jeudi 31 mars 2011

Parole de Dieu
Lc 11, 14-21
(Jeudi 31 mars)

Jésus expulsait un démon
qui rendait un homme muet.

Lorsque le démon fut sorti,
le muet se mit à parler,
et la foule fut dans l'admiration.
Mais certains se mirent à dire :
« C'est par Béelzéboul, le chef des démons,
qu'il expulse les démons. »
D'autres, pour le mettre à l'épreuve,
lui réclamaient un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs intentions, leur dit :
« Tout royaume divisé devient un désert,
ses maisons s'écroulent les unes sur les autres.
Si Satan, lui aussi, est divisé,
comment son royaume tiendra-t-il ?
Vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons.
Et si c'est par Béelzéboul que moi,
je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ?
C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons,
c'est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous.

Il y a toute une symbolique du muet. Le muet, c'est celui qui, évidemment ne peut parler. Ceci nous rappelle Zacharie qui par son manque de foi en la Parole de Dieu devient muet (Lc 1, 18-21) . La foi qui s'appuie sur la Parole de Dieu donne de s'ajuster sur cette Parole et d'en vivre, c'est-à-dire de la faire entendre à travers sa propre vie. La non-foi rend muet car la Parole de Dieu, rejetée, ne peut se dire à travers celui à qui elle était destinée.
Jésus va dire par qui il expulse les démons. S'il le fait au nom du démon lui-même appelé ici Béelzéboul, nom dédaigneux que les juif lui donnaient et qui signifie "prince des mouches", c'est que le démon est perdu puisqu'il se chasse lui-même. Jésus agit par ce qu'il appelle "le doigt de Dieu". Qu'est-ce donc que ce "doigt de Dieu" ? Dans l'Ancien Testament, en Exode 31, 18, nous trouvons le passage suivant : "Quand Yahvé eut fini de parler avec Moïse sur le mont Sinaï, Il lui remit les deux tables du Témoignage (les dix commandements) , tables écrites du "doigt de Dieu". En Deutéronome 9, 10 : "Yahvé m'avait donné les deux tables écrites du "doigt de Dieu", conformes en tout point aux paroles qu'Il vous avait dites du milieu du feu, sur la montagne, au jour de l'Assemblée." "Le doigt de Dieu" est en lien avec la Parole de Dieu reçue au Sinaï par Moïse et écrite sur les deux tables de l'Alliance, Parole que Dieu veut déposer dans le cœur de l'homme, écrire sur son cœur ( Jér. 31, 33) , inscrire, graver dans ses pensées. (He 10, 16) ...
Dans l'Évangile selon St Matthieu, en 12, 28, pour le même texte que celui de l'Évangile de ce jour, il est écrit : "Si c'est par l'Esprit de Dieu que j'expulse les démon ..." Le "doigt de Dieu", c'est "l'Esprit de Dieu", ce Souffle de Dieu qui porte la Parole de Dieu et l'imprime dans le cœur de l'homme pour que celui-ci la proclame par sa bouche, mais plus particulièrement encore par toute sa vie. C'est le sens du récit de la Pentecôte (Ac 2, 1 sq) ... "La Parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends la Parole de la Foi que nous prêchons ..." (Rm 10, 8)

mercredi 30 mars 2011

Parole du jour
Mt 5, 17-19
Mercredi 30 mars

Comme les disciples s'étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Ne pensez pas que je suis venu
abolir la Loi ou les Prophètes :

je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas une lettre, pas un seul petit trait
ne disparaîtra de la Loi
jusqu'à ce que tout se réalise.

Donc, celui qui rejettera
un seul
de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,

sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux.
Mais celui qui les observera
et les enseignera sera déclaré grand
dans le Royaume des cieux.

L'Icône de la Transfiguration montre Jésus entouré de Moïse représentant la "Loi" et d'Élie représentant les "prophètes". Jésus est au centre car c'est en Lui que la Loi et les prophètes trouvent leur accomplissement.
- La Loi dont le corps est cette histoire du peuple hébreu que nous raconte les cinq premiers livres de la Bible (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome) et qui nous relate la fondation du Peuple en Abraham, la traversée de la mer rouge, les quarante ans au désert ... L'âme avec ces "dix Paroles de vie" que nous appelons les dix commandements et qui sont un chemin d'humanité dans le respect de Dieu et d'autrui. L'esprit (le cœur) avec ce commandement essentiel que Jésus relèvera à plusieurs reprises : "Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son corps (Dt 6, 5) et son prochain comme soi-même.(Lév 19, 18)" (Mc 12, 28-31).
- Les prophètes dont la mission est de ramener le peuple égarer vers la Loi qui est porteuse de vie et chemin d'accomplissement pour l'humanité ...
En Jésus, le Fils de Dieu qui a pris notre Humanité, la Loi et les prophètes ont justement été pleinement accomplis. "Voici l'Humain" dira prophétiquement Pilate en montrant Jésus couronné d'épines, à la foule meurtrière. Et le dernier mot de Jésus sera : "c'est accompli !". Aussi est-il "le chemin, la vérité et la vie." (Jn 14,6) Et désormais, c'est Lui qu'il faut "écouter" pour vivre cet accomplissement de la Loi et des prophètes. Dans le récit de la Transfiguration, la voix du Père se fait entendre : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !" (Mc 9, 2-10) Il est la Thora (Loi) incarné et accomplie en notre Humanité : "Toi, suis-moi !"

lundi 28 mars 2011

Parole du jour
Lc 4, 24-30
Lundi 27 mars

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclarait :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare :
Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse
et la famine ont sévi pendant trois ans et demi,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles,
mais bien à une veuve étrangère,
de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
pourtant aucun d'eux n'a été purifié,
mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville,
et le menèrent jusqu'à un escarpement
de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.

La croix se profile à l'horizon. A celui qui marche dans l'obscurité, il est difficile d'accueillir la Lumière. Jésus bouscule, il remue les cœurs et les consciences ... Il dérange. Il déloge les installés qui aussitôt l'affuble de leur mauvaise foi et par leurs mensonges le mette au rang des mécréants qu'il faut éliminer pour "le bien du peuple". La présence et la parole de Jésus devrait conduire à la conversion, à la libération du cœur, à la lumière ... Il dérange. Ses concitoyens voudraient un Jésus à leur mesure, mais Jésus n'a d'autre mesure que celle de la vérité et de l'Amour. "Amour et vérité se rencontre" chante le psalmiste. En face de Lui, nul ne peut rester neutre. A chacun de se déterminer. Le carême, qui nous conduit au pied de la croix et à Pâques, est là pour nous aider à faire le bon choix et nous guider sur le chemin ...

samedi 26 mars 2011

Parole du jour
Lc 15, 1-3. 11-24
Samedi 26 mars

Les publicains et les pécheurs venaient
tous à Jésus pour l'écouter.

Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »

Alors Jésus leur dit cette parabole :


« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.'
Et le père fit le partage de ses biens.

Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait,
et partit pour un pays lointain
où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.

Quand il eut tout dépensé,
une grande famine survint dans cette région,
et il commença à se trouver dans la misère.

Il alla s'embaucher chez un homme du pays
qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.

Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit :
'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !

Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai :
Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.

Je ne mérite plus d'être appelé ton fils.
Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'

Il partit donc pour aller chez son père.
Comme il était encore loin,
son père l'aperçut et fut saisi de pitié ;
il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.

Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'

Mais le père dit à ses domestiques :
'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller.
Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.

Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ;
il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.


Dans cette Parabole, il s'agit de notre histoire à tous. L'enfant prodigue, ne serait-ce pas l'humanité toute entière, souillée par le péché. Une humanité qui s'est accaparée l'héritage avant l'heure et qui, au lieu de conduire la planète et le monde à la beauté, les pille et salit à son profit. Où l'homme est devenu un loup pour l'homme et ne reconnaît plus en l'autre son frère ... Dieu qui a donné le libre arbitre à l'homme ne peut magiquement tout remettre en ordre. Il a laissé à l'homme le choix, ne voulant pas en faire un robot mais un interlocuteur. Il croyait que l'homme ne couperait pas la relation et se laisserait guider par son cœur, ce cœur lieu de la rencontre avec Lui et de l'amour, écrin de la beauté ... Il croyait que l'homme se laisserait guider par sa conscience, mot qui signifie "science avec", c'est-à-dire "à deux" l'homme et Dieu lui inspirant ce qui était bon et beau. Le péché à tout terni. L'homme a rompu la relation, il a quitté la Maison Paternelle pour "faire sa vie". Son cœur est dans la misère, dévasté ... Cette humanité, cet homme qui est chacun d'entre nous ...
Mais l'espérance d'un monde meilleur reste comme une lumière vacillante au plus profond de l'homme, dernières étincelles de ses origines et Dieu veut rallumer le feu de sa mémoire. et de son cœur. Comme ce Père miséricordieux, il est toujours au bout du chemin attendant l'enfant prodigue, sans jugement ni amertume. Il suffit de se reconnaître pécheur et de se jeter dans ses bras pour retrouver la dignité de fils.

Mais ne voyant pas revenir ses fils adoptifs, il va envoyer à leur recherche son propre Fils pour les appeler à la miséricorde et au retour ... Nous savons ce qu'ils ont fait à ce Fils. La croix sera pour Lui le bout du chemin, cette Croix dont il va se servir pour leur frayer le chemin du retour ... Chacun est appeler à le prendre : "Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne va au Père que par moi" (Jn 14, 6) ... "Toi, suis-moi !"

vendredi 25 mars 2011

Parole du jour
Lc 1, 26-38
Vendredi 25 mars

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge,
accordée en mariage à un homme
de la maison de David, appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit :
« Je te salue,
Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait
ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir
et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange :
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint,
et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi,
un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois,
alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ;
que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.

Le personnage central de "l'Annonciation", c'est Jésus. Cette solennité s'appelle d'ailleurs : "Annonciation du Seigneur". Marie sans Jésus, serait restée inconnue. Marie a sa place, une place privilégiée, mais toujours en référence à son Fils, engendré par l'Esprit-Saint "venu sur elle". En bonne juive, Marie est imprégnée de la Parole de Dieu et celle-ci l'a transformée à un tel point qu'ajustée sur elle, elle est appelée à lui donner naissance. Cependant Dieu respecte trop sa créature pour lui imposer quoi que ce soit. Aussi l'ange reprenant l'annonce messianique du livre de Sophonie en change les termes. Il dit non pas "le Seigneur est en toi", mais "le Seigneur est avec toi". Cet "avec" dit combien Dieu est présent à la proposition, tout en assurant que Marie reste maîtresse de son choix. Pour que le "en" devienne effectif, il faut le "oui" de Marie. Dieu prend le risque de dépendre de Marie, de sa créature. Sa confiance en elle le conduit à remettre entre ses mains le sort de l'humanité toute entière, notre sort. Il connaît Marie, femme libre de la liberté de l'Esprit par qui elle se laisse enseigner et conduire. Aussi le "Fiat" jaillit du cœur de Marie décide de la conception de Jésus en son sein ...

jeudi 24 mars 2011

Parole du jour
Lc 16, 19-31
Jeudi 24 mars

Jésus disait cette parabole :
« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe
et faisait chaque jour des festins somptueux.

Un pauvre, nommé Lazare, était couché
devant le portail, couvert de plaies.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies.

Or le pauvre mourut,
et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham.
Le riche mourut aussi, et on l'enterra.

Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
il leva les yeux et vit de loin Abraham
avec Lazare tout près de lui.

Alors il cria : 'Abraham, mon père,
prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau
le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.

- Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi :
Tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur.
Maintenant il trouve ici la consolation,
et toi, c'est ton tour de souffrir.

De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.'

Le riche répliqua : 'Eh bien ! père,
je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père.

J'ai cinq frères : qu'il les avertisse
pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi,
dans ce lieu de torture !’

Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu'ils les écoutent !

- Non, père Abraham, dit le riche,
mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.'
Abraham répondit :
'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.' »


Dans cette parabole de l’Évangile, Jésus insiste encore une fois sur un thème qui Lui est cher soit l’amour du prochain et Il prévient les bien nantis - et il est bien des façons d'être riche - que le piège à éviter est celui de l’indifférence, l’indifférence aux besoins d’autrui, à ses besoins vitaux certes, mais aussi à ses besoins essentiels notamment d’être vu, d’être reconnu, d’être entendu… d’être aimé.
De plus, Il nous rappelle que les premiers en ce monde seront les derniers dans l’autre s’ils n’ont pas l’amour du prochain.
Mais qui est mon prochain?
Je serais tenté de répondre ceux de qui je suis proche, mais n’est-ce pas justement le contraire, ceux de qui je ne me sens pas proche et de qui je devrais me faire proche?
Le riche également demande des signes, des avertissements pour ses frères afin qu’ils puissent être sauvés. En guise de réponse, il reçoit cette prophétie : « … quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus ».
N’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui alors que même si Jésus est ressuscité, plusieurs exigent encore des signes, des preuves pour croire?
Se rapprocher du prochain, c’est se rapprocher de Dieu et se rapprocher de Dieu, c’est se rapprocher du prochain : "Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait"
. (Mt 25, 40) Et dans la Première Lettre de St Jean : "Celui qui dit 'j'aime Dieu et qui n'aime pas son frère est un menteur. Celui qui n'aime pas son frère qu'il voit ne saurait aimer Dieu qu'il ne voit pas." (1 Jn 4, 20) (Robert)

mercredi 23 mars 2011

Parole du jour
Mt 20, 17-28
Mercredi 23 mars

Au moment de monter à Jérusalem,
Jésus prit à part les Douze et,
pendant la route, il leur dit :
« Voici que nous montons à Jérusalem.
Le Fils de l'homme sera livré
aux chefs des prêtres et aux scribes,
ils le condamneront à mort et le livreront aux païens
pour qu'ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient,
et, le troisième jour, il ressuscitera. »
Alors la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée,
s'approcha de Jésus avec ses fils
et se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit : « Que veux-tu ? »
Elle répondit : « Voilà mes deux fils :
ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite
et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume. »
Jésus répondit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. »
Il leur dit : « Ma coupe, vous y boirez ;
quant à siéger à ma droite et à ma gauche,
il ne m'appartient pas de l'accorder ;
il y a ceux pour qui ces places
sont préparées par mon Père. »
Les dix autres avaient entendu,
et s'indignèrent contre les deux frères.
Jésus les appela et leur dit :
« Vous le savez : les chefs des nations païennes
commandent en maîtres,
et les grands font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi :
celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ;
et celui qui veut être le premier sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi,
mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Les disciples de Jésus ont vraiment l'esprit bouché. Ils n'entendent pas. Ou plutôt, ils s'écoutent eux-mêmes et prennent leurs rêves pour des réalités. Ils envoient leur mère pensant que Jésus se laisserait fléchir par une femme. Mais c'est leur désir qu'elle exprime : « Voilà mes deux fils : ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume. » De quel royaume parle-t-il ? Du royaume terrestre bien-sûr ! Et Jésus ? "Mon Royaume n'est pas de ce monde." (Jn 18, 16) Jésus et ses disciples ne sont pas au même diapason. Les disciples rêve de domination et d'honneur. Jésus, lui parle de déshonneur, de souffrances et de mort ... S'il y a une victoire, elle est toute intérieure : "Son royaume n'est pas de ce monde." Et il va leur expliquer : " ... les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous il ne doit pas en être ainsi." Le plus grand, c'est le serviteur. Voici le nouveau monde, le Royaume de Jésus : "Voici que je fais toutes choses nouvelles." (Ap 21, 7) Inauguration en Jésus de la Nouvelle Alliance, celle de l'Amour bien compris, de l'Amour en vérité : "le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude." Or "le disciple n'est pas plus grand que son Maître, il est comme son Maître." (Mt 10, 24) Et Jésus ajoute en priant pour ses disciples : "Ils sont dans le monde, mais ils ne sont pas du monde." (Jn 17, 11. 14) L'Évangile nous avertit de ne pas nous tromper de Royaume !

mardi 22 mars 2011

Parole de Dieu
Mt 23, 1-12
Mardi 22 mars

Alors Jésus déclara à la foule et à ses disciples :
« Les scribes et les pharisiens
enseignent dans la chaire de Moïse.
Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire.
Mais n'agissez pas d'après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
Ils lient de pesants fardeaux
et en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes :
ils portent sur eux des phylactères très larges
et des franges très longues ;
ils aiment les places d'honneur dans les repas,
les premiers rangs dans les synagogues,
les salutations sur les places publiques,
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus appeler maîtres,
car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé.

"Ils lient de lourds fardeaux ..." sur les autres ... cherchent à "être remarqués ..." des autres ... "ils aiment les places d'honneur ... les premiers rangs ... les salutations ..." au détriment des autres ... Et bien-sûr à recevoir un nom qui les place au-dessus ... des autres ... En fait, ils n'existent que par ... les autres, les autres dont ils se fichent éperdument. Ils en font leurs adulateurs et même leurs esclaves. Le prophète Jérémie dit de ces gens-là : "Maudit soit l'homme qui met sa confiance dans un mortel,qui s'appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée,il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert,une terre salée et inhabitable." (Jér 17, 1-2) Ils se croient fort mais ils sont faibles car ils remettent leur existence entre les mains d'êtres de chair ... qu'ils écrasent en plus. Cette existence, ils ne la trouve pas en eux-mêmes, mais à l'extérieur d'eux-mêmes dans des réalités changeantes et passagères. Combien de potentats se sont retrouvés dans la poussière ? ... Attention de ne pas être de ces gens-là ! ... Jésus dira d'eux : "Comment pouvez vous croire, vous qui cherchez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas le gloire qui vient du Dieu unique ?" (Jn 5, 44)
Jésus, Lui, ne recherche pas sa gloire, mais celle du Père. Cette gloire, c'est sa Mission : le Salut des hommes ... des autres. C'est aussi, à sa suite, la Mission de l'Église ... notre Mission. Elle se résume dans le "nouveau" commandement qui résume toute l'Ecriture : "Aimez-vous les uns les autres de l'amour dont je vous ai aimés ... " (Jn 13, 34)
La Croix en est le signe ...

dimanche 20 mars 2011

Parole du jour
Mt 17, 1-9
Dimanche 20 mars

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmène à l'écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s'entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est heureux que nous soyons ici !
Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse
les couvrit de son ombre ;
et, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui j'ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! »
Entendant cela, les disciples tombèrent la face
contre terre et furent saisis d'une grande frayeur.
Jésus s'approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et n'ayez pas peur ! »
Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul.
En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l'homme
soit ressuscité d'entre les morts. »

Voici Jésus qui se manifeste tel qu'il est en vérité : "Lumière né de la lumière" (Credo de Nicée). Sa divinité transparaît à travers son humanité, elle la transfigure. Il en est toujours ainsi mais l'homme terni et amoindri dans son humanité par le péché, refus de la Lumière, ne peut le voir tel qu'il est. St Jean, dans sa 1ère lettre écrit : "Nous le verrons tel qu'il est car nous lui serons semblable". Il y faut une purification. Et la purification se fait par la "Foi" en Jésus qui en accomplissant la Thora (Parole de Dieu) en son Humanité, rend notre humanité à son plein accomplissement.
Les trois disciples, par grâce spéciale, sont rendus capable de le voir tel qu'il est. C'est une grâce de contemplation donnée en toute gratuité. Et que voient-ils ? ... Moïse et Élie qui s'entretiennent avec Jésus. Moïse représente la Torah (la Loi) et Élie les prophètes. Or Jésus l'a annoncé : "Je ne suis pas venu abolir la Torah et les prophètes, mais les accomplir".
Les trois apôtres sont témoins de cette réalité : Le Verbe s'est fait chair ... la Torah s'est faite chair en Jésus. Et la voix du Père qui se fait entendre dans le Souffle de la nuée (l'Esprit) qui les couvre de son ombre est une reconnaissance et un ordre vital : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !"
C'est cette "écoute active" qui rend à la "Lumière" et donc à la vision de Dieu qui est communion avec Lui.

Il est intéressant de se reporter à Exode 34, 29- 35. Il est dit que "lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les deux tables du Témoignage étaient dans la main de Moïse ... et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait parce qu'il avait parlé avec Dieu ... "
Au Sinaï, Moïse se laisse enseigner par Dieu, il reçoit les dix Paroles de vie que l'on appelle les dix commandements, et il en est transfiguré. Les Israélites sont tellement impressionnés qu'ils ont peur de l'approcher. Ce rayonnement les éblouit ... "et Moïse leur parla". Il leur dit les paroles que Dieu lui a enseignées. Et le peuple "écoute Moïse". Ce qui nous rappelle le : "écoutez-le" de l'Évangile. Puis, "quand Moïse a fini de leur parler, il met un voile sur son visage". Lorsqu'il entre dans la tente de la Rencontre pour parler face à face avec Dieu et recevoir ses enseignements, il ôte le voile jusqu'à sa sortie où il rapporte aux Israélites, la Parole de Dieu. Il dit cette Parole à visage découvert car la Parole qu'il profère au nom de Yahvé illumine et révèle l'Être même de Dieu ... Puis à nouveau il remet le voile.
St Paul a trouvé l'illumination sur le chemin de Damas. Voici ce qu'il raconte : "Soudain une grande Lumière venue du ciel m'enveloppa de sa clarté, je tombais sur le sol et j'entendis une voix qui me parlait ..." Lorsqu'il se relève il ne voit plus rien en raison de l'éclat de cette Lumière. Il faut l'intervention d'Ananie envoyé par le Seigneur pour qu'il retrouve la vue : "Saoul, mon frère, recouvre la vue." "Et moi, dit St Paul, au même instant je pus le voir." (Ac 22, 6-13) Sa vie est alors transformé. Il écrit plus tard : "C'est quand on se convertit au Seigneur que le voile est enlevé. Car le Seigneur, c'est l'Esprit, et où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur qui est Esprit." (2 CO 3, 16-18)
La Résurrection de Jésus et le don de l'Esprit à Pentecôte sont passées par là et désormais la Présence de Jésus, intérieure à nous-mêmes, nous transfigure chaque jour davantage : "Jésus le Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas les ténèbres me parler. Jésus, le Christ, Lumière intérieure, donne-moi d'accueillir ton amour." (Chant de Taizé)

samedi 19 mars 2011

SAINT JOSEPH

Parole du jour
Mt 16, 18-21.24
Samedi 19 mars

Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie,
de laquelle fut engendré Jésus,
que l'on appelle Christ (ou Messie).
Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus,
avait été accordée en mariage à Joseph ;
or, avant qu'ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste,
ne voulait pas la dénoncer publiquement ;
il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet,
lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe
et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse :
l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus
(c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit.

On n'a parfois montré auprès de Marie, un Joseph vieillard que Dieu aurait mis là pour la protéger et qui fait plutôt figure de père que d'époux. C'est mal connaître Dieu qui a créé l'être humain époux-épouse et qui les veux vraiment unis dans un véritable amour conjugale. Le film Marie de Nazareth rend bien cette réalité. Joseph aimait Marie et réciproquement.
Israël est une véritable école. La Parole de Dieu y est enseignée, ruminée, assimilée ... considérée comme une nourriture du cœur comme la salade, les légumes et la viande le sont pour le corps : "l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toutes paroles qui sort de la bouche de Dieu". L'enfant, dès le sein maternelle est balancé dans le rythme mélodié de la Thora, des Prophètes et livres prophétiques et des Écrits. Le mot de Thora finira par tous les englober sous son nom. Depuis la naissance jusqu'à 5 ans environ, c'est sur les genoux de sa mère que bercé, l'enfant continue son "éducation". A partir de 5/7 ans, c'est le père qui prend le relais et systématiquement enseigne oralement son enfant, ce qui fut le cas de Joseph, père adoptif de Jésus. A douze ans, nous voyons Jésus passer son examen de connaissance de la Thora, la "Barmitswa"(Lc 2, 46-47) . Il devient alors "adulte dans la Thora" et chaque Sabbat, Il est appelé à se rendre à la Synagogue (Beit Knesset), la Maison de l'Assemblée, avec son père, pour y mémoriser la Thora avec son peuple. Le cycle de remémoration de la Thora est de trois ans. Cette mémorisation, rumination de la Thora continue de se vivre à la maison jour après jour : "Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour". Il s'agit sans doute du pain pour le corps, mais plus encore du "pain substantiel" qu'est la Parole de Dieu et ... pour nous du pain eucharistique ...
Si Marie était toute imprégnée de la Parole de Dieu, Joseph devait en être un Maître. C'est à lui qu'il est revenu plus particulièrement d'éduquer Celui qui est la Parole incarné. Souvent nous le sollicitons pour des choses matérielles ou du travail ... n'oublions pas de le solliciter pour qu'il nous aide à vivre de la Parole de Dieu en vérité.

vendredi 18 mars 2011

Parole du jour
Mt 5, 20-26
Vendredi 18 mars

Comme les disciples s’étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Je vous le déclare :
Si votre justice ne surpasse
pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu'un commet un meurtre,
il en répondra au tribunal.
Eh bien moi, je vous dis :

Tout homme qui se met en colère
contre son frère en répondra au tribunal.
Si quelqu'un insulte son frère,
il en répondra au grand conseil.
Si quelqu'un maudit son frère,
il sera passible de la géhenne de feu.

L'homme est un être de relation. C'est la relation qui lui donne existence. Privé de toute relation, il meurt. Mais attention, il y a des relations conflictuelles qui ne donne pas la vie et certaines même conduisent à la mort. Tuer son frère, c'est lui refuser la relation qui donne vie, décider de son inexistence, ce qui est la pire des injures : "Qui es-tu pour décider de l'existence ou non de ton frère ? "... La colère est également une façon d'éliminer l'autre ... Le philosophe Claude Trémontant explique que le jugement porté sur l'autre est du même type : "Qui es-tu pour juger ton frère ? " ... Le maudire, c'est aussi lui donner la mort ... Agir ainsi conduit à s'enfermer soi-même en coupant le lien relationnelle qui m'unit à autrui. Ce que l'Évangile appelle "la géhenne"
L'homme est fait pour la relation de respect de l'autre et de sa dignité ... Tous, nous sommes condamnable et pourtant, en son Fils incarné, Dieu a pris sur Lui notre condamnation : "Lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur Lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison." (Is 53, 5) Dieu a trop d'amour pour couper la relation avec nous ... Il préfère prendre sur Lui ce qui nous coupe de Lui pour nous rendre à une relation vraie avec Lui et donc à la Vie. S'Il agit ainsi avec nous, comment pourrions-nous agir différemment avec les autres qui sont nos soeurs et frères en humanité, créés à son Image et aimés inconditionnellement par Lui. Le Carême nous invite à la conversion, profitons-en ! Devenons des artisans de bénédiction et de paix ... de réconciliation.

jeudi 17 mars 2011

Prière de St Patrice
(395 - +461. Évangélisateur de l'Irlande)
Fête 17 mars

J'avance sur ma route
avec la force de Dieu pour me protéger
la sagesse de Dieu pour me diriger
l'œil de Dieu pour me guider
l'oreille de Dieu témoin de mon langage.

Que la parole de Dieu soit sur mes lèvres.
que la main de Dieu me garde.
que le chemin qui mène à Dieu s'étende devant moi.
que le bouclier de Dieu me protège.
Que l'armée invisible de Dieu me sauve
de toutes les embûches du démon
de tout vice qui pourrait me réduire en esclavage
et de tous ceux qui me veulent du mal
au cours de mon rapide ou long voyage
seul ou avec le multitude.

Christ devant moi
Christ derrière moi
Christ au-dessous de moi
Christ au-dessus de moi
Christ en moi et à mes côtés
Christ autour et alentour
Christ à ma gauche et à ma droite
Christ avec moi le matin et le soir
Christ dans chaque cœur qui pensera à moi
Christ dans chaque regard qui se posera sur moi
Christ dans chaque oreille qui m'écoutera

Sur la route où j'avance ...
J'invoque le pouvoir (d'amour) de la trinité sainte
par ma foi dans le Dieu Trine
Père, Fils et Esprit-Saint,
par ma foi dans la prière
dans la divinité éternelle du Créateur.
Parole du jour
Mt 7, 7-12

Jeudi 17 Mars

Comme les disciples s'étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
Demandez, vous obtiendrez ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, la porte vous sera ouverte.
Celui qui demande reçoit ;
celui qui cherche trouve ;
et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira.
Lequel d'entre vous donnerait une pierre
à son fils qui lui demande du pain ?
ou un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc, vous qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez
que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux,
vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture :
la Loi et les Prophètes.

Lorsque nous lisons le même passage dans l'Évangile selon St Luc, ces "Bonnes choses" dont il est question ici, prennent le nom "d'Esprit-Saint". Ce qu'il nous faut demander en priorité, c'est l'Esprit-Saint, l'Esprit de Pentecôte, Lui qui a transformé les Apôtres réunis dans la Chambre Haute avec Marie. Le récit nous dit : "Tous d'un commun accord persévéraient dans la prière." (Ac 1, 14) "Ceci nous rappelle notre Évangile (Bonne Nouvelle) de ce jour : Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte.Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira ..." L'Esprit-Saint accueillit par les Apôtres les a libéré de toutes peurs et leur a donné une force intérieure dont ils n'avaient pas idée, pour vivre leurs existences dans la Lumière de Jésus, dans la foi. Leurs regards ont changé, leurs relations aux autres aussi, leurs cœurs sont devenus tout brûlant de l'amour de Dieu. Puisse notre prière rejoindre la leur et nous laisser nous-mêmes libérés parce qu'habités par l'Esprit de Dieu ... Alors nous comprendrons ce que Jésus veut dire : "tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes."Et l'Esprit-Saint nous donnera de le mettre en pratique.

mercredi 16 mars 2011


Parole du jour
Mt 6, 7-15
Jeudi 16 Mars

Comme la foule s'amassait, Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle demande un signe, mais en fait de signe
il ne lui sera donné que celui de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera. En effet,
elle est venue de l'extrémité du monde
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ; en effet,
ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas.

"« Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération. »
Le signe de Jonas c’est le mystère tout entier de la Parole divine, du Verbe de Dieu, venu dans le monde pour illuminer tout homme qu’il soit juif ou païen. C’est le mystère de la Parole divine descendue jusque dans les ténèbres les plus obscures de notre humanité, comme Jonas s’enfonça dans les entrailles du monstre marin, pour nous en relever. C’est le mystère de la Parole divine que nous avons à notre tour à écouter et à laisser œuvrer en nous pour qu’elle porte un fruit de conversion et de résurrection dans le cœur de ceux vers qui le Seigneur nous enverra, comme ce fut le cas de Jonas auprès des ninivites.
Le signe de la toute-puissance divine, nous le percevrons dans la mesure où nous aurons écouté cette Parole et où nous l’aurons laissée agir à travers nous. Oui, « Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent. » En elle, il y a bien plus que Jonas, en elle, il y a bien plus que la sagesse de Salomon !" (F. Elie) En elle, c'est Jésus lui-même, Verbe de Dieu, Parole incarnée qui se donne et s'unit à nous ... qui transforme nos vies par la sienne.

mardi 15 mars 2011

Parole du jour
Mt 6, 7-15
Jeudi 15 Mars

Comme les disciples s'étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi
vous avez besoin avant même
que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne ;
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous les avons remises nous-mêmes
à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.

Le "Notre Père" est la prière chrétienne par excellence. La seule que Jésus nous a laissé. C'est à la fois "Sa" prière et la "notre". Nous ne pouvons la dire seul ... nous ne pouvons la dire qu'en Lui, dans l'Esprit-Saint, sinon elle n'est qu'une récitation stérile. La dire dans l'Esprit-Saint, avec le cœur, c'est prier en communion avec l'unique Fils, Jésus notre frère. Aussi disons-nous : "Notre Père ..." Et ce "Notre" englobe également tous ceux qui baptisés au nom du Fils unique, ont "revêtu le Christ" (rituel du baptême). Et au-delà, tous ceux qui, créés dans le Fils, à l'Image de Dieu, n'ont pas conscience d'être les enfants du Père, mais le sont fondamentalement. A nous qui nous disons "chrétien" d'être leur conscience en priant en leur nom également et en les portant dans notre prière. L'Église est catholique, c'est-à-dire "universelle". A l'image de Dieu, elle ne laisse personne sur le bord du chemin ...

lundi 14 mars 2011

Parole de Dieu
Mt 25, 31-46
Jeudi 13 mars

Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
'Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume préparé
pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ;
j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ;
j'étais malade, et vous m'avez visité ;
j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !'
Alors les justes lui répondront :
'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ?
tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?'
Et le Roi leur répondra :
'Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits
qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.'

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
'Allez-vous-en loin de moi, maudits,
dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges.
Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ;
j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ;
j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ;
j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.'
Alors ils répondront, eux aussi :
'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif,
être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?'
Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits,
à moi non plus vous ne l'avez pas fait.'

Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

En entendant cette Parole de Jésus, un question se pose : "Comment est-ce que je vis ma relation à l'autre ? ... Comment est-ce que je le considère ? ... Jésus nous dit : "En chacun qui se présente à toi, c'est Moi que tu reçois ou que tu ne reçois pas ! En tout être humain, il est là, plus intime à la personne que ne l'ait la personne à elle-même. St Augustin écrit : "Dieu plus intime à moi-même que moi-même." et encore "Tu étais au dedans de moi et je te cherchais au dehors ..." Ce qui étais vrai pour augustin l'est pour tout être humain. Aussi ne pas accueillir l'autre avec amour, c'est blessé Dieu lui-même. Mère Térésa aimait dire que le lieu où elle aimait rencontrer le Christ, c'était dans l'Eucharistie et dans le pauvre : "Ce que aurez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait."

Parole de Dieu
Mt 4, 1-11
Dimanche 13 mars

Jésus, après son baptême, fut conduit au désert
par l'Esprit pour être tenté par le démon.
Après avoir jeûné quarante jours
et quarante nuits, il eut faim.

Le tentateur s'approcha et lui dit :
« Si tu es le Fils de Dieu,
ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Mais Jésus répondit : « Il est écrit :
Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le démon l'emmène à la ville sainte,
à Jérusalem, le place au sommet du Temple
et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et :
Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui déclara :
« Il est encore écrit :
Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le démon l'emmène encore
sur une très haute montagne et lui fait voir
tous les royaumes du monde avec leur gloire.
Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai,
si tu te prosternes pour m'adorer. »
Alors, Jésus lui dit :
« Arrière, Satan ! car il est écrit :
C'est devant le Seigneur ton Dieu
que tu te prosterneras,
et c'est lui seul que tu adoreras. »


Alors le démon le quitte.
Voici que des anges s'approchèrent de lui,
et ils le servaient.


Jésus vient d'être baptisé, il est rempli de l'Esprit-Saint qui le conduit au désert. Ne pas oublier que le mot "désert" signifie "lieu de la Parole". Les premiers chrétiens qui recevront le nom de moines partiront eux aussi au désert à la suite de Jésus. Et qu'y font-il ? Ils apprennent et ruminent la "Parole de Dieu". Voici leur pain quotidien. Et c'est vrai aujourd'hui encore dans les monastères. La Parole de Dieu est essentielle dans le combat spirituel. Jésus nous le démontre. Le démon semble la connaître cette "Parole" et cherche à faire chuter Jésus en en faisant des flèches ... Et Jésus lui répond par le bouclier de la "Parole" ... Et le démon est vaincu. Le moment fixé de son retour sera l'Heure de la grande tentation : la passion et la croix. Mais Jésus sur la croix se révélera comme la Parole de Dieu. Par le don de sa vie pour la multitude, il accomplira définitivement" la Torah et les prophètes", la Parole de Dieu.
C'est un appel pour nous à se mettre à la table de la Bible pour manduquer la Parole, la ruminer et s'en imprégner. Commençons par les Évangiles qui sont l'accomplissement et la clef de toutes les Ecritures. Si les moines y consacrent leur vie, St Jean Chrysostome, un grand Evêque du IV ème sc écrivait que "les gens du monde en avait encore plus besoin car ils étaient davantage exposés aux tentations du monde".

samedi 12 mars 2011

Parole de Dieu
Lc 5, 27-32
Samedi 12 février

Jésus remarqua un publicain (collecteur d'impôts)
du nom de Lévi assis à son bureau de publicain.
Il lui dit: "Suis-moi."
Abandonnant tout, l'homme se leva
et se mit à le suivre.
Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ;
il y avait une grande foule de publicains
et d'autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti
récriminaient en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes
mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent.

Le regard de Jésus est un regard qui donne la vie. Il est un regard plein de lumière et d'amour. Il donne existence et fait se lever. C'est ce qui est arrivé à Matthieu tout brouillé intérieurement par son état de publicain et le rejet de ses concitoyens. Voici que quelqu'un plonge son regard dans ses profondeurs et il se sent reconnu en vérité pour qui il est vraiment, au delà même de son péché. Alors il est libéré, purifié, guéri, rendu à son identité vraie et il se lève et suis Jésus. Et nous quel est notre regard sur autrui ? ... Laissons-nous regarder par Jésus dans la prière et notre regard sur nos frères et soeurs en humanité, sur notre prochain, sera porteur de Vie !

Méditation :

"Deviens Lumière - Deviens lumière et tu verras la lumière. Où est le SOLEIL qui dissipera les ténèbres du tunnel sans issue où l’humanité titube dans le cauchemar sanglant de ses haines et de ses peurs ? En TOI.
Dieu est toujours déjà là, comme le Soleil caché en nous : c’est nous qui sommes absents, c’est nous qui sommes le mur qui fait écran à sa Lumière…
Toute la perfection chrétienne, c’est Jésus-Christ vivant en nous, dans notre esprit, dans notre cœur, dans notre sensibilité, dans notre chair, dans notre action, dans notre conduite. La vertu chrétienne n’est pas un exercice d’acrobatie sur la corde raide du stoïcisme, la vertu chrétienne c’est la vie du Christ se communiquant à travers nous à toute l’humanité, à condition que nous laissions vivre le Christ dans toute sa puissance. Il ne s’agit donc non pas de notre salut, mais de la vie de Dieu qui est remise entre nos mains. La vocation chrétienne est d’être le visage de Dieu. L’Eglise, c’est nous … Les hommes ne peuvent être sauvés par des discours, mais seulement par une présence, et cette présence ne peut leur apparaître normalement qu’à travers un visage humain.
Soyons le vitrail où chante le Soleil !"

(Maurice Zundel - « A l’écoute du silence »)

vendredi 11 mars 2011

Parole de Dieu
Mt 9, 14-15
Vendredi 11 mars

Parole du Seigneur :"
Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas !
Que ta voix résonne comme le cor !
Dénonce à mon peuple ses fautes,
à la maison de Jacob ses péchés.
Ils viennent me consulter jour après jour,
ils veulent connaître mes chemins.
Comme une nation qui pratiquerait la justice
et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu,
ils me demandent de leur faire justice,
ils voudraient que Dieu se rapproche.
« Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ?
pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? »
Oui, mais le jour où vous jeûnez,
vous savez bien trouver votre intérêt,
et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles,
en coups de poings sauvages.
Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui
que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît ?
Est-ce là votre jour de pénitence ?
Courber la tête comme un roseau,
coucher sur le sac et la cendre,
appelles-tu cela un jeûne,
un jour bien accueilli par le Seigneur ?

Quel est donc le jeûne qui me plaît ?
N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes,
délier les attaches du joug,
rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim,
recueillir chez toi le malheureux sans abri,
couvrir celui que tu verras sans vêtement,
ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore,
et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi,
et la gloire du Seigneur t'accompagnera.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ;
si tu cries, il dira : « Me voici. »


Voici un passage du livre d'Isaïe qui demande à être méditer et qui correspond bien aux Évangiles. Jeûner pour jeûner n'a pas de sens. Jeûner parce que c'est la loi et que l'Église le demande, non plus. Jeûner pour être en règle, également. Jeûner pour que Dieu satisfasse nos besoins et nous obéisse dans nos demandes est une insulte. Surtout si en plus ce jeûne est hypocrite ... Nous ne sommes pas dans le donnant/donnant avec Dieu et ne devons d'ailleurs pas l'être avec les autres ... Il ne s'agit pas non plus d'autoguérison ou de jeûne thérapeutique ...

Le jeûne auquel nous sommes appelés, le jeûne spirituel qui agit sur toutes les dimensions de l'être : corps, âme et esprit, et rend plus plus réceptif à l'écoute intérieure et aux besoins des autres ... Ce jeûne se nourrit de la manducation de la Parole de Dieu et de la prière et ouvre à la charité. C'est de ce jeûne-là que parle Jésus dans l'Évangile de ce jour (Mt 9, 14-15) : "Un temps viendra où l'Epoux leur sera enlevé, et alors ils jeuneront." Le vrai jeûne doit conduire à vivre les paroles de Dieu transmises par Isaïe et qu'il nous faut méditer : Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? (Lc 4, 16-20) N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, (cf Mt 25, 14-40) ne pas te dérober à ton semblable ?Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Ce jeûne conduit à l'union avec Dieu car il nous rend semblable à Lui. On ne jeûne bien qu'avec le cœur !

Pour aider à la réflexion, méditation du Père Joseph-Marie (Famille de Joseph) :

"Voici un passage du livre d'Isaïe qui demande à être méditer et qui correspond bien aux Évangiles. Jeûner pour jeûner n'a pas de sens. Jeûner parce que c'est la loi et que l'Église le demande, non plus. Jeûner pour être en règle, également. Jeûner pour que Dieu satisfasse nos besoins et nous obéisse dans nos demandes est une insulte. Surtout si en plus ce jeûne est hypocrite ... Nous ne sommes pas dans le donnant/donnant avec Dieu et ne devons d'ailleurs pas l'être avec les autres ... Il ne s'agit pas non plus d'autoguérison ou de jeûne thérapeutique ...

Le jeûne auquel nous sommes appelés, le jeûne spirituel qui agit sur toutes les dimensions de l'être : corps, âme et esprit, et rend plus plus réceptif à l'écoute intérieure et aux besoins des autres ... Ce jeûne se nourrit de la manducation de la Parole de Dieu et de la prière et ouvre à la charité. C'est de ce jeûne-là que parle Jésus dans l'Évangile de ce jour (Mt 9, 14-15) :
"Un temps viendra où l'Epoux leur sera enlevé, et alors ils jeuneront." Le vrai jeûne doit conduire à vivre les paroles de Dieu transmises par Isaïe et qu'il nous faut méditer : Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? (Lc 4, 16-20) N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, (cf Mt 25, 14-40) ne pas te dérober à ton semblable ?Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Ce jeûne conduit à l'union avec Dieu car il nous rend semblable à Lui. On ne jeûne bien qu'avec le cœur !

urant les trois premiers siècles du christianisme, l’Eglise ne jeûnait que le vendredi et le samedi saints, comme l’attestent encore saint Irénée (195) et Tertullien. Et ceci en raison de la parole de Jésus que nous venons de lire. Ce n’est que progressivement et sous l’influence du monachisme, que le jeûne sera étendu à l’ensemble de la semaine sainte puis au temps du carême, en solidarité avec les catéchumènes qui se préparent à recevoir le baptême dans la nuit de Pâque.
Le jeûne se présente donc comme une démarche pénitentielle en vue d’une participation plus intense à la vie du Ressuscité : « le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, écrit Saint Paul, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts » (Ph 3, 10-11).
Cette qualification particulière du jeûne chrétien en spécifie les modalités : nous ne pouvons accueillir la vie du Ressuscité que dans la mesure où nous lui faisons une place, ce qui suppose d’accepter de « mourir à soi ». Par cette expression nous entendons : renoncer au « vieil homme », qui est en nous principe du péché en raison de ses complicités avec le Prince de ce monde. Il ne s’agit donc pas d’« offrir des sacrifices et des holocaustes » (Ps 50) qui ne nous impliquent qu’extérieurement ; mais plutôt de nous convertir en profondeur, ce qui est incontestablement beaucoup plus difficile et onéreux : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ibid.).
Le passage du prophète Isaïe proclamé en première lecture, nous propose la pédagogie de la « mort à soi » préconisée dans l’ascèse chrétienne. Le jeûne qui plaît à Dieu consiste essentiellement en des gestes prophétiques qui anticipent et annoncent le Royaume attendu : briser les jougs, nourrir l’affamé, recueillir le malheureux, bref ne pas « nous dérober à notre semblable », qui en Jésus Christ est devenu notre frère.
Voilà pour le positif ; quant aux restrictions, elles ne sont toujours que les antithèses des prescriptions que nous venons de voir :
- jeûner de la toute-puissance qui me conduit à faire peser de lourds fardeaux sur ceux qui me sont confiés ; fardeaux de nos humeurs, colères, impatiences, lassitudes, exigences, e.a.
- jeûner du mépris, de l’indifférence et du jugement envers les pauvres, qui m’empêchent de voir leurs besoins et d’entrer avec eux dans une dimension de partage ;
- jeûner aussi du souci de ma réputation, de la complaisance dans le regard admiratif des autres, qui me conduisent à des comportements hypocrites, cherchant à paraître ce que je ne suis pas pour attirer l’attention et la louange.

La promesse assortie à cette ascèse nous ramène à la visée du carême : « “alors la lumière (du Ressuscité) jaillira comme l’aurore” et illuminera ta vie ; “tes forces (spirituelles) reviendront rapidement” ; le Seigneur qui est “ta justice marchera devant toi”». Elle est véridique cette Parole et digne de confiance : ceux qui vivent dans l’obéissance aux préceptes divins, « la gloire du Seigneur les accompagnera ».
Si tous les chrétiens du monde unissaient leurs efforts et réalisaient le programme proposé par Isaïe dans la lecture de ce jour, alors, à l’appel de l’Eglise-Epouse, le Seigneur répondrait : « Me voici » ; il viendrait sur les nuées instaurer son Règne, et nous serions enfin pour toujours avec lui (I Th 4, 16-17)."