lundi 14 mars 2011

Parole de Dieu
Mt 25, 31-46
Jeudi 13 mars

Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
'Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume préparé
pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ;
j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ;
j'étais malade, et vous m'avez visité ;
j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !'
Alors les justes lui répondront :
'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ?
tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?'
Et le Roi leur répondra :
'Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits
qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.'

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
'Allez-vous-en loin de moi, maudits,
dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges.
Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ;
j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ;
j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ;
j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.'
Alors ils répondront, eux aussi :
'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif,
être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?'
Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits,
à moi non plus vous ne l'avez pas fait.'

Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

En entendant cette Parole de Jésus, un question se pose : "Comment est-ce que je vis ma relation à l'autre ? ... Comment est-ce que je le considère ? ... Jésus nous dit : "En chacun qui se présente à toi, c'est Moi que tu reçois ou que tu ne reçois pas ! En tout être humain, il est là, plus intime à la personne que ne l'ait la personne à elle-même. St Augustin écrit : "Dieu plus intime à moi-même que moi-même." et encore "Tu étais au dedans de moi et je te cherchais au dehors ..." Ce qui étais vrai pour augustin l'est pour tout être humain. Aussi ne pas accueillir l'autre avec amour, c'est blessé Dieu lui-même. Mère Térésa aimait dire que le lieu où elle aimait rencontrer le Christ, c'était dans l'Eucharistie et dans le pauvre : "Ce que aurez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait."

Parole de Dieu
Mt 4, 1-11
Dimanche 13 mars

Jésus, après son baptême, fut conduit au désert
par l'Esprit pour être tenté par le démon.
Après avoir jeûné quarante jours
et quarante nuits, il eut faim.

Le tentateur s'approcha et lui dit :
« Si tu es le Fils de Dieu,
ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Mais Jésus répondit : « Il est écrit :
Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le démon l'emmène à la ville sainte,
à Jérusalem, le place au sommet du Temple
et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et :
Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui déclara :
« Il est encore écrit :
Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le démon l'emmène encore
sur une très haute montagne et lui fait voir
tous les royaumes du monde avec leur gloire.
Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai,
si tu te prosternes pour m'adorer. »
Alors, Jésus lui dit :
« Arrière, Satan ! car il est écrit :
C'est devant le Seigneur ton Dieu
que tu te prosterneras,
et c'est lui seul que tu adoreras. »


Alors le démon le quitte.
Voici que des anges s'approchèrent de lui,
et ils le servaient.


Jésus vient d'être baptisé, il est rempli de l'Esprit-Saint qui le conduit au désert. Ne pas oublier que le mot "désert" signifie "lieu de la Parole". Les premiers chrétiens qui recevront le nom de moines partiront eux aussi au désert à la suite de Jésus. Et qu'y font-il ? Ils apprennent et ruminent la "Parole de Dieu". Voici leur pain quotidien. Et c'est vrai aujourd'hui encore dans les monastères. La Parole de Dieu est essentielle dans le combat spirituel. Jésus nous le démontre. Le démon semble la connaître cette "Parole" et cherche à faire chuter Jésus en en faisant des flèches ... Et Jésus lui répond par le bouclier de la "Parole" ... Et le démon est vaincu. Le moment fixé de son retour sera l'Heure de la grande tentation : la passion et la croix. Mais Jésus sur la croix se révélera comme la Parole de Dieu. Par le don de sa vie pour la multitude, il accomplira définitivement" la Torah et les prophètes", la Parole de Dieu.
C'est un appel pour nous à se mettre à la table de la Bible pour manduquer la Parole, la ruminer et s'en imprégner. Commençons par les Évangiles qui sont l'accomplissement et la clef de toutes les Ecritures. Si les moines y consacrent leur vie, St Jean Chrysostome, un grand Evêque du IV ème sc écrivait que "les gens du monde en avait encore plus besoin car ils étaient davantage exposés aux tentations du monde".

samedi 12 mars 2011

Parole de Dieu
Lc 5, 27-32
Samedi 12 février

Jésus remarqua un publicain (collecteur d'impôts)
du nom de Lévi assis à son bureau de publicain.
Il lui dit: "Suis-moi."
Abandonnant tout, l'homme se leva
et se mit à le suivre.
Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ;
il y avait une grande foule de publicains
et d'autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti
récriminaient en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes
mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent.

Le regard de Jésus est un regard qui donne la vie. Il est un regard plein de lumière et d'amour. Il donne existence et fait se lever. C'est ce qui est arrivé à Matthieu tout brouillé intérieurement par son état de publicain et le rejet de ses concitoyens. Voici que quelqu'un plonge son regard dans ses profondeurs et il se sent reconnu en vérité pour qui il est vraiment, au delà même de son péché. Alors il est libéré, purifié, guéri, rendu à son identité vraie et il se lève et suis Jésus. Et nous quel est notre regard sur autrui ? ... Laissons-nous regarder par Jésus dans la prière et notre regard sur nos frères et soeurs en humanité, sur notre prochain, sera porteur de Vie !

Méditation :

"Deviens Lumière - Deviens lumière et tu verras la lumière. Où est le SOLEIL qui dissipera les ténèbres du tunnel sans issue où l’humanité titube dans le cauchemar sanglant de ses haines et de ses peurs ? En TOI.
Dieu est toujours déjà là, comme le Soleil caché en nous : c’est nous qui sommes absents, c’est nous qui sommes le mur qui fait écran à sa Lumière…
Toute la perfection chrétienne, c’est Jésus-Christ vivant en nous, dans notre esprit, dans notre cœur, dans notre sensibilité, dans notre chair, dans notre action, dans notre conduite. La vertu chrétienne n’est pas un exercice d’acrobatie sur la corde raide du stoïcisme, la vertu chrétienne c’est la vie du Christ se communiquant à travers nous à toute l’humanité, à condition que nous laissions vivre le Christ dans toute sa puissance. Il ne s’agit donc non pas de notre salut, mais de la vie de Dieu qui est remise entre nos mains. La vocation chrétienne est d’être le visage de Dieu. L’Eglise, c’est nous … Les hommes ne peuvent être sauvés par des discours, mais seulement par une présence, et cette présence ne peut leur apparaître normalement qu’à travers un visage humain.
Soyons le vitrail où chante le Soleil !"

(Maurice Zundel - « A l’écoute du silence »)

vendredi 11 mars 2011

Parole de Dieu
Mt 9, 14-15
Vendredi 11 mars

Parole du Seigneur :"
Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas !
Que ta voix résonne comme le cor !
Dénonce à mon peuple ses fautes,
à la maison de Jacob ses péchés.
Ils viennent me consulter jour après jour,
ils veulent connaître mes chemins.
Comme une nation qui pratiquerait la justice
et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu,
ils me demandent de leur faire justice,
ils voudraient que Dieu se rapproche.
« Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ?
pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? »
Oui, mais le jour où vous jeûnez,
vous savez bien trouver votre intérêt,
et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles,
en coups de poings sauvages.
Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui
que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît ?
Est-ce là votre jour de pénitence ?
Courber la tête comme un roseau,
coucher sur le sac et la cendre,
appelles-tu cela un jeûne,
un jour bien accueilli par le Seigneur ?

Quel est donc le jeûne qui me plaît ?
N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes,
délier les attaches du joug,
rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim,
recueillir chez toi le malheureux sans abri,
couvrir celui que tu verras sans vêtement,
ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore,
et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi,
et la gloire du Seigneur t'accompagnera.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ;
si tu cries, il dira : « Me voici. »


Voici un passage du livre d'Isaïe qui demande à être méditer et qui correspond bien aux Évangiles. Jeûner pour jeûner n'a pas de sens. Jeûner parce que c'est la loi et que l'Église le demande, non plus. Jeûner pour être en règle, également. Jeûner pour que Dieu satisfasse nos besoins et nous obéisse dans nos demandes est une insulte. Surtout si en plus ce jeûne est hypocrite ... Nous ne sommes pas dans le donnant/donnant avec Dieu et ne devons d'ailleurs pas l'être avec les autres ... Il ne s'agit pas non plus d'autoguérison ou de jeûne thérapeutique ...

Le jeûne auquel nous sommes appelés, le jeûne spirituel qui agit sur toutes les dimensions de l'être : corps, âme et esprit, et rend plus plus réceptif à l'écoute intérieure et aux besoins des autres ... Ce jeûne se nourrit de la manducation de la Parole de Dieu et de la prière et ouvre à la charité. C'est de ce jeûne-là que parle Jésus dans l'Évangile de ce jour (Mt 9, 14-15) : "Un temps viendra où l'Epoux leur sera enlevé, et alors ils jeuneront." Le vrai jeûne doit conduire à vivre les paroles de Dieu transmises par Isaïe et qu'il nous faut méditer : Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? (Lc 4, 16-20) N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, (cf Mt 25, 14-40) ne pas te dérober à ton semblable ?Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Ce jeûne conduit à l'union avec Dieu car il nous rend semblable à Lui. On ne jeûne bien qu'avec le cœur !

Pour aider à la réflexion, méditation du Père Joseph-Marie (Famille de Joseph) :

"Voici un passage du livre d'Isaïe qui demande à être méditer et qui correspond bien aux Évangiles. Jeûner pour jeûner n'a pas de sens. Jeûner parce que c'est la loi et que l'Église le demande, non plus. Jeûner pour être en règle, également. Jeûner pour que Dieu satisfasse nos besoins et nous obéisse dans nos demandes est une insulte. Surtout si en plus ce jeûne est hypocrite ... Nous ne sommes pas dans le donnant/donnant avec Dieu et ne devons d'ailleurs pas l'être avec les autres ... Il ne s'agit pas non plus d'autoguérison ou de jeûne thérapeutique ...

Le jeûne auquel nous sommes appelés, le jeûne spirituel qui agit sur toutes les dimensions de l'être : corps, âme et esprit, et rend plus plus réceptif à l'écoute intérieure et aux besoins des autres ... Ce jeûne se nourrit de la manducation de la Parole de Dieu et de la prière et ouvre à la charité. C'est de ce jeûne-là que parle Jésus dans l'Évangile de ce jour (Mt 9, 14-15) :
"Un temps viendra où l'Epoux leur sera enlevé, et alors ils jeuneront." Le vrai jeûne doit conduire à vivre les paroles de Dieu transmises par Isaïe et qu'il nous faut méditer : Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? (Lc 4, 16-20) N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, (cf Mt 25, 14-40) ne pas te dérober à ton semblable ?Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Ce jeûne conduit à l'union avec Dieu car il nous rend semblable à Lui. On ne jeûne bien qu'avec le cœur !

urant les trois premiers siècles du christianisme, l’Eglise ne jeûnait que le vendredi et le samedi saints, comme l’attestent encore saint Irénée (195) et Tertullien. Et ceci en raison de la parole de Jésus que nous venons de lire. Ce n’est que progressivement et sous l’influence du monachisme, que le jeûne sera étendu à l’ensemble de la semaine sainte puis au temps du carême, en solidarité avec les catéchumènes qui se préparent à recevoir le baptême dans la nuit de Pâque.
Le jeûne se présente donc comme une démarche pénitentielle en vue d’une participation plus intense à la vie du Ressuscité : « le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, écrit Saint Paul, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts » (Ph 3, 10-11).
Cette qualification particulière du jeûne chrétien en spécifie les modalités : nous ne pouvons accueillir la vie du Ressuscité que dans la mesure où nous lui faisons une place, ce qui suppose d’accepter de « mourir à soi ». Par cette expression nous entendons : renoncer au « vieil homme », qui est en nous principe du péché en raison de ses complicités avec le Prince de ce monde. Il ne s’agit donc pas d’« offrir des sacrifices et des holocaustes » (Ps 50) qui ne nous impliquent qu’extérieurement ; mais plutôt de nous convertir en profondeur, ce qui est incontestablement beaucoup plus difficile et onéreux : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ibid.).
Le passage du prophète Isaïe proclamé en première lecture, nous propose la pédagogie de la « mort à soi » préconisée dans l’ascèse chrétienne. Le jeûne qui plaît à Dieu consiste essentiellement en des gestes prophétiques qui anticipent et annoncent le Royaume attendu : briser les jougs, nourrir l’affamé, recueillir le malheureux, bref ne pas « nous dérober à notre semblable », qui en Jésus Christ est devenu notre frère.
Voilà pour le positif ; quant aux restrictions, elles ne sont toujours que les antithèses des prescriptions que nous venons de voir :
- jeûner de la toute-puissance qui me conduit à faire peser de lourds fardeaux sur ceux qui me sont confiés ; fardeaux de nos humeurs, colères, impatiences, lassitudes, exigences, e.a.
- jeûner du mépris, de l’indifférence et du jugement envers les pauvres, qui m’empêchent de voir leurs besoins et d’entrer avec eux dans une dimension de partage ;
- jeûner aussi du souci de ma réputation, de la complaisance dans le regard admiratif des autres, qui me conduisent à des comportements hypocrites, cherchant à paraître ce que je ne suis pas pour attirer l’attention et la louange.

La promesse assortie à cette ascèse nous ramène à la visée du carême : « “alors la lumière (du Ressuscité) jaillira comme l’aurore” et illuminera ta vie ; “tes forces (spirituelles) reviendront rapidement” ; le Seigneur qui est “ta justice marchera devant toi”». Elle est véridique cette Parole et digne de confiance : ceux qui vivent dans l’obéissance aux préceptes divins, « la gloire du Seigneur les accompagnera ».
Si tous les chrétiens du monde unissaient leurs efforts et réalisaient le programme proposé par Isaïe dans la lecture de ce jour, alors, à l’appel de l’Eglise-Epouse, le Seigneur répondrait : « Me voici » ; il viendrait sur les nuées instaurer son Règne, et nous serions enfin pour toujours avec lui (I Th 4, 16-17)."

jeudi 10 mars 2011

Parole du jour
Lc 9, 22-25
Jeudi 10 mars

Jésus disait à ses disciples :
« Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup,
qu'il soit rejeté par les anciens,
les chefs des prêtres et les scribes,
qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il disait aussi à la foule :
« Celui qui veut marcher à ma suite,
qu'il renonce à lui-même,
qu'il prenne sa croix chaque jour,
et qu'il me suive.

Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.

Quel avantage un homme aura-t-il
à
gagner le monde entier,
si c'est en se perdant lui-même
et en le payant de sa propre existence ?"

Le signe de la croix, c'est le signe du don total de soi, le signe de l'Amour en sa plénitude. C'est le signe par lequel Dieu nous révèle son identité, le signe de notre Salut, le signe de la Vie. Faire le signe de la croix, c'est s'envelopper dans la Lumière et s'engager à prendre le même chemin que Celui qui nous l'a donné, c'est renoncer à soi-même, à son "égo", pour vivre à Dieu seul. Ce "seul", ne signifie pas que "les autres" soient écartés ! ... Mais que la source de notre rencontre avec eux, c'est Dieu Lui-même, le Dieu de Jésus-Christ, le Dieu qu'est Jésus-Christ. Le monde entier, un jour il faudra le quitter ... Dieu, Lui, c'est pour toujours. D'où l'essentiel de les rencontrer en Lui. Telle est la "Communion des saints". Elle est à vivre dès maintenant ... Dans la vie monastique, il est une tradition de commencer chaque nouvelle tâche à accomplir par le "signe de la croix" qui est aussi le signe de notre baptême. Pendant ce Carême, et pourquoi pas après, puissions-nous adopter cet usage pour faire toutes choses avec Jésus et selon son cœur. Dans la deuxième prière eucharistique, il est dit : "Tu nous as choisis pour servir en ta Présence."

mercredi 9 mars 2011

LE CARÊME
Mercredi des Cendres

Parole du jour
Mt 6, 1-6.16-18
Mercredi 9 Mars


Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait :
« Si vous voulez vivre comme des justes,
évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer.
Autrement, il n'y a pas de récompense
pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l'aumône,
ne fais pas sonner de la trompette devant toi,
comme ceux qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône,
que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous priez,
ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle :
quand ils font leurs prières,
ils aiment à se tenir debout dans les synagogues
et les carrefours pour bien se montrer aux hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison,
ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme ceux qui se donnent en spectacle :
ils se composent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »

Il y a un dicton populaire qui dit : « avoir une tête de carême » . Ce qui signifie être triste et la « mine » défaite. Si c’est cela le carême, il est préférable de ne pas « faire son carême » car Dieu n’attend pas de nous que nous soyons dans la tristesse et les larmes. Le message de Jésus n’est pas celui-là. Ce serait plutôt l’action de grâce parce qu’il nous a sauvé gratuitement : « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ. C’est par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui Il nous a ressuscité et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus.» (Eph 2, 4-6) S'il est une tristesse et des larmes, c'est de ne pas assez aimer ... La seule chose qui nous est demandé, finalement, c’est d’adhérer par notre vie à ce salut : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi, ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu.» (v. 8) La foi, c’est cette adhésion, cet ajustement sur le Christ.

Les deux voies

Dans l’Evangile selon St Matthieu 7, 13-14, il est question de « deux voies » :

L’une étroite qui conduit à la vie, au Christ. Elle est étroite car elle demande de ne pas vivre égoïstement pour soi, mais pour et par Lui et à travers Lui, pour les autres en qui il se présente à nous : « Ce que vous aurez fait à l’un de ces petit qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40) « Bienheureux l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espérance ... » (Jér 17, 7)

L’autre voie est dite large et spacieuse, car dans un premier temps elle satisfait notre égo, mais très vite nous conduit à l’impasse car on s’y rencontre soi-même et non le Christ source du salut gratuit : « Malheureux l'homme qui met sa confiance dans un mortel, qui s'appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur ... » (Jér 17, 5) Ici, ni libération, ni guérison, ni santé du cœur, seulement l’enfermement en soi : « il ne verra pas venir le bonheur. » (v. 6)
Le choix entre ces deux voies est entre nos mains ! L’étroite ou la spacieuse ? … L’étroite dilate le cœur … la spacieuse le rabougrit.

Le temps du Carême nous invite à choisir la voie étroite, celle qui conduit à l’union avec le Christ, unique remède à nos maux et source d’une bonne santé intérieure enveloppant tout notre être, toute rencontre, toute circonstance de la vie ... dans les jours ensoleillés comme dans les jours chargés de nuages.

Un temps de conversion

Ce chemin de Carême nous conduit à Pâques et donc au Christ Ressuscité. Or, « Avec le Christ, Dieu nous a ressuscité » (Eph 2, 6) lisions-nous dans la lettre de St Paul citée plus haut. Il s’agit donc bien d’ajustement, d’union et de vie dès maintenant et … au bout du chemin. Cela demande une préparation, une conversion (sens du mot « pénitence ») , un retournement vers le Christ, plus intense qu’à l’habitude, même si c’est chaque jour que nous devrions être dans les dispositions du temps de Carême. (Règle de St Benoît)

Les décisions que nous allons prendre, les actes que nous allons poser ne nous sauve pas : « Ce salut ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier » (v. 9) L’orgueil d’être parfait et donc de rivaliser avec Dieu, par nos actes, conduit au repli, à l’adoration de soi-même et au désir d’être reconnu comme un dieu par Dieu lui-même et par les autres. « Lorsque vous aurez fait tout cela, dit Jésus, dites-vous que vous avez fait seulement ce que vous deviez faire. » (Lc 17, 10) Dieu ne se reconnaît pas dans les caricatures que nous en faisons et qui sont toujours entachés de pouvoir et d’arbitraire ...
Les décisions et les actes que nous posons ont vocation d’orienter notre vie dans la bonne direction pour accueillir le salut gratuit de Dieu, Dieu lui-même qui, en Jésus-Christ a assumé notre humanité : « Il s’est identifié à notre péché pour nous identifier à sa sainteté. » écrit St Paul.
Les décisions et les actes que nous posons ont vocation d’ouvrir la porte à la lumière divine (l’Amour) qui nous illumine en Jésus-Christ et chasse toutes ténèbres : « La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne peuvent l’éteindre, écrit St Jean. » (Jn 1, 4) . La lumière fait disparaître les ténèbres. Cette Lumière, c’est le Christ : « Il était (et le demeure) la Lumière véritable qui éclaire tout homme venant dans le monde. » (v. 9) Et encore : « Ce qui fut en Lui, était la vie et la vie était la lumière des hommes. » (v.4) L’orientation de notre vie est donc essentielle. Il en est la source : « Tout fut par Lui, et sans Lui, rien ne fut. » (v.3) Si on enterre la source, c’est le dessèchement : « Ils m’ont abandonné moi la Source d’eau vive pour se creuser des citernes, citernes lézardées qui laisse passer l’eau. » (Jr 2, 13) Pour que notre vie devienne féconde, il nous faut revenir à la Source et la laisser irriguer notre vie : « Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d'arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. » (Ez 47, 12) « Retour au centre », est le titre d’un livre du théologien Urs Von Balthasar. Le temps du Carême veut nous y aider …

L'Evangile du jour

L’Evangile du mercredi des cendres qui inaugure l’entrée en Carême, nous propose trois moyens fondamentaux pour ce recentrement : La prière, le jeûne et l’aumône.

La prière qui nous rend à une relation intime avec Dieu en Jésus, dans l’amour : « demeurez en moi comme moi en vous. » (Jn 15, 4) « Demeurez dans mon amour. » (v.15) Il s’agit d’une « reconnexion » sur la Source et d'une relation amoureuse ...

Le jeûne par lequel on se libère de ce qui entrave cette relation. Il ne s’agit pas obligatoirement de nourriture, même si en ce domaine, il est important d’être modéré. Si on se prive de nourriture terrestre, c’est pour prendre du temps pour se nourrir de la Parole de Dieu : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Dt 8, 3 ; Mt 4, 4) Il y a bien d’autres privations que l’on peut mettre en œuvre : télé, internet, certaines lectures, paroles etc. … A chacun de trouver ce qui entrave sa vie et l’empêche de s’ouvrir à la Présence intérieure et aux autres.

L’aumône qui justement nous ouvre aux autres à l’exemple du Christ donnant sa vie et lavant les pieds de ses disciples : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie … » (Mt 20, 28) Il y a bien des manières de servir et de donner sa vie. L’aumône ne concerne pas seulement l’argent, qui bien-sûr demeure un bon moyen d’aider ceux qui sont dans le besoin. Mais il ne faudrait pas que ce don (qui concerne parfois notre superflu) nous donnant bonne conscience, nous dédouane de vivre d’autres manières de nous mettre au service des autres (Jn 13,-16 ; Lc 10, 29-37) par amour pour eux : vouloir « leur plus grand bien » comme Dieu le veut … A chacun, là encore, de se remettre en question.

Le bout du chemin de Carême, c’est la montée vers Pâques où dépouillés de tout ce qui aveugle notre regard et notre cœur, nous pourrons contempler le « Ressuscité » et Lui être uni.

mardi 8 mars 2011

Parole du jour
Mc 12, 13-19
Mardi 8 mars

On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens
pour le prendre au piège en le faisant parler,
et ceux-ci viennent lui dire :
« Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car tu ne fais pas de différence entre les gens,
mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu.
Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ?
Devons-nous payer, oui ou non ? »
Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit :
« Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ?
Faites-moi voir une pièce d'argent. »
Ils le firent, et Jésus leur dit :
« Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ?
- De l'empereur César », répondent-ils.
Jésus leur dit :
« A César, rendez ce qui est à César,
et à Dieu, ce qui est à Dieu. »
Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.

Jésus n'est pas un révolutionnaire comme on aurait aimé qu'il soit. C'est l'idée que l'ont avait du messie, un messie guerrier, et ils ne manquaient pas du temps de Jésus ... Et nombre d'entre eux furent tués par les romains.
Certes, Jésus est un révolutionnaire, mais sa révolution se fait au niveau du cœur. Il met au plein jour par sa Présence elle-même, par sa Parole, les pensées dévoyées et ramène l'homme à son cœur en éclairant sa conscience et à son aspiration véritable qui vient de Dieu. Certains l'accueille avec bonheur, d'autres non, trop enclin à leurs intérêts personnels et à leur pouvoir sur autrui. Ainsi des chefs du peuple, des pharisiens et des hérodiens dont il est question dans l'Évangile. "Mon Royaume, dira Jésus à Pilate, mon Royaume n'est pas de ce monde." Il est Roi, certes, mais Roi d'Amour et la croix est son sceptre. "Il vient de Dieu" pour réajuster l'homme sur l'amour vrai qui est don de soi, service d'autrui, pardon des ennemis ect... Le signe en est la Paix, non une paix comme la donne le monde, mais une Paix profonde, celle du coeur. Lisons les Évangiles ...
Le carême va commencer, c'est un temps de recentrement sur la Personne de Jésus pour que notre vie devienne toujours plus semblable à la sienne ...

dimanche 6 mars 2011

Parole du jour
Mt 7, 21.24-27
Dimanche 6 mars

Comme les disciples
s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait :
Il ne suffit pas de me dire :
'Seigneur, Seigneur !',
pour entrer dans le Royaume des cieux ;
mais il faut faire la volonté de mon Père
qui est aux cieux.
Tout homme qui écoute ce que je vous dis là
et le met en pratique
est comparable à un homme prévoyant
qui a bâti sa maison sur le roc.
La pluie est tombée,
les torrents ont dévalé,
la tempête a soufflé
et s'est abattue sur cette maison ;
la maison ne s'est pas écroulée,
car elle était fondée sur le roc.
Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là
sans le mettre en pratique
est comparable à un homme insensé
qui a bâti sa maison sur le sable.
La pluie est tombée,
les torrents ont dévalé,
la tempête a soufflé,
elle a secoué cette maison ;
la maison s'est écroulée,
et son écroulement a été complet. »

En bâtissant ce monastère, les moines ont pris la Parole de Dieu à la lettre. Leur but fut sans doute que cette construction soit un rappel constant de la voie du bonheur. Dans la bible, Dieu est appelé à bien des reprises, en bien des circonstances, le "ROC". Ainsi du Ps 17,2-3 ; "Je t'aime, Seigneur, ma force, mon "ROC", ma forteresse, Dieu mon libérateur, le "ROCHER" qui m'abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire. Louange à Dieu, quand je fais appel au Seigneur, je suis libéré de tous mes ennemis." Quand Israël est infidèle et tombe dans le marasme, "il se souvient que Dieu est son "ROCHER", et le Dieu Très-haut leur rédempteur." (Ps 77, 35) Le "Rocher" abrite une Source : Au désert "Tu as fait jaillir l'eau du Rocher ..." (Neh 9, 15) St Paul, reprenant cette tradition symbolique du Rocher, écrit aux Corinthiens : Après le passage de la mer rouge, symbolique du Baptême, "tous ils ont bu à la même Source, qui était spirituelle; car ils buvaient à un "ROCHER" qui les accompagnait, et ce "ROCHER" c'était déjà le "CHRIST" (1 Co 10, 4) Bâtir sur le "ROC", c'est bâtir sa vie sur la "Parole de Dieu" et donc sur le "CHRIST" : "Et la Parole s'est faite chair ..." ( Jn 1,13) Déjà au désert, Israël était appelé à se nourrir et à vivre de la Parole de Dieu : "L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu." (Dt 8, 3; Mt 4, 4) Et Jésus dit en parlant de sa famille : "Ma mère,et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique." (Lc 8, 21) Bâtir sur le "ROC", c'est répondre, en vérité, à son appel : "Suis-moi !" Comme il a traversé la mort, il nous fera traverser pluie, torrents et tempêtes : "Grâce à toi, je saute le fossé, grâce à mon Dieu, je franchis la muraille". (Ps 17, 30)

samedi 5 mars 2011

Parole du jour
Mc 11, 27-33
Samedi 5 mars

Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem.
Et comme Jésus allait et venait dans le Temple,

les chefs des prêtres, les scribes
et les anciens
vinrent le trouver.
Ils lui demandaient :
« Par quelle autorité fais-tu cela ?

Ou bien qui t'a donné autorité pour le faire ? »

Jésus leur dit :
« Je vais vous poser une seule question.
Répondez-moi, et je vous dirai
par quelle autorité je fais cela.
Le baptême de Jean
venait-il du ciel ou des hommes ?
Répondez-moi. »

Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement :

« Si nous disons : 'Du ciel', il va dire :
'Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ?
'
Mais allons-nous dire : 'Des hommes' ? »
Ils redoutaient la foule,
car tout le monde estimait

que Jean était réellement un prophète.

Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! »
Alors Jésus leur dit :
« Moi non plus, je ne vous dirai pas

par quelle autorité je fais cela. »


"Par quelle autorité fais-tu cela ?" La tradition juive voulait que l'on ne dise rien de soi avant de s'être référé à ses maîtres. Ainsi disait-on "Rabbi Eliha ben Abouja disait ... Rabbi Ismaël disait ... etc. " Longue chaîne qui faisait remonter l'autorité de l'enseignement prononcé jusqu'à Moïse, le législateur, premier maillon de la chaîne de transmission. Jésus Lui, dira : "Vous avez entendu qu'il a été dit ... Eh bien moi je vous dis ..." Jésus parle en son propre Nom. Si toute autorité vient de Moïse par les maîtres, il ne faut pas oublier que c'est de Dieu que viennent les Dix Paroles qui ont été remises à Moïse au Sinaï. La véritable autorité vient de Celui qui les a transmises à Moïse, c'est-à-dire de Dieu Lui-même. Aussi l'autorité de Jésus prend-elle source en Dieu Lui-même au delà de toute contingence humaine. Et en disant : "Eh bien moi, je vous dis ..." Il induit sa véritable identité qui est de nature divine et le vrai sens de sa messianité. Comment les les chefs des prêtres, les scribes et les anciens aurait-il pu comprendre, eux qui se bornait à un culte extérieur sans véritable intériorité et qui cherchaient à asseoir une "autorité" de pouvoir et non de service ? Aussi, Jésus leur dit : " Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. " Ils n'ont pas envie de comprendre ... Et pour nous, qui est Jésus ? ... D'où vient son autorité ? ... Sommes-nous prêt à nous y soumettre, sachant qu'elle fait grandir car elle est synonyme d'Amour ? ...

vendredi 4 mars 2011

Parole du jour
Mc 10, 46-52
Vendredi 4 mars

Ils arrivent à Jérusalem.
Alors Jésus entra dans le Temple
et se mit à expulser ceux qui vendaient
et ceux qui achetaient dans le Temple.
Il renversa les comptoirs des changeurs
et les sièges des marchands de colombes,

et il ne laissait personne traverser le Temple
en portant quoi que ce soit.
Il enseignait, et il déclarait aux gens :
« L'Écriture ne dit-elle pas :
Ma maison s'appellera maison de prière pour toutes les nations ?
Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Les chefs des prêtres et les scribes apprirent la chose,
et ils cherchaient comment le faire mourir.
En effet, ils avaient peur de lui,
car toute la foule était frappée par son enseignement.
Et quand le soir tombait,
Jésus et ses disciples s'en allaient hors de la ville.

Ce qui est chassé par Jésus dans le Temple, c'est le culte extérieur, culte de profit où on se suffit de sacrifices extérieur pour être en règle avec Dieu. Il y a une souffrance de Jésus qui se révèle par sa colère car par ce culte, l'homme s'enferme sur lui-même. Par ce culte extérieur, en effet, Dieu n'est pas au centre, mais l'homme qui cherche par le donnant donnant à se rendre Dieu favorable. Dans cette recherche égocentrique, le profit coule à flot et aussi l'ostentation de ceux qui font tomber de haut le superflu de leurs richesses pour montrer qu'ils sont de bons pratiquants alors qu'ils ne se soucient nullement de leurs frères en humanité ... Le nouveau culte que Jésus instaure, c'est le culte intérieur : "Ma maison s'appellera maison de prière pour toutes les nations." Ce culte décentre de soi pour ouvrir à une relation vraie avec Dieu. Il ne s'agit plus de donnant donnant, d'ostentation ou de recherche de reconnaissance, mais d'amour. Un amour effectif qui passe par l'amour du frère et de la sœur reconnus dans leur dignité. L'altruisme, le service et le don de soi sont au cœur de ce culte. La croix en est par excellence le sommet et tout culte y puise désormais ses racines : "Détruisez ce temple, dit Jésus, en trois jours je le relèverai. Il parlait du Temple de son corps." Le culte nouveau est dans cette relation intime et personnelle avec Jésus accueillit au plus intime de nos vies. Un accueil sans réserve qui transforme petit à petit à sa ressemblance, jusqu'à faire découvrir que tout être humain est Sanctuaire de sa Présence et donc qu'Il n'est pas loin, mais au cœur de notre cœur : "Dieu plus intime à moi-même que moi-même." écrit St Augustin.
Le culte liturgique est là pour nous faire entrer toujours davantage dans cette rencontre personnelle avec Jésus qui nous ouvre obligatoirement, si nous sommes vrais, à la communion avec les autres. Il se vit donc le plus souvent "ensemble"... Il est comme un tremplin pour vivre le "culte" dans la pâte de notre quotidien à travers toutes les circonstances et toutes les rencontres et demande un arrachement de soi, une conversion continuelle ...

jeudi 3 mars 2011

Parole du jour
Mc 10, 46-52
Jeudi 3 mars

Jésus et ses disciples arrivent à Jéricho.
Et tandis que Jésus sortait de Jéricho
avec ses disciples et une foule nombreuse,
un mendiant aveugle,
Bartimée, le fils de Timée,
était assis au bord de la route.
Apprenant que c'était Jésus de Nazareth,
il se mit à crier :
« Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
Beaucoup de gens l'interpellaient vivement
pour le faire taire, mais il criait de plus belle :
« Fils de David, aie pitié de moi ! »
Jésus s'arrête et dit :
« Appelez-le. »
On appelle donc l'aveugle, et on lui dit :
« Confiance, lève-toi ; il t'appelle. »
L'aveugle jeta son manteau,
bondit et courut vers Jésus.
Jésus lui dit :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ?
— Rabbouni, que je voie. »
Et Jésus lui dit :
« Va, ta foi t'a sauvé. »
Aussitôt l'homme se mit à voir,
et il suivait Jésus sur la route.

Comment avancer quand on est assis ? L'aveuglement conduit à ce blocage et à cet enfermement. Comment se mettre debout pour reprendre le chemin sinon en retrouvant la vue ? ... Mais qui peut rendre la vue, ouvrir à la lumière ? ... Un déclic s'est produit dans la nuit de Bartimée : "Jésus". Voici la clef qui va ouvrir le cachot où il est enfermé. Alors il crie : "Jésus, Fils de David, aie pitié de moi !" Il reconnait sa misère et le salut, la guérison que Jésus peut lui apporter. Jésus attend cet appel, aussi répond-il aussitôt: "Appelez-le." D'un seul coup l'aveugle est libéré de sa désespérance, "il bondit". Sa cécité ne l'empêche pas de parcourir le chemin jusqu'à Jésus qui l'attire et dont il se sent reconnu et aimé. La guérison ne sera pas l'œuvre d'un thaumaturge, d'un magicien, mais la collaboration entre Jésus et l'aveugle qui est appelé à être actif dans le processus de sa propre guérison. Alors qu'il connaît la réponse, Jésus l'interroge : "Que veux-tu que je fasse pour toi ?". L'aveugle qui répond : "Que je voie." Jésus affirme : "Va, ta foi t'a sauvé." Le vrai chemin a parcourir pour la guérison est celui de "la foi" qui est relation de totale confiance qui permet à la vie de Jésus de rejoindre celle de Bartimée : "Voici que je suis à la porte et je frappe, si quelqu'un ouvre la porte, j'entrerai chez lui ..."(Ap 3, 20)
Ne sommes-nous pas tous un peu ou beaucoup aveugle ? Sachons vivre de foi et ne craignons pas de bondir vers Jésus ... "Il t'appelle !"

mercredi 2 mars 2011

Parole de Dieu
Mc 10, 32-45
Mercredi 3 mars

Les disciples étaient en route
avec Jésus
pour monter à Jérusalem ;
Jésus les précédait ;

ils étaient effrayés,

et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte.
Prenant de nouveau les Douze avec lui,
il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
« Voici que nous montons à Jérusalem.
Le Fils de l'homme sera livré
aux chefs des prêtres et aux scribes,
ils le condamneront à mort, ils le livreront aux païens,
ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui,
ils le flagelleront et le tueront,
et trois jours après, il ressuscitera. »

Jacques et Jean, les fils de Zébédée,

s'approchent de Jésus et lui disent :
« Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
Il leur dit :
« Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »

Ils lui répondirent :

« Accorde-nous de siéger,
l'un à ta droite et l'autre à ta gauche,
dans ta gloire. »

Jésus leur dit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire,
recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui disaient : « Nous le pouvons. »
Il répond :
« La coupe que je vais boire, vous y boirez ;
et le baptême dans lequel je vais être plongé,
vous le recevrez.

Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,
il ne m'appartient pas de l'accorder,
il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
Les dix autres avaient entendu,
et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.
Jésus les appelle et leur dit :
« Vous le savez : ceux que l'on regarde
comme chefs des nations païennes

commandent en maîtres ;

les grands leur font sentir leur pouvoir.

Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.

Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.

Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :

car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi,

mais pour servir,

et donner sa vie en rançon pour la multitude. »


Alors que Jésus vient d’évoquer sa Passion, les moqueries et les crachats, les disciples restent dans l’incompréhension. Ils s’inquiètent des places d’honneur. Adressant leur requête à Jésus, ils montrent combien leur inconscience est grande ; Pour eux, partager la gloire du Fils de l’homme se limite à recevoir des fonctions temporelles d’importance : les meilleurs place selon ce monde.

Jésus les invite alors à se prononcer pour lui, à s’engager à sa suite. En leur proposant la coupe à laquelle il boira lui-même, Jésus reste dans la logique de son annonce de la Passion. Dans l’Ancien Testament, la « coupe » désigne en effet un avenir de souffrances ; les disciples ne l’ignoraient pas. Quand ils lui répondent « nous le pouvons », ils affirment donc crânement qu’ils suivront Jésus jusqu’au bout, même dans la souffrance, pour arriver leurs fins. Le récit est sur ce point très ironique. Non seulement les apôtres abandonneront tous Jésus, les deux frères comme les autres, mais ceux qui l’accompagneront dans ses souffrances, jusqu’à siéger à sa droite et à sa gauche, ne seront pas deux disciples mais deux brigands. L'un d'eux montrera le chemin de la vraie grandeur en reconnaissant son péché et en se laissant sauver par Jésus : "Seigneur souviens-toi de moi dans ton Royaume." "Aujourd'hui, tu seras avec moi en paradis." lui dit Jésus. Et nous, que cherchons-nous ? ... Le chemin des honneurs ou celui de Jésus ? Quel est le but de notre regard ? ... Jésus où nous-mêmes ? ... Regarder Jésus, c'est nous laisser sauver et à sa suite nous ouvrir aux autres et à leur bien. Nous regarder nous-mêmes, c'est nous enfermer dans notre égocentrisme et nos contradictions ! Est-ce que nous nous mettons au service de Jésus et des autres pour eux ou pour nous ? ... Autant de questions à nous poser en vérité.

mardi 1 mars 2011

Parole du jour
Mc 10, 28-31
Mardi 1er mars

Pierre se mit à dire à Jésus :
« Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis :
personne n'aura quitté,
à cause de moi et de l'Évangile,
une maison, des frères, des soeurs,
une mère, un père,
des enfants ou une terre,
sans qu'il reçoive, en ce temps déjà,
le centuple : maisons, frères, soeurs,
mères, enfants et terres,
avec des persécutions, et,
dans le monde à venir, la vie éternelle.
Beaucoup de premiers seront derniers,
et les derniers seront les premiers. »

Il est étonnant de constater comment la dépossession conduit à la communion. Il est des liens qui nous enchaînent et nous empêche d'exister. Combien de parents qui gardent l'emprise sur leurs enfants même une fois mariés. Ce qui d'ailleurs produit des drames conjugaux. Car on ne se marie pas à trois ou à quatre, mais à deux : "l'homme (la femme) quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme (à son mari) et tous deux ne feront plus qu'un." Tant que l'on est possessif envers une personne ou même un objet, on a un fil à la patte. L'épanouissement naît de deux libertés, celle laissée à l'autre et celle que je m'octroie en permettant à l'autre d'être lui-même. En comprenant bien que la liberté va toujours dans le sens du plus grand bien. Or permettre à l'autre d'exister pour lui-même, c'est lui offrir le plus grand bien, et me permettre à moi-même d'exister pour moi-même. L'amitié comme l'amour prennent racine dans ce respect mutuel. Avec Dieu, il en est de même. Combien de fois le faisons-nous prisonnier de nos désirs et de nos peurs. Dieu a le droit d'exister pour lui-même et nous devons l'aimer dans ce respect de sa Personne comme il nous aime dans le respect de la notre. Il ne s'impose et ne nous oblige jamais. Il s'incline devant notre dignité ... qui nous vient de Lui. Tout quitter, c'est ainsi s'ouvrir à une vraie communion, une vraie relation où deux libertés se rencontrent et se respectent, dans le désir du plus grand bien de l'autre selon la voie qui est la sienne et qui est propre à chacun. L'Évangile ouvre nos cœurs à cette bonne nouvelle.

dimanche 27 février 2011

Parole de Dieu
Mt 6, 24-34
Dimanche 27 février

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait :
Aucun homme ne peut servir deux maîtres :
ou bien il détestera l'un et aimera l'autre,
ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent.
C'est pourquoi je vous dis :
Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie,
au sujet de la nourriture, ni pour votre corps,
au sujet des vêtements.
La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
et le corps plus que les vêtements ?
Regardez les oiseaux du ciel :
ils ne font ni semailles ni moisson,
ils ne font pas de réserves dans des greniers,
et votre Père céleste les nourrit.
Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?
D'ailleurs, qui d'entre vous, à force de souci,
peut prolonger tant soit peu son existence ?
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ?
Observez comment poussent les lis des champs :
ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Or je vous dis que Salomon lui-même,
dans toute sa gloire,
n'était pas habillé comme l'un d'eux.
Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs,
qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu,
ne fera-t-il pas bien davantage pour vous,
hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ;
ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ?'
ou bien : 'Qu'allons-nous boire ?'
ou encore : 'Avec quoi nous habiller ?'
Tout cela, les païens le recherchent.
Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Cherchez d'abord son Royaume et sa justice,
et tout cela vous sera donné par-dessus le marché.
Ne vous faites pas tant de souci pour demain :
demain se souciera de lui-même ;
à chaque jour suffit sa peine.


"« Le Seigneur est mon appui : il m’a dégagé, m’a donné du large, il m’a libéré, car il m’aime ». L’antienne d’ouverture de la liturgie de ce jour nous en donne le fil rouge et la clé d’interprétation : la Parole de Dieu veut nous libérer de nos asservissements, afin que nous connaissions « la joie de le servir sans inquiétude », et que « les événements de ce monde se déroulent dans la paix, selon le dessein » du Père (cf. Or. d’ouv.).
D’où viennent nos divisions, nos oppositions, nos conflits ? De nos divisions, nos oppositions, nos conflits intérieurs, que nous projetons - individuellement et collectivement - sur notre entourage ! « Aucun homme ne peut servir deux maîtres », nous dit Jésus ; et pourtant, combien de faux maîtres n’avons-nous pas ? Tantôt nous aimons l’un et détestons l’autre, tantôt nous nous attachons à ce dernier et méprisons le premier. Nous sommes sans cesse en contradiction intérieure, divisés entre nos multiples appartenances contradictoires. Jésus choisit pour exemple l’argent, qui constitue le paradigme de nos convoitises, puisqu’il donne accès à l’avoir, au pouvoir et à la gloire selon ce monde. Ce n’est pas l’argent en tant que tel qui est mis en cause : s’il n’existait pas, il faudrait réinstaurer le troc - ce qui ne serait probablement guère mieux. Mais c’est notre relation à l’argent que Jésus critique : de serviteur, ou plutôt de moyen d’échange de biens et de services, il est devenu une fin en soi, un absolu, c’est-à-dire une idole. Lorsque Jésus met en accusation « l’argent trompeur » (Lc 16, 9), il dénonce le mensonge qu’il représente : ces quelques pièces de métal éveillent en nous des désirs inavouables, qui sont à mettre en lien avec le péché des origines. Coupés de Dieu, nous sommes enfermés dans nos peurs : peur de l’avenir, peur de l’autre, peur de la maladie, peur des imprévus, peur des revers de fortune ; aussi sommes-nous en quête de sécurité, d’assurances en tous genres, que nous espérons trouver dans l’argent, supposé nous prémunir de tous les aléas de la vie. Illusoire le repos qui prétend se fonder sur l’abondance matérielle ! ..."

Et quelle image avons-nous de Dieu ?

"Mais pour faire confiance au Seigneur, il nous faut d’abord nous laisser guérir de notre défiance envers le Dieu rival, jaloux de notre bonheur, cette idole monstrueuse qui tyrannise notre cœur depuis que le Serpent a perverti en nous l’image du Dieu Père. Les quelques versets du prophète Isaïe que la liturgie nous propose en première lecture sont un véritable antidote contre ce venin : « Jérusalem disait : “Le Seigneur m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée”. Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait t’oublier, moi, je ne t’oublierai pas. Parole du Seigneur tout-puissant ». Où est-il le paternel tyrannique qui nous enferme dans la peur ? Cette idole n’a jamais existé que dans notre cœur blessé par le mensonge de l’Ennemi ; la peur de Dieu est l’ivraie la plus redoutable que le malin ait semée dans le champ de nos vies. Elle pousse avec le blé et menace de l’étouffer ; mais le seul moyen de l’empêcher de nuire, ce n’est pas de l’arracher au risque d’arracher aussi les épis, mais c’est de promouvoir la croissance du bon grain, en fortifiant notre foi par l’écoute de la Parole et l’accueil de l’Esprit d’amour dans la prière et les sacrements (cf. Mt 13, 24-30)."

De la confiance à l'abandon responsable :

"C’est donc une double idolâtrie que Jésus dénonce, l’une entraînant probablement l’autre : l’idolâtrie d’un Dieu lointain, exigeant, indifférent aux besoins de l’homme ; et l’idolâtrie de l’Argent. Il n’est pas impossible que la seconde ne soit qu’une compensation pour l’insatisfaction engendrée par la première. Telle est l’attitude des « païens » qui ignorent le vrai visage de Dieu, et continuent de s’inquiéter quotidiennement quant au boire et au manger. Celui qui se sait fils du Père, travaille certes pour subvenir aux besoins des siens, et participe au bien commun de la société à laquelle il appartient ; mais il le fait dans la liberté filiale, c’est-à-dire dans la certitude que Dieu est avec lui dans son effort comme dans son repos, dans ses succès comme dans ses échecs professionnels. De maître, l’argent peut devenir serviteur parce que dans son rapport à Dieu, le croyant est passé de la servitude au service, de la peur à la confiance filiale. Son souci n’est plus de sauvegarder sa vie - il sait maintenant qu’il la reçoit à chaque instant de son Père comme un don d’amour - mais de travailler pour établir la justice du Royaume, c’est-à-dire de rendre à chacun ce dont il a besoin afin qu’il puisse vivre dans la dignité de fils de Dieu ; à commencer par ceux qui lui sont les plus proches : ceux qui lui sont confiés et qu’il est chargé de servir." (P. Joseph-Marie)