mercredi 17 février 2010

Parole du jour
Lc 9, 22-25
Jeudi 18 février

Jésus disait à ses disciples :
« Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup,
qu'il soit rejeté par les anciens,
les chefs des prêtres et les scribes,
qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il disait aussi à la foule :
« Celui qui veut marcher à ma suite,
qu'il renonce à lui-même,
qu'il prenne sa croix chaque jour,
et qu'il me suive.

Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.

Quel avantage un homme aura-t-il
à
gagner le monde entier,
si c'est en se perdant lui-même
et en le payant de sa propre existence ?"

Le signe de la croix, c'est le signe du don total de soi, le signe de l'Amour en sa plénitude. C'est le signe par lequel Dieu nous révèle son identité, le signe de notre Salut, le signe de la Vie. Faire le signe de la croix, c'est s'envelopper dans la Lumière et s'engager à prendre le même chemin que Celui qui nous l'a donné, c'est renoncer à soi-même, à son "égo", pour vivre à Dieu seul. Ce "seul", ne signifie pas que "les autres" soient écartés ! ... Mais que la source de notre rencontre avec eux, c'est Dieu Lui-même, le Dieu de Jésus-Christ, le Dieu qu'est Jésus-Christ. Le monde entier, un jour il faudra le quitter ... Dieu, Lui, c'est pour toujours. D'où l'essentiel de les rencontrer en Lui. Telle est la "Communion des saints". Elle est à vivre dès maintenant ... Dans la vie monastique, il est une tradition de commencer chaque nouvelle tâche à accomplir par le "signe de la croix" qui est aussi le signe de notre baptême. Pendant ce Carême, et pourquoi pas après, puissions-nous adopter cet usage pour faire toutes choses avec Jésus et selon son cœur. Dans la deuxième prière eucharistique, il est dit : "Tu nous as choisis pour servir en ta Présence."
LE CARÊME
Mercredi des Cendres

Parole du jour
Mt 6, 1-6.16-18
Mercredi 17 février


Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait :
« Si vous voulez vivre comme des justes,
évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer.
Autrement, il n'y a pas de récompense
pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l'aumône,
ne fais pas sonner de la trompette devant toi,
comme ceux qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône,
que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous priez,
ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle :
quand ils font leurs prières,
ils aiment à se tenir debout dans les synagogues
et les carrefours pour bien se montrer aux hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison,
ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme ceux qui se donnent en spectacle :
ils se composent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »

Il y a un dicton populaire qui dit : « avoir une tête de carême » . Ce qui signifie être triste et la « mine » défaite. Si c’est cela le carême, il est préférable de ne pas « faire son carême » car Dieu n’attend pas de nous que nous soyons dans la tristesse et les larmes. Le message de Jésus n’est pas celui-là. Ce serait plutôt l’action de grâce parce qu’il nous a sauvé gratuitement : « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ. C’est par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui Il nous a ressuscité et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus.» (Eph 2, 4-6) S'il est une tristesse et des larmes, c'est de ne pas assez aimer ... La seule chose qui nous est demandé, finalement, c’est d’adhérer par notre vie à ce salut : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi, ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu.» (v. 8) La foi, c’est cette adhésion, cet ajustement sur le Christ.

Les deux voies

Dans l’Evangile selon St Matthieu 7, 13-14, il est question de « deux voies » :

L’une étroite qui conduit à la vie, au Christ. Elle est étroite car elle demande de ne pas vivre égoïstement pour soi, mais pour et par Lui et à travers Lui, pour les autres en qui il se présente à nous : « Ce que vous aurez fait à l’un de ces petit qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40) « Bienheureux l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espérance ... » (Jér 17, 7)

L’autre voie est dite large et spacieuse, car dans un premier temps elle satisfait notre égo, mais très vite nous conduit à l’impasse car on s’y rencontre soi-même et non le Christ source du salut gratuit : « Malheureux l'homme qui met sa confiance dans un mortel, qui s'appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur ... » (Jér 17, 5) Ici, ni libération, ni guérison, ni santé du cœur, seulement l’enfermement en soi : « il ne verra pas venir le bonheur. » (v. 6)
Le choix entre ces deux voies est entre nos mains ! L’étroite ou la spacieuse ? … L’étroite dilate le cœur … la spacieuse le rabougrit.

Le temps du Carême nous invite à choisir la voie étroite, celle qui conduit à l’union avec le Christ, unique remède à nos maux et source d’une bonne santé intérieure enveloppant tout notre être, toute rencontre, toute circonstance de la vie ... dans les jours ensoleillés comme dans les jours chargés de nuages.

Un temps de conversion

Ce chemin de Carême nous conduit à Pâques et donc au Christ Ressuscité. Or, « Avec le Christ, Dieu nous a ressuscité » (Eph 2, 6) lisions-nous dans la lettre de St Paul citée plus haut. Il s’agit donc bien d’ajustement, d’union et de vie dès maintenant et … au bout du chemin. Cela demande une préparation, une conversion (sens du mot « pénitence ») , un retournement vers le Christ, plus intense qu’à l’habitude, même si c’est chaque jour que nous devrions être dans les dispositions du temps de Carême. (Règle de St Benoît)

Les décisions que nous allons prendre, les actes que nous allons poser ne nous sauve pas : « Ce salut ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier » (v. 9) L’orgueil d’être parfait et donc de rivaliser avec Dieu, par nos actes, conduit au repli, à l’adoration de soi-même et au désir d’être reconnu comme un dieu par Dieu lui-même et par les autres. « Lorsque vous aurez fait tout cela, dit Jésus, dites-vous que vous avez fait seulement ce que vous deviez faire. » (Lc 17, 10) Dieu ne se reconnaît pas dans les caricatures que nous en faisons et qui sont toujours entachés de pouvoir et d’arbitraire ...
Les décisions et les actes que nous posons ont vocation d’orienter notre vie dans la bonne direction pour accueillir le salut gratuit de Dieu, Dieu lui-même qui, en Jésus-Christ a assumé notre humanité : « Il s’est identifié à notre péché pour nous identifier à sa sainteté. » écrit St Paul.
Les décisions et les actes que nous posons ont vocation d’ouvrir la porte à la lumière divine (l’Amour) qui nous illumine en Jésus-Christ et chasse toutes ténèbres : « La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne peuvent l’éteindre, écrit St Jean. » (Jn 1, 4) . La lumière fait disparaître les ténèbres. Cette Lumière, c’est le Christ : « Il était (et le demeure) la Lumière véritable qui éclaire tout homme venant dans le monde. » (v. 9) Et encore : « Ce qui fut en Lui, était la vie et la vie était la lumière des hommes. » (v.4) L’orientation de notre vie est donc essentielle. Il en est la source : « Tout fut par Lui, et sans Lui, rien ne fut. » (v.3) Si on enterre la source, c’est le dessèchement : « Ils m’ont abandonné moi la Source d’eau vive pour se creuser des citernes, citernes lézardées qui laisse passer l’eau. » (Jr 2, 13) Pour que notre vie devienne féconde, il nous faut revenir à la Source et la laisser irriguer notre vie : « Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d'arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. » (Ez 47, 12) « Retour au centre », est le titre d’un livre du théologien Urs Von Balthasar. Le temps du Carême veut nous y aider …

L'Evangile du jour

L’Evangile du mercredi des cendres qui inaugure l’entrée en Carême, nous propose trois moyens fondamentaux pour ce recentrement : La prière, le jeûne et l’aumône.

La prière qui nous rend à une relation intime avec Dieu en Jésus, dans l’amour : « demeurez en moi comme moi en vous. » (Jn 15, 4) « Demeurez dans mon amour. » (v.15) Il s’agit d’une « reconnexion » sur la Source et d'une relation amoureuse ...

Le jeûne par lequel on se libère de ce qui entrave cette relation. Il ne s’agit pas obligatoirement de nourriture, même si en ce domaine, il est important d’être modéré. Si on se prive de nourriture terrestre, c’est pour prendre du temps pour se nourrir de la Parole de Dieu : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Dt 8, 3 ; Mt 4, 4) Il y a bien d’autres privations que l’on peut mettre en œuvre : télé, internet, certaines lectures, paroles etc. … A chacun de trouver ce qui entrave sa vie et l’empêche de s’ouvrir à la Présence intérieure et aux autres.

L’aumône qui justement nous ouvre aux autres à l’exemple du Christ donnant sa vie et lavant les pieds de ses disciples : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie … » (Mt 20, 28) Il y a bien des manières de servir et de donner sa vie. L’aumône ne concerne pas seulement l’argent, qui bien-sûr demeure un bon moyen d’aider ceux qui sont dans le besoin. Mais il ne faudrait pas que ce don (qui concerne parfois notre superflu) nous donnant bonne conscience, nous dédouane de vivre d’autres manières de nous mettre au service des autres (Jn 13,-16 ; Lc 10, 29-37) par amour pour eux : vouloir « leur plus grand bien » comme Dieu le veut … A chacun, là encore, de se remettre en question.

Le bout du chemin de Carême, c’est la montée vers Pâques où dépouillés de tout ce qui aveugle notre regard et notre cœur, nous pourrons contempler le « Ressuscité » et Lui être uni.

mardi 16 février 2010

Parole du jour
(Mc 8, 14-21)
(mardi 16 février)

Les disciples avaient oublié de prendre du pain,
et ils n'avaient qu'un seul pain
avec eux dans la barque.
Jésus leur faisait cette recommandation :
« Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens
et à celui d'Hérode ! »
Ils discutaient entre eux
sur ce manque de pain.
Il s'en aperçoit et leur dit :
« Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ?
Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ?
Vous avez le cœur aveuglé ?
Vous avez des yeux et vous ne regardez pas,
vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ?
Vous ne vous rappelez pas ?
Quand j'ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes,
combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Douze.
— Et quand j'en ai rompu sept pour quatre mille,
combien avez-vous rempli de corbeilles
en ramassant les morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Sept. »
Il leur disait :
« Vous ne comprenez pas encore ? »

"L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toutes paroles qui sort de la bouche de Dieu". La faim "biologique" est symbolique d'une faim beaucoup plus essentielle, la faim de Dieu et donc de sa Parole. L'Eucharistie est la table du rassasiement : table de la Parole proclamée, table de la Parole manduquée : "Dans la Sainte Liturgie, l'Église ne cesse de se nourrir du Pain de Vie de la table de la Parole de Dieu comme du Corps du Christ, de prendre le Pain de la vie et de le présenter aux fidèles." (Benoît XVI citant Dei Verbum 21) Après la multiplication des pains (Mc 8, 1-10), les apôtres qui ont participé au miracle des pains : "ils les donnait à ses disciples pour les servir, et ils les servirent à la foule ...", retombent dans leurs vieux sabots. Ils se sont extasiés au moment : "on emporta les restes des morceaux : sept corbeilles pleines !" Mais très vite ils retombent dans leur petit monde fermé et sans horizon. Jésus cherche à les réveiller , à leur redonner de la hauteur en leur rappelant les faits. Qui est-il donc pour eux ? ... Il leur a montré que ce qui leur était impossible, lui il le pouvait. Que sans lui "ils ne pouvaient rien faire" (Jn 15, 5) . Que "ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu" (Lc 18, 27) , déclinant ainsi son identité. Rien n'y fait, ils restent le nez cloué au sol et en oublient les étoiles. Combien de fois Jésus ne leur dira-t-il pas : "N'avez-vous pas encore la foi" ... "homme de peu de foi" (Mt 14, 31) Et nous l'entendons : "Il leur reprocha leur manque de foi" (Mc 16, 14) . Les apôtres ont tendance à raisonner comme si Jésus n'était pas là : "Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ?" ... Il ne lui font pas confiance ! Et nous qui avons reconnu son identité : "Dieu, né de Dieu, Lumière né de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ..." (Symbole de Nicée) Et toi ... aujourd'hui, lui feras-tu confiance !

lundi 15 février 2010

Parole du jour
Jc 1, 1-9
(Lundi 15 février)

Moi, Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ,
je vous salue joyeusement,
vous qui appartenez aux douze tribus d'Israël
dispersées dans le monde.
Mes frères, quand vous butez sur toute sorte d'épreuves,
pensez que c'est une grande joie.
Car l'épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi,
produit en vous la persévérance,
et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite ;
ainsi vous serez vraiment parfaits,
il ne vous manquera rien.
Mais s'il manque à l'un de vous la sagesse,
qu'il la demande à Dieu :
lui qui donne à tous
avec simplicité et sans faire de reproches,
il la lui donnera.
Mais qu'il demande avec foi, sans la moindre hésitation,
car celui qui hésite
est semblable au va-et-vient des flots de la mer
agités par le vent.
Qu'il ne s'imagine pas, cet homme-là,
qu'il recevra du Seigneur quoi que ce soit,
s'il est partagé, instable dans tout ce qu'il fait.

Il n'est pas aisé de dire à quelqu'un qui est dans l'épreuve que c'est une grande joie. Jacques insiste sur l'épreuve vécu dans la foi. Combien de témoignages de personnes qui vivant ainsi, en sont sorti grandi ! ... Par contre l'épreuve vécu en dehors de la foi peut conduire à la révolte et au désespoir ... Être sûr que l'on n'est pas seul dans l'épreuve car "Quelqu'un" l'a déjà assumé pour nous lorsqu'il a pris sur lui toutes nos épreuves en donnant sa vie sur la croix ... et qu'il l'assume aujourd'hui encore avec nous, car la grâce en est permanente. Vivre ainsi, c'est déjà marcher avec Lui sur les flots de l'épreuve - au lieu de s'y laisser engloutir - dans le Souffle de la Résurrection. Avec Lui, il n'est pas de tunnel qui n'ait de débouché vers la lumière. C'est la "Foi" qui nous persuade de cette grâce inouï et qui en est la clef.
Il est une histoire biblique que j'aimerais rappeler ici, celle des trois hommes jetés dans la fournaise :
"Ils tombèrent tout liés dans la fournaise de feu ardent ... " Que font-ils alors ? - Ils louent Dieu du milieu de la fournaise et lui disent toute leur confiance ... Alors " l'ange du Seigneur descendit dans la fournaise auprès d'Azarias et de ses compagnons ; il repoussa au dehors la flamme de feu et il leur souffla, au milieu de la fournaise, comme une fraîcheur de brise et de rosée, si bien que le feu ne les toucha aucunement et ne leur causa ni douleur ni angoisse." Et lorsque le Roi vient pour voir, ils dit à ses conseillers : " ' N'avons-nous pas jetés ces trois hommes tout liés dans le feu ? ' Ils répondirent : ' Assurément ô roi. ' Il dit : ' Mais je vois quatre hommes en liberté qui se promènent dans le feu sans qu'il leur arrive de mal, et le quatrième à l'aspect d'un fils des dieux. ' " Parole prophétique : pour nous, entendons "Fils de Dieu". Et " ils sortirent du milieu du feu ..." (Dn 3, 23-26) Rappelons-nous le Psaume 17,19-20 : " Au jour de ma défaite ils m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui. Et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré, car il m'aime. " Et encore au V. 29-30 : " Tu es la lumière de ma lampe, Seigneur mon Dieu, tu éclaires ma nuit. Grâce à toi, je saute le fossé, grâce à mon Dieu, je franchis la muraille. " Terminons par cette parole sur Abraham : "Espérant contre toute espérance, il crut." (Rm 4, 18)
Relisons maintenant la lettre de St Jacques :
"qu'il demande avec foi, sans la moindre hésitation ..." Cela ne veut pas dire que nous sortirons de l'épreuve de la façon dont nous le voudrions ... nous en sortirons de la manière qu'Il saura être la meilleure pour nous ... Avec les Apôtres, demandons à Jésus : "Seigneur, augmente en nous la foi !" (Lc 17, 5) La foi est chemin de dépouillement de soi ... et de Paix en Lui.

dimanche 14 février 2010

Parole du jour
Jr 17, 5-8
(Dimanche 14 février)

Parole du Seigneur :
Maudit soit l'homme
qui met sa confiance dans un mortel,
qui s'appuie sur un être de chair,
tandis que son coeur se détourne du Seigneur.
Il sera comme un buisson sur une terre désolée,
il ne verra pas venir le bonheur.
Il aura pour demeure les lieux arides du désert,
une terre salée et inhabitable.

Béni soit l'homme
qui met sa confiance dans le Seigneur,
dont le Seigneur est l'espoir.
Il sera comme un arbre planté au bord des eaux,
qui étend ses racines vers le courant :
il ne craint pas la chaleur quand elle vient,
et son feuillage reste vert ;
il ne redoute pas une année de sécheresse,
car elle ne l'empêche pas de porter du fruit.

Comment passer à coté de ce texte de l'Ancien Testament si riche d'enseignement ? ... Je préfèrerais tout d'abord, traduire "Maudit" par "Malheureux", car nul et surtout pas Dieu, nul ne "maudit", c'est l'homme lui-même qui se met dans le malheur par sa façon d'être. "Que n'as-tu que tu n'aies reçu", écrit St Paul. Or cet homme ne le reconnaît pas, il vit comme si tout venait de lui. Sa confiance, il ne la met qu'en lui-même et ne s'appuie sur personne d'autre. Il se fait le centre de tout. Dieu, il le voit comme un concurrent ou même ne le voit pas, tellement son égo l'aveugle. S'il lui arrive d'écouter quelqu'un, c'est quelqu'un qui lui ressemble. le Psaume 1er aurait pu dire "Malheureux l'homme qui entre au conseil des méchants, qui suit le chemin des pécheurs et s'assied avec ceux qui ricane" (Ps 1,1) Les autres, il s'en tape ! Dans son arrogance et son orgueil, il peut sembler "heureux", et pourtant, dit Jérémie, "il ne verra jamais le bonheur". Il est dans l'illusion et ce qu'il pense être la liberté est en fait pour lui un "enfermement". Voici le riche de l'Évangile de ce jour (Lc 6, 17.20-26) : "Malheureux vous les riche, vous avez votre consolation !" Le mot "riche" nous fait tout de suite penser aux biens, à l'argent". Il s'agit, dans l'Évangile, premièrement, de l'homme riche de lui-même, une richesse qui n'est qu'un leurre ...
"Béni soit" où "bienheureux" l'homme qui justement ne s'enracine pas en lui-même, mais qui reçoit sa vie d'un Autre : "qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espérance". Il est dit de lui dans le Psaume 1, 3 : "
Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ..." Il est ce "pauvre" de la Béatitude : "Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !" Non pas la pauvreté en bien et en argent, mais la "pauvreté du cœur". Que fait cet homme pour en arriver à être bienheureux ? ... C'est encore le psaume 1 qui nous le dit : "Il se plaît dans la Parole de Dieu et la murmure jour et nuit" Cette Parole de Dieu, il en fait sa respiration et sa nourriture et elle le transforme jusqu'à la ressemblance de Celui qui l'a inspirée. Cette Parole, nous l'avons sans doute chez nous, peut-être sur une étagère. Le livre qui nous l'offre s'appelle la Bible. Ne la laissons pas se recouvrir de poussière et faisons-en notre pain quotidien : "Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour" (Notre Père). Nous ferons rapidement l'expérience de ses bienfaits ... Commençons par le Nouveau Testament et dans celui-ci, par les Évangiles. La Parole de Dieu nous décentrera de nous mêmes et nous ouvrira au bien des autres reconnus dans leur dignité ...

samedi 13 février 2010

Parole du jour
Mc 8, 1-10
Samedi 13 février

En ces jours-là,
comme il y avait de nouveau une grande foule de gens,
et qu'ils n'avaient pas de quoi manger,
Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit :
« J'ai pitié de cette foule,
car depuis trois jours déjà ils sont avec moi,
et n'ont rien à manger.
Si je les renvoie chez eux à jeun,
ils vont défaillir en route ;
or, quelques-uns d'entre eux sont venus de loin. »
Ses disciples lui répondirent :
« Où donc pourra-t-on trouver du pain
pour qu'ils en mangent à leur faim,
dans ce désert ? »
Il leur demanda :
« Combien de pains avez-vous ? »
Ils lui dirent : « Sept. »
Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre.
Puis, prenant les sept pains
et rendant grâce,
il les rompit,
et il les donnait à ses disciples
pour que ceux-ci les distribuent ;
et ils les distribuèrent à la foule.
On avait aussi quelques petits poissons.
Il les bénit et les fit distribuer aussi.
Ils mangèrent à leur faim,
et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles.
Or, ils étaient environ quatre mille.
Puis Jésus les renvoya.
Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples,
il alla dans la région de Dalmanoutha.

''Ils n'avaient pas de quoi manger". De quelle nourriture s'agit-il ? De la nourriture du corps sans doute ! Mais surtout de la nourriture du cœur. La pitié de Jésus correspond à la venue du Fils de Dieu en notre chair : "Il s'est fait nous" pour nous libérer de notre faim en nous rassasiant du Salut. Il est notre Salut ! Les trois jours dont il est question, ne serait-ce pas les "trois jours" de l'accomplissement de ce Salut : le premier jour, Jésus meurt sur la croix, semblant nous laisser à notre faim : "Nous espérions nous ... mais voilà le troisième jour que toutes ces choses sont arrivées" (Lc 24, 21) . Mais le troisième jour, Jésus ressuscite et c'est le rassasiement : "C'est bien vrai, le Seigneur est ressuscité, il est apparu à Pierre !" (v. 34) Et ce Salut, ce rassasiement, atteint tout l'univers, les "sept pains" correspondant au sept jours de la création.
Voilà tout ce qui se vit en chaque Eucharistie (Messe) : "Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule." Depuis ce jour qui correspond à l'institution de l'Eucharistie (Lc 22, 19), l'Église n'a cessée de distribuer le Pain changé en la Présence de Jésus, mort et ressuscité, Source du Salut ... le Pain du rassasiement qui jamais ne manque : "Ils mangèrent à leur faim, et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles pleines" ...

vendredi 12 février 2010

PAROLE DU JOUR
Mc 7, 31-37
(Vendredi 12 février)

Jésus quitta la région de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole.
On lui amène un sourd-muet,
et on le prie de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles ;
et, prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel,
il soupira et lui dit :
« Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s'ouvrirent ;
aussitôt sa langue se délia,
et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda
de n'en rien dire à personne ;
mais plus il le leur défendait,
plus ils le proclamaient.
Très vivement frappés, ils disaient :
« Tout ce qu'il fait est admirable :
il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Cet homme est malade de la "non-parole" car il ne peut "écouter". Jésus va faire de lui une création nouvelle. Il le refaçonne dans son être. Pour cela il agit en créateur : doigts dans les oreilles, salive sur la langue.
Les doigts sont symboliques de l'Esprit-Saint, le Souffle de Dieu. En l'Évangile selon St Luc
(11, 20) il est écrit : "Si c'est par le doigt de Dieu que je chasse les démons " et dans St Matthieu (12, 28) : "Si c'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les démons."
La salive qui est de l'eau, est symbolique de la "Parole de Dieu" surtout, ici, que cette salive appartient à celui qui est la "Parole incarnée".
St Irénée a écrit que
"c'est par ses deux mains que sont la Parole et le Souffle (le Fils et l'Esprit) que le Père a créé l'univers."
L'homme est libéré de ce qui entrave son être et rendu à l'ouverture du cœur : "Effata" c'est-à-dire "Ouvre-toi !" ... "Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement" . Il retrouve l' "Écoute" et la "Parole" Et chose étonnante, il n'entend pas Jésus lui demander de ne rien dire à personne et proclame ce que Jésus a fait pour lui. Ce témoignage touche ceux qui l'écoute : " Très vivement frappés, ils disaient : ' Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. ' " Ainsi se propage la "Bonne Nouvelle du Salut" (le mot Salut signifiant : "Santé" !)
Au Baptême, après les rites essentiels de l'eau, symbolique de la Parole et de l'onction du St chrême, symbolique de l'Esprit-Saint, le célébrant ajoute : "Tu es devenu une "création nouvelle", tu as revêtu le Christ". Et pendant la préparation au Baptême, il y a le rite de l' "Ephata". Tous nous sommes appelés à "Écouter" et à "Parler"... C'est le Christ qui nous y éduque en nous guérissant jour après jour !

jeudi 11 février 2010

Parole du jour
Mc 7, 24-30
(Jeudi 11 février)

Jésus se rendit dans la région de Tyr.
Il était entré dans une maison,
et il voulait que personne ne sache qu'il était là ;
mais il ne réussit pas à se cacher.
En effet, la mère d'une petite fille possédée par un esprit mauvais
avait appris sa présence,
et aussitôt elle vint se jeter à ses pieds.
Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne,
et elle lui demandait d'expulser le démon hors de sa fille.
Il lui dit :
« Laisse d'abord les enfants manger à leur faim,
car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants
pour le donner aux petits chiens. »
Mais elle lui répliqua :
« C'est vrai, Seigneur,
mais les petits chiens, sous la table,
mangent les miettes des petits enfants. »
Alors il lui dit :
« A cause de cette parole, va :
le démon est sorti de ta fille. »
Elle rentra à la maison,
et elle trouva l'enfant étendue sur le lit :
le démon était sorti d'elle.

Israël, lui le peuple choisi, regardait tous les autres peuples comme des impurs. Que Jésus s'occupe de son peuple se comprenait encore, mais qu'il touche également les païens ? ... Jésus laisse entendre qu'il est venu pour Israël : "Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants ...", et compare même les païens à des "petits chiens". Mais c'est une mise à l'épreuve et la femme passe celle-ci haut la main : "Mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants." Jésus est admiratif : " A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. " La Foi n'a pas de frontières, c'est nous qui les posons. Dieu n'est pas prisonnier de celles-ci et Jésus les franchit allègrement. Combien de fois dans les Évangiles va-t-il guérir des "infidèles" ou les entretenir comme des amis. Parmi ceux-ci, pensons à la Samaritaine, la cananéenne, le centurion, ici la Syro-phénicienne, comme il le fera d'ailleurs avec les pécheurs et les publicains. Jésus ne s'arrête pas à des lois et à la tradition, il voit la Personne et son bien. Ce n'est pas parce que nous sommes baptisés que nous sommes plus aimés. Le baptême est le Sacrement de la Foi, d'une Foi appelée à être vivante, à grandir et à porter du fruit à la suite de Jésus. Il ne suffit pas de se dire chrétien, il faut le devenir et c'est chaque jour qu'il faut en prendre le chemin. On n'est pas chrétien une fois pour toutes. Dans les préparation au mariage, il est étonnant de rencontrer des couples où c'est celui ou celle qui n'est pas baptisé qui a le plus de Foi ! L'Église n'a pas de frontière et le christ est à l'œuvre en tout cœur humain. Le baptême n'est pas un passeport, mais l'engagement de vivre sa vie "avec le Christ, par Lui et en Lui" et ainsi de témoigner de sa Présence dans la vie de tous les hommes et de leur indiquer sa Présence et son amour.

mercredi 10 février 2010

Parole du jour
Mc 7, 14-15, 17-23
(Mercredi 10 février)

Jésus appela de nouveau la foule et lui dit :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l'homme
et qui pénètre en lui
ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l'homme,
voilà ce qui rend l'homme impur. »
Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison,
ses disciples l'interrogeaient sur cette parole énigmatique.
Alors il leur dit :
« Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ?
Ne voyez-vous pas
que tout ce qui entre dans l'homme,
en venant du dehors,
ne peut pas le rendre impur,
parce que cela n'entre pas dans son coeur,
mais dans son ventre, pour être éliminé ? »
C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.

Il leur dit encore :
« Ce qui sort de l'homme,
c'est cela qui le rend impur.
Car c'est du dedans, du cœur de l'homme,
que sortent les pensées perverses :
inconduite, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés,
fraude, débauche, envie,
diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans,
et rend l'homme impur. »

Résumons : « Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur ... Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. » La nourriture en soi est neutre et ne souille pas le cœur. Il n'est pas question du cœur de chair, mais de la personne elle-même. Le péché souille la personne et il s'incruste dans les pensées qui sortent sous forme de parole et de comportements. Nous sommes conduits par nos pensées. Les Pères dans la vie monastique ont beaucoup enseigné sur la "garde des pensées", la "garde du cœur". Ces pensées sont parfois comparées à des "démons" car elle conduisent au mal : "c'est du dedans, du cœur de l'homme, que sortent les pensées perverses." A chacun d'être vigilant et de prendre du recul par rapport à ses pensées, de les regarder bien en face et de savoir leur dire "non" quand elles sont néfastes. ... Les pensées mauvaises rendent l'âme malade et coupent les gens les uns des autres. Elles paralysent la vie. L'homme se croit libre en étant le centre de tout et en jugeant de tout d'après ses critères, mais il se retrouve esclave ...
Le Sacrement de Réconciliation libère l'homme du cœur impur par la reconnaissance de cette impureté et l'accueil du pardon de Dieu : "Je confesse à Dieu (Amour) Tout-Puissant, que j'ai péché en pensées, en paroles, par action et par omission ...
" Et le prêtre agissant "in Personna Christi" (dans la Personne du Christ) : "...et moi, au nom du Père et du Fils et du St Esprit, je te pardonne tous tes péchés." Démarche simple mais qui, pour beaucoup est un combat car il y faut de l'humilité ... : "Bienheureux les humbles en esprit, le Royaume des cieux est à eux ... Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu." (Mt 5, 3. 8)

mardi 9 février 2010

Parole du jour
Mc 7, 1-13
(Mardi 9 février)

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem.
Ils se réunissent autour de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées.
- Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
fidèles à la tradition des anciens ;
et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d'autres pratiques :
lavage de coupes, de cruches et de plats. -
Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas
la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
Jésus leur répond :
« Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites,
dans ce passage de l'Écriture :
Ce peuple m'honore des lèvres,
mais son coeur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ;
les doctrines qu'ils enseignent
ne sont que des préceptes humains.
Vous laissez de côté le commandement de Dieu
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour observer votre tradition.
En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère
sera mis à mort.
Et vous, vous dites :
'Supposons qu'un homme déclare
à son père ou à sa mère :
Les ressources qui m'auraient permis de t'aider
sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.'
Vous l'autorisez à ne plus rien faire
pour son père ou sa mère,
et vous annulez la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Il ne suffit pas de se laver les mains, il faut laver son cœur. Les règles et lois extérieures n'ont aucun sens si elles ne sont porteuses d'une réalité "intérieure", elles sont alors hypocrisie et peut-être recherche de "bonne conscience". Jean Cassien, moine du 4ème siècle dont les Conférences ont nourris des génération de moines écrit que "le jeûne, les veilles et autres pratiques ascétiques" ne sont que des moyens, le but est la "pureté du cœur" en vue de la "charité" et de l' "union à Dieu" (contemplation). Il ne faut jamais perdre cela de vue. Ne pas faire d'un moyen un absolu. Combien qui tombent dans la culpabilité parce qu'ils n'ont pas été fidèle à tel rite, à tel règle ! Ce n'est ni le rite, ni la règle qu'il faut regarder mais le but. Et si le rite ou la règle est un obstacle pour atteindre le but, il faut l'écarter du chemin. Un exemple : Il y a bien des années, j'ai vécu moi-même la règle du chapelet qui consistait à s'obliger chaque jour à réciter un chapelet sinon plus. En soi c'est bien et peut être bon, mais si cela finit par tendre comme une arc et culpabiliser le jour où je ne l'ai pas fait, cette règle finit par me replier sur moi-même et me donne une image de Dieu qui, pour m'aimer, attend que je m'épuise à accomplir la règle. La perfectionnite est une maladie de l'âme. Je puis aussi avec ce rite ou cette règle jouer le donnant donnant avec Dieu. Je te donne, tu me dois. Quelle image avons-nous de Dieu ... et de nous-mêmes ? Il faut des rites et des règles, mais ils doivent toujours être subordonnés au but qui est la charité : Dieu est charité !

lundi 8 février 2010

Parole du jour
Mc 6, 53-56
(Lundi 8 février)

Jésus et ses disciples,
ayant traversé le lac, abordèrent à Génésareth
et accostèrent.
Ils sortirent de la barque,
et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
ils parcoururent toute la région,
et se mirent à transporter les malades sur des brancards
là où l'on apprenait sa présence.
Et dans tous les endroits où il était,
dans les villages, les villes ou les champs,
on déposait les infirmes sur les places.
Ils le suppliaient de leur laisser toucher
ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchèrent
étaient sauvés.

Il est beau de voir tous ces gens qui apportent les malades à Jésus et qui supplient Jésus de les guérir. Nous-mêmes, nous devons désirer la guérison de nos frères et soeurs malades et les déposer sur le cœur de Jésus. La compassion de Jésus est immense et la grâce de guérison de Jésus est toujours présente aujourd'hui dans son Église et il est un Sacrement qui en est le signe : "Le Sacrement des malades" ... Cette grâce est d'ailleurs également présente dans les autres Sacrements comme le Baptême et l'Eucharistie ... Nous ne devons jamais oublier pour autant que la guérison essentielle dont la guérison physique peut être le témoignage, c'est la guérison intérieure, la guérison du cœur. Et de celle-ci nous en avons tous besoin. Jésus a dit : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ... pour les justes mais pour les pécheurs." (Mt 9, 13; Mc 2, 17) Ne pas oublier que le péché est une maladie de l'âme plus grave que la maladie du corps. Lorsqu'on amène à Jésus un paralytique, il commence par lui remettre ses péchés avant de le guérir physiquement (Mc 2, 1-12) ...

vendredi 5 février 2010

Parole du jour
Lc 5, 1-11
(dimanche 7 février)

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ;
la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques,
qui appartenait à Simon, et lui demanda
de s'éloigner un peu du rivage.
Puis il s'assit et, de la barque,
il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons
que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons
de l'autre barque de venir les aider.
Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba
aux pieds de Jésus, en disant :
« Seigneur, éloigne-toi de moi,
car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi,
lui et ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée,
ses compagnons. Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et,
laissant tout, ils le suivirent.


Le mot cathédrale vient de "cathèdre" qui désigne le siège sur lequel l'Évêque enseignait la Parole à son peuple. Aujourd'hui, il le fait le plus souvent debout. Jésus monte dans la barque s'éloigne du rivage puis ..."Il s'assit, et de la barque il enseignait la foule." Les cathédrales comme nombre d'Églises sont construites comme un barque inversée, la voute étant la coque. L'Église est une barque qui vogue à travers les siècles ... Pour jésus, la mer sert de haut-parleurs, la mer renvoyant ses paroles vers la foule qui se tient sur le rivage. Puis, vient cette Parole qui appelle à la Foi : "Avance au large et jetez les filets ..." Simon-Pierre, Jacques et Jean, pêcheurs de métier n'ont rien pris de toute la nuit, et pourtant ils s'y connaissent ... A l'invitation de Jésus de jeter les filets, ils obéissent : "ils le firent ..." Et c'est l'abondance. La Foi fait des miracles car elle décentre de soi-même et de ses certitudes pour s'en remettre à un Autre, Jésus, révélation de Dieu : "Rien n'est impossible à Dieu" (Lc 1, 37) ... "Ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu" (Mt 19, 26) ... "Car séparé de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 5) ... "Tout est possible à celui qui croit" (Mc 9, 23) ... L'expérience de Foi que Pierre vient de vivre, lui donne conscience de tous ses manques de Foi et il se reconnaît pécheur. Jésus le rassure et lui annonce que l'expérience vécue est appelée à devenir la norme de sa vie : " ... désormais, ce sont des hommes que tu prendras". Cette expérience va être fondatrice de l'Église : "Laissant tout, ils le suivirent. " Et nous en sommes les héritiers ...
Parole du jour
Mc 6, 30-34
(Samedi 6 février)

Après leur première mission,
les Apôtres se réunissent auprès de Jésus,
et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné.
Il leur dit :
« Venez à l'écart dans un endroit désert,
et reposez-vous un peu. »
De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux
qu'on n'avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque
pour un endroit désert, à l'écart.
Les gens les virent s'éloigner,
et beaucoup les reconnurent.
Alors, à pied, de toutes les villes,
ils coururent là-bas
et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule.
Il fut saisi de pitié envers eux,
parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les instruire longuement.

Fondamentalement Jésus est un Enseignant, un "Régulateur" pourrait-on dire. Régulateur, en ce sens que son enseignement recentre la Personne sur son axe fondamental en la libérant de ce qui est faussé en elle. Le mot araméen "Malkouta"que l'on traduit par Royaume et règne, signifie également "règle". Le Royaume de Dieu, c'est aussi "l'enseignement régulateur" de Jésus. On court vers Lui à cause des miracles sans doute, mais aussi parce que sa Parole fait du bien, elle rejoint les profondeurs de l'auditeur car elle est vraie. Pensons aux disciples d'Emmaüs : "Notre cœur n'était-il pas tout brûlant tandis qu'il nous expliquait les Écritures". Une invitation pour nous à nous mettre à son écoute en ouvrant les Évangiles ... Le mot hébreu que l'on traduit par "berger", signifie en fait "celui qui fait manger". Le Rabbi, l'enseignant est considéré comme celui qui nourrit. Avec Jésus on se trouve dans de bon pâturage : "L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu."
Parole de Dieu
Mc 6, 14-19
(Vendredi 5 février)

Comme le nom de Jésus devenait célèbre,
le roi Hérode en entendit parler.
On disait :
« C'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts,
et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »
Certains disaient : « C'est le prophète Élie. »
D'autres disaient encore :
« C'est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait :
« Celui que j'ai fait décapiter,
Jean, le voilà ressuscité !
Car c'était lui, Hérode, qui avait fait arrêter Jean
et l'avait mis en prison.
En effet, il avait épousé Hérodiade,
la femme de son frère Philippe,
et Jean lui disait :
« Tu n'as pas le droit
de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean,
et elle cherchait à le faire mettre à mort ... »

Jésus fascine en même temps qu'il intrigue. La diversité d'interprétations à son sujet n'est que le reflet d'une incertitude sur son identité : "Qui est-il donc ? ... Les remords d'Hérode qui l'a fait décapiter après son serment à une Salomée manipulée par sa mère Hérodiade, le conduisent à revenir sur l'évènement (Mc 6, 19-29) . Nous découvrons que Jean le Baptiste, Précurseur de Jésus dans sa vie publique, l'est aussi quand à sa mort. Captif en raison de la vérité dont il se fait le héraut, il est exécuté pour faire taire la parole de vérité. C'est ainsi que Jean Baptiste annonce la passion et la mort à venir de Jésus. Comme Joseph d'Arimatie et quelques disciples descendront Jésus de la croix pour qu'enroulé dans le linceul, il soit déposé au tombeau, de même les disciples de Jean viennent "prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau". Jean Baptiste, jusqu'au bout et jusque dans sa chair, aura annoncé et montré Jésus : "Voici l'Agneau de Dieu !" Combat entre l'Amour et le mensonge. Dans un premier temps, ce dernier semble avoir le dernier mot ... mais il est balayé comme fétu de paille par la victoire de la Vérité : "Heureux est l'homme qui n'entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu'il entreprend réussira, tel n'est pas le sort des méchants. Mais ils sont comme la paille balayée par le vent : au jugement, les méchants ne se lèveront pas, ni les pécheurs au rassemblement des justes. Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra. " (Ps 1, 1-6)

jeudi 4 février 2010

Parole de Dieu
Mc 6, 7-13
(jeudi 4 février)

Jésus appelle les Douze,
et pour la première fois il les envoie deux par deux.
Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais,
et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route,
si ce n'est un bâton ;
de n'avoir ni pain, ni sac,
ni pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales,
ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore :
« Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison,
restez-y jusqu'à votre départ.
Si, dans une localité,
on refuse de vous accueillir et de vous écouter,
partez en secouant la poussière de vos pieds ;
ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir.

Ils chassaient beaucoup de démons,
faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades,
et les guérissaient.

"... pour la première fois il les envoie deux par deux ..." Voici l'Église naissante lancée sur les routes. Jésus prépare son départ. Ce que font les apôtres, c'est ce que fait Jésus : "Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient." Libérations et guérisons ... Aujourd'hui comme il y a deux mille ans, Jésus est à l'oeuvre à travers son Église par l'annonce de la Parole, les Sacrements et le témoignage de vie qu'elle est appelée à donner ... Et l'Église, ce ne sont pas les autres, c'est nous qui baptisés, avons "revêtu le Christ". "Que faisons-nous de notre baptême ? ". Une question à se poser chaque matin. C'est une confiance et une responsabilité qui nous est donnée dans le don de la Foi, car ce don n'est pas seulement pour nous, mais pour les autres. Dans sa prière bien connu, la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité écrit : "Que je te sois une humanité de surcroit en laquelle tu renouvelles ton mystère." Mystère de quoi ? - D'amour, de libération et de guérison ... Un Père écrivait : "Sois le Sauveur de tes frères." Cela n'est possible que "Par Lui, avec Lui et en Lui", dans la docilité à sa Présence.






mercredi 3 février 2010

Parole de Dieu
Mc 6, 1-6
(Mercredi 3 février)

Jésus est parti pour son pays,
et ses disciples le suivent.
Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
Les nombreux auditeurs, frappés d'étonnement, disaient :
« D'où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses soeurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à cause de lui.
Jésus leur disait :
« Un prophète n'est méprisé que dans son pays,
sa famille et sa propre maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
Il s'étonna de leur manque de foi.
Alors il parcourait les villages d'alentour en enseignant.

Voici Jésus qui vient à Nazareth, là où il a grandi. On le connaît, ou plutôt on pense le connaître. Jésus ne devait pas faire beaucoup de vague pendant sa vie caché. Il était un parmi d'autres ... le fils du charpentier ... Puis voici qu'il joue les rabbis et parle avec autorité et sagesse : "Ils se mit à enseigner dans leur synagogue ... Qu'elle est cette sagesse qui lui a été donné et ces grands miracles ... ?" Et les voici "choqués" ! Il est difficile d'accepter que l'un des siens sorte du lot. On le regarde dans le miroir de sa famille qui n'a rien d'extraordinaire : "N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie ..." Ses compatriotes le regardent avec leurs yeux de chair et finalement ne l'ont jamais rencontré car il l'ont vu selon les apparences et les représentations qu'ils s'en faisaient , jugeant sur l'extériorité. Ils leur manquent de la profondeur : "Il s'étonna de leur manque de foi." Et là où manque la foi, là s'installe la stérilité : "là, il ne pouvait accomplir aucun miracle ... " C'est pour nous un enseignement : le manque de foi conduit à la stérilité. La "Foi", qui demande le regard du cœur, de l'intériorité, conduit à la fécondité. "Seigneur, augmente en nous la Foi !"