jeudi 25 décembre 2014



Dans l'impossibilité de préparer la "Parole du jour"
pendant quelques jours,
je vous invite à ruminer et à vous laisser interpeller
par les textes de la Parole de Dieu
offerts chaque jour pour la Messe.


"Souvent nous entendons la Parole de Dieu et l’avalons sans même prendre le temps de la mâcher... Aussitôt, cette nourriture avalée est oubliée. Observez les ruminants comme la vache par exemple. Elle coupe l’herbe sans la mâcher et peut ainsi ingurgiter une grande quantité d’herbe par jour. Celle-ci est accumulée dans la panse puis, après un certain temps, l’animal se met à ruminer, c'est-à-dire qu’elle régurgite le contenu de sa panse dans sa bouche et le mâche à nouveau. Ainsi pulvérisée, cette nourriture pourra être à nouveau avalée puis commencera la digestion qui durera trois jours. Cette nourriture la nourrit et lui donne vie ...
Les Ecritures ne sont pas des paroles d’hommes, mais la Parole de ‘Dieu’ qui ne périt pas, qui demeurera toujours, qui est toujours vivante, parlante pour chacun d’entre vous. Mais encore faut-il comme la vache, pouvoir l’accueillir avec bonheur chaque jour, la mâcher, la remâcher jusqu’à ce qu’elle nous parle et puisse accomplir son œuvre de transformation ..." (Anonyme)


 " La lectio divina constitue un véritable itinéraire spirituel par étapes. De la lectio, qui consiste à lire et relire un passage de l'Écriture Sainte en en recueillant les principaux éléments, on passe à la meditatio, qui est comme un temps d'arrêt intérieur, où l'âme se tourne vers Dieu en cherchant à comprendre ce que sa parole dit aujourd'hui pour la vie concrète. Vient ensuite l'oratio, qui nous permet de nous entretenir avec Dieu dans un dialogue direct, et qui nous conduit enfin à la contemplatio ; celle-ci nous aide à maintenir notre cœur attentif à la présence du Christ, dont la parole est une « lampe brillant dans l’obscurité, jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans nos cœurs » (2 P 1, 19). "
Benoît XVI, le 22 juin 2006


En s’inspirant de l’image biblique de « l’échelle sainte» (cf. Gn 28,12 et Jn 1,51), Guigues le Chartreux a recueilli l’héritage patristique et monastique sur la lectio divina et a synthétisé cette pédagogie divine en proposant quatre échelons qui permettent, à partir de l’accueil de la Parole, d’aboutir à la contemplation et de nourrir l’action.


1. La « lectio »
Cette simple, mais attentive, lente et dense lecture est déjà une présence divine, vérité révélée en Jésus-Christ. Cette lecture n’est en réalité pas si facile à faire. Elle demande silence, disponibilité, gratuité et attention, si elle ne veut pas être superficielle et si elle veut nous conduire à la contemplation. Il faut apprendre à ne pas passer trop rapidement par dessus cette première étape de la pédagogie divine de la Lectio Divina.
Voilà pourquoi chaque lecture doit se faire calmement, paisiblement, sans hâte, sans ce désir de savoir qui dénote une recherche critique, un travail humain qui veut percer une réalité qui se présente et que l’on veut comprendre, posséder. La « lectio » est une ouverture, elle n’est pas une conquête. Aussi ne la fait-on bien que si on lit en laissant dès le début à l’Esprit de Dieu, la liberté de nous éclairer comme il veut, de nous faire voir ce qu’il veut nous faire contempler, de nous faire désirer à cette lumière ce qui deviendra prière, appel, offrande et abandon à l’amour ; cet amour qui se révèle en se communiquant et qui transforme en éclairant.
En lisant ces textes, et en les relisant une deuxième ou une troisième fois, en les « ruminant », peut-être en les écrivant, certains passages attirent l’attention intérieure de celui qui les lit ; déjà s’établit comme un attrait, un dialogue entre la Parole qui se manifeste et celui qui veut la comprendre et la suivre. Ce qui suppose, en lisant, une ouverture toujours plus grande à l’Esprit qui nous guide et illumine le texte. Il faut simplement accepter d’être éclairé et guidé.

Lectio Divina
C’est à partir de la lectio que se fait la meditatio. Il est bon d’éviter un raisonnement sur les textes et de ne pas chercher trop rapidement des applications à partir des textes médités. Cette meditatio doit être prudente. Elle ne doit pas nous fixer sur nous-mêmes, elle ne peut que nous fixer sur Dieu ; elle ne peut être œuvre humaine, étude, analyse ; elle doit rester accueil et ouverture. Elle est un désir d’intelligence et de vision. Elle mène vers une adhésion priante et favorise une contemplation toujours plus unifiée et plus complète du mystère de Dieu, selon ses vues. C’est une étape délicate. En effet, la « meditatio » pourrait se faire facilement introspective, cherchant des applications concrètes immédiates, personnelles et même apostoliques, ce qui diminue fort le champ de vision et empêche de voir la grandeur et l’ampleur du mystère contemplé, de la lecture faite, de la Parole entendue, écoutée. Toute Parole de l’Ecriture ne peut avoir en tout temps un point d’application concrète.
La méditation peut se nourrir avec profit de la « symphonie de l’Ecriture », un texte biblique pouvant être éclairé par d’autres ; elle se nourrit aussi du trésor de la tradition chrétienne qui a déjà reçu avec fruit cette Parole de Dieu.
On peut également s’appuyer sur les informations que l’on trouve en notes dans une Bible bien commentée, lorsque celles-ci éclaircissent le sens du texte. C’est après la Lectio Divina qu’on doit lire ces informations, et non pendant le temps de prière de la Parole. L’étude exégétique du texte sacré aidera d’autant mieux la Lectio Divina qu’elle souligne son importance dans l’Histoire du Salut, informe au sujet de son destinataire, donne la structure du texte et explique sa portée. Une telle étude peut être priante ; elle le sera d’autant plus que la Lectio Divina bien faite a précédé l’étude. Cette dernière est d’autant plus riche qu’un texte a été souvent objet de Lectio Divina.
Remarquons enfin qu’une « meditatio » peut être d’autant plus fructueuse que le fruit de sa réflexion a été noté. Tel texte sera noté parce que mieux compris, tel autre sera retenu et noté qui a offert une occasion de prière. Quand la prière devient simple, elle se fait « litanique », en ce cas elle peut très bien être mise par écrit ; elle sera répétée après.
Lectio Divina
La prière est formulée par rapport aux textes qui la nourrissent. Peu à peu on s’habitue à transformer les textes en prières courtes, en invocations simples, en brèves paroles qu’on répète intérieurement ; elles soutiennent une prière plus profonde. On peut y donner un temps assez long ; on peut aussi la reprendre dans les temps libres, dans un temps d’adoration eucharistique ou une prière plus prolongée, paisible et détendue. Elle mène à la contemplatio.
Devant la grandeur de Dieu et l’infinie bonté de son amour, cette oratio dépasse la foi en la vérité révélée pour devenir adhésion à l’amour divin, abandon à sa miséricorde, confiance en cette bonté infinie du Père qui envoie son Fils et nous donne l’Esprit. Ce mouvement change la réflexion en une adoration où tout l’homme s’oublie pour ne plus fixer que la Source de toute bonté, le Dieu très saint, fort et immortel, le Dieu qui est amour infini et éternel.
Le croyant simplifie son adhésion à Dieu par un Amen filial que l’Esprit Saint forme en lui, unissant son cœur au Cœur du Christ ; ajustant sa propre attitude à la disposition intérieure du Christ (cf. Ph 2), en suscitant le désir de suivre le Christ sur les voies de l’amour, en se mettant avec lui comme coopérateur de Dieu, sauveur avec le Christ Sauveur, acceptant l’ensevelissement avec le Christ pour ressusciter avec son Seigneur. Telle sera l’aspiration que le cœur formule avec des mots simples, le plus souvent dans un silence qui accepte tout ce qui dépasse l’entendement et où l’intelligence humaine ne peut plus comprendre, tant est immense le mystère de la lumière divine.
La prière du cœur est un élan de l’âme, un mouvement d’admiration devant la grandeur, la beauté du mystère révélé. Dieu est grand ! Dieu est beau ! Dieu est bon ! La prière s’exprime en vivant ce mystère de grandeur et de beauté divines dans lequel tout homme se situe à la lumière de Dieu, à la lumière de la révélation.
Cette prière, nourrie de la Parole de Dieu, peut prendre tous les accents de la prière biblique exprimée dans les Psaumes et cantiques de l’Ancien comme du Nouveau Testament : adoration, louange, confiance, action de grâces, demande de conversion et de pardon, supplication.

Lectio Divina
Dans le silence de Dieu, l’homme mesure la plénitude de vie qui lui est réservée. Il s’apaise, il se pacifie ; son regard s’illumine dans la lumière éternelle et son cœur s’attache aux biens qui ne passent plus : ici, l’oratio, la prière filiale, devient contemplation divine. L’homme adhère de tout son cœur à Celui qui l’a créé, il se donne tout entier à Celui qui s’est livré pour le sauver, il se consacre à Celui qui dans un appel éternel, l’a appelé de son nom et l’a consacré pour être à Lui à jamais.
La contemplatio dépasse tout effort par un acte d’adhésion à Dieu dans la foi à son Amour ; elle devient espérance en sa miséricorde, elle s’étend en charité pour aimer tout ce que Dieu aime et reporter tout à Lui. On aime pour Dieu, à cause de Lui, comme Lui, par amour de Dieu et amour des hommes. La contemplation fixe dès maintenant tout l’être en Dieu ; elle permet à l’homme d’être par sa seule présence le témoin de Dieu, l’instrument de sa bonté, le signe de sa charité.
A l’expérience, nous constatons que la contemplatio connaît cette ardeur qui est un don gratuit, une intervention de Dieu, souvent inattendue, qu’elle prend en nous une forme spontanée qui n’est pas l’effet d’un effort, d’une activité propre, le résultat d’une générosité ; elle est un don gratuit de Dieu qui nous unit à Lui, demeure en nous et nos fait demeurer en Lui. Ce don nous fait sentir une présence d’amour qui est vie, force, ardeur, chaleur, feu consumant, purifiant, flamme d’amour. C’est là l’effet de l’action de l’Esprit. Le « Veni Creator », dont sont prises ces paroles, forme un petit traité d’union à Dieu et d’expérience spirituelle que la contemplation expérimente et atteste toujours à nouveau.
Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de contemplation, sans ressentir ses effets : plénitude de Dieu qui envahit tout l’homme, le comble, le réduit au silence, le fixe en Dieu. Tout cela peut se faire sans cette ardeur qui est plus l’effet de la présence de Dieu que cette présence même. L’ardeur la rend sensible. On peut cependant l’expérimenter dans l’aridité, quand l’oraison se fait difficile.
Ce qui importe avant tout, c’est de situer la contemplatio au centre même de ce qu’elle est. La contemplatio est repos en Dieu. Elle est « repos », parce qu’elle unifie intérieurement ; elle fixe toute l’attention sur la présence, l’action de Dieu en nous, elle nous centre sur Dieu qui demeure en nous et de ce fait nous permet de demeurer en Lui. Père et Fils font en nous leur demeure. Ils viendront en nous, si nous suivons, si nous observons leurs commandements, c’est-à-dire leur inspiration, leur Esprit.
Ce repos en Dieu est une transformation intérieure ; il nous permet d’être tout à Dieu ; il est don de Dieu, présence d’amour. L’ardeur qui nous révèle cette présence peut être momentanée, elle peut nous surprendre, elle est signe de l’action de Dieu, elle n’est pas l’action elle-même de Dieu en nous. Dieu nous transforme par assimilation ; il nous rend semblables à Lui : quand nous le verrons, nous verrons que nous sommes semblables à lui. Il fallait être contemplatif comme Jean pour écrire ces paroles si simples et si profondes.
C’est dans ce repos que prend place l’adoration. Adorer, c’est reconnaître la grandeur de Dieu, sa beauté, son amour. C’est louer sa majesté, l’ampleur de ses dons, c’est professer que nous sommes de lui, en lui, par lui, c’est témoigner de lui et lui rendre hommage, en lui remettant tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons reçu, le monde qui nous est uni comme nous lui sommes unis par volonté divine ; l’adoration est offrande et action de grâces ; elle vit l’amour, don de Dieu qui nous permet de l’aimer lui seul, lui toujours plus.

L’adoration est la plus haute prière, la prière parfaite, celle des anges et des élus, celle de ceux qui voient Dieu. Et nous le voyons déjà dans la foi, une foi illuminée qui s’éclaire quand elle est vision d’amour, échange d’amour. Adoration parfaite parce que filiale, prière de Jésus qui, pauvre, a tout reçu et tout remis en un seul amour, qui, obéissant, n’a rien fait que la volonté du Père, être sa Parole, faire ses œuvres, manifester son amour, donner sa gloire. (site Lectio Divina "La Parole de Dieu pour chaque jour)

NOËL
Parole du jour
Lc 2, 1-14
  Jeudi 25 décembre
 En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
— ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. —
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée,
pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem,
car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie,
son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là,
arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers
qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit :
« Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer
une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David.
Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né emmailloté
et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »

Le Fils de Dieu n'est pas arrivé sur terre comme une météorite en disant : "C'est moi !" Il s'est inséré dans une histoire, celle du Peuple de Dieu, au temps de l'Empereur Auguste. Il naît pendant un recensement. Il naît dans une famille bien défini et ... il ne fait pas de bruit ! Il se présente non avec les oripeaux d'un Roi, mais sous les traits d'un enfant couché sur la paille. Déjà cela devrait nous alerter sur l'identité de Dieu, nous qui avons toujours des idées de grandeur et de domination. Dieu n'est pas ainsi. Il se présente fragile et se remet entre les mains des hommes et ceux-ci en feront ce qu'ils veulent. Le fin mot sera la Croix" ! Mais Dieu a quelque chose de particulier par rapport à nous : Il est "l'Amour". Cet Amour auquel nous aspirons, mais que si souvent nous bafouons ... Noël, c'est l'annonce de la Bonne Nouvelle de l"Amour" en ce que ce mot a de plus noble, qui s'incarne : "Aujourd'hui vous est né un Sauveur." Amour rime avec Salut. C'est que l'Amour fait exister, nous le savons ... L'Amour libère, il guérit, il rend la Santé. C'est déjà vrai entre des humains. Mais notre amour est toujours limité avec des hauts et des bas ... l'égocentrisme et autres maladies nous terrassent trop souvent. L'Amour de Dieu lui est toujours identique à lui-même car c'est sa nature. La révélation et la preuve en sont la croix : "Voilà ce que fait l'Amour invincible du Seigneur de l'univers." (Is 9, 6)
L'Amour, nous le contemplons sous les traits d'un Enfant qui reçoit nom "Jésus", ce qui signifie justement "Dieu Sauve". Couché dans une mangeoire, lieu où mangent les animaux, il offre déjà sa vie. Il s'offre déjà en nourriture, dans cette ville de Bethléem dont le nom signifie "la Maison du Pain". Il est ce "Pain" dont nous sommes appelés à nous nourrir pour qu'il prenne Corps en nous : "Et le Verbe s'est fait chair" (Jn 1, 14) pour que la chair, notre Humanité, devienne Verbe. L'Eucharistie, c'est Noël comme c'est Pâques, et la Pentecôte ... au quotidien.
 

Endormies
par tant et tant de veilles
les étoiles d'un coup
se sont mises à danser
Plus lumineux que soleil
sur la paille dorée
l'Enfant-Roi
repose en silence
en ses langes serrés

Le bœuf et l'âne
réchauffent ton sommeil
La brebis et l'agneau
se couchent à tes pieds
Les bergers s'émerveillent
courbés sur leurs bâtons
Marie et Joseph
s'affairent en silence
Tu es là, doux et faible
Présence légère
illuminant l'étable et les vallons

Né au creux du terroir
aux odeurs animales
sans or ni argent
couché en la mangeoire
l'Enfant-Roi
au cœur extasié
s'offre en silence
en ses rêves imagés

L'oiseau en son vol
plane dessus l'étable
en un ciel étoilé
où l'astre des mages
trône en royauté
En son bec
il porte le bois ...
P.R.

dimanche 21 décembre 2014

Parole du jour
 Lc 1, 67-79
Mercredi 24 décembre

  En ce temps-là,
à la naissance de Jean Baptiste,
Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint
et prononça ces paroles prophétiques :

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
qui visite et rachète son peuple.
Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,
comme il l’avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :
salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,
amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte ;
serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,
afin que, délivrés de la main des ennemis,
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout au long de nos jours.
Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé
prophète du Très-Haut ;
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins,
pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,
grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,
pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
et l’ombre de la mort,
pour conduire nos pas
au chemin de la paix. »

Voici un cantique plein d'espérance et porteur de révélations : Dieu "visite" son peuple pour accomplir sa "libération". Dieu vient nous libérer ! C'est Lui qui fait se lever "une Force qui nous sauve". Cette "Force" c'est le Fils de Dieu, son Fils, qui se fait l'un de nous en cet Enfant qui naît dans la nuit, notre nuit, pour nous rendre à la Lumière. La Salut, c'est cette Lumière, la "Santé" qu'Il nous rend car nous sommes tous malades en nos âmes : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ... non pour les justes, mais pour les pécheurs". C'est ainsi qu'Il nous "arrache aux mains de nos ennemis", nos ennemis des profondeurs ...
A la fin du cantique, Zacharie parle de "l'Astre qui vient nous visiter" et dit : "Il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour guider nos pas sur le chemin de la paix." Et Zacharie révèle que le cœur de Dieu est plein de "miséricorde" et de "tendresse". La mission de Jean est de préparer à cette découverte : "... tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu'il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés." Laissons-nous toucher par cette Bonne Nouvelle !
 
Voici une paraphrase du "Benedictus" pour nous aider a entrer dans ce magnifique cantique :

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
qui  en son Fils visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir Jésus la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,

comme il l'avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :

Jésus, salut qui nous arrache à l'ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,

Jésus, amour que le Père montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,
Jésus, serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,

afin que, délivrés de la main des ennemis par Jésus
nous  servions le Père dans la justice et la sainteté,
en la présence de Jésus, tout au long de nos jours.

Et toi, Jean, petit enfant, tu seras appelé
prophète du Très-Haut : *
tu marcheras devant, à la face de Jésus,
et tu prépareras ses chemins

pour donner au peuple de Dieu de connaître le salut en Jésus
par la rémission de ses péchés,
grâce à Jésus tendresse et amour de notre Dieu,
quand Jésus nous visite, Lui  l'astre d'en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
et l'ombre de la mort, *
pour conduire nos pas
au chemin de la paix.

  Parole du jour
Lc 1, 57-66
Mardi 23 décembre
 
  Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son
père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
 
La joie est contagieuse. Voici que "les voisins et sa famille" se réjouissent de la Naissance de l'enfant de Zacharie et d'Élisabeth. Ils y reconnaissent l'intervention de Dieu : "Sa miséricorde". En hébreu, le mot miséricorde signifie "Entrailles maternelles". Dieu a des "Entrailles maternelles". Il connaît les sentiments d'une mère, comme elle, il veut la Vie ... il donne la Vie. En ce sens, Dieu est à la fois Père et Mère ...
L'Enfant qui naît demeure de l'Ancienne Alliance. La Nouvelle Alliance se réalisera en Jésus. Mais s'il y a en lui continuité par rapport aux prophétisme, il y a aussi rupture. Il est celui qui met la main de l'Épouse (l'Église), ses propres disciples, dans la main de l'Epoux, Jésus-Christ : "Regardant Jésus qui passait, il dit : "Voici l'agneau de Dieu." Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus ..." (Jn 1, 36)
Cette rupture est signifiée dans le don de son nom. En Israël, la tradition veut que le fils premier-né porte le nom de son père :
"Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. " Son Père lui-même le confirme : "Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Cette reconnaissance de la part de Zacharie exprime son passage de la "non-foi", la stérilité, à la Foi, la fécondité dans la reconnaissance du don de Dieu. Aussitôt, il retrouve l'usage de la parole car il croit désormais en la Parole "dite de la part de Dieu", Parole qui se dit à travers son fils qui vient de naître. Immédiatement, il entre dans la "bénédiction" et c'est, "rempli de l'Esprit-Saint", qu'il prononce son cantique d'action de grâce (Lc 1, 67-79) ...
Le nom de "Jean" signifie "grâce". L'enfant qui vient de naître aura mission d'orienter les cœurs vers l'Enfant à naître qui est la "Grâce" incarnée ...

Parole du jour
Lc 1, 46-56
Lundi 22 décembre

  Marie rendit grâce au Seigneur en disant : 
 
« Mon âme exalte le Seigneur,
  exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; 
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; 
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge 
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, 
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, 
il élève les humbles.
  Il comble de biens les affamés, 
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, 
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, 
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
 
  Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
 puis elle s’en retourna chez elle.

Le Magnificat fait penser à cette Parole de Jésus exultant de joie dans l'Esprit-Saint : « Je te bénis Père d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélés aux humbles » (Mt 11, 25) . Marie est de ces anawims , les pauvres de cœur ... Décentrée d'elle-même, burinée par la Parole de Dieu sans cesse ruminée, elle est à l'écoute et tout son être s'ajuste sur ce qu'elle entend. Sa réponse change la face du monde : "Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta Parole." (Lc 1, 38) Aussi, "tous les âges la diront "Bienheureuse" ! Mais elle sait que cette capacité à dire "oui" lui vient de celui qui l'appelle : "Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom." Aussi se reconnaît-elle "humble servante". Ce "Puissant" est "l'Amour" en sa toute puissance, car en Dieu il n'y a pas d'autre puissance. C'est une Puissance de Vie, une Puissance de Salut, c'est-à-dire de libération. Une libération offerte à tout le peuple d'Israël ... à toute l'humanité : "Prenez et buvez en tous, car ceci est le Sang de l'Alliance Nouvelle et Éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés". C'est le Sang de Dieu, Lui qui prend chair en Marie ... c'est le Sang de Marie qui donne à Dieu de s'incarner ... c'est le Sang d'une Humanité purifiée, la notre ... Le chant du Magnificat qui est un chant de victoire comme on en retrouve au long de l'Ancienne alliance (Ex 15, 1-21; 1 S 2, 1-10; Is 61, 10-11 etc ...) oriente vers le Mystère Pascal où "l'Amour invincible de Dieu" (Is 9, 6) triomphe de la mort en triomphant du péché ...

Parole du jour
Lc 1, 26-38
dimanche 21 décembre

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Le personnage central de "l'Annonciation", c'est Jésus. Marie sans Jésus, serait restée inconnue. Marie a sa place, une place privilégiée, mais toujours en référence à son Fils, engendré par l'Esprit-Saint "venu sur elle". En bonne juive, Marie est imprégnée de la Parole de Dieu et celle-ci l'a transformée à un tel point qu'ajustée sur elle, elle est appelée à lui donner naissance : "Et la Parole s'est faite chair" (Jn 1, 13) Cependant Dieu respecte trop sa créature pour lui imposer quoi que ce soit. Aussi l'ange reprenant l'annonce messianique du livre de Sophonie en change les termes. Il dit non pas "le Seigneur est en toi", mais "le Seigneur est avec toi". Cet "avec" dit combien Dieu est présent à la proposition, tout en assurant que Marie reste maîtresse de son choix. Pour que le "en" devienne effectif, il faut le "oui" de Marie. Dieu prend le risque de dépendre de Marie, de sa créature. Sa confiance en elle le conduit à remettre entre ses mains le sort de l'humanité toute entière, notre sort. Il connaît Marie, femme libre de la liberté de l'Esprit par qui elle se laisse enseigner et conduire. Aussi le "Fiat" jaillit du cœur de Marie décide de la conception de Jésus en son sein et de sa venue parmi nous ...
 
Ô Vierge hâte-toi de répondre (St Bernard) 
 
 
  "Tu as appris, Vierge, l'événement et aussi la manière dont il doit s'accomplir: double merveille et double joie. Réjouis-toi, fille de Sion ! exulte à plein cœur, fille de Jérusalem ! Et puisque ce que tu viens d'entendre fut pour toi joie et allégresse, à nous maintenant d'entendre de ta bouche l'heureuse réponse que nous désirons, pour que tressaillent enfin de joie nos corps humiliés (Ps 50, 10). Tu as appris, dis-je, l'événement et tu as cru, crois aussi la manière dont il s'accomplira. Tu as entendu : tu concevras et enfanteras un fils ; tu as entendu : ce n'est pas d'un homme, mais de l'Esprit Saint. L'ange attend la réponse, il est temps pour lui de retourner vers Dieu qui l'a envoyé ...
Nous attendons, nous aussi, ô Souveraine, une parole de pitié ... Voici qu'on vient t'offrir la rançon de notre délivrance, nous serons libérés tout de suite, si tu acceptes. Dans la Parole éternelle, Verbe de Dieu, nous avons été créés tous, et nous voilà condamnés à mort ; dans ta brève réponse se trouve le remède qui doit nous ramener à la vie.
Réponds donc vite à l'ange ! que dis-je ? réponds par l'ange au Seigneur. Réponds une parole et reçois la Parole. Profère la tienne et reçois la divine : émets une parole éphémère et embrasse l'éternelle ! Pourquoi tarder? pourquoi trembler'? Crois, parle et reçois ! Que l'humilité s'arme d'audace et la timidité d'assurance ! Il ne convient plus à présent que la modestie virginale renonce à la prudence. En cette conjoncture unique, prudente Vierge, ne redoute pas de te montrer présomptueuse, car si la modestie est agréable dans son silence, une parole de charité est en ce moment beaucoup plus nécessaire. Ouvre ton cœur, Vierge bienheureuse, ouvre-le à la foi, ouvre tes lèvres à l'acceptation, ouvre ton sein au Créateur. Voici le Désiré de toutes les nations qui frappe à la porte. Ah ! si pendant que tu tardes il allait passer son chemin et que tu doives dans les larmes courir à la recherche de l'ami de ton âme ! Lève-toi, cours, ouvre ! lève-toi par la foi, cours par la ferveur, ouvre-lui par ton consentement." ( Quatrième homélie "Super Missus", § 8.)

mardi 16 décembre 2014

 Parole du jour
Mt 21, 28-32
Mardi 16 décembre

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : "Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole.

Voici un passage du livre de Mgr Albert Rouet : "J'aimerais vous dire", qui me paraît très éclairant : "Il me semble que l'opposition fondamentale dans l'Évangile n'est pas entre le bien et le mal. C'est nous qui lisons les choses de cette façon. L'opposition, dans l'Évangile, se tient entre ouverture et fermeture. On constate que des gens peu moraux suivent le Christ et que des gens très moraux ne le suivent pas, tout comme des gens très moraux suivent le Christ et des gens immoraux ne le suivent pas ! Autrement dit, ce n'est pas en bien et en mal que réagit l'Évangile, mais en qualité d'accueil et de fermeture ..." En effet, dans l'Évangile, les pharisiens, qui se présentent comme moraux, dans leur suffisance et leur hypocrisie, sont fermés à Jésus ... qui les dérange. Par contre, Marie Madeleine et Matthieu ou Zaïre, qui se savent immoraux, s'ouvrent à Jésus. Leur immoralité elle-même à ouvert une brèche par où la délivrance et la lumière ont pu s'infiltrer. Attention au jugement ! Nous ne savons pas ce qui se vit fondamentalement dans le cœur d'autrui : "Vous, vous jugez selon les apparences, moi, selon le cœur, dit Jésus." Le premier fils en répondant non à son Père peut sembler "immoral" or il change de comportement ... Le second qui peut sembler moral par son "oui" est un hypocrite, il ne fait pas ce qu'il dit ...

lundi 15 décembre 2014




 Parole du jour
Mt 21, 23-27
Lundi 15 décembre

Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela.

La question qui suscite la confrontation entre Jésus et les responsables religieux, est celle de l’origine de « l’autorité » - le mot apparaît quatre fois dans les quelques versets que nous venons d’entendre - exercée par Jésus. Étymologiquement, ce terme contient la racine du verbe « augere », qui signifie « faire grandir ». L’autorité revient donc à l’éducateur qui en raison de sa compétence, peut gérer la croissance de l’enfant, en lui apportant les éléments donc il a besoin pour orienter sa vie et lui permettre d’actualiser le maximum de ses potentialités. Ce ministère s’exerce principalement par la parole ; voilà pourquoi Jésus est interpellé alors qu’il enseigne dans le Temple : en prenant la parole dans la maison de Dieu, il s’érige en guide spirituel du peuple. Or cette tâche est traditionnellement réservée aux « chefs des prêtres » et aux « anciens » - ceux là même qui exigent de Jésus qu’il justifie son comportement. Notre Seigneur n’a fréquenté aucune école rabbinique qui lui permette de revendiquer la fonction de « Docteur » ou de « Maître ». Dès lors s’il prétend enseigner - et qui plus est au Temple - ce ne peut être qu’au titre d’un charisme prophétique, qu’il doit pouvoir justifier. Ses interlocuteurs lui demandent donc un « signe » qui « prouve » qu’il est envoyé par Dieu et parle en son Nom. La réponse de Jésus est on ne peut plus claire : il renvoie vers le Précurseur, vers la voix qui criait dans le désert, invitant à préparer la route à l’Envoyé de Dieu - auquel Notre Seigneur s’identifie implicitement. Si « le baptême de Jean venait du ciel », alors il convient de donner foi à sa parole, et d’accueillir Celui dont il préparait la venue, puisque son autorité lui vient de Dieu.
Mais les prêtres et anciens ne sont pas en quête de vérité. Les pensées qu’ils nourrissent dans leur cœur trahissent leur duplicité : ils guettent seulement un motif pour accuser ce Prédicateur itinérant qui menace leur pouvoir religieux. Évaluant les conséquences des réponses qu’ils pourraient donner, ils se retranchent stratégiquement derrière un aveu d’ignorance : « Nous ne savons pas », refusant ainsi le « signe » que Jésus leur donne pour accréditer son autorité.

Que de fois nous-aussi, à l’image des Anciens, ne refusons-nous pas d’entendre la voix de notre conscience – que nous pouvons comparer à celle du Baptiste – alors qu’elle nous invite à nous convertir à l’Evangile du Christ et à nous mettre sous son autorité ! Hélas, nous préférons faire la sourde oreille afin de garder l’hégémonie sur notre vie… A chacun d’entre de nous de vérifier si ce comportement nous a conduit à plus de liberté et de joie ; ou si au contraire il nous a entraîné sur des chemins d’aliénation et enfoncé dans la tristesse ... (P. Joseph-M. Verlinde)

dimanche 14 décembre 2014

  Parole du jour 
Jn 1, 6-8.19-28
Dimanche 14 décembre

Il y eut un homme envoyé de Dieu, son nom était Jean.  Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »
Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »
Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »
Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »
Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »
Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.
Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »
Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;
c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »
Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait. 
 
Jean est celui qui montre le Christ, il n'est pas le Christ. Il est la voix, il n'est pas la Parole. Il est le témoin, il n'est pas le sujet du témoignage. Il n'est pas la Lumière. Il baptise dans l'eau, Lui baptisera dans l'Esprit-Saint. Son regard comme son cœur sont tournés vers un autre : l'Autre. Il ne garde rien pour lui-même. Il est tout orienté vers celui qu'il annonce. Et il appelle à en faire de même :  "Redressez le chemin du Seigneur." Jean n'a pas la grosse tête car il annonce celui qui est la Vie ! Il ne se sent pas meilleur qu'autrui : "je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale." Simplement, avec ce qu'il est, à la place qui est la sienne, il accomplit sa mission. Jean est un homme humble. Une humilité qui fait toute sa grandeur. 

samedi 13 décembre 2014

 Parole du jour
Mt 17, 10-13
Samedi 10 décembre

Les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d'abord ? » Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre tout en place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu. Le Fils de l'homme, lui aussi, va souffrir par eux. » Alors les disciples comprirent qu'il leur parlait de Jean le Baptiste.

Le prophète dérange car il met en pleine lumière ce qui, dans l'homme, préfère rester caché. Par sa Parole et son comportement, il fait tomber les portes et ouvre les faux palais. Ainsi dit-on d'Élie : "Sa parole brûlait comme une torche." (Si 9, 1) Sa montée au ciel dans un "tourbillon de feu ..." (Si 9, 11) peut être considérée symboliquement comme le mouvement de Jésus ressuscitant dans la puissance de l'Esprit ... Jean Baptiste lui aussi sera très dérangeant. Pour cette raison, il sera emprisonné et décapité (Mc 6, 17-29) ... La vérité a mauvaise presse ! Et de Jésus, le prologue de l'Évangile de Jean dit : "Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas reçu." (Jn 1, 11) Lui aussi terminera au gibet ! L'homme a bien du mal a ne pas se replier sur lui-même, sur ses propres intérêts, à ne pas se laisser manipuler par le "Diviseur". Il ne comprend pas, comme aveuglé, qu'en agissant ainsi, il se met dans le malheur. Ceux qui veulent l'aider à en sortir et à retrouver le chemin de la Paix profonde en font l'expérience. Le Christ s'est servi de cette incapacité pour le sauver. Librement il a donné sa vie, rendant ainsi témoignage à la vérité, et en Lui, l'amour a été plus fort que la mort : il est ressuscité. Il nous donnait ainsi capacité de Vie Nouvelle en Lui, dans le Souffle de "l'Amour jusqu'au bout" (Jn 13, 1) . Encore nous faut-il l'accueillir ? ... : "A tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu ..." (Jn 1, 12) Et l'accueillir, c'est devenir à son tour "prophète" au risque de rencontrer la contradiction : "Suis-moi." (Mc 1, 16-19; Mt 9, 9; Jn 21, 22)

mercredi 10 décembre 2014

 Parole du jour
Vendredi 12 décembre 
 Mt 11, 16-19

Jésus déclarait aux foules : "A qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d'autres : 'Nous vous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.' Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : 'C'est un possédé' ! Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.' Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait."

La génération dont parle Jésus trouve de bonnes raisons de ne pas se convertir. Et elle cherche à se donner bonne conscience. Le jugement sur Jean-Baptiste et sur Jésus est la preuve de sa mauvaise foi. Qu'il mange ou non, tous les deux sont condamnés, l'un comme possédé, l'autre comme glouton. Dans ces conditions, comment pourrait-elle écouter l'un et l'autre, l'un ou l'autre. Ce qu'elle oublie, c'est que son mauvais jugement ne change rien à la réalité et à la vérité : "la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait". En falsifier le message ne change rien au vrai sens du message. la génération dont parle Jésus, en agissant ainsi, se met elle-même dans le malheur. Et notre génération à nous, où en est-elle ? ... Sommes-nous prêts à nous convertir ... ou trouvons-nous de bonnes raisons de ne pas le faire ? ...

  Parole du jour
Mt 11, 11-15
Jeudi 11 décembre
 
Jésus déclarait aux foules : "Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu'à présent, le Royaume des cieux subit la violence, et des violents cherchent à s'en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu'à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, le prophète Élie qui doit venir, c'est lui. Celui qui a des oreilles, qu'il entende !"

Jean Baptiste bien que précurseur du Christ, reste de l'Ancien Testament. Il attend un Messie guerrier et ne comprend pas l'attitude de Jésus : "Il ne nous paraîtra pas impossible d'admettre que Jean Baptiste ... se soit demandé finalement si les voies de Jésus correspondaient avec ce qu'il avait annoncé : le jour terrible, le jour de la vengeance, le jour où Dieu s'explique avec ses ennemis et les défait par une seule parole de sa bouche, ce Dieu terrible, impassible, ce Dieu qui est le dernier mot, Celui qui n'a pas besoin d'armée pour abattre ses adversaires, comment serait-Il reconnu sous les traits de ce prédicateur patient, qui se mêle aux foules, qui n'annonce pas le feu du ciel, qui se commet avec les pécheurs, qui les reçoit à sa table ou qui se laisse inviter à la leur, comment cela répond-il aux prophéties ? Comment cela réalise-t-il une manifestation de puissance et du définitif jugement ? Il semble que ses voies sont trop douces. Il semble qu'elles ne correspondent pas à la puissance de Yahvé. Il faut nécessairement, si Dieu entre en scène, que rien ne lui résiste et c'est pourquoi Jean qui va donner sa vie pour la Vérité, dans sa prison s'interroge et s'inquiète ... Le Baptiste ne pouvait comprendre, bien-sûr. Il appartenait encore à l'Ancienne Alliance. Il imaginait Dieu avec en Lui-même une puissance irrésistible. Il ne pouvait pas L'entrevoir encore avec le Visage de la Suprême Pauvreté ..." (Maurice Zundel) Aux disciples qu'il envoie à Jésus pour lui demander : "Es-tu celui qui doit venir ou faut-il en attendre un autre ?" Jésus répond : "Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ..." (Mt 11, 4-5) C'est cela le Royaume des cieux ! Celui qui le comprend, le disciple de Jésus transformé par l'expérience de la Pentecôte et qui en vit, est en ce sens plus grand que Jean.
La "violence" dont il est question, c'est en fait le "Salut apporté par et en Jésus" comme la "Vengeance de Dieu" en Isaïe, est ce même Salut. En voici le texte qui rejoint notre Evangile : "Soyez forts, ne craignez pas; voici votre Dieu. c’est la vengeance qui vient, la rétribution de Dieu. Il vient lui-même vous sauver. 5 Alors, les yeux des aveugles verront et les oreilles des sourds s’ouvriront. Alors, le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie. Des eaux jailliront dans le désert, des torrents dans la steppe. […] Ils reviendront, ceux que le SEIGNEUR a rachetés, ils arriveront à Sion avec des cris de joie. Sur leurs visages, une joie sans limite ! Allégresse et joie viendront à leur rencontre, tristesse et plainte s’enfuiront." Les violents dont parle Jésus, sont donc ceux qui rejetant les représentations d'un Dieu potentat, s'ouvre à la foi en Jésus, seule révélation de Dieu, et accueille en toute confiance le Salut gratuit qui se réalise en Lui ...