lundi 25 février 2013


Dans l'impossibilité de préparer la "Parole du jour"
pendant quelques jours,
je vous invite à ruminer et à vous laisser interpeller
par les textes de la Parole de Dieu
offerts chaque jour pour la Messe.

"Souvent nous entendons la Parole de Dieu et l’avalons sans même prendre le temps de la mâcher... Aussitôt, cette nourriture avalée est oubliée. Observez les ruminants comme la vache par exemple. Elle coupe l’herbe sans la mâcher et peut ainsi ingurgiter une grande quantité d’herbe par jour. Celle-ci est accumulée dans la panse puis, après un certain temps, l’animal se met à ruminer, c'est-à-dire qu’elle régurgite le contenu de sa panse dans sa bouche et le mâche à nouveau. Ainsi pulvérisée, cette nourriture pourra être à nouveau avalée puis commencera la digestion qui durera trois jours. Cette nourriture la nourrit et lui donne vie ...
Les Ecritures ne sont pas des paroles d’hommes, mais la Parole de ‘Dieu’ qui ne périt pas, qui demeurera toujours, qui est toujours vivante, parlante pour chacun d’entre vous. Mais encore faut-il comme la vache, pouvoir l’accueillir avec bonheur chaque jour, la mâcher, la remâcher jusqu’à ce qu’elle nous parle et puisse accomplir son œuvre de transformation ..." (Anonyme)

Parole du jour
Lc 6, 36-38
Lundi 25 février

Jésus disait à la foule : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Pardonnez, et vous serez pardonnés.

Donnez, et vous recevrez :

une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez
pour les autres servira aussi pour vous. »


La notion de « miséricorde » a connu un développement, dans notre culture, qui voile la richesse qu'elle possède dans la tradition biblique. En effet, pour nous, la miséricorde signifie la sensibilité à la misère d'autrui ou la pitié par laquelle on pardonne au coupable. La notion biblique de « miséricorde » est beaucoup plus vaste.

Le mot hébreux "rahamim" est un pluriel qui signifie « entrailles ». Les hébreux considéraient que les entrailles, en tant que siège de tous les sentiments, pouvaient s'émouvoir sous le coup de la douleur ou d'une peine. C'est peut-être en ressentant des « papillons dans le ventre », comme on dit, qu'ils en étaient arrivés à considérer la miséricorde, comme un sentiment qui a son origine au sein même de la personne. La miséricorde apparaît alors comme l'attachement d'un être à un autre. Mais le terme rahamim désigne surtout l'attachement qui unit Dieu à l'être humain, comme si les « entrailles de Dieu » frémissaient en pensant à l'homme. Ainsi Dieu s'émeut avec tendresse comme un père ou une mère à l'égard de leurs enfants.

Un autre terme accompagne souvent la « miséricorde »: c'est hesed. Il s'agit de la relation qui unit deux personnes et implique la fidélité et l'obligation de venir en aide. La miséricorde unie à la fidélité devient une bonté consciente et voulue qui répond à un devoir intérieur. La personne qui agit avec miséricorde témoigne alors d'une grande fidélité à la relation qui l'unit à quelqu'un d'autre. Il en est ainsi de la miséricorde de Dieu.

Dieu manifeste sa miséricorde chaque fois qu'il vient en aide à son peuple ou à un individu. Il a alors une prédilection pour le pauvre, la veuve, l'orphelin. Ces personnes vivent habituellement dans la plus grande indigence, puisqu'elles ont perdu le soutien qui d'un mari, qui d'un père. Pour Israël, la manifestation par excellence de la miséricorde de Dieu fut l'exode. La libération de la servitude en Égypte est le modèle de toutes les autres manifestations de la miséricorde de Dieu.

Il n'y a pas que la misère ou les malheurs de l'homme qui bouleversent Dieu. Il y a surtout la condition de l'homme pécheur. La miséricorde dans ce cas, n'ignore pas la gravité de la rupture due au péché, mais elle se traduit par la patience, la volonté ferme d'amener les humains à la conversion et de leur accorder son pardon. En Israël, on en vient à penser que la miséricorde est un acte proprement divin. Elle est le signe de la toute-puissance de l'amour de Dieu. Seul le cœur endurci et rebelle peut limiter l'exercice de la miséricorde de Dieu. Les prophètes enseignent que la pratique de la miséricorde et de la tendresse entre les membres du peuple est préférable à tous les sacrifices où le cœur est absent. En raison des liens créés par l'Alliance, personne ne peut se dérober à son devoir d'amour envers le prochain.

Jésus reprendra cet enseignement des prophètes, en affirmant qu'il n'est pas venu pour les justes qui ne sentent aucun besoin de conversion, mais pour les pécheurs qui ont besoin de connaître la miséricorde de Dieu. Il ira cependant plus loin en invitant ses disciples à agir avec miséricorde à l'égard de tout être humain, même l'ennemi. Il faut être miséricordieux comme notre Père du ciel est miséricordieux. Comme lui, il faut que nos entrailles frémissent devant autrui.

C'est par la pratique de la miséricorde que les disciples de Jésus révèlent qu'ils sont en communion avec Dieu. C'est la condition essentielle pour entrer dans le Royaume. (Yves Guillemette, ptre)

Parole du jour
Lc 9, 28b-36
Dimanche 24 février
 
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, 
et il alla sur la montagne pour prier. 
Pendant qu'il priait, son visage apparut tout autre, 
ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante.
Et deux hommes s'entretenaient avec lui : 
c'étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. 
Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; 
mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, 
et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s'en allaient, quand Pierre dit à Jésus : 
« Maître, il est heureux que nous soyons ici ! 
Dressons donc trois tentes : une pour toi, 
une pour Moïse, et une pour Élie. » 
Il ne savait pas ce qu'il disait.
Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint 
et les couvrit de son ombre ; 
ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : 
« Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le. »
Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul. 
Les disciples gardèrent le silence et, de ce qu'ils avaient vu,
 ils ne dirent rien à personne à ce moment-là.
Voici Jésus qui se manifeste tel qu'il est en vérité : "Lumière né de la lumière" (Credo de Nicée). Sa divinité transparaît à travers son humanité, elle la transfigure. Il en est toujours ainsi mais l'homme terni et amoindri dans son humanité par le péché, refus de la Lumière, ne peut le voir tel qu'il est. St Jean, dans sa 1ère lettre écrit : "Nous le verrons tel qu'il est car nous lui serons semblable". Il y faut une purification. Et la purification se fait par la "Foi" en Jésus qui en accomplissant la Thora (Parole de Dieu) en son Humanité, rend notre humanité à son plein accomplissement.
Les trois disciples, par grâce spéciale, sont rendus capable de le voir tel qu'il est. C'est une grâce de contemplation donnée en toute gratuité. Et que voient-ils ? ... Moïse et Élie qui s'entretiennent avec Jésus. Moïse représente la Torah (la Loi) et Élie les prophètes. Or Jésus l'a annoncé :
"Je ne suis pas venu abolir la Torah et les prophètes, mais les accomplir".
Les trois apôtres sont témoins de cette réalité : Le Verbe s'est fait chair ... la Torah s'est faite chair en Jésus. Et la voix du
Père qui se fait entendre dans le Souffle de la nuée (l'Esprit) qui les couvre de son ombre est une reconnaissance et un ordre vital : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !"
C'est cette "écoute active" qui rend à la "Lumière" et donc à la vision de Dieu qui est communion avec Lui.


Il est intéressant de se reporter à Exode 34, 29- 35. Il est dit que "lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les deux tables du Témoignage étaient dans la main de Moïse ... et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait parce qu'il avait parlé avec Dieu ... "
Au Sinaï, Moïse se laisse enseigner par Dieu, il reçoit les dix Paroles de vie que l'on appelle les dix commandements, et il en est transfiguré. Les Israélites sont tellement impressionnés qu'ils ont peur de l'approcher. Ce rayonnement les éblouit ... "et Moïse leur parla". Il leur dit les paroles que Dieu lui a enseignées. Et le peuple "écoute Moïse". Ce qui nous rappelle le : "écoutez-le" de l'Évangile. Puis, "quand Moïse a fini de leur parler, il met un voile sur son visage". Lorsqu'il entre dans la tente de la Rencontre pour parler face à face avec Dieu et recevoir ses enseignements, il ôte le voile jusqu'à sa sortie où il rapporte aux Israélites, la Parole de Dieu. Il dit cette Parole à visage découvert car la Parole qu'il profère au nom de Yahvé illumine et révèle l'Être même de Dieu ... Puis à nouveau il remet le voile.
St Paul a trouvé l'illumination sur le chemin de Damas. Voici ce qu'il raconte : "Soudain une grande Lumière venue du ciel m'enveloppa de sa clarté, je tombais sur le sol et j'entendis une voix qui me parlait ..." Lorsqu'il se relève il ne voit plus rien en raison de l'éclat de cette Lumière. Il faut l'intervention d'Ananie envoyé par le Seigneur pour qu'il retrouve la vue : "Saoul, mon frère, recouvre la vue." Et moi, au même instant je pu le voir." (Ac 22, 6-13) Sa vie est alors transformé. Il écrit plus tard : "C'est quand on se convertit au Seigneur que le voile est enlevé. Car le Seigneur, c'est l'Esprit, et où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur qui est Esprit." (2 CO 3, 16-18)
La Résurrection de Jésus et le don de l'Esprit à Pentecôte sont passées par là et désormais la Présence de Jésus, intérieure à nous-mêmes, nous transfigure chaque jour davantage :
"Jésus le Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas les ténèbres me parler. Jésus, le Christ, Lumière intérieure, donne-moi d'accueillir ton amour." (Chant de Taizé)

samedi 23 février 2013

 Parole de Dieu  
Mt 5, 43-45
Samedi 23 février

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, 
sur la montagne, il leur disait : 
« Vous avez appris qu'il a été dit : 
Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis : 
Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; 
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, 
et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? 
Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? 
Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » 

Jésus n'a pas eu d'ennemis, ce sont certains de ses compatriotes qui ont fait de lui leur ennemi et qui l'ont conduit à la mort. Jésus a toujours voulu le bien de l'autre, même lorsqu'il a eu des paroles dures, même lorsqu'il a chassé les marchands du temple. Ces paroles ou ces actions étaient des appels à la conversion. Il savait que par leurs comportements, ces personnes se mettaient en danger car ils agissaient contrairement à l'amour. Or agir ainsi ne peut conduire qu'à la maladie du cœur et souvent du corps, au mal-être et à l'emprise sur les autres. Jésus souffre de leur souffrance souvent inconsciente et il veut les réveiller pour les conduire à la guérison. Mais en Lui il n'y a pas une goutte de haine pour quiconque. Il reconnaît en toute personne sa dignité même si elle est engravée et il fait tout pour que renaisse la fleur et son arôme de vie.
Nous aussi, nous sommes appelés à marcher sur ses traces en ne faisant pas de différence entre les hommes et en aimant chacun d'un amour divin. "Être parfait", c'est vivre ainsi, dans l'amour. En St Luc il est dit : "Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux." Et nous mêmes, nous avons besoin de l'amour d'autrui car, qui d'entre nous peut se dire sans péché envers son frère ? ... Le Carême est un temps de conversion ... un temps de réconciliation.

vendredi 22 février 2013

Parole de Dieu
Mc 9, 38-40
Vendredi 22 février

Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe,
et il demandait à ses disciples :
« Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, il est Jean Baptiste ;
pour d'autres, Élie ;
pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara :
« Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

L'Église repose sur la proclamation de Pierre, inspirée par le Père Lui-même : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant !" Pierre comprend-il vraiment ce qu'il dit ? ... Il le comprendra à la Pentecôte où l'Esprit-Saint lui donnera l'intelligence du cœur. Et c'est en ce Jour et à cette Heure que l'Église sera vraiment fondée. Aujourd'hui, nombre de chrétiens disent "oui" à Jésus et laisse de côté l'Église, allant jusqu'à lui dire "non". C'est un contresens total ! Jésus ne s'oppose pas à l'Église, il en est le Fondateur, il l'a voulu : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux."
Parfois les hommes qui forment l'Église et nous en sommes, peuvent nous agacer, mais en son cœur elle est Sainte et la voix du Père ne cesse de s'y faire entendre par la Parole qu'est le Fils incarné, dans le Souffle qu'est l'Esprit. C'est de son cœur que jaillit la grâce des Sacrements qui sont action du Christ pour nous aujourd'hui. Et combien leur tournent le dos, le tournant ainsi au Christ.
Il est facile de se faire juge, cela évite de se remettre soi-même en question comme si nous étions au-dessus de la mêlée. Tous ceux qui forment l'Église sont en chemin ...
Écoutons St Paul :
" Il s'agit de connaître le Christ, d'éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts. Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j'ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, je ne pense pas l'avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l'avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus." (Ph 3, 10-14) Dans une course, les participants ne sont pas tous au même point du parcours ... l'important, c'est de courir et d'arriver. Ainsi pour les baptisés !
Écoutons aussi ces paroles du Pape Paul VI : "Il convient de rappeler à un moment où non sans douleur, nous pouvons entendre des personnes, que nous voulons croire bien intentionnées mais certainement désorientées sans leur esprit, répéter qu'elles prétendent aimer le Christ mais sans l'Église, écouter le Christ mais non l'Église, être au Christ mais en dehors de l'Église. L'absurde de cette dichotomie apparaît nettement dans cette parole de l'Évangile : "Qui vous rejette, me rejette." (Lc 10, 16) Et comment vouloir aimer le Christ sans aimer l'Église, si le plus beau témoignage rendu au Christ est celui de St Paul : "Il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ?" (Ep 5, 25) ( Evangelii nuntiandi 16)
Rappelons ici les dernière paroles de Ste Thérèse d'Avila, juste avant de mourir au monastère d'Alba de Tormes, qui redisent tout son attachement et son amour filial pour l'Église, sa fierté de lui appartenir : "Je suis fille de l'Église !" Et plusieurs siècles après, une autre Thérèse, celle de Lisieux décrira sa vocation dans ces simple mot : "Au cœur de l'Église, je serai l'Amour !" A nous, par notre conversion et notre fidélité au Christ, de témoigner de la beauté de l'Église, car l'Église, c'est chacun de nous, et nous tous ensemble. Le mot Église signifie "Ensemble". On ne peut être chrétien seul !

jeudi 21 février 2013

Parole de Dieu
Mt 7, 7-12
jeudi 21 février

Comme les disciples étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait:
"Demandez, vous obtiendrez ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, la porte vous sera ouverte.
Celui qui demande reçoit ;
celui qui cherche trouve ;
et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira.
Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils
qui lui demande du pain ?
ou un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc, vous qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez
que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi,
voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes."
Dieu ne veut que notre bien. Voici une vérité qu'il faut enfoncer dans notre petite tête et laisser descendre dans notre cœur. Il ne nous a pas créés pour nous faire du mal. Certaines personnes restent dans cette peur de Dieu. Un Dieu qu'il faudrait se rendre favorable ... qu'il faudrait satisfaire ... par de longues prières. Le Dieu révélé en Jésus-Christ est totalement Autre. Ce n'est pas un potentat qui nous pourrit la vie et nous fait tomber dessus des épreuves et des maladies. Ça, c'est un dieu païen, une projection de l'homme et de ses propres angoisses ... Il faut bien un bouc-émissaire et en celui qu'on appelle Dieu, il est tout trouvé car étant tout puissant, il peut tout. On oublie que sa puissance n'est pas celle de l'arbitraire mais celle de l'Amour avec un grand "A".
Le Dieu de l'Évangile est "Père"
et comment un Père digne de ce nom pourrait-il donner de mauvaises choses à ses enfants ? Jésus nous dit : "Votre Père donnera de bonnes choses à ceux qui le lui demandent." Il les donne aussi, d'ailleurs, à ceux qui ne les lui demandent pas. Mais ceux-ci n'en ont pas conscience et passent souvent à coté du don qu'il leur fait. Car Dieu n'est pas là assis entrain d'attendre qu'on lui demande pour donner. Il donne toujours à profusion. Et va même jusqu'à donner sa vie, c'est la Croix, et à se donner en nourriture, c'est l'Eucharistie. Voici ce que dit St Augustin de la prière : "Les paroles nous sont nécessaires, à nous, afin de nous rappeler et de nous faire voir ce que nous devons demander. Ne croyons pas que ce soit afin de renseigner le Seigneur ou de le fléchir." Et Augustin donne l'exemple du Notre Père : " ... Lorsque nous disons : "Que ton règne vienne, alors qu'il viendra certainement, que nous le voulions ou non, nous excitons notre désir de ce règne, afin qu'il vienne pour nous et que nous obtenions d'y régner ... " (Lettre à Proba) La prière ne renseigne pas Dieu sur nos besoins, elle nous permet de les conceptualiser et ainsi de préparer notre cœur à les recevoir. Encore faut-il ne pas demander n'importe quoi ! ... Demander un âne rouge risque bien de ne pas être exaucer ... sauf en peluche !
Le premier don auquel il faut aspirer, c'est celui de l'Esprit-Saint qui nous donnera de discerner ce qui nous est vraiment bon de recevoir. Ainsi, dans l'Évangile selon St Luc, pour le même passage il est dit :
"combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il l'Esprit-Saint à ceux qui les lui demandent !" (Lc 11, 9-13) C'est que l'Esprit-Saint sonde les profondeurs de Dieu et nous inspirera la demande qui correspond à notre plus grand bien : "L'Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse car nous ne savons que demander pour prier comme il faut." (Rm 8, 26-27) Toute prière doit commencer par cette ouverture du cœur à la Présence de l'Esprit-Saint.

mercredi 20 février 2013

Parole de Dieu
Lc 11, 29-32
Mercredi 20 février

Comme la foule s'amassait, Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle demande un signe, mais en fait de signe
il ne lui sera donné que celui de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même
avec le Fils de l'homme pour cette génération.
Lors du Jugement,
la reine de Saba se dressera en même temps
que les hommes de cette génération, et elle les condamnera.
En effet, elle est venue de l'extrémité du monde
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis en réponse
à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas.

La foi n'a pas besoin de signe. Elle est une évidence du cœur dans la relation confiante en Celui en qui je mets ma foi. Elle demande une ouverture du cœur dans l'accueil de l'Autre. Elle est d'abord relation de personne à personne entre personnes qui se respectent et reconnaissent l'autre pour lui-même, dans le rayon de lumière qui le fait autre que moi ... Les juifs ont vu nombre de signes : enseignement avec autorité, guérisons, libérations etc ... et ceux-ci n'ont rien changé en eux car ils sont de mauvaise foi. Ils considèrent Jésus comme un gêneur, quelqu'un qui dérange leurs plans. Ils refusent la rencontre intérieure et la communion avec lui.  
Jésus est exaspéré car il sait que cette demande est contre lui. En demandant à nouveau un signe, ils mettent Dieu à l'épreuve. Le signe qu'il consent cependant à leur donner, c'est le signe qu'il ne peuvent comprendre puisqu'ils en auront l'initiative en le condamnant, le signe de la Croix. L'épisode de Jonas jeté à la mer, englouti dans le ventre du monstre marin et recraché par celui-ci (Jonas 1,12-16 - 2,1-11) a signification symbolique de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus. Jeté à la mer, la tempête est enchaînée et se tait. Ainsi du don que Jésus fait de sa vie. Il est victoire sur la tempête du péché et la mort spirituelle et source du Salut et de la Paix. Vraiment il y a ici plus que Jonas !

mardi 19 février 2013

Parole de Dieu
Mt 6, 7-15
Mardi 19 février

Comme les disciples s'étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait:
"Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens:
ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin
avant même que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne ;
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous les avons remises nous-mêmes
à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.

Dieu n'est pas un distributeur automatique qui demande beaucoup de prières pour se déclencher. Il est "Père" et même "Notre Père". Maurice Zundel raconte l'histoire de cette pauvre fille très limité dans son psychisme mais qui ayant appris cette prière ne pouvait aller plus loin que les deux premier mots "Notre Père". Les prononcer l'extasiait et la transformait. Son cœur devenait tout brûlant ... La grande révélation en Jésus Christ, c'est bien celle-là, Dieu est "Notre Père" et un Père n'a pas besoin qu'on lui casse les oreilles. Dire ces deux mots chargés de vie et d'amour nous situent comme ses enfants. Quel privilège ! Et un enfant n'a pas peur de son Père si celui-ci est digne de ce nom. Il est dans la confiance et un seul regard suffit à se comprendre avec son Père. Avec Lui, il se sent en sécurité et marche avec assurance.
Un Père éduque son enfant. C'est ce que Dieu fait pour nous et il n'a qu'une seule Parole, un seul Enseignement, son Fils qui s'est fait l'un de nous et qui a marché sur nos routes ... Se mettre à sa suite, c'est s'ouvrir à la Présence du Père :
"Qui m'a vu a vu le Père ... je suis dans le Père et le Père est en moi. Les Paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; mais le Père demeurant en moi fait ses œuvres. Croyez m'en ! Je suis dans le Père et le Père est en moi ..." (Jn 14, 9-11) C'est Lui, Jésus, qui nous a enseigné cette prière que nous ne pouvons dire qu'unis à Lui, dans l'Esprit-Saint car il s'agit d'une prière du cœur ... d'un cœur filial.

dimanche 17 février 2013

Parole de Dieu
Lc 4, 1-13
Dimanche 17 février

Après son baptême, Jésus,
rempli de l"Esprit Saint,
quitta les bords du Jourdain ;
il fut conduit par l"Esprit à travers le désert
où, pendant quarante jours,
il fut mis à l'épreuve par le démon.
Il ne mangea rien durant ces jours-là, et,
quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

Le démon lui dit alors :
« Si tu es le Fils de Dieu,
ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit :
« Il est écrit :
Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre. »

Le démon l'emmena alors plus haut,
et lui fit voir d'un seul regard tous les royaumes de la terre.
Il lui dit :
« Je te donnerai tout ce pouvoir,
et la gloire de ces royaumes,
car cela m'appartient et je le donne à qui je veux.
Toi donc,
si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit :
« Il est écrit :
Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu,
et c'est lui seul que tu adoreras. »

Puis le démon le conduisit à Jérusalem,
il le plaça au sommet du Temple et lui dit :
« Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ;
et encore : Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus répondit :
« Il est dit :
Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations,
le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé.

Jésus vient d'être baptisé, il est rempli de l'Esprit-Saint qui le conduit au désert. Ne pas oublier que le mot "désert" signifie "lieu de la Parole". Les premiers chrétiens qui recevront le nom de moines partiront eux aussi au désert à la suite de Jésus. Et qu'y font-il ? Ils apprennent et ruminent la "Parole de Dieu". Voici leur pain quotidien. Et c'est vrai aujourd'hui encore dans les monastères. La Parole de Dieu est essentielle dans le combat spirituel. Jésus nous le démontre. Le démon semble la connaître cette "Parole" et cherche à faire chuter Jésus en en faisant des flèches ... Et Jésus lui répond par le bouclier de la "Parole" ... Et le démon est vaincu. Le moment fixé de son retour sera l'Heure de la grande tentation : l'agonie de Jésus (Lc 22, 39-46) où il fut définitivement vainqueur du démon : "Père ... que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse." Puis, librement consenties, la passion et la croix. Jésus sur la croix se révélera comme la Parole de Dieu. Par le don de sa vie pour la multitude, il accomplira définitivement" la Torah et les prophètes", la Parole de Dieu.
C'est un appel pour nous à se mettre à la table de la Bible pour manduquer la Parole, la ruminer et s'en imprégner. Commençons par les Évangiles qui sont l'accomplissement et la clef de toutes les Ecritures. Si les moines y consacrent leur vie, St Jean Chrysostome, un grand Evêque du IV ème sc écrivait que "les gens du monde en avait encore plus besoin car ils étaient davantage exposés aux tentations du monde".
 Lorsque nous lisons l'Evangile de ce jour, nous constatons qu'il y en a trois tentations qui sont toujours d'aujourd'hui. Réalité qu'il n'est pas difficile à discerner dans le monde et aussi en ce "petit monde" qui est chacun d'entre nous :
1. La 1ère a trait à la "consommation" : "Dis à cette pierre de de venir du pain". Une consommation qui détourne du choix et donc du bien et repli sur soi ... Jésus répond par une autre nourriture, celle qui passe par l'écoute et qui nourrit le cœur. Là il y a relation. Relation avec Dieu dont j'écoute la Parole : "L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu." Parole qui  conduit à l'écoute d'autrui : l'amour de Dieu et du prochain.

2. La 2ème tentation concerne la "domination", le pouvoir sur autrui et donc la manipulation : "Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux." On voit qui finalement est le maître. Jésus répond par le "service" : "c'est lui (le Seigneur ton Dieu) seul que tu serviras (adorer)." Jésus dira dans son enseignement qu'il n'est pas venu pour être servi mais pour servir jusqu'à donner sa vie ...

3. La 3ème tentation pointe le doigt sur le "paraître", la gloire devant les hommes, le besoin de reconnaissance jusqu’à faire des folies : " jette-toi en bas". Jésus répond par "l'humilité" qui est mère de la vérité : L'humilité, écrit Ste Thérèse d'Avila, c'est la vérité". L'important c'est d'être ce que l'on est, à sa place et non dans le rêve d'être quelqu'un d'autre en épatant la galerie : "Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu." 


Et puis il y a celle du "moment fixé", la 4ème et dernière dont  l'aboutissement sera la victoire de Jésus sur le démon et donc sur le mal et le péché. Cette 4ème tentation où veut le conduire le démon est celle de la "désespérance", sans doute le péché contre l'Esprit, contre la vie : "sa sueur devint comme de grosse gouttes de sang qui tombaient à terre" . Jésus finalement y répondra par la "confiance" les paroles citées plus haut : "Père ... que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse." Ce qui nous renvoie à l'attitude d'Abraham, le Père des croyants et fondateur du Peuple Israël, ce peuple avec lequel Jésus ne fait qu'un : "Espérant contre toute espérance, il crut."

Les quarante jours au désert de Jésus, reprennent les quarante ans du Peuple d'Israël au désert après le passage de la mer rouge et les conduit à la victoire sur le tentateur et donc à la libération et à la vie. C'est   pleinement accompli sur la croix ou la parole de Jésus : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné" est supplanté par la parole émise dans son dernier souffle : "En tes mains je remet mon esprit." 

samedi 16 février 2013

Parole de Dieu
Lc 5, 27-32
Samedi 16 février

Jésus remarqua un publicain (collecteur d'impôts)
du nom de Lévi assis à son bureau de publicain.
Il lui dit: "Suis-moi."
Abandonnant tout, l'homme se leva
et se mit à le suivre.
Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ;
il y avait une grande foule de publicains
et d'autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti
récriminaient en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes
mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent.

Matthieu le sait, il est pécheur et malade ... Son métier de publicain (collecteur d'impôt) fait de lui un collaborateur de César et de plus, il empoche de-ci de-là ... Son cœur est malade. Ses compatriotes le regarde de travers et le méprise. Les pharisiens mettent ces gens-là à la table des pécheurs : "Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? ".
Et puis voici un "homme" (Jésus) qui le regarde autrement, ni mépris, ni jugement. Son regard le transperce jusqu'au cœur et d'un coup celui-ci devient tout brûlant ... Cet "homme" le rejoint dans ses profondeurs malades mais le reconnaît au-delà de celle-ci dans sa dignité d'homme et d'enfant de Dieu. Il sait mais ne condamne pas ... Matthieu se sent exister. Son état de publicain lui avait ouvert les yeux sur lui-même et son incapacité à en sortir par lui-même. Un lourd fardeau l'écrasait. Mais une brèche s'était ouverte en lui par où le regard de lumière et d'amour put s'engouffrer et chasser les ténèbres. La parole de Jésus : "Suis-moi !" le libère de sa chaise où il était cloué, et le met debout dans la position du Ressuscité. Une vie nouvelle commence pour lui : "L'homme se leva et se mit à le suivre ...
Immédiatement son désir est que ses amis rencontrent Jésus et fassent la même expérience. Ils les invite à un repas ... Pharisiens et lévites, blindés dans leurs certitudes et leur suffisance, extérieurs à l'œuvre de salut qui vient de se réaliser, restent collés à leurs jugements ...
Et Jésus a cette parole qui est pour nous une immense espérance : " « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. " La conversion est libération et guérison.

vendredi 15 février 2013

Parole de Dieu
Mt 9, 14-15
Vendredi 15  février

Parole du Seigneur :"
Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas !
Que ta voix résonne comme le cor !
Dénonce à mon peuple ses fautes,
à la maison de Jacob ses péchés.
Ils viennent me consulter jour après jour,
ils veulent connaître mes chemins.
Comme une nation qui pratiquerait la justice
et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu,
ils me demandent de leur faire justice,
ils voudraient que Dieu se rapproche.
« Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ?
pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? »
Oui, mais le jour où vous jeûnez,
vous savez bien trouver votre intérêt,
et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles,
en coups de poings sauvages.
Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui
que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît ?
Est-ce là votre jour de pénitence ?
Courber la tête comme un roseau,
coucher sur le sac et la cendre,
appelles-tu cela un jeûne,
un jour bien accueilli par le Seigneur ?

Quel est donc le jeûne qui me plaît ?
N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes,
délier les attaches du joug,
rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim,
recueillir chez toi le malheureux sans abri,
couvrir celui que tu verras sans vêtement,
ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore,
et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi,
et la gloire du Seigneur t'accompagnera.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ;
si tu cries, il dira : « Me voici. »

Voici un passage du livre d'Isaïe qui demande à être méditer et qui correspond bien aux Évangiles. Jeûner pour jeûner n'a pas de sens. Jeûner parce que c'est la loi et que l'Église le demande, non plus. Jeûner pour être en règle, également. Jeûner pour que Dieu satisfasse nos besoins et nous obéisse dans nos demandes est une insulte. Surtout si en plus ce jeûne est hypocrite ... Nous ne sommes pas dans le donnant/donnant avec Dieu et ne devons d'ailleurs pas l'être avec les autres ... Il ne s'agit pas non plus d'autoguérison ou de jeûne thérapeutique ...
Le jeûne auquel nous sommes appelés, c'est le jeûne qui se vit avec le cœur et qui agit sur toutes les dimensions de l'être : corps, âme et esprit, et rend plus réceptif à l'écoute intérieure et aux besoins des autres ... Chacun sait de quoi il doit jeûner pour une libération de différents esclavages qui assombrissent notre vie. Pour certains, ce sera la langue, pour d'autres la nourriture, pour d'autres la télé, internet etc ...  Il s'agit d'un jeûne qui ouvre en nous de grands espaces, qui se nourrit de la manducation de la Parole de Dieu (lectio divina) et de la prière (relation intime avec le Seigneur) et ouvre à la charité (le bien d'autrui). C'est de ce jeûne-là que parle Jésus dans l'Évangile de ce jour (Mt 9, 14-15) : "Un temps viendra où l'Epoux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront." Le vrai jeûne doit conduire à vivre les paroles de Dieu transmises par Isaïe et qu'il nous faut méditer : Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? (Lc 4, 16-20) N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, (cf Mt 25, 14-40) ne pas te dérober à ton semblable ?Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Ce jeûne conduit à l'union avec Dieu car il nous rend semblable à Lui. On ne jeûne bien qu'avec le cœur !

jeudi 14 février 2013


Parole du jour
Lc 9, 22-25
Jeudi 14 février

Jésus disait à ses disciples :
« Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup,
qu'il soit rejeté par les anciens,
les chefs des prêtres et les scribes,
qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Il disait aussi à la foule :
« Celui qui veut marcher à ma suite,
qu'il renonce à lui-même,
qu'il prenne sa croix chaque jour,
et qu'il me suive.

Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.

Quel avantage un homme aura-t-il
à
gagner le monde entier,
si c'est en se perdant lui-même
et en le payant de sa propre existence ?"


Le signe de la croix, c'est le signe du don total de soi, le signe de l'Amour en sa plénitude. C'est le signe par lequel Dieu nous révèle son identité, le signe de notre Salut, le signe de la Vie. Faire le signe de la croix, c'est s'envelopper dans la Lumière et s'engager à prendre le même chemin que Celui qui nous l'a donné, c'est renoncer à soi-même, à son "égo", pour vivre à Dieu seul. Ce "seul", ne signifie pas que "les autres" soient écartés ! ... Mais que la source de notre rencontre avec eux, c'est Dieu Lui-même, le Dieu de Jésus-Christ, le Dieu qu'est Jésus-Christ, Lui en qui se révèle le Dieu-Trinité : "Moi et le Père nous sommes UN" (Jn 10, 30) ; "Le Père lui donne l'Esprit sans mesure" (Jn 3, 34). Le monde entier, un jour il faudra le quitter ... Dieu, Lui, c'est pour toujours, une "Communion éternelle". D'où l'essentiel de les rencontrer en Lui. Telle est la "Communion des saints". Elle est à vivre dès maintenant ... Dans la vie monastique, il est une tradition de commencer chaque nouvelle tâche à accomplir par le "signe de la croix" qui est aussi le signe de notre baptême. Pendant ce Carême, et pourquoi pas après, puissions-nous adopter cet usage pour faire toutes choses avec Jésus et selon son cœur. Dans la deuxième prière eucharistique, il est dit : "Tu nous as choisis pour servir en ta Présence."

mercredi 13 février 2013


LE CARÊME
Mercredi des Cendres

Parole du jour
Mt 6, 1-6.16-18
Mercredi 17 février

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait :
« Si vous voulez vivre comme des justes,
évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer.
Autrement, il n'y a pas de récompense
pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l'aumône,
ne fais pas sonner de la trompette devant toi,
comme ceux qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône,
que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous priez,
ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle :
quand ils font leurs prières,
ils aiment à se tenir debout dans les synagogues
et les carrefours pour bien se montrer aux hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison,
ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme ceux qui se donnent en spectacle :
ils se composent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »


Le Carême, un temps de « réajustement »


Lorsque j'entends « Carême », j'entends souvent « pénitence », un temps où il faut faire des choses dures ... Est-bien cela le Carême ? En premier lieu le Carême est le temps du renouvellement d’une rencontre, celle avec Jésus Christ. 
Si ce n’est pas Lui qui est au cœur de notre Carême, alors « basta ! », passons à autre chose. 
Si je me prive de ceci ou de cela, ce n’est parce qu’il faut le faire, chacun est libre, mais pour me libérer de ce qui entrave ma vie et embrume ma relation avec Lui.  
 Il faut ainsi, dans la vie, des moments où l’on prend du recul, où l’on fait retraite à l’écart pour se recentrer, se réajuster pour un « mieux vivre ». Et le mieux vivre, n’est-ce pas Jésus Lui-même, si nous sommes chrétiens.

Pour ce faire, l’Eglise propose ce temps de retraite ensemble mais chacun selon sa décision. Nous ne sommes pas sous une loi, mais dans l'accueil de l’Esprit qui nous inspire et nous guidera si nous sommes conséquent et en vérité avec nous-mêmes.


Le jeûne,  la prière et le partage sont les trois piliers du Carême :

- le jeûne nous détourne de nous mêmes et de toutes ces idoles qui nous rendent esclaves. Il ne s’agit pas seulement ou obligatoirement de nourriture, il est bien des façons de jeûner. Chacun trouvera son ou ses points faibles. 

- La prière nous réoriente vers le but qui est donc  Jésus-Christ et par Lui, dans l’Esprit-Saint, vers le Père. Une véritable « communion dans l’Amour » nous attend. Dieu ne l’oublions pas est Trinité.
  
- Le partage nous rend semblable au Christ dans le don qu’il a fait (et qu'il ne cesse de faire), gratuitement et librement de sa vie, lui qui nous dit : « Ce que vous aurez fait à l’un de ses petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt, 25, 40 ; voir aussi Is 58, 6-11) Ce qui nous oriente vers Pâques.


Alors bon Carême ! Quarante jours de bonheur et un tremplin pour l’avenir.



mardi 12 février 2013

 Parole du jour
Lc 7, 1-13
Mardi 12 février
Les pharisiens et quelques scribes
 étaient venus de Jérusalem. 
Ils se réunissent autour de Jésus, 
et voient quelques-uns de ses disciples 
 prendre leur repas avec des mains impures, 
c'est-à-dire non lavées.
— Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
 se lavent toujours soigneusement les mains 
avant de manger,
 fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché,
 ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, 
et ils sont attachés encore par tradition
 à beaucoup d'autres pratiques : 
lavage de coupes, de cruches et de plats. —
Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : 
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas
 la tradition des anciens ? 
Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
Jésus leur répond : 
« Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, 
dans ce passage de l'Écriture : 
Ce peuple m'honore des lèvres, 
mais son cœur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; 
les doctrines qu'ils enseignent 
ne sont que des préceptes humains. 
Vous laissez de côté le commandement de Dieu 
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore : 
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu 
pour observer votre tradition.
En effet, Moïse a dit : 
Honore ton père et ta mère. Et encore : 
Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Et vous, vous dites : 
'Supposons qu'un homme déclare à son père ou à sa mère :
 Les ressources qui m'auraient permis de t'aider 
sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.'
Vous l'autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère, 
et vous annulez la parole de Dieu
 par la tradition que vous transmettez. 
 Et vous faites beaucoup de choses du même genre. » 

 "Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi." Voici une parole à méditer. Dieu est-il vraiment le but de notre prière, de nos rites, de nos ornements, de nos actions dites de charité. Trop souvent  Dieu est conçu comme une idole qu'il faut satisfaire et nous rendre favorable. Mais ce Dieu personnel qui nous appelle à entrer avec Lui dans une relation de "personne à personne", comme des époux ou des amis ? ... Nous honorons Dieu des lèvres et notre cœur est loin de Lui. Ce que Dieu attend de nous, c'est un "cœur à cœur", l'amour désintéressé et mis en œuvre dans notre relation avec Lui et avec autrui en qui il se présente à nous : "Tout ce que vous faites à ses petit qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." L’œuvre de charité ne doit pas être étouffé par les épines de nos suffisances et de notre hypocrisie. Comment prendre le bon chemin ? ... Il n'y en a qu'un : Jésus ! Le regarder vivre et ... le suivre jusqu'au bout.

lundi 11 février 2013

 Parole du jour
Lc 6, 53-56
Lundi 11 février

Jésus et ses disciples, ayant traversé le lac, 
abordèrent à Génésareth et accostèrent.
Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
 ils parcoururent toute la région, 
et se mirent à transporter les malades sur des brancards
 là où l'on apprenait sa présence.
Et dans tous les endroits où il était, 
dans les villages, les villes ou les champs, 
on déposait les infirmes sur les places. 
Ils le suppliaient de leur laisser toucher 
ne serait-ce que la frange de son manteau. 
Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.

L'homme a besoin de guérison. Et nous sommes tous de ceux-là. Et Jésus aime être touché. Or, aujourd'hui beaucoup de baptisés sont aveugles et ne le voit même plus. Ils vivent leur vie, inconscient de leurs blessures ou dans le déni, ne reconnaissant pas avoir besoin d'être guéri. Jésus n'a pas de réalité pour eux. ils vivent bien sans lui. C'est sans doute qu'ils ne l'ont pas encore rencontré ou qu'ils se font une fausse représentation de lui. Quand le "vrai" Jésus, celui de l’Évangile, est accueilli dans une vie, c'est un bouleversement, comme ce le fut pour Paul sur le chemin de Damas et combien d'autres. Une véritable amitié se fait jour, une relation sans contrainte qui chasse les ténèbres et laisse jaillir la lumière. L'Amour est guérissant. Jésus est Amour par nature. Si nous voulons le comprendre ... avec le cœur, reposons-nous au pied de la croix et laissons-nous habités par le don qu'il nous fait de lui-même. Chaque Sacrement est porteur de cette grâce que nous avons a expérimenter ensemble en Église, pour en être témoin à tout vent : "Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés". C'est-à-dire : "guéris" !


dimanche 10 février 2013

Parole du jour
Lc 5, 1-11
Dimanche 10 février

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ;
 la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ;
 les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, 
et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage.
 Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : 
« Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : 
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
 mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons 
que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider.
 Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques,
 à tel point qu'elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant :
 « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, 
devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ; 
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée,
 ses compagnons. Jésus dit à Simon : 
« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. 

Lorsque l'on fait un pélerinage au pays de Jésus, on nous conduit à l'endroit où cette scène a pu se passer. En effet, c'est l'endroit du lac où une fois un peu éloigné du rivage, la parole de celui qui est assis dans la barque peut se faire entendre à une foule. La mer servant d'émetteur. En demandant à Pierre de s'éloigner "un peu du rivage" pour enseigner, Jésus en bon Rabbi, a le projet de se faire mieux entendre.Il est un "Rabbi", c'est-à-dire un "Maître", dans le sens de "didascalè" en grec, mot qui signifie : Maître d'école, enseignant. Parfois on l'a oublié pour lui préférer le nom de "Seigneur" avec tout l'imaginaire de pouvoir de ce mot, alors qu'il peut venir de "Senior", l' "Ancien", qui est celui qui a la connaissance et l'expérience et donc la Sagesse. Dans l'Evangile selon St marc, la première fois où l'on voit Jésus enseigner à la synagogue (1, 21-22), il est dit : "Ils étaient frappés de son enseignement, car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes." Les scribes enseignaient des lois, des règles à accomplir. Elles étaient tellement nombreuses que les gens s'y perdait. Leur enseignement était un fardeau : "Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossible à porter et vous-mêmes ne touchez pas ces fardeaux d'un seul doigt." (Luc 11, 46) L'enseignement de Jésus, lui, rejoint le cœur de l'homme et ses aspirations profondes et il met à nu les obstacles qui engrave la source. Sa Parole donne vie. Se mettre à son écoute et la mettre en pratique donne la vie. C'est le sens de l'évènement qui suit. Jésus donne une parole : " Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson.". Jésus est charpentier. Pierre lui, pêcheur. Cependant il va obéir à la parole de Jésus : "Sur ton ordre, je vais jeter les filets." Il les jettent : "ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient." Voilà ce que réalise l'obéissance à la Parole de Jésus. Cette expérience conduit Pierre à reconnaître toutes ses infidélités à la Parole de Dieu et a se reconnaître pécheur. Mais son cœur et sa vie, comme ceux de ses compagnons prennent une autre direction : "Laissant tout, ils le suivirent."