mardi 19 janvier 2010

Parole du jour
(Mercredi 20 janvier)
(1S 17, 32sq)

Le Philistin Goliath venait tous les jours défier l'armée d'Israël.
David dit au roi Saül :
« Que personne ne perde courage à cause de ce Philistin.
Moi, ton serviteur, j'irai me battre avec lui. »
Saül répondit à David :
« Tu ne peux pas marcher contre ce Philistin
pour lutter avec lui,
car tu n'es qu'un enfant,
et lui, c'est un homme de guerre depuis sa jeunesse. »
David insista :
« Le Seigneur,
qui m'a sauvé des griffes du lion et de l'ours,
me sauvera des mains de ce Philistin. »
Alors Saül lui dit :
« Va, et que le Seigneur soit avec toi ! »
David prit son bâton,
il choisit dans le torrent cinq cailloux bien ronds
et les mit dans une poche de son sac de berger ;
puis, la fronde à la main, il marcha vers le Philistin.
Le Philistin s'avança, précédé de son porte-bouclier,
et arriva près de David.
Lorsqu'il le vit, il le regarda avec mépris
car c'était un jeune garçon ; il était roux et de belle apparence.
Le Philistin lui dit :
« Suis-je donc un chien,
pour que tu viennes contre moi avec un bâton ? »
Et il lui lança une malédiction en invoquant ses dieux.
Il dit à David :
« Viens ici, que je te donne en pâture
aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! »
David lui répondit :
« Tu marches contre moi
avec l'épée, la lance et le javelot,
mais moi, je marche contre toi
au nom du Seigneur des armées,
le Dieu des troupes d'Israël que tu as insulté.
Aujourd'hui le Seigneur va te livrer en mon pouvoir,
je vais te tuer, te trancher la tête,
donner aujourd'hui même les cadavres de l'armée philistine
aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages.
Toute la terre saura qu'il y a un Dieu pour Israël,
et tous ces gens rassemblés sauront que le Seigneur
ne donne la victoire ni par l'épée ni par la lance,
mais que le Seigneur combat lui-même,
et qu'il vous livre entre nos mains. »
Goliath s'était avancé et venait à la rencontre de David.
Celui-ci s'élança et courut vers les rangs des ennemis
au-devant du Philistin.
Il plongea la main dans son sac,
et en retira un caillou qu'il lança avec sa fronde.
Il atteignit le Philistin au front,
le caillou s'y enfonça,
et Goliath tomba la face contre terre.
Ainsi David triompha avec une fronde et un caillou :
quand il frappa le Philistin à mort,
il n'avait pas d'épée à la main.
David se précipita, et arrivé près du Philistin,
il lui prit son épée, qu'il tira du fourreau,
et le tua en lui tranchant la tête.
Quand les Philistins virent que leur champion était mort,
ils prirent la fuite.

Le commentaire de l'Évangile d'hier convient également à celui d'aujourd'hui. Aussi je préfère m'arrêter à la première lecture de ce jour : le "combat entre David et Goliath".

Le philistin représente la puissance et la suffisance. Il est sûr de lui : "Viens ici que je te donne en pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! » Je ne puis m'empêcher de penser au passage du livre de Jérémie où il est dit : "Malheur à l'homme qui met sa confiance en l'homme, qui fait de la chair son appui ..." (Jr 16, 5) Cet homme-là, ses forces, il les trouve en lui-même et se surestime. Il se prend pour un dieu : "et dont le cœur s'écarte de Dieu ..." (id.) Ainsi du Philistin ...

David, lui, sait, pour l'avoir expérimenté, que la force ne vient pas de lui : « Le Seigneur, qui m'a sauvé des griffes du lion et de l'ours, me sauvera des mains de ce Philistin. » Décentré de lui-même, il est ancré sur "le Seigneur". Aussi répond-il au Philistin : " Tu marches contre moi avec l'épée, la lance et le javelot, mais moi, je marche contre toi au nom du Seigneur ..." Humainement parlant, il est vaincu, et il le sait, mais Divinement parlant, il est vainqueur et il le croit : "Au jour de ma défaite, ils m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui, il m'a libéré, mis au large, il m'a sauvé, car il m'aime." (Ps 17, 19-20)

C'est l'expérience que Jésus, descendant de David, réalise en lui-même dans le Mystère de sa mort et de sa résurrection : vrai homme (Humain) et vrai Dieu (Divin) . Mort selon les hommes, mais vivant selon Dieu : La Résurrection en est le Signe ... Goliath s'effondre : "David n'avait pas d'épée à la main ..."

(Goliath et David - Enluminure du XIIè siècle)

lundi 18 janvier 2010

Parole du jour
(Mardi 19 janvier)
(Mc 2, 23-28)

Un jour de sabbat, Jésus marchait
à travers les champs de blé ;

et ses disciples, chemin faisant,
se mirent à arracher des épis.

Les pharisiens lui disaient :
« Regarde ce qu'ils font le jour du sabbat !

Cela n'est pas permis. »

Jésus leur répond :
« N'avez-vous jamais lu ce que fit David,
lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim,
lui et ses compagnons ?
Au temps du grand prêtre Abiathar,

il entra dans la maison de Dieu
et mangea les pains de l'offrande
que seuls les prêtres peuvent manger,

et il en donna aussi à ses compagnons. »
Il leur disait encore :

« Le sabbat a été fait pour l'homme,

et non pas l'homme pour le sabbat.

Voilà pourquoi le Fils de l'homme
est maître,
même du sabbat. »

Le Sabbat était devenu une institution d'interdits pour soi-disant honorer Dieu qui après la Création se reposa le 7ème jour. Et il en demeure ainsi dans le judaïsme d'aujourd'hui. L'intention est sans doute bonne, mais au détriment de l'homme. L'homme aurait-il été fait pour le Sabbat ? ... Jésus donnera la réponse : c'est le Sabbat qui a été fait pour l'homme. Aussi ne peut-on faire du Sabbat un absolu et il faut savoir en transgresser les interdits lorsque l'homme est en danger. Jésus démontre à ses adversaires, défenseur de l'absolu du Sabbat, que lorsque leurs profits sont en danger, ils n'hésitent pas à le transgresser. Ainsi lorsqu'un fils ou un bœuf tombe dans un puits ...
Quand il est dit que Dieu se repose, cela ne signifie pas qu'il arrête de donner la vie. Jésus dira au juifs dans l'Evangile selon St Jean : "Moi et mon Père, nous travaillons toujours ..." La vie l'emporte absolument sur la loi du Sabbat. Les deux références données pour cette institution dans l'un des dix Commandements, c'est d'une part la "Création", c'est-à-dire le don de la vie, et d'autre part la "délivrance d'Égypte", c'est-à-dire la libération. Vie et libération l'emporte sur le précepte. St Paul écrit dans une de ses lettres : "La lettre tue, l'esprit donne la vie." Le pourquoi du Sabbat est de magnifier la vie et la libération donnée et réalisée par Dieu, donc la vie et la libération l'emporte sur le précepte. Se nourrir quand il en est nécessaire l'emporte sur le précepte qui, suivit à la lettre devient alors entrave au bien de l'homme ... et donc de Dieu qui veut le bien de l'homme.
Parole du jour
(Lundi 18 janvier)
(Mc 2, 18-22) )

Personne ne met du vin nouveau
dans de vieilles outres ;
autrement la fermentation fait éclater les outres,
et l'on perd à la fois le vin et les outres.
A vin nouveau, outres neuves. »

Jésus semble se définir comme ce vin nouveau, ce vin au goût inconnu, ce vin qui va agacer d'une certaine manière (et c'est bien ce qui se passe avec les pharisiens) et il demande que ce vin ne soit pas mis dans de veilles outres. Il dit même qu'il y a danger. Et pourtant je crois que les disciples eux, s'enivrent de sa présence puisqu'ils ne suivent plus les préceptes des anciens. Si Jésus est le vin nouveau, il y a donc un risque à suivre son enseignement. Il lui faut un contenant approprié; car on ne peut pas le mettre dans une outre qui a servi au vin ancien. Or il est extrêmement facile quand on a goûté à quelque chose, quand on aime cette chose, de ne pas vouloir changer sa manière de voir, de goûter, de comprendre. Quand on a des certitudes, on s'y accroche. On n'a pas du tout envie d'essayer quelque chose qu'on ne connaît pas. Et on va même penser que le nouveau est dangereux (pour notre sécurité) . Cela se vit bien aujourd'hui dans nos églises : il est si difficile de changer sa manière de voir et même de renoncer à s'approprier la Parole. La finale de cette péricope (enfin pas tout à fait, car là je fais référence à l'évangile de Luc : Lc 5,39 ) dit que celui qui a goûté au vin vieux ne veut pas de vin nouveau. En d'autres termes, il n'est pas facile de quitter ses certitudes, de se laisser interroger, renouveler par une Parole que l'on croit connaître et maîtriser. Il n'est pas facile d'être une outre neuve. Mon désir d'aujourd'hui, est que ce vin nouveau fasse exploser la vieille outre que je suis, pour qu'une nouvelle se crée et soit apte à conserver ce vin nouveau. Que ce mouvement de renouvellement soit un mouvement incessant. Pour moi le vin nouveau est d'une certaine manière un vin qui pétille, il a la vie en lui ... (Commentaire : Giboulee)

dimanche 17 janvier 2010

L'Epoux t'invite à l'Alliance

Nous sommes toujours aux noces de Cana, Seigneur.
Tu es parmi nous en ami,
mais nous ne Te connaissons pas.

Tu changes d’un geste clair

L’eau de nos larmes en vin joyeux
du Royaume à venir,
et nous ne le voyons pas.
Nous festoyons, nous Te jetons quelquefois
un regard furtif,
mais nous T’oublions
car nous ne T’avons pas reconnu.

Nous sommes trop ivres
de notre suffisance pour Te contempler.

Tu ne quittes pourtant pas la table de la vie,

Tu veilles à notre faim et Tu es attentif à notre soif.

Le lendemain de Ta présence,
dans le réveil dur de la solitude,

nous avons le cœur pris dans un étau de tristesse.

Nous revoyons soudain Ton regard et Tes gestes,

Et nous regrettons de ne T’avoir rien dit.

Nous aurions aimé Te reconnaître

et Te remercier d'être là, humble et magnifique.

Nous sommes malades d’avoir passé un jour de soleil,

sans même regarder le soleil.

Et si quelqu’un nous dit ce que Tu as fait,

nous voudrions renverser le sablier du temps :

Nous sommes si tristes, si vains,

que nous oublions que Tu nous attends déjà et encore

pour les noces d’aujourd’hui et celles de demain…
Claude Lopez-Ginisty

(Commentaire sur l'Évangile à la suite)

samedi 16 janvier 2010

Parole du jour
(Dimanche 17 janvier)
(Jn 2, 1-11 )

Il y avait un mariage à Cana en Galilée.
La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité
au repas de noces avec ses disciples.


Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit :
« Ils n'ont pas de vin. »
Jésus lui répond :
« Femme, que me veux-tu ?
Mon heure n'est pas encore venue. »
Sa mère dit aux serviteurs :
« Faites tout ce qu'il vous dira. »
Or, il y avait là six cuves de pierre
pour les ablutions rituelles des Juifs ;
chacune contenait environ cent litres.
Jésus dit aux serviteurs :
« Remplissez d'eau les cuves. »
Et ils les remplirent jusqu'au bord.
Il leur dit :
« Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. »
Ils lui en portèrent.
Le maître du repas goûta l'eau changée en vin.
Il ne savait pas d'où venait ce vin,
mais les serviteurs le savaient,
eux qui avaient puisé l'eau.
Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit :
« Tout le monde sert le bon vin en premier,
et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon.
Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.
C'était à Cana en Galilée.
Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Voici Jésus invité à un mariage. Jésus se réjouit avec les hommes, il aime les voir heureux. Dieu est ainsi. Mais voici que le vin manque. Un mariage sans vin ! L'Ancienne Alliance ne peut conduire au plein accomplissement de l'amour ...
Marie intervient :
"Il n'ont plus de vin !" C'est une demande. Jésus se défend : "Mon Heure n'est pas encore venue." Quelle heure ? L'Heure où l'Amour pourra s'accomplir pleinement car l'eau de l'Ancienne Alliance se changera en vin de la Nouvelle Alliance. Accomplissement salutaire pour l'Humanité. L'Heure de la croix, où du côté transpercé de Jésus a jailli l'eau ... et le Sang. A l'Eucharistie, Sacrement de la croix, l'eau changée en vin devient le Sang du Christ. L'Heure du Vin Nouveau, l'Heure du Sang versé, c'est l'Heure des noces de l'Agneau immolé. Le Christ Époux donne sa vie pour l'Église son Épouse, pour nous les hommes. Les noces de Cana sont les Noces de Dieu avec l'humanité. Le christianisme est une religion nuptiale, la religion de l'Amour ... et nous en sommes les bénéficiaires grâce au Sacrifice du "Verbe fait chair".
Parole du jour
(Vendredi 16 janvier)
(Mc 2, 13-17)

Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ;
toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée,

assis à son bureau de publicain
(collecteur d'impôts).
Il lui dit : « Suis-moi. »

L'homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table dans sa maison,

beaucoup de publicains et de pécheurs
vinrent
prendre place avec Jésus et ses disciples,

car il y avait beaucoup de monde.

Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi,

et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains,
ils disaient à ses disciples :
« Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »

Jésus, qui avait entendu, leur déclara :
« Ce ne sont pas les gens bien portants

qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

Dans son dernier livre, Mgr Albert Rouet, Archevêque de Poitiers, écrit dans son dernier livre "J'aimerais vous dire" : "Il me semble que l'opposition fondamentale dans la Bible n'est pas entre le bien et le mal. C'est nous qui lisons les choses de cette façon. L'opposition, dans l'Évangile se tient entre ouverture et fermeture. On constate que des gens peu moraux suivent le Christ et que des gens très moraux ne le suivent pas; tout comme des gens très moraux suivent le Christ et des gens immoraux ne le suivent pas ! Autrement dit, ce n'est pas en bien et en mal que réagit l'Évangile, mais en capacité d'accueil ou de fermeture ... Je peux avoir, par rapport à la vérité morale une relation de pharisien. Je peux avoir une relation d'exclusion, de condamnation, de violence, d'armement politique ... Mais il y a des gens qui sont dans des situation invraisemblables et qui ont une relation tellement juste à ce qu'ils sont, tellement vrais, que ceux-là sont dans une attitude d'ouverture dans laquelle se reconnaît la présence du Christ ..." (p. 130-132) Lévi, ce publicain, collaborateur de l'envahisseur, sans doute un peu (ou beaucoup) voleur de l'argent qui lui passe entre les mains. Rappelons-nous Zachée : "Si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rend le quadruple" (Lc 19, 8), correspond, me semble-t-il, à "ces gens immoraux". La situation qui est la sienne l'a conduit à à une attitude vraie à ce qu'il est et il n'en est pas fier. Aussi lorsque Jésus passe et le regarde sans le condamner mais en l'invitant à le suivre, il s'ouvre à cet appel : " il se leva et le suivit" ... et sa vie en est transformée. Il invite ses amis publicains et pécheurs pour qu'ils fassent la rencontre de Jésus et s'ouvre à sa Présence. Les pharisiens eux, "gens moraux" demeurent fermés : " Il mange avec les publicains et les pécheurs ! " Ils demeurent dans le jugement et la condamnation, l'exclusion. Jésus lui, n'est pas venu pour juger, condamner, exclure, mais pour sauver. Il ne s'arrête pas aux apparences ... "il sait ce qu'il y a en l'homme" ... Et qui peut se dire en bonne santé et sans péché ? ... Chacun, nous avons nos démons ! A chacun de le reconnaître et d'apprendre à les reconnaître.

vendredi 15 janvier 2010

Parole du jour
(Vendredi 15 janvier)
(Mc 1, 40-45)

Jésus était de retour à Capharnaüm,
et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison.
Tant de monde s'y rassembla
qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte.
Jésus leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens
qui lui amènent un paralysé,
porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule,
ils découvrent le toit au-dessus de Jésus,
font une ouverture
et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi,
Jésus dit au paralysé :
« Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

Or, il y avait dans l'assistance quelques scribes
qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ?
Il blasphème.
Qui donc peut pardonner les péchés,
sinon Dieu seul ? »
Saisissant aussitôt dans son esprit
les raisonnements qu'ils faisaient,
Jésus leur dit :
« Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
Qu'est-ce qui est le plus facile ?
de dire au paralysé : 'Tes péchés sont pardonnés',
ou bien de dire :
'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme
a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre,
je te l'ordonne,
(dit-il au paralysé),
lève-toi,
prends ton brancard et rentre chez toi. »
L'homme se leva, prit aussitôt son brancard,
et sortit devant tout le monde.
Tous étaient stupéfaits
et rendaient gloire à Dieu, en disant :
« Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »

J'ai connu une personne tétraplégique qui réconfortait ceux qui la visitait par son rayonnement ... La paralysie dont parle l'Évangile est avant tout celle du cœur. Le péché entrave la vie, il en arrête l'écoulement : "Les fleuves se changent en désert, les sources d'eau en pays de la soif ...". (Ps 107, 35) La relation avec soi-même, avec les autres parce qu'avec Dieu est paralysée. Il y a distorsion de l'être, déchirure et division. Aujourd'hui, on a tendance à relativiser le péché car on a perdu le chemin du paradis, c'est-à-dire du cœur, de l'intériorité. Peut-être que dans le passé, on nous a trop culpabilisés par rapport à celui-ci, nous promettant le jugement inflexible de Dieu, un Dieu en fait plein de miséricorde et venu pour nous sauver, c'est-à-dire nous rendre la santé. Mais ce constat ne nous empêche pas d'être malade ... Jésus est ce Médecin qui peut nous remettre debout en nous libérant des chaînes qui nous entravent et nous empêchent de nous bouger. L'Amour qui guérit est à la porte, Il frappe patiemment, encore fait-il l'ouvrir : " Ce ne sont pas les gens bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades ... je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." (Mt 9, 13) Le pardon et la guérison ! ... Encore faut-il être assez humble pour se reconnaître pécheur et donc malade. C'est le lot de tout être humain. La guérison physique par Jésus, quand il y a - Jésus n'a pas guéri tous les malades - est toujours le signe d'une guérison plus profonde, celle du cœur. Combien de fois dans un Sacrement qui est action de Jésus aujourd'hui comme il a deux mille ans, ai-je pu faire cette constatation, en particulier dans le baptême, la réconciliation et le sacrement des malades ... A l'Eucharistie même, lors de la consécration du vin qui devient le Sang rédempteur du Christ, il est dit : "Prenez et buvez en tous car ceci est la coupe de mon Sang, le Sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés." et juste avant de communier : "... dis seulement une Parole et je serais guéri." Il est lui-même cette Parole de guérison et nous y communions. Puissions nous permettre au Christ de nous dire ces paroles : "Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi." Il ne peut le faire sans notre désir et notre humble adhésion. Les moyens sont à notre portée, encore faut-il les prendre ...

jeudi 14 janvier 2010

Parole du jour
(Jeudi14 janvier)
(Mc 1, 40-45)

Un lépreux vient trouver Jésus ;
il tombe à ses genoux et le supplie :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Pris de pitié devant cet homme,
Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
A l'instant même,
sa lèpre le quitta
et il fut purifié.
Aussitôt Jésus le renvoya
avec cet avertissement sévère :
« Attention, ne dis rien à personne,
mais va te montrer au prêtre.
Et donne pour ta purification
ce que Moïse prescrit dans la Loi :
ta guérison sera pour les gens un témoignage. »

Une fois parti,
cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle,
de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus
d'entrer ouvertement dans une ville.
Il était obligé d'éviter les lieux habités,
mais de partout on venait à lui.


"Jésus continue aujourd’hui à étendre la main et à guérir ses enfants, tout d’abord et en premier lieu à travers les sacrements. Une foi illuminée devrait nous conduire à expérimenter chaque sacrement comme un contact vital avec le Seigneur, transformant et sanctifiant, à l’image de celui qu’il eut avec le lépreux de l’évangile. Avoir cela présent à la conscience lorsque nous nous approchons de la communion eucharistique ou du sacrement de la Réconciliation, nous permettrait sans doute d’en cueillir beaucoup plus de fruit spirituel. Mais Jésus veut aussi prolonger son geste de miséricorde et de recréation à travers chacun de nous. A nous qui avons bénéficié de sa miséricorde, Dieu nous invite à être ses mains et sa voix auprès de tous ceux qui souffrent la maladie physique, morale ou spirituelle. (F. Elie)

mercredi 13 janvier 2010

Parole du jour
(Mercredi 13 janvier)
(Mc 1, 29-39)
En quittant la synagogue,
Jésus, accompagné de Jacques et de Jean,
alla chez Simon et André.
Or, la belle-mère de Simon
était au lit avec de la fièvre.
Sans plus attendre,
on parle à Jésus de la malade.
Jésus s'approcha d'elle,
la prit par la main,
et il la fit lever.
La fièvre la quitta,
et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous les malades,
et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades,
il chassa beaucoup d'esprits mauvais
et il les empêchait de parler,
parce qu'ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, bien avant l'aube,
Jésus se leva.
Il sortit et alla dans un endroit désert,
et là il priait.
Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
Quand ils l'ont trouvé,
ils lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
Mais Jésus leur répond :
« Partons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ;
car c'est pour cela que je suis sorti. »

Il parcourut donc toute la Galilée,
proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues,
et chassant les esprits mauvais.

L'Amour ne peut accepter de rester fermer sur le passé. Ce qui est donné est donné, librement, gratuitement ... Il ne supporte pas d'être idolâtré, comme il ne supporte pas d'être considéré comme un distributeur automatique ou un magicien, un guérisseur. L'Amour se donne dans l'aujourd'hui, il est ouvert sur l'avenir et sur autrui : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ;car c'est pour cela que je suis sorti. » L'Amour presse l'Amour car "l'Amour est sans mesure" (St Bernard) C'est pour cela que Jésus est "sorti " du sein du Père, "qu'il s'est fait homme" de Dieu qu'il était. Libération et guérison sont signes de cet "Amour" qui est le Nom de Dieu Lui-même : "Dieu est Amour" (1 Jn 4, 8) Seul l'Amour fait exister ! Et c'est notre vocation à tous !
La belle-mère de Pierre a la fièvre, elle est couchée. Voici un mal-être symbolique de péché et de mort. Jésus la touche. Par ce toucher, il prend son mal et lui donne Sa vie : "Il la fit lever". C'est le terme que l'on traduit par "ressusciter". Et cette femme reprend le chemin de l'amour : "elle les servait"... Cette guérison me fait penser à la parole que dit le prêtre lorsqu'avant la consécration il dit, en mettant une goutte d'eau dans le vin qui va devenir le Sang du Christ : "Comme cette eau se mêle au vin pour le Sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la Divinité de Celui qui a pris notre Humanité." Admirable échange !

mardi 12 janvier 2010

Parole du jour
(Mardi 12 janvier)
(Mc 1, 21-28)

Jésus, accompagné de ses disciples,
arrive à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit mauvais,
qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais fort bien qui tu es :
le Saint, le Saint de Dieu. »
Jésus l'interpella vivement :
« Silence ! Sors de cet homme. »
L'esprit mauvais le secoua avec violence
et sortit de lui en poussant un grand cri.
Saisis de frayeur,
tous s'interrogeaient :
« Qu'est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité !
Il commande même aux esprits mauvais,
et ils lui obéissent. »
Dès lors, sa renommée se répandit
dans toute la région de la Galilée.

Jésus "enseigne en homme qui a autorité" ... "son enseignement est proclamé avec autorité". L'autorité ? Qu'est-ce que "l'autorité" ? L'autorité, c'est cette faculté de faire grandir l'autre. Ainsi l'enseignement de Jésus qui est juste et vrai, donne espérance et vie à celui qui l'écoute : "Les paroles pleine d'amour sont un rayon de miel : doux au palais, salutaire au corps." (Pr 16, 24) Jésus n'enseigne pas pour plaire aux gens ou les manipuler, les dominer, comme font les scribes, mais pour les sauver. Sa Parole rejoint les profondeurs de l'homme où en écho se fait entendre la Parole créatrice qui révèle l'amour de Dieu pour chacun, un amour qui fait exister : "De Lui nous avons reçu la vie, le mouvement et l'être ... nous sommes de sa race." (Ac 17, 28) Les signes que Jésus posent vont dans le même sens : Il libère, Il guérit, il rend la santé (salut). Il redonne à l'homme son unité perdu par le péché qui l'écartelle et le divise en lui-même et donc dans sa relation avec autrui (sens du mot "diable" : le diviseur). La sainteté est cette réunification de l'être : "Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie, et que votre être tout entier, l'esprit, l'âme et le corps, soit rendu Saint par l'avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est fidèle celui qui vous appelle : c'est encore Lui qui fera cela." (1 Th 5, 23-24) L'enseignement définitif dont l'autorité se révèlera en sa plénitude sera donné en Jésus lui-même par la Parole de la Croix. Une Parole qui ne cesse de résonner dans le monde comme "le levain dans la pâte" (Mt 13, 33) ...

lundi 11 janvier 2010

Parole du jour
(Lundi 11 janvier)
(Mc 1, 14-20)

Après l'arrestation de Jean Baptiste,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis,
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous
et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Passant au bord du lac de Galilée,
il vit Simon et son frère André
en train de jeter leurs filets :
c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit :
« Venez derrière moi.
Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant là leurs filets,
ils le suivirent.

Un peu plus loin,
Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient aussi dans leur barque
et préparaient leurs filets.
Jésus les appela aussitôt.
Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers,
ils partirent derrière lui.

On est peut-être trop habitué à la Bible, sans d'ailleurs bien la connaître ... Il faut réentendre ce que portent les mots. Ce que Jésus annonce, c'est une "Bonne Nouvelle" ! C'est ce que signifie le mot "Évangile". Mais l'Évangile est-il vraiment "Bonne Nouvelle" pour moi ? ... Recevoir une "Bonne Nouvelle" chamboule une vie ! La lettre que je reçois me rend présent celle ou celui qui l'envoie. St Jean Chrysostome écrit : "Dieu a recours au moyen qui réunit ceux qui sépare une grande distance, il leur envoie une lettre ..." (ho 2 sur la Gn) Les Évangiles me rendent présent celui-là même qui est "Bonne Nouvelle" au cœur de mon existence. Noël nous le rappelait, ce n'est pas Lui qui est loin de nous, c'est nous qui avons tendance à vivre loin de lui ... Lui, Il est " l'Emmanuel", "Dieu toujours avec nous" (Mt 1, 22).
Ce "Règne de Dieu qui est tout proche", ce n'est pas celui d'un potentat, c'est celui de l'Amour : "Dieu est Amour" (1 jn 4, 8) . La croix, toute proche, établira ce Règne par le don total qu'Il fera de sa vie, pour nous.
La "conversion", c'est justement le rejet de l'oubli pour nous unir à Lui dans le quotidien, le concret, les circonstances diverses, heureuses ou moins heureuses, de notre vie. Rien en dehors de Lui : "Hors de moi, vous ne pouvez rien faire ... demeurez en moi comme moi en vous." (Jn 15, 5 sq)
Croire à la "Bonne Nouvelle"
, c'est croire en Jésus Christ, Fils de Dieu venu en notre chair, dont la grâce de Salut imbibe toute notre existence.
Chacun, Il nous prend là où nous sommes - là où nous en sommes - comme Il rejoignit les premiers disciples sur leur lieu de travail, et il dit à chacun : "Suis-moi !"... Et c'est à chaque instant qu'il nous appelle ! ... Il est toujours temps de le prendre pour "Chemin" : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie." (Jn 14, 6)

dimanche 10 janvier 2010

Parole du jour
(Dimanche 10 janvier)
(Jn 3, 22-30)

Le peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie.
Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus puissant que moi.
Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner
pour nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier ;
quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. »
Par ces exhortations et bien d’autres encore,
il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.
Hérode, prince de Galilée, avait reçu des reproches de Jean
au sujet d’Hérodiade, la femme de son frère,
et au sujet de tout ce que lui, Hérode, avait fait de mal.
A tout le reste il ajouta encore ceci :
il fit enfermer Jean Baptiste en prison.
Comme tout le peuple se faisait baptiser
et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi,
alors le ciel s’ouvrit.
L’Esprit Saint descendit sur Jésus,
sous une apparence corporelle,
comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre :
« C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »

Le baptême de Jean était un baptême donné selon l'Ancien Testament. Un appel à suivre la Thora. L'eau, en effet, dans la Bible, est le symbole de la "Parole de Dieu". Plongé dans l'eau, le baptisé s'engageait à vivre de la Parole de Dieu par une conversion de vie. Mais comme tout l'Ancien Testament le montre, l'homme ne peut par lui-même accomplir cet ajustement sur la Parole de Dieu.
En Jésus qui se fait baptiser, c'est toute l'humanité dont il s'est fait solidaire en se faisant homme, qui est plongée avec et en Lui. C'est ainsi que l'eau du Jourdain elle-même est sanctifiée car c'est celui qui est la Parole de Dieu qui est plongée dans l'élément (l'eau) qui en est le symbole. C'est ainsi qu'en Jésus, l'Humanité est rendu capable de conversion : "La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien." (Tt 2, 11-12) Cette grâce, c'est Jésus lui-même : "
Après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ". (Jn 1, 17) La grâce, c'est la Parole pleinement ajustée. Il est cette Parole qui nous réajuste ...
Son baptême est aussi préfiguration de sa Passion et de sa mort : Plongé dans la mort par le don libre de sa vie, dans son dernier souffle, il répand le Souffle divin, celui qui porte la Parole : "Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit (ou répandit l'Esprit)." (Jn 19, 30) C'est dans l'instant ultime du don de sa vie, sommet de l'Amour, que l'Esprit renouvelle l'Humanité qu'Il s'est unie en la réajustant sur la Parole. Comme en Lui, il n'y a aucune détérioration de quelqu'ordre que ce soit, Il est sans péché, Il ne peut demeurer dans la mort et rebondit dans la vie. En Lui, nous sommes ressuscité.
Notre propre baptême réalise ce processus : "Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec Lui ... Sa mort est une mort au péché une fois pour toutes; mais sa vie est une vie à Dieu. Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus." (Rm 6, 8-11) "Le ciel s'ouvre, signe de la réconciliation avec le Père, l'Esprit descend et la voix du Père se fait entendre : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Cette Parole dite à Jésus, le Fils bien-aimé, est dite à chacun d'entre nous. Après avoir été baptisé "Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit", le célébrant explique : "Tu es devenu une création nouvelle, tu a revêtu le Christ." (Rituel)

samedi 9 janvier 2010

Parole du jour
(Samedi 9 janvier)
(Jn 3, 22-30)

Jésus se rendit en Judée,
accompagné de ses disciples ;
il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, de son côté,
baptisait à Aïnone,près de Salim,
où l'eau était abondante.
On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n'avait pas encore été mis en prison.
Or, les disciples de Jean s'étaient mis à discuter
avec un Juif à propos des bains de purification.
Ils allèrent donc trouver Jean et lui dirent :
« Rabbi, celui qui était avec toi
de l'autre côté du Jourdain,
celui à qui tu as rendu témoignage,
le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit :
« Un homme ne peut rien s'attribuer,
sauf ce qu'il a reçu du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j'ai dit :
Je ne suis pas le Messie,
je suis celui qui a été envoyé devant lui.
L'époux, c'est celui à qui l'épouse appartient ;
quant à l'ami de l'époux, il se tient là,
il entend la voix de l'époux, et il en est tout joyeux.
C'est ma joie, et j'en suis comblé.
Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue. »

Il est des paroles qu'il faut méditer car elles sont porteuses de paix et de bonheur. Ainsi de celles-ci : "Un homme ne peut rien s'attribuer, sauf ce qu'il a reçu du Ciel". St Paul écrira : "Que n'as-tu que tu n"aies reçu ?". Alors, comment se faire propriétaire de ce que l'on a, en particulier de ses dons ? ... Tout est pour le service d'autrui. Il y a une complémentarité dans les dons pour que nous ayons tous besoin les uns des autres et qu'ensemble nous nous disions "Dieu" de qui nous avons tout reçu. Et notre joie doit être celle de l'ami de l'Epoux lorsque nous voyons notre sœur ou notre frère en humanité s'épanouir, s'accomplir : "L'Epoux, c'est celui a qui l'épouse appartient; quant à l'ami de l'Epoux, il se tient là, il entend la voix de l'Epoux, et il en est tout joyeux ..." Cela demande un dessaisissement de soi comme lorsque Jésus quitte ses vêtements pour laver les pieds de ses disciples, un décentrement : "Lui, il faut qu'Il grandisse et que moi je diminue."

mardi 5 janvier 2010


Que le Seigneur te bénisse !
La première parole que Dieu nous adresse au début de cette "Nouvelle Année" est tirée du livre des nombres (6, 22-27) :
"Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,
qu'Il se penche vers toi !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage,
qu'Il t'apporte la paix !
C'est ainsi que mon Nom sera prononcé ... et moi je bénirai."
C'est ainsi que je prononce sur vous et vos familles le Nom du Seigneur. Il est "l'Emmanuel", Dieu toujours avec nous ...
Et puissions-nous en cette année 2010 le prononcer sur chacune et chacun de ceux que nous rencontrerons quelqu'en soient les circonstances. La vie en sera plus belle et plus féconde ...

vendredi 25 décembre 2009


Dans l'impossibilité de préparer la "Parole du jour"
pendant quelques jours,
je vous invite à ruminer et à vous laisser interpeller
par les textes de la Parole de Dieu
offerts chaque jour pour la Messe.

"Souvent nous entendons la Parole de Dieu et l’avalons sans même prendre le temps de la mâcher... Aussitôt, cette nourriture avalée est oubliée. Observez les ruminants comme la vache par exemple. Elle coupe l’herbe sans la mâcher et peut ainsi ingurgiter une grande quantité d’herbe par jour. Celle-ci est accumulée dans la panse puis, après un certain temps, l’animal se met à ruminer, c'est-à-dire qu’elle régurgite le contenu de sa panse dans sa bouche et le mâche à nouveau. Ainsi pulvérisée, cette nourriture pourra être à nouveau avalée puis commencera la digestion qui durera trois jours. Cette nourriture la nourrit et lui donne vie ...
Les Ecritures ne sont pas des paroles d’hommes, mais la Parole de ‘Dieu’ qui ne périt pas, qui demeurera toujours, qui est toujours vivante, parlante pour chacun d’entre vous. Mais encore faut-il comme la vache, pouvoir l’accueillir avec bonheur chaque jour, la mâcher, la remâcher jusqu’à ce qu’elle nous parle et puisse accomplir son œuvre de transformation ..." (Anonyme)
NOËL

Parole du jour

(Jeudi 24, Vendredi 25 décembre)
(Lc 2, 1-14)

En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
— ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. —
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée,
pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem,
car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie,
son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là,
arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers
qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit :
« Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer
une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David.
Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né emmailloté
et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »

Le Fils de Dieu n'est pas arrivé sur terre comme une météorite en disant : "C'est moi !" Il s'est inséré dans une histoire, celle du Peuple de Dieu, au temps de l'Empereur Auguste. Il naît pendant un recensement. Il naît dans une famille bien défini et ... il ne fait pas de bruit ! Il se présente non avec les oripeaux d'un Roi, mais sous les traits d'un enfant couché sur la paille. Déjà cela devrait nous alerter sur l'identité de Dieu, nous qui avons toujours des idées de grandeur et de domination. Dieu n'est pas ainsi. Il se présente fragile et se remet entre les mains des hommes et ceux-ci en feront ce qu'ils veulent. Le fin mot sera la Croix" ! Mais Dieu a quelque chose de particulier par rapport à nous : Il est "l'Amour". Cet Amour auquel nous aspirons, mais que si souvent nous bafouons ... Noël, c'est l'annonce de la Bonne Nouvelle de l"Amour" en ce que ce mot a de plus noble, qui s'incarne : "Aujourd'hui vous est né un Sauveur." Amour rime avec Salut. C'est que l'Amour fait exister, nous le savons ... L'Amour libère, il guérit, il rend la Santé. C'est déjà vrai entre des humains. Mais notre amour est toujours limité avec des hauts et des bas ... l'égocentrisme et autres maladies nous terrassent trop souvent. L'Amour de Dieu lui est toujours identique à lui-même car c'est sa nature. La révélation et la preuve en sont la croix : "Voilà ce que fait l'Amour invincible du Seigneur de l'univers." (Is 9, 6)
L'Amour, nous le contemplons sous les traits d'un Enfant qui reçoit nom "Jésus", ce qui signifie justement "Dieu Sauve". Couché dans une mangeoire, lieu où mangent les animaux, il offre déjà sa vie. Il s'offre déjà en nourriture, dans cette ville de Bethléem dont le nom signifie "la Maison du Pain". Il est ce "Pain" dont nous sommes appelés à nous nourrir pour qu'il prenne Corps en nous : "Et le Verbe s'est fait chair" (Jn 1, 14) pour que la chair, notre Humanité, devienne Verbe. L'Eucharistie, c'est Noël comme c'est Pâques, et la Pentecôte ... au quotidien.

jeudi 24 décembre 2009


Endormies
par tant et tant de veilles
les étoiles d'un coup
se sont mises à danser
Plus lumineux que soleil
sur la paille dorée
l'Enfant-Roi
repose en silence
en ses langes serrés

Le boeuf et l'âne
réchauffent ton sommeil
La brebis et l'agneau
se couchent à tes pieds
Les bergers s'émerveillent
courbés sur leurs bâtons
Marie et Joseph
s'affairent en silence
Tu es là, doux et faible
Présence légère
illuminant l'étable et les vallons

Né au creux du terroir
aux odeurs animales
sans or ni argent
couché en la mangeoire
l'Enfant-Roi
au cœur extasié
s'offre en silence
en ses rêves imagés

L'oiseau en son vol
plane dessus l'étable
en un ciel étoilé
où l'astre des mages
trône en royauté
En son bec
il porte le bois ...
P.R.
Parole du jour
(Jeudi 24 décembre)
(Lc 1, 67-79)

À la naissance de Jean Baptiste,
Zacharie, son père,
fut rempli de l'Esprit Saint
et prononça ces paroles prophétiques :
« Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
parce qu'il a visité son peuple
pour accomplir sa libération.
Dans la maison de David, son serviteur,
il a fait se lever une force qui nous sauve.
C'est ce qu'il avait annoncé autrefois
par la bouche de ses saints prophètes :
le salut qui nous délivre de nos adversaires,
des mains de tous nos ennemis.
Il a montré sa miséricorde envers nos pères,
il s'est rappelé son Alliance sainte :
il avait juré à notre père Abraham
qu'il nous arracherait aux mains de nos ennemis,
et nous donnerait de célébrer sans crainte
notre culte devant lui, dans la piété et la justice,
tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant,
on t'appellera prophète du Très-Haut,
car tu marcheras devant le Seigneur
pour lui préparer le chemin,
pour révéler à son peuple qu'il est sauvé,
que ses péchés sont pardonnés.
Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu ;
grâce à elle, du haut des cieux,
un astre est venu nous visiter ;
il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres
et dans l'ombre de la mort,
pour guider nos pas sur le chemin de la paix. »

Voici un cantique plein d'espérance et porteur de révélations : Dieu "visite" son peuple pour accomplir sa "libération". Dieu vient nous libérer ! C'est Lui qui fait se lever "une Force qui nous sauve". Cette "Force" c'est le Fils de Dieu, son Fils, qui se fait l'un de nous en cet Enfant qui naît dans la nuit, notre nuit, pour nous rendre à la Lumière. La Salut, c'est cette Lumière, la "Santé" qu'Il nous rend car nous sommes tous malades en nos âmes : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ... non pour les justes, mais pour les pécheurs". C'est ainsi qu'Il nous "arrache aux mains de nos ennemis", nos ennemis des profondeurs ...
A la fin du cantique, Zacharie parle de "l'Astre qui vient nous visiter" et dit :
"Il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour guider nos pas sur le chemin de la paix." Et Zacharie révèle que le cœur de Dieu est plein de "miséricorde" et de "tendresse". La mission de Jean est de préparer à cette découverte : "... tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu'il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés." Laissons-nous toucher par cette Bonne Nouvelle !

mercredi 23 décembre 2009

Parole du jour
(Mercredi 23 décembre)
(Lc 1, 57-66)

Quand arriva le moment
où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent
pour la circoncision de l'enfant.
Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père.
Mais sa mère déclara :
« Non, il s'appellera Jean. »
On lui répondit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l'appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Son nom est Jean. »
Et tout le monde en fut étonné.
A l'instant même, sa bouche s'ouvrit,
sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors les gens du voisinage,
et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.

La joie est contagieuse. Voici que "les voisins et sa famille" se réjouissent de la Naissance de l'enfant de Zacharie et d'Élisabeth. Ils y reconnaissent l'intervention de Dieu : "Sa miséricorde". En hébreu, le mot miséricorde signifie "Entrailles maternelles". Dieu a des "Entrailles maternelles". Il connaît les sentiments d'une mère, comme elle, il veut la Vie ... il donne la Vie. En ce sens, Dieu est à la fois Père et Mère ...
L'Enfant qui naît demeure de l'Ancienne Alliance. La Nouvelle Alliance se réalisera en Jésus. Mais s'il y a en lui continuité par rapport aux prophétisme, il y a aussi rupture. Il est celui qui met la main de l'Épouse (l'Église), ses propres disciples, dans la main de l'Epoux, Jésus-Christ : "Regardant Jésus qui passait, il dit : "Voici l'agneau de Dieu." Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus ..." (Jn 1, 36)
Cette rupture est signifiée dans le don de son nom. En Israël, la tradition veut que le fils premier-né porte le nom de son père :
"Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. " Son Père lui-même le confirme : "Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Cette reconnaissance de la part de Zacharie exprime son passage de la "non-foi", la stérilité, à la Foi, la fécondité dans la reconnaissance du don de Dieu. Aussitôt, il retrouve l'usage de la parole car il croit désormais en la Parole "dite de la part de Dieu", Parole qui se dit à travers son fils qui vient de naître. Immédiatement, il entre dans la "bénédiction" et c'est, "rempli de l'Esprit-Saint", qu'il prononce son cantique d'action de grâce (Lc 1, 67-79) ...
Le nom de "Jean" signifie "grâce". L'enfant qui vient de naître aura mission d'orienter les cœurs vers l'Enfant à naître qui est la "Grâce" incarnée ...
(Naissance de St Jean Baptiste. Enluminure "Petites heures" de Jean de Berry)

mardi 22 décembre 2009

Parole du jour
(Mardi 22 décembre)
(Lc 1, 24-36)

Marie rendit grâce qu Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés,renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s'en retourna chez elle.

Le Magnificat fait penser à cette Parole de Jésus exultant de joie dans l'Esprit-Saint : « Je te bénis Père d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélés aux humbles » (Mt 11, 25) . Marie est de ces anawims , les pauvres de cœur ... Décentrée d'elle-même, burinée par la Parole de Dieu sans cesse ruminée, elle est à l'écoute et tout son être s'ajuste sur ce qu'elle entend. Sa réponse change la face du monde : "Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta Parole." (Lc 1, 38) Aussi, "tous les âges la diront "Bienheureuse" ! Mais elle sait que cette capacité à dire "oui" lui vient de celui qui l'appelle : "Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom." Aussi se reconnaît-elle "humble servante". Ce "Puissant" est "l'Amour" en sa toute puissance, car en Dieu il n'y a pas d'autre puissance. C'est une Puissance de Vie, une Puissance de Salut, c'est-à-dire de libération. Une libération offerte à tout le peuple d'Israël ... à toute l'humanité : "Prenez et buvez en tous, car ceci est le Sang de l'Alliance Nouvelle et Éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés". C'est le Sang de Dieu, Lui qui prend chair en Marie ... c'est le Sang de Marie qui donne à Dieu de s'incarner ... c'est le Sang d'une Humanité purifiée, la notre ... Le chant du Magnificat qui est un chant de victoire comme on en retrouve au long de l'Ancienne alliance (Ex 15, 1-21; 1 S 2, 1-10; Is 61, 10-11 etc ...) oriente vers le Mystère Pascal où "l'Amour invincible de Dieu" (Is 9, 6) triomphera de la mort en triomphant du péché ...