vendredi 19 avril 2013

Parole du jour
Jn 6, 52-59
Vendredi 19 avril

Les Juifs discutaient entre eux :
« Comment cet homme-là peut-il
nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n'aurez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair
et boit mon sang demeure en moi,
et moi je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
Tel est le pain qui descend du ciel :
il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
Voilà ce que Jésus a dit,
dans son enseignement à la synagogue de Capharnaüm.

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour ». Chez saint Jean, le terme « chair » renvoie non pas au corps charnel de Jésus mais à sa personne toute entière, autrement dit au Verbe divin qui « s’est fait chair et a habité » parmi nous. De même, le verbe « manger », dans le contexte général du chapitre 6, fait clairement en référence à l’adhésion croyante à la personne même du Verbe. Manger le pain vivant, manger la chair du Christ signifie donc croire en lui, adhérer à lui, assimiler la vie qu’il nous procure. En effet, un pain n'est vivifiant que dans la mesure où il est précisément mangé. Celui qui croit incorpore en lui le Pain Vivant mais en même temps il est incorporé en lui : « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. » Cette double assimilation conduit à une inhabitation réciproque, à une véritable communion de vie : « Demeurez en moi comme je demeure en vous (…) car en-dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (15, 4-5).
Devant un si grand mystère, saint Augustin s’exclame : « Ô profond mystère de piété ! Ô signe d’unité ! Ô lien de charité ! Celui qui veut vivre, sait où il jouira de la vie, où il la puisera. Qu’il s’approche et qu’il croie, qu’il s’incorpore au Christ, il y trouvera la vie… qu’il ne fasse qu’un avec le corps du Christ ; que puisant sa vie en Dieu, il vive pour Dieu ».
C’est toute l’économie et le mystère de notre salut qui nous sont révélés ici. « le Père qui est Vivant » envoie son Fils pour épouser notre condition humaine jusque dans sa mortalité, afin que ceux qui acceptent de venir à lui dans la foi, se relèvent en lui au jour de la résurrection. En nous unissant au Fils par la foi, nous accueillons au sein de notre mortalité, sa propre Vie divine immortelle, en vertu de laquelle nous vivons dès à présent en lui et ressusciterons au dernier jour : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui », « et moi, je le ressusciterai au dernier jour ». (F. Elie)

jeudi 18 avril 2013

Parole du jour
Jn 6, 44-51

jeudi 18 avril

Après avoir multiplié les pains,
Jésus disait à la foule des Juifs :
« Personne ne peut venir à moi,
si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi,
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes :
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.
Tout homme qui écoute
les enseignements du Père vient à moi.
Certes, personne n'a jamais vu le Père,
sinon celui qui vient de Dieu :
celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne,
et ils sont morts ; mais ce pain-là, qui descend du ciel,
celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel :
si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c'est ma chair,
donnée pour que le monde ait la vie. »
Il nous faut entendre et réentendre ces paroles de Jésus et les laisser prendre racine dans notre coeur : "Celui qui croit en moi a la vie éternelle" ... "Moi je suis le pain de la vie" ... "Celui qui mange de ce pain ne mourra pas" ... " Moi je suis le pain vivant descendu du ciel" ... "Si quelqu'un mange de ce pain vivra éternellement" ... "Le pain que je donnerai c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie". Le pain dans la Bible est symbolique de la "Parole de Dieu" qui est une "Parole qui construit, qui éduque, qui donne la Vie": "L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu". Cette Parole, ce n'est pas seulement l'enseignement de Jésus, c'est Jésus Lui-même qui a incarné la Parole même qu'il proclame pour la libération et la guérison de la personne. Cette Parole, c'est son Être même. Ce qu'il dit, il l'est. Aussi, manger le pain de la vie, c'est à la fois se nourrir des Écritures et en particulier du Nouveau Testament et plus en particulier encore des Évangiles, et se nourrir de sa Personne dans l'Eucharistie, puisqu'il est "Parole de Dieu". St Jean de la croix écrit : "Dieu n'a eu qu'une seule Parole : son Fils" : "Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement." Prenons une des petites phrases de l'Évangile de ce jour notée plus haut et ruminons la tout au long de la journée et nous verrons notre cœur devenir brûlant comme celui des disciples d'Emmaüs écoutant Jésus expliquer les Écriture, et n'oublions pas d'aller à l'Eucharistie (Messe) pour accueillir dans notre cœur, dans notre vie, Celui qui est la "Parole de Dieu", "Parole Incarnée", le "Pain vivant", le "Pain de la Vie", nous en serons transformés car en pleine communion avec Lui ... Les disciples d'Emmaüs "le reconnurent à la fraction du Pain" . ( Lc 24)

mercredi 17 avril 2013

 Parole du jour
Jn 6, 30-35
mercredi 17 avril
Après avoir multiplié les pains,
 Jésus disait à la foule des Juifs :
 « Moi, je suis le pain de la vie. 
Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; 
celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif. 
Mais je vous l'ai déjà dit : 
vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.
Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ; 
et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.
Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, 
mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé.
Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, 
c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, 
mais que je les ressuscite tous au dernier jour.
Car la volonté de mon Père, 
c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; 
et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »
La vie éternelle, c'est "de connaître le Père comme seul vrai Dieu et son envoyé Jésus-Christ." Cette connaissance n'est possible que dans l'Esprit-Saint. Et la "connaissance biblique" n'est pas la connaissance intellectuelle, mais la connaissance conjugale, intime. La vie éternelle est donc la pleine communion avec Dieu, le plein ajustement. La Foi qui est relation intime et personnelle avec le Père en Jésus (le Fils incarné) dans l'Esprit Saint, conduit à cette communion et à cet ajustement. Celui qui vit cette expérience qui demande un dessaisissement du "moi" orgueilleux et égoïste, et un élan de charité, sort du tombeau, se lève et se tient debout dans une "Aube Nouvelle", Lumière de la Résurrection. Et c'est la Paix qui, de l'intérieur, ouvre à une relation nouvelle avec les autres dans un amour et une compassion qui prennent source dans le cœur de Dieu. Jésus en est le "Chemin", aussi nous appelle-t-il à nous nourrir de sa Vie pour qu'elle fasse "Lever" la notre : "Moi, je suis le pain de la vie".

dimanche 14 avril 2013

Parole du jour
Jn 6, 30-35
mardi 16 avril

Après la multiplication des pains,
la foule dit à Jésus :
« Quel signe vas-tu accomplir
pour que nous puissions le voir,
et te croire ?
Quelle oeuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ;
comme dit l'Écriture :
Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ;
c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel
et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors :
« Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »
Jésus leur répondit :
« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ;
celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif.

Comme pour la vie du corps il faut manger le pain de la terre, de même pour la vie de l'âme, il faut manger "le pain du ciel", Jésus lui-même dans le don libre qu'Il nous fait de sa Vie sur la Croix. Il est le "Pain vivant descendu du ciel" car le Fils de Dieu ne s'est incarné et a pris nom Jésus, que pour nous donner sa Vie, cette Vie à laquelle il nous invite à communier en la recevant au moyen du pain de la terre qui devient "Pain du ciel" sur l'autel : "Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde." Pour recevoir sa Vie au cœur de la notre, il ne nous est pas demandé quelque chose d'extraordinaire, au dessus de nos forces, mais seulement de nous nourrir de sa Vie par le moyen du pain de la terre, pain visible et palpable devenu sacramentellement Pain du ciel, Présence de Jésus, dans le mystère de sa mort et de sa résurrection et du don de l'Esprit-Saint. Voici ce que dit la 3ème prière eucharistique après la consécration : "En faisant mémoire de ton Fils, de sa passion qui nous sauve, de sa glorieuse résurrection ..." Cette "mémoire" non dans le sens de souvenir, mais d'actualisation aujourd'hui de ce qui s'est passé il y a deux mille ans, car la grâce du Mystère Pascal n'est plus tributaire de l'espace et du temps, elle nous rejoint ici et maintenant. La Prière Eucharistique continue "Quand nous serons nourris de son Corps et de son Sang et remplis de l'Esprit-Saint ..." Corps livré ... Sang versé ... Amour qui relève et donne la Vie. La Présence invisible de Jésus devient palpable dans la Foi qui est certitude et relation dans un cœur à cœur avec Lui : "Heureux ceux qui croit sans avoir vu." Laissons résonner en nous la Parole de Jésus : "Moi, je suis le pain de la Vie."
 
 Parole du jour  
Jn 6, 22-29
Lundi 15 avril

 
Jésus avait traversé le lac en marchant sur les eaux. 
Le lendemain, la foule restée sur l'autre rive du lac 
se rendit compte qu'il n'y avait eu là qu'une seule barque, 
et que Jésus n'y était pas monté avec ses disciples, 
qui étaient partis sans lui.
Cependant, d'autres barques, venant de Tibériade, 
étaient arrivées près de l'endroit 
où l'on avait mangé le pain 
après que le Seigneur eut rendu grâce.
La foule s'était aperçue que Jésus n'était pas là, 
ni ses disciples non plus. 
Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent 
vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : 
« Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : 
« Amen, amen, je vous le dis :
vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, 
mais parce que vous avez mangé du pain 
et que vous avez été rassasiés. 
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, 
mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, 
celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, 
le Père, a marqué de son empreinte. »
Ils lui dirent alors : 
« Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit :
« L'œuvre de Dieu, 
c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »
Qu'est-ce qui est le plus important : Ce que Jésus donne ou la Personne de Jésus ? La foule court après Jésus non pour sa Personne, mais pour ce qu'Il lui donne : "Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés." Elle fait de Lui, un magicien, un faiseur de miracle. Sa relation avec Lui se place à ce niveau. Ce qu'elle regarde ce n'est pas Jésus mais le pain et à travers celui-ci leur ventre, leur propre personne. La foule s'approprie Jésus, elle le ligote à son profit. Mais ce qu'elle veut est éphémère et sans avenir, c'est une nourriture qui se perd et qui fondamentalement ne donne pas la vie. C'est que "l'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu." Cette Parole n'est pas quelque chose, mais Quelqu'un, Jésus Lui-même, Parole de Dieu. Tout son être parle. Aussi c'est de Lui qu'il faut se nourir, Il est le "Pain véritable dont il faut se nourrir pour avoir la vraie Vie : "Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde ... " (v. 33) Et Jésus s'identifie à ce pain-là :  "Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. " (v. 51) Et nous, quel est le pain que nous désirons ? ... Croire, c'est accueillir Jésus dans notre vie comme le pain qui seul peut nous rassasier : "Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif." (v. 35)


Parole du jour
Jn 21, 1-14
Vendredi 14 avril


Jésus se manifesta encore aux disciples
sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas
(dont le nom signifie : Jumeau),
Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée,
et deux autres disciples.
Simon-Pierre leur dit :
« Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent :
« Nous allons avec toi. »
Ils partirent et montèrent dans la barque ;
or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage,
mais les disciples ne savaient pas que c'était lui.
Jésus les appelle :
« Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? »
Ils lui répondent : « Non. »
Il leur dit :
« Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »
Ils jetèrent donc le filet,
et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener,
tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre :
« C'est le Seigneur ! »
Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer
que c'était le Seigneur, il passa un vêtement,
car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau.
Les autres disciples arrivent en barque,
tirant le filet plein de poissons ;
la terre n'était qu'à une centaine de mètres.
En débarquant sur le rivage,
ils voient un feu de braise
avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit :
« Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre monta dans la barque
et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons :
il y en avait cent cinquante-trois.
Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner. »
Aucun des disciples n'osait lui demander :
« Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur.
Jésus s'approche, prend le pain
et le leur donne, ainsi que le poisson.
C'était la troisième fois
que Jésus ressuscité d'entre les morts

"Ils passèrent la nuit sans rien prendre". Les disciples sont encore habités par la mort de Jésus. C'est la nuit ! Et leur vie est sans fruits : "Ils ne prennent rien" ...
"Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage ". C'est au lever du jour que Jésus est ressuscité. Il est donc là, bien présent. Mais il n'est plus dans la barque, il est arrivé à bon port, il est sur le rivage. Sa vie a pris un tournant. Il est le même, mais autrement. Il est passé par la nuit, mais désormais, il rayonne du Jour, de la Lumière. Son corps lui-même est transformé, spiritualisé.
"Jetez les filets à droite... ils jetèrent les filets ... " Dans la foi, ils obéissent à l'ordre de Jésus, sans même le reconnaître. Alors le fruit ne se fait pas attendre : " Ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson." Les filets, ils les ont jetés "à droite", le côté de la vie. Et là ils le reconnaissent : "C'est le Seigneur !".
Nous aussi, nous sommes devant un choix de tous les instants : la nuit ou le jour ! Demeurer devant le tombeau scellé ou accueillir le Vivant. Il y faut un acte de foi. Mais si nous le posons, nous découvrirons que les fruits sont au-delà de nos espérances même si parfois ils ne correspondent pas à notre attente. Jésus sait ce qui nous est bon et il ne remplira pas les filets que nous aurons jetés "à gauche".

vendredi 12 avril 2013

Parole du jour
Jn 6, 1-15
Vendredi 12 avril

Jésus était passé de l'autre côté du lac de Tibériade
(appelé aussi mer de Galilée).
Une grande foule le suivait,
parce qu'elle avait vu les signes
qu'il accomplissait en guérissant les malades.
Jésus gagna la montagne,
et là, il s'assit avec ses disciples.
C'était un peu avant la Pâque,
qui est la grande fête des Juifs.
Jésus leva les yeux et vit
qu'une foule nombreuse venait à lui.
Il dit à Philippe :
« Où pourrions-nous acheter du pain
pour qu'ils aient à manger ? »
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve,
car lui-même savait bien ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit :
« Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas
pour que chacun ait un petit morceau de pain. »
Un de ses disciples, André,
le frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a là un jeune garçon
qui a cinq pains d'orge et deux poissons,
mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! »
Jésus dit : « Faites-les asseoir. »
Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit.
Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains, et,
après avoir rendu grâce, les leur distribua ;
il leur donna aussi du poisson, autant qu'ils en voulaient.
Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples :
« Ramassez les morceaux qui restent,
pour que rien ne soit perdu. »
Ils les ramassèrent,
et ils remplirent douze paniers avec les morceaux
qui restaient des cinq pains d'orge après le repas.
A la vue du signe que Jésus avait accompli,
les gens disaient :
« C'est vraiment lui le grand Prophète,
celui qui vient dans le monde. »
Mais Jésus savait qu'ils étaient sur le point de venir
le prendre de force et faire de lui leur roi ;
alors de nouveau il se retira, tout seul, dans la montagne.

Pour faire merveille, le Seigneur n'a pas besoin de choses extraordinaires : cinq pains d'orge et deux poissons. Ce qui pour nous est insignifiant est précieux à son cœur. Nous analysons toujours selon la mesure de la grandeur et de la puissance. Lui, n'analyse pas, il agit avec amour. Et c'est l'amour qui fait merveille. Ce que nous considérons comme rien devient matière d'une plénitude. Ainsi de l'Eucharistie. Du pain, du vin, quoi de plus banal en soi. Et voilà qu'ils deviennent son Corps et son sang, sa Vie offerte et partagée, et c'est aujourd'hui encore, après deux mille ans, toujours la même surabondance, la même fraîcheur ...
Puissions-nous à chaque instant lui offrir nos vies pour qu'il les ajuste à la sienne et qu'habité par ses sentiments, nous soyons transparence de sa Présence comme le vitrail laisse passer la lumière. Avec nous et en nous il veut faire merveille !

mercredi 10 avril 2013

Parole du jour
Jn 3, 31-36
Jeudi 11 avril

Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tout.
Celui qui est de la terre est terrestre,
et il parle de façon terrestre.
Celui qui vient du ciel rend témoignage
de ce qu'il a vu et entendu,
et personne n'accepte son témoignage.
Mais celui qui accepte son témoignage
certifie par là que Dieu dit la vérité.
En effet, celui que Dieu a envoyé
dit les paroles de Dieu,
car Dieu lui donne l'Esprit sans compter.
Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ;
celui qui refuse de croire en lui
ne verra pas la vie,
mais la colère de Dieu demeure sur lui.

L'être humain est à la fois du ciel et de la terre. Créé à l'Image de Dieu, il est du ciel, d'en-haut. Selon la ressemblance, il est de la terre car Dieu n'a pas voulu le créé tout fait, il lui a donné le libre arbitre pour qu'il se détermine et collabore à son propre accomplissement. Dieu a voulu un être qui comme lui soit une personne et avec qui il puisse entretenir une relation de personne à personne. Le lien qui les unit étant l'Amour. Tout être humain est affronté au choix : oui ou non à la relation avec Dieu. Il doit labourer sa terre, la travailler pour qu'elle s'ajuste à cette part de son être qui en lui, est du ciel. Il y aspire au fond de lui-même, mais peut se laisser entraîner par des courants extérieurs qui le poussent loin de lui-même jusqu'à imprimer sa vie dans le "terrestre" sans souci de son intériorité. Le mal-être et l'enfermement le coupe alors de toute vraie fraternité et l'englue dans la matière et l'éphémère. Jésus vrai Dieu et vrai homme, était à la fois du ciel et de le terre, les deux étant pleinement ajustés en lui car dès sa conception il était pleinement accompli en son humanité dans l'élévation de celle-ci par le moyen de sa divinité : "celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu".
Cependant il a voulu s'identifier à notre condition pécheresse et donc assumer en lui notre engluement dans le terrestre : "Il s'est fait Péché pour nous". Ainsi le péché a été englouti en lui car pleinement unifié en son être, il était, il est "Le Vivant". Aussi "Celui qui croit au Fils a la vie éternelle". Oui, Père, "que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel". C'est dans le Fils incarné que cet ajustement se réalise pour nous et en nous si nous l'accueillons dans notre vie et lui donnons la possibilité de l'assumer avec nous.

Parole de Dieu
Jn 3, 16-21
Mercredi 10 avril

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique :
ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas,
mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,

non pas pour juger le monde,

mais pour que, par lui, le monde soit sauvé
Celui qui croit en lui échappe au Jugement,
celui qui ne veut pas croire est déjà jugé,

parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Et le Jugement, le voici :

quand la lumière est venue dans le monde,

les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,

parce que leurs œuvres étaient mauvaises.

En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière :

il ne vient pas à la lumière,

de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ;

mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,

afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. »


Combien ont peur de Dieu car ils se font l' idée d'un Dieu père fouettard qui les surveille de son ciel prêt à les sanctionner : "Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour qu'il m'arrive ceci ou cela ?" Cette image ne correspond absolument pas à ce que nous disent les Évangiles : "Dieu a tant aimé le monde ..." Entendons bien : " tant aimé !" Est-ce que l'on a peur de quelqu'un qui nous aime ?" Il a envoyé son Fils" Mais c'est librement que son Fils s'incarne. Il le veut. Et c'est dans son Fils que nous apprenons à connaître Dieu : "Qui m'a vu a vu le Père !" Et il l'a envoyé "non pour juger, condamner". C'est ce qui est écrit ! "Non pour condamner" ! Pourquoi alors ? Pour SAUVER. Sauver signifie libérer et guérir. Toutes les libérations et guérisons accomplis par Jésus dans les Évangiles signifient ce Salut. Salud en espagnol signifie "Santé". Ce que Dieu veut pour nous, c'est la Santé. En particulier celle du cœur, de notre intériorité. En vu de la santé de tout notre être.
Quand au jugement dont il est question. Nous comprenons que ce n'est pas Dieu qui juge, mais l'homme qui par son comportement se met dans une situation de jugement, préférant les ténèbres à la lumière.

mardi 9 avril 2013

Parole du jour
Jn 3, 7-15
Mardi 9 avril

Jésus disait à Nicodème :
« Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître.
Le vent souffle où il veut :
tu entends le bruit qu'il fait,
mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va.
Il en est ainsi de tout homme
qui est né du souffle de l'Esprit. »

Nicodème reprit :
« Comment cela peut-il se faire ? »
Jésus lui répondit :
« Toi, tu es chargé d'instruire Israël,
et tu ne connais pas ces choses-là ?
Amen, amen, je te le dis :
nous parlons de ce que nous savons,
nous témoignons de ce que nous avons vu,
et vous n'acceptez pas notre témoignage.
Si vous ne croyez pas
lorsque je vous parle des choses de la terre,
comment croirez-vous
quand je vous parlerai des choses du ciel ?
Car nul n'est monté au ciel
sinon celui qui est descendu du ciel,
le Fils de l'homme.
De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que tout homme
qui croit obtienne par lui la vie éternelle. »

Cette nouvelle naissance, les disciples en font l'expérience le jour de la Pentecôte. Elle se réalise pour eux dans le souffle de l'Esprit-Saint. Leur vie bascule alors ... La peur disparaît. Ils sortent au plein Jour. Ils vivaient les évènements de l'extérieur ... Et voilà qu'ils passent à l'intérieur. Désormais ils comprennent avec le cœur. Leurs yeux voient au-delà de l'écorce. Ils passent de la terre (l'extérieur) au ciel (l'intérieur). "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel" dit-on dans le Notre Père. C'est l'unification entre l'intérieur et l'extérieur. Vivre les choses extérieures à partir du regard intérieur. Ne pas imprimer sa vie dans l'éphémère et le passager ...
Pour cela, il fallait que l'Esprit imprime en eux la Présence du Ressuscité et leur donne la vraie liberté intérieure. Bâtis sur le "Roc d'être", ils ne se laisseront plus ballottés à tous vents de l'espace et du temps, de l'histoire du monde : "
Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde " avait dit Jésus dans la prière sacerdotale. (Jn 17, 16) Il s'agit du monde dans tout ce qu'il a d'obscurité et d'illusion ... Jésus a refusé ce chemin pour ne pas perdre son identité et son âme et marcher dans cette vérité qui s'enracine dans les profondeurs de l'être. Passant par la mort, il n'a pu demeurer dans la mort car tout son être est Vie et qu'en Lui il n'y a pas de faille pour laisser passer la nuit : "ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle." Il veut aujourd'hui colmater nos brèches pour que nos vies rayonnent de sa Lumière ... l'Esprit est à l'œuvre ne nous : "Laissez-vous conduire par l'Esprit ..." (Gal 5, 16)

lundi 8 avril 2013

ANNONCIATION
 Parole du jour
Lc 1, 26-38
Lundi 8 avril

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge,
accordée en mariage à un homme
de la maison de David, appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit :
« Je te salue,
Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait
ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir
et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange :
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint,
et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi,
un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois,
alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ;
que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.

Le personnage central de "l'Annonciation", c'est Jésus. Cette solennité s'appelle d'ailleurs : "Annonciation du Seigneur". Marie sans Jésus, serait restée inconnue. Marie a sa place, une place privilégiée, mais toujours en référence à son Fils, engendré par l'Esprit-Saint "venu sur elle". En bonne juive, Marie est imprégnée de la Parole de Dieu et celle-ci l'a transformée à un tel point qu'ajustée sur elle, elle est appelée à lui donner naissance. Cependant Dieu respecte trop sa créature pour lui imposer quoi que ce soit. Aussi l'ange reprenant l'annonce messianique du livre de Sophonie en change les termes. Il dit non pas "le Seigneur est en toi", mais "le Seigneur est avec toi". Cet "avec" dit combien Dieu est présent à la proposition, tout en assurant que Marie reste maîtresse de son choix. Pour que le "en" devienne effectif, il faut le "oui" de Marie. Dieu prend le risque de dépendre de Marie, de sa créature. Sa confiance en elle le conduit à remettre entre ses mains le sort de l'humanité toute entière, notre sort. Il connaît Marie, femme libre de la liberté de l'Esprit par qui elle se laisse enseigner et conduire. Aussi le "Fiat" jaillit du cœur de Marie décide de la conception de Jésus en son sein ...

dimanche 7 avril 2013


  2ème dimanche après Pâques
Dimanche de la Miséricorde
 Jn 20, 19-22
Dimanche 7 avril

C’était après la mort de Jésus,
le soir du premier jour de la semaine.
Les disciples avaient verrouillé
les portes du lieu où ils étaient,
car ils avaient peur des Juifs.
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole,
il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m'a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé,
il répandit sur eux son souffle et il leur dit :
« Recevez l'Esprit Saint.»
"Jésus vint et il était là au milieu d'eux". Cela ne veut pas dire qu'il était absent, mais il le voit car il manifeste visiblement sa Présence. La première parole du ressuscité aux disciples est "la paix soit avec vous". Cette paix qui est communion dans l'amour. Ce qui brouillait la relation (le péché) a disparu comme goutte d'eau dans la mer de la miséricorde de Dieu. Ils n'ont plus à avoir peur. Jésus est le Prince de la Paix, la vraie. Et Jésus va leur donner cette Paix qui renouvelle le coeur et la vie : "Recevez l'Esprit-Saint."
Ce dimanche est le dimanche de la miséricorde (du latin : misericordia). Souvent à ce mot nous donnons la signification suivante : Dieu a du cœur et il se penche vers l'homme plongé dans la misère, pour l'en sortir, d'où l'incarnation. Dieu en son Fils nous rejoint dans la misère qui nous englue : "Il s'est identifié à notre condition pécheresse, écrit St Paul, pour nous identifier à sa sainteté" ... C'est beau et profond ! Mais le mot hébreux rahamim est un pluriel qui signifie « entrailles maternelles ». André Chouraqui traduit dans la Bible qui porte son nom : "Dieu est matricien". La signification est alors la suivante : "Dieu est comme une Mère qui sans cesse nous ré-engendrerait à la vie". Dieu est Père ... Il est aussi Mère. Le terme rahamim désigne également l'attachement qui unit Dieu à l'être humain, ses « entrailles » frémissent en pensant à l'homme. Ainsi Dieu s'émeut avec tendresse comme un père ou une mère à l'égard de leurs enfants. La peinture de Rambrandt sur "le Fils prodigue" montre le fils à genoux, la tête sur le cœur du Père ... Celui-ci pose ses deux mains sur les épaules de son fils. Allez voir ! Vous remarquerez alors que l'une de ses mains est celle d'un homme et l'autre celle d'une femme ...
 

dimanche 31 mars 2013













"Christ est ressuscité !
Il est vraiment ressuscité !"



Ainsi se saluent les orientaux le jour de Pâques. Une tradition à accueillir.
On entend parfois : "Pâques, en quoi ça me concerne ? La résurrection, c'est pour après la mort !" Le Mystère de la mort et de la résurrection du Christ est une grâce permanente. C'est chaque jour que je suis invité à vivre cet évènement qui s'est produit il y a un peu plus de deux mille ans. Ce qui s'est accompli alors, s'accomplit sans cesse pour moi et en moi. Est-ce que je ne ressens pas toutes ces morts dûs au péché qui entrave ma vie et m'empêche d'aimer vraiment, de me mettre en vérité au service des autres, de l'autre, de faire don de ma vie. Que d'égoïsme en moi, que de recherche de pouvoir sous toutes ses formes ... Je suis mal dans ma peau et j'ai besoin d'être sauvé car je ne le peux par moi-même. Le Christ a assumé tout cela sur la croix, par le don total de lui-même. Il a raclé la lie jusqu'au fond. Si j'accepte de lui remettre ma vie avec le désir de m'en sortir vraiment en me mettant à sa suite, il me remet debout, il me fait passer (Pâques) de l'esclavage à la liberté, et me donne la paix. Avec lui, il me ressuscite ! De même, les Sacrements sont tous Sacrements de la Pâques du Seigneur. Les accueillir et recevoir, est source de Vie !

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin,
alors qu'il fait encore sombre.
Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple,
celui que Jésus aimait, et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble,
mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre
et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ;
cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.
Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête,
non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple,
lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que,
d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
(Jn 20, 1-9)
Que vit "l'autre disciple" sans doute Jean : " il vit et il crut !" Il vit que le corps de Jésus avait disparu mais que les linges étaient à la même place comme si le corps avait disparu sans que les linges en soient affectés, sinon affaissés. Le corps était déposé dans un linceul, un drap, qui était replié sur le corps de haut en bas et des lingettes étaient nouées autour du corps comme pour le maintenir dans le linceul. Une mentonnière faisait aussi le tour de la tête pour maintenir la bouche fermée. Tout était resté intact sauf que le corps avait disparu. Voyant cela "l'autre disciple" crut ! 

samedi 30 mars 2013

Triduum Pascal
Que célèbre la veillée pascale ?

À Pâques – aussi bien lors de la liturgie nocturne du Samedi saint qu’au dimanche de Pâques –, l’Église célèbre la résurrection de Jésus, son « passage » de la mort à la vie. Selon la foi chrétienne, Dieu n’a pas laissé son Fils crucifié aux mains de la mort. « Dieu a ressuscité », « Dieu a glorifié », « Dieu a relevé » de la mort – tels sont les termes utilisés en grec par le Nouveau Testament – celui qui a donné sa vie par amour pour son Père et pour les hommes.

Pour les chrétiens, cette victoire sur la mort concerne toute l’humanité. « Nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera nous aussi avec Jésus », écrit Paul aux Corinthiens (2 Co 4, 14). Cette annonce d’une vie surabondante, plus forte que la mort, est le salut, la « bonne nouvelle » fêtée à Pâques. ( la-croix.com - art. Triduum Pascal par Élodie MAUROT)

 Passage d'une homélie de Méliton de Sardes :

"Le Seigneur, étant Dieu, revêtit l'homme, souffrit pour celui qui souffrait, fut enchaîné pour celui qui était captif, fut jugé pour le coupable, fut enseveli pour celui qui était enseveli. Il ressuscita des morts et déclara à haute voix : Qui disputera contre moi ? Qu'il se présente en face de moi ! C'est moi qui ai délivré le condamné ; c'est moi qui ai rendu la vie au mort ; c'est moi qui ai ressuscité l'enseveli. Qui ose me contredire ? C'est moi, dit-il, qui suis le Christ, qui ai détruit la mort, qui ai triomphé de l'adversaire, qui ai lié l'ennemi puissant, et qui ai emporté l'homme vers les hauteurs des cieux ; c'est moi, dit-il, qui suis le Christ.

Venez donc, toutes les familles des hommes, pétries de péchés, et recevez le pardon des péchés. Car c'est moi qui suis votre pardon, moi la Pâque du salut, moi l'agneau immolé pour vous, moi votre rançon, moi votre vie, moi votre résurrection, moi votre lumière, moi votre salut, moi votre roi. C'est moi qui vous emmène vers les hauteurs des cieux ; c'est moi qui vous ressusciterai ; c'est moi qui vous ferai voir le Père qui existe de toute éternité ; c'est moi qui vous ressusciterai par ma main puissante."


 ( Fresque de la "Résurrection" par Fra Angelico -)

Triduum Pascal
Le Samedi saint est-il un jour « vide » ?

La journée du Samedi saint est la seule de l’année liturgique qui ne comprend aucun office collectif, hormis la liturgie des heures (prière du bréviaire). Aucun sacrement n’est célébré. C’est un jour de silence et de recueillement, un jour d’attente.

La Tradition lui associe « la descente aux enfers », particulièrement présente dans la spiritualité byzantine : le Christ rejoint les morts restés loin de Dieu, à commencer par Adam et Ève, pour les associer à la délivrance imminente de sa résurrection. La journée du Samedi saint est aussi consacrée aux préparatifs de la fête de Pâques dans les familles et les communautés chrétiennes.

HOMELIE ANCIENNE POUR LE GRAND ET SAINT SAMEDI

«Éveille-toi, ô toi qui dors»

Que se passe-t-il? Aujourd'hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblé et elle s'est apaisée, parce que Dieu s'est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s'est mis à trembler.

C'est le premier homme qu'il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort. Oui. c'est vers Adam captif, en même temps que vers Ève, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs. ~

Le Seigneur s'est avancé vers eux, muni de la croix, l'arme de sa victoire. Lorsqu'il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s'écria vers tous les autres: "Mon Seigneur avec nous tous! " Et le Christ répondit à Adam: " Et avec ton esprit". Il le prend par la main et le relève en disant : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera.

"C'est moi ton Dieu, qui, pour toi, suis devenu ton fils; c'est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans les chaînes: Sortez. A ceux qui sont dans les ténèbres: Soyez illuminés. A ceux qui sont endormis: Relevez-vous.

"Je te l'ordonne : Éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t'ai pas créé pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d'entre les morts: moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains; lève-toi, mon semblable qui as été créé à mon image. Éveille-toi, sortons d'ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.

"C'est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils; c est pour toi que moi, le Maître, j'ai pris ta forme d'esclave ; c'est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre et au-dessous de la terre ; c'est pour toi, l'homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts; c'est pour toi, qui es sorti du jardin, que j'ai été livré aux Juifs dans un jardin et que j'ai été crucifié dans un jardin.

Vois les crachats sur mon visage ; c'est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues: je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.

"Vois la flagellation sur mon dos, que j'ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois.

"Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t'es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Ève. Mon côté a guéri la douleur de ton côté; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.

"Lève-toi, partons d'ici. L'ennemi t'a fait sortir de la terre du paradis; moi je ne t'installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t'ai écarté de l'arbre symbolique de la vie; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu'un avec toi. J'ai posté les chérubins pour qu'ils te gardent comme un serviteur; je fais maintenant que les chérubins t'adorent comme un Dieu.~
(anonyme)

vendredi 29 mars 2013


Vendredi-Saint

C'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé ...
C'est à cause de nos fautes qu'il a été transpercé, c'est par nos péchés qu'il a été broyé ...
C'est par ses blessures que nous sommes guéris ...
Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il s'est chargé de leurs péchés. C'est pourquoi je lui donnerai la multitude en partage ... (Is 53, 4 ... 12)
... Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. (Jn 19, 30)
 
" Ta croix, ô Christ, est la source de toutes les bénédictions, la cause de toute grâce. Par elle, les croyants tirent de leur faiblesse la force, du mépris reçu la gloire, et de la mort la vie. Désormais, l'unique offrande de ton corps et de ton sang donne leur achèvement à tous les sacrifices, car tu es, ô Christ, le véritable Agneau de Dieu, toi qui enlèves le péché du monde. L'ensemble des mystères trouve en toi seul son sens plénier : au lieu d'une multitude de victimes, il n'y a plus qu'un unique sacrifice." (St Léon le grand)

Triduum Pascal
Le Vendredi saint est-il un jour de deuil ?
Pas simplement cela, car ce jour-là les chrétiens célèbrent l’amour de Dieu allant jusqu’au bout de lui-même. Ils célèbrent la « kénose » de Dieu, son abaissement qui va jusqu’à la croix pour rejoindre les hommes. Dans ce geste radical d’humilité, qui renverse la vision païenne d’un dieu dominateur, les chrétiens reçoivent la révélation d’un Dieu qui n’est qu’Amour.
Durant cette journée, les chrétiens accompagnent le Christ en sa Passion, relisant ensemble le récit de son arrestation et de sa mise à mort. Au cours de " l’office de la Croix ", la liturgie prévoit un geste de vénération de la croix.
Depuis la fin du Moyen Âge, la pratique du "chemin de croix" s’est par ailleurs largement diffusée. Celui-ci a lieu dans l’après-midi du vendredi et consiste en une pérégrination en quatorze (ou quinze) étapes à la suite du Christ.
(La-Croix.com - Photo "Office de la Croix")

jeudi 28 mars 2013

JEUDI-SAINT

Parole du jour
Jn 13, 1 ... 15 
Jeudi-Saint 28 mars

Avant la fête de la Pâque,
sachant que l'heure était venue
pour lui de passer de ce monde à son Père,
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,
les aima jusqu'au bout.
Au cours du repas,
alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote,
fils de Simon, l'intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains,
qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu,
se lève de table, quitte son vêtement,
et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l'eau dans un bassin,
il se met à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture ...
Après leur avoir lavé les pieds,
il reprit son vêtement et se remit à table.

Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ?
Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur',
et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
je vous ai lavé les pieds,
vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C'est un exemple que je vous ai donné
afin que vous fassiez, vous aussi,
comme j'ai fait pour vous.

En Dieu pas de demi mesure, pas de demi teinte : "Il les aima jusqu'au bout." En Lui, la mort et la Résurrection sont un même mouvement en tant que la mort est liée au don de sa vie et la Résurrection à ce que Jésus Lui-même avait dit : "Celui qui donne sa vie la garde". Dans l'Amour plénier, il n'y a pas de corruption, seulement de la Lumière. En Jésus, "l'humanité a été assumée en Dieu" (Symbole d'Athanase). "Dieu est Lumière ... Dieu est Amour" (1ère lettre de St Jean). Et en son humanité qui est la notre - "Il a pris chair de la Vierge Marie" - notre humanité est assumé dans la Sienne. C'est le Salut, Sa vie en la notre.  Dans le passage de l'Évangile, on laisse entendre que la Résurrection précède la mort de Jésus, parce qu'elle est déjà présente en Lui en ce sens que tout son être est habité par l'Amour avec un grand "A".
"Il se lève de table". Se lever est la traduction en français du terme grec qui signifie Ressusciter. "Il quitte son vêtement". Le terme est trop faible. Il faudrait traduire : Il dépose ... Il se dessaisit de son vêtement. En fait, il dépose sa vie, il s'en dessaisit, il donne sa vie. Et il le fait librement. Lui qu'on appelle Seigneur et Maître, il montre que la véritable Seigneurie, c'est le service de l'autre. Le Seigneur est le Serviteur. La véritable Royauté est celle de l'Amour et il appelle son disciple à prendre le même chemin : "Suis-moi !" ...
Venir communier à son Corps livré, à son Sang versé, c'est accueillir sa vie en la notre pour lui devenir semblable dans notre vie concrète, en devenant "serviteur" ... 
 
Écoutons St Augustin s'exprimer sur l'Eucharistie :
 
  "La plénitude de l'amour dont nous devons nous chérir mutuellement, frères très chers, le Seigneur l'a définie lorsqu'il a dit : Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. ~ Il en découle ce que le même évangéliste saint Jean dit dans sa lettre : De même que le Christ a donné sa vie pour nous, de même devons-nous donner notre vie pour nos frères. Oui, nous devons nous aimer mutuellement comme il nous a aimés, lui qui a donné sa vie pour nous.

C'est bien ce qu'on lit dans les Proverbes de Salomon : Si tu t'assieds à la table d'un grand, regarde bien les mets qui te sont servis, et prépare-toi à l'action, car tu sais que tu dois lui en offrir autant. Quelle est cette table d'un grand, sinon celle où l'on consomme le corps et le sang de celui qui a donné sa vie pour nous ? Qu'est-ce que s'y asseoir, sinon y prendre place humblement ? Qu'est-ce que bien regarder les mets qui te sont servis, sinon prendre conscience d'une si grande grâce ? Qu'est-ce que te préparer à l'action parce que tu dois lui en offrir autant, sinon ce que j'ai déjà dit : que nous devons donner notre vie pour nos frères comme le Christ a donné sa vie pour nous ? Comme le dit en effet l'Apôtre Pierre : Le Christ a souffert pour nous et nous a laissé son exemple afin que nous suivions ses traces : c'est cela, lui en offrir autant..." (Commentaire Evangile selon St Jean)