mardi 4 décembre 2012

Parole du jour
 Lc 10, 21-24
Mardi 4 décembre

Jésus exultant de joie sous l'action de l'Esprit Saint, dit : 
« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : 
ce que tu as caché aux sages et aux savants, 
tu l'as révélé aux tout-petits. 
Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m'a été confié par mon Père ; 
personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, 
et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils 
et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : 
« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le déclare : 
beaucoup de prophètes et de rois 
ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, 
entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »

La rencontre avec Dieu ne peut se faire que dans l'Esprit-Saint, ce qui demande le silence intérieure et la prière. Ainsi, on ne peut "se signer" ou dire le "Notre Père" que dans l'Esprit-Saint. Il devrait en être de même de nos relations avec les autres et des différentes circonstances heureuses ou moins heureuses de la vie. Jésus a tout vécu dans l'Esprit-Saint qui l'habitait en plénitude. Et ce Feu qui brûlait en Lui, le conduisait à la Joie. Pas les petites joies temporelles et parfois égoïstes. Non à la "Joie" essentielle qui habite le coeur pleinement ajusté sur la Source et recevant tout de Celle-ci. Elle avait un Nom, "Le Père" : "Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais celle de mon Père" ... "Non, ce que je veux, mais ce que tu veux ..." Cette Joie naît d'un dépouillement de soi et d'une vie remise entre les mains d'Un Autre en qui on a toute confiance et cela en toutes circonstances. Jésus ira jusqu'au bout de cet "abandon" et sa vie sera au combien féconde. Aujourd'hui encore nous en sommes les fruits et la semence de cet "abandon" est répandue sur toute la terre et traverse tous les siècles. C'est le paradoxe de la "petitesse" dont il parle et qui le définit. Se mettre à sa suite demande, par Lui, avec Lui et en Lui, de recevoir notre vie du Père. Il n'y a pas d'autre chemin pour entrer dans la vraie "connaissance", celle qui conduit à la Joie parfaite.

lundi 3 décembre 2012

 Parole du jour
Mt 8, 5-11
Lundi 3 décembre
 
Jésus était entré à Capharnaüm ; 
un centurion de l'armée romaine vint à lui et le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, 
paralysé, et il souffre terriblement. »
Jésus lui dit : « Je vais aller le guérir. »
Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne 
que tu entres sous mon toit, 
mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité,
 j'ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l'un : 
'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à mon esclave :
 'Fais ceci', et il le fait. »
À ces mots, Jésus fut dans l'admiration 
et dit à ceux qui le suivaient : 
« Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël,
 je n'ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident 
et prendront place avec Abraham, lsaac et Jacob 
au festin du Royaume des cieux. »

Jésus fait éclater les frontières. Il était venu pour les seuls enfants d'Israël et voici qu'il guérit le serviteur d'un centurion païen et de plus, envahisseur. De même il guérira la femme cananéenne à qui il dira : "Va, ta foi t'a sauvée." Ici il reconnaît : "Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n'ai trouvé une telle foi." Ce qu'il regarde, ce n'est pas l'appartenance, mais le cœur : "Vous, vous jugez selon les apparences, moi je vois le coeur." Il y a entre ces païens et lui une vraie relation de personne à personne. Ce qu'ils voient en Lui, ce n'est pas d'abord ce qu'Il fait, mais qui Il est. Et Jésus nous avertit : " Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux. » Ce "festin", c'est la pleine communion avec Lui. Nous aurons des surprises ! Ce n'est pas parce que nous sommes chrétiens que nous sommes plus prêts de Jésus que les "autres" qui nous semble ne pas faire partie de l'enclos. Jésus ne regarde pas ainsi. Notre relation à Jésus dépend de nous. Lui sommes-nous connectés ?... S'il n'en est pas ainsi, comment pourrait jaillir la Lumière. Chaque matin, posons-nous la question : "Aujourd'hui, que vas-tu faire de ton Baptême ?"...  Il n'est pas la carte d'un "Parti", ni un passeport pour un ciel illusoire, il est la semence d'une Rencontre et d'un Amour qui conduit à Lui ressembler : "Tu as revêtu le Christ." (Rituel du Baptême) Écoutons à nouveau la parole de St Paul entendue hier dans la seconde lecture : "Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l'égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant." (1 th 3, 12 ... 4, 2) Il s'agit tout simplement de vivre l’Évangile en devenant par Lui "Bonne Nouvelle" pour les "autres" qui ne sont autres que nos frères et sœurs en humanité. Jésus "ne fait pas de différence entre les humains" (Ac 10, 34) comme trop souvent nous le faisons. Il ne s'agit donc pas de connaître l’Évangile mais de l'incarner au quotidien de nos vies.






dimanche 2 décembre 2012

TEMPS DE L'AVENT

Parole du jour
2 décembre 2012
Lc 21, 25-28.34-36

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste. Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. »

Les autres lectures du jour : Jr 33, 14-16; 1th 3, 12 ...4,2


 Un visage nouveau à l’horizon de l’histoire
Qu’allons-nous faire de ce temps d’Avent,
de ces 21 jours qui nous séparent de Noël ?
Et si nous choisissions d’en faire
comme une retraite dans la vie ordinaire,
un temps d’intériorité accentué au cœur du quotidien ?
N’en serions-nous pas heureux ?
Ne serait-ce pas un beau cadeau
à offrir à notre monde affairé ou affolé ?

Pour cela, dès aujourd’hui,
il nous faut nous nourrir de la Parole de Dieu,
à commencer par les toutes premières paroles
de cette nouvelle année liturgique :
« Parole du Seigneur,
Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur
que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda .   (Jr 33, 14)

La promesse de bonheur !
La suite du texte de Jérémie nous révèle que le Père va accomplir cette promesse
à travers quelqu’un qui doit naître.
Un visage nouveau va paraître à l’horizon de l’histoire,
en qui est le bonheur de toute l’humanité.
Aussi, comme dit l’oraison de ce premier dimanche de l’Avent,
il nous faut aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur,
à la rencontre de ce visage humain en qui est notre bonheur divin.

Alors, aujourd’hui nous partons, comme une caravane de nomades
qui se met en route pour traverser le désert et aller à la rencontre de Celui qui vient.

Aujourd’hui l’Église universelle dans sa merveilleuse diversité
ressemble à une multitude de caravanes qui s’ébranlent.
Les pistes sont diverses, mais le terme est le même :
il est le Visage de Celui que le Père engendre
et nous donne pour notre bonheur éternel.

Mais comment vivre cette route pour qu’elle nous mène effectivement à ce terme ?
La Parole de Dieu entendue aujourd’hui nous offre trois réponses.

• La première est un appel que Jésus nous adresse dans l’Évangile.
Restez éveillés et priez et tout temps .    (Lc 21, 36)
C’est un appel renouvelé à la prière, à la prière « en tout temps ».
Tu veux aller à la rencontre de Celui qui est l’accomplissement de l’histoire ?
Alors il te faut garder le cœur en prière où que tu sois, quoique tu fasses.
Il ne s’agit pas de dire ou de faire des prières de manière scrupuleuse et incessante.
Il s’agit de prier.
Il s’agit de demeurer dans une Présence.
La prière ne consiste pas à beaucoup parler, ni à beaucoup penser,
mais simplement à demeurer dans la Présence.
Ne quitte pas la Présence, demeure dans l’Amour où que tu sois, quoique tu fasses.
Que toute ta vie soit une liturgie sacrée.    (Clément d’Alexandrie)
Une liturgie au travail, à la maison ou dans la rue,
une liturgie intérieure dont les gestes liturgiques
sont ceux de notre vie quotidienne faits dans l’amour
et dont le chant est l’adoration silencieuse de notre cœur.
Le temps de l’Avent est un temps béni pour trouver ou retrouver la joie extraordinaire
et en même temps si ordinaire de la prière.

L’Église va nous y aider
en nous faisant chanter à l’envie un mot,
un seul mot : « VIENS ! »
Viens Seigneur Jésus !
Or on ne dit jamais « viens » à quelqu’un qui est si loin qu’il ne nous entend pas !
On dit « viens » à quelqu’un qui nous entend, qui est proche.
C’est de cette manière que nous disons « viens » à Jésus qui est proche, tout proche,
mais qui attend avec une chasteté infinie que nous Lui disions « viens ! entre ! »

La prière c’est cela.
C’est dire « viens » à Celui qui est là,
à Celui qui frappe non de l’extérieur de notre cœur, mais de l’intérieur.

• • La même page d’Évangile nous donne également une deuxième indication pour notre route d’Avent :
Défiez-vous de vous-mêmes,
que vos cœurs ne s’alourdissent dans la débauche,
l’ivresse et les soucis de la vie.  (Lc 21, 34)
Dans cette longue attente qu’est l’histoire,
il s’agit de ne pas se laisser séduire par ce qui « alourdit notre cœur. »
Et Jésus cite trois poids qui menacent d’étouffer notre vie intérieure :
La débauche, c'est-à-dire une sexualité en déroute
où le corps, - notre corps, celui d’un autre, d’une autre -
devient instrument, moyen, chose, pour calmer l’angoisse de nos solitudes
ou pour quêter vainement un bonheur tant désiré.

L’ivresse ensuite sous toutes ses formes qui ne peut conduire qu’à l’amertume 
parce qu’elle fait miroiter d’une manière mensongère une joie qu’elle ne peut donner.

Et quel est le troisième poids qui menace le battement de notre cœur profond ?
Jésus nous dit : Les « soucis de la vie ».
Peuvent-ils être de l’ordre de la débauche et de l’ivresse ?
Est-ce que multiplier à l’excès les activités serait une forme de débauche ?
Oui, si cela nuit à notre dignité d’enfants de Dieu.
Une forme d’ivresse ?
Oui, quand nous fuyons dans l’activisme qui est en réalité mensonger.

En ce temps de l’Avent, il nous serait très profitable de reconnaître
ce qui dans notre vie pèse sur notre cœur profond :
de reconnaître, de nommer nos attachements aux choses de ce monde,
de prendre conscience que les choses exercent sur nous un pouvoir de fascination,
et qu’ainsi elles entravent notre liberté et pervertissent notre désir .    


(Relecture des Principes et fondements des Exercices de St-Ignace)

L’Avent est un temps béni pour vivre un détachement courageux et joyeux
pour consentir à un chemin de pauvreté :
Que ta pauvreté, te détournant ainsi des illusions et des pesanteurs qui pèsent et miroitent alentour,
t’ouvre à la vraie liberté du dépouillement et à la joie du centuple reçu dès maintenant .    (LdV, n° 94)

Que cet Avent nous donne, nous redonne un cœur léger, un cœur dépouillé,
un cœur pauvre devant Dieu.
N’est-ce pas là le secret de la joie ?

• • • Prière et détachement : voilà les deux indications que nous donne l’Évangile,
auxquelles il faut, pour terminer, en ajouter une troisième qui nous vient de la deuxième Lecture.
Que serait le chemin de l’Avent  s’il n’était tourné que vers nous-mêmes
et vers notre petite perfection chrétienne ?
Il serait voie sans issue !

Non, en ce début d’Avent et à travers Saint Paul,
le Seigneur nous lance aujourd’hui un appel :
un appel à entrer par sa grâce dans un amour
de plus en plus intense et débordant entre nous et à l’égard de tous .    (1 Th 3, 12)
Ainsi, nous dit l’apôtre,
nous nous  préparons à 
’avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ
qui viendra avec tous les saints.    (1 Th 3, 13)

Un amour de plus en plus intense et débordant !
Mais quelle forme l’amour peut-il prendre
plus spécialement en ce temps d’Avent
pour être intense et débordant  ?
Je voudrais répondre avec les mots
de l’écrivain Georges Bernanos
qui évoquait notre mission
de « sourciers de l’espérance. »
Une grande, une très grande forme d’amour
à vivre en notre temps consiste à révéler à nos frères et sœurs la source cachée,
couverte, enfouie de l’espérance qu’ils portent en eux-mêmes.
N’est-ce pas le plus beau cadeau de Noël
que nous puissions faire que de découvrir,
de dévoiler l’espérance à ceux et celles
qui meurent de peur dans l’attente de ce qui vient de l’humanité   (Lc 21, 26)
comme dit l’Évangile de ce jour ?
Il s’agit pour nous d’avoir le courage de confesser notre foi en Dieu
présent dans le cœur de celui ou celle que nous rencontrons.

« Je crois en Dieu Trinité qui t’habite »


Je crois que tu es unique pour Dieu.
Je crois que Dieu habite en toi
dans un amour inouï et unique.
Je crois en la source qui est en toi
et je voudrais y boire !


Frères et sœurs, nous voici en route appelés à la prière, au détachement et à l’amour.
La liturgie jour après jour va nous y aider,
la Parole de Dieu quotidiennement nous donnera élan et force
et nous allons nous encourager les uns les autres
à vivre cette retraite de 21 jours dans la vie quotidienne.

Mais je voudrais vous inviter à vivre ensemble une grâce particulière.
Je le dis en un mot :
Si tous nous nous engagions aujourd’hui à prendre chaque semaine
au moins une heure d’adoration silencieuse,
de jour ou de nuit, ici ou ailleurs,
quelle grâce et quelle joie ce serait pour nous tous !
Joie de la prière,
joie du détachement de ce qui pèse sur nos cœurs,
joie d’aimer en priant pour le monde.
Beaucoup d’entre nous le font déjà.
Si TOUS nous le vivions, notre communauté eucharistique
deviendrait comme un poumon d’oxygénation pour toute notre ville.

Frères et sœurs, essayons, si vous le voulez,
de vivre cela pendant l’Avent,
et de prolonger cette fidélité tout au long de l’année liturgique qui commence aujourd’hui.
Nous en serons heureux, très heureux!

Seigneur Jésus,
Toi qui nous appelles avec insistance à veiller,
garde-nous du sommeil spirituel.
Éveille-nous pour que nous puissions servir
l’éveil spirituel de notre temps.
Amen !


                                                                Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj

samedi 24 novembre 2012

 Parole du jour
Lc 20, 27-40
Samedi 24 novembre
Des sadducéens — ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection — vinrent trouver Jésus, et ils l'interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a donné cette loi :
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? »
Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.
Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. »
Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. »
Et ils n'osaient plus l'interroger sur quoi que ce soit. 
L'erreur des sadducéens est de considérer le mariage seulement comme un moyen, celui de donner une descendance. Or le fruit de l'union du mariage, l'enfant, est essentiellement le fruit de l'Amour. La femme n'est pas  une machine à faire de la descendance. Le mariage demande la rencontre de deux personnes qui s'aiment. L'Amour est le cœur du mariage. L'enfant qui naît de l'Amour est habité par une lumière particulière. Il naît de la rencontre de deux personnes qui se veulent mutuellement du bien qui se donnent la vie l'une à l'autre. De cet Amour-communion et de cette vie naît une Vie nouvelle baignée de leur Amour. La résurrection est du coté de cette Vie et de cet Amour. Dieu nous aime ainsi et nous comble de sa Vie. Vivre d'Amour, c'est vivre de Dieu car "Dieu est Amour". Après notre passage par la mort physique, nous sommes appelés à entrer en pleine communion avec Dieu et par Lui entre nous. Il n'y aura plus de descendance, mais une pleine communion dans l'Amour où chacun sera attentif à l'autre ...  

jeudi 8 novembre 2012

  Parole du jour
Jeudi 8 novembre
Lc 14, 15-24

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »

Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. 

Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !' De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Il est étonnant de voir comment l'homme est enclin à "enfoncer" son frère en humanité : "Cet homme fait bon accueil aux pécheurs ..." Quelle triste maladie que le "Jugement" lorsqu'il est synonyme de "condamnation". "Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour "juger" le monde mais pour le sauver." Ici juger à la connotation de "condamner". Ce que Dieu attend de nous pour ceux qu'Il considèrent comme ses enfants, c'est ce que Lui désire pour eux : le bonheur. C'est ce que veulent signifier les deux paraboles : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Et Dieu n'a pas hésité à prendre la place de celui qui est ou se met dans le malheur, pour l'en sortir. Et celui qui "juge" dans le sens exprimé plus haut, est dans le malheur car il s'enferme dans l'orgueil et la suffisance. Il est capable de juger Dieu Lui-même, de Le condamner. C'est ce qui s'est passé lors de la passion et de la mort de Jésus lui-même, "Dieu, né du vrai Dieu", Dieu devenu l'un de nous. Combien nous le condamnons souvent dans les autres  : "Ce que vous aurez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." Nous sommes bien heureux que Dieu ne nous ressemble pas. Il n'y a finalement qu'une seule béatitude. St Jean l'exprime dans sa 1ère lettre : "Nous le verrons tel qu'Il est car nous Lui seront semblables". Lui être semblable ! Il reste beaucoup de chemin à parcourir mais il n'y en a pas d'autre. Il est "le Chemin, la Vérité et la Vie."

mardi 6 novembre 2012

 Parole du jour
Mardi 6 novembre
Lc 14, 15-24

 Au cours du repas chez un chef des pharisiens, en entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. À l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : 'Venez, maintenant le repas est prêt.' Mais tous se mirent à s'excuser de la même façon. Le premier lui dit : 'J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir ; je t'en prie, excuse-moi.' Un autre dit : 'J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t'en prie, excuse-moi.' Un troisième dit : 'Je viens de me marier, et, pour cette raison, je ne peux pas venir.' À son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Plein de colère, le maître de maison dit à son serviteur : 'Dépêche-toi d'aller sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.' Le serviteur revint lui dire : 'Maître, ce que tu as ordonné est fait, et il reste de la place.' Le maître dit alors au serviteur : 'Va sur les routes et dans les sentiers, et insiste pour faire entrer les gens, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner.' »

Si nous considérons que le "Royaume de Dieu" n'est pas un lieu, ni quelque chose, mais "Quelqu'un", Jésus Lui-même, cette parabole est éclairante. Ce qui conduit à la béatitude, c'est la relation à Jésus, la communion avec Lui ...
 Il est un repas auquel les chrétiens sont invités, l'Eucharistie. Combien aujourd'hui trouvent des excuses pour vaquer à autre chose, ne répondant pas à l'invitation de Jésus. Pourtant ce repas donne la vie en abondance, la Vie de Jésus Lui-même. C'est Lui-même qui se donne en nourriture, une nourriture qui régénère et restaure notre être dans toutes ses dimensions : "Prenez et mangez, ceci est mon Corps livré pour vous ... mon Sang versé pour vous ...". Cette nourriture est celle de l'Amour. 
Comment peut-on se priver d'une telle nourriture, c'est la preuve d'une non-foi dans les paroles de Jésus et dans sa Présence et d'un enfermement dans le contingent dans lequel on met sa foi.
Nombre de nos frères en humanité qui ne connaissent pas Jésus mais qui inconsciemment, par la droiture de leur conscience, vivent de sa Présence et agissent selon sa Parole, entrent en communion avec Lui.
Déjà dans les Évangiles, voyons-nous Jésus donner en exemples la foi des païens : le centurion : "Jamais je n'ai trouvé autant de foi en Israël !"; la cananéenne : "Va, ta foi t'a guérie !"  Et il avertit : "Les publicains et les prostituées seront avant vous dans le Royaume des cieux". Oui, "Seigneur, augmente en nous la foi." Et rends-nous cohérent avec la grâce de notre baptême et notre nom de "chrétien". 

jeudi 1 novembre 2012

LA TOUSSAINT

Parole du jour
Jeudi 1 novembre
Mt 5, 1-12a
Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait,
il gravit la montagne.
Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.

Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire.
Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur :
le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux :
ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux :
ils obtiendront miséricorde !

Heureux les cœurs purs :
ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix :
ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l'on vous insulte,
si l'on vous persécute
et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse,
car votre récompense sera grande dans les cieux !


Qui sont-ils ces Saints que nous fêtons aujourd'hui ? ... Bien-sûr ceux qui sont inscrits sur nos calendriers, ceux dont nous portons le prénom, ceux qui ont été canonisés par l'Eglise. Mais il ne faut pas oublier la multitude de ceux qui inconnus, se sont laissés sanctifier par le Christ. Et sans doute que nous en croisons sur nos routes, hommes ou femmes qui sans bruit vivent du Christ. Et chacun d'entre nous, nous sommes appelés à être Saint. C'est la vocation de tout chrétien et donc de chacun d'entre nous ... et même de toute personne humaine. Car la vocation humaine est une vocation à l'Amour et l'être humain souffre de ne pas aimer comme il le faudrait. Dieu qui est l'unique Saint a créé l'homme à son Image. Dieu est Amour. En se faisant Homme, le Fils de Dieu a parfaitement accompli cette vocation dans notre propre chair. Il est l'unique chemin vers la sainteté. L'accueillir au cœur de notre vie, c'est lui permettre de l'assumer avec nous en la purifiant et en l'ajustant sur l'Amour et donc de l'accomplir en sainteté.
Le Sacrement du baptême nous plonge dans la Sainteté du Christ, dans le Mystère de sa mort et de sa Résurrection, et nous incorpore à Lui : "Tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ." La Sainteté est alors un déjà-là par cette union au Christ et un pas-encore car il nous faut adhérer (la Foi) de tout notre être à cette sainteté au quotidien de nos vies en faisant de Lui le compagnon de nos routes. Il est "le Chemin, la Vérité et la Vie." Certes sur nos routes, il nous arrive de chuter contre la pierre ou de tomber dans le fossé. mais Il est toujours là pour nous relever et nous remettre sur le chemin. La Sainteté n'est pas la perfection, mais cette remise continuelle de notre vie dans la Sienne. Car Il est Lui-même notre Sainteté, Lui qui a parfaitement accompli notre Humanité. Aussi notre regard ne doit-il pas se détacher de Lui.

Écoutons le dialogue de St François avec son compagnon Léon :


"Sautant d’un rocher à l’autre, Léon eut tôt fait de traverser le torrent. François le suivit. Il y mit plus de temps. Léon, qui l’attendait debout sur l’autre rive, regardait l’eau limpide couler avec rapidité sur le sable doré entre les masses grises des rochers. Lorsque François l’eut rejoint, il demeura dans son attitude contemplative. Il semblait ne pouvoir se détacher de ce spectacle. François le regarda et il vit de la tristesse sur son visage.
- Tu as l’air songeur, lui dit simplement François.
- Ah! si nous pouvions avoir un peu de cette pureté, répondit Léon, nous connaîtrions, nous aussi, la joie folle et débordante de notre sœur l’eau et son élan irrésistible!
Il passait dans ces paroles une profonde nostalgie. Et le regard de Léon fixait mélancoliquement le torrent qui ne cessait de fuir dans sa pureté insaisissable.
- Viens, lui dit François en le tirant par le bras.
Et ils reprirent tous deux leur marche. Après un moment de silence, François demanda à Léon :
- Sais-tu, frère, ce qu’est la pureté du cœur ?
- C’est ne pas avoir de faute à se reprocher, répondit Léon sans hésiter.
- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher.
- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d’arriver un jour à la pureté du cœur.
- Ah! frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C’est cela même, petit frère, avoir le cœur pur.
« Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté.

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon.
- Oui, sans doute, répondit François. Mais la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on se découvre et que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude.
« Notre néant, vois-tu, s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme.
« Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos cours. C’est cela avoir le cœur pur.
« Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant.
- Comment faire? demanda Léon
- Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aiguë de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le cœur devient alors léger. II ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu." (Tiré du livre "La Sagesse d'un pauvre" d'Eloi Leclerc)

dimanche 28 octobre 2012

Parole du jour
Mc 10, 46-52
Dimanche 28 octobre

Tandis que Jésus sortait de Jéricho 
avec ses disciples 
et une foule nombreuse, 
un mendiant aveugle, 
Bartimée, le fils de Timée, 
était assis au bord de la route.
Apprenant que c'était Jésus de Nazareth, 
il se mit à crier : 
« Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
Beaucoup de gens l'interpellaient vivement 
pour le faire taire, 
mais il criait de plus belle : 
« Fils de David, aie pitié de moi ! »
Jésus s'arrête et dit : 
« Appelez-le. » 
On appelle donc l'aveugle, et on lui dit : 
« Confiance, lève-toi ; il t'appelle. »
L'aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Jésus lui dit : 
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? 
— Rabbouni, que je voie. »
Et Jésus lui dit : 
« Va, ta foi t'a sauvé. » 
Aussitôt l'homme se mit à voir, 
et il suivait Jésus sur la route. 

Regardons les différents personnages : Jésus est le centre du récit, tous les regards sont tournés vers Lui et on le suit ... Qui le suit ? Ses disciples qui sans doute sont fier d'être là et de recevoir quelques rayons de la gloire de Jésus pour eux. Ne sont-ils pas les disciples, les proches du Maître ! Et la foule qui attend de Jésus des actes de guérisseurs et qui en font leur idole. Tout semble bien se passer. Chacun est à sa place. Jésus lui attend autre chose. Le succès ne l'intéresse pas. Il sait que tous ceux-là le suive pour eux mêmes et non pour lui. 
Et puis, voici le "trouble fête" ... le grand oublié ... celui qu'on ne regarde même pas ... d'ailleurs n'est-il pas un pécheur notoire puisqu'il est aveugle et mendie ? Un homme à ne pas fréquenter ... Et le voici qui se fait entendre et qui veut attirer l'attention de Jésus. Quel culot !  "Beaucoup de gens l'interpellaient vivement pour le faire taire." Qu'il reste à sa place !
Mais Jésus, c'est lui qu'il attend et toute son attention est tournée vers lui : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ... je ne suis pas venu pour ceux qui se croient juste, mais pour les pécheurs" : "Appelez-le." Aussitôt on change d'attitude. Il est important d'être dans les bonnes grâces du Maître. Ainsi de la foule qui se faufile dans le sens ou souffle le vent. Mais sa parole vient de plus loin qu'elle : "Confiance, lève-toi, il t'appelle." Une parole extraordinaire qui aujourd'hui encore apporte l'espérance. Par ces paroles, l'aveugle, bien que ne voyant toujours pas,  est comme sorti de sa cécité. Jetant sa souffrance qui l'enferme sur lui-même, son manteau, le voilà tout à Jésus : "il bondit et courut vers Jésus." Et c'est la Rencontre avec un grand "R". Jésus le regarde comme une Personne et lui parle comme à une Personne. Il ne le guérit pas immédiatement, il lui demande ce qu'il veut. Il le respecte jusque là : "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" Bartimée est invité à conceptualiser ce qu'il veut, même si Jésus le sait. Cela doit venir de lui. Jésus n'est pas un magicien. le désir et la demande sont essentiels. On ne jette pas une graine de vie dans les pierres, mais dans une bonne terre : "Rabbouni, que je voie." Et Jésus ne lui dit pas : "Tu es guéris." mais "Va, ta foi t'a sauvé (même mot que "guéri")." La graine à pu lever et donner son fruit : "L'homme se mit à voir et il le suivait." une relation nouvelle éclaire le coeur et la vie de Bartimée ... Ne serions-nous pas chacun un "Bartimée" ... Puissions-nous accueillir son témoignage.

 


dimanche 21 octobre 2012

Parole du jour
Mc 10, 35-45
Dimanche 21 octobre

Jacques et Jean, les fils de Zébédée,
s'approchent de Jésus et lui disent :
« Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent :
« Accorde-nous de siéger,
l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire,
recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui disaient : « Nous le pouvons. »
Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ;
et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,
il ne m'appartient pas de l'accorder,
il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
Les dix autres avaient entendu,
et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.
Jésus les appelle et leur dit :
« Vous le savez :
ceux que l'on regarde
comme chefs des nations païennes
commandent en maîtres ;
les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :
car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi,
mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Voici un texte de l'Évangile qui nous montre comment Jésus et ses disciples ne vivent pas dans le même monde. Les disciples pensent "pouvoir et grandeur". Jésus pense "service et don de soi". C'est ainsi que l'homme a tendance à projeter sur Dieu ses propres pensées en faisant de Lui un Dieu de Pouvoir. C'est alors le Dieu miroir en lequel je me mire dans mes aspirations déréglées et mortifères où l'autre devient l'esclave de mes désirs et de mes manipulations. Un faux dieu !
Ainsi Jacques et Jean rêve "Jésus Roi" comme les puissants de la terre, et eux en bonnes places dans sa cour où son gouvernement : "l'un à droite et l'autre à gauche." Les autres apôtres, pris de vitesse dans la demande, sont jaloux : "ils s'indignent contre Jacques et Jean."
Mais "les pensées de Dieu ne sont pas celle des hommes" et son Royaume n'est pas selon ce monde-là qui est un monde de "rapport de forces" où les hommes sont trop souvent des loups les uns envers les autres.
Dans un premier temps, Jésus ne dit pas non à Jacques et Jean. Il leur dit qu'ils sont dans l'illusion : "vous ne savez pas ce que vous demandez ..." Mais eux pensent "savoir". Alors Jésus leur parle de "coupe à boire", celle de son agonie : "Père, s'il est possible, éloigne de moi cette coupe, cependant non pas ma volonté mais la tienne." Il leur parle de baptême, la plongée dans la mort par le supplice de la croix. Sans chercher à comprendre ce que cela signifie, toujours dans leurs pensées, et croyant obtenir une réponse positive à leur demande, ils répondent en cœur : "Nous le pouvons !"
Jésus va alors essayer de faire passer ses disciples de leur monde trop humain, dans le monde de Dieu : "Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude". Par la définition qu'il donne, il se définit lui-même et à travers lui, c'est Dieu qu'il dit et qu'il donne à voir. Dieu n'est pas potentat, il est Serviteur. Et ce qu'il sert, c'est sa propre vie pour la multitude. La seule puissance qu'il connaisse, c'est la puissance d'Amour : "L'Amour ne cherche pas son propre intérêt ..."
L'Eucharistie est vraiment le Sacrement de ce Service et du Don de sa Vie ... le Sacrement de l'Amour !

samedi 20 octobre 2012

Parole du jour
Lc 12, 8-12
Samedi 20 octobre

Jésus disait à ses disciples :
« Je vous le déclare : 
Celui qui se sera prononcé pour moi 
devant les hommes, 
le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui 
devant les anges de Dieu.
Mais celui qui m'aura renié en face des hommes 
sera renié en face des anges de Dieu.
Et celui qui dira une parole contre le Fils de l'homme,
 cela lui sera pardonné ; 
mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, 
cela ne lui sera pas pardonné.
Quand on vous traduira devant 
les synagogues, les puissances et les autorités, 
ne vous tourmentez pas pour savoir
 comment vous défendre ou comment parler.
Car l'Esprit Saint vous enseignera à cette heure même 
ce qu'il faudra dire. »

Etre chrétien n'est pas de tout repos : "Ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront." Un super programme ! On pense peut-être aux persécutions qui ont lieu dans des pays lointains comme la chine, l'Inde ou le Nigéria ... Certes ! Et que cela nous fait-il ? ... Nous sentons-nous solidaires de ces frères et soeurs qui souffrent pour leur foi, et parfois jusqu'au sang ? ... 
Mais dans notre quotidien, n'y-a-t-il pas parfois des situations de vexations, de moqueries, d'agressivité contre nous, parce-que nous sommes chrétiens ? ... Et comment réagissons-nous ? ... N'aurions-nous pas tendance dans ces moments-là à raser les murs ? ... A passer inaperçu ? ... Peut-être à nous sentir un peu moins chrétiens et à nous couler dans l'opinion d'autrui pour être tranquille ? ... Et voilà que la parole de Jésus nous percute : " celui qui m'aura renié en face des hommes sera renié en face des anges de Dieu." Ce qui veut dire qu'agir ainsi nous coupe de la présence de Jésus et nous enlève la Paix du coeur . Jésus nous donne la solution. Une solution qui nous demande un acte de Foi par l'enracinement de nos vies au-delà du "monde", dans ce que Jésus appelle le "Royaume", ce Royaume qui est cette réalité de "l'au-delà du visible" qui résonne en nous et nous découvre un Visage, celui de l'Amour, celui de Dieu plus présent à nous-mêmes que nous-mêmes. Jésus est ce Visage. Et la solution est cette remise de nous-mêmes à la force de l'Esprit-Saint : " ne vous tourmentez pas pour savoir comment vous défendre ou comment parler. Car l'Esprit Saint vous enseignera à cette heure même ce qu'il faudra dire."

vendredi 19 octobre 2012

Parole du jour
 Lc 12, 1-7
Vendredi 19 octobre

Comme la foule s'était rassemblée par dizaines de milliers, 
au point qu'on s'écrasait, Jésus se mit à dire, 
 en s'adressant d'abord à ses disciples : 
« Méfiez-vous bien à cause du levain des pharisiens, 
c'est-à-dire de leur hypocrisie. 
Tout ce qui est voilé sera dévoilé, 
tout ce qui est caché sera connu. 
Aussi tout ce que vous aurez dit dans l'ombre 
sera entendu au grand jour,
 ce que vous aurez dit à l'oreille dans le fond de la maison 
sera proclamé sur les toits. 
Je vous le dis, à vous mes amis :
 ne craignez pas ceux qui tuent le corps, 
et après cela ne peuvent rien faire de plus. 
Je vais vous montrer qui vous devez craindre : 
craignez celui qui, après avoir tué, 
a le pouvoir d'envoyer dans la géhenne. 
Oui, je vous le dis : c'est celui-là que vous devez craindre. 
Est-ce qu'on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? 
et pas un seul n'est indifférent aux yeux de Dieu. 
Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. 
Soyez sans crainte : 
vous valez plus que tous les moineaux du monde. »

Le levain des pharisiens, c'est leur interprétation de la thora avec toutes les lois et les règles qu'ils ont ajoutées et qui sont de vrais fardeaux à porter par les petites gens. A ce propos Jésus dira  : "Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt." (Mt 23, 4) L'enseignement de Jésus, lui, est simple et libérateur. Dans le sermon sur la montagne, il effectue un réajustement : "Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens ... et bien moi je vous dit ..." (Mt 5, 17 -48) De même nos paroles et nos actes ne sont jamais sans effet, soit pour le bien, soit pour le mal. Ils sont comme inscrits dans la "chair" de l'humanité et de la création. Ainsi : "Toute âme qui s'élève, élève le monde." (Gandhi) et à fortiori : "Toute âme qui s'abaisse, abaisse le monde." Il suffit de regarder le monde pour prendre conscience de ce combat, un combat qui est en chacun de nous. Prendre le chemin de l'élévation du monde par celle de notre vie est vraiment une rude bataille qui peut avoir un incident sur notre vie extérieure comme le laisse entendre l'Evangile. Jésus lui-même le dit : "Et moi, une fois élevé de terre j'attirerai tous les hommes à moi." (Jn 12,32) Le Salut est à ce prix ! Mais nous ne sommes pas seul, il assume avec nous notre marche : " Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde."

jeudi 18 octobre 2012



 Fête de St Luc
Luc l'évangéliste ou saint Luc (gr: Λουκᾶς Loukas) 
est un compagnon de l'apôtre Paul. 
Il exerçait la médecine (Col 4:14) 
et il suivit Paul lors de ses voyages d'abord en Macédoine
 puis jusque dans sa détention à Rome (2Ti 4:11).
Il est considéré comme l'auteur 
du Troisième Évangile de Jésus Christ et des Actes des Apôtres.

Parole du jour
Lc 10, 1-9
Jeudi 18 octobre

 Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. 
Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison.'
S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira.
Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.' »

"Le Règne de Dieu est tout proche". Le Règne de Dieu, ce n'est pas celui d'un potentat. Il ne s'agit pas d'un Roi qui approche et dont il faut avoir peur. Le "Règne de Dieu", c'est le bien de l'homme, c'est la lumière et la paix dans son coeur, c'est l'Amour au maximum. Quand Jésus dit qu'il "est tout proche", il parle à la fois de sa Présence, lui l'Emmanuel, "Dieu avec nous" et de la libération qu'il va accomplir par le don de sa vie sur la croix : "un amour jusqu'au bout". Ce don, l'homme est appelé à l'accueillir. Si la porte de son coeur reste fermé, la mort de Jésus ne pourra être source de résurrection pour lui car la lumière ne pourra entrer. "Dans toute maison où vous entrerez, dites : "Paix à cette maison". S'il y a un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui." Accueillir le Règne de Dieu, c'est recevoir la paix. Les envoyés sont porteurs de ce Règne d'amour. D'où l'urgence à trouver de ces ouvriers car la moisson est prête, c'est à dire qu'il y a dans nombre de coeur humain, l'attente de ce Règne. L'ouvrier est là pour en apporter la révélation, lui a qui le Règne s'est révélé.

mardi 25 septembre 2012

 Parole du jour
Lc 8, 19-21
Mardi 24 septembre

La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu'à lui à cause de la foule. On le fit savoir à Jésus : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. » 

Il y a la chair et le coeur. La famille selon la chair et celle selon le coeur. Sachant que dans la culture de Jésus qui est une culture de l'oralité, le coeur c'est la mémoire, la bibliothèque. La Parole s'engrange dans le coeur qui en est le réceptacle. Il est la source d'où rayonne la vie qui jaillit de la Parole de Dieu reçue et vécue. Aussi entre Jésus qui annonce et enseigne la Parole et Jésus qui l'accomplit, il n'y a pas de distance. Il incarne la Parole. Il est Lui-même la Parole. Aussi celui qui accueille cette Parole et en vit, donne naissance à celle-ci et donc à Jésus dans son coeur et dans sa propre vie et devient ainsi comme sa mère. Et tous ceux qui prennent ce chemin d'accueillir la même Parole de Dieu pour qu'elle ensemence leur coeur et y porte du fruit, sont frères et soeurs de Jésus. Sa famille pouvait d'ailleurs l'être  selon la chair et selon le coeur. A nous de comprendre l'importance de s'imprégner de l'enseignement que Jésus nous donne par sa Parole et par sa Vie. La "lectio Divina" est là pour accomplir cette transformation intérieure. Combien nous lisons facilement des revues et même des livres sans intérêt et oublions les Evangiles et autres textes de la Bible, en particulier du Nouveau Testament, qui illumine et donne la Vie ! Nous sommes compliqué, ayant bien du mal à suivre le chemin de ce qui est fondamentalement bon pour nous et par le fait même pour les autres, puisque notre transformation les atteindra pour le meilleur.

lundi 24 septembre 2012

Parole du jour
Lc 8, 16-18
Lundi 24 septembre

Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. » 

Jésus est "la Lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde", (Jn 1, 9) "la Lumière qui luit dans les ténèbres et que les ténèbres ne peuvent éteindre" (v. 5). "Qui le suit, dit-il ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la Lumière de la Vie. (Jn 8, 12)" Suivre Jésus, c'est marcher dans la lumière, devenir "lampadaire", "porteur de la lumière", ce qui revient à dire "porteur du Christ" Lui-même et donc ne pas avoir peur d'en être les témoins. Notre vie doit correspondre à notre Foi. Combien de "martyrs" (le mot signifie "témoins") sont aujourd'hui encore porteurs de la Lumière ? ... leurs témoignages traversent les siècles ! C'est notre mission aujourd'hui : témoigner de notre Foi par une vie conforme à celle de Jésus, à son enseignement. Ce dont nous témoignons alors, c'est d'un Amour au maximum, celui de Dieu tel que nous l'a révélé Jésus par sa propre vie donnée.

dimanche 23 septembre 2012

 Parole du jour
Mc 9, 30-37
Dimanche 23 septembre

Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu'on le sache.
Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger.

Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »

La Parole de Jésus n'est pas facile à entendre.Il en est ainsi dans cet Evangile. Les disciples préfèrent parler d'un sujet qui préoccupe leur égo : " ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand." Bien loin de l'annonce de Jésus qui est justement une mort de l'égo : "être livré aux mains des hommes, tué ..." Leur rêve, c'est d'avoir la meilleure place, de briller aux yeux des hommes, d'être le plus grand. Jésus a vraiment un don pour briser les rêves. Pour lui, "être le plus grand" c'est : " être le dernier de tous et le serviteur de tous. " Pour l'homme pécheur, c'est pas la gloire ! Mais pour Dieu, il n'y a pas d'autre gloire que celle-là. Elle nous est révélée dans la croix qui est le sommet du véritable Amour : Jésus considéré comme un moins que rien, humilié et trahi, sauve l'humanité. C'est l'Amour qui le conduit à ce dessaisissement de sa vie pour que jaillisse la Vie au coeur de l'Homme. Le replis sur soi n'apporte que la mort. A sa suite, aimons la vie et donnons la Vie, il nous en montre le chemin ... Il est le Chemin !

samedi 22 septembre 2012

 Parole du jour
Lc 8, 4-15
Samedi 22 septembre

Comme une grande foule se rassemblait, et que de toutes les villes on venait vers Jésus, il dit en parabole : « Le semeur est sorti pour semer la semence. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin, les passants l'ont piétiné, et les oiseaux du ciel ont tout mangé. Du grain est tombé aussi dans les pierres, il a poussé, et il a séché parce qu'il n'avait pas d'humidité. Du grain est tombé aussi au milieu des ronces, et, en poussant, les ronces l'ont étouffé. Enfin, du grain est tombé dans la bonne terre, il a poussé, et il a porté du fruit au centuple. » En disant cela, il élevait la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! »

Ses disciples lui demandaient quel était le sens de cette parabole. Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n'ont que les paraboles, afin que se réalise la prophétie : Ils regarderont sans regarder, ils écouteront sans comprendre.

Voici le sens de la parabole. La semence, c'est la parole de Dieu. Ceux qui sont au bord du chemin, ce sont ceux qui ont entendu ; puis le démon survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d'être sauvés. Ceux qui sont dans les pierres, lorsqu'ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n'ont pas de racines, ils croient pour un moment, et, au moment de l'épreuve, ils abandonnent. Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont ceux qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité. Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole dans un coeur bon et généreux, la retiennent, et portent du fruit par leur persévérance. »

Dieu ne donne pas aux uns et pas aux autres. Ils donne à tous car il ne fait pas acception des personnes. Il aime chacun d'un amour éternel. Donc du coté de Dieu, tout est donné. La Croix en est la révélation : le sommet de l'Amour et du Don. Mais il ne peut obliger qui que ce soit à recevoir ce qu'il donne. L'homme n'est pas un robot, il a son "libre arbitre" et Dieu respecte ses choix. Et donc il lui revient d'accueillir ou non ce qui lui est offert. Les deux voies, l'une, par l'accueil du "Don", qui conduit à la vie et l'autre, par le rejet, à l'enfermement. ... C'est ce qui est dit dans la Parabole. La semence, la Parole, est semée dans toutes les terres, dans tous les coeurs, et chacun la reçoit comme il le veut ... comme il l'entend. Parfois le sol est pierreux, d'autres fois épineux etc ... et parfois "bonne terre". A chaque fois la Parole porte un fruit où non selon l'état du sol, du coeur et son attente. Il est bon de travailler  à ce que notre coeur soit bon et généreux pour accueillir la Parole ... Or la Parole ce n'est pas quelque chose, c'est Quelqu'un : Jésus Lui-même !


vendredi 21 septembre 2012

 Parole du jour
Mt 9, 9-13
Vendredi 2I septembre

 Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

A le regarder de l'extérieur, voici un homme peu fréquentable, un collabo, un homme à la solde des romains ... Il perçoit l'impôt et en garde dans sa poche. Mais Jésus lui, voit l'intérieur. Il sait que la conscience de Matthieu n'est pas au beau fixe, que son comportement a creusé une brèche dans son coeur. Un mal-être l'habite qui prépare un changement possible, une conversion. Jésus le vit ! L'appel de Jésus va le faire passer de la position assise où il est bloqué sur son siège, à la position debout : "L'homme se leva." "Anasthas" en grec, est l'un des terme mot pour  signifier la Résurrection. Jésus le fait passer de la mort à la vie par sa Parole et sa Présence, par son regard. La lumière pénètre par la brèche et éclaire toute la maison. Un amour qui libère,  la Paix retrouvée. Il le suit !
Cette expérience, Matthieu ne peut la garder pour lui. La rencontre de Jésus pousse au témoignage et à la mission. Il veut que ses amis, publicains et pécheurs, connaissent Jésus et fassent l'expérience de sa Présence, de son amour et de la Paix. Les pharisiens blindés dans leur suffisance et qui se croient "justes" restent en dehors de la rencontre et de la Lumière ... ils sont du "monde". Matthieu, lui, à trouvé le "Royaume" et veut le faire découvrir : "Je suis venu appeler non pas ceux qui se croient jutes, mais ceux qui se savent pécheurs et aspirent à  la délivrance."

jeudi 20 septembre 2012

 Parole du jour
Lc 7, 36-50
Jeudi 20 septembre

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. »
Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. — Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? »
Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. — Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds. Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds.  Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. »
Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »

La sainteté n'est pas la perfection. S'il en était ainsi, très vite l'orgueil prendrait le dessus : l'être humain se ferait comme trop souvent il le fait l'égal de Dieu. Le donnant-donnant. Or la vie nous la recevons de Lui comme la sainteté. Lui seul est Saint. Et lorsque Jésus nous demande "d'être parfait comme notre Père Céleste est parfait" (Mt 5, 48) , il nous appelle à la miséricorde et à l'amour : "Vous donc soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux." (Lc 6, 36) Et il ajoute : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés, pardonnez et vous serez pardonnés." (v. 37-38) Voilà en fait la vraie perfection qui s'apparente alors à l'amour qui en est la Source et le moteur ... En ce sens, le pharisien n'était pas parfait comme il pensait l'être avec toutes ses pratiques et sa suffisance. Il  savait reconnaître le péché des autres sans distinguer d'ailleurs entre la personne et son péché mais pas le sien. Pour cette raison, le pardon ne pouvait accomplir son oeuvre de salut en lui.  Quand à la femme :  "Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. " La reconnaissance de son péché et la joie de la libération a mis dans son coeur "son grand amour". Et désormais elle n'est plus centrée sur son "égo", mais sur la Personne de Jésus dans une confiance qui laisse passer la grâce : " Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! ". "Que celui qui a des oreilles entende !"