samedi 6 août 2011

Parole du jour
Samedi 6 août
Mt 17, 1-9

Jésus prend avec lui Pierre,
Jacques et Jean son frère,
et il les emmène à l'écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s'entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est heureux que nous soyons ici !
Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »

Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse
les couvrit de son ombre ;
et, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui j'ai mis tout mon amour ;
écoutez-le ! »
Entendant cela, les disciples tombèrent
la face contre terre
et furent saisis d'une grande frayeur.
Jésus s'approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et n'ayez pas peur ! »
Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul.

En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l'homme
soit ressuscité d'entre les morts. »


Voici Jésus qui se manifeste tel qu'il est en vérité : "Lumière né de la lumière" (Credo de Nicée). Sa divinité transparaît à travers son humanité, elle la transfigure. Il en est toujours ainsi mais l'homme terni et amoindri dans son humanité par le péché, refus de la Lumière, ne peut le voir tel qu'il est. St Jean, dans sa 1ère lettre écrit : "Nous le verrons tel qu'il est car nous lui serons semblable". Il y faut une purification. Et la purification se fait par la "Foi" en Jésus qui en accomplissant la Thora (Parole de Dieu) en son Humanité, rend notre humanité à son plein accomplissement.
Les trois disciples, par grâce spéciale, sont rendus capable de le voir tel qu'il est. C'est une grâce de contemplation donnée en toute gratuité. Et que voient-ils ? ... Moïse et Élie qui s'entretiennent avec Jésus. Moïse représente la Torah (la Loi) et Élie les prophètes. Or Jésus l'a annoncé :
"Je ne suis pas venu abolir la Torah et les prophètes, mais les accomplir".
Les trois apôtres sont témoins de cette réalité : Le Verbe s'est fait chair ... la Torah s'est faite chair en Jésus. Et la voix du
Père qui se fait entendre dans le Souffle de la nuée (l'Esprit) qui les couvre de son ombre est une reconnaissance et un ordre vital : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !"
C'est cette "écoute active" qui rend à la "Lumière" et donc à la vision de Dieu qui est communion avec Lui.


Il est intéressant de se reporter à Exode 34, 29- 35. Il est dit que "lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les deux tables du Témoignage étaient dans la main de Moïse ... et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait parce qu'il avait parlé avec Dieu ... "
Au Sinaï, Moïse se laisse enseigner par Dieu, il reçoit les dix Paroles de vie que l'on appelle les dix commandements, et il en est transfiguré. Les Israélites sont tellement impressionnés qu'ils ont peur de l'approcher. Ce rayonnement les éblouit ... "et Moïse leur parla". Il leur dit les paroles que Dieu lui a enseignées. Et le peuple "écoute Moïse". Ce qui nous rappelle le : "écoutez-le" de l'Évangile. Puis, "quand Moïse a fini de leur parler, il met un voile sur son visage". Lorsqu'il entre dans la tente de la Rencontre pour parler face à face avec Dieu et recevoir ses enseignements, il ôte le voile jusqu'à sa sortie où il rapporte aux Israélites, la Parole de Dieu. Il dit cette Parole à visage découvert car la Parole qu'il profère au nom de Yahvé illumine et révèle l'Être même de Dieu ... Puis à nouveau il remet le voile.
St Paul a trouvé l'illumination sur le chemin de Damas. Voici ce qu'il raconte : "Soudain une grande Lumière venue du ciel m'enveloppa de sa clarté, je tombais sur le sol et j'entendis une voix qui me parlait ..." Lorsqu'il se relève il ne voit plus rien en raison de l'éclat de cette Lumière. Il faut l'intervention d'Ananie envoyé par le Seigneur pour qu'il retrouve la vue : "Saoul, mon frère, recouvre la vue." Et moi, au même instant je pu le voir." (Ac 22, 6-13) Sa vie est alors transformé. Il écrit plus tard : "C'est quand on se convertit au Seigneur que le voile est enlevé. Car le Seigneur, c'est l'Esprit, et où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur qui est Esprit." (2 CO 3, 16-18)
La Résurrection de Jésus et le don de l'Esprit à Pentecôte sont passées par là et désormais la Présence de Jésus, intérieure à nous-mêmes, nous transfigure chaque jour davantage :
"Jésus le Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas les ténèbres me parler. Jésus, le Christ, Lumière intérieure, donne-moi d'accueillir ton amour." (Chant de Taizé)

vendredi 5 août 2011

Parole du jour
Mt 15, 21-28
Mardi 5 août

Jésus disait à ses disciples :
« Si quelqu'un veut marcher derrière moi,
qu'il renonce à lui-même,
qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage en effet un homme aura-t-il
à gagner le monde entier, s'il le paye de sa vie ?
Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ?
Car le Fils de l'homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite.

Amen, je vous le dis :
parmi ceux qui sont ici,
certains ne connaîtront pas la mort
avant d'avoir vu le Fils de l'homme
venir dans son Règne. »

"Renoncer à soi-même". Voici des mots que l'on aime pas tellement entendre. Or il s'agit d'une libération. La croix est le signe du renoncement à soi-même parce que c'est la révélation de l'amour. Il s'agit de se dessaisir de tous ce qui est contraire à la vie, tout cet égocentrisme, cet égoïsme, cette recherche de gloriole, la jalousie et le jugement ... tout ce qui nous repli sur nous-mêmes et notre "moi", en un mot le "péché", tout ce qui est contraire à l'amour, pour nous ouvrir aux autres en cherchant d'abord leur bien, les faisant passer avant nous-mêmes : "Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la multitude". Celui qui prend ce chemin qui est celui de l'Évangile trouvera la paix et le bonheur vrai. C'est tout un programme qui demande d'être attaché à Jésus comme Lui l'était à son Père ...

mercredi 3 août 2011


Parole du jour
Mt 15, 21-28
Mardi 3 août


Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait :
« Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David !
Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit rien.
Les disciples s'approchèrent pour lui demander :
« Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit :
« Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui :
« Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit :
« Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants
pour le donner aux petits chiens. -
C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ;
mais justement, les petits chiens mangent les miettes
qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit :
« Femme, ta foi est grande,
que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.

Dès le début du chapitre 15 de l'Évangile de St Matthieu, nous assistons à la controverse de Jésus avec les pharisiens qui refusent le "pain de sa Parole", de son "Enseignement", pour celui de leurs propres traditions. Jésus les traite "d'hypocrites", c'est-à-dire de "comédiens" et il ajoute ce passage d'Isaïe : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent : les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes humains." (Mt 15, 7-9)
Vient ensuite l'enseignement sur le pur et l'impur. La Parole de Jésus purifie, celle des pharisiens rend impur :
"Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ! Or si un aveugle conduit un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou." (Mt 15, 14)
Jésus quitte alors ses concitoyens qui le refusent pour aller à Tyr et à Sidon, région païenne. Une fois encore, nous découvrons que ce sont ceux qui sont exclus par Israël qui sont parfois les plus proches de Dieu, qui accueillent sa Parole libératrice et guérissante. Jésus met la cananéenne à l'épreuve. Le Pain de sa Parole est pour les "enfants d'Israël" : "Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël." Mais la cananéenne a de la réplique : Les petits chiens domestiques mangent les miettes. Ce que refuse Israël, la Parole de Jésus et Jésus lui-même, les païens l'accueillent et s'en nourrissent avec bonheur.
Le Royaume de Jésus n'est pas de ce monde, il n'est pas comme les Royaumes de ce monde. Avec Jésus, les frontières tombent. Il faut que les Apôtres appelés à prolonger son œuvre le comprennent : tout être humain est appelé à être citoyen de son Royaume. C'est une affaire de cœur et d'accueil de sa Personne : "A tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom ..." (Jn 1, 13) Cela est vrai aussi en l'Église. St Augustin écrit :
"Il y a des gens qui se croit en Église et qui sont hors de l'Église et des gens qui se croit hors de l'Église et qui sont dans l'Église." Parole à méditer pour nous-mêmes. Le Baptême n'est pas une assurance ou un passeport mais un vivre avec Jésus et comme Jésus et un envoi ... « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! »
(la femme "Cananéenne", miniatures du Codex Egbert (vers 980)

mardi 2 août 2011

Parole du jour
Mt 15, 1-2 sq
Lundi 2 août

Des pharisiens et des scribes venus de Jérusalem
s'approchent de Jésus et lui disent :
« Pourquoi tes disciples désobéissent-ils
à la tradition des anciens ?
En effet ils ne se lavent pas les mains
avant de prendre leur repas. »

Jésus appela la foule et lui dit :
« Écoutez et comprenez bien !
Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche
qui rend l'homme impur.
Mais ce qui sort de la bouche,
voilà ce qui rend l'homme impur. »
Alors les disciples s'avancèrent et lui dirent :
« Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés
en entendant cette parole ? »
Mais il répondit :
« Toute plante que mon Père du ciel
n'a pas plantée sera arrachée.
Laissez-les dire : ce sont des guides aveugles
pour des aveugles.
Si un aveugle guide un aveugle,
ils tomberont tous les deux dans un trou. »

« Des scribes et des pharisiens venus de Jérusalem » : il s’agit d’une délégation officielle, parlant au nom du collège des sages. Leur reproche concerne la liberté que prennent les disciples de Jésus par rapport aux ablutions traditionnelles.
Jésus ne répond même pas à la question de ses interlocuteurs ; ce qui laisse supposer que leur demande n’est pas droite : ils ne cherchent pas à comprendre le motif du comportement des disciples, mais seulement à fustiger l’autorité de ce Rabbi qui prend décidément trop d’ascendant sur le peuple.
Notre-Seigneur « appelle la foule » - qui s’était sans doute éloignée à l’approche des notables - et l’exhorte vigoureusement à se libérer du joug des observances stériles qui font barrage à la rencontre avec le Dieu de l’Alliance. Jésus ne prend pas la défense de ses disciples : il reconnaît les faits qu’on leur reproche. Mais il ne se considère pas lié par les prescriptions de « la tradition des anciens », qui marquaient la séparation d’avec les autres hommes - les ablutions prétendaient en effet purifier les fils d’Israël des souillures contractées au contact avec des non-juifs.
Poussant plus loin sa critique du formalisme religieux, Notre-Seigneur récuse implicitement la distinction entre aliments purs et impurs, puisque rien de « ce qui entre dans la bouche ne rend l’homme impur ». « Dieu a créé les aliments pour que les fidèles, eux qui connaissent pleinement la vérité, les prennent avec action de grâce », expliquera plus tard Saint Paul, qui ajoute : « car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter si on le prend avec action de grâce. En effet, la parole de Dieu et la prière le sanctifient » (1 Tm 4, 3-5).
Nous avons du mal à imaginer l’ampleur de la révolution religieuse provoquée par Jésus, et il n’a pas du être facile pour le pharisien Paul, disciple de Gamaliel, d’accéder à cette liberté, dont il deviendra le grand héraut. Dans la lettre aux Romains il généralise même cette position en affirmant : « Je le sais, j’en suis convaincu par le Seigneur Jésus : rien n’est impur en soi. Mais une chose est impure pour celui qui la considère comme telle » (Rm 14,14).
Cette liberté nouvelle par rapport aux règles extérieures, se double cependant d’une exigence bien plus grande : « Mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur ». Jésus précisera quelques versets plus loin ce qu’il entend par là : « Ce qui pénètre dans la bouche va dans le ventre pour être éliminé, tandis que ce qui sort de la bouche provient du cœur, et c’est cela qui rend l’homme impur. Car c’est du cœur que proviennent les pensées mauvaises : meurtres, adultères, inconduite, vols, faux témoignages, diffamations. C’est tout cela qui rend l’homme impur ; mais manger sans se laver les mains ne rend pas l’homme impur » (Mt 15, 17-20). Nous voilà renvoyés à notre responsabilité personnelle face au péché, qui seul nous rend « impur » devant Dieu. Remarquons aussi que les péchés évoqués par Jésus renvoient tous à un manque de respect envers nos frères : il est clair que Notre-Seigneur veut nous libérer d’une religiosité formelle pour que nous puissions nous engager résolument sur le chemin concret de la charité fraternelle.
Les pharisiens ont du manifester ostensiblement leur réprobation par une attitude scandalisée, que les disciples, inquiets, rapportent à leur Maître. La réponse de Jésus est tranchante : « Il n’y a rien à attendre de ces pseudo-guides au cœur endurci. Ils n’appartiennent pas à la vigne du Père. Leur “tradition” n’impose que des préceptes humains sans valeur religieuse. Ce sont des aveugles entraînant d’autres aveugles à leur perte : “laissez-les dire” mais ne les écoutez pas. N’espérez pas le salut de l’observance de préceptes humains ; veillez plutôt à accueillir la miséricorde divine, et à coopérer généreuse à l’action de la grâce dans le beau combat de la charité ». (P. Joseph-Marie)

lundi 1 août 2011

Parole du jour
Mt 14, 22-36
Lundi 1 août

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert,
Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l'autre rive,
pendant qu'il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées,
il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier.
Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre,
elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer,
les disciples furent bouleversés. Ils disaient :
« C'est un fantôme »,
et la peur leur fit pousser des cris.
Mais aussitôt Jésus leur parla :
« Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
Pierre prit alors la parole :
« Seigneur, si c'est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. »

Jésus lui dit :
« Viens ! »
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ;
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :
« Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Ayant traversé le lac, ils abordèrent à Génésareth.
Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ;
ils firent avertir toute la région,
et on lui amena tous les malades.

Ils le suppliaient de leur laisser seulement
toucher la frange de son manteau,

et tous ceux qui la touchèrent furent sauvés.


Dans la symbolique juive, la mer, il s'agit du lac de Tibériade, représente le lieu où "niche" les forces infernales. Le lac étant une "mer" de petite dimension (160 Km2), les tempêtes se lèvent avec une grande immédiateté qui surprend et laisse démunie. Jésus, lui, n'est pas touché par la tempête. Il va devoir l'affronter lors de sa passion et de sa mort, mais il va en sortir vainqueur : " Au jour de ma défaite, ils m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui. Et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré, car il m'aime." (Ps 17, 19-20) Les "forces infernales ne peuvent l'atteindre.
Au cœur de nos tempêtes, désormais il est là pour les assumer avec nous :
"Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur !" Confiance ! La "Foi" est notre "arme de victoire" (Ps 17, 2) Jésus nous dit : "viens !" Avance ! Tant que nous lui sommes unis, avec lui nous marchons sur l'eau ... Mais trop souvent, nous le quittons pour nous en sortir par nos propres moyens ... par manque de "Foi",. Le doute nous donne de le considerer peut-être alors comme ... un "fantôme", une illusion ... et c'est le bouillon de l'aveuglement : "Les liens de la mort m'entouraient, le torrent fatal m'épouvantait; des liens infernaux m'épouvantaient : j'étais pris aux pièges de la mort." (Ps 17, 5-6) Alors le "Salut" est dans le retour à la "Foi" et donc à la Personne de Jésus : "Dans mon angoisse, j'appelai le Seigneur; vers mon Dieu je lançais mon cri ..." (Ps 17, 7) Un seule geste à faire, celui de la "Foi" : tendre la main. Alors c'est la surprise de rencontrer une "main déjà tendue, celle de Jésus : "Des hauteurs il tend la main pour me saisir, il me retire du gouffre des eaux; il me délivre d'un puissant ennemi, d'adversaires plus fort que moi." (Ps 17, 17-18) Et dans l'Évangile : " Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et dit : "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?" Que se passe-t'il lorsque la "communion avec Jésus est rétablie : "...le vent tomba." Et c'est l'action de grâce dans la reconnaissance de Jésus comme "Fils de Dieu" et "Sauveur de celui qui se "fie en Lui" : "Tous ceux qui touchaient la frange de son manteau étaient sauvés."
(Icône : "Pierre marche sur les eaux")

dimanche 31 juillet 2011

Parole du jour
Mt 14, 13-21
Samedi 31 juillet

Jésus partit en barque
pour un endroit désert, à l'écart.
Les foules l'apprirent et,
quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes.
Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent :
« L'endroit est désert et il se fait tard.
Renvoie donc la foule :
qu'ils aillent dans les villages s'acheter à manger ! »
Mais Jésus leur dit :
« Ils n'ont pas besoin de s'en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Alors ils lui disent :
« Nous n'avons là que cinq pains et deux poissons. »
Jésus dit : « Apportez-les moi ici. »
Puis, ordonnant à la foule de s'asseoir sur l'herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains, il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
Tous mangèrent à leur faim et, des morceaux
qui restaient, on ramassa douze paniers pleins.
Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.

Le signe des pains partagés ne peut donc pas être lu comme une manifestation de la puissance de Dieu, sollicitée pour produire une quantité de nourriture démesurée. Il montre au contraire la manière humble et pauvre d’utiliser des ressources infimes et très insuffisantes. Tel est l’enseignement pour les disciples, invités à renoncer au reflexe commercial pour offrir ce que Dieu seul peut donner. Notre Dieu est ainsi : il donne, tout simplement. Il n’y a rien à acheter chez lui, surtout pas son amour et sa grâce. Il n’y a rien à gagner non plus. On ne gagne pas son ciel comme un ouvrier gagne son salaire. On ne gagne pas non plus son salut comme on gagne le lot d’une tombola. Dieu donne, gratuitement, sans mérite de notre part, sans arbitraire de sa part, en partageant pauvrement le peu que nous avons à lui offrir.

Une épreuve reste encore à franchir. Quand on a entendu cette nouvelle extraordinaire de la gratuité de l’amour de Dieu, il est encore possible de le mépriser. Aussi Isaïe nous éloigne-t-il de ces débats en mettant en lumière le manque qui nous habite, la soif que nous éprouvons, et que Dieu vient combler : « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! ». Nous avons soif de l’amour de Dieu, nous avons faim de sa miséricorde. Voilà pourquoi nous sommes irrésistiblement attirés par lui. Aussi devons-nous être attentifs à sa parole : « Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez ». Voilà où est notre erreur ! L’organe qui assure notre survie n’est pas l’estomac, mais l’oreille. Nous ouvrons tout grands nos yeux pour ne pas perdre une miette du pain circulant parmi 5 000 hommes, sans compter les femmes et les enfants, mais l’évangéliste préfère que nous ouvrions nos oreilles. Elles ouvrent la voie de l’obéissance et de la filiation, elles nous rapprochent de Dieu et nous donnent d’accueillir le Verbe (le Christ, Parole incarnée) . (F. Dominique)

samedi 30 juillet 2011

Parole du jour
Mt 14, 1-12
Samedi 30 juillet

En ce temps-là, Hérode, prince de Galilée,
apprit la renommée de Jésus
et dit à ses serviteurs :
« Cet homme, c'est Jean le Baptiste,
il est ressuscité d'entre les morts,
et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »
Car Hérode avait fait arrêter Jean,
l'avait fait enchaîner et mettre en prison,
à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe.
En effet, Jean lui avait dit :
« Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. »
Hérode cherchait à le mettre à mort,
mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète.
Lorsque arriva l'anniversaire d'Hérode,
la fille d'Hérodiade dansa devant tout le monde,
et elle plut à Hérode.
Aussi s'engagea-t-il par serment
à lui donner tout ce qu'elle demanderait.
Poussée par sa mère, elle dit :
« Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut contrarié,
mais à cause de son serment et des convives,
il commanda de la lui donner.
Il envoya décapiter Jean dans la prison.
La tête de celui-ci fut apportée sur un plat
et donnée à la jeune fille, qui l'apporta à sa mère.
Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps,
l'ensevelirent et allèrent en informer Jésus.

Jean Baptiste est par excellence "témoin de la vérité", précurseur en cela de Jésus qui juste avant de mourir dira à Pilate qui l'interroge, être "venu rendre témoignage à la vérité". Les deux en mourront. Il n'est pas aisé de vivre en "témoin de la vérité" et pourtant, c'est la vocation de tout baptisé et donc la notre. Il s'agit pour nous de suivre Jésus "en vérité", en rejetant tout ce qui est une entrave à la vérité dans nos vies, c'est-à-dire au Christ Lui-même qui est "le chemin la vérité et la vie".

vendredi 29 juillet 2011

Parole du jour
Jn 11, 19-27
Jeudi 29 juillet

Beaucoup de Juifs étaient venus manifester
leur sympathie à Marthe et à Marie,
dans leur deuil.
Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait à la maison.
Marthe dit à Jésus :
« Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort.

Mais je sais que, maintenant encore,
Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit :
« Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour,
à la résurrection. »
Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s'il meurt, vivra ;

et tout homme qui vit et qui croit en moi
ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle répondit :
« Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ;
tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »

Jésus est vainqueur de la mort, de toute mort. Il y a la mort biologique et tous nous en ferons le passage. Jésus Lui-même en a passé la porte ... Lazare ressuscité a dû à nouveau, à un moment, en reprendre le chemin. Cette mort est dû à notre nature humaine où la vie se perpétue par la génération, la descendance. Mais il y a une mort qui elle est terrible, c'est la mort spirituelle qui est négation de Dieu. Pour nous, la vie consiste à ouvrir notre existence et notre cœur à sa Présence en Jésus qui nous révèle son vrai Visage. Marthe qui, ami de Jésus, est déjà tournée vers Lui va être conduite par Lui au plein abandon, à tout lâcher de ce qu'elle pense, humainement parlant, pour Lui faire entièrement confiance : "Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?" "Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde." Il s'agit de "croire en Lui". Un saut dans ce qui semble un vide mais qui est en fait la plénitude de Dieu.

jeudi 28 juillet 2011

Parole du jour
Mt 13, 47-53
Jeudi 28 juillet

Jésus disait à la foule cette parabole :
Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet
qu'on jette dans la mer,

et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s'assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges viendront séparer les méchants des justes
et les jetteront dans la fournaise :
là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Avez-vous compris tout cela ?
— Oui », lui répondent-ils.
Jésus ajouta :
« C'est ainsi que tout scribe
devenu disciple du Royaume des cieux est comparable
à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. »
Jésus acheva ainsi de proposer des paraboles, puis il s'éloigna de là.

Commentaire d'Origène sur Mt 13,47-50 : La parabole du Filet :

Ceci étant dit, il faut penser que "le royaume des cieux" est comparé "à un filet jeté dans la mer et rassemblant toute espèce de poissons", pour montrer la diversité du libre arbitre chez les hommes, car ils manifestent les plus grandes différences, de sorte que se réalise l'expression : "il ramène (des hommes) de toute espèce", méritant louange ou blâme, selon qu'ils sont enclins aux formes des vertus ou à celles des vices.

Le filet, ce sont les Écritures

Et c'est à l'entrelacement varié d'un filet qu'est comparé le royaume des cieux, car elles sont tressées de pensées diverses et variées, les Écritures anciennes et nouvelles. De même que les poissons capturés par le filet sont découverts tantôt dans un endroit de ce filet, tantôt dans un autre, et chacun sous la maille qui l'a maîtrisé, de même tu découvrirais aussi, à propos de ceux qui sont venus dans le filet des Écritures, que certains ont été maîtrisés par l'entrelacement prophétique, par exemple celui d'Isaïe, dans tel de ses textes, ou de Jérémie ou de Daniel, d'autres par celui de la Loi, d'autres par celui de l'Évangile, et d'autres par les écrits de l'Apôtre. Au début, en effet, quand quelqu'un est pris par la Parole ou semble l'être, c'est par une partie seulement de l'ensemble du filet qu'il est retenu. (…).
Ce filet a été "jeté dans la mer", dans la vie des hommes de l'univers entier, agitée par les flots, (dans lesquels ils sont ballottés), nageant parmi les réalités saumâtres de la vie. Mais ce filet, avant notre Sauveur Jésus, n'était pas totalement achevé : il manquait en effet à l'entrelacement de la loi et des prophètes, celui qui a dit : "Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour achever. "Et l'entrelacement du filet a été achevé dans les évangiles et dans les enseignements du Christ transmis par les Apôtres. Voilà donc pourquoi "le royaume des cieux est semblable à un filet, jeté dans la mer, qui rassemble toute espèce de poissons".


Aussi, laissons-nous prendre dans les filets de la Parole de Dieu en nous laissant imprégner par la Bonne Nouvelle des Évangiles ...

mercredi 27 juillet 2011

Parole du jour
Mt 13, 44-46
Mercredi 27 juillet

Jésus disait à la foule ces paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède,
et il achète ce champ.
Ou encore :
Le Royaume des cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète la perle.

Le champ ne serait-il pas celui de ton cœur ? ... Un trésor y est caché .... Celui d'une Parole qui résonne en silence comme un murmure ... Le bruit de la vie, le stress, le faire sous toutes ses formes, empêchent d'en percevoir les vibrations. Et pourtant nous aspirons tous à l'entendre. Les Écritures et en particulier les Évangiles, nous mettent en connexion avec cette Parole intérieure qui est Souffle de Vie, Présence. Le jour où la rencontre se réalise, où l'oreille se fait attentive, l'oreille du cœur, tout devient nouveau ... Une voix se fait entendre : "Voici que je fais toute chose nouvelle." C'est l'heure du dessaisissement de soi pour ce trésor caché qui se révèle, cette perle qui enrichit la vie. Le champ devient celui du quotidien où à travers circonstances et rencontres diverses, cette même Parole se fait entendre, une Présence dont il faut apprendre à discerner le pas ...

mardi 26 juillet 2011

Parole du jour
Mt 13, 44-46
Mardi 26 juillet

Laissant la foule, Jésus vint à la maison.
Ses disciples s'approchèrent et lui dirent :
« Explique-nous clairement
la parabole de l'ivraie dans le champ. »
Il leur répondit :
« Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ;
le champ, c'est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume ;
l'ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L'ennemi qui l'a semée, c'est le démon ;
la moisson, c'est la fin du monde ;
les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l'on enlève l'ivraie pour la jeter au feu,
ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l'homme enverra ses anges,
et ils enlèveront de son Royaume
tous ceux qui font tomber les autres
et ceux qui commettent le mal,
et ils les jetteront dans la fournaise :
là il y aura des pleurs
et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront
comme le soleil dans le royaume de leur Père.

Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! »

dimanche 24 juillet 2011

Parole du jour
Mt 13, 44-46
Dimanche 24 juillet

Jésus disait à la foule ces paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède,
et il achète ce champ.
Ou encore :
Le Royaume des cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète la perle.

Le champ ne serait-il pas celui de ton cœur ? ... Un trésor y est caché .... Celui d'une Parole qui résonne en silence comme un murmure ... Le bruit de la vie, le stress, le faire sous toutes ses formes, empêchent d'en percevoir les vibrations. Et pourtant nous aspirons tous à l'entendre. Les Écritures et en particulier les Évangiles, nous mettent en connexion avec cette Parole intérieure qui est Souffle de Vie, Présence. Le jour où la rencontre se réalise, où l'oreille se fait attentive, l'oreille du cœur, tout devient nouveau ... Une voix se fait entendre : "Voici que je fais toute chose nouvelle." C'est l'heure du dessaisissement de soi pour ce trésor caché qui se révèle, cette perle qui enrichit la vie. Le champ devient celui du quotidien où à travers circonstances et rencontres diverses, cette même Parole se fait entendre, une Présence dont il faut apprendre à discerner le nom qui n'est autre que celui de "Jésus" ...

samedi 23 juillet 2011

Parole du jour
Mt 13, 24-30
Samedi 23 juillet

Jésus proposa à la foule une autre parabole :
« Le Royaume des cieux est comparable à un homme

qui a semé du bon grain dans son champ.

Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ;
il sema de l'ivraie au milieu du blé et s'en alla.
Quand la tige poussa et produisit l'épi,

alors l'ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
'Seigneur, n'est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?

D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ?
'
Il leur dit : 'C'est un ennemi qui a fait cela.
' Les serviteurs lui disent :
'Alors, veux-tu que nous allions l'enlever ?
'
Il répond :
'Non, de peur qu'en enlevant l'ivraie,
vous n'arrachiez le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson ;
et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d'abord l'ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, rentrez-le dans mon grenier.' »

Comme commentaire de ce récit de l'Évangile, rien de mieux que le passage du chapitre du livre "La Sagesse d'un pauvre", intitulé "la pureté du cœur" :

"François se laissait aller à ces pensées tandis qu'il cheminait derrière Léon à travers bois. Frère Léon et lui avaient l'habitude tous deux de ces marches silencieuses dans la grande nature. Ils dévalèrent bientôt les pentes d'un ravin au fond duquel grondait un torrent. L'endroit était retiré et d'une beauté sauvage et pure. L'eau bondissait sur les rochers, toute blanche et exultante, avec de brefs éclats d'azur. Il s'en répandait une grande fraîcheur qui pénétrait les sous-bois avoisinants. Quelques genévriers avaient poussé çà et là entre les rochers et surplombaient le bouillonnement de l'eau.

- Notre sœur l'eau! s'exclama François en s'approchant du torrent. Ta pureté chante l'innocence de Dieu.
Sautant d'un rocher à l'autre, Léon eut tôt fait de traverser le torrent. François le suivit. Il y mit plus de temps. Léon, qui l'attendait debout sur l'autre rive, regardait l'eau limpide couler avec rapidité sur le sable doré entre les masses grises des rochers. Lorsque François l'eut rejoint, il demeura dans son attitude contemplative. Il semblait ne pouvoir se détacher de ce spectacle. François le regarda et il vit de la tristesse sur son visage.
- Tu as l'air songeur, lui dit simplement François.
- Ah ! si nous pouvions avoir un peu de cette pureté, répondit Léon, nous connaîtrions, nous aussi, la joie folle et débordante de notre sœur l'eau et son élan irrésistible !
Il passait dans ces paroles une profonde nostalgie. Et le regard de Léon fixait mélancoliquement le torrent qui ne cessait de fuir dans sa pureté insaisissable.
- Viens ! lui dit François en le tirant par le bras.

Et ils reprirent tous deux leur marche. Après un moment de silence, François demanda à Léon :
- Sais-tu, frère, ce qu'est la pureté du cœur ?
- C'est ne pas avoir de faute à se reprocher, répondit Léon sans hésiter.
- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher.
- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d'arriver un jour à la pureté du cœur.
- Ah ! frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu'il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâce à cause de lui-même. C'est cela même, petit frère, avoir le cœur pur.
« Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l'immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d'adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l'éternelle innocence et à l'éternelle joie de Dieu. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté.

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon.
- Oui, sans doute, répondit François. Mais la sainteté n'est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l'on se donne. Elle est d'abord un vide que l'on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l'on s'ouvre à sa plénitude ...
Notre néant (...), s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme. Contempler la gloire de Dieu, (...) découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos cœurs. C’est cela avoir le cœur pur.

Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant. Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aigüe de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le cœur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il abandonne tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu."

Notre sainteté, c'est celle de Dieu accueillit dans un cœur ouvert et confiant ...

vendredi 22 juillet 2011

Fête de Ste Marie Madeleine
Jn 20, 11-18
vendredi 22 juillet

Marie Madeleine restait là dehors,
à pleurer devant le tombeau.
Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes,
et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé,
elle aperçoit deux anges vêtus de blanc,
assis l'un à la tête et l'autre aux pieds.
Ils lui demandent :
« Femme, pourquoi pleures-tu ? »
Elle leur répond :
« On a enlevé le Seigneur mon Maître,
et je ne sais pas où on l'a mis. »
Tout en disant cela, elle se retourne
et aperçoit Jésus qui était là,
mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
Jésus lui demande :
« Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »
Le prenant pour le gardien, elle lui répond :
« Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis,
et moi, j'irai le reprendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! »
Elle se tourne vers lui et lui dit :
« Rabbouni ! »
ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs.
Jésus reprend :
« Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père.
Va plutôt trouver mes frères pour leur dire
que je monte vers mon Père et votre Père,
vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples :
« J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »

Merveilleux passage de l'Évangile que cette rencontre entre Jésus ressuscité et Marie de Magdala. Jésus va la faire passer d'un regard extérieur sur le crucifié qu'elle vient embaumer au regard intérieur sur le Ressuscité. Il la fait passer de la mort à la Vie. Elle le reconnaît vivant à l'intonation de sa voix lorsqu'il l'appelle par son nom : "Marie !" Elle voudrait le garder pour elle, mais Jésus lui demande de ne pas le toucher, de ne pas le retenir. Désormais, la rencontre sera intérieure par la foi. "Heureux ceux qui croit sans avoir vu" dira Jésus à Thomas. Elle a vu, elle doit croire. La lumière de la Présence du Ressuscité va pénétrer le cœur de Marie de Magdala et Jésus va l'envoyer vers ses disciples. le substantif "Envoyé" est la traduction française du mot Apôtre. Le premier Apôtre, le premier "envoyé", après la Résurrection, est donc une femme : "Va ... et dit leur ...". C'est également ce qui est dit pour "les femmes" dans l'Évangile selon St Matthieu : " Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. » (Mt 28, 10) A vous mesdames de prier et méditer sur ces paroles et leurs implications dans votre mission particulière ...
(Icône de la "rencontre du Ressuscité et de Marie de Magdala")

jeudi 21 juillet 2011

Parole du jour
Mt 13, 10-17
Jeudi 21 juillet

Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
Il leur répondit :
« A vous il est donné de connaître
les mystères du Royaume des cieux,
mais à eux ce n'est pas donné.
Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ;
mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.
Si je leur parle en paraboles,
c'est parce qu'ils regardent sans regarder,
qu'ils écoutent sans écouter et sans comprendre.
Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe :
Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.
Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
Le cœur de ce peuple s'est alourdi :
ils sont devenus durs d'oreille,
ils se sont bouché les yeux,

pour que leurs yeux ne voient pas,
que leurs oreilles n'entendent pas,
que leur cœur ne comprenne pas,
et qu'ils ne se convertissent pas.
Sinon, je les aurais guéris !
Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient,
et vos oreilles parce qu'elles entendent !
Amen, je vous le dis :
beaucoup de prophètes et de justes
ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu,
entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »

Le véritable regard est le regard intérieur. Demeurer à l'extérieur conduit à "regarder sans voir". "Vous, dira Jésus, vous jugez selon les apparence, moi, je vois le cœur." Pour voir avec le cœur, il faut être "petit : "Je te rends grâce, dira encore Jésus, de ce que tu as caché cela aux sages et aux savants, et de ce que tu l'as révélé aux tout-petits." Et la première béatitude dit ceci : "Bienheureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux." Ceux qui ont le cœur libre de tout savoir qui les enferme sur eux-mêmes et leurs certitudes. Le "pauvre de cœur" à le cœur vide, ouvert et accueillant pour se laisser enseigner en vérité par Jésus. Il reconnaît Jésus avec son cœur et accueille sa Parole avec son cœur, s'en laisse habité, transformé ... Il peut comprendre le sens caché des paraboles car ses yeux voient et ses oreilles entendent. Il est plein de bienveillance envers Jésus car il sait avoir tout à apprendre de Lui.

mercredi 20 juillet 2011

Parole du jour
Mt 13, 1-9
Lundi 20 juillet

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison,
et il était assis au bord du lac.
Une foule immense se rassembla auprès de lui,
si bien qu'il monta dans une barque où il s'assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur est sorti pour semer.
Comme il semait, des grains sont tombés
au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus tout manger.
D'autres sont tombés sur le sol pierreux,
où ils n'avaient pas beaucoup de terre ;
ils ont levé aussitôt
parce que la terre était peu profonde.
Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et,
faute de racines, ils ont séché.
D'autres grains sont tombés dans les ronces ;
les ronces ont poussé et les ont étouffés.
D'autres sont tombés sur la bonne terre,
et ils ont donné du fruit à raison de cent,
ou soixante, ou trente pour un.
Celui qui a des oreilles, qu'il entende !

Pour que la Parole de Dieu puisse lever et porter son fruit, il faut "écouter". Un maître mot de la Bible ... Et l'on écoute bien qu'avec son cœur. Sans l'écoute du cœur, on ne peut comprendre le sens de la Parole. On lit mais tout en restant extérieur à la Parole. On peut la connaître par cœur mais sans cœur, l'accueillant avec la tête et ses propres pensées à soi. On lit sans lire comme on voit sans voir. Je me souviens du jour, au monastère, où j'ai découvert l'existence des fleurs. Je les voyais mais sans les voir et puis un matin, passant près d'un parterre, mon esprit s'est ouvert pour laisser place au regard du cœur. Alors je les ai vu dans leur beauté, de l'intérieur et je leur aurais presque parlé. J'étais dans une paix et une joie profonde. Elle étaient devenues vivantes et existant pour elle-mêmes, en dehors de toute possessivité. C'est ainsi qu'il s'agit d'aimer l'autre pour l'autre et non pour soi. Celui qui donne reçoit ... Celui qui se donne, se reçoit, il trouve l'existence et prend vie. Laisser la liberté à l'autre conduit à la liberté? Écouter et voir à partir de son petit moi conduit au fourvoiement. On met la Parole à son service et on l'écoute avec ce petit moi sans la laisser se dire en vérité et nous bâtir de l'intérieur. Il n'y a ni échange, ni relation. La bonne terre, c'est cette capacité à se quitter soi-même pour que, libre de soi, j'écoute et accueille la Parole avec le cœur, sans l'emprisonner, mais la recevant d'un autre, de l'Autre ... Si la Parole n'est pas écoutée à cette profondeur, elle ne peut porter du bon fruit, elle tombe vite dans l'oubli, ou se dessèche, ou encore elle est étouffée. Le cœur n'y est pas, la pensée est ailleurs et la Parole est sacrifiée pour les choses du monde qui ne donne pas la vie. "Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende !" (Mc 4, 9)

mardi 19 juillet 2011

Parole du jour
Mt 12, 46-50
Mardi 19 juillet

Comme Jésus parlait encore à la foule,

voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors,

cherchant à lui parler.

Quelqu'un lui dit :

« Ta mère et tes frères sont là dehors,

qui cherchent à te parler. »

Jésus répondit à cet homme :

« Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »

Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit :

« Voici ma mère et mes frères.

Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux,

celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. »

Les frères de Jésus. Jésus avait-il des frères ? Une question qui ne cesse de resurgir régulièrement ... Il faut savoir qu'en araméen comme en hébreu, langues connues et parlées par Jésus, il n'existe pas de mot pour dire "cousin", aussi on emploie les mots de "frères ou soeurs " pour désigner la parenté proche. La tradition orale s’est fixée en araméen. Aussi, Cette appelation de "frère ou soeur" reconnu aux cousins de Jésus fut conservé quand l’Evangile a été écrit ou traduit en grec, de même que les Septante ont traduit servilement l’original hébreu de l’Ancien Testament en utilisant le terme grec « frère » (« adelphos ») et non cousin (« anepsios ») lorsqu’il y a un rapport de parenté. Il y a d’abondantes attestations de cet usage : par exemple Lot et Jacob qui sont les neveux, respectivement, d’Abraham, Gn 11,27; 14,12, et de Laban, Gn 29,12; sont appelés leurs frères (Abraham-Lot: Gn 13,8; 14,14.16 ; Laban-Jacob: Gn 29,15) Tout cela vient du fait qu’il n’y a pas de mot en hébreu ou en araméen pour dire « cousin ». Il faut remarquer aussi que seul Jésus est appelé « le » fils de Marie, ou « le » fils du Charpentier dans les Évangiles. Et de la Vierge on dit seulement qu’elle est « la mère de Jésus ». A la croix, Jésus la confie au disciple Jean. Ce qui n'aurait pas été le cas dans la tradition du temps si Marie avait eu d'autres enfants.

"Celui qui fait la volonté de mon Père". Qu'est-ce donc que "faire la volonté ...". Il est bon de se référer au même texte dans l'Évangile selon St Luc, où il est dit : "Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique." Faire la volonté du Père, c'est se mettre à l'école du Fils. Ce que font les disciples. Dans les Évangiles, le Père appelle à plusieurs reprises à cette "écoute" qui a signification "d'apprendre" pour une imprégnation qui transforme. Ainsi dans le récit de la Transfiguration (Mc 9, 2-7), Alors que Jésus est manifesté comme celui qui accomplit la "Thora" et les "prophètes", il est accompagné de Moïse (la Thora) et d'Élie (les prophètes), le Père parle de Jésus en ces termes : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le". Et dans l'Évangile selon St Jean : "Quiconque s'est mis à l'écoute du Père et à son école, vient à moi." (Jn 6, 45) Aussi Jésus dit à Philippe : "Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi." (Jn 13, 6) Pour "faire la volonté du Père", il faut prendre ce "Chemin" ... "Faire la volonté du Père" passe par Jésus ... Il est la "volonté du Père" incarnée. Aussi appelle-t-il chacun de nous ... à celui qui veut être son disciple, il dit, comme à Pierre : "Toi, suis-moi !" (Jn 21, 22)
Pour entrer dans la Famille de Jésus, le Baptême ne suffit pas, il faut en laisser la grâce, la graine de l'amour divin se déployer dans la terre d'une vie vécue "par Lui, avec Lui et en Lui" et devenir ainsi comme consanguin avec Lui : Communion par le Sang de la Parole, le Sang Eucharistique, le Sang de l'Alliance Nouvelle et Éternelle ...

A remarquer comment la famille de Jésus est "dehors". Elle ne peut comprendre ce qui se passe "dedans" car elle demeure en dehors. C'est pour cela qu'elle veut récupérer Jésus. Et nous ? ... Où sommes-nous ? ... Sommes-nous vraiment "dedans" ?
De même, pourquoi, "celui qui fait la volonté de Dieu" est une mère pour Jésus ? Rappelons-nous la signification de "faire la volonté de Dieu" : "Écoutez la Parole de Dieu et la mettre en pratique". Comme Marie, nous devons laisser la Parole prendre chair en nous et en prendre soin pour qu'elle accomplisse son œuvre de Salut : "Ainsi parle le Seigneur : La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission." (Is 55, 10-11)