur reprocha leur manque de foi" (Mc 16, 14) . Les apôtres ont tendance à raisonner comme si Jésus n'était pas là : "Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ?" ... Il ne lui font pas confiance ! Et nous qui avons reconnu son identité : "Dieu, né de Dieu, Lumière né de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ..." (Symbole de Nicée) Et toi ... aujourd'hui, lui feras-tu confiance !

dimanche 13 février 2011

Parole de Dieu
Mc 5,17-37
Dimanche 13 février

Comme les disciples s'étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Ne pensez pas que je suis venu
abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.

Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas une lettre, pas un seul petit trait
ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise.

Donc, celui qui rejettera un seul
de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera
sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.
Je vous le dis en effet :
Si votre justice ne surpasse pas celle
des scribes et des pharisiens,
vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu'un commet un meurtre,
il en répondra au tribunal.
Eh bien moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
en répondra au tribunal.
Si quelqu'un insulte son frère,
il en répondra au grand conseil.
Si quelqu'un maudit son frère,
il sera passible de la géhenne de feu.

Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel,
si, là, tu te souviens que ton frère
a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande là, devant l'autel,
va d'abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.


Jésus accomplit la Loi, mais quelle Loi ? ... Celle des scribes et des pharisiens hypocrites qui impose le fardeau de règles écrasantes et culpabilisantes qu'ils n'accomplissent même pas eux-mêmes ?... Il n'est qu'une Loi, celle du "Lavement des pieds" (cf. Jn 13) où nous voyons Jésus avec le tablier du serviteur laver les pieds de ses disciples. A ses disciples et donc à nous-mêmes il dit : "C'est un exemple que je vous donne, faites de même ..." Tout l'Évangile est là ! Le Seigneur te demande : "Qu'as-tu fait de ton frère ? ..." En vérité je te le dis "ce que tu as fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que tu l'as fait." Il n'est pas d'autre Loi que celle de l'Amour !

lundi 7 février 2011

Parole du jour
(Lundi 9 février)

"Dans tous les endroits où il était,
dans les villages, les villes ou les champs,
on déposait les infirmes sur les places.
Ils le suppliaient de leur laisser toucher
ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés (guéris)."
(Mc 6, 56)

Voici qu'il est à nouveau question de malades et de guérisons. Marc se plaît à revenir sur celles-ci. Le salut est vraiment libération et guérison. Et ce verbe "toucher" qui revient. Ici on touche le vêtement qui touche Jésus et qui est empreint de sa personne. Comme l'écrit St Jérôme : "Jésus est à la fois le médecin et le remède." A l'Eucharistie, il se donne à nous comme le Remède : "Dis seulement une parole et je serai guéri", disons-nous avant de communier. Il est, Lui, Cette Parole incarnée, Parole juste qui rectifie et réajuste l'être pour qui l'accueille et la laisse résonner en lui, Parole qui se donne ... et qui guérit. Saurons-nous l'entendre et Lui ouvrir nos vies : "Voici que je suis à la porte et je frappe, si quelqu'un ouvre la porte, j'entrerai ..." (Ap 3, 20) Laissons-nous toucher par Jésus ...

dimanche 6 février 2011

Parole du jour
Mt 5, 13-16
Dimanche 6 février

Comme les disciples s'étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne,
il leur disait :

« Vous êtes le sel de la terre.
Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ?
Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.

Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors en voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.


Le sel donne du goût, il conserve les aliments. Qui donne du goût à la vie sinon le Christ ? ... Qui peut conserver cette vie, sinon le Christ ? ... Le disciple, par son union au Christ, en vivant du Christ, est appeler à témoigner du Christ et donc à donner goût autour de lui par une vie de plus en plus conforme à la sienne. C'est une transformation profonde qu'il doit permettre au Christ d'accomplir en lui !
La lumière éclaire et chasse la nuit. Qui donne lumière à la vie sinon le Christ ? ... Qui peut chasser les ténèbres sinon le Christ ? ... : "Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie." Le disciple qui suit Jésus est appelé à accueillir cette Lumière dans sa vie pour qu'elle en soit illuminer. C'est un chemin de conversion pour que le Christ puisse se dire à travers lui : " Vous êtes la lumière du monde ..." Et on ne peut l'accueillir sans en devenir les témoins au cœur de notre vie concrète.

samedi 5 février 2011

Parole du jour
Mc 6, 30-32
Samedi 5 février

"Après leur première mission,
les Apôtres se réunissent auprès de Jésus,
et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné.
Il leur dit :

"Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu."
De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux
qu'on avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque
pour un endroit désert."

L'activité ne doit pas devenir de l'activisme et il faut savoir s'arrêter pour reprendre souffle. Nous sommes dans un monde où tout le monde s'active et le stress fait bien des adeptes. "On n'a plus le temps de vivre !" devient l'un des slogans. Parfois dans ce manque de temps, il faut inclure celui passé devant la télé ou l'ordinateur ou ... N'y aurait-il pas aussi une fuite devant la réalité du présent, la peur de s'arrêter et de se retrouver avec soi-même ... pour se dire quoi ? C'est oublier qu'on est jamais seul ... qu'Il est toujours là, et que les temps d'arrêt peuvent devenir des moments d'une intense relation avec Lui. Le mot désert en hébreu se dit "mid'bar" et signifie "Lieu de la Parole". "Je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son cœur." dit Dieu dans le livre d'Osée au Ch. 2. Le désert est donc le lieu de la rencontre, de l'écoute du cœur et de la Parole qui engendre la Paix, "l'hésychia" disent les Pères. Et la Paix conduit au repos. C'est ainsi que Guillaume de St Thierry, un ami de St Bernard écrira que "la prière est un loisir". Aller à l'écart, c'est prendre ce temps de la rencontre et du ressourcement dans la Présence de l'hôte intérieur qui toujours nous attend et que trop souvent, justement, nous laissons seul derrière la porte. Si nous l'ouvrons cette porte, notre vie sera bouleversée ... et nous entrerons dans son repos.

vendredi 4 février 2011

Parole du jour
Mc 6, 14-16
Vendredi 4 février

"Comme le nom de Jésus devenait célèbre,
le roi Hérode en entendit parler.
On disait :
"c'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts,

et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles."

Certains disaient :

"C'est le prophète Élie."
D'autres disaient encore :

"C'est un prophète comme ceux de jadis."
Hérode entendait ces propos et disait :
"Celui que j'ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité."

Un jour, Jésus lui-même posera la question à ses disciples : "Pour les gens qui suis-je ?" ceux-ci répondront : "Pour les uns tu es ... pour les autres ... ou encore ..." On retrouve, bien que différemment, le début de l'Évangile de ce jour. Et Jésus ajoutera : "Et pour vous, qui suis-je ?" Pierre prendra la parole : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !" Il est important de se prononcer ... Jésus demande à chacun de nous ... il te demande : "Pour toi, qui suis-je ?" Il est essentiel que tu t'arrêtes un instant pour répondre à cette question, ne serait-ce que pour être toi-même au clair avec toi-même. Un jour, en telle ou telle circonstance, telle ou telle rencontre, tu seras peut-être appelé à rendre témoignage de ta foi. En effet, si tu réponds comme Pierre en toute vérité, ta vie ne peut se vivre qu'habitée par la Sienne et une question se fera jour : "Seigneur, que ferais-tu à ma place ?".

jeudi 3 février 2011

Parole du jour
Mc 6, 7 ...13
Jeudi 3 février

"Jésus appelle les Douze,
et pour la première fois
il les envoie deux par deux ...
Ils partirent,
et proclamèrent qu'il fallait se convertir.
Ils chassaient beaucoup de démons,

faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades,
et les guérissaient."

Voici l'Église en germe. Tout y est. Jésus "appelle". C'est Jésus qui a l'initiative. C'est Lui la Source de l'Église. C'est en Lui qu'elle existe. Chaque membre de l'Église est appelé. Être disciple est une réponse à cet appel. Et pour celui qui répond, une responsabilité, car Jésus donne sa grâce à travers son Église et donc à travers la vie, l'agir et la parole de ses disciples. En effet Il les "envoie". Les disciples ont mission d'annoncer la Bonne Nouvelle, de la proclamer. Cette Bonne Nouvelle, c'est d'abord que l'homme doit changer de cap (se convertir), il doit ouvrir son cœur à la Présence intérieure. Cette Bonne Nouvelle, c'est que Jésus libère, Jésus guérit : son Église elle-même reçoit de Lui le pouvoir d'amour de chasser les démons, de guérir les malades, de rendre l'homme à son intégrité. L'Église est instrument du Salut par Jésus, avec Jésus et en Jésus (Grande doxologie à la Messe) qui en est l'unique Maître d'œuvre. L'Église n'a pas a se substituer à Jésus le Christ, elle est appelée à se mettre à sa suite et à Lui ressembler, à laisser à travers Elle "Sa" Présence à Lui. Le mot "Salut" vient d'un mot grec qui signifie "Santé". En espagnol, le mot "Santé" se dit "Salud". On aime parler de Jésus comme du Sauveur, c'est-à-dire de Celui qui rend l'homme à la Santé. Santé du corps pour certains (Jésus n'a pas guéri physiquement tous les malades), mais comme signe d'une Santé plus intérieure et plus essentielle pour tous, celle du cœur, et à travers celle-ci, de tout l'être. La "Résurrection" en est l'accomplissement. Le mot signifie passer de la position couché à la position debout, bien ferme sur ses deux pieds.

mercredi 2 février 2011

Parole du jour
Lc 2, 22-40
Mercredi 2 février

"Maintenant, ô Maître,
tu peux laisser ton serviteur
s'en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut,
que tu as préparé à la face
de tous les peuples :

lumière pour éclairer
les nations païennes

et gloire d'Israël ton peuple."

Fête de la Présentation de Jésus au Temple : Syméon le reconnaît. Ce qu'il voit en Jésus, c'est le "Salut". Le nom de "Jésus" signifie : "Dieu sauve". Il le reconnaît comme Celui qui apporte libération et guérison, santé profonde. Celui qui est la Paix. L'homme ne peut se sauver lui-même. Nous en faisons chaque jour l'expérience. Le Fils de Dieu s'est fait homme car Dieu seul pouvait sauver l'homme et pour ce faire, il lui fallait devenir l'Homme. Pilate, inconsciemment le prophétisera : "Voici l'Homme !" En Jésus, l'homme est restauré ... Et si Dieu a pu s'incarner, c'est qu'il y a en l'homme ce que les Pères appellent la "capax Dei", c'est-à-dire "la capacité de Dieu", cette dimension en nous par laquelle Il nous tient en existence et nous rejoint. Et pour sauver l'homme, il fallait qu'il assume son humanité. Celui qui est la Lumière s'est fait l'un de nous pour nous éclairer de son admirable Lumière, de sa Vie divine, pour nous rendre à l'Amour qui est notre nature fondamentale comme elle est la Sienne. Ne nous a t-il pas créé à son Image ? ... Or "Dieu est Lumière" (1 jn 1, 5) ; "Dieu est Amour" (1 jn 4, 8). "Je suis la Lumière du monde ..." dit Jésus et Il ajoute "Vous êtes la Lumière du monde ..." Cela n'est possible qu'en Lui.

mardi 1 février 2011

Parole de Dieu
Mc 5,1-20
Mardi 1er février

une femme, qui avait des pertes de sang
depuis douze ans...

- Elle avait beaucoup souffert du traitement
de nombreux médecins,

et elle avait dépensé tous ses biens
sans aucune amélioration ;

au contraire, son état avait plutôt empiré -
... cette femme donc,
ayant appris ce qu'on disait de Jésus,

vint par derrière dans la foule
et toucha son vêtement.

Car elle se disait :
« Si je parviens à toucher
seulement son vêtement,

je serai sauvée. »
A l'instant, l'hémorragie s'arrêta,
et elle ressentit dans son corps
qu'elle était guérie de son mal.

Aussitôt Jésus se rendit compte
qu'une force était sortie de lui.

Il se retourna dans la foule, et il demandait :
« Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondaient :
« Tu vois bien la foule qui t'écrase, et tu demandes :
'Qui m'a touché ?' »
Mais lui regardait tout autour
pour voir celle qui avait fait ce geste.
Alors la femme, craintive et tremblante,
sachant ce qui lui était arrivé,
vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
Mais Jésus reprit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée.
Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Voici une femme païenne qui met toute sa foi en Jésus et qui "parie sa vie" sur lui. Elle se présente à Lui avec une grande humilité. Elle sait n'être pas digne d'entrer dans une relation de personne à personne avec Jésus. Aussi choisit-elle d'entrer en relation avec Lui en touchant son vêtement ... mais dans ce geste de totale confiance, son cœur, lui, est en pleine communion avec celui de Jésus qui dès qu'elle touche son vêtement, est touché dans tout son être : "Qui m'a touché ?". La rencontre est tout intérieur. Et c'est cette rencontre dans la foi qui va conduire à la rencontre face à face : "Lui regardait tout autour ... elle Lui dit toute la vérité". De cette rencontre en vérité jaillit la Lumière : "Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal.
Cette rencontre entre Jésus et cette femme païenne montre que Jésus ne "fait pas de différence entre les personnes". Il est venu pour "chacune" en particulier. St Paul écrit aux Galates (3, 28) qu'en Jésus-Christ "Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme ..." Il n'y a que le Christ qui est tout à tous. La foi est ouverture à cette rencontre ... qui conduit à la paix et à la guérison profonde.