samedi 21 décembre 2013

Parole du jour
Mt 1, 18-21
Dimanche 22 décembre
 
 Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus,
avait été accordée en mariage à Joseph ;
or, avant qu'ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste,
ne voulait pas la dénoncer publiquement ;
il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse :
l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils,
auquel tu donneras le nom de Jésus
(c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s'accomplît
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra
et elle mettra au monde un fils,
auquel on donnera le nom d'Emmanuel,
qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse.
 
Pour le commentaire, se reporter au mercredi 18 décembre ...

vendredi 20 décembre 2013

Parole du jour
Lc 1, 39-45
 Samedi 21 décembre
 
En ces jours-là,
Marie se mit en route rapidement vers une ville
de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l'enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère
de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation,
l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Le mot "Visitation" vient de "visiter". Marie visite Elisabeth. A Noël, Dieu visite son peuple. La Nativité et déjà la conception de Jésus à l'Annonciation, est l'Heure de cette visite. Dieu entre dans notre existence en prenant chair de notre chair par l'intermédiaire de Marie, la Toute Pure. St Jean écrit dans dans le Prologue : "Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas accueilli ..." Cette venue se terminera par le rejet de la croix (Jn 1, 11) ...
Dans l'Évangile de ce jour, Élisabeth accueille Marie avec joie. Et quelle joie ! La salutation de Marie est porteuse du don de l'Esprit
, déjà donné par Celui qu'elle porte en ses entrailles. Et Élisabeth par l'intermédiaire de l'enfant qu'elle porte elle aussi en son sein ("Il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance" (Lc 1, 15)) est remplie de l'Esprit-Saint. La rencontre des deux mères se fait dans la grâce de la rencontre des deux enfants. Immédiatement l'atmosphère est celui de la "Bénédiction". Là où Dieu est présent, là jaillit la Bénédiction. Et Ce qui soude cette rencontre c'est la "Foi". Chacune de ces deux femmes a cru en l'intervention de Dieu dans sa vie et est devenu féconde. Cette "Foi" qu'Élisabeth exalte chez Marie : "Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur". Ce qui, dans un premier temps ne fut pas le cas de Zacharie qui muet, symbolise la stérilité liée à son "manque de Foi" : "tu devras garder le silence, et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles". (Lc 1, 20)
Ceci est pour nous un témoignage. Nous croyons que tout être humain est habité par la Présence de Dieu, qu'il le sache ou non ... Jésus lui-même dit"Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt 25, 40) Comment accueillons-nous l'autre ? ... Comme un autre où comme un frère aimé de Dieu et porteur de sa Présence ? La Visitation nous concerne tous ! Là aussi, l'acte de Foi est essentiel, il détermine la grâce de Bénédiction qui jaillit de la rencontre. On ne peut dire "Jésus est Seigneur" que dans l'Esprit-Saint. Pour rencontrer le prochain en vérité, quel qu'il soit, on ne peut le rencontrer que dans l'Esprit-Saint. Alors que je posais la question a des enfants lors de l'homélie sur ce texte : "que faut-il pour une vraie rencontre avec les autres ? - L'un d'eux répondit : "La prière." Magnifique réponse ! Sachant que le mot prière vient du latin "orare" qui signifie "parler à", "être dans une relation vraie avec". Il nous faut mettre Dieu, présent dans la vie de chacun, au cœur de toute visitation, de toute rencontre ...
(La Visitation par le Giotto)

Parole du jour
Lc 1, 26-38
Vendredi 20 décembre

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge,
accordée en mariage à un homme
de la maison de David, appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit :
« Je te salue,
Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait
ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir
et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange :
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint,
et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi,
un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois,
alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ;
que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.

Le personnage central de "l'Annonciation", c'est Jésus. Marie sans Jésus, serait restée inconnue. Marie a sa place, une place privilégiée, mais toujours en référence à son Fils, engendré par l'Esprit-Saint "venu sur elle". En bonne juive, Marie est imprégnée de la Parole de Dieu et celle-ci l'a transformée à un tel point qu'ajustée sur elle, elle est appelée à lui donner naissance : "Et la Parole s'est faite chair" (Jn 1, 13) Cependant Dieu respecte trop sa créature pour lui imposer quoi que ce soit. Aussi l'ange reprenant l'annonce messianique du livre de Sophonie en change les termes. Il dit non pas "le Seigneur est en toi", mais "le Seigneur est avec toi". Cet "avec" dit combien Dieu est présent à la proposition, tout en assurant que Marie reste maîtresse de son choix. Pour que le "en" devienne effectif, il faut le "oui" de Marie. Dieu prend le risque de dépendre de Marie, de sa créature. Sa confiance en elle le conduit à remettre entre ses mains le sort de l'humanité toute entière, notre sort. Il connaît Marie, femme libre de la liberté de l'Esprit par qui elle se laisse enseigner et conduire. Aussi le "Fiat" jaillit du cœur de Marie décide de la conception de Jésus en son sein et de sa venue parmi nous ...
 
Ô Vierge hâte-toi de répondre (St Bernard)
 
"Tu as appris, Vierge, l'événement et aussi la manière dont il doit s'accomplir: double merveille et double joie. Réjouis-toi, fille de Sion ! exulte à plein cœur, fille de Jérusalem ! Et puisque ce que tu viens d'entendre fut pour toi joie et allégresse, à nous maintenant d'entendre de ta bouche l'heureuse réponse que nous désirons, pour que tressaillent enfin de joie nos corps humiliés (Ps 50, 10). Tu as appris, dis-je, l'événement et tu as cru, crois aussi la manière dont il s'accomplira. Tu as entendu : tu concevras et enfanteras un fils ; tu as entendu : ce n'est pas d'un homme, mais de l'Esprit Saint. L'ange attend la réponse, il est temps pour lui de retourner vers Dieu qui l'a envoyé ...

Nous attendons, nous aussi, ô Souveraine, une parole de pitié ... Voici qu'on vient t'offrir la rançon de notre délivrance, nous serons libérés tout de suite, si tu acceptes. Dans la Parole éternelle, Verbe de Dieu, nous avons été créés tous, et nous voilà condamnés à mort ; dans ta brève réponse se trouve le remède qui doit nous ramener à la vie.

Réponds donc vite à l'ange ! que dis-je ? réponds par l'ange au Seigneur. Réponds une parole et reçois la Parole. Profère la tienne et reçois la divine : émets une parole éphémère et embrasse l'éternelle ! Pourquoi tarder? pourquoi trembler'? Crois, parle et reçois ! Que l'humilité s'arme d'audace et la timidité d'assurance ! Il ne convient plus à présent que la modestie virginale renonce à la prudence. En cette conjoncture unique, prudente Vierge, ne redoute pas de te montrer présomptueuse, car si la modestie est agréable dans son silence, une parole de charité est en ce moment beaucoup plus nécessaire. Ouvre ton cœur, Vierge bienheureuse, ouvre-le à la foi, ouvre tes lèvres à l'acceptation, ouvre ton sein au Créateur. Voici le Désiré de toutes les nations qui frappe à la porte. Ah ! si pendant que tu tardes il allait passer son chemin et que tu doives dans les larmes courir à la recherche de l'ami de ton âme ! Lève-toi, cours, ouvre ! lève-toi par la foi, cours par la ferveur, ouvre-lui par ton consentement." ( Quatrième homélie "Super Missus", § 8.)

jeudi 19 décembre 2013

Parole du jour
Lc 1, 5-25
Jeudi 19 décembre

Il y avait, au temps d'Hérode le Grand, roi de Judée,
un prêtre nommé Zacharie, du groupe d'Abia.
Sa femme aussi était descendante d'Aaron ;
elle s'appelait Élisabeth.

Tous les deux vivaient comme des justes devant Dieu :
ils suivaient tous les commandements
et les préceptes du Seigneur d'une manière irréprochable.
Ils n'avaient pas d'enfant, car Élisabeth était stérile,
et tous deux étaient âgés.
Or, tandis que Zacharie, au jour fixé
pour les prêtres de son groupe,

assurait le service du culte devant Dieu,
il fut désigné par le sort, suivant l'usage liturgique,
pour aller offrir l'encens dans le sanctuaire du Seigneur.
Toute l'assemblée du peuple se tenait dehors
en prière à l'heure de l'offrande de l'encens.
L'ange du Seigneur lui apparut
debout à droite de l'autel de l'encens.

En le voyant, Zacharie fut bouleversé et saisi de crainte.
L'ange lui dit :
« Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été entendue :
ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu le nommeras Jean.
Tu seras dans la joie et l'allégresse,
beaucoup d'hommes se réjouiront de sa naissance,
car il sera grand devant le Seigneur.
Il ne boira pas de vin ni de boissons fermentées,
et il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance ;
il fera revenir de nombreux fils d'Israël au Seigneur leur Dieu,
il marchera devant le Seigneur, avec l'esprit
et la puissance du prophète Élie,
pour faire revenir le coeur des pères vers leurs enfants,
convertir les rebelles à la sagesse des hommes droits,
et préparer au Seigneur un peuple capable de l'accueillir. »
Mais Zacharie dit à l'ange :
« Comment vais-je savoir que cela arrivera ?
Moi, je suis un vieil homme, et ma femme aussi est âgée. »
L'ange lui répondit :
« Je suis Gabriel ; je me tiens en présence de Dieu,
et j'ai été envoyé pour te parler
et pour t'annoncer cette bonne nouvelle.

Mais voici que tu devras garder le silence,
et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour
où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles :
elles s'accompliront lorsque leur temps viendra. »
Le peuple attendait Zacharie et s'étonnait de voir
qu'il restait si longtemps dans le sanctuaire.
Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler,
et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire.
Il leur faisait des signes, car il demeurait muet.
Lorsqu'il eut achevé son temps de service au Temple,
il repartit chez lui.
Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth devint enceinte.
Pendant cinq mois, elle garda le secret.
Elle se disait :
« Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi,
lorsqu'il a daigné mettre fin à
ce qui faisait ma honte aux yeux des hommes. »

La liste des stériles qui enfantent est longue dans l'Ancien Testament. Quelques exemples : Sarah femme d'Abraham, Rebecca, femme d'Isaac, Rachel femme de Jacob ... Les épouses des patriarches sont donc stériles. Une intervention de Dieu les rend fécondes. De même pour la femme de Manoa qui enfantera Samson et pour Anne qui enfantera le prophète Samuel etc ... Dans son cantique d'action de grâce auquel se réfère le "Magnificat" de Marie, Anne dit : "La femme stérile enfante sept fois, la mère aux nombreux fils dépérit." (1 sam 2, 5) pour bien montrer que c'est Dieu qui donne la fécondité.  Dans le Ps 113, 9, le psalmiste constate : "Il installe en sa maison la femme stérile, heureuse mère au milieu de ses fils." Et en Isaïe, l'annonce messianique suivante : "Crie de joie stérile, toi qui n'a pas enfanté ... car plus nombreux sont les fils de la délaissée que les fils de l'épouse, dit Yahvé". Et dans l'Évangile de ce jour, Élisabeth, cousine de Marie, qui âgée et stérile, est appelée à enfanter le "précurseur". Toutes ces stériles qui enfantent par l'intervention spéciale de Dieu conduisent à l'enfantement d'une Vierge. Le signe qui lui est donné est justement celui de la stérile qui enfante : "Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile". (Lc 1, 36) Comment cela est-il possible? - "Rien n'est impossible à Dieu." (v. 37) dit l'ange à Marie, comme Dieu avait dit à Abraham et Sarah : "Y-a-t-il une chose trop prodigieuse pour Dieu !" (Gn 18, 14) Comme c'est Dieu qui donne la fécondité à son Peuple qui sans Lui demeurerait stérile, de même pour l’Église et pour chacun d'entre nous. Ce qui nous est demandé, c'est la "Foi" qui est ouverture à cette fécondité qui vient de Dieu. Il faut se quitter soi-même et prendre la route en lui faisant confiance, fort de sa Présence. Parfois une Présence cachée mais toujours plus présente à nous-mêmes que nous-mêmes : "Va, pars de ton pays ... vers le pays que je te ferai voir. Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai. Je rendrai grand ton nom. Sois une bénédiction." (Gn 12, 1-2) ... 
Le nom d'Élisabeth signifie "Maison de Dieu" ... Zacharie qui a douté (manque de foi) des paroles de l'ange en se regardant "vieil homme" et en regardant sa femme "âgée" demeure comme le signe de la stérilité jusqu'à la naissance. En effet il est rendu muet. Or en araméen "enfant" se dit "sans parole" ... La foi fait passer de la stérilité à la fécondité, de la non parole a la Parole. Marie, elle, a cru et la fécondité lui a été donné bien que vierge : en elle, "la Parole se fait chair" (Jn 1, 14) ...
(Icône de l'annonciation à Zacharie)

mercredi 18 décembre 2013

Parole du jour
Mt 1, 18-21
Mercredi 18 décembre
 
Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus,
avait été accordée en mariage à Joseph ;
or, avant qu'ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste,
ne voulait pas la dénoncer publiquement ;
il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse :
l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils,
auquel tu donneras le nom de Jésus
(c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s'accomplît
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra
et elle mettra au monde un fils,
auquel on donnera le nom d'Emmanuel,
qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse,

Les deux noms de l'Enfant à naître sont à imprimer dans notre cœur et notre vie : "Jésus", Yeshoua en hébreu, et "Emmanuel". "Jésus" est le Nom même de Dieu : "Dieu Sauveur". Dire "Jésus" dans l'Esprit-Saint, c'est dire : "Mon Dieu, je crois et je sais qu'en ce moment même tu me sauves." Ce nom est à lui seul un "précis" de l'Évangile. Ainsi, en orient, la prière que l'on appelle "Prière de Jésus" : "Seigneur Jésus, Christ, Fils de Dieu, aies pitié de moi pécheur", répétée continuellement dans une prière incessante, à travers toutes les activités qui incombent à la vie, conduit à ne plus dire que le nom "Jésus" qui la résume toute entière. "Ce Nom au dessus de tout nom" (Ph 2, 10), prend naissance dans le cœur et même sur la respiration et transforme celui qui le porte continuellement en lui. Dire "Jésus", c'est s'ouvrir à la Vie ! Serait-ce une prière trop simple pour nous. Le mot "prière", orare, signifie parler à ... "être en relation avec ... Il ne s'agit pas en premier lieu de demande, ou même de louange, mais de communion. C'est vivre la grâce de son Baptême : "Tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ" (Rituel). D'où le second Nom : "Emmanuel", Dieu avec nous. Il est toujours avec nous. A nous de faire le choix de demeurer toujours avec Lui : "demeurez en moi comme moi en vous". (Jn 15, 3) Comparaissant devant les chefs des prêtres, Pierre leur dira : " ... sous le ciel il n'y a pas d'autre nom, qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. " Actes 4:12
("La Philocalie" qui comprend une dizaine de tomes et qui est l'enseignement fondamentale de l'Église d'Orient, est toute orientée vers cette imprégnation du "Nom de Jésus". De même pour "Récit d'un pèlerin russe" etc.)
(l'Annonce à Joseph de Georges de la Tour)

mardi 17 décembre 2013

Parole du jour
Mt 1, 1-17
Mardi 17 décembre

Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham : Abraham engendra Isaac,
Isaac engendra Jacob,
Jacob engendra Juda et ses frères,
Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara,
Pharès engendra Esrom,
Esrom engendra Aram,
Aram engendra Aminadab, A
minadab engendra Naassone,
Naassone engendra Salmone,
Salmone,
de son union avec Rahab, engendra Booz,

Booz, de son union avec Ruth,
engendra Jobed,
Jobed engendra Jessé,
Jessé engendra le roi David.
David,
de son union avec la femme d'Ourias,
engendra Salomon,
Salomon engendra Roboam,
Roboam engendra Abia,
Abia engendra Asa,
Asa engendra Josaphat,
Josaphat engendra Joram,
Joram engendra Ozias,
Ozias engendra Joatham,
Joatham engendra Acaz,
Acaz engendra Ézékias,
Ézékias engendra Manassé,
Manassé engendra Amone,
Amone engendra Josias,
Josias engendra Jékonias et ses frères
à l'époque de l'exil à Babylone.

Après l'exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,Zorobabel engendra Abioud,
Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor,

Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim,

Akim engendra Élioud,Élioud engendra Éléazar,

Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob,

Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie,
de laquelle fut engendré Jésus,que l'on appelle Christ (ou Messie).

Le nombre total des générations est donc :
quatorze d'Abraham jusqu'à David,
quatorze de David jusqu'à l'exil à Babylone,
quatorze de l'exil à Babylone jusqu'au Christ.
La généalogie exalte la paternité par la répétition du verbe « engendrer », liant les pères aux fils de génération en génération. Puis, brutalement, la longue énumération marque une rupture : elle s’arrête à Joseph qui ne conjugue plus le fameux verbe « engendrer ». La transmission du sang s’interrompt ; seul le mariage garantit la continuité entre Joseph et celui qui est fils de Marie selon la chair : « Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle Christ ». On s’attendait à lire « de laquelle est né Jésus » ; or Matthieu maintient le verbe « engendrer », mais en utilisant le « passif divin », il révèle l’intervention de Celui dont le Nom demeure ineffable. L’action invisible de Dieu se manifeste dans ses effets : Jésus « est engendré ». Engendrement spirituel comme il convient à son Auteur, mais qui s’inscrit par le ministère de Joseph, dans la lignée charnelle dont il est le dernier représentant. (P. Joseph-Marie Verlinde)

Si nous continuons à lire la suite du récit de la généalogie, ceci nous est confirmé : "Or avant qu'ils eussent mené vie commune, Marie se trouva enceinte par le fait de l'Esprit-Saint." (Mt 1, 18) ... "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit-Saint; elle enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus ..." (Mt 1, 20-21)
Il y a à la fois continuité par Joseph, époux de Marie, et sa généalogie dans laquelle Jésus s'insère, et il y a rupture puisqu'il est engendré par l'action divine : "L'Esprit-Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre, c'est pourquoi l'Être Saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu ..." (Luc 1, 35) Cette rupture est la brèche par laquelle le Salut devient possible pour l'Humanité et donc pour toute généalogie. Jésus est à la fois vrai Dieu et vrai homme, sans séparation ni confusion. Lorsqu'à la Messe, le prêtre verse une goutte d'eau dans le vin, il dit : "Comme cette eau se mêle au vin pour le Sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité." Admirable échange, admirable union !
(Généalogie de Jésus dans l’évangile de Luc - manuscrit du livre de Kells, Irlande,vers 800)

lundi 16 décembre 2013

Parole du jour
Mt 21, 23-27
Lundi 16 décembre
 
Jésus était entré dans le Temple, et,
pendant qu’il enseignait,
les chefs des prêtres et les anciens du peuple
l’abordèrent pour lui demander :
« Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? »
Jésus leur répliqua :
« A mon tour, je vais vous poser une seule question ;
et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi,
par quelle autorité je fais cela :
Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? »
Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement :
« Si nous disons : ‘Du ciel’, il va nous dire :
‘Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?’
Si nous disons : ‘Des hommes’, nous devons redouter la foule,
car tous tiennent Jean pour un prophète. »
Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! »
Il leur dit à son tour :
« Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »

La question qui suscite la confrontation entre Jésus et les responsables religieux, est celle de l’origine de « l’autorité » - le mot apparaît quatre fois dans les quelques versets que nous venons d’entendre - exercée par Jésus. Étymologiquement, ce terme contient la racine du verbe « augere », qui signifie « faire grandir ». L’autorité revient donc à l’éducateur qui en raison de sa compétence, peut gérer la croissance de l’enfant, en lui apportant les éléments donc il a besoin pour orienter sa vie et lui permettre d’actualiser le maximum de ses potentialités. Ce ministère s’exerce principalement par la parole ; voilà pourquoi Jésus est interpellé alors qu’il enseigne dans le Temple : en prenant la parole dans la maison de Dieu, il s’érige en guide spirituel du peuple. Or cette tâche est traditionnellement réservée aux « chefs des prêtres » et aux « anciens » - ceux là même qui exigent de Jésus qu’il justifie son comportement. Notre Seigneur n’a fréquenté aucune école rabbinique qui lui permette de revendiquer la fonction de « Docteur » ou de « Maître ». Dès lors s’il prétend enseigner - et qui plus est au Temple - ce ne peut être qu’au titre d’un charisme prophétique, qu’il doit pouvoir justifier. Ses interlocuteurs lui demandent donc un « signe » qui « prouve » qu’il est envoyé par Dieu et parle en son Nom. La réponse de Jésus est on ne peut plus claire : il renvoie vers le Précurseur, vers la voix qui criait dans le désert, invitant à préparer la route à l’Envoyé de Dieu - auquel Notre Seigneur s’identifie implicitement. Si « le baptême de Jean venait du ciel », alors il convient de donner foi à sa parole, et d’accueillir Celui dont il préparait la venue, puisque son autorité lui vient de Dieu.
Mais les prêtres et anciens ne sont pas en quête de vérité. Les pensées qu’ils nourrissent dans leur cœur trahissent leur duplicité : ils guettent seulement un motif pour accuser ce Prédicateur itinérant qui menace leur pouvoir religieux. Évaluant les conséquences des réponses qu’ils pourraient donner, ils se retranchent stratégiquement derrière un aveu d’ignorance : « Nous ne savons pas », refusant ainsi le « signe » que Jésus leur donne pour accréditer son autorité.

Que de fois nous-aussi, à l’image des Anciens, ne refusons-nous pas d’entendre la voix de notre conscience – que nous pouvons comparer à celle du Baptiste – alors qu’elle nous invite à nous convertir à l’Evangile du Christ et à nous mettre sous son autorité ! Hélas, nous préférons faire la sourde oreille afin de garder l’hégémonie sur notre vie… A chacun d’entre de nous de vérifier si ce comportement nous a conduit à plus de liberté et de joie ; ou si au contraire il nous a entraîné sur des chemins d’aliénation et enfoncé dans la tristesse ... (P. Joseph-M. Verlinde)

dimanche 15 décembre 2013

Parole du jour
Mt 11, 2-11
Dimanche 15 décembre

Jean le Baptiste, dans sa prison,
avait appris ce que faisait le Christ.
Il lui envoya demander par ses disciples :
« Es-tu celui qui doit venir,
ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit :
« Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles voient, les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés, les sourds entendent,
les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle
est annoncée aux pauvres.
Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »
Tandis que les envoyés de Jean se retiraient,
Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean :
« Qu'êtes-vous allés voir au désert ?
un roseau agité par le vent ?...
Alors, qu'êtes-vous donc allés voir ?
un homme aux vêtements luxueux ?
Mais ceux qui portent de tels vêtements
vivent dans les palais des rois.
Qu'êtes-vous donc allés voir ?
un prophète ?
Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète.
C'est de lui qu'il est écrit :
Voici que j'envoie mon messager en avant de toi,
pour qu'il prépare le chemin devant toi.
Amen, je vous le dis :
Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand
que Jean Baptiste ;
et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux
est plus grand que lui. »

Jean Baptiste, avec toute la tradition de l'Ancien Testament dont il fait parti, attendait un Messie guerrier qui chasserait l'occupant et rendrait à Israël sa terre. Celle-ci n'est-elle pas le signe de la bénédiction de Dieu ? ... Et il pensait que Jésus serait celui-là. Or il n'en est rien. Jésus ne se présente pas sous les habits d'un chef de guerre : "Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres." Il est celui qui libère certes, mais pas à la manière du monde. Il rend à l'homme son intégrité et lui apporte libération et guérison. Et pour cela, il ne fait pas acception des personnes, il est venu pour tous et pour chacun. La seule exigence, c'est la foi en Lui et l'ouverture du cœur car il ne s'impose pas. Il laisse chacun à son libre arbitre, à son choix. Mais s'ouvrir à Lui conduit à la Vie. Celui qui comprend cela et qui l'a expérimenté "est plus grand que Jean Baptiste" qui n'a pu en faire l'expérience car il n'a pas eu le temps de se mettre à la suite de Jésus et de le connaître vraiment pour s'ouvrir à la nouveauté messianique.

samedi 14 décembre 2013

Parole du jour
Mt 17, 10-13
Samedi 14 décembre
 
Les disciples interrogèrent Jésus :
« Pourquoi donc les scribes disent-ils
que le prophète Élie doit venir d'abord ? »
Jésus leur répondit :
« Élie va venir pour remettre tout en place.
Mais, je vous le déclare :
Élie est déjà venu ;
au lieu de le reconnaître,
ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu.
Le Fils de l'homme, lui aussi, va souffrir par eux. »
Alors les disciples comprirent qu'il leur parlait de Jean le Baptiste.

Le prophète dérange car il met en pleine lumière ce qui, dans l'homme, préfère rester caché. Par sa Parole et son comportement, il fait tomber les portes et ouvre les faux palais. Ainsi dit-on d'Élie : "Sa parole brûlait comme une torche." (Si 9, 1) Sa montée au ciel dans un "tourbillon de feu ..." (Si 9, 11) peut être considérée symboliquement comme le mouvement de Jésus ressuscitant dans la puissance de l'Esprit ... Jean Baptiste lui aussi sera très dérangeant. Pour cette raison, il sera emprisonné et décapité (Mc 6, 17-29) ... La vérité a mauvaise presse ! Et de Jésus, le prologue de l'Évangile de Jean dit : "Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas reçu." (Jn 1, 11) Lui aussi terminera au gibet ! L'homme a bien du mal a ne pas se replier sur lui-même, sur ses propres intérêts, à ne pas se laisser manipuler par le "Diviseur". Il ne comprend pas, comme aveuglé, qu'en agissant ainsi, il se met dans le malheur. Ceux qui veulent l'aider à en sortir et à retrouver le chemin de la Paix profonde en font l'expérience. Le Christ est passé par cette incapacité de l'homme à s'ouvrir à la vérité sur lui-même, pour le sauver. Rejeté par l'homme, librement, sans haine, il a donné sa vie pour l'homme et donc l'humanité, rendant ainsi témoignage à la vérité, et en Lui, le Christ,  l'amour a été plus fort que la mort : il est ressuscité. Il nous donnait ainsi capacité de Vie Nouvelle en Lui, dans le Souffle de "l'Amour jusqu'au bout" (Jn 13, 1) . Encore nous faut-il l'accueillir ? ... : "A tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu ..." (Jn 1, 12) Et l'accueillir, c'est devenir à notre tour "prophète" au risque de rencontrer la contradiction : "Suis-moi." (Mc 1, 16-19; Mt 9, 9; Jn 21, 22)

vendredi 13 décembre 2013

Parole du jour
Mt 11, 16-19
Vendredi 13 décembre

Jésus déclarait aux foules :
"A qui vais-je comparer cette génération ?
Elle ressemble à des gamins assis sur les places,
qui en interpellent d'autres :
'Nous vous avons joué de la flûte
et vous n'avez pas dansé.
Nous avons entonné des chants de deuil,
et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.'
Jean Baptiste est venu, en effet ;
il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit :
'C'est un possédé' !
Le Fils de l'homme est venu :
il mange et il boit, et l'on dit :
'C'est un glouton et un ivrogne,
un ami des publicains et des pécheurs.'
Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait."

La génération dont parle Jésus trouve de bonnes raisons de ne pas se convertir. Et elle cherche à se donner bonne conscience. Le jugement sur Jean-Baptiste et sur Jésus est la preuve de sa mauvaise foi. Qu'il mange ou non, tous les deux sont condamnés, l'un comme possédé, l'autre comme glouton. Dans ces conditions, comment pourrait-elle écouter l'un et l'autre, l'un ou l'autre. Ce qu'elle oublie, c'est que son mauvais jugement ne change rien à la réalité et à la vérité : "la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait". En falsifier le message ne change rien au vrai sens du message. la génération dont parle Jésus, en agissant ainsi, se met elle-même dans le malheur. Et notre génération à nous, où en est-elle ? ... Sommes-nous prêts à nous convertir ... ou trouvons-nous de bonnes raisons de ne pas le faire ? ... Que ce temps de l'Avent nous aide à bien choisir. "Choisis la Vie !"

mercredi 11 décembre 2013

Parole du jour
Mt 11, 11-15
Jeudi 12 décembre
 
Jésus déclarait aux foules :
"Amen, je vous le dis :
Parmi les hommes,
il n'en a pas existé
de plus grand
que Jean Baptiste ;
et cependant le plus petit

dans le Royaume des cieux
est plus grand que lui.

Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu'à présent,
le Royaume des cieux subit la violence,
et des violents cherchent à s'en emparer.
Tous les Prophètes, ainsi que la Loi,
ont parlé jusqu'à Jean.
Et, si vous voulez bien comprendre,
le prophète Élie qui doit venir, c'est lui.
Celui qui a des oreilles, qu'il entende !"

Jean Baptiste bien que précurseur du Christ, reste de l'Ancien Testament. Il attend un Messie guerrier et ne comprend pas l'attitude de Jésus : "Il ne nous paraîtra pas impossible d'admettre que Jean Baptiste ... se soit demandé finalement si les voies de Jésus correspondaient avec ce qu'il avait annoncé : le jour terrible, le jour de la vengeance, le jour où Dieu s'explique avec ses ennemis et les défait par une seule parole de sa bouche, ce Dieu terrible, impassible, ce Dieu qui est le dernier mot, Celui qui n'a pas besoin d'armée pour abattre ses adversaires, comment serait-Il reconnu sous les traits de ce prédicateur patient, qui se mêle aux foules, qui n'annonce pas le feu du ciel, qui se commet avec les pécheurs, qui les reçoit à sa table ou qui se laisse inviter à la leur, comment cela répond-il aux prophéties ? Comment cela réalise-t-il une manifestation de puissance et du définitif jugement ? Il semble que ses voies sont trop douces. Il semble qu'elles ne correspondent pas à la puissance de Yahvé. Il faut nécessairement, si Dieu entre en scène, que rien ne lui résiste et c'est pourquoi Jean qui va donner sa vie pour la Vérité, dans sa prison s'interroge et s'inquiète ... Le Baptiste ne pouvait comprendre, bien-sûr. Il appartenait encore à l'Ancienne Alliance. Il imaginait Dieu avec en Lui-même une puissance irrésistible. Il ne pouvait pas L'entrevoir encore avec le Visage de la Suprême Pauvreté ..." (Maurice Zundel) Aux disciples qu'il envoie à Jésus pour lui demander : "Es-tu celui qui doit venir ou faut-il en attendre un autre ?" Jésus répond : "Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ..." (Mt 11, 4-5) C'est cela le Royaume des cieux ! Celui qui le comprend, le disciple de Jésus transformé par l'expérience de la Pentecôte et qui en vit, est en ce sens plus grand que Jean.
La "violence" dont il est question, c'est en fait le "Salut apporté par et en Jésus" comme la "Vengeance de Dieu" en Isaïe, est ce même Salut. En voici le texte qui rejoint notre Evangile : "Soyez forts, ne craignez pas; voici votre Dieu. c’est la vengeance qui vient, la rétribution de Dieu. Il vient lui-même vous sauver. 5 Alors, les yeux des aveugles verront et les oreilles des sourds s’ouvriront. Alors, le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie. Des eaux jailliront dans le désert, des torrents dans la steppe. […] Ils reviendront, ceux que le SEIGNEUR a rachetés, ils arriveront à Sion avec des cris de joie. Sur leurs visages, une joie sans limite ! Allégresse et joie viendront à leur rencontre, tristesse et plainte s’enfuiront." Les violents dont parle Jésus, sont donc ceux qui rejetant les représentations d'un Dieu potentat, s'ouvre à la foi en Jésus, seule révélation de Dieu, et accueille en toute confiance le Salut gratuit qui se réalise en Lui ...

mardi 10 décembre 2013

Parole du jour
Mt 11, 28-30
Mercredi 10 décembre
 
En ce temps-là, Jésus prit la parole :
«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Le psaume 61 rejoint l'Évangile de ce jour qui sans doute s'en inspire : "Je n'ai de repos qu'en Dieu seul, mon salut vient de Lui. Lui seul est mon rocher, mon salut, ma citadelle : je suis inébranlable ..." (2-3) Ce psaume donne l'identité de Celui qui donne le repos et donc celle de Jésus : "En Dieu seul !" Non qu'il n'y aura plus de souffrances et d'épreuves, Lui même les a connus, mais la façon de les traverser aura changé : "Tu es la lumière de ma lampe, Seigneur mon Dieu, tu éclaires ma nuit. Grâce à toi je saute le fossé, grâce à mon Dieu, je franchis la muraille." (Ps 17, 29-30)
De plus dans ce passage de l'Évangile, ce qui est mis en cause, c'est l'enseignement des notables d'Israël qui est un "fardeau" pour les petits. Dans le sermon sur la montagne, Jésus met en pleine lumière la radicale nouveauté de son enseignement : "Vous avez entendu qu'il a été dit ... Eh bien moi je vous dis ..." (Mt 5, 20-48) Jésus ne parle pas selon la tradition, il parle en son nom, ce qui revient à Dieu seul. Libre de toute compromission, son enseignement se veut au service du bien de l'homme, de son accomplissement. Aussi le dit-il "aisé et "léger". Il est "simple" et "facile à accomplir" car il porte en lui la liberté et le bien de la personne. Se charger de son joug, c'est s'imprégner de cet enseignement libérateur qui restaure l'homme dans son être véritable et lui redonne son identité. "Devenez mes disciples" devrait être traduit plus littéralement par "mettez-vous à mon école" ... Cet enseignement, finalement, il l'incarne en sa Personne. Venir à Lui, s'imprégner de sa Parole, conduit à vivre de sa Vie !


Parole du jour
Mt 18, 12-14
Mardi 9 décembre

Jésus disait à ses disciples:"Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis
et que l'une d'entre elles s'égare,
ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres

dans la montagne pour partir

à la recherche de la brebis égarée ?

Et, s'il parvient à la retrouver,
amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus
que
pour les quatre-vingt-dix-neuf
qui ne se sont pas égarées.

Ainsi, votre Père qui est aux cieux

ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdus."

Pour Dieu nul n'est insignifiant. St Jean Chrysostome, Père de l'Église, enseigne : "S'il n'y avait eu qu'un seul homme au monde, Dieu se serait incarné et aurait donné sa vie pour lui sur la croix ..." Dieu, lui, ne fait pas acception des personnes, c'est-à-dire qu'il aime chacun d'un amour éternel. C'est nous les hommes qui faisons des différences et portons des jugement qui finalement nous mettent nous-mêmes en jugement : "Jugez et vous serez jugés !" dit Jésus. En jugeant, nous nous jugeons nous-mêmes puisque nous sommes tous de la même pâte et donc répréhensibles chacun à notre manière, selon notre histoire, notre éducation, nos blessures, notre péché ... et en même temps chacun nous aspirons à la lumière et à l'amour. Il ne s'agit pas de sanctifier des comportement mauvais, mais de ne pas condamner les personnes et de les aider à sortir de leur mauvaise passe avec charité : vouloir le bien de l'autre, sachant que nous aussi nous passons par de mauvaises passes et avons besoin de la bienveillance des autres et de leur aide. Jésus agit ainsi dans l'Évangile. La parabole de la brebis égarée le montre s'il est besoin. Apprenons à regarder comme Jésus et accordons notre cœur sur le sien.

Parole du jour
Lc 1, 26-38
Lundi 8 décembre
L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage
à un homme de la maison de David, appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange :
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint,
et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu,
elle aussi, un fils dans sa vieillesse
et elle en est à son sixième mois,
alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ;
que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Alors l'ange la quitta.

L'immaculée conception de Marie est un dogme de l'Église catholique, défini le 8 décembre 1854 par le Pape Pie IX dans la bulle "Ineffabilis Deus" : "Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles." Quatre ans plus tard, Marie apparaît à Lourdes à Bernadette Soubirous et lui confirme : « Je suis l'Immaculée Conception. » Elle le lui dit en patois. Bernadette court le dire a son curé. Tout le long du chemin elle le répète pour ne pas l'oublier car elle ne comprend pas ce que cela veut dire. L'Abbé Peyramale en est bouleversé. Depuis ce jour, Lourdes est devenu le lieu de toutes les grâces ...

L'Evangile de l'Annonciation nous enseigne que Dieu veut avec nous une relation de personne à personne. Une relation responsable. L'Ange annonce à Marie le projet de Dieu sans l'imposer : "Le Seigneur est avec toi". Le texte auquel il se réfère dans Sophonie dit : "Le Seigneur est en toi". La conception du Fils de Dieu dans le sein de Marie commence à l'instant même où Marie dit :
" Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. " Combien de fois, lors d'une guérison, Jésus dira au malade : "Qu'il te soit fait selon ta foi." Dieu nous respecte dans nos choix. Il ne veut et ne peut rien faire sans nous, sans notre adhésion. Lorsqu'on interroge Jeanne d'Arc sur les victoires dont elle a été à l'origine : "Jeanne, c'est vous qui avez fait tout cela ? - Elle répond : "Dieu a fait cent et Jeanne a fait cent". Chacun a fait ce qu'il avait à faire. Dieu ne nous déresponsabilise nullement, bien au contraire, il nous met debout en nous responsabilisant ... en faisant de nous non des individus, mais des Personnes. Ainsi pour Marie. Marie qui elle-même sera dans le respect d'une rencontre vraie avec Bernadette. C'est ainsi qu'elle lui demande : "Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ?" Bernadette en est bouleversée. Elle lui a dit "vous" et lui demande de décider elle-même ... La liberté pour Bernadette comme pour Marie sera de répondre dans le sens du bien. Toutes les deux répondrons : "oui!" Un "oui" de Marie qui a changé la face du monde ... un "oui" de Bernadette qui a permis que jaillisse une source de grâces ...

samedi 7 décembre 2013

Parole du jour
Mt 3, 1-12
Dimanche 8 décembre

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste,
qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous,
car le Royaume des cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait
la parole transmise par le prophète Isaïe :
A travers le désert, une voix crie :
Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.
Jean portait un vêtement de poils de chameau,
et une ceinture de cuir autour des reins ;
il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée
et toute la région du Jourdain venaient à lui,
et ils se faisaient baptiser par lui
dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Voyant des pharisiens et des sadducéens venir
en grand nombre à ce baptême, il leur dit :
« Engeance de vipères !
Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion,
et n'allez pas dire en vous-mêmes :
'Nous avons Abraham pour père' ;
car, je vous le dis : avec les pierres que voici,
Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres :
tout arbre qui ne produit pas de bons fruits
va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l'eau,
pour vous amener à la conversion.
Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi,
et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales.
Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu ;
il tient la pelle à vanner dans sa main,
il va nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier.
Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »

Le désert ! En hébreu le "mid'bar" ou "mi-dabar". Terme que l'on peut traduire par "lieu de la Parole". Dieu se fait entendre dans le dépouillement intérieur et le silence. Le cœur est symboliquement et fondamentalement le "lieu" du désert, le "lieu de la Parole". C'est là, dans les dispositions qui conviennent que Jean entend résonner la Parole de Dieu. Il l'a ruminée, assimilée cette Parole qui à travers les Écritures s'ajuste tellement bien avec le désir profond et essentiel de l'homme.  Le cœur purifié est alors par excellence le "lieu de la Rencontre". C'est ainsi que dans le livre du prophète Osée, Dieu dit : "Je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son cœur ..." Si Dieu peut parler à son cœur, c'est parce qu'il l'a conduite au "lieu de la Parole" (désert) et la rend disponible pour "entendre" (séduire). Jean ainsi habité par la Présence, devient alors le "haut parleur" de la Parole de Dieu pour tous ceux qui viennent l'écouter. Cette Parole, appelée à rejoindre le cœur de chacun et "à y accomplir sa mission" de restauration : "tout homme verra le salut de Dieu." Cela demande conversion et silence, dépouillement du "moi" : "Préparez le chemin, aplanissez la route ...", pour que résonne en soi la Parole unique et lumineuse qui m'est destinée et que se réalise la rencontre avec Celui qui vient dans la mémoire liturgique de Noël ... mais qui est toujours déjà là, avant nous ! ...

vendredi 6 décembre 2013

Parole du jour
Mt 9, 35-38; 10, 1.6-8
Samedi 7 décembre
 
Alors Jésus appela ses douze disciples
et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais
et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Il leur dit :
Allez vers les brebis perdues de la maison d'Israël.

Sur votre route,
proclamez que le Royaume des cieux est tout proche.

Guérissez les malades, ressuscitez les morts,
purifiez les lépreux, chassez les démons.
Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement.

L'Église dont les douze sont comme l'embryon, est appelée à prolonger "l'action de vie" de Jésus : proclamer le Royaume nouveau, celui de l'amour et de la paix, apporter la libération, la guérison, le salut en Jésus-Christ ... Ils sont douze, nombre des tribus d'Israël. En eux se concentre le nouvel Israël, l’Église dont nous sommes membres par le baptême qui nous uni au Christ :" Tu as revêtu le Christ ". Aujourd'hui encore, la mission est la même que la Sienne, que la leur et toujours d'actualité. Il nous faut en prendre conscience. A voir l'état du monde, nous pouvons comprendre qu'il y a urgence ! Combien sont à bout de souffle ... C'est notre témoignage et notre service qu'ils attendent ... notre amour.