mercredi 26 décembre 2012


Dans l'impossibilité de préparer la "Parole du jour"
pendant quelques jours,
je vous invite à ruminer et à vous laisser interpeller
par les textes de la Parole de Dieu
offerts chaque jour pour la Messe.

"Souvent nous entendons la Parole de Dieu et l’avalons sans même prendre le temps de la mâcher... Aussitôt, cette nourriture avalée est oubliée. Observez les ruminants comme la vache par exemple. Elle coupe l’herbe sans la mâcher et peut ainsi ingurgiter une grande quantité d’herbe par jour. Celle-ci est accumulée dans la panse puis, après un certain temps, l’animal se met à ruminer, c'est-à-dire qu’elle régurgite le contenu de sa panse dans sa bouche et le mâche à nouveau. Ainsi pulvérisée, cette nourriture pourra être à nouveau avalée puis commencera la digestion qui durera trois jours. Cette nourriture la nourrit et lui donne vie ...
Les Ecritures ne sont pas des paroles d’hommes, mais la Parole de ‘Dieu’ qui ne périt pas, qui demeurera toujours, qui est toujours vivante, parlante pour chacun d’entre vous. Mais encore faut-il comme la vache, pouvoir l’accueillir avec bonheur chaque jour, la mâcher, la remâcher jusqu’à ce qu’elle nous parle et puisse accomplir son œuvre de transformation ..." (Anonyme)

NOËL
Parole du jour
Lc 2, 1-14
Lundi 24, Mardi 25 décembre
 En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
— ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. —
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée,
pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem,
car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie,
son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là,
arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers
qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit :
« Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer
une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David.
Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né emmailloté
et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »

Le Fils de Dieu n'est pas arrivé sur terre comme une météorite en disant : "C'est moi !" Il s'est inséré dans une histoire, celle du Peuple de Dieu, au temps de l'Empereur Auguste. Il naît pendant un recensement. Il naît dans une famille bien défini et ... il ne fait pas de bruit ! Il se présente non avec les oripeaux d'un Roi, mais sous les traits d'un enfant couché sur la paille. Déjà cela devrait nous alerter sur l'identité de Dieu, nous qui avons toujours des idées de grandeur et de domination. Dieu n'est pas ainsi. Il se présente fragile et se remet entre les mains des hommes et ceux-ci en feront ce qu'ils veulent. Le fin mot sera la Croix" ! Mais Dieu a quelque chose de particulier par rapport à nous : Il est "l'Amour". Cet Amour auquel nous aspirons, mais que si souvent nous bafouons ... Noël, c'est l'annonce de la Bonne Nouvelle de l"Amour" en ce que ce mot a de plus noble, qui s'incarne : "Aujourd'hui vous est né un Sauveur." Amour rime avec Salut. C'est que l'Amour fait exister, nous le savons ... L'Amour libère, il guérit, il rend la Santé. C'est déjà vrai entre des humains. Mais notre amour est toujours limité avec des hauts et des bas ... l'égocentrisme et autres maladies nous terrassent trop souvent. L'Amour de Dieu lui est toujours identique à lui-même car c'est sa nature. La révélation et la preuve en sont la croix : "Voilà ce que fait l'Amour invincible du Seigneur de l'univers." (Is 9, 6)
L'Amour, nous le contemplons sous les traits d'un Enfant qui reçoit nom "Jésus", ce qui signifie justement "Dieu Sauve". Couché dans une mangeoire, lieu où mangent les animaux, il offre déjà sa vie. Il s'offre déjà en nourriture, dans cette ville de Bethléem dont le nom signifie "la Maison du Pain". Il est ce "Pain" dont nous sommes appelés à nous nourrir pour qu'il prenne Corps en nous : "Et le Verbe s'est fait chair" (Jn 1, 14) pour que la chair, notre Humanité, devienne Verbe. L'Eucharistie, c'est Noël comme c'est Pâques, et la Pentecôte ... au quotidien.

dimanche 23 décembre 2012


Parole de Dieu
Lc 1, 39-45
Dimanche 23 décembre

Voir commentaire au Vendredi 21 décembre

samedi 22 décembre 2012

Parole du jour
Lc 1, 24-36
Samedi 22 décembre

Marie rendit grâce qu Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés,renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s'en retourna chez elle.

Le Magnificat fait penser à cette Parole de Jésus exultant de joie dans l'Esprit-Saint : « Je te bénis Père d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélés aux humbles » (Mt 11, 25) . Marie est de ces anawims , les pauvres de cœur ... Décentrée d'elle-même, burinée par la Parole de Dieu sans cesse ruminée, elle est à l'écoute et tout son être s'ajuste sur ce qu'elle entend. Sa réponse change la face du monde : "Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta Parole." (Lc 1, 38) Aussi, "tous les âges la diront "Bienheureuse" ! Mais elle sait que cette capacité à dire "oui" lui vient de celui qui l'appelle : "Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom." Aussi se reconnaît-elle "humble servante". Ce "Puissant" est "l'Amour" en sa toute puissance, car en Dieu il n'y a pas d'autre puissance. C'est une Puissance de Vie, une Puissance de Salut, c'est-à-dire de libération. Une libération offerte à tout le peuple d'Israël ... à toute l'humanité : "Prenez et buvez en tous, car ceci est le Sang de l'Alliance Nouvelle et Éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés". C'est le Sang de Dieu, Lui qui prend chair en Marie ... c'est le Sang de Marie qui donne à Dieu de s'incarner ... c'est le Sang d'une Humanité purifiée, la notre ... Le chant du Magnificat qui est un chant de victoire comme on en retrouve au long de l'Ancienne alliance (Ex 15, 1-21; 1 S 2, 1-10; Is 61, 10-11 etc ...) oriente vers le Mystère Pascal où "l'Amour invincible de Dieu" (Is 9, 6) triomphera de la mort en triomphant du péché ...

vendredi 21 décembre 2012

Parole du jour 
Lc 1, 39-45
Vendredi 21 décembre
 
En ces jours-là,
Marie se mit en route rapidement vers une ville
de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l'enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère
de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation,
l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Le mot "Visitation" vient de "visiter". Marie visite Elisabeth. A Noël, Dieu visite son peuple. La Nativité et déjà la conception de Jésus à l'Annonciation, est l'Heure de cette visite. Dieu entre dans notre existence en prenant chair de notre chair par l'intermédiaire de Marie, la Toute Pure. St Jean écrit dans dans le Prologue : "Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas accueilli ..." Cette venue se terminera par le rejet de la croix (Jn 1, 11) ...
Dans l'Évangile de ce jour, Elisabeth accueille Marie avec joie. Et quelle joie ! La salutation de Marie est porteuse du don de l'Esprit
, déjà donné par Celui qu'elle porte en ses entrailles. Et Elisabeth par l'intermédiaire de l'enfant qu'elle porte elle aussi en son sein ("Il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance" (Lc 1, 15)) est remplie de l'Esprit-Saint. La rencontre des deux mères se fait dans la grâce de la rencontre des deux enfants. Immédiatement l'atmosphère est celui de la "Bénédiction". Là où Dieu est présent, là jaillit la Bénédiction. Et Ce qui soude cette rencontre c'est la "Foi". Chacune de ces deux femmes a cru en l'intervention de Dieu dans sa vie et est devenu féconde. Cette "Foi" qu'Élisabeth exalte chez Marie : "Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur". Ce qui, dans un premier temps ne fut pas le cas de Zacharie qui muet, symbolise la stérilité liée à son "manque de Foi" : "tu devras garder le silence, et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles". (Lc 1, 20)
Ceci est pour nous un témoignage. Nous croyons que tout être humain est habité par la Présence de Dieu, qu'il le sache ou non ... Jésus lui-même dit"Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt 25, 40) Comment accueillons-nous l'autre ? ... Comme un autre où comme un frère aimé de Dieu et porteur de sa Présence ? La Visitation nous concerne tous ! Là aussi, l'acte de Foi est essentiel, il détermine la grâce de Bénédiction qui jaillit de la rencontre. On ne peut dire "Jésus est Seigneur" que dans l'Esprit-Saint. Pour rencontrer le prochain en vérité, quel qu'il soit, on ne peut le rencontrer que dans l'Esprit-Saint. Alors que je posais la question a des enfants lors de l'homélie sur ce texte : "que faut-il pour une vraie rencontre avec les autres ? - L'un d'eux répondit : "La prière." Magnifique réponse ! Sachant que le mot prière vient du latin "orare" qui signifie "parler à", "être dans une relation vraie avec". Il nous faut mettre Dieu, présent dans la vie de chacun, au cœur de toute visitation, de toute rencontre ...

jeudi 20 décembre 2012

Parole du jour
Lc 1, 26-38
Jeudi 20 décembre

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge,
accordée en mariage à un homme
de la maison de David, appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit :
« Je te salue,
Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait
ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir
et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange :
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint,
et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi,
un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois,
alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ;
que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.

Le personnage central de "l'Annonciation", c'est Jésus. Marie sans Jésus, serait restée inconnue. Marie a sa place, une place privilégiée, mais toujours en référence à son Fils, engendré par l'Esprit-Saint "venu sur elle". En bonne juive, Marie est imprégnée de la Parole de Dieu et celle-ci l'a transformée à un tel point qu'ajustée sur cette Parole divine, elle est appelée à lui donner naissance. Cependant Dieu respecte trop sa créature pour lui imposer quoi que ce soit. Aussi l'ange reprenant l'annonce messianique du livre de Sophonie en change les termes. Il dit non pas "le Seigneur est en toi", mais "le Seigneur est avec toi". Cet "avec" dit combien Dieu est présent à la proposition, tout en assurant que Marie reste maîtresse de son choix. Pour que le "en" devienne effectif, il faut le "oui" de Marie. Dieu prend le risque de dépendre de Marie, de sa créature. Sa confiance en elle le conduit à remettre entre ses mains le sort de l'humanité toute entière, notre sort. Il connaît Marie, femme libre de la liberté de l'Esprit par qui elle se laisse enseigner et conduire. Aussi le "Fiat" jaillit du cœur de Marie décide de la conception de Jésus en son sein ... Et voici qu'après neuf mois (fête le 25 mars) nous attendons sa Naissance. Le Fils de Dieu se fait pour nous "petit Enfant" ...

samedi 15 décembre 2012



Parole du jour
Ph 4, 4-7
Dimanche 16 décembre

Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; 
laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie.
Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. 
Le Seigneur est proche.
Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, 
dans l'action de grâce priez et suppliez 
pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, 
gardera votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus.

Dans l'Évangile de ce jour (Lc 3, 10-18), à ceux qui demandent à Jean-Baptiste : "Que devons-nous faire ?", celui-ci répond en invitant à l'amour du prochain. Aux uns : "partagez avec celui qui n'a rien" ... à d'autres : "N' exigez rien de plus que ce qui est fixé" ... et à d'autres encore : "Ne faites ni violence, ni tort à personne" ... Or ce troisième dimanche de l'Avent ouvre sur la Joie. Quel rapport entre amour du prochain et joie ? ... Je voudrais vous partager ce témoignage d'un moine sur la signification de cette "Joie chrétienne" telle qu'il la ressent :

"Je vous propose d’écouter et d’accueillir cette parole de l’Apôtre "Soyez toujours dans la Joie" comme un nouveau commandement aussi essentiel que celui que nous a laissé Jésus : 
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mt 22, 39)

« Soyez toujours dans la Joie, priez sans cesse, soyez toujours dans l'action de grâce car c'est la volonté de Dieu à votre égard, dans le Christ Jésus. » (1Thes 5,16).
Beau programme ... : recouvrer la "Joie", la joie de croire, d’espérer et d’aimer… 

« Toi, quand tu jeûne, ne te compose pas une mine défaite, mais parfume-toi la tête ! »
 (Mt 6, 17)
Le christianisme est la religion de la Joie !

Dans la 3ème prière eucharistique, nous prions ainsi : « Que l'Esprit-Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire ! » Autrement dit : Donne Lui tout, pour qu’Il te donne sa gloire qui n’est rien d’autre que la " Joie Céleste", la "Joie de l'union à Dieu" :

Ton cœur contient de la joie… offre-Lui ta joie !
Ton cœur contient de la tristesse… offre-Lui ta tristesse !
Ton cœur contient rancœur et amertume… offre-Lui ta rancœur et ton amertume !
Ton cœur contient l’impossibilité de pardonner… offre-Lui ton désir de pardonner !
Ton cœur contient de la colère et de la haine… offre-Lui ta colère et ta haine !
Ton cœur contient de l’amour… offre-Lui ton désir d’aimer et d’être aimé !
Ton cœur est plein de doutes… offre-Lui tes doutes !
Ton cœur est plein de Foi… offre-Lui ta Foi !
Ton cœur , ton corps sont en souffrance… offre-Lui ta souffrance !
Tu es malade… offre-Lui ton désir de guérir !
Tu désespères… offre-Lui ton désespoir !
Ton cœur est en attente… offre-Lui ton Espérance !
Il n’y a rien dans ton cœur que tu ne puisses offrir au Seigneur…

« Vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, venez à moi, vous trouverez le repos … » (Mt 11, 28)

Ton cœur est envahi par le péché… offre-Lui ton péché !
Ton cœur est plein de toi-même… offre-toi tout entier à Lui !

Ce qu’Il attend de toi ?... Que le coffret de ton cœur soit entièrement vide pour le remplir de sa lumière, de sa présence et de sa joie. Voilà bien le jeûne qui plait à Dieu : Faire de la place en toi pour accueillir ton Dieu et ton prochain.

Offre-Lui donc tout ce qui fait ta vie et Lui la remplira de sa gloire !
Veux simplement ce que Lui veut, et tu seras comblé !

« Soyez toujours dans la joie » c’est le commandement qui découle directement de la mise en pratique du seul commandement que le Seigneur nous ait jamais donné : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." 
Frère Bernard-Marie

mercredi 5 décembre 2012

Parole du jour
 Mt 15, 29-37
Mercredi 5 décembre

Jésus gagna les bords du lac de Galilée, 
il gravit la montagne et s'assit.
De grandes foules vinrent à lui, avec des boiteux, des aveugles, 
des estropiés, des muets, et beaucoup d'autres infirmes ; 
on les déposa à ses pieds et il les guérit.
Alors la foule était dans l'admiration en voyant des muets parler, 
des estropiés guérir, des boiteux marcher, des aveugles retrouver la vue ; 
et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël.
Jésus appela ses disciples et leur dit : 
« J'ai pitié de cette foule : depuis trois jours déjà, 
ils sont avec moi et n'ont rien à manger. 
Je ne veux pas les renvoyer à jeun ; ils pourraient défaillir en route. »
Les disciples lui disent : 
« Où trouverons-nous dans un désert assez de pain 
pour qu'une telle foule mange à sa faim ? »
Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous ? » 
Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. »
Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre.
Il prit les sept pains et les poissons, il rendit grâce, les rompit, 
et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules.
Tous mangèrent à leur faim ; 
et, des morceaux qui restaient, 
on ramassa sept corbeilles pleines.

Qui sont ces boiteux, ces aveugles, ces estropiés etc ...? En premier lieu, les membres de l'Eglise. Nous sommes tous de ceux-là qui avons besoin de libération et de guérison. Ce qui faisait dire au Père Abbé d'un monastère que l’Église était un "grand hôpital". Ne te sens-tu pas le boiteux sur le chemin ? ... L'aveugle qui avance comme à taton ? ... Le sourd qui ne sait entendre en vérité ? ... Laissons-nous déposer aux pieds de Jésus : "Il les guérit." L’Église est là pour nous porter à Jésus et c'est ainsi que nous nous déposons mutuellement à ses pieds. La voie royale est celle de la prière et le remède la charité. Les Sacrements sont là pour nous identifier à Jésus afin que nous marchions sur ses pas, que nous voyons de ses yeux, que nous entendions de ses oreilles ... Que nous le sachions ou non, nous avons faim de sa vie toute donnée qui peut transformer la notre.  Les sept pains et les poissons renvoie à un autre repas toujours offert : "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui."

mardi 4 décembre 2012

Parole du jour
 Lc 10, 21-24
Mardi 4 décembre

Jésus exultant de joie sous l'action de l'Esprit Saint, dit : 
« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : 
ce que tu as caché aux sages et aux savants, 
tu l'as révélé aux tout-petits. 
Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m'a été confié par mon Père ; 
personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, 
et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils 
et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : 
« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le déclare : 
beaucoup de prophètes et de rois 
ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, 
entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »

La rencontre avec Dieu ne peut se faire que dans l'Esprit-Saint, ce qui demande le silence intérieure et la prière. Ainsi, on ne peut "se signer" ou dire le "Notre Père" que dans l'Esprit-Saint. Il devrait en être de même de nos relations avec les autres et des différentes circonstances heureuses ou moins heureuses de la vie. Jésus a tout vécu dans l'Esprit-Saint qui l'habitait en plénitude. Et ce Feu qui brûlait en Lui, le conduisait à la Joie. Pas les petites joies temporelles et parfois égoïstes. Non à la "Joie" essentielle qui habite le coeur pleinement ajusté sur la Source et recevant tout de Celle-ci. Elle avait un Nom, "Le Père" : "Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais celle de mon Père" ... "Non, ce que je veux, mais ce que tu veux ..." Cette Joie naît d'un dépouillement de soi et d'une vie remise entre les mains d'Un Autre en qui on a toute confiance et cela en toutes circonstances. Jésus ira jusqu'au bout de cet "abandon" et sa vie sera au combien féconde. Aujourd'hui encore nous en sommes les fruits et la semence de cet "abandon" est répandue sur toute la terre et traverse tous les siècles. C'est le paradoxe de la "petitesse" dont il parle et qui le définit. Se mettre à sa suite demande, par Lui, avec Lui et en Lui, de recevoir notre vie du Père. Il n'y a pas d'autre chemin pour entrer dans la vraie "connaissance", celle qui conduit à la Joie parfaite.

lundi 3 décembre 2012

 Parole du jour
Mt 8, 5-11
Lundi 3 décembre
 
Jésus était entré à Capharnaüm ; 
un centurion de l'armée romaine vint à lui et le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, 
paralysé, et il souffre terriblement. »
Jésus lui dit : « Je vais aller le guérir. »
Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne 
que tu entres sous mon toit, 
mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité,
 j'ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l'un : 
'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à mon esclave :
 'Fais ceci', et il le fait. »
À ces mots, Jésus fut dans l'admiration 
et dit à ceux qui le suivaient : 
« Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël,
 je n'ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident 
et prendront place avec Abraham, lsaac et Jacob 
au festin du Royaume des cieux. »

Jésus fait éclater les frontières. Il était venu pour les seuls enfants d'Israël et voici qu'il guérit le serviteur d'un centurion païen et de plus, envahisseur. De même il guérira la femme cananéenne à qui il dira : "Va, ta foi t'a sauvée." Ici il reconnaît : "Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n'ai trouvé une telle foi." Ce qu'il regarde, ce n'est pas l'appartenance, mais le cœur : "Vous, vous jugez selon les apparences, moi je vois le coeur." Il y a entre ces païens et lui une vraie relation de personne à personne. Ce qu'ils voient en Lui, ce n'est pas d'abord ce qu'Il fait, mais qui Il est. Et Jésus nous avertit : " Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux. » Ce "festin", c'est la pleine communion avec Lui. Nous aurons des surprises ! Ce n'est pas parce que nous sommes chrétiens que nous sommes plus prêts de Jésus que les "autres" qui nous semble ne pas faire partie de l'enclos. Jésus ne regarde pas ainsi. Notre relation à Jésus dépend de nous. Lui sommes-nous connectés ?... S'il n'en est pas ainsi, comment pourrait jaillir la Lumière. Chaque matin, posons-nous la question : "Aujourd'hui, que vas-tu faire de ton Baptême ?"...  Il n'est pas la carte d'un "Parti", ni un passeport pour un ciel illusoire, il est la semence d'une Rencontre et d'un Amour qui conduit à Lui ressembler : "Tu as revêtu le Christ." (Rituel du Baptême) Écoutons à nouveau la parole de St Paul entendue hier dans la seconde lecture : "Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l'égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant." (1 th 3, 12 ... 4, 2) Il s'agit tout simplement de vivre l’Évangile en devenant par Lui "Bonne Nouvelle" pour les "autres" qui ne sont autres que nos frères et sœurs en humanité. Jésus "ne fait pas de différence entre les humains" (Ac 10, 34) comme trop souvent nous le faisons. Il ne s'agit donc pas de connaître l’Évangile mais de l'incarner au quotidien de nos vies.






dimanche 2 décembre 2012

TEMPS DE L'AVENT

Parole du jour
2 décembre 2012
Lc 21, 25-28.34-36

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste. Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. »

Les autres lectures du jour : Jr 33, 14-16; 1th 3, 12 ...4,2


 Un visage nouveau à l’horizon de l’histoire
Qu’allons-nous faire de ce temps d’Avent,
de ces 21 jours qui nous séparent de Noël ?
Et si nous choisissions d’en faire
comme une retraite dans la vie ordinaire,
un temps d’intériorité accentué au cœur du quotidien ?
N’en serions-nous pas heureux ?
Ne serait-ce pas un beau cadeau
à offrir à notre monde affairé ou affolé ?

Pour cela, dès aujourd’hui,
il nous faut nous nourrir de la Parole de Dieu,
à commencer par les toutes premières paroles
de cette nouvelle année liturgique :
« Parole du Seigneur,
Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur
que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda .   (Jr 33, 14)

La promesse de bonheur !
La suite du texte de Jérémie nous révèle que le Père va accomplir cette promesse
à travers quelqu’un qui doit naître.
Un visage nouveau va paraître à l’horizon de l’histoire,
en qui est le bonheur de toute l’humanité.
Aussi, comme dit l’oraison de ce premier dimanche de l’Avent,
il nous faut aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur,
à la rencontre de ce visage humain en qui est notre bonheur divin.

Alors, aujourd’hui nous partons, comme une caravane de nomades
qui se met en route pour traverser le désert et aller à la rencontre de Celui qui vient.

Aujourd’hui l’Église universelle dans sa merveilleuse diversité
ressemble à une multitude de caravanes qui s’ébranlent.
Les pistes sont diverses, mais le terme est le même :
il est le Visage de Celui que le Père engendre
et nous donne pour notre bonheur éternel.

Mais comment vivre cette route pour qu’elle nous mène effectivement à ce terme ?
La Parole de Dieu entendue aujourd’hui nous offre trois réponses.

• La première est un appel que Jésus nous adresse dans l’Évangile.
Restez éveillés et priez et tout temps .    (Lc 21, 36)
C’est un appel renouvelé à la prière, à la prière « en tout temps ».
Tu veux aller à la rencontre de Celui qui est l’accomplissement de l’histoire ?
Alors il te faut garder le cœur en prière où que tu sois, quoique tu fasses.
Il ne s’agit pas de dire ou de faire des prières de manière scrupuleuse et incessante.
Il s’agit de prier.
Il s’agit de demeurer dans une Présence.
La prière ne consiste pas à beaucoup parler, ni à beaucoup penser,
mais simplement à demeurer dans la Présence.
Ne quitte pas la Présence, demeure dans l’Amour où que tu sois, quoique tu fasses.
Que toute ta vie soit une liturgie sacrée.    (Clément d’Alexandrie)
Une liturgie au travail, à la maison ou dans la rue,
une liturgie intérieure dont les gestes liturgiques
sont ceux de notre vie quotidienne faits dans l’amour
et dont le chant est l’adoration silencieuse de notre cœur.
Le temps de l’Avent est un temps béni pour trouver ou retrouver la joie extraordinaire
et en même temps si ordinaire de la prière.

L’Église va nous y aider
en nous faisant chanter à l’envie un mot,
un seul mot : « VIENS ! »
Viens Seigneur Jésus !
Or on ne dit jamais « viens » à quelqu’un qui est si loin qu’il ne nous entend pas !
On dit « viens » à quelqu’un qui nous entend, qui est proche.
C’est de cette manière que nous disons « viens » à Jésus qui est proche, tout proche,
mais qui attend avec une chasteté infinie que nous Lui disions « viens ! entre ! »

La prière c’est cela.
C’est dire « viens » à Celui qui est là,
à Celui qui frappe non de l’extérieur de notre cœur, mais de l’intérieur.

• • La même page d’Évangile nous donne également une deuxième indication pour notre route d’Avent :
Défiez-vous de vous-mêmes,
que vos cœurs ne s’alourdissent dans la débauche,
l’ivresse et les soucis de la vie.  (Lc 21, 34)
Dans cette longue attente qu’est l’histoire,
il s’agit de ne pas se laisser séduire par ce qui « alourdit notre cœur. »
Et Jésus cite trois poids qui menacent d’étouffer notre vie intérieure :
La débauche, c'est-à-dire une sexualité en déroute
où le corps, - notre corps, celui d’un autre, d’une autre -
devient instrument, moyen, chose, pour calmer l’angoisse de nos solitudes
ou pour quêter vainement un bonheur tant désiré.

L’ivresse ensuite sous toutes ses formes qui ne peut conduire qu’à l’amertume 
parce qu’elle fait miroiter d’une manière mensongère une joie qu’elle ne peut donner.

Et quel est le troisième poids qui menace le battement de notre cœur profond ?
Jésus nous dit : Les « soucis de la vie ».
Peuvent-ils être de l’ordre de la débauche et de l’ivresse ?
Est-ce que multiplier à l’excès les activités serait une forme de débauche ?
Oui, si cela nuit à notre dignité d’enfants de Dieu.
Une forme d’ivresse ?
Oui, quand nous fuyons dans l’activisme qui est en réalité mensonger.

En ce temps de l’Avent, il nous serait très profitable de reconnaître
ce qui dans notre vie pèse sur notre cœur profond :
de reconnaître, de nommer nos attachements aux choses de ce monde,
de prendre conscience que les choses exercent sur nous un pouvoir de fascination,
et qu’ainsi elles entravent notre liberté et pervertissent notre désir .    


(Relecture des Principes et fondements des Exercices de St-Ignace)

L’Avent est un temps béni pour vivre un détachement courageux et joyeux
pour consentir à un chemin de pauvreté :
Que ta pauvreté, te détournant ainsi des illusions et des pesanteurs qui pèsent et miroitent alentour,
t’ouvre à la vraie liberté du dépouillement et à la joie du centuple reçu dès maintenant .    (LdV, n° 94)

Que cet Avent nous donne, nous redonne un cœur léger, un cœur dépouillé,
un cœur pauvre devant Dieu.
N’est-ce pas là le secret de la joie ?

• • • Prière et détachement : voilà les deux indications que nous donne l’Évangile,
auxquelles il faut, pour terminer, en ajouter une troisième qui nous vient de la deuxième Lecture.
Que serait le chemin de l’Avent  s’il n’était tourné que vers nous-mêmes
et vers notre petite perfection chrétienne ?
Il serait voie sans issue !

Non, en ce début d’Avent et à travers Saint Paul,
le Seigneur nous lance aujourd’hui un appel :
un appel à entrer par sa grâce dans un amour
de plus en plus intense et débordant entre nous et à l’égard de tous .    (1 Th 3, 12)
Ainsi, nous dit l’apôtre,
nous nous  préparons à 
’avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ
qui viendra avec tous les saints.    (1 Th 3, 13)

Un amour de plus en plus intense et débordant !
Mais quelle forme l’amour peut-il prendre
plus spécialement en ce temps d’Avent
pour être intense et débordant  ?
Je voudrais répondre avec les mots
de l’écrivain Georges Bernanos
qui évoquait notre mission
de « sourciers de l’espérance. »
Une grande, une très grande forme d’amour
à vivre en notre temps consiste à révéler à nos frères et sœurs la source cachée,
couverte, enfouie de l’espérance qu’ils portent en eux-mêmes.
N’est-ce pas le plus beau cadeau de Noël
que nous puissions faire que de découvrir,
de dévoiler l’espérance à ceux et celles
qui meurent de peur dans l’attente de ce qui vient de l’humanité   (Lc 21, 26)
comme dit l’Évangile de ce jour ?
Il s’agit pour nous d’avoir le courage de confesser notre foi en Dieu
présent dans le cœur de celui ou celle que nous rencontrons.

« Je crois en Dieu Trinité qui t’habite »


Je crois que tu es unique pour Dieu.
Je crois que Dieu habite en toi
dans un amour inouï et unique.
Je crois en la source qui est en toi
et je voudrais y boire !


Frères et sœurs, nous voici en route appelés à la prière, au détachement et à l’amour.
La liturgie jour après jour va nous y aider,
la Parole de Dieu quotidiennement nous donnera élan et force
et nous allons nous encourager les uns les autres
à vivre cette retraite de 21 jours dans la vie quotidienne.

Mais je voudrais vous inviter à vivre ensemble une grâce particulière.
Je le dis en un mot :
Si tous nous nous engagions aujourd’hui à prendre chaque semaine
au moins une heure d’adoration silencieuse,
de jour ou de nuit, ici ou ailleurs,
quelle grâce et quelle joie ce serait pour nous tous !
Joie de la prière,
joie du détachement de ce qui pèse sur nos cœurs,
joie d’aimer en priant pour le monde.
Beaucoup d’entre nous le font déjà.
Si TOUS nous le vivions, notre communauté eucharistique
deviendrait comme un poumon d’oxygénation pour toute notre ville.

Frères et sœurs, essayons, si vous le voulez,
de vivre cela pendant l’Avent,
et de prolonger cette fidélité tout au long de l’année liturgique qui commence aujourd’hui.
Nous en serons heureux, très heureux!

Seigneur Jésus,
Toi qui nous appelles avec insistance à veiller,
garde-nous du sommeil spirituel.
Éveille-nous pour que nous puissions servir
l’éveil spirituel de notre temps.
Amen !


                                                                Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj

samedi 24 novembre 2012

 Parole du jour
Lc 20, 27-40
Samedi 24 novembre
Des sadducéens — ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection — vinrent trouver Jésus, et ils l'interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a donné cette loi :
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? »
Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.
Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. »
Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. »
Et ils n'osaient plus l'interroger sur quoi que ce soit. 
L'erreur des sadducéens est de considérer le mariage seulement comme un moyen, celui de donner une descendance. Or le fruit de l'union du mariage, l'enfant, est essentiellement le fruit de l'Amour. La femme n'est pas  une machine à faire de la descendance. Le mariage demande la rencontre de deux personnes qui s'aiment. L'Amour est le cœur du mariage. L'enfant qui naît de l'Amour est habité par une lumière particulière. Il naît de la rencontre de deux personnes qui se veulent mutuellement du bien qui se donnent la vie l'une à l'autre. De cet Amour-communion et de cette vie naît une Vie nouvelle baignée de leur Amour. La résurrection est du coté de cette Vie et de cet Amour. Dieu nous aime ainsi et nous comble de sa Vie. Vivre d'Amour, c'est vivre de Dieu car "Dieu est Amour". Après notre passage par la mort physique, nous sommes appelés à entrer en pleine communion avec Dieu et par Lui entre nous. Il n'y aura plus de descendance, mais une pleine communion dans l'Amour où chacun sera attentif à l'autre ...  

jeudi 8 novembre 2012

  Parole du jour
Jeudi 8 novembre
Lc 14, 15-24

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »

Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. 

Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !' De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Il est étonnant de voir comment l'homme est enclin à "enfoncer" son frère en humanité : "Cet homme fait bon accueil aux pécheurs ..." Quelle triste maladie que le "Jugement" lorsqu'il est synonyme de "condamnation". "Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour "juger" le monde mais pour le sauver." Ici juger à la connotation de "condamner". Ce que Dieu attend de nous pour ceux qu'Il considèrent comme ses enfants, c'est ce que Lui désire pour eux : le bonheur. C'est ce que veulent signifier les deux paraboles : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Et Dieu n'a pas hésité à prendre la place de celui qui est ou se met dans le malheur, pour l'en sortir. Et celui qui "juge" dans le sens exprimé plus haut, est dans le malheur car il s'enferme dans l'orgueil et la suffisance. Il est capable de juger Dieu Lui-même, de Le condamner. C'est ce qui s'est passé lors de la passion et de la mort de Jésus lui-même, "Dieu, né du vrai Dieu", Dieu devenu l'un de nous. Combien nous le condamnons souvent dans les autres  : "Ce que vous aurez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." Nous sommes bien heureux que Dieu ne nous ressemble pas. Il n'y a finalement qu'une seule béatitude. St Jean l'exprime dans sa 1ère lettre : "Nous le verrons tel qu'Il est car nous Lui seront semblables". Lui être semblable ! Il reste beaucoup de chemin à parcourir mais il n'y en a pas d'autre. Il est "le Chemin, la Vérité et la Vie."

mardi 6 novembre 2012

 Parole du jour
Mardi 6 novembre
Lc 14, 15-24

 Au cours du repas chez un chef des pharisiens, en entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. À l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : 'Venez, maintenant le repas est prêt.' Mais tous se mirent à s'excuser de la même façon. Le premier lui dit : 'J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir ; je t'en prie, excuse-moi.' Un autre dit : 'J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t'en prie, excuse-moi.' Un troisième dit : 'Je viens de me marier, et, pour cette raison, je ne peux pas venir.' À son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Plein de colère, le maître de maison dit à son serviteur : 'Dépêche-toi d'aller sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.' Le serviteur revint lui dire : 'Maître, ce que tu as ordonné est fait, et il reste de la place.' Le maître dit alors au serviteur : 'Va sur les routes et dans les sentiers, et insiste pour faire entrer les gens, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner.' »

Si nous considérons que le "Royaume de Dieu" n'est pas un lieu, ni quelque chose, mais "Quelqu'un", Jésus Lui-même, cette parabole est éclairante. Ce qui conduit à la béatitude, c'est la relation à Jésus, la communion avec Lui ...
 Il est un repas auquel les chrétiens sont invités, l'Eucharistie. Combien aujourd'hui trouvent des excuses pour vaquer à autre chose, ne répondant pas à l'invitation de Jésus. Pourtant ce repas donne la vie en abondance, la Vie de Jésus Lui-même. C'est Lui-même qui se donne en nourriture, une nourriture qui régénère et restaure notre être dans toutes ses dimensions : "Prenez et mangez, ceci est mon Corps livré pour vous ... mon Sang versé pour vous ...". Cette nourriture est celle de l'Amour. 
Comment peut-on se priver d'une telle nourriture, c'est la preuve d'une non-foi dans les paroles de Jésus et dans sa Présence et d'un enfermement dans le contingent dans lequel on met sa foi.
Nombre de nos frères en humanité qui ne connaissent pas Jésus mais qui inconsciemment, par la droiture de leur conscience, vivent de sa Présence et agissent selon sa Parole, entrent en communion avec Lui.
Déjà dans les Évangiles, voyons-nous Jésus donner en exemples la foi des païens : le centurion : "Jamais je n'ai trouvé autant de foi en Israël !"; la cananéenne : "Va, ta foi t'a guérie !"  Et il avertit : "Les publicains et les prostituées seront avant vous dans le Royaume des cieux". Oui, "Seigneur, augmente en nous la foi." Et rends-nous cohérent avec la grâce de notre baptême et notre nom de "chrétien". 

jeudi 1 novembre 2012

LA TOUSSAINT

Parole du jour
Jeudi 1 novembre
Mt 5, 1-12a
Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait,
il gravit la montagne.
Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.

Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire.
Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur :
le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux :
ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux :
ils obtiendront miséricorde !

Heureux les cœurs purs :
ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix :
ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l'on vous insulte,
si l'on vous persécute
et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse,
car votre récompense sera grande dans les cieux !


Qui sont-ils ces Saints que nous fêtons aujourd'hui ? ... Bien-sûr ceux qui sont inscrits sur nos calendriers, ceux dont nous portons le prénom, ceux qui ont été canonisés par l'Eglise. Mais il ne faut pas oublier la multitude de ceux qui inconnus, se sont laissés sanctifier par le Christ. Et sans doute que nous en croisons sur nos routes, hommes ou femmes qui sans bruit vivent du Christ. Et chacun d'entre nous, nous sommes appelés à être Saint. C'est la vocation de tout chrétien et donc de chacun d'entre nous ... et même de toute personne humaine. Car la vocation humaine est une vocation à l'Amour et l'être humain souffre de ne pas aimer comme il le faudrait. Dieu qui est l'unique Saint a créé l'homme à son Image. Dieu est Amour. En se faisant Homme, le Fils de Dieu a parfaitement accompli cette vocation dans notre propre chair. Il est l'unique chemin vers la sainteté. L'accueillir au cœur de notre vie, c'est lui permettre de l'assumer avec nous en la purifiant et en l'ajustant sur l'Amour et donc de l'accomplir en sainteté.
Le Sacrement du baptême nous plonge dans la Sainteté du Christ, dans le Mystère de sa mort et de sa Résurrection, et nous incorpore à Lui : "Tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ." La Sainteté est alors un déjà-là par cette union au Christ et un pas-encore car il nous faut adhérer (la Foi) de tout notre être à cette sainteté au quotidien de nos vies en faisant de Lui le compagnon de nos routes. Il est "le Chemin, la Vérité et la Vie." Certes sur nos routes, il nous arrive de chuter contre la pierre ou de tomber dans le fossé. mais Il est toujours là pour nous relever et nous remettre sur le chemin. La Sainteté n'est pas la perfection, mais cette remise continuelle de notre vie dans la Sienne. Car Il est Lui-même notre Sainteté, Lui qui a parfaitement accompli notre Humanité. Aussi notre regard ne doit-il pas se détacher de Lui.

Écoutons le dialogue de St François avec son compagnon Léon :


"Sautant d’un rocher à l’autre, Léon eut tôt fait de traverser le torrent. François le suivit. Il y mit plus de temps. Léon, qui l’attendait debout sur l’autre rive, regardait l’eau limpide couler avec rapidité sur le sable doré entre les masses grises des rochers. Lorsque François l’eut rejoint, il demeura dans son attitude contemplative. Il semblait ne pouvoir se détacher de ce spectacle. François le regarda et il vit de la tristesse sur son visage.
- Tu as l’air songeur, lui dit simplement François.
- Ah! si nous pouvions avoir un peu de cette pureté, répondit Léon, nous connaîtrions, nous aussi, la joie folle et débordante de notre sœur l’eau et son élan irrésistible!
Il passait dans ces paroles une profonde nostalgie. Et le regard de Léon fixait mélancoliquement le torrent qui ne cessait de fuir dans sa pureté insaisissable.
- Viens, lui dit François en le tirant par le bras.
Et ils reprirent tous deux leur marche. Après un moment de silence, François demanda à Léon :
- Sais-tu, frère, ce qu’est la pureté du cœur ?
- C’est ne pas avoir de faute à se reprocher, répondit Léon sans hésiter.
- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher.
- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d’arriver un jour à la pureté du cœur.
- Ah! frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C’est cela même, petit frère, avoir le cœur pur.
« Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté.

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon.
- Oui, sans doute, répondit François. Mais la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on se découvre et que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude.
« Notre néant, vois-tu, s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme.
« Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos cours. C’est cela avoir le cœur pur.
« Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant.
- Comment faire? demanda Léon
- Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aiguë de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le cœur devient alors léger. II ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu." (Tiré du livre "La Sagesse d'un pauvre" d'Eloi Leclerc)

dimanche 28 octobre 2012

Parole du jour
Mc 10, 46-52
Dimanche 28 octobre

Tandis que Jésus sortait de Jéricho 
avec ses disciples 
et une foule nombreuse, 
un mendiant aveugle, 
Bartimée, le fils de Timée, 
était assis au bord de la route.
Apprenant que c'était Jésus de Nazareth, 
il se mit à crier : 
« Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
Beaucoup de gens l'interpellaient vivement 
pour le faire taire, 
mais il criait de plus belle : 
« Fils de David, aie pitié de moi ! »
Jésus s'arrête et dit : 
« Appelez-le. » 
On appelle donc l'aveugle, et on lui dit : 
« Confiance, lève-toi ; il t'appelle. »
L'aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Jésus lui dit : 
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? 
— Rabbouni, que je voie. »
Et Jésus lui dit : 
« Va, ta foi t'a sauvé. » 
Aussitôt l'homme se mit à voir, 
et il suivait Jésus sur la route. 

Regardons les différents personnages : Jésus est le centre du récit, tous les regards sont tournés vers Lui et on le suit ... Qui le suit ? Ses disciples qui sans doute sont fier d'être là et de recevoir quelques rayons de la gloire de Jésus pour eux. Ne sont-ils pas les disciples, les proches du Maître ! Et la foule qui attend de Jésus des actes de guérisseurs et qui en font leur idole. Tout semble bien se passer. Chacun est à sa place. Jésus lui attend autre chose. Le succès ne l'intéresse pas. Il sait que tous ceux-là le suive pour eux mêmes et non pour lui. 
Et puis, voici le "trouble fête" ... le grand oublié ... celui qu'on ne regarde même pas ... d'ailleurs n'est-il pas un pécheur notoire puisqu'il est aveugle et mendie ? Un homme à ne pas fréquenter ... Et le voici qui se fait entendre et qui veut attirer l'attention de Jésus. Quel culot !  "Beaucoup de gens l'interpellaient vivement pour le faire taire." Qu'il reste à sa place !
Mais Jésus, c'est lui qu'il attend et toute son attention est tournée vers lui : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ... je ne suis pas venu pour ceux qui se croient juste, mais pour les pécheurs" : "Appelez-le." Aussitôt on change d'attitude. Il est important d'être dans les bonnes grâces du Maître. Ainsi de la foule qui se faufile dans le sens ou souffle le vent. Mais sa parole vient de plus loin qu'elle : "Confiance, lève-toi, il t'appelle." Une parole extraordinaire qui aujourd'hui encore apporte l'espérance. Par ces paroles, l'aveugle, bien que ne voyant toujours pas,  est comme sorti de sa cécité. Jetant sa souffrance qui l'enferme sur lui-même, son manteau, le voilà tout à Jésus : "il bondit et courut vers Jésus." Et c'est la Rencontre avec un grand "R". Jésus le regarde comme une Personne et lui parle comme à une Personne. Il ne le guérit pas immédiatement, il lui demande ce qu'il veut. Il le respecte jusque là : "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" Bartimée est invité à conceptualiser ce qu'il veut, même si Jésus le sait. Cela doit venir de lui. Jésus n'est pas un magicien. le désir et la demande sont essentiels. On ne jette pas une graine de vie dans les pierres, mais dans une bonne terre : "Rabbouni, que je voie." Et Jésus ne lui dit pas : "Tu es guéris." mais "Va, ta foi t'a sauvé (même mot que "guéri")." La graine à pu lever et donner son fruit : "L'homme se mit à voir et il le suivait." une relation nouvelle éclaire le coeur et la vie de Bartimée ... Ne serions-nous pas chacun un "Bartimée" ... Puissions-nous accueillir son témoignage.

 


dimanche 21 octobre 2012

Parole du jour
Mc 10, 35-45
Dimanche 21 octobre

Jacques et Jean, les fils de Zébédée,
s'approchent de Jésus et lui disent :
« Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent :
« Accorde-nous de siéger,
l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire,
recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui disaient : « Nous le pouvons. »
Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ;
et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,
il ne m'appartient pas de l'accorder,
il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
Les dix autres avaient entendu,
et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.
Jésus les appelle et leur dit :
« Vous le savez :
ceux que l'on regarde
comme chefs des nations païennes
commandent en maîtres ;
les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :
car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi,
mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Voici un texte de l'Évangile qui nous montre comment Jésus et ses disciples ne vivent pas dans le même monde. Les disciples pensent "pouvoir et grandeur". Jésus pense "service et don de soi". C'est ainsi que l'homme a tendance à projeter sur Dieu ses propres pensées en faisant de Lui un Dieu de Pouvoir. C'est alors le Dieu miroir en lequel je me mire dans mes aspirations déréglées et mortifères où l'autre devient l'esclave de mes désirs et de mes manipulations. Un faux dieu !
Ainsi Jacques et Jean rêve "Jésus Roi" comme les puissants de la terre, et eux en bonnes places dans sa cour où son gouvernement : "l'un à droite et l'autre à gauche." Les autres apôtres, pris de vitesse dans la demande, sont jaloux : "ils s'indignent contre Jacques et Jean."
Mais "les pensées de Dieu ne sont pas celle des hommes" et son Royaume n'est pas selon ce monde-là qui est un monde de "rapport de forces" où les hommes sont trop souvent des loups les uns envers les autres.
Dans un premier temps, Jésus ne dit pas non à Jacques et Jean. Il leur dit qu'ils sont dans l'illusion : "vous ne savez pas ce que vous demandez ..." Mais eux pensent "savoir". Alors Jésus leur parle de "coupe à boire", celle de son agonie : "Père, s'il est possible, éloigne de moi cette coupe, cependant non pas ma volonté mais la tienne." Il leur parle de baptême, la plongée dans la mort par le supplice de la croix. Sans chercher à comprendre ce que cela signifie, toujours dans leurs pensées, et croyant obtenir une réponse positive à leur demande, ils répondent en cœur : "Nous le pouvons !"
Jésus va alors essayer de faire passer ses disciples de leur monde trop humain, dans le monde de Dieu : "Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude". Par la définition qu'il donne, il se définit lui-même et à travers lui, c'est Dieu qu'il dit et qu'il donne à voir. Dieu n'est pas potentat, il est Serviteur. Et ce qu'il sert, c'est sa propre vie pour la multitude. La seule puissance qu'il connaisse, c'est la puissance d'Amour : "L'Amour ne cherche pas son propre intérêt ..."
L'Eucharistie est vraiment le Sacrement de ce Service et du Don de sa Vie ... le Sacrement de l'Amour !