mardi 15 septembre 2009

Parole du jour
(Mardi 15 septembre)
(Jn 19, 25-27)

Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère,
avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple :
« Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.


Hier, nous célébrions la Fête de la "Croix Glorieuse", aujourd'hui celle de "Marie au pied de la croix", N.D. des douleurs. Certes Marie est dans la douleur. Comment une mère pourrait-elle voir son Fils martyrisé sans le vivre au plus profond de ses entrailles, sans vouloir se substituer à lui ? Mais Marie, même si elle ne comprend pas tout, Marie croit. Au pied de la croix, elle est debout, sûr que s'accomplit le vouloir de son propre Fils qui librement a livré sa vie. Dans le Film "la Passion du Christ", au moment où, sur le chemin de croix, Jésus tombe et que sa Mère va vers lui, le réalisateur fait dire à Jésus les Paroles de l'Apocalypse : "Voici que je fais toute chose nouvelle." Marie, au pied de la croix, d'une manière ou d'une autre doit se murmurer ces Paroles : "Voici qu'il fait toute chose nouvelle." Elle est l'espérance d'Israël, l'espérance de l'Humanité. Israël et l'Humanité qui sont comme condensés dans la personne de Jean. Et justement, avant de mourir, Jésus remet Jean à Marie et Marie à Jean. Désormais leurs vies sont unies et scellées par la Croix. Marie devient Mère du nouvel Israël qui est l'Église et de l'humanité. Marie qui peut nous apprendre Jésus car elle a vécu sa Présence et son Sacrifice de l'intérieur, Marie qui, si elle n'a pas tout compris, n'a jamais douté en son cœur. A nous de la prendre chez nous comme Jean la prit chez lui. Sa Présence illuminera notre vie car elle rayonne Jésus. St Louis-Marie Grignon de Montfort aimait dire : "Tu dis : "Marie", elle dit : "Jésus" ... A Jésus par Marie". Elle sait y faire ...

lundi 14 septembre 2009

Parole du jour
(Lundi 14 septembre)
(Jn 3, 13-17)

Nul n’est monté au ciel
sinon celui qui est descendu du ciel,
le Fils de l’homme.
De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que tout homme qui croit
obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde
qu'il a donné son Fils unique :
ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas,
mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Aujourd'hui 14 septembre, nous fêtons la "Croix Glorieuse": la "Croix" en tant que signe de l'Amour pleinement accompli en Jésus-Christ par le don libre et total qu'il a fait de lui-même (passion et mort de Jésus) ; "glorieuse", en tant que ce don, ce sacrifice, libère l'homme de la chute de le met debout (résurrection et vie). C'est donc la Fête de notre salut en Jésus-Christ. Il est Notre Salut. Aussi est-il essentiel que notre vie soit unie à la sienne pour qu'il puisse l'assumer pleinement. Notre cheminement consiste à lui remettre toutes les zones sombres et ténébreuses de notre être pour qu'il le rende à Sa Lumière en le libérant et le guérissant. C'est là notre collaboration à notre salut. Ce n'est pas magique, il y faut du temps. L'important, c'est de répondre à son appel : "Suis-moi !" et de nous ouvrir jour après jour à sa Présence active en nos vies : "Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour le sauver." Comme au désert le regard des hébreux tourné vers le serpent d'airain, leur apportait la guérison, de même, notre regard, celui du cœur, tourné vers Jésus, nous rend à la Santé : "Tout homme qui croit en lui, obtient la vie éternelle".

dimanche 13 septembre 2009

Parole du jour
(Dimanche 13 septembre)
(Mc 8, 27-35)

Jésus s'en alla avec ses disciples
vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippe.
Chemin faisant, il les interrogeait :
« Pour les gens, qui suis-je ? »
Ils répondirent :
« Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. »
Il les interrogeait de nouveau :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Messie. »
Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne.
Et, pour la première fois,
il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme
souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens,
les chefs des prêtres et les scribes,
qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cela ouvertement.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples,
il interpella vivement Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit :
« Si quelqu'un veut marcher derrière moi,
qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera.

La question que chacun nous sommes appelés à nous poser, c'est bien-sûr celle que nous pose Jésus ? Et attention de ne pas répondre en nous faisant un Jésus qui corresponde à nos attentes égoïstes ! St Pierre en fit les frais : "Passe derrière-moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes." Qu'elles sont nos pensées ? ... C'est en prenant "sa croix" que nous pourrons répondre à la question. Jean-François Baudoz écrit : "La croix ... est le symbole du renoncement à soi-même, qui est de toute manière la condition préalable au don de soi." C'est ce décentrement de soi-même pour un recentrement sur le Christ et sa volonté qui nous révèlera son vrai visage et son identité. Cette volonté passe par l'Église que Lui-même a fondée. C'est en Elle qu'il renouvelle sans cesse son mystère d'amour et de salut ...

samedi 12 septembre 2009

Parole du jour
(Samedi 12 septembre)
(Lc 6, 46-49)

Jésus disait à ses disciples:
"Jamais un bon arbre
ne donne de mauvais fruits;
jamais non plus un arbre mauvais
ne donne de bons fruits.
Chaque arbre se reconnaît à son fruit :
on ne cueille pas des figues sur des épines ;
on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.
L'homme bon tire le bien du trésor
de son cœur qui est bon;
et l'homme mauvais tire le mal
de son cœur qui est mauvais :
car ce que dit la bouche,
c'est ce qui déborde du cœur.
Et pourquoi m'appelez-vous en disant :
'Seigneur ! Seigneur !'

et ne faites-vous pas ce que je dis ?
Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles
et qui les met en pratique,
je vais vous montrer à qui il ressemble.
Il ressemble à un homme qui bâtit une maison.
Il a creusé très profond,
et il a posé les fondations sur le roc.
Quand est venue l'inondation,
le torrent s'est précipité sur cette maison,
mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie.
Mais celui qui a écouté sans mettre en pratique
ressemble à l'homme qui a bâti sa maison à même le sol,
sans fondations.
Le torrent s'est précipité sur elle,
et aussitôt elle s'est effondrée ;
la destruction de cette maison a été complète.

Au psaume 17, nous lisons : "Je t'aime, Seigneur, mon Roc ..." Dans la Bible, Dieu est considéré symboliquement comme "Roc". Il est le "Roc" sur lequel il faut bâtir. Dieu se révèle à nous en son Fils incarné "Jésus". Désormais, c'est sur lui qu'il faut "bâtir" car qui l'a vu a vu Dieu, et il ne peut conduire notre vie qu'à son plein accomplissement. Pour cela, il nous faut mettre nos pas dans les siens : "Toi, suis-moi !" Il est essentiel de se laisser éduquer par lui : "écouter ses paroles", son enseignement qui vient du Père, de Dieu. Cet enseignement n'est pas extérieur à lui, il l'incarne. Aussi, accueillir son enseignement, c'est l'accueillir lui-même. L'Eucharistie nous invite à l'accueillir au sommet de cet enseignement qui est accomplissement parfait de la Loi, de la Torah :"l'Amour". "Ceci est mon Corps livré ... mon Sang versé ..." Notre vocation est la même : le service de l'homme et à travers celui-ci de Dieu, et le don de soi ... C'est lui qui nous y ajuste et nous en donne la capacité : "Sans moi, vous ne pouvez rien faire."
A chacun de choisir comment il veut bâtir ? ... Et quel fruit il veut porter ? ...

vendredi 11 septembre 2009

Parole du jour
(Vendredi 11 septembre)
(Lc 6, 39-42)

Jésus s’adressait à la foule en paraboles :
« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?

Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ?

Le disciple n'est pas au-dessus du maître ;
mais celui qui est bien formé sera comme son maître.
Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère,
a
lors que la poutre qui est dans ton œil à toi,

tu ne la remarques pas ?

Comment peux-tu dire à ton frère :

'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil',

alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ?

Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton oeil ;

alors tu verras clair pour retirer la paille

qui est dans l'oeil de ton frère.



Il ne suffit pas de se dire chrétien, encore faut-il l'être. Le rite du baptême ne fait pas de nous des chrétiens, il nous met sur le chemin ... Certes, à partir de ce Sacrement, on nous reconnaît comme chrétien, mais ce que l'on reçoit alors doit se déployer dans toute notre vie au quotidien , dans nos pensées, nos paroles, nos comportements ... pour qu'en vérité on le soit. La graine jetée en terre est appelée à germer et pousser : " ... la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi ..." (Mc 4, 26-29) Et pour que cela arrive, il faut prendre soin de la terre et de la graine, il faut mener une vie selon le Christ. Au baptême, le célébrant, dit après les rites essentiels de l'eau et de l'onction, "tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ". Le baptisé est appelé alors à collaborer à cette vérité en permettant au Christ d'assumer avec lui son existence et de la transfigurer à sa ressemblance. Pour ce faire, l'écoute de sa Parole est essentielle : "Celui qui est bien formé sera comme son maître" nous dit l'Évangile de ce jour. Il faut se laisser éduquer par Jésus. Le maître dont il est question ici est le "maître d'école", celui qui éduque. Se laisser éduquer en s'imprégnant tout d'abord des Évangiles qui sont, comme l'écrit St Jérôme, le "Corps du Christ". Puis communier à sa Présence à travers les Sacrements par lesquels il nous touche jusqu'au fond de l'être pour nous transformer. Enfin s'ouvrir à la vie fraternelle en laquelle nous sommes invités à mettre en œuvre ce que nous avons reçu, la vie de Jésus. Nous sommes, comme l'écrivent les Pères, des "Porte-Christ". Ce qui demande un décentrement de nous-mêmes pour un recentrement sur Lui. C'est là ce que veut exprimer la grande doxologie de la prière eucharistique : "Par Lui, avec Lui et en Lui".
Si nous ne vivons pas de la grâce de notre baptême au quotidien, nous risquons bien d'être des aveugles qui conduiront d'autres aveugles sans les guider vers la lumière du Christ. Nous dirons savoir, mais nous nous ferons illusion. Il y a des signes de cet aveuglement. L'Évangile de ce jour nous en donne un : "le jugement". Le fait d'être chrétien ne fait pas de nous des "juges" et des "supermans", il nous conduit à nous reconnaître pécheurs, mais pécheurs pardonnés. La reconnaissance de notre incapacité à nous sauver nous-mêmes, nous conduit à l'humilité et à la compassion envers les autres que l'on sait autant aimés de Dieu que nous-mêmes : "Dieu ne fait pas acception des personnes." Le Christ ne juge pas, il donne Sa Vie pour donner la Vie. C'est là notre vocation chrétienne.

mercredi 9 septembre 2009

Parole du jour
(Mercredi 9 septembre)
(Lc 6, 20-26)

Jésus s'était arrêté dans la plaine, et la foule l'entourait.

Regardant alors ses disciples, Jésus dit:

"Heureux, vous les pauvres :
le royaume de Dieu est à vous!

Heureux, vous qui avez faim maintenant :

vous serez rassasiés !

Heureux, vous qui pleurez maintenant :

vous rirez !

Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent

et vous repoussent,
quand ils insultent
et rejettent votre nom comme méprisable,

à cause du Fils de l'homme.

Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie,

car votre récompense est grande dans le ciel :

c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

Mais malheureux, vous les riches :
vous avez votre consolation !

Malheureux, vous qui êtes repus maintenant :

vous aurez faim !

Malheureux, vous qui riez maintenant :

vous serez dans le deuil et vous pleurerez !

Malheureux êtes-vous
quand tous les hommes
disent du bien de vous :

c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.



Qui sont les "pauvres" dont il est question ? ... Ce sont ceux dont parlent le prophète Jérémie : "Heureux l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur et dont le Seigneur est la foi. Il ressemble à un arbre planté au bord des eaux ... son feuillage reste vers ... il est sans inquiétude et ne cesse de porter du fruit." (Jr 17, 7-8)
Qui est le riche ? ... : "Malheureux l'homme qui se confie en l'homme, qui fait de la chair son appui et dont le cœur s'écarte de Yahvé ! Il est comme un chardon dans la steppe ..." (Jr 17, 5-6)
Le pauvre a faim et soif de la Parole de Dieu qui nourrit sa vie intérieure , ajuste et transforme son comportement ... Il est très dérangeant pour ceux qui refuse de suivre ce chemin. Jésus n'a-t-il pas été dérangeant ? ... Qu'en a t-on fait ?
Le riche se nourrit de sa propre parole. Il se fait le centre de tout et écrase autrui. Il ne se rend même pas compte qu'il est dans l'enfermement : "Il ne ressent rien quand arrive le bonheur ..." Il a perdu la notion du discernement et trahit sa nature qui est d'aimer : le service du frère et le don de soi-même.
Il y a deux voies dit Jésus : "Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent." (Mt 7, 13)
(Les Béatitude - Philippe de Champagne)

mardi 8 septembre 2009

Parole du jour
(Mardi 8 septembre)
(Mc 1, 18-23)

Marie, la mère de Jésus,
avait été accordée en mariage à Joseph ;
or, avant qu'ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste,
ne voulait pas la dénoncer publiquement ;
il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet,
lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse :
l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils,
auquel tu donneras le nom de Jésus
(c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s'accomplît
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra
et elle mettra au monde un fils,
auquel on donnera le nom d'Emmanuel,

qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

« Voici que la vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : ‘Dieu-avec-nous’. » La Nativité de Marie que nous célébrons aujourd'hui inaugure la réalité du salut et l'inscription du Verbe de Dieu dans l'histoire des hommes : "Et le Verbe s'est fait chair". En cette fête, nous faisons mémoire du jour où commença la restauration de notre nature humaine. En effet, avec la naissance de la Vierge, le projet de salut voulu par Dieu entrait dans sa réalisation concrète après bien des siècles de préparation (voir Ancien Testament) : le Fils de Dieu allait pouvoir s'incarner en cette femme rendue capable de l'accueillir et de lui donner chair, par son "oui" : "Qu'il me soit fait selon ta parole." St Jean Chrysostome a ce commentaire : "Une femme, du bois, la mort ... une Femme, du bois, la vie." La première femme fut Ève qui en s'appropriant et en mangeant le fruit interdit de l'arbre de vie conduisit l'humanité à sa perte. La seconde, "Marie", qui fidèle jusqu'au pied de l'arbre de la croix, offrit son propre Fils comme Fruit de vie pour l'humanité.
Que Marie, qui naquit pour offrir au Seigneur une demeure sacrée en vue de la Rédemption du monde, nous enseigne à disposer nos cœurs pour que le Christ naisse en nous et se dise à travers nous à tous ceux qui nous sont confiés et bien au-delà ...
(Icône de la nativité de Marie)

dimanche 6 septembre 2009

Parole du jour
(Samedi 6 septembre)
(Mc 7, 31-37)

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon,
il prit la direction du lac de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole.
On lui amène un sourd-muet,
et on le prie de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles,
et, prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit :
« Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s'ouvrirent ;
aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ;
mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient.
Très vivement frappés, ils disaient :
« Tout ce qu'il fait est admirable :
il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Ne regardons pas ce sourd-muet de l'extérieur car il est chacun d'entre nous. Est-ce que je sais Écouter ? ... Parler vrai ? ... Jésus me sauve en me rendant à la véritable "Écoute" qui trouve sa source dans le cœur d'où peut alors jaillir une "Parole" juste ... ajustée. Au Sinaï, Dieu inscrit dans la pierre les "Paroles de vie" que nous appelons les dix commandements. Il le fait avec son doigt et le feu, symbole l'un et l'autre de l'Esprit-Saint, le Souffle de Dieu qui porte la Parole de Dieu. Ici Jésus met ses "doigts" dans les oreilles du sourd ... C'est l'Esprit-Saint qui le guérit de sa surdité. Ensuite, lui la Parole de Dieu incarnée ("La Parole s'est faite chair" 'Jn 1, 13') il prend de la salive qui est de l'eau, symbole de la Parole, pour rendre l'homme à la Parole. Jean Baptiste dira de Jésus qu'il "baptise dans l'eau et le feu". La vie chrétienne consiste à laisser se déployer en nous la grâce de notre baptême ... Oui, vraiment "tout ce qu'il fait est admirable" et il le fait pour chacun d'entre nous si nous savons lui "ouvrir nos cœurs et nos vies".

samedi 5 septembre 2009

Parole du jour
(Samedi 5 septembre)
(Lc 6, 1-5)

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé ;
ses disciples arrachaient et mangeaient des épis,
après les avoir froissés dans leurs mains. Des pharisiens lui dirent :
« Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? »
Jésus leur répondit :
« N'avez-vous pas lu ce que fit David
un jour qu'il eut faim, lui et ses compagnons ?
Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l'offrande,
en mangea, et en donna à ses compagnons,
alors que les prêtres seuls ont la permission d'en manger. »
Jésus leur disait encore :
« Le Fils de l'homme est maître du sabbat. »

Il ne faut pas se tromper ! Ce qui est au cœur de la préoccupation de Jésus, c'est la Personne humaine et non des règles qui aussi importantes soient-elles, ne sont que des moyens. Si celles-ci deviennent un obstacle pour le vrai bien de l'homme, il faut savoir les écarter momentanément. Ne jamais en faire un absolu ! Ainsi des épis arrachés pour apaiser la faim. Le sabbat n'est pas là pour enfermer l'homme. Au contraire, il est le signe de la vie et de la libération.
La vie ! Il se réfère au récit de la création dont il fait mémoire(Ex 20, 8-11). Aussi, si la vie est en danger, la secourir passe avant la "mémoire" qu'on en fait.
La libération ! Il se réfère à la libération des hébreux de l'Égypte, par le passage de la mer rouge (Dt 5, 12-15). Aussi lorsque la liberté de l'homme est en danger, la libération passe avant la "mémoire" de l'évènement.
Jésus est Maître du sabbat. Ce qui est premier pour lui, c'est la vie et la libération de l'homme. Tout en respectant le sabbat, il refuse d'en être esclave et invite à en retrouver le sens en le libérant de ce qui le paralyse et à lui redonner vie.

dimanche 16 août 2009

Parole du jour
(Dimanche 16 août)
(Jn 6, 51-58)

Après avoir nourri la foule avec cinq pains
et deux poissons, Jésus disait :
« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour que le monde ait la vie. »
Les Juifs discutaient entre eux :
« Comment cet homme-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n'aurez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair
et boit mon sang a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet,
ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi, et moi je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
Tel est le pain qui descend du ciel :
il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Jésus a redonné à notre humanité sa pleine unification en se faisant "péché pour nous" : "Il s'est identifié à notre nature pécheresse pour nous identifier à sa Sainteté". La chair, dans la bible, ce n'est pas ... la viande, c'est la Personne dans son unité et son intégralité, telle qu'elle a été voulue par Dieu. Manger sa Chair, c'est ajuster mon humanité blessée, en la sienne, pour qu'elle soit restaurée.
De même, le sang, c'est la Vie et la Vie appartient à Dieu seul qui la donne. Dieu est Vie. C'est ainsi qu'il est interdit de manger le sang : "Vous ne mangerez du sang d'aucune chair car la vie de toute chair, c'est son sang, et quiconque en mangera sera supprimé." (Lv 17, 14). Seul Dieu peut donner son Sang à boire et Dieu se révèle, se dit en Jésus-Christ. En donnant son Sang, Jésus donne sa vie, il donne la Vie et rend celui qui s'en nourri à son unité.
"Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui". Il y a identification ... "Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang a la Vie éternelle". La vie éternelle étant la pleine communion avec Dieu qui est en Lui-même Communion d'Amour, Père, Fils et Esprit-Saint.

samedi 15 août 2009

ASSOMPTION DE MARIE
Parole du jour
(Samedi 15 août)
(Lc 1, 39-56)

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement
vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l'enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation,
l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru
à l'accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,

mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.

Il s'est penché sur son humble servante ;

désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;

Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge

sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras,

il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés,

renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,

il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,

en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s'en retourna chez elle.

Il fallait en effet, médite Jean-Paul II, que « celle qui était la Mère du Ressuscité, fût la première parmi les hommes à participer à la plénitude puissante de sa Résurrection. Il fallait que celle, en qui le Fils de Dieu, auteur de la victoire sur le péché et sur la mort, est venu habiter, fût aussi la première à habiter en Dieu, libre du péché et de la corruption du tombeau : du péché par l’Immaculée Conception ; de la corruption du tombeau, par l’Assomption ».

L'être humain n'existe que comme "être en relation". Lorsqu'il n'y a plus de relation avec autrui, c'est l'enfermement et la mort. Le péché est "relation blessante et blessée" où ne circule plus la sève de l'amour et du don. Nous en faisons tous l'expérience ... Le péché nous disloque, nous divise dans nos relations avec les autres et aussi, surtout, en nous-mêmes. Les Sacrements, Baptême, Réconciliation, Eucharistie ... sont des dons de Dieu pour notre libération et le retour à l'unité de notre être tout entier : "corps, âme et esprit", en Jésus. St Paul écrit aux thessaloniciens : "Que votre être tout entier, corps, âme et esprit, soient rendus saint (= unifié par les liens de l'amour) par l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ". Voici ce qu'écrit Pierre Trévet dans son livre "Paraboles d'un curé de campagne" écrit : "La résurrection promise n'est ni la simple immortalité d'une âme séparée du corps, ni lr retour à la vie d'ici-bas, mais quelque chose de beaucoup plus grand : le corps et l'âme (et l'esprit) rendus l'un à l'autre dans une unité désormais indestructible parce que notre fragilité humaine sera "mise à l'abri en Dieu", selon la magnifique expression du théologien Hans Urs von Balthasar - à l'abri du péché, de la souffrance et de la mort. Dans le credo, nous parlons de la "résurrection de la chair". La chair désigne ici la personne dans son unité et son intégralité, c'est-à-dire tout à la fois son âme et son corps (et son esprit). La vie nouvelle que le chrétien espère ne concerne pas seulement son âme, mais la personne tout entière, telle qu'elle a été créée et voulue par Dieu, et dont le corps est partie intégrante dès le commencement, ce corps dans lequel elle a vécu toute son histoire et est devenue ce qu'elle est".
Marie est la seule créature qui au moment de sa mort comme pendant toute sa vie n'a été que dans le "oui", libre de tout péché et de toute dislocation. Aussi unifiée en son être tout entier "corps, âme et esprit", son corps même ne pouvait demeurer dans la corruption. Sans aucune tâche de corruption, il a été élevé (= transfiguré) dans la Lumière de Dieu. La fête de l'Assomption nous montre, en Marie, notre avenir éternel :
"Je crois en la résurrection de la chair, à la vie éternelle" (credo)

jeudi 13 août 2009

Parole du jour
(Vendredi 14 août)
(Mt 18, 21-35; 19, 1)

Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? »
Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu'à sept fois,
mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.

Qui peut se dire pleinement ajusté sur le réel, sur la vérité ? ... Qui peut se dire pleinement dans l'amour de son frère ? ... Qui peut se dire sans péché ? ... Quelle définition d'ailleurs donner à ce mot un peu en désuétude aujourd'hui, ce qui ne change en rien à sa réalité au cœur de nos vies ? ... Il me semble que l'on peut l'exprimer comme "relation blessante et blessée". L'être humain n'existe pas sans "relation". Il est un être "en relation". C'est là que s'accroche le péché, comme un parasite. : "Je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas ... en réalité ce n'est pas moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi ..." (Rm 7, 14-24)
Il faut savoir séparer la personne et le péché. Je ne suis pas mon péché. Mon frère ne s'identifie pas non plus avec son péché. Il me mène par le bout du nez et je me laisse conduire par lui comme le chien au bout de sa laisse. Le péché s'introduit à travers mes pensées, mes paroles, mes actions et mes omissions ... Le péché me paralyse, m'aveugle, me rend sourd, il est une lèpre qui me ronge etc ... D'Évangile dit que Jésus est venu pour les pécheurs, pour extraire le parasite et rendre l'homme à sa liberté, pardonnant les péchés du paralytique afin qu'il soit libéré, guérit de sa maladie; rendant la lumière a l'aveugle afin qu'il voit; l'ouïe au sourd afin qu"il "écoute" et entende; purifiant le lépreux pour qu'il retrouve une vie sociale ... de relation etc ... Le pardon, il le donnera à tous, comme un "don" de libération "par" delà le péché. Jésus ne regarde jamais l'homme à travers son péché. Il ne l'identifie pas à son péché. Il le regarde dans sa personne en ce qu'elle est vraiment au delà du péché qui peut l'entraver. Et ce qu'elle est : "à l'image de Dieu" et donc en capacité de changer et de grandir pour s'ajuster à l'aspiration fondamentale du "bien" et de "l'amour". Souvent le péché nous dépasse et il le sait : "Père pardonne-leur, car il ne savent pas ce qu'il font." Nous sommes sur un chemin de conversion et de guérison et il y faut du temps. Jésus le sait et il nous accompagne sur ce chemin pour nous rendre à la "santé" (sens du mot "Salut"). Comment alors ne pas accompagner nous-mêmes nos frères et soeurs qui comme nous sont pécheurs et qui ont pu nous blesser plus ou moins gravement comme nous mêmes le faisons envers d'autres. Nous devons les aider à reprendre le chemin en retrouvant la santé.

mardi 11 août 2009

Parole du jour
(Lundi 10 août)
(Jn 12, 24-26)

Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? »
Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux,
et il déclara : « Amen, je vous le dis :
si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants,
vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux.
Mais celui qui se fera petit comme cet enfant,
c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux.

Le plus grand dans le "Royaume des cieux". Le "Royaume des cieux". Le mot araméen "Malkouta" que l'on traduit en français par "Royaume", "Règne", à aussi signification de "Règle", "Enseignement". On peut comprendre "Royaume des Cieux" comme "Parole des Cieux".
Le mot "Cieux" quand à lui, remplace le mot "Dieu". En effet un juif ne prononce jamais le Nom de "Dieu" et le remplace par "Cieux" (Shemaya), "Nom" (Achem) ou "Seigneur" (Adonaï) . La Parole des Cieux, c'est donc la "Parole de Dieu". Le "Royaume des Cieux", c'est en fait pour Jésus la "Thora" qui, accomplie avec justesse et en vérité, c'est-à-dire en Lui, devient "Bonne Nouvelle (Evangélium) .
L'enfant est un"écolier". Il se laisse enseigner de bien des manières. C'est là son éducation. C'est ce qui va le "construire", sens du mot "fils", "bera" en araméen. Il faut devenir comme un enfant, c'est-à-dire "se laisser instruire par Dieu". Et Jésus le dis : "Il est écrit dans les prophètes : 'Ils seront tous instruit par Dieu'. Quiconque s'est mis à l'écoute du Père et à son école, vient à moi." (Jn 6, 45) Jésus est un "Rabbi", un enseignant, un maître d'école ("didascalos" en grec) il éduque, il bâtit son disciple. Le disciple étant celui qui vient à lui pour apprendre, qui se met à sa suite en vue de lui ressembler ("suis-moi !"), lui qui est la Parole incarnée et qui enseigne par son comportement même qui est Parole de vie. Dans les apophtegmes des Pères du désert, on trouve cette réalité : "un jeune vient rencontrer un Abba (Père spirituel) et lui demande de devenir son disciple (= être enseigné par lui). L'Abba lui répond : 'Demeure ici et fais comme moi.' " Dans les Évangiles d'ailleurs, "demeurer, c'est "se mettre à l'école de". Dans ce monde orale, devenir comme un enfant, c'est donc accepter de se mettre à "l'école de Jésus" et se laisser enseigner par Lui.

lundi 10 août 2009

FÊTE DE SAINT LAURENT
Parole du jour
(Lundi 10 août)
(Jn 12, 24-26)

Quelques jours avant la Pâque,
Jésus disait à ses disciples:
"Amen, amen, je vous le dits:
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul; mais s'il meurt,
il donne beaucoup de fruit.
Celui qui aime sa vie la perd ;
celui qui s'en détache en ce monde
la garde pour la vie éternelle.
Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ;
et là où je suis, là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera.

Le milieu du III°s. voit ressurgir les persécutions contre les chrétiens, avec l’empereur Dèce, en l’an 250. Son successeur Valérien reste d’abord plutôt bienveillant, de 253 à 257, mais, comme une partie de son armée a été décimée et que de nombreuses provinces ont été ravagées par la peste, il se laisse convaincre que c’est le résultat de la colère des dieux romaines, irrités par la multiplication des chrétiens dans l’empire. Le culte chrétien et les réunions des chrétiens dans les cimetières sont interdits par décret impérial, en 257.
Or en 258, le pape Sixte II est surpris à célébrer l’eucharistie, au cimetière St Callixte. Il et alors arrêté, condamné à mort et décapité avec six diacres, vers la 7 août. Mais le diacre Laurent responsable des secours financiers de l’Eglise aux pauvres, reçoit lui, un délai de trois jours pour livrer le prétendu trésor considérable supposé par l’empereur et son tribun Parthénius. Alors Laurent s’empresse de distribuer aux pauvres tout l’argent qui leur est destiné.
Puis, trois jours plus tard, il se présente devant l’empereur, avec la foule des indigents, en déclarant : « Voici le vrai trésor de l’Eglise, par le don de leur foi, et parce qu’ils convertissent nos aumônes en trésors inestimables pour nous ». Furieux et déçu, l’empereur Valérien ordonne alors la mise à mort, après un refus d’apostasier, du diacre Laurent. Il est sauvagement torturé et meurt décapité, le 10 août 258.
"Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruits ..."

dimanche 9 août 2009

Parole du jour
(Dimanche 9 août)
(Jn 6, 41-51)

Comme Jésus avait dit :
« Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel »,
les Juifs récriminaient contre lui :
« Cet homme-là n'est-il pas Jésus, fils de Joseph ?
Nous connaissons bien son père et sa mère.
Alors comment peut-il dire :
'Je suis descendu du ciel' ? »
Jésus reprit la parole :
« Ne récriminez pas entre vous.
Personne ne peut venir à moi,
si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi,
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes :
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.

Tout homme qui écoute
les enseignements du Père vient à moi.
Certes, personne n'a jamais vu le Père,
sinon celui qui vient de Dieu :
celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne,
et ils sont morts ;
mais ce pain-là, qui descend du ciel,
celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu'un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c'est ma chair,
donnée pour que le monde ait la vie. »

Jésus se dit le "Pain descendu du ciel", en référence à la "manne" pain donné par Dieu au désert. En se disant le "Pain", il se dit la "Parole". Aussitôt, en effet, il cite la Parole prophétique : "Et ils seron t tous instruit par Dieu", qui réfère au livre de Jérémie au chapitre 31, 31-34 : "Je mettrai ma Torah (Loi) au fond de leur être, je l'inscrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Ils n'auront plus à s'instruire chacun son prochain ... car tous me connaîtront ...". Passage d'une Loi extérieure qu'il faut accomplir à la force des poignets, à une Loi intérieure qui régit du dedans de la Personne. La Manne était extérieure. Jésus, la nouvelle Manne, régit de l'intérieur. Pour qu'il en soit ainsi, il faut s'en nourrir et donc se nourrir de Jésus, pour entrer en pleine communion avec Lui et à travers Lui, avec Dieu : "Tout homme qui écoute les enseignements du Père, vient à moi." La vie éternelle, c'est cette communion réalisé "par Jésus, avec Lui et en Lui", grande doxologie Eucharistique où le prêtre élève le Pain devenu Corps du Christ et le Vin devenu son Sang ... : "Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement."

mercredi 5 août 2009

Parole du jour
(Jeudi 6 août)
(Mc 9, 2-10)

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmène, eux seuls,
à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants,
d'une blancheur telle que personne sur terre
ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse,
et ils s'entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus :
« Rabbi, il est heureux que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,
et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. »
Soudain, regardant tout autour,
ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
En descendant de la montagne,
Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu,
avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d'entre les morts ».

Voici Jésus qui se manifeste tel qu'il est en vérité : "Lumière né de la lumière" (Credo de Nicée). Sa divinité transparaît à travers son humanité, elle la transfigure. Il en est toujours ainsi mais l'homme terni et amoindri dans son humanité par le péché, refus de la Lumière, ne peut le voir tel qu'il est. St Jean, dans sa 1ère lettre écrit : "Nous le verrons tel qu'il est car nous lui serons semblable". Il y faut une purification. Et la purification se fait par la "Foi" en Jésus qui en accomplissant la Thora (Parole de Dieu) en son Humanité, rend notre humanité à son plein accomplissement.
Les trois disciples, par grâce spéciale, sont rendus capable de le voir tel qu'il est. C'est une grâce de contemplation donnée en toute gratuité. Et que voient-ils ? ... Moïse et Élie qui s'entretiennent avec Jésus. Moïse représente la Torah (la Loi) et Élie les prophètes. Or Jésus l'a annoncé :
"Je ne suis pas venu abolir la Torah et les prophètes, mais les accomplir".
Les trois apôtres sont témoins de cette réalité : Le Verbe s'est fait chair ... la Torah s'est faite chair en Jésus. Et la voix du
Père qui se fait entendre dans le Souffle de la nuée (l'Esprit) qui les couvre de son ombre est une reconnaissance et un ordre vital : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !"
C'est cette "écoute active" qui rend à la "Lumière" et donc à la vision de Dieu qui est communion avec Lui.


Il est intéressant de se reporter à Exode 34, 29- 35. Il est dit que "lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les deux tables du Témoignage étaient dans la main de Moïse ... et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait parce qu'il avait parlé avec Dieu ... "
Au Sinaï, Moïse se laisse enseigner par Dieu, il reçoit les dix Paroles de vie que l'on appelle les dix commandements, et il en est transfiguré. Les Israélites sont tellement impressionnés qu'ils ont peur de l'approcher. Ce rayonnement les éblouit ... "et Moïse leur parla". Il leur dit les paroles que Dieu lui a enseignées. Et le peuple "écoute Moïse". Ce qui nous rappelle le : "écoutez-le" de l'Évangile. Puis, "quand Moïse a fini de leur parler, il met un voile sur son visage". Lorsqu'il entre dans la tente de la Rencontre pour parler face à face avec Dieu et recevoir ses enseignements, il ôte le voile jusqu'à sa sortie où il rapporte aux Israélites, la Parole de Dieu. Il dit cette Parole à visage découvert car la Parole qu'il profère au nom de Yahvé illumine et révèle l'Être même de Dieu ... Puis à nouveau il remet le voile.
St Paul a trouvé l'illumination sur le chemin de Damas. Voici ce qu'il raconte : "Soudain une grande Lumière venue du ciel m'enveloppa de sa clarté, je tombais sur le sol et j'entendis une voix qui me parlait ..." Lorsqu'il se relève il ne voit plus rien en raison de l'éclat de cette Lumière. Il faut l'intervention d'Ananie envoyé par le Seigneur pour qu'il retrouve la vue : "Saoul, mon frère, recouvre la vue." Et moi, au même instant je pu le voir." (Ac 22, 6-13) Sa vie est alors transformé. Il écrit plus tard : "C'est quand on se convertit au Seigneur que le voile est enlevé. Car le Seigneur, c'est l'Esprit, et où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur qui est Esprit." (2 CO 3, 16-18)
La Résurrection de Jésus et le don de l'Esprit à Pentecôte sont passées par là et désormais la Présence de Jésus, intérieure à nous-mêmes, nous transfigure chaque jour davantage :
"Jésus le Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas les ténèbres me parler. Jésus, le Christ, Lumière intérieure, donne-moi d'accueillir ton amour." (Chant de Taizé)

Parole du jour
(Mercredi 5 août)
(Mt 15, 21-28)

Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait :
« Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David !
Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit rien.
Les disciples s'approchèrent pour lui demander :
« Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit :
« Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui :
« Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit :
« Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants
pour le donner aux petits chiens. -
C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ;
mais justement, les petits chiens mangent les miettes
qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit :
« Femme, ta foi est grande,
que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.

Dès le début du chapitre 15 de l'Évangile de St Matthieu, nous assistons à la controverse de Jésus avec les pharisiens qui refusent le "pain de sa Parole", de son "Enseignement", pour celui de leurs propres traditions. Jésus les traite "d'hypocrites", c'est-à-dire de "comédiens" et il ajoute ce passage d'Isaïe : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent : les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes humains." (Mt 15, 7-9)
Vient ensuite l'enseignement sur le pur et l'impur. La Parole de Jésus purifie, celle des pharisiens rend impur :
"Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ! Or si un aveugle conduit un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou." (Mt 15, 14)
Jésus quitte alors ses concitoyens qui le refusent pour aller à Tyr et à Sidon, région païenne. Une fois encore, nous découvrons que ce sont ceux qui sont exclus par Israël qui sont parfois les plus proches de Dieu, qui accueillent sa Parole libératrice et guérissante. Jésus met la cananéenne à l'épreuve. Le Pain de sa Parole est pour les "enfants d'Israël" : "Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël." Mais la cananéenne a de la réplique : Les petits chiens domestiques mangent les miettes. Ce que refuse Israël, la Parole de Jésus et Jésus lui-même, les païens l'accueillent et s'en nourrissent avec bonheur.
Le Royaume de Jésus n'est pas de ce monde, il n'est pas comme les Royaumes de ce monde. Avec Jésus, les frontières tombent. Il faut que les Apôtres appelés à prolonger son œuvre le comprennent : tout être humain est appelé à être citoyen de son Royaume. C'est une affaire de cœur et d'accueil de sa Personne : "A tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom ..." (Jn 1, 13) Cela est vrai aussi en l'Église. St Augustin écrit :
"Il y a des gens qui se croit en Église et qui sont hors de l'Église et des gens qui se croit hors de l'Église et qui sont dans l'Église." Parole à méditer pour nous-mêmes. Le Baptême n'est pas une assurance ou un passeport mais un vivre avec Jésus et comme Jésus et un envoi ... « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! »
(la femme "Cananéenne", miniatures du Codex Egbert (vers 980)

mardi 4 août 2009

Parole du jour
(Mardi 4 août)
(Mt 14, 22-36)

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert,
Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l'autre rive,
pendant qu'il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées,
il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier.
Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre,
elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer,
les disciples furent bouleversés. Ils disaient :
« C'est un fantôme »,
et la peur leur fit pousser des cris.
Mais aussitôt Jésus leur parla :
« Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
Pierre prit alors la parole :
« Seigneur, si c'est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. »

Jésus lui dit :
« Viens ! »
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ;
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :
« Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Ayant traversé le lac, ils abordèrent à Génésareth.
Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ;
ils firent avertir toute la région,
et on lui amena tous les malades.

Ils le suppliaient de leur laisser seulement
toucher la frange de son manteau,

et tous ceux qui la touchèrent furent sauvés.


Dans la symbolique juive, la mer, il s'agit du lac de Tibériade, représente le lieu où "niche" les forces infernales. Le lac étant une "mer" de petite dimension (160 Km2), les tempêtes se lèvent avec une grande immédiateté qui surprend et laisse démunie. Jésus, lui, n'est pas touché par la tempête. Il va devoir l'affronter lors de sa passion et de sa mort, mais il va en sortir vainqueur : " Au jour de ma défaite, ils m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui. Et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré, car il m'aime." (Ps 17, 19-20) Les "forces infernales ne peuvent l'atteindre.
Au cœur de nos tempêtes, désormais il est là pour les assumer avec nous :
"Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur !" Confiance ! La "Foi" est notre "arme de victoire" (Ps 17, 2) Jésus nous dit : "viens !" Avance ! Tant que nous lui sommes unis, avec lui nous marchons sur l'eau ... Mais trop souvent, nous le quittons pour nous en sortir par nos propres moyens ... par manque de "Foi",. Le doute nous donne de le considerer peut-être alors comme ... un "fantôme", une illusion ... et c'est le bouillon de l'aveuglement : "Les liens de la mort m'entouraient, le torrent fatal m'épouvantait; des liens infernaux m'épouvantaient : j'étais pris aux pièges de la mort." (Ps 17, 5-6) Alors le "Salut" est dans le retour à la "Foi" et donc à la Personne de Jésus : "Dans mon angoisse, j'appelai le Seigneur; vers mon Dieu je lançais mon cri ..." (Ps 17, 7) Un seule geste à faire, celui de la "Foi" : tendre la main. Alors c'est la surprise de rencontrer une "main déjà tendue, celle de Jésus : "Des hauteurs il tend la main pour me saisir, il me retire du gouffre des eaux; il me délivre d'un puissant ennemi, d'adversaires plus fort que moi." (Ps 17, 17-18) Et dans l'Évangile : "Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : (constatation de Jésus) « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Que se passe-t-il lorsque la "communion" avec Jésus est rétablie : " ... le vent tomba". Et c'est l'action de grâce dans la reconnaissance de Jésus comme "Fils de Dieu" et "Sauveur de celui qui se "fie en Lui" : "Tous ceux qui touchaient la frange de son manteau étaient sauvés."
(Icône : "Pierre marche sur les eaux")