mercredi 9 décembre 2009

Parole du jour
(Mercredi 9 décembre)
(Mt 11, 28-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole :
«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Le psaume 61 rejoint l'Évangile de ce jour qui sans doute s'en inspire : "Je n'ai de repos qu'en Dieu seul, mon salut vient de Lui. Lui seul est mon rocher, mon salut, ma citadelle : je suis inébranlable ..." (2-3) Ce psaume donne l'identité de celui qui donne le repos et donc celle de Jésus : "En Dieu seul !" Non qu'il n'y aura plus de souffrances et d'épreuves, Lui même les a connus, mais la façon de les traverser aura changé : "Tu es la lumière de ma lampe, Seigneur mon Dieu, tu éclaires ma nuit. Grâce à toi je saute le fossé, grâce à mon Dieu, je franchis la muraille." (Ps 17, 29-30)
De plus dans ce passage de l'Évangile, ce qui est mis en cause, c'est l'enseignement des notables d'Israël qui est un "fardeau" pour les petits. Dans le sermon sur la montagne, Jésus met en pleine lumière la radicale nouveauté de son enseignement : "Vous avez entendu qu'il a été dit ... Eh bien moi je vous dis ..." (Mt 5, 20-48) Jésus ne parle pas selon la tradition, il parle en son nom, ce qui revient à Dieu seul. Libre de toute compromission, son enseignement se veut au service du bien de l'homme, de son accomplissement. Aussi le dit-il "aisé et "léger". Il est "simple" et "facile à accomplir" car il porte en lui la liberté et le bien de la personne. Se charger de son joug, c'est s'imprégner de cet enseignement libérateur qui restaure l'homme dans son être véritable et lui redonne son identité. "Devenez mes disciples" devrait être traduit plus littéralement par "mettez-vous à mon école" ... Cet enseignement, finalement, il l'incarne en sa Personne. Venir à Lui, s'imprégner de sa Parole, conduit à vivre de sa Vie !

mardi 8 décembre 2009

Parole du jour
(Mardi 8 décembre)
(Lc 1, 26-38)

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage
à un homme de la maison de David, appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange :
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint,
et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu,
elle aussi, un fils dans sa vieillesse
et elle en est à son sixième mois,
alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ;
que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Alors l'ange la quitta.

L'immaculée conception de Marie est un dogme de l'Église catholique, défini le 8 décembre 1854 par le Pape Pie IX dans la bulle "Ineffabilis Deus" : "Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles." Quatre ans plus tard, Marie apparaît à Lourdes à Bernadette Soubirous et lui confirme : « Je suis l'Immaculée Conception. » Elle le lui dit en patois. Bernadette court le dire a son curé. Tout le long du chemin elle le répète pour ne pas l'oublier car elle ne comprend pas ce que cela veut dire. L'Abbé Peyramale en est bouleversé. Depuis ce jour, Lourdes est devenu le lieu de toutes les grâces ...

L'Evangile de l'Annonciation nous enseigne que Dieu veut avec nous une relation de personne à personne. Une relation responsable. L'Ange annonce à Marie le projet de Dieu sans l'imposer : "Le Seigneur est avec toi". Le texte auquel il se réfère dans Sophonie dit : "Le Seigneur est en toi". La conception du Fils de Dieu dans le sein de Marie commence à l'instant même où Marie dit :
" Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. " Combien de fois, lors d'une guérison, Jésus dira au malade : "Qu'il te soit fait selon ta foi." Dieu nous respecte dans nos choix. Il ne veut et ne peut rien faire sans nous, sans notre adhésion. Lorsqu'on interroge Jeanne d'Arc sur les victoires dont elle a été à l'origine : "Jeanne, c'est vous qui avez fait tout cela ? - Elle répond : "Dieu a fait cent et Jeanne a fait cent". Chacun a fait ce qu'il avait à faire. Dieu ne nous déresponsabilise nullement, bien au contraire, il nous met debout en nous responsabilisant ... en faisant de nous non des individus, mais des Personnes. Ainsi pour Marie. Marie qui elle-même sera dans le respect d'une rencontre vraie avec Bernadette. C'est ainsi qu'elle lui demande : "Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ?" Bernadette en est bouleversée. Elle lui a dit "vous" et lui demande de décider elle-même ... La liberté pour Bernadette comme pour Marie sera de répondre dans le sens du bien. Toutes les deux répondrons : "oui!" Un "oui" de Marie qui a changé la face du monde ... un "oui" de Bernadette qui a permis que jaillisse une source de grâces ...

lundi 7 décembre 2009

Parole du jour
(Lundi 7 décembre)
(Lc 5, 17-26)

Un jour que Jésus enseignait,
il y avait dans l'assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi,
venus de tous les villages de Galilée et de Judée,
ainsi que de Jérusalem ;
et la puissance du Seigneur était à l'oeuvre
pour lui faire opérer des guérisons.
Arrivent des gens, portant sur une civière
un homme qui était paralysé ;
ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus.
Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule,
ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles,
ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus.
Voyant leur foi, il dit :
« Tes péchés te sont pardonnés. »
Les scribes et les pharisiens se mirent à penser :
« Quel est cet homme qui dit des blasphèmes ?
Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Mais Jésus, saisissant leurs raisonnements, leur répondit :
« Pourquoi tenir ces raisonnements ?
Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire :
'Tes péchés te sont pardonnés', ou bien de dire :
'Lève-toi et marche'?
Eh bien ! pour que vous sachiez
que le Fils de l'homme a sur terre le pouvoir
de pardonner les péchés, je te l'ordonne, dit-il au paralysé :
lève-toi, prends ta civière et retourne chez toi. »
A l'instant même, celui-ci se leva devant eux,
il prit ce qui lui servait de lit
et s'en alla chez lui en rendant gloire à Dieu.
Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu.
Remplis de crainte, ils disaient :
« Aujourd'hui nous avons vu des choses extraordinaires !

La première lecture du jour (Is 35, 1-10) donne tout son sens à cet Évangile : "Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ..." Dans l'Évangile, les pharisiens reconnaissent l'identité de Jésus tout en la refusant : "Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ?" Jésus va montrer que lorsqu'il y a guérison physique, celle-ci est précédée d'une guérison intérieure : "Eh bien, pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur terre le pouvoir de pardonner les péchés, je te l'ordonne, dit-il au paralysé : lève-toi, prends ta civière et rentre chez toi ?" Le paralytique se lève et va ... L'être humain est un : "Que votre être tout entier corps, âme et esprit, soit rendu saint par l'avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ" écrit St Paul. la sainteté, c'est l'unification de l'être. Si l'âme est malade, les autres dimensions en sont blessés et en particulier le corps. L'esprit qui est la dimension de l'ensourcement en Dieu en est obscurci et ne peut plus laisser passer la Lumière. La venue de N.S. Jésus-Christ permet la réunification et donc l'unité de l'être, d'où libération et guérison ... Aujourd'hui, d'une manière particulière, les Sacrements sont porteurs de cette grâce car en eux, c'est Lui qui se révèle et qui agit.

dimanche 6 décembre 2009

Parole du jour
(Dimanche 6 décembre)
(Lc 3, 1-6)

L'an quinze du règne de l'empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode prince de Galilée,
son frère Philippe prince
du pays d'Iturée et de Traconitide,
Lysanias prince d'Abilène,
les grands prêtres étant Anne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain ;
il proclamait un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe :
A travers le désert, une voix crie :
Préparez le chemin du Seigneur,
aplanissez sa route.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les routes déformées seront aplanies ;
et tout homme verra le salut de Dieu.

Le désert ! En hébreu le "mid'bar" ou "mi-dabar". Terme que l'on peut traduire par "lieu de la Parole". Dieu se fait entendre dans le dépouillement intérieur et le silence. Le cœur est symboliquement et fondamentalement le "lieu" du désert. C'est là, dans les dispositions qui conviennent que Jean entend résonner la Parole de Dieu. Le cœur purifié étant par excellence le "lieu de la Rencontre". C'est ainsi que dans le livre du prophète Osée, Dieu dit : "Je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son cœur ..." Si Dieu peut parler à son cœur, c'est parce qu'il l'a conduite au "lieu de la Parole" et la rend disponible pour "entendre" (séduire). Jean devient alors le "haut parleur" de la Parole de Dieu - reçue intérieurement - pour tous ceux qui viennent l'écouter. Cette Parole, appelée à rejoindre le cœur de chacun et "à y accomplir sa mission" de restauration : "tout homme verra le salut de Dieu." Cela demande conversion et silence : "Préparez le chemin, aplanissez la route ...", pour que résonne en moi la Parole unique qui m'est destinée et que se réalise la rencontre avec Celui qui vient dans la mémoire liturgique de Noël ... mais qui est toujours déjà là ...
(St Jean Baptiste par Matthias Grunwald)

vendredi 4 décembre 2009

Parole du jour
(Samedi 5 décembre)
(Mt 9, 35-38; 10, 1.6-8)

Alors Jésus appela ses douze disciples
et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais
et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Il leur dit :
Allez vers les brebis perdues de la maison d'Israël.

Sur votre route,
proclamez que le Royaume des cieux est tout proche.

Guérissez les malades, ressuscitez les morts,
purifiez les lépreux, chassez les démons.
Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement.

L'Église dont les douze sont comme l'embryon, est appelée à prolonger "l'action de vie" de Jésus : proclamer le Royaume nouveau, libérer, guérir, ressusciter ... Ils sont douze, nombre des tribus d'Israël. En eux se concentre le nouvel Israël dont nous sommes membres. Aujourd'hui encore, la mission est la même et toujours d'actualité. Il nous faut en prendre conscience. A voir l'état du monde, nous pouvons comprendre qu'il y a urgence ! Combien sont à bout de souffle ...
Parole du jour
(Vendredi 4 décembre)
(Mt 9, 27-31)

Jésus était en route ;
deux aveugles le suivirent, en criant :
« Aie pitié de nous, fils de David ! »
Quand il fut dans la maison,
les aveugles l'abordèrent, et Jésus leur dit :
« Croyez-vous que je peux faire cela ? »
Ils répondirent : « Oui, Seigneur. »
Alors il leur toucha les yeux, en disant :
« Que tout se fasse pour vous selon votre foi ! »
Leurs yeux s'ouvrirent, et Jésus leur dit sévèrement :
« Attention ! que personne ne le sache ! »
Mais, à peine sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

La prière des aveugles : "aie pitié de nous !" n'est pas le cri de l'esclave envers son maître. C'est le cri de foi envers quelqu'un dont on se sait aimé. Le comportement de Jésus devant les malades et les blessés de la vie, révèle la vérité de son être, à savoir la miséricorde qui est don de la vie, la compassion qui le conduira jusqu'à la "Passion" et le don de sa vie. Il fait preuve à notre égard d'un amour sans limite, un amour gratuit qui respecte notre liberté : "Croyez-vous que je peux faire cela pour vous ?" Ce n'est pas magique. Le don de la vie doit être accueilli par un cœur ouvert : "Oui, Seigneur." Tel est la grandeur et la force de la foi : "Que tout se fasse pour vous selon votre foi !" En toute guérison par Jésus, il y a relation et cœur à cœur, admirable échange : "Ce sont nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé ... dans ses blessures, nous trouvons la guérison." (Is 53, 4 ...5) En lui, la vie est plus forte que toutes nos situations de mort. A nous de laisser le Mystère Pascal s'inscrire au cœur de notre chair, au quotidien !

jeudi 3 décembre 2009

Parole du jour
(Jeudi 3 décembre)
(Mt 7, 21.24-27)

Comme les disciples
s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait :
Il ne suffit pas de me dire :
'Seigneur, Seigneur !',
pour entrer dans le Royaume des cieux ;
mais il faut faire la volonté de mon Père
qui est aux cieux.
Tout homme qui écoute ce que je vous dis là
et le met en pratique
est comparable à un homme prévoyant
qui a bâti sa maison sur le roc.
La pluie est tombée,
les torrents ont dévalé,
la tempête a soufflé
et s'est abattue sur cette maison ;
la maison ne s'est pas écroulée,
car elle était fondée sur le roc.
Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là
sans le mettre en pratique
est comparable à un homme insensé
qui a bâti sa maison sur le sable.
La pluie est tombée,
les torrents ont dévalé,
la tempête a soufflé,
elle a secoué cette maison ;
la maison s'est écroulée,
et son écroulement a été complet. »

En bâtissant ce monastère, les moines ont pris la Parole de Dieu à la lettre. Leur but fut sans doute que cette construction soit un rappel constant de la voie du bonheur. Dans la bible, Dieu est appelé à bien des reprises, en bien des circonstances, le "ROC". Ainsi du Ps 17,2-3 ; "Je t'aime, Seigneur, ma force, mon "ROC", ma forteresse, Dieu mon libérateur, le "ROCHER" qui m'abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire. Louange à Dieu, quand je fais appel au Seigneur, je suis libéré de tous mes ennemis." Quand Israël est infidèle et tombe dans le marasme, "il se souvient que Dieu est son "ROCHER", et le Dieu Très-haut leur rédempteur." (Ps 77, 35) Le "Rocher" abrite une Source : Au désert "Tu as fait jaillir l'eau du Rocher ..." (Neh 9, 15) St Paul, reprenant cette tradition symbolique du Rocher, écrit aux Corinthiens : Après le passage de la mer rouge, symbolique du Baptême, "tous ils ont bu à la même Source, qui était spirituelle; car ils buvaient à un "ROCHER" qui les accompagnait, et ce "ROCHER" c'était déjà le "CHRIST" (1 Co 10, 4) Bâtir sur le "ROC", c'est bâtir sa vie sur la "Parole de Dieu" et donc sur le "CHRIST" : "Et la Parole s'est faite chair ..." ( Jn 1,13) Déjà au désert, Israël était appelé à se nourrir et à vivre de la Parole de Dieu : "L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu." (Dt 8, 3; Mt 4, 4) Et Jésus dit en parlant de sa famille : "Ma mère,et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique." (Lc 8, 21) Bâtir sur le "ROC", c'est répondre, en vérité, à son appel : "Suis-moi !" Comme il a traversé la mort, il nous fera traverser pluie, torrents et tempêtes : "Grâce à toi, je saute le fossé, grâce à mon Dieu, je franchis la muraille". (Ps 17, 30)

mercredi 2 décembre 2009

Sermon de St Bernard
pour L'AVENT

Il viendra parmi nous, le Verbe de Dieu.

Nous savons qu'il y a une triple venue du Seigneur. La troisième se situe entre les deux autres. Celles-ci, en effet, sont manifestes, celle-là, non. Dans sa première venue, il a paru sur la terre et il a vécu avec les hommes, lorsque comme lui-même en témoigne - ils l'ont vu et l'ont pris en haine. Mais lors de sa dernière venue, toute chair verra le salut de notre Dieu et ils regarderont vers celui qu'ils ont transpercé. La venue intermédiaire, elle, est cachée: les élus seuls la voient au fond d'eux-mêmes, et leur âme est sauvée. Ainsi il est venu d'abord dans la chair et la faiblesse; puis, dans l'entre-deux, il vient en esprit et en puissance; enfin il viendra dans la gloire et la majesté. ~ Cette venue intermédiaire est vraiment comme la voie par laquelle on passe de la première à la dernière: dans la première le Christ fut notre rédemption, dans la dernière il apparaîtra comme notre vie, et entre temps il est notre repos et notre consolation.

Mais pour que personne ne risque de penser que ce que nous disons de cette venue intermédiaire est une invention de notre part, écoutez ce que dit le Seigneur lui-même: Si quelqu'un m'aime, il gardera mes paroles, et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui. Ailleurs j'ai lu en effet: Qui craint Dieu fera le bien. Mais je perçois qu'ici Jésus exprime quelque chose de plus en disant de celui qui l'aime: il gardera mes paroles. Mais où les gardera-t-il? - Dans son coeur, sans aucun doute. Comme le dit le prophète: Dans mon cœur je conserve tes paroles pour ne point faillir envers toi. ~

Voici comment il te faut garder la parole de Dieu : Heureux, en effet, ceux qui la gardent. Qu'on la fasse donc entrer dans ce qu'on peut appeler les entrailles de l'âme; qu'elle passe dans les mouvements de ton coeur et dans ta conduite. Consomme ce qui est bien, et ton âme y trouvera avec joie de quoi s'y nourrir largement. N'oublie pas de manger ton pain pour ne pas laisser ton coeur se dessécher; de bonne et grasse nourriture rassasie ton âme.

Si de la sorte tu t'es mis à garder en toi la parole de Dieu, nul doute qu'elle ne te garde aussi. Le Fils viendra à toi, avec le Père; il viendra, le grand prophète, qui rétablira Jérusalem; c'est lui qui fait toutes choses nouvelles. Voici en effet ce qu'accomplira sa venue: alors, de même que nous sommes à l'image de l'homme pétri de terre, de même nous serons à l'image de celui qui vient du ciel. Comme le vieil Adam s'est répandu à travers l'homme tout entier et y a pris toute la place, de la même manière il faut que le Christ occupe toute la place, lui qui a créé l'homme dans sa totalité, qui le rachète intégralement et le glorifie dans son entier.
Parole du jour
(Mercredi 2 décembre)
(Mt 15, 29-37)

Jésus gagna les bords du lac de Galilée,
il gravit la montagne et s'assit.
De grandes foules vinrent à lui, avec des boiteux,
des aveugles, des estropiés, des muets,
et beaucoup d'autres infirmes ;
on les déposa à ses pieds et il les guérit.
Alors la foule était dans l'admiration en voyant des muets parler,
des estropiés guérir, des boiteux marcher,
des aveugles retrouver la vue ;
et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël.
Jésus appela ses disciples et leur dit :
« J'ai pitié de cette foule :
depuis trois jours déjà, ils sont avec moi et n'ont rien à manger.
Je ne veux pas les renvoyer à jeun ;
ils pourraient défaillir en route. »
Les disciples lui disent :
« Où trouverons-nous dans un désert assez de pain
pour qu'une telle foule mange à sa faim ? »
Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous ? »
Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. »
Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre.
Il prit les sept pains et les poissons, il rendit grâce, les rompit,
et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules.
Tous mangèrent à leur faim ; et, des morceaux qui restaient,
on ramassa sept corbeilles pleines.

"Rien de trop merveilleux pour Dieu", diront les trois anges annonçant la naissance à venir d'Isaac, à Abram et à Saraï devenus vieux et n'ayant pu avoir d'enfant. Dieu va changer leurs noms en y insufflant sa Parole à travers le "H", cinquième consonnes de l'alphabet hébraïque, symbolique des cinq rouleaux de la Torah : Abram devient AbraHam et Saraï, SaraH. C'est leur union dans la Parole de Dieu qui va les rendre féconds. La Parole de Dieu est créatrice ...
A Marie qui reçoit l'annonce de l'Ange : "voici que tu concevras et enfanteras un Fils ...", Marie demande : "Comment cela se fera-t-il ?" L'ange donne le signe d'une stérile devenue féconde : Elisabeth" et ajoute : "Car rien n'est impossible à Dieu". Marie, demeurée vierge, va donner naissance à Celui qui est la Parole de Dieu : "Et la Parole s'est faite chair."
Alors que les Apôtres sont découragés ("Mais alors qui peut être sauvé ? ") après que Jésus leur ait dit "qu'il était plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux" , celui-ci ajoute : "Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu." (Lc 18, 27)
Jésus est Parole de Dieu, tout lui est possible ... dans l'Amour ! Lorsqu'il s'agit du bien de l'homme, Jésus donne à profusion. Et cette profusion le conduira à se donner entièrement, sans tache aucune! L'Eucharistie est le Sacrement de cette profusion, de ce don, de cet Amour pur ! Y communier, c'est s'ouvrir au "rien n'est impossible à Dieu". Le rite de Communion nous fait dire : "Dis seulement une Parole et je serai guéri." Il est lui-même cette Parole !

mardi 1 décembre 2009

Parole du jour
(Mardi 1er décembre)
(Lc 10, 21-24)

Jésus exultant de joie
sous l'action de l'Esprit Saint, dit
: « Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l'as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m'a été confié par mon Père ;
personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père,
et personne ne connaît qui est le Père,
sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier :
« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le déclare :
beaucoup de prophètes et de rois
ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu,
entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.

Les sages et les savants dont parle Jésus, sont ceux qui enferment Dieu dans leur représentation. Une représentation qui leur ressemble et non ... au vraiDieu. Aussi, leur tendance est de mettre Dieu à leur service au détriment d'autrui. Enfermer Dieu ainsi, c'est s'enfermer soi-même. Dieu, même s'il est proche, "plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes" (St Augustin), demeure le Tout-Autre. On est toujours en chemin vers Lui ... En se faisant l'un de nous en son Fils, il se donne Petit Enfant : une incompréhension pour les sages et les savants qui ne peuvent le reconnaître ainsi dans la fragilité.
Le petit, c'est celui qui sait ne pouvoir mettre la main sur Dieu, se former un Dieu à son image. Il sait que Dieu se révèle là où on ne l'attend pas. Son désir, lié à la reconnaissance de sa propre faiblesse, est de demeurer dans la main de Dieu ... sur son cœur, de tout recevoir de Lui, d'être sauvé par Lui. Il reconnaît que Jésus, le Christ, est la seule révélation parfaite de Dieu et l'Unique Chemin vers le Père ...

dimanche 29 novembre 2009

Parole du jour
(Lundi 30 novembre)
(Mt 4, 18-22)

Comme Jésus marchait au bord du lac de Galilée,
il vit deux frères, Simon, appelé Pierre,
et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac:
c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit :
« Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Plus loin, il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père,
en train de préparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Il est un verte qui revient dans les deux récits d'appel : "il vit" ! Le regard de Jésus ! Un regard qui n'est pas n'importe quel regard : "Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur." (1 sam 16, 7) ! Le regard de Jésus rejoint le cœur de celui qu'il voit. Il a vu en ceux qui vont devenir ses apôtres, le désir de leurs cœurs, l'attente qui est la leur, du Messie. Il les sait prêt au plus profond d'eux-mêmes à se mettre en route. Alors, comme pour Abraham, il leur demande de tout quitter pour tout miser sur lui sans savoir où cela va les conduire (Gn 12, 1sq) ... et ils seront appelés comme Abraham aussi, au moment de la grande détresse (la mort de Jésus) , à "espérer contre toute espérance, à croire" (Rm 4, 18) ... au delà des apparences ! Une école rude et dépouillante, pour que naisse la vraie liberté, la liberté intérieure : "Heureux l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur et dont le Seigneur est la foi !..." (Jr 17, 7)
Parole du jour
(Dimanche 29 novembre)
(Lc 21, 27-28)

Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée,
avec grande puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront,
redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.

Avec l'Avent, c'est la rédemption qui approche. L'homme pris dans "les filets de l'oiseleur"(Ps 123, 7) ne peut en sortir que par ce Fils de l'homme venant avec grande puissance, son incarnation, et grande gloire, sa résurrection : "le filet s'est rompu, nous avons échappé. Notre secours est le Nom du Seigneur ..." (7-8) Il s'est Lui-même laissé prendre dans le filet pour nous en libéré : "Le Fils de l'homme est venu pour servir (l'homme) et donner sa vie pour la multitude." (Mc 10, 45) Cette libération effective, il nous faut l'accueillir dans notre vie au quotidien. L'année liturgique qui commence avec le temps de l'Avent est là pour nous y aider, nous y conduire, en revivant liturgiquement les évènement de la vie du "Fils de l'homme", de Jésus, "Verbe fait chair" (Jn 1, 13). Les Sacrements (Baptême, Confirmation, Eucharistie, Réconciliation, Malades, Mariage, Ordre) prolongent sa Présence sacramentelle (réelle) et son action parmi nous. Le Temps de l'Avent nous est offert pour que nous nous préparions à ce cheminement et à l'accueil de son action en nos vies par un retour à l'essentiel, en commençant par vivre liturgiquement de sa venue à Noël. Le mot "Avent" signifie "Avènement", "Venue". Il s'agit de quatre semaines pour s'y préparer. Les quatre bougies de l'Avent que l'on allume l'une après l'autre chaque dimanche, veulent signifier la progression de cette préparation qui aboutit à la rencontre avec l'Enfant nouveau-né : "Le Verbe était la vraie Lumière qui illumine tout homme en venant dans le monde... à tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son Nom, il a donné de devenir enfant s de Dieu ..." (Jn 1, 9-9)

samedi 28 novembre 2009

Parole du jour
(Samedi 28 novembre)
(Lc 21, 34-36)

Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
Tenez-vous sur vos gardes,
de crainte que votre cœur
ne s'alourdisse dans la débauche,
l'ivrognerie et les soucis de la vie,
et que ce jour-là
ne tombe sur vous à l'improviste.

Comme un filet, il s'abattra
sur tous les hommes de la terre.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous serez jugés dignes
d'échapper à tout ce qui doit arriver,
et de paraître debout devant le Fils de l'homme. »

Qui a fait l'expérience de la vie avec le Christ y a trouvé beaucoup de paix. Le Christ nous réajuste sur l'essentiel, sur notre vocation fondamentale qu'il a pleinement accomplie pour nous dans le don total de sa vie. Mais cette expérience n'est pas le bout du chemin. Il faut rester vigilant car les pierres ne manquent pas ... Quitter la main du Christ, c'est nous exposer à la chute : "Tenez-vous sur vos gardes ..." Cet Évangile nous invite à "garder nos lampes allumées". La Lumière en est le Christ. A Pâques, c'est ce que veut signifier le "Cierge Pascal" qui brille au cœur de la nuit. Le libre arbitre qui nous appelle à un choix de tous les instants, nous demande une "conversion" de tous les instants pour que le "oui" à la Lumière l'emporte sur toutes les illusions. De tous les instants ? ... "Nous ne savons ni le jour, ni l'heure ..."
Puisse ce jour et cette heure nous trouver en tenue de service, prêt à franchir en Christ - "l'Unique Passeur" - le seuil de la Maison Paternelle (Jn 14,22) ...

vendredi 27 novembre 2009

Parole du jour
(Vendredi 27 novembre)
(Lc 21, 29-33)

Jésus parlait à ses disciples de sa venue.
Il leur dit cette parabole :
« Voyez le figuier et tous les autres arbres.
Dès qu'ils bourgeonnent,
vous n'avez qu'à les regarder
pour savoir que l'été est déjà proche.
De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le royaume de Dieu est proche.
Amen, je vous le dis :
cette génération ne passera pas sans que tout arrive.
Le ciel et la terre passeront,
mes paroles ne passeront pas.

Après l'hiver, le printemps précurseur de l'été. Ainsi va la vie ! Après la passion et la mort du Christ, sa Résurrection ! Dans notre cheminement, il en est de même. Il nous faut passer par les quatre saisons. Les auteurs spirituels anciens expliquaient déjà : "Lorsque tu es en haut de la montagne, penses que tu vas descendre dans la vallée, ainsi tu ne t'enorgueillira pas de ta situation. Et lorsque tu es dans la vallée, penses que tu vas bientôt rejoindre" le sommet, ainsi tu ne désespéreras pas de ta situation. La voie royale consiste à ne pas t'enorgueillir et à ne pas désespérer sûr d'être dans la main de Dieu ... et de demeurer fidèle à y rester." La Parole de Dieu est la nourriture du chemin. Une nourriture qui est aussi un remède. Un remède porteur de Vie ... la Vie éternelle !

jeudi 26 novembre 2009

Parole du jour
(Jeudi 26 novembre)
(Dn 6, 12-28)

Daniel excitait la jalousie des courtisans
parce qu'il avait la faveur du roi Darius.
Un jour qu'il était dans sa chambre,
en train d'invoquer son Dieu et de le supplier,
ces hommes se précipitèrent et le surprirent.
Ils allèrent trouver le roi et lui dirent :
« N'as-tu pas signé cette interdiction :
Tout homme qui, pendant les trente jours
qui viennent, adressera une prière à un dieu
ou à un homme autre que le roi,
sera jeté dans la fosse aux lions ? »
Le roi leur répondit :
« Oui, c'est la décision que j'ai prise.
Et, selon la loi des Mèdes et des Perses, elle est irrévocable. »
Ils dirent alors au roi :
« Daniel, un des déportés de Juda,
ne tient pas compte de toi, ni de ton interdiction, ô roi ;
trois fois par jour, il fait sa prière. »
Le roi fut très contrarié de ces paroles
et se préoccupa de sauver Daniel. Jusqu'au coucher du soleil,
il chercha comment le soustraire à la mort.
Alors le roi ordonna d'emmener Daniel,
et on le jeta dans la fosse aux lions. Il dit à Daniel :
« Ton Dieu, que tu sers avec tant de constance,
c'est lui qui te délivrera ! »
On apporta une grande pierre,
on la plaça sur l'ouverture de la fosse ;
le roi la scella avec le cachet de son anneau
et celui de ses dignitaires,
pour que la condamnation de Daniel fût irrévocable.
Puis le roi rentra dans son palais ;
il passa la nuit sans manger ni boire,
il ne fit venir aucune concubine,
il ne put trouver le sommeil.
Il se leva dès l'aube, au petit jour,
et se rendit en hâte à la fosse aux lions.
Arrivé près de la fosse,
il appela Daniel d'une voix angoissée :
« Daniel, serviteur du Dieu vivant,
ce Dieu que tu sers avec tant de constance
a-t-il pu te faire échapper aux lions ? »
Daniel répondit au roi :
« Que le roi vive éternellement !

Mon Dieu a envoyé son ange,
qui a fermé la gueule des lions.
Ils ne m'ont fait aucun mal,
car j'avais été reconnu innocent devant lui ;
et devant toi, ô roi, je n'avais rien fait de criminel. »

Le roi ressentit une grande joie
et ordonna de tirer Daniel de la fosse.
On l'en retira donc, et il n'avait aucune blessure,
car il avait eu foi en son Dieu.


Aujourd'hui, nous méditons la 1ère lecture de la Messe : Daniel dans la fosse aux lions. Daniel fidèle à son Dieu jusqu'au bout, entièrement abandonné entre ses mains, sûr de Celui en qui il a mis sa confiance : "Heureux qui trouve en Lui son refuge." (Ps 2, 12) Et cette parole du roi : "Ton Dieu que tu sers avec tant de constance, c'est Lui qui te délivrera !". Ce récit fait penser au passage du psaume 17, 19-20 : "Au jour de ma défaite ils m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui. Et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré, car il m'aime." Daniel ne serait-il pas une préfiguration de la Personne de Jésus, fidèle au Père jusqu'au bout et à sa mission de salut ? ... Jeté dans la fosse aux lions aux jours de sa passion et comme dévoré par la mort sur la croix, Il sort vainqueur de la "fosse" dans le souffle de la Résurrection.
S'appuyer sur les hommes conduit à l'enfermement : "Malheureux l'homme qui met sa confiance dans un mortel,qui s'appuie sur un être de chair,tandis que son coeur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur.Il aura pour demeure les lieux arides du désert,une terre salée et inhabitable." (Jr 17, 5-6)
S'appuyer sur Dieu, à la Vie : " Bienheureux l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espérance. Il sera comme un arbre planté au bord des eaux,qui étend ses racines vers le courant :il ne craint pas la chaleur quand elle vient,et son feuillage reste vert ;il ne redoute pas une année de sécheresse,car elle ne l'empêche pas de porter du fruit." (Jr 17, 7-8)
Deux voies s'ouvrent à toi ... choisis la Vie !

mercredi 25 novembre 2009

Parole du jour
(Mercredi 25 novembre)
(Lc 21, 5-11)

Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;
on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison,
on vous fera comparaître devant des rois
et des gouverneurs, à cause de mon Nom.
Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage.
Mettez-vous dans la tête
que vous n'avez pas à vous soucier de votre défense.
Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer
ni résistance ni contradiction.
Vous serez livrés même par vos parents,
vos frères, votre famille et vos amis,
et ils feront mettre à mort certains d'entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.

Le mot "martyr" signifie "témoin". En ce sens, la vie du chrétien est appelée à être un "martyr" c'est-à-dire un "témoignage". Au début de l'Église, les persécutions ont déferlées sur les chrétiens : martyrs de Rome, de Lyon et d'ailleurs ... sous des empereurs comme Néron (Martyrs de Rome), Marc-Aurèle, (Martyrs de Lyon), etc ... A un disciple du Christ en jugement, on demanda son nom. Il répondit : "Chrétien, je n'en ai pas d'autre." Après la conversion de l'empereur Constantin au IVè sc. la grâce du "Martyr Rouge" comme on l'appelle en raison du sang versé, passe au "désert" où des hommes et des femmes vont se retirer pour vivre le "Martyr blanc", c'est-à-dire le témoignage d'une vie entièrement vouée au Christ. Ces deux sortes de témoignages perdurent aujourd'hui encore. On a dit que le le XXème siècle a été le siècle des martyrs. Une multitude de chrétiens a versé son sang par fidélité au Christ sous différents régimes totalitaires ... Et aujourd'hui encore des frères et soeurs chrétiens croupissent dans des geôles, pour leur Foi, et sont martyrisés ... Ce sont nos frères et soeurs en Christ ! ...
Et tous nous sommes appelés à vivre le "Martyr blanc", témoignage de Foi au cœur de notre vie concrète ... Il peut nous arriver parfois d'être pris à partie ... si nous vivons de cette relation intime avec le Christ, nous n'aurons rien à craindre, les paroles et les comportements qui conviennent nous seront donnés : "Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction." Il faut le croire et tout faire pour nourrir notre Foi. L'Église, fondée par le Christ, et qui est comme le prolongement de son incarnation, nous en donne les moyens ...

lundi 23 novembre 2009

Parole du jour
(Mardi 24 novembre)
(Lc 21, 5-11)

Certains disciples de Jésus parlaient du Temple,
admirant la beauté des pierres
et les dons des fidèles. Jésus leur dit :
« Ce que vous contemplez,
des jours viendront où il n'en restera pas
pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent :
« Maître, quand cela arrivera-t-il,
et quel sera le signe que cela va se réaliser ? »
Jésus répondit :
« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,
car beaucoup viendront sous mon nom en disant :
'C'est moi', ou encore : 'Le moment est tout proche.'
Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres
et de soulèvements, ne vous effrayez pas :
il faut que cela arrive d'abord,
mais ce ne sera pas tout de suite la fin. »
Alors Jésus ajouta :
« On se dressera nation contre nation,
royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre,
et çà et là des épidémies de peste et des famines ;
des faits terrifiants surviendront,
et de grands signes dans le ciel. »

Il ne faut pas se tromper de beauté. Certes, le Temple fait de pierres peut être beau. Nos cathédrales peuvent être belles. Mais ce qui doit être beau en premier, c'est le cœur de l'homme ! Car le Temple et les cathédrales disparaîtront, le cœur de l'homme est fait pour battre à jamais. Or de quoi est-il porteur ? De guerres, de soulèvements ? ... "On se dressera nations contre nations" ... La création tout entière en est malade ... Cet Évangile est un appel à la conversion, à la purification du cœur : "Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu" et "Un cœur qui s'élève, élève le monde," ... Tous nous y sommes appelés ! Car le vrai Temple c'est nous : "Ne savez-vous pas que vous êtes un Temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? ... Le Temple de Dieu est sacré, et ce Temple c'est vous." (1 Co 3, 16-17)
Parole du jour
(Lundi 23 novembre)
(Lc 21, 1-4)

"Comme Jésus enseignait dans le Temple,
levant les yeux, il vit les riches

qui mettaient leurs offrandes dans le tronc du Trésor.

Il vit aussi une veuve misérable y déposer deux piécettes.

Alors il déclara : "En vérité, je vous le dis :

cette pauvre veuve a mis plus que tout le monde.

Car tous ceux-là ont pris sur leur superflu

pour faire leur offrande,
mais elle,
elle a pris sur son indigence;

elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre."

Jésus voit le cœur. Il y a ceux qui donnent et le font sonner de haut pour se faire remarquer et pourtant, ce qu'il donne n'atteint nullement leur façon de vivre. Il donne de leur superflu. Une façon aussi de se donner bonne conscience ...
La pauvre veuve, elle, ne se regarde pas, elle se donne tout entière à travers le don qu'elle fait : "elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre". En elle Jésus se reconnaît car lui aussi, librement va donner tout ce qu'il a pour vivre. Cela le conduira à la mort. Comme cette femme qui s'en remet entièrement à Dieu, Jésus s'en remettra entièrement au Père. L'amour pur qu'il incarne à travers ce don de Lui-même le fera jaillir de la mort, Vivant. Mystère de la mort et de la Résurrection, Mystère Pascal. C'est le chemin qu'il nous a tracé ... avec nous il marche sur le chemin ... Il y a bien des manières de tout donner en se donnant.

dimanche 22 novembre 2009

Parole du jour
(Dimanche 22 novembre)
(Jn 18, 33- 37)

Lorsque Jésus comparu devant Pilate,
celui-ci l'interrogea :
« Es-tu le roi des Juifs ? »

Jésus lui demanda :
« Dis-tu cela de toi-même,
ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? »

Pilate répondit :
« Est-ce que je suis Juif, moi ?
Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi :
qu'as-tu donc fait ? »

Jésus déclara :
« Ma royauté ne vient pas de ce monde ;
si ma royauté venait de ce monde,
j'aurais des gardes qui se seraient battus
pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
Non, ma royauté ne vient pas d'ici. »

Pilate lui dit :
« Alors, tu es roi ? » Jésus répondit :
« C'est toi qui dis que je suis roi.
Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. »


Voici que s'achève l'Année Liturgique avec la fête du "Christ Roi de l'univers" en qui tout est récapitulé. Il a assumé notre humanité et la conduit, en Lui, à son plein accomplissement. Pilate le présentera à la foule qui veut sa crucifixion comme : "Voici l'Humain !" Parole prophétique qui le dépasse totalement ...
Lorsque nous entendons "Christ Roi", quelles représentations nous viennent à l'esprit ? - La Royauté selon le monde ? - Avec son cortège de pouvoir, d'avoir, de rapport de force, de guerres, d'intrigues, de représailles, de peur etc ... A Pilate qui l'interroge à ce sujet, Jésus répond : "Ma Royauté ne vient pas de ce monde ... Non ma Royauté n'est pas d'ici." La Royauté selon Jésus, c'est la Royauté de l'Amour. Dieu est dit Roi car il est Amour. C'est une Royauté de service et de don de soi où le bien d'autrui passe avant le sien propre. Le Trône où Jésus siège, c'est la Croix ! C'est là que se révèle l' "Amour Pur" : librement, il donne sa vie pour notre Salut, c'est-à-dire notre libération et notre guérison ... notre Santé.
Le terme "Vérité" se dit en hébreu "émet". Réfléchissons à sa signification selon la pensée juive. "Met" signifie "mort". Le "é" correspond à notre "a" et est considéré comme une consonne dont la symbolique est le "Un" puisqu'elle est la première de l'alphabet . Dieu est "UN" donc le "é" est symbolique de la présence de Dieu. La signification de "Emet" peut se paraphraser comme suit : "surgissement de la Présence Divine dans une situation de mort".
Des exemples : - Les hébreux sont esclaves en Égypte : une situation de mort. Dieu envoie Moïse. A travers lui, surgissement de la Présence de Dieu au cœur de cette situation. Le peuple est libéré et rendu à la liberté : passage de la mer rouge. Cet épisode est signifiant pour le Sacrement du Baptême ... - Ps 17, 19-20 : "Au jour de ma défaite, mes ennemis m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui, et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré, car il m'aime." Surgissement de la Présence Divine dans une situation de mort ... - Les disciples sont dans la barque avec Jésus qui dort. La tempête se lève. Les disciples essaient de s'en sortir mais c'est la fin : "Nous sommes perdus !" Réveillé, Jésus se lève, tend la main vers la mer : "Sois muselée !" lui dit-il . Il se fit un grand calme. En Jésus surgissement de la Présence Divine dans une situation de mort. Jésus dormait, ce qui représente sa mort. Il se lève, c'est la traduction du terme grec que l'on traduit le plus souvent par "Résurrection". En prenant notre condition humaine, le Fils de Dieu s'est mis dans une situation de mort. Mais en tant que Fils de Dieu, il est "surgissement de la Présence Divine". Aussi, en lui se réalise la réalité du mot "émet" que nous traduisons par "vérité" : il est "vrai Dieu et vrai homme". Nous avons là le sens du Mystère Pascal. En son être même se réalise le "surgissement de la Présence Divine dans une situation de mort". En Lui, nous sommes sauvés : "O mort où est ton aiguillon ?" La mort a été vaincu par celui qui est la Vie plus forte que la mort. Désormais il est le "Passeur". A Pilate, il l'exprime : "Je suis venu pour rendre témoignage à la Vérité". Et à ses disciples : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie." Voilà la vraie Royauté du Christ. Il dit à chacun d'entre nous : "Si tu le veux, "Je fais (en toi) toutes choses nouvelles!" (Ap.) C'est chaque jour que le "Mystère Pascal" est appelé à se réaliser en notre vie. Il est, en effet, bien des situations de pauvreté ou de détresse, d'enfermement ou de mal être qui demande le surgissement de la Présence de Jésus ...

samedi 21 novembre 2009

Parole du jour
(Samedi 21 novembre)
(Lc 20, 27- 40)

Des sadducéens - ceux qui prétendent
qu'il n'y a pas de résurrection -
vinrent trouver Jésus,
et ils l'interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a donné cette loi :
Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant,
qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère.
Or, il y avait sept frères :
le premier se maria et mourut sans enfant ;
le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve,
et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme,
de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? »
Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir
et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas,
car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges,
ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.
Quant à dire que les morts doivent ressusciter,
Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent,
quand il appelle le Seigneur :
le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob.
Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ;
tous vivent en effet pour lui. »
Alors certains scribes prirent la parole pour dire :
« Maître, tu as bien parlé. »
Et ils n'osaient plus l'interroger sur quoi que ce soit.

Les saducéens sont dans l'illusion. Ils sont très terre à terre. La femme n'est bonne que pour engendrer. Elle n'existe pas pour elle-même. Il faut absolument donner au premier mari qui est décédé une descendance car l'homme se perpétue dans ses enfants puisqu'après la mort il n'y a rien. C'est-ainsi que pour eux, également, la bénédiction de Dieu est donnée à travers la réussite et la richesse. Jésus leur démontre qu'ils sont dans dans l'erreur car ils demeurent à l'extérieur de la réalité. La réalité humaine s'enracine dans l'intériorité et donc dans le fait que l'homme à sa mort physique, ne tombe pas dans le néant. Aussi la rencontre entre un homme et une femme se vit dans le respect mutuel où chacun est reconnu comme une personne et aimé. Il y a une dignité de la femme comme de l'homme. Après la mort, ce qui demeure, c'est l'amour, les liens de l'amour, au delà de toute descendance : "ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir." Dans le mariage, il y a certes une descendance, mais elle doit être le fruit de l'amour entre deux êtres complémentaires l'un à l'autre. Ce qui est premier, c'est l'amour ! "L'amour ne passera jamais." (1co 13)
(Icône : l'amour entre Joachim et Anne, parents de Marie, mère de Jésus)