mercredi 15 janvier 2014

Parole du jour
Mc 1, 29-39
 Mercredi 15 janvier

En quittant la synagogue,
Jésus, accompagné de Jacques et de Jean,
alla chez Simon et André.
Or, la belle-mère de Simon
était au lit avec de la fièvre.
Sans plus attendre,
on parle à Jésus de la malade.
Jésus s'approcha d'elle,
la prit par la main,
et il la fit lever.
La fièvre la quitta,
et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous les malades,
et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades,
il chassa beaucoup d'esprits mauvais
et il les empêchait de parler,
parce qu'ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, bien avant l'aube,
Jésus se leva.
Il sortit et alla dans un endroit désert,
et là il priait.
Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
Quand ils l'ont trouvé,
ils lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
Mais Jésus leur répond :
« Partons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ;
car c'est pour cela que je suis sorti. »

Il parcourut donc toute la Galilée,
proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues,
et chassant les esprits mauvais.

L'Amour ne peut accepter de rester fermer sur le passé. Ce qui est donné est donné, librement, gratuitement ... Il ne supporte pas d'être idolâtré, comme il ne supporte pas d'être considéré comme un distributeur automatique ou un magicien, un guérisseur. L'Amour se donne dans l'aujourd'hui, il est ouvert sur l'avenir et sur autrui : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ;car c'est pour cela que je suis sorti. » L'Amour presse l'Amour car "l'Amour est sans mesure" (St Bernard) C'est pour cela que Jésus est "sorti " du sein du Père, "qu'il s'est fait homme" de Dieu qu'il était. Libération et guérison sont signes de cet "Amour" qui est le Nom de Dieu Lui-même : "Dieu est Amour" (1 Jn 4, 8) Seul l'Amour fait exister ! Et c'est notre vocation à tous !
La belle-mère de Pierre a la fièvre, elle est couchée. Voici un mal-être symbolique de péché et de mort. Jésus la touche. Par ce toucher, il prend son mal et lui donne Sa vie : "Il la fit lever". C'est le terme que l'on traduit par "ressusciter". Et cette femme reprend le chemin de l'amour : "elle les servait"... Cette guérison me fait penser à la parole que dit le prêtre lorsqu'avant la consécration il dit, en mettant une goutte d'eau dans le vin qui va devenir le Sang du Christ : "Comme cette eau se mêle au vin pour le Sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la Divinité de Celui qui a pris notre Humanité." Admirable échange !

mardi 14 janvier 2014

Parole du jour
Mc 1, 21-28
Mardi 14 janvier
 
 Jésus, accompagné de ses disciples,
arrive à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit mauvais,
qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais fort bien qui tu es :
le Saint, le Saint de Dieu. »
Jésus l'interpella vivement :
« Silence ! Sors de cet homme. »
L'esprit mauvais le secoua avec violence
et sortit de lui en poussant un grand cri.
Saisis de frayeur,
tous s'interrogeaient :
« Qu'est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité !
Il commande même aux esprits mauvais,
et ils lui obéissent. »
Dès lors, sa renommée se répandit
dans toute la région de la Galilée.

Jésus "enseigne en homme qui a autorité" ... "son enseignement est proclamé avec autorité". L'autorité ? Qu'est-ce que "l'autorité" ? L'autorité, c'est cette faculté de faire grandir l'autre. Ainsi l'enseignement de Jésus qui est juste et vrai, donne espérance et vie à celui qui l'écoute : "Les paroles pleine d'amour sont un rayon de miel : doux au palais, salutaire au corps." (Pr 16, 24) Jésus n'enseigne pas pour plaire aux gens ou les manipuler, les dominer, comme font les scribes, mais pour les sauver. Sa Parole rejoint les profondeurs de l'homme où en écho se fait entendre la Parole créatrice qui révèle l'amour de Dieu pour chacun, un amour qui fait exister : "De Lui nous avons reçu la vie, le mouvement et l'être ... nous sommes de sa race." (Ac 17, 28) Les signes que Jésus posent vont dans le même sens : Il libère, Il guérit, il rend la santé (salut). Il redonne à l'homme son unité perdu par le péché qui l'écartelle et le divise en lui-même et donc dans sa relation avec autrui (sens du mot "diable" : le diviseur). La sainteté est cette réunification de l'être : "Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie, et que votre être tout entier, l'esprit, l'âme et le corps, soit rendu Saint par l'avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est fidèle celui qui vous appelle : c'est encore Lui qui fera cela." (1 Th 5, 23-24) L'enseignement définitif dont l'autorité se révèlera en sa plénitude sera donné en Jésus lui-même par la Parole de la Croix. Une Parole qui ne cesse de résonner dans le monde comme "le levain dans la pâte" (Mt 13, 33) ...

lundi 13 janvier 2014

Parole du jour
Mc 1, 14-20
Lundi 13 janvier
 
Après l'arrestation de Jean Baptiste,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis,
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous
et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Passant au bord du lac de Galilée,
il vit Simon et son frère André
en train de jeter leurs filets :
c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit :
« Venez derrière moi.
Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant là leurs filets,
ils le suivirent.

Un peu plus loin,
Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient aussi dans leur barque
et préparaient leurs filets.
Jésus les appela aussitôt.
Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers,
ils partirent derrière lui.

On est peut-être trop habitué à la Bible, sans d'ailleurs bien la connaître ... Il faut réentendre ce que portent les mots. Ce que Jésus annonce, c'est une "Bonne Nouvelle" ! C'est ce que signifie le mot "Évangile". Mais l'Évangile est-il vraiment "Bonne Nouvelle" pour moi ? ... Recevoir une "Bonne Nouvelle" chamboule une vie ! La lettre que je reçois me rend présent celle ou celui qui l'envoie. St Jean Chrysostome écrit : "Dieu a recours au moyen qui réunit ceux qui sépare une grande distance, il leur envoie une lettre ..." (ho 2 sur la Gn) Les Évangiles me rendent présent celui-là même qui est "Bonne Nouvelle" au cœur de mon existence. Noël nous le rappelait, ce n'est pas Lui qui est loin de nous, c'est nous qui avons tendance à vivre loin de lui ... Lui, Il est " l'Emmanuel", "Dieu toujours avec nous" (Mt 1, 22).
Ce "Règne de Dieu qui est tout proche", ce n'est pas celui d'un potentat, c'est celui de l'Amour : "Dieu est Amour" (1 jn 4, 8) . La croix, toute proche, établira ce Règne par le don total qu'Il fera de sa vie, pour nous.
La "conversion", c'est justement le rejet de l'oubli pour nous unir à Lui dans le quotidien, le concret, les circonstances diverses, heureuses ou moins heureuses, de notre vie. Rien en dehors de Lui : "Hors de moi, vous ne pouvez rien faire ... demeurez en moi comme moi en vous." (Jn 15, 5 sq)
Croire à la "Bonne Nouvelle"
, c'est croire en Jésus Christ, Fils de Dieu venu en notre chair, dont la grâce de Salut imbibe toute notre existence.
Chacun, Il nous prend là où nous sommes - là où nous en sommes - comme Il rejoignit les premiers disciples sur leur lieu de travail, et il dit à chacun : "Suis-moi !"... Et c'est à chaque instant qu'il nous appelle ! ... Il est toujours temps de le prendre pour "Chemin" : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie." (Jn 14, 6)

dimanche 12 janvier 2014

Parole du jour
Mt 3, 13-17
Dimanche 12 janvier

Jésus, arrivant de Galilée,
paraît sur les bords du Jourdain,
et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui.
Jean voulait l'en empêcher et disait :
« C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi,
et c'est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit :
« Pour le moment, laisse-moi faire ;
c'est de cette façon que nous devons accomplir
parfaitement ce qui est juste. »
Alors Jean le laisse faire.

Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ;
voici que les cieux s'ouvrirent,
et il vit l'Esprit de Dieu descendre
comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ;
en lui j'ai mis tout mon amour.

Jésus n'avait nullement besoin d'être baptisé dans le Jourdain. Il s'agissait, en effet, d'un baptême de conversion pour les péchés. Or Il était sans péché. Mais le Fils de Dieu en se faisant Homme, devait assumer tout l'Homme et donc son péché. C'est ainsi qu'Il dit à Jean Baptiste : "Laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste". St Paul écrira qu'Il s'est fait péché pour nous. Aussi, en Lui, est-ce l'Humanité qui est plongé dans l'eau, l'Humanité sur laquelle descend l'Esprit-Saint, l'Humanité qui s'entend dire par le Père : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j'ai mis tout mon amour." C'est déjà toute la mission de Jésus qui est condensé dans son baptême.Aussi tout baptisé l'est "Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit" ...

samedi 11 janvier 2014

Parole du jour
Samedi 11 janvier
 Jn 3, 22-30
Jésus se rendit en Judée,
accompagné de ses disciples ;
il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, de son côté,
baptisait à Aïnone,près de Salim,
où l'eau était abondante.
On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n'avait pas encore été mis en prison.
Or, les disciples de Jean s'étaient mis à discuter
avec un Juif à propos des bains de purification.
Ils allèrent donc trouver Jean et lui dirent :
« Rabbi, celui qui était avec toi
de l'autre côté du Jourdain,
celui à qui tu as rendu témoignage,
le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit :
« Un homme ne peut rien s'attribuer,
sauf ce qu'il a reçu du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j'ai dit :
Je ne suis pas le Messie,
je suis celui qui a été envoyé devant lui.
L'époux, c'est celui à qui l'épouse appartient ;
quant à l'ami de l'époux, il se tient là,
il entend la voix de l'époux, et il en est tout joyeux.
C'est ma joie, et j'en suis comblé.
Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue. »

Il est des paroles qu'il faut méditer car elles sont porteuses de paix et de bonheur. Ainsi de celles-ci : "Un homme ne peut rien s'attribuer, sauf ce qu'il a reçu du Ciel". St Paul écrira : "Que n'as-tu que tu n"aies reçu ?". Alors, comment se faire propriétaire de ce que l'on a, en particulier de ses dons ? ... Tout est pour le service d'autrui. Il y a une complémentarité dans les dons pour que nous ayons tous besoin les uns des autres et qu'ensemble nous nous disions "Dieu" de qui nous avons tout reçu. Et notre joie doit être celle de l'ami de l'Epoux lorsque nous voyons une sœur ou un frère en humanité s'épanouir, s'accomplir : "L'Epoux, c'est celui a qui l'épouse appartient; quant à l'ami de l'Epoux, il se tient là, il entend la voix de l'Epoux, et il en est tout joyeux ..." Cela demande un dessaisissement de soi, de tout égoïsme, comme lorsque Jésus quitte ses vêtements pour laver les pieds de ses disciples, un décentrement. Jean Baptiste est conscient de devoir vivre ce dessaisissement : "Lui, il faut qu'Il grandisse et que moi je diminue."

mercredi 25 décembre 2013


Dans l'impossibilité de préparer la "Parole du jour"
pendant quelques jours,
je vous invite à ruminer et à vous laisser interpeller
par les textes de la Parole de Dieu
offerts chaque jour pour la Messe.

"Souvent nous entendons la Parole de Dieu et l’avalons sans même prendre le temps de la mâcher... Aussitôt, cette nourriture avalée est oubliée. Observez les ruminants comme la vache par exemple. Elle coupe l’herbe sans la mâcher et peut ainsi ingurgiter une grande quantité d’herbe par jour. Celle-ci est accumulée dans la panse puis, après un certain temps, l’animal se met à ruminer, c'est-à-dire qu’elle régurgite le contenu de sa panse dans sa bouche et le mâche à nouveau. Ainsi pulvérisée, cette nourriture pourra être à nouveau avalée puis commencera la digestion qui durera trois jours. Cette nourriture la nourrit et lui donne vie ...
Les Ecritures ne sont pas des paroles d’hommes, mais la Parole de ‘Dieu’ qui ne périt pas, qui demeurera toujours, qui est toujours vivante, parlante pour chacun d’entre vous. Mais encore faut-il comme la vache, pouvoir l’accueillir avec bonheur chaque jour, la mâcher, la remâcher jusqu’à ce qu’elle nous parle et puisse accomplir son œuvre de transformation ..." (Anonyme)


C’est aujourd’hui la naissance du Seigneur libérateur, nous sommes délivrés de tous nos esclavages ; c’est la naissance du Rédempteur, nous sommes rachetés de toutes nos captivités ; c’est la naissance du médecin, nous sommes guéris de toutes maladies ; c’est la naissance de la miséricorde, nous sommes pardonnés de nos péchés ; c’est la naissance de Jésus-Christ, frères et sœurs baptisés dans sa mort et sa résurrection, exultons avec tous les anges dans le ciel. Unissons nos voix à celle du psalmiste et chantons notre joie. Chantons au Seigneur un chant nouveau, proclamons son salut, racontons à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles (Cf. Psaume 95) car aujourd’hui « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » (Tite 2, 11).
Oui, que les cieux tressaillent et que la terre se réjouisse. Que les cieux tressaillent parce qu’ils n’ont personne pour les accuser. Que la terre se réjouisse parce qu’elle voit germer la semence de vie éternelle. Que cette joie soit victorieuse de toutes tristesses et que la paix qu’elle donne se communique au monde entier.
Puisse le chant des anges en cette nuit sainte ne jamais quitter nos lèvres : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14), « car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de nos fautes et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien » (Cf. Tt 2, 14). (F. Elie - homélie.fr)

mardi 24 décembre 2013

NOËL
Parole du jour
Lc 2, 1-14
Mardi 24, Mercredi 25 décembre
 En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
— ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. —
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée,
pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem,
car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie,
son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là,
arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers
qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit :
« Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer
une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David.
Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né emmailloté
et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »

Le Fils de Dieu n'est pas arrivé sur terre comme une météorite en disant : "C'est moi !" Il s'est inséré dans une histoire, celle du Peuple de Dieu, au temps de l'Empereur Auguste. Il naît pendant un recensement. Il naît dans une famille bien défini et ... il ne fait pas de bruit ! Il se présente non avec les oripeaux d'un Roi, mais sous les traits d'un enfant couché sur la paille. Déjà cela devrait nous alerter sur l'identité de Dieu, nous qui avons toujours des idées de grandeur et de domination. Dieu n'est pas ainsi. Il se présente fragile et se remet entre les mains des hommes et ceux-ci en feront ce qu'ils veulent. Le fin mot sera la Croix" ! Mais Dieu a quelque chose de particulier par rapport à nous : Il est "l'Amour". Cet Amour auquel nous aspirons, mais que si souvent nous bafouons ... Noël, c'est l'annonce de la Bonne Nouvelle de l"Amour" en ce que ce mot a de plus noble, qui s'incarne : "Aujourd'hui vous est né un Sauveur." Amour rime avec Salut. C'est que l'Amour fait exister, nous le savons ... L'Amour libère, il guérit, il rend la Santé. C'est déjà vrai entre des humains. Mais notre amour est toujours limité avec des hauts et des bas ... l'égocentrisme et autres maladies nous terrassent trop souvent. L'Amour de Dieu lui est toujours identique à lui-même car c'est sa nature. La révélation et la preuve en sont la croix : "Voilà ce que fait l'Amour invincible du Seigneur de l'univers." (Is 9, 6)
L'Amour, nous le contemplons sous les traits d'un Enfant qui reçoit nom "Jésus", ce qui signifie justement "Dieu Sauve". Couché dans une mangeoire, lieu où mangent les animaux, il offre déjà sa vie. Il s'offre déjà en nourriture, dans cette ville de Bethléem dont le nom signifie "la Maison du Pain". Il est ce "Pain" dont nous sommes appelés à nous nourrir pour qu'il prenne Corps en nous : "Et le Verbe s'est fait chair" (Jn 1, 14) pour que la chair, notre Humanité, devienne Verbe. L'Eucharistie, c'est Noël comme c'est Pâques, et la Pentecôte ... au quotidien.
 

Endormies
par tant et tant de veilles
les étoiles d'un coup
se sont mises à danser
Plus lumineux que soleil
sur la paille dorée
l'Enfant-Roi
repose en silence
en ses langes serrés

Le boeuf et l'âne
réchauffent ton sommeil
La brebis et l'agneau
se couchent à tes pieds
Les bergers s'émerveillent
courbés sur leurs bâtons
Marie et Joseph
s'affairent en silence
Tu es là, doux et faible
Présence légère
illuminant l'étable et les vallons

Né au creux du terroir
aux odeurs animales
sans or ni argent
couché en la mangeoire
l'Enfant-Roi
au cœur extasié
s'offre en silence
en ses rêves imagés

L'oiseau en son vol
plane dessus l'étable
en un ciel étoilé
où l'astre des mages
trône en royauté
En son bec
il porte le bois ...
P.R.
Parole du jour
(Jeudi 24 décembre)
(Lc 1, 67-79)À la naissance de Jean Baptiste,
Zacharie, son père,
fut rempli de l'Esprit Saint
et prononça ces paroles prophétiques :
« Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
parce qu'il a visité son peuple
pour accomplir sa libération.
Dans la maison de David, son serviteur,
il a fait se lever une force qui nous sauve.
C'est ce qu'il avait annoncé autrefois
par la bouche de ses saints prophètes :
le salut qui nous délivre de nos adversaires,
des mains de tous nos ennemis.
Il a montré sa miséricorde envers nos pères,
il s'est rappelé son Alliance sainte :
il avait juré à notre père Abraham
qu'il nous arracherait aux mains de nos ennemis,
et nous donnerait de célébrer sans crainte
notre culte devant lui, dans la piété et la justice,
tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant,
on t'appellera prophète du Très-Haut,
car tu marcheras devant le Seigneur
pour lui préparer le chemin,
pour révéler à son peuple qu'il est sauvé,
que ses péchés sont pardonnés.
Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu ;
grâce à elle, du haut des cieux,
un astre est venu nous visiter ;
il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres
et dans l'ombre de la mort,
pour guider nos pas sur le chemin de la paix. »

Voici un cantique plein d'espérance et porteur de révélations : Dieu "visite" son peuple pour accomplir sa "libération". Dieu vient nous libérer ! C'est Lui qui fait se lever "une Force qui nous sauve". Cette "Force" c'est le Fils de Dieu, son Fils, qui se fait l'un de nous en cet Enfant qui naît dans la nuit, notre nuit, pour nous rendre à la Lumière. La Salut, c'est cette Lumière, la "Santé" qu'Il nous rend car nous sommes tous malades en nos âmes : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ... non pour les justes, mais pour les pécheurs". C'est ainsi qu'Il nous "arrache aux mains de nos ennemis", nos ennemis des profondeurs ...
A la fin du cantique, Zacharie parle de "l'Astre qui vient nous visiter" et dit :
"Il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour guider nos pas sur le chemin de la paix." Et Zacharie révèle que le cœur de Dieu est plein de "miséricorde" et de "tendresse". La mission de Jean est de préparer à cette découverte : "... tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu'il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés." Laissons-nous toucher par cette Bonne Nouvelle !
Voici une paraphrase du "Benedictus" pour nous aider a entrer dans ce magnifique cantique :

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
qui  en son Fils visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir Jésus la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,

comme il l'avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :

Jésus, salut qui nous arrache à l'ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,

Jésus, amour que Dieu montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

Jésus, serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,

afin que, délivrés de la main des ennemis par Jésus +
nous  servions Dieu dans la justice et la sainteté,
en la présence de Jésus, tout au long de nos jours.

Et toi, Jean, petit enfant, tu seras appelé
prophète du Très-Haut : *
tu marcheras devant, à la face de Jésus,
et tu prépareras ses chemins

pour donner au peuple de Dieu de connaître le salut en Jésus
par la rémission de ses péchés,

grâce à Jésus tendresse et amour de notre Dieu,
quand Jésus nous visite, Lui  l'astre d'en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
et l'ombre de la mort, *
pour conduire nos pas
au chemin de la paix.

dimanche 22 décembre 2013

Parole du jour
Lc 1, 57-66
Lundi 23 décembre
 
Quand arriva le moment
où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent
pour la circoncision de l'enfant.
Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père.
Mais sa mère déclara :
« Non, il s'appellera Jean. »
On lui répondit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l'appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Son nom est Jean. »
Et tout le monde en fut étonné.
A l'instant même, sa bouche s'ouvrit,
sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors les gens du voisinage,
et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.

La joie est contagieuse. Voici que "les voisins et sa famille" se réjouissent de la Naissance de l'enfant de Zacharie et d'Élisabeth. Ils y reconnaissent l'intervention de Dieu : "Sa miséricorde". En hébreu, le mot miséricorde signifie "Entrailles maternelles". Dieu a des "Entrailles maternelles". Il connaît les sentiments d'une mère, comme elle, il veut la Vie ... il donne la Vie. En ce sens, Dieu est à la fois Père et Mère ...
L'Enfant qui naît demeure de l'Ancienne Alliance. La Nouvelle Alliance se réalisera en Jésus. Mais s'il y a en lui continuité par rapport aux prophétisme, il y a aussi rupture. Il est celui qui met la main de l'Épouse (l'Église), ses propres disciples, dans la main de l'Epoux, Jésus-Christ : "Regardant Jésus qui passait, il dit : "Voici l'agneau de Dieu." Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus ..." (Jn 1, 36)
Cette rupture est signifiée dans le don de son nom. En Israël, la tradition veut que le fils premier-né porte le nom de son père :
"Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. " Son Père lui-même le confirme : "Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Cette reconnaissance de la part de Zacharie exprime son passage de la "non-foi", la stérilité, à la Foi, la fécondité dans la reconnaissance du don de Dieu. Aussitôt, il retrouve l'usage de la parole car il croit désormais en la Parole "dite de la part de Dieu", Parole qui se dit à travers son fils qui vient de naître. Immédiatement, il entre dans la "bénédiction" et c'est, "rempli de l'Esprit-Saint", qu'il prononce son cantique d'action de grâce (Lc 1, 67-79) ...
Le nom de "Jean" signifie "grâce". L'enfant qui vient de naître aura mission d'orienter les cœurs vers l'Enfant à naître qui est la "Grâce" incarnée ...
(Naissance de St Jean Baptiste. Enluminure "Petites heures" de Jean de Berry)

samedi 21 décembre 2013

Parole du jour
Mt 1, 18-21
Dimanche 22 décembre
 
 Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus,
avait été accordée en mariage à Joseph ;
or, avant qu'ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste,
ne voulait pas la dénoncer publiquement ;
il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse :
l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils,
auquel tu donneras le nom de Jésus
(c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s'accomplît
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra
et elle mettra au monde un fils,
auquel on donnera le nom d'Emmanuel,
qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse.
 
Pour le commentaire, se reporter au mercredi 18 décembre ...

vendredi 20 décembre 2013

Parole du jour
Lc 1, 39-45
 Samedi 21 décembre
 
En ces jours-là,
Marie se mit en route rapidement vers une ville
de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l'enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère
de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation,
l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Le mot "Visitation" vient de "visiter". Marie visite Elisabeth. A Noël, Dieu visite son peuple. La Nativité et déjà la conception de Jésus à l'Annonciation, est l'Heure de cette visite. Dieu entre dans notre existence en prenant chair de notre chair par l'intermédiaire de Marie, la Toute Pure. St Jean écrit dans dans le Prologue : "Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas accueilli ..." Cette venue se terminera par le rejet de la croix (Jn 1, 11) ...
Dans l'Évangile de ce jour, Élisabeth accueille Marie avec joie. Et quelle joie ! La salutation de Marie est porteuse du don de l'Esprit
, déjà donné par Celui qu'elle porte en ses entrailles. Et Élisabeth par l'intermédiaire de l'enfant qu'elle porte elle aussi en son sein ("Il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance" (Lc 1, 15)) est remplie de l'Esprit-Saint. La rencontre des deux mères se fait dans la grâce de la rencontre des deux enfants. Immédiatement l'atmosphère est celui de la "Bénédiction". Là où Dieu est présent, là jaillit la Bénédiction. Et Ce qui soude cette rencontre c'est la "Foi". Chacune de ces deux femmes a cru en l'intervention de Dieu dans sa vie et est devenu féconde. Cette "Foi" qu'Élisabeth exalte chez Marie : "Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur". Ce qui, dans un premier temps ne fut pas le cas de Zacharie qui muet, symbolise la stérilité liée à son "manque de Foi" : "tu devras garder le silence, et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles". (Lc 1, 20)
Ceci est pour nous un témoignage. Nous croyons que tout être humain est habité par la Présence de Dieu, qu'il le sache ou non ... Jésus lui-même dit"Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt 25, 40) Comment accueillons-nous l'autre ? ... Comme un autre où comme un frère aimé de Dieu et porteur de sa Présence ? La Visitation nous concerne tous ! Là aussi, l'acte de Foi est essentiel, il détermine la grâce de Bénédiction qui jaillit de la rencontre. On ne peut dire "Jésus est Seigneur" que dans l'Esprit-Saint. Pour rencontrer le prochain en vérité, quel qu'il soit, on ne peut le rencontrer que dans l'Esprit-Saint. Alors que je posais la question a des enfants lors de l'homélie sur ce texte : "que faut-il pour une vraie rencontre avec les autres ? - L'un d'eux répondit : "La prière." Magnifique réponse ! Sachant que le mot prière vient du latin "orare" qui signifie "parler à", "être dans une relation vraie avec". Il nous faut mettre Dieu, présent dans la vie de chacun, au cœur de toute visitation, de toute rencontre ...
(La Visitation par le Giotto)

Parole du jour
Lc 1, 26-38
Vendredi 20 décembre

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge,
accordée en mariage à un homme
de la maison de David, appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit :
« Je te salue,
Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait
ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir
et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange :
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint,
et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi,
un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois,
alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ;
que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.

Le personnage central de "l'Annonciation", c'est Jésus. Marie sans Jésus, serait restée inconnue. Marie a sa place, une place privilégiée, mais toujours en référence à son Fils, engendré par l'Esprit-Saint "venu sur elle". En bonne juive, Marie est imprégnée de la Parole de Dieu et celle-ci l'a transformée à un tel point qu'ajustée sur elle, elle est appelée à lui donner naissance : "Et la Parole s'est faite chair" (Jn 1, 13) Cependant Dieu respecte trop sa créature pour lui imposer quoi que ce soit. Aussi l'ange reprenant l'annonce messianique du livre de Sophonie en change les termes. Il dit non pas "le Seigneur est en toi", mais "le Seigneur est avec toi". Cet "avec" dit combien Dieu est présent à la proposition, tout en assurant que Marie reste maîtresse de son choix. Pour que le "en" devienne effectif, il faut le "oui" de Marie. Dieu prend le risque de dépendre de Marie, de sa créature. Sa confiance en elle le conduit à remettre entre ses mains le sort de l'humanité toute entière, notre sort. Il connaît Marie, femme libre de la liberté de l'Esprit par qui elle se laisse enseigner et conduire. Aussi le "Fiat" jaillit du cœur de Marie décide de la conception de Jésus en son sein et de sa venue parmi nous ...
 
Ô Vierge hâte-toi de répondre (St Bernard)
 
"Tu as appris, Vierge, l'événement et aussi la manière dont il doit s'accomplir: double merveille et double joie. Réjouis-toi, fille de Sion ! exulte à plein cœur, fille de Jérusalem ! Et puisque ce que tu viens d'entendre fut pour toi joie et allégresse, à nous maintenant d'entendre de ta bouche l'heureuse réponse que nous désirons, pour que tressaillent enfin de joie nos corps humiliés (Ps 50, 10). Tu as appris, dis-je, l'événement et tu as cru, crois aussi la manière dont il s'accomplira. Tu as entendu : tu concevras et enfanteras un fils ; tu as entendu : ce n'est pas d'un homme, mais de l'Esprit Saint. L'ange attend la réponse, il est temps pour lui de retourner vers Dieu qui l'a envoyé ...

Nous attendons, nous aussi, ô Souveraine, une parole de pitié ... Voici qu'on vient t'offrir la rançon de notre délivrance, nous serons libérés tout de suite, si tu acceptes. Dans la Parole éternelle, Verbe de Dieu, nous avons été créés tous, et nous voilà condamnés à mort ; dans ta brève réponse se trouve le remède qui doit nous ramener à la vie.

Réponds donc vite à l'ange ! que dis-je ? réponds par l'ange au Seigneur. Réponds une parole et reçois la Parole. Profère la tienne et reçois la divine : émets une parole éphémère et embrasse l'éternelle ! Pourquoi tarder? pourquoi trembler'? Crois, parle et reçois ! Que l'humilité s'arme d'audace et la timidité d'assurance ! Il ne convient plus à présent que la modestie virginale renonce à la prudence. En cette conjoncture unique, prudente Vierge, ne redoute pas de te montrer présomptueuse, car si la modestie est agréable dans son silence, une parole de charité est en ce moment beaucoup plus nécessaire. Ouvre ton cœur, Vierge bienheureuse, ouvre-le à la foi, ouvre tes lèvres à l'acceptation, ouvre ton sein au Créateur. Voici le Désiré de toutes les nations qui frappe à la porte. Ah ! si pendant que tu tardes il allait passer son chemin et que tu doives dans les larmes courir à la recherche de l'ami de ton âme ! Lève-toi, cours, ouvre ! lève-toi par la foi, cours par la ferveur, ouvre-lui par ton consentement." ( Quatrième homélie "Super Missus", § 8.)

jeudi 19 décembre 2013

Parole du jour
Lc 1, 5-25
Jeudi 19 décembre

Il y avait, au temps d'Hérode le Grand, roi de Judée,
un prêtre nommé Zacharie, du groupe d'Abia.
Sa femme aussi était descendante d'Aaron ;
elle s'appelait Élisabeth.

Tous les deux vivaient comme des justes devant Dieu :
ils suivaient tous les commandements
et les préceptes du Seigneur d'une manière irréprochable.
Ils n'avaient pas d'enfant, car Élisabeth était stérile,
et tous deux étaient âgés.
Or, tandis que Zacharie, au jour fixé
pour les prêtres de son groupe,

assurait le service du culte devant Dieu,
il fut désigné par le sort, suivant l'usage liturgique,
pour aller offrir l'encens dans le sanctuaire du Seigneur.
Toute l'assemblée du peuple se tenait dehors
en prière à l'heure de l'offrande de l'encens.
L'ange du Seigneur lui apparut
debout à droite de l'autel de l'encens.

En le voyant, Zacharie fut bouleversé et saisi de crainte.
L'ange lui dit :
« Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été entendue :
ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu le nommeras Jean.
Tu seras dans la joie et l'allégresse,
beaucoup d'hommes se réjouiront de sa naissance,
car il sera grand devant le Seigneur.
Il ne boira pas de vin ni de boissons fermentées,
et il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance ;
il fera revenir de nombreux fils d'Israël au Seigneur leur Dieu,
il marchera devant le Seigneur, avec l'esprit
et la puissance du prophète Élie,
pour faire revenir le coeur des pères vers leurs enfants,
convertir les rebelles à la sagesse des hommes droits,
et préparer au Seigneur un peuple capable de l'accueillir. »
Mais Zacharie dit à l'ange :
« Comment vais-je savoir que cela arrivera ?
Moi, je suis un vieil homme, et ma femme aussi est âgée. »
L'ange lui répondit :
« Je suis Gabriel ; je me tiens en présence de Dieu,
et j'ai été envoyé pour te parler
et pour t'annoncer cette bonne nouvelle.

Mais voici que tu devras garder le silence,
et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour
où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles :
elles s'accompliront lorsque leur temps viendra. »
Le peuple attendait Zacharie et s'étonnait de voir
qu'il restait si longtemps dans le sanctuaire.
Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler,
et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire.
Il leur faisait des signes, car il demeurait muet.
Lorsqu'il eut achevé son temps de service au Temple,
il repartit chez lui.
Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth devint enceinte.
Pendant cinq mois, elle garda le secret.
Elle se disait :
« Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi,
lorsqu'il a daigné mettre fin à
ce qui faisait ma honte aux yeux des hommes. »

La liste des stériles qui enfantent est longue dans l'Ancien Testament. Quelques exemples : Sarah femme d'Abraham, Rebecca, femme d'Isaac, Rachel femme de Jacob ... Les épouses des patriarches sont donc stériles. Une intervention de Dieu les rend fécondes. De même pour la femme de Manoa qui enfantera Samson et pour Anne qui enfantera le prophète Samuel etc ... Dans son cantique d'action de grâce auquel se réfère le "Magnificat" de Marie, Anne dit : "La femme stérile enfante sept fois, la mère aux nombreux fils dépérit." (1 sam 2, 5) pour bien montrer que c'est Dieu qui donne la fécondité.  Dans le Ps 113, 9, le psalmiste constate : "Il installe en sa maison la femme stérile, heureuse mère au milieu de ses fils." Et en Isaïe, l'annonce messianique suivante : "Crie de joie stérile, toi qui n'a pas enfanté ... car plus nombreux sont les fils de la délaissée que les fils de l'épouse, dit Yahvé". Et dans l'Évangile de ce jour, Élisabeth, cousine de Marie, qui âgée et stérile, est appelée à enfanter le "précurseur". Toutes ces stériles qui enfantent par l'intervention spéciale de Dieu conduisent à l'enfantement d'une Vierge. Le signe qui lui est donné est justement celui de la stérile qui enfante : "Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile". (Lc 1, 36) Comment cela est-il possible? - "Rien n'est impossible à Dieu." (v. 37) dit l'ange à Marie, comme Dieu avait dit à Abraham et Sarah : "Y-a-t-il une chose trop prodigieuse pour Dieu !" (Gn 18, 14) Comme c'est Dieu qui donne la fécondité à son Peuple qui sans Lui demeurerait stérile, de même pour l’Église et pour chacun d'entre nous. Ce qui nous est demandé, c'est la "Foi" qui est ouverture à cette fécondité qui vient de Dieu. Il faut se quitter soi-même et prendre la route en lui faisant confiance, fort de sa Présence. Parfois une Présence cachée mais toujours plus présente à nous-mêmes que nous-mêmes : "Va, pars de ton pays ... vers le pays que je te ferai voir. Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai. Je rendrai grand ton nom. Sois une bénédiction." (Gn 12, 1-2) ... 
Le nom d'Élisabeth signifie "Maison de Dieu" ... Zacharie qui a douté (manque de foi) des paroles de l'ange en se regardant "vieil homme" et en regardant sa femme "âgée" demeure comme le signe de la stérilité jusqu'à la naissance. En effet il est rendu muet. Or en araméen "enfant" se dit "sans parole" ... La foi fait passer de la stérilité à la fécondité, de la non parole a la Parole. Marie, elle, a cru et la fécondité lui a été donné bien que vierge : en elle, "la Parole se fait chair" (Jn 1, 14) ...
(Icône de l'annonciation à Zacharie)

mercredi 18 décembre 2013

Parole du jour
Mt 1, 18-21
Mercredi 18 décembre
 
Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus,
avait été accordée en mariage à Joseph ;
or, avant qu'ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste,
ne voulait pas la dénoncer publiquement ;
il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse :
l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils,
auquel tu donneras le nom de Jésus
(c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s'accomplît
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra
et elle mettra au monde un fils,
auquel on donnera le nom d'Emmanuel,
qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse,

Les deux noms de l'Enfant à naître sont à imprimer dans notre cœur et notre vie : "Jésus", Yeshoua en hébreu, et "Emmanuel". "Jésus" est le Nom même de Dieu : "Dieu Sauveur". Dire "Jésus" dans l'Esprit-Saint, c'est dire : "Mon Dieu, je crois et je sais qu'en ce moment même tu me sauves." Ce nom est à lui seul un "précis" de l'Évangile. Ainsi, en orient, la prière que l'on appelle "Prière de Jésus" : "Seigneur Jésus, Christ, Fils de Dieu, aies pitié de moi pécheur", répétée continuellement dans une prière incessante, à travers toutes les activités qui incombent à la vie, conduit à ne plus dire que le nom "Jésus" qui la résume toute entière. "Ce Nom au dessus de tout nom" (Ph 2, 10), prend naissance dans le cœur et même sur la respiration et transforme celui qui le porte continuellement en lui. Dire "Jésus", c'est s'ouvrir à la Vie ! Serait-ce une prière trop simple pour nous. Le mot "prière", orare, signifie parler à ... "être en relation avec ... Il ne s'agit pas en premier lieu de demande, ou même de louange, mais de communion. C'est vivre la grâce de son Baptême : "Tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ" (Rituel). D'où le second Nom : "Emmanuel", Dieu avec nous. Il est toujours avec nous. A nous de faire le choix de demeurer toujours avec Lui : "demeurez en moi comme moi en vous". (Jn 15, 3) Comparaissant devant les chefs des prêtres, Pierre leur dira : " ... sous le ciel il n'y a pas d'autre nom, qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. " Actes 4:12
("La Philocalie" qui comprend une dizaine de tomes et qui est l'enseignement fondamentale de l'Église d'Orient, est toute orientée vers cette imprégnation du "Nom de Jésus". De même pour "Récit d'un pèlerin russe" etc.)
(l'Annonce à Joseph de Georges de la Tour)

mardi 17 décembre 2013

Parole du jour
Mt 1, 1-17
Mardi 17 décembre

Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham : Abraham engendra Isaac,
Isaac engendra Jacob,
Jacob engendra Juda et ses frères,
Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara,
Pharès engendra Esrom,
Esrom engendra Aram,
Aram engendra Aminadab, A
minadab engendra Naassone,
Naassone engendra Salmone,
Salmone,
de son union avec Rahab, engendra Booz,

Booz, de son union avec Ruth,
engendra Jobed,
Jobed engendra Jessé,
Jessé engendra le roi David.
David,
de son union avec la femme d'Ourias,
engendra Salomon,
Salomon engendra Roboam,
Roboam engendra Abia,
Abia engendra Asa,
Asa engendra Josaphat,
Josaphat engendra Joram,
Joram engendra Ozias,
Ozias engendra Joatham,
Joatham engendra Acaz,
Acaz engendra Ézékias,
Ézékias engendra Manassé,
Manassé engendra Amone,
Amone engendra Josias,
Josias engendra Jékonias et ses frères
à l'époque de l'exil à Babylone.

Après l'exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,Zorobabel engendra Abioud,
Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor,

Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim,

Akim engendra Élioud,Élioud engendra Éléazar,

Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob,

Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie,
de laquelle fut engendré Jésus,que l'on appelle Christ (ou Messie).

Le nombre total des générations est donc :
quatorze d'Abraham jusqu'à David,
quatorze de David jusqu'à l'exil à Babylone,
quatorze de l'exil à Babylone jusqu'au Christ.
La généalogie exalte la paternité par la répétition du verbe « engendrer », liant les pères aux fils de génération en génération. Puis, brutalement, la longue énumération marque une rupture : elle s’arrête à Joseph qui ne conjugue plus le fameux verbe « engendrer ». La transmission du sang s’interrompt ; seul le mariage garantit la continuité entre Joseph et celui qui est fils de Marie selon la chair : « Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle Christ ». On s’attendait à lire « de laquelle est né Jésus » ; or Matthieu maintient le verbe « engendrer », mais en utilisant le « passif divin », il révèle l’intervention de Celui dont le Nom demeure ineffable. L’action invisible de Dieu se manifeste dans ses effets : Jésus « est engendré ». Engendrement spirituel comme il convient à son Auteur, mais qui s’inscrit par le ministère de Joseph, dans la lignée charnelle dont il est le dernier représentant. (P. Joseph-Marie Verlinde)

Si nous continuons à lire la suite du récit de la généalogie, ceci nous est confirmé : "Or avant qu'ils eussent mené vie commune, Marie se trouva enceinte par le fait de l'Esprit-Saint." (Mt 1, 18) ... "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit-Saint; elle enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus ..." (Mt 1, 20-21)
Il y a à la fois continuité par Joseph, époux de Marie, et sa généalogie dans laquelle Jésus s'insère, et il y a rupture puisqu'il est engendré par l'action divine : "L'Esprit-Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre, c'est pourquoi l'Être Saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu ..." (Luc 1, 35) Cette rupture est la brèche par laquelle le Salut devient possible pour l'Humanité et donc pour toute généalogie. Jésus est à la fois vrai Dieu et vrai homme, sans séparation ni confusion. Lorsqu'à la Messe, le prêtre verse une goutte d'eau dans le vin, il dit : "Comme cette eau se mêle au vin pour le Sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité." Admirable échange, admirable union !
(Généalogie de Jésus dans l’évangile de Luc - manuscrit du livre de Kells, Irlande,vers 800)