vendredi 13 février 2009

Parole du jour
(Samedi 14 février)

"La moisson est abondante
mais les ouvriers peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d'envoyer des ouvriers à sa moisson."
(Lc 10, 1-3)

Nous fêtons en ce jour St Cyrille, moine, et St Méthode, évêque, patrons de l'Europe, qui furent artisan d'unité entre les Églises romaines et slave : "Pour nous, leur apostolat exprime un appel œcuménique, il invite à reconstruire dans la paix, l'unité entre l'Orient et l'Occident." (Jean-Paul II)
Lorsqu'il est question de ces ouvriers dont parle l'Évangile, on pense le plus souvent aux prêtres et aux consacrés. Or tout chrétien est appelé à être ouvrier pour la moisson et cela commence par la vigilance à laisser pousser la graine de l'Évangile dans le champ de notre propre cœur. La transparence du fruit que nous porterons alors, et ce fruit c'est le Christ, permettra à beaucoup de laisser pousser en eux la graine et de produire trente, soixante ou cent pour un. Il nous faut donner le Christ aux autres pour que sa vie se révèle en eux. Prions pour que se lève de ces ouvriers qui récoltent ce qu'ils auront semé par leur propre vie habitée par celle du Christ.
(Icône représentant "St Cyrille et Méthode")

dimanche 8 février 2009

Parole de Dieu
(Vendredi 13 février)

"On lui amène un sourd muet,
et on le prit de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles,
et prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit :
"Effata !" c'est-à-dire : "Ouvre-toi !"
Ses oreilles s'ouvrirent;

aussitôt sa langue se délia,
et il parlait correctement."
(Mc 7, 31-35)

Voici un homme qui ne peut ni écouter la Parole de Dieu, ni chanter sa louange. Il est sourd et muet. C'est par des gestes humains, corporels, sensibles que Jésus va le rendre à ces deux capacités qui permettent à l'homme d'entrer dans une relation vraie avec autrui. La porte de son entendement était fermée, Jésus l'ouvre. Sa langue liée, il la délie. Combien souvent les oreilles de nos cœurs sont fermées à la voix du Seigneur et nos langues muettes de ne pas prononcer des paroles de vie. Demandons là encore à Jésus de nous "toucher", comme il l'a fait pour cet homme en qui, finalement, nous nous retrouvons.

(Photo "Chapelle de la Trinité" par Pat. Renier)

Parole de Dieu
(Jeudi 12 février)

"Une femme paënne, de nationalité syrophénicienne
et elle lui demandait d'expulser le démon hors de sa fille.
Il lui dit :
"Laisse d'abord les enfants manger à leur faim,

car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants
pour le donner aux petits chiens."
Mais elle lui répliqua :
"C'est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table,
mangent les miettes des petits enfants."
Alors il lui dit :

"A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille."
(Mc 7, 25-30)

Jésus à la demande d'une païenne, accepte que le "pain des enfants" (réservé aux juifs) soit partagé aussi aux "petits chiens" (c'est-à-dire aux païens). La délivrance dont Jésus est porteur concerne tous les hommes. Il est celui qui peut libérer toutes les races de leurs démons mauvais. Il est celui qui, en tout homme, peut libérer "le meilleur de lui-même." (Noël Quesson)

(Photo "désert en Israël" par Pat. Renier)

Parole de Dieu
(Mercredi 11 février)

"Jésus appela la foule et lui dit :
Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l'homme
et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l'homme,
voilà ce qui rend l'homme impur.
"
(Mc 7, 14-15)

Notre agir et nos comportements correspondent à ce que leur ordonne les pensées de notre cœur. Ce qui a besoin d'être purifié, ce ne sont pas nos mains, mais notre cœur. C'est ainsi qu'au nom de Dieu, le prophète Ézéchiel proclame : "Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés; de toutes vos souillures et de toutes vos ordures je vous purifierai. Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j'ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois ..." (Ez 36, 25-27) Laissons Jésus nous purifier.

(Panneau de bois polychrome : "Jésus enseigne " XIIè)

Parole du jour
(Mardi 10 février)

"Dieu dit :
"Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance ...
Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa,
il les créa homme et femme.
Dieu les bénit et leur dit :
"Soyez féconds et multipliez-vous ..."
(Gn 1, 26-28)

Il est intéressant de relever que Dieu fait les différents éléments de la terre : la lumière, le firmament, les arbres, les animaux ... mais l'homme ou plutôt "l'Humain", il le crée. Le mot "créer" en hébreu, signifie "mettre en face de soi. Il le crée "à son Image" c'est-à-dire capable d'une relation personnelle avec Lui. Image et ressemblance, quelle différence ? L'Image, c'est le "déjà-là". Tout est donné pour cette rencontre entre l'être humain et Dieu. L'être humain est "fait" pour cette rencontre avec son créateur. La Ressemblance, c'est le "pas encore". Tout est là, donné, mais tout reste à faire en raison du libre arbitre qui conduit l'être humain a se déterminer lui-même. Sinon il serait un robot. Dieu le veut libre dans son choix. C'est tout un chemin à parcourir et nous faisons parti du voyage. Le but de celui-ci : "Nous verrons Dieu tel qu'il est car nous lui serons semblable" (1 jn 3, 2). Fidélité à l'Image ... et plus encore à la réalité de Dieu dans une union éternelle, dont la réalisation s'enracine dans notre aujourd'hui.

("La Création" par Michel-Ange)
Parole du jour
(Lundi 9 février)

"Dans tous les endroits où il était,
dans les villages, les villes ou les champs,
on déposait les infirmes sur les places.
Ils le suppliaient de leur laisser toucher
ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés."
(Mc 6, 56)

Voici qu'il est à nouveau question de malades et de guérisons. Marc se plaît à revenir sur celles-ci. Le salut est vraiment libération et guérison. Et ce verbe "toucher" qui revient. Ici on touche le vêtement qui touche Jésus et qui est empreint de sa personne. Comme l'écrit St Jérôme : "Jésus est à la fois le médecin et le remède." A l'Eucharistie, il se donne à nous comme le Remède : "Dis seulement une parole et je serai guéri", disons-nous avant de communier. Il est, Lui, Cette Parole incarnée qui se donne ... et qui guérit.

samedi 7 février 2009

parole du jour
(Dimanche 8 février)

"La belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre.
Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.

Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main,
et il la fit lever.
La fièvre la quitta, et elle les servait."

(Mc 1, 30-31)

Comme aux lépreux, comme à la femme au flux de sang, comme à la petite fille de Jaïre, etc. ... à la belle-mère de Pierre, Jésus donne la vie. Il y a là encore une symbolique très riche qui nous touche profondément. Elle est au lit, dans la position couchée qui est celle de la mort. La fièvre montre combien elle est fortement atteinte et ne peut se relever par elle-même. Ses proches eux- mêmes n'y peuvent rien ... Dans la culture du temps de Jésus, la fièvre est le plus souvent regardée comme liée au péché ... Là encore, Jésus la "touche" et l'intégrité de son être rend l'intégrité à l'être de cette femme. Il la fait "lever". Toujours ce terme qui est le mouvement de la Résurrection. En cette femme, c'est le mystère de la mort et de la Résurrection qui s'accomplit et Jésus en est le pivot. Il la fait passer de la position couchée à la position debout, de la mort à la Résurrection, à la vie. Il est le Passeur. Le mot Pâque signifie "Passage". Pour ce faire, Il l'unit à Lui comme par avance, dans la puissance de salut de son propre mystère pascal de mort et de Résurrection. La main tendue, le toucher, signifie l'ajustement sur Lui, qu'il réalise pour cette femme. La preuve est donnée immédiatement : La fièvre la quitte et, levée, elle les servait. Ce mot "servait" à signification de l'amour en œuvre. Ainsi, Jésus dira qu'il n'est pas venu pour être servi, mais pour servir ..." Pâque, ce n'est pas une fois par an, c'est chaque jour si nous savons convier Jésus au cœur de notre existence au quotidien ...

(Image : "Evangéliaire copte")

vendredi 6 février 2009

Parole du jour
(Samedi 7 février)

"Après leur première mission,
les Apôtres se réunissent auprès de Jésus,
et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné.
Il leur dit :

"Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu."
De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux
qu'on avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque
pour un endroit désert."
(Mc 6, 30-32)

L'activité ne doit pas devenir de l'activisme et il faut savoir s'arrêter pour reprendre souffle. Nous sommes dans un monde où tout le monde s'active et le stress fait bien des adeptes. "On n'a plus le temps de vivre !" devient l'un des slogans. Parfois dans ce manque de temps, il faut inclure celui passé devant la télé ou l'ordinateur ou ... N'y aurait-il pas aussi une fuite devant la réalité du présent, la peur de s'arrêter et de se retrouver avec soi-même ... pour se dire quoi ? C'est oublier qu'on est jamais seul ... qu'Il est toujours là, et que les temps d'arrêt peuvent devenir des moments d'une intense relation avec Lui. Le mot désert en hébreu se dit "mid'bar" et signifie "Lieu de la Parole". "Je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son cœur." dit Dieu dans le livre d'Osée au Ch. 2. Le désert est donc le lieu de la rencontre, de l'écoute du cœur et de la Parole qui engendre la Paix, "l'hésychia" disent les Pères. Et la Paix conduit au repos. C'est ainsi que Guillaume de St Thierry, un ami de St Bernard écrira que "la prière est un loisir". Aller à l'écart, c'est prendre ce temps de la rencontre et du ressourcement dans la Présence de l'hôte intérieur qui toujours nous attend et que trop souvent, justement, nous laissons seul derrière la porte. Si nous l'ouvrons cette porte, notre vie sera bouleversée ... et nous entrerons dans son repos.

(Photo "vue depuis le Sinaï" par Pat. Renier)

jeudi 5 février 2009

Parole du jour
(Vendredi 6 février)

"Comme le nom de Jésus devenait célèbre,
le roi Hérode en entendit parler.
On disait :
"c'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts,

et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles."

Certains disaient :

"C'est le prophète Élie."
D'autres disaient encore :

"C'est un prophète comme ceux de jadis."
Hérode entendait ces propos et disait :
"Celui que j'ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité."
(Mc 6, 14-16)

Un jour, Jésus lui-même posera la question à ses disciples : "Pour les gens qui suis-je ?" ceux-ci répondront : "Pour les uns tu es ... pour les autres ... ou encore ..." On retrouve, bien que différemment, le début de l'Évangile de ce jour. Et Jésus ajoutera : "Et pour vous, qui suis-je ?" Pierre prendra la parole : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !" Il est important de se prononcer ... Jésus demande à chacun de nous ... il te demande : "Pour toi, qui suis-je ?" Il est essentiel que tu t'arrêtes un instant pour répondre à cette question, ne serait-ce que pour être toi-même au clair avec toi-même. Un jour, en telle ou telle circonstance, telle ou telle rencontre, tu seras peut-être appelé à rendre témoignage de ta foi?

(Photo "En chemin" Pat. Renier)

mercredi 4 février 2009

Parole du jour
(Jeudi 5 février)

"Jésus appelle les Douze,
et pour la première fois
il les envoie deux par deux ...
Ils partirent,
et proclamèrent qu'il fallait se convertir.
Ils chassaient beaucoup de démons,

faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades,
et les guérissaient."
(Mc 6, 7 ...13)

Voici l'Église en germe. Tout y est. Jésus "appelle". C'est Jésus qui a l'initiative. C'est Lui la Source de l'Église. C'est en Lui qu'elle existe. Chaque membre de l'Église est appelé. Être disciple est une réponse à cet appel. Et pour celui qui répond, une responsabilité, car Jésus donne sa grâce à travers son Église et donc à travers la vie, l'agir et la parole de ses disciples. En effet Il les "envoie". Les disciples ont mission d'annoncer la Bonne Nouvelle, de la proclamer. Cette Bonne Nouvelle, c'est d'abord que l'homme doit changer de cap (se convertir), il doit ouvrir son cœur à la Présence intérieure. Cette Bonne Nouvelle, c'est que Jésus libère, Jésus guérit : son Église elle-même reçoit de Lui le pouvoir d'amour de chasser les démons, de guérir les malades, de rendre l'homme à son intégrité. L'Église est instrument du Salut par Jésus, avec Jésus et en Jésus (Grande doxologie à la Messe) qui en est l'unique Maître d'oeuvre. L'Église n'a pas a se substituer à Jésus le Christ, elle est appelée à se mettre à sa suite et à Lui ressembler. Le mot "Salut" vient d'un mot grec qui signifie "Santé". En espagnol, le mot "Santé" se dit "Salud". On aime parler de Jésus comme du Sauveur, c'est-à-dire de Celui qui rend l'homme à la Santé. Santé du corps pour certains (Jésus n'a pas guéri physiquement tous les malades), mais comme signe d'une Santé plus intérieure et plus essentielle pour tous, celle du cœur, et à travers celle-ci, de tout l'être. La "Résurrection" en est l'accomplissement. Le mot signifie passer de la position couché à la position debout, bien ferme sur ses deux pieds.

mardi 3 février 2009

Parole du jour
(Mercredi 4 février)

"Les nombreux auditeurs de Jésus,
frappés d'étonnement, disaient :
"D'où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui est donnée,
et ces grand miracles qui se réalisent en ses mains ?
N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses soeurs ne sont-elles pas ici chez nous ?"

Et Ils étaient profondément choqués à cause de lui.

Jésus leur disait :
"Un prophète n'est méprisé que dans son pays,
sa famille et sa propre maison."

(Mc 6, 2-5)

Marc donne la liste des cousins et des cousines de Jésus. A la mode orientale, il les appelle des "frères" et des "soeurs". Il est difficile pour ceux qui ont côtoyé Jésus durant les trente ans de sa vie cachée à Nazareth, d'accepter qu'il puisse être différent de ce qu'ils croyaient. Il se met à enseigner comme un Rabbi et sa parole est de feu ! Comment cela est-il possible ? Ils croyaient le connaître et sont passés complètement à coté de sa véritable personnalité. Ils l'ont regardé de l'extérieur pendant tout ce temps. A travers ce qu'il faisait. Une étiquette collé au front : "charpentier." Comme plus tard on écrira sur la croix : "Roi des juifs". Mais ils sont restés aveugles à la richesse de son intériorité. Ils ne l'ont pas perçu dans son Être. C'est toujours un danger : croire connaître l'autre et le bloquer dans ce que l'on croit. Alors que la vérité de l'autre est toujours au delà de ce que l'on perçoit et qu'on ne peut l'enfermer dans notre enclos. Ce serait un abus de pouvoir et une non reconnaissance de sa dignité, sa liberté et de son appel personnel.

(Photo Mantet par Pat. Renier)

lundi 2 février 2009

parole du jour
(Mardi 3 février)

"Une femme,
ayant appris ce que l'on disait de Jésus,
vint par derrière dans la foule
et toucha son vêtement.
Car elle se disait :
"Si je parviens à toucher seulement son vêtement,
je serai sauvée" ...
A l'instant elle ressentit dans son corps
qu'elle était guérie de son mal ...
Elle vint se jeter à ses pieds ...
Jésus lui dit : "Ma fille, ta foi t'a sauvée.
Va en paix et soit guérie de ton mal."
(Mc 5, 25-34)

Le toucher de Jésus est guérissant. Lorsqu'il "toucha" le lépreux, celui-ci fut purifié (Mc 1, 40-42). Ici, c'est cette femme qui "touche" Jésus et elle est guérie. Après la Transfiguration, Jésus s'approche de ses trois disciples effrayés et les "touche" pour les rassurer et la parole qu'il leur dit alors est "Relevez-vous ..." C'est la traduction du mot grec qui signifie "Résurrection" (Mt 17, 7) Toucher Jésus ou être toucher par Jésus est source de Vie. Mais qui donc est Jésus ? Il n'est pas un homme comme les autres hommes. Jean écrit son témoignage : "ce que nous avons "touché" du Verbe de Vie, car la Vie s'est manifestée ..." (1 jn 1, 1) Il est le Verbe de Vie, le "Verbe incarné". (Jn 1, 14) C'est Lui qui rend les hommes semblable à Lui, si ceux-ci se laissent transformer : "Ta foi t'a sauvée, va en paix et sois guérie de ton mal." Il est l'Homme accompli, l'Homme tel que Dieu l'a pensé et voulu en le créant à son Image. Pilate le prophétisera sans en avoir conscience : "Voici l'Homme" !" Il rend l'homme à lui-même et pour cela le libère, le guéri, en un mot le sauve. (Jn 19, 5) L' Eucharistie est par excellence le Sacrement du "toucher de Jésus".

dimanche 1 février 2009

Parole du jour
(Lundi 2 février)

"Maintenant, ô Maître,
tu peux laisser ton serviteur
s'en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut,
que tu as préparé à la face
de tous les peuples :

lumière pour éclairer
les nations païennes

et gloire d'Israël ton peuple."

Fête de la Présentation de Jésus au Temple : Syméon le reconnaît. Ce qu'il voit en Jésus, c'est le "Salut". Celui qui apporte libération et guérison. Celui qui est la Paix. L'homme ne peut se sauver lui-même. Nous en faisons chaque jour l'expérience. Le Fils de Dieu s'est fait homme car Dieu seul pouvait sauver l'homme. Et pour le sauver, il fallait qu'il assume son humanité. Celui qui est la Lumière s'est fait l'un de nous pour nous éclairer de son admirable Lumière, pour nous rendre à l'Amour qui est notre nature fondamentale. Ne nous a t-il pas créé à son Image ? ... Or "Dieu est Lumière" (1 jn 1, 5) ; "Dieu est Amour". (1 jn 4, 8)
(Icône de la Présentation d'après le psautier d'Ingeburge, XIIè sc.)

samedi 31 janvier 2009

Parole du jour
(dimanche 1er février)

"Il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit mauvais ...
Jésus l'interpella vivement :
"Silence, sors de cet homme."
L'esprit mauvais le secoua avec violence
et sortit de lui en poussant un grand cri."
(Mc 1, 23-26)

Le nom de "Jésus" signifie "Dieu sauve". Et le verbe grec traduit par "sauver" signifie "libérer" et "guérir". Comme le mot "salut" signifie "santé". Jésus nous libère de nos esprits mauvais et nous rend à la" santé". Le péché nous rend esclave. Si nous le voulons, Jésus nous libère. Il nous suffit de venir à Lui. Celui qui a fait l'expérience du Sacrement de Réconciliation vécu en vérité, dans la foi, comprend ce que je dis. A celui qui ne comprend pas, je dis : "Va et tu verras !" Il y a un avant et un après. Le passage de la nuit au Jour.

vendredi 30 janvier 2009

La Parole du jour
(samedi 31 janvier)

"Les vagues se jetaient sur la barque ...
Jésus dormait sur le coussin à l'arrière.
Ils le réveillent et lui crient :
"Maître, nous sommes perdus;
cela ne te fait rien ?"
Réveillé, il interpella le vent avec vivacité,
et dit à la mer :
"Silence, tais-toi.'
Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
Pourquoi avoir peur ?
Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ?"
(Mc 4, 37-40)

Dans le quotidien de nos vies, il est des jours où, d'une manière ou d'une autre, se lève la tempête. Parfois brusquement ... et c'est la panique à bord. Il est très important, dès le lever du jour, de réveiller en nous le souvenir de la présence de Jésus, par la prière. Ainsi, unis à Lui, nous vivrons toute chose dans la foi, c'est-à-dire en relation avec lui, lui permettant d'assumer avec nous notre vie. Cela me rappelle ce magnifique passage du psaume 17, 19-20 : "Au jour de ma défaite, ils m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui. Et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré, car il m'aime." Et il se fit, il se fera pour nous un grand calme !

jeudi 29 janvier 2009

Parole du jour
(Vendredi 30 janvier)

"Il en est du Royaume de Dieu
comme d'un homme

qui jette le grain dans son champ :

nuit et jour,

qu'il dorme ou qu'il se lève,

la semence germe et grandit,
il ne sait comment."
(Mc 4, 26-27)


Le mot "Malkouta" en araméen, peut se traduire par règne, royaume, mais aussi par "Règle" dans le sens de régulation, d'enseignement. Le Royaume de Dieu, c'est donc aussi l'Enseignement de Jésus, sa Parole considérée comme une "Bonne Nouvelle". Cette dernière expression traduit le mot grec "Euaggelios" (Évangile).
Accueilli, ruminé, assimilé, l'Enseignement de Jésus qu'il donne à travers son langage et son comportement ... sa vie, transforme, petit à petit, par lui-même, et conduit à le mettre en pratique : "suivre Jésus." Il en est comme de la nourriture qui donne vie au corps. Ce qui est demandé, c'est de manger et de boire des aliments qui lui convienne. Le reste se fait on ne sait trop comment. Il en est de même avec la Parole de Dieu. L'important est de s'en nourrir. Ce qui ouvre des perspectives sur le sens de l'Eucharistie ... St Jérôme a écrit : "L'Évangile, c'est le Corps du Christ."

(Photo : "Acclamation de l'Evangile" par J.L. Kiéné)

mercredi 28 janvier 2009

Parole du jour
(Jeudi 29 janvier)

"Est-ce que la lampe vient pour être mise
sous le boisseau ou sous le lit ?

N'est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?"
(Mc 4, 21-22)

La Parole de Dieu n'est pas faite pour être gardée "pour soi". On ne peut la recevoir vraiment que dans l'Esprit-Saint qui nous donne de la transmettre à travers notre vie : nos pensées, notre langage, et notre comportement. Nous devons être des lampadaires. Toute vie chrétienne qui se replie sur elle-même au lieu de rayonner n'est pas celle que Jésus veut. Jésus se définit comme la "Lumière de monde" car sa vie est toute offerte aux autres, toute donnée ...

mardi 27 janvier 2009

La Parole du jour
(Mercredi 28 janvier)

"Écoutez !
Voici que le semeur est sorti pour semer.

Comme il semait,
du grain est tombé sur le bord du chemin ...

du grain est tombé aussi sur le sol pierreux ...
du grain est tombé aussi dans les ronces ...
Mais d'autres grains sont tombés sur la bonne terre ...

et ils ont produit du fruit, trente, soixante, cent pour un."
(Mc 4, 3-8)

Pour que la Parole de Dieu puisse lever et porter son fruit, il faut "écouter". Un maître mot de la Bible ... Et l'on écoute bien qu'avec son cœur. C'est là, la bonne terre. Sinon la Parole tombe vite dans l'oubli, ou se dessèche, ou encore elle est étouffée. Le cœur n'y est pas, la pensée est ailleurs et la Parole est sacrifiée pour les choses du monde qui ne donne pas la vie. "Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende !" (Mc 4, 9)

vendredi 23 janvier 2009

Elisabeth de la Trinité


Il est essentiel de regarder vivre les amis de Dieu, nos frères et sœurs, qui nous montre le chemin ... Elisabeth fut de ceux-là. Sa vie et ses écrits spirituels continuent d'exercer une grande influence sur la spiritualité de notre temps. Elle fut contemporaine de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et, comme elle, mourut jeune encore (26 ans) :

A Dijon, en 1880, naissait Elisabeth Catez.
Elle a un tempérament vif. Elle aime la vie : voyages, concerts, amitiés, service de l'Église. Elle est sensible à la beauté; éveillée tôt à la musique, elle obtient le 1er prix de piano au conservatoire de la ville.
Elle est irrésistiblement attirée par Dieu :
"Je le sens si vivant en mon âme. Je n'ai qu'à me recueillir pour le trouver au dedans de moi, et c'est cela qui fait tout mon bonheur. Il a mis en mon cœur une soif d'infini et un si grand besoin d'aimer que Lui seul peut me rassasier." A 21 ans, elle entre au carmel de Dijon. Depuis son couvent elle écrit de nombreuse lettre à sa famille et à ses amis. Elle garde le souci du monde et de l'Eglise. "Mon âme aime s'unir à la votre dans une même prière, pour l'Eglise, pour le diocèse." Elle accompagne la quête spirituelle de ses proches, dans leur vie ordinaire de laïcs "tous appelés, tous aimés". "Même au milieu du monde, on peut écouter Dieu dans le silence d'un cœur qui ne veut être qu'à Lui." A la fin de sa vie, atteinte d'une maladie incurable, elle consigne son expérience et sa prière sur des carnets. "Lorsque le poids du corps se fait sentir et fatigue votre âme, ne vous découragez pas, mais allez par la foi et l'amour à Celui qui a dit : "Venez à moi et je vous soulagerai". Pour ce qui est du moral, ne vous laissez pas abattre par la pensée de vos misères. Le grand St Paul a dit : "Où le péché abonde, la grâce surabonde." Elle meurt le 9 novembre 1906, après 9 mois d'agonie. On entend ses dernières paroles intelligibles : "Je vais à la Lumière, à l'Amour, à la Vie." Elle nous laisse le témoignage d'une vie toute unie à Dieu : "Que l'on est heureux quand on vit dans l'intimité avec le Bon Dieu, quand on fait de sa vie un coeur à coeur, un échange d'amour, quand on sait trouver le Maître au fond de son âme. Alors on est jamais seule et on a besoin de solitude afin de jouir de la présence de cet hôte adoré ... il faut lui donner sa place dans ta vie, dans ton coeur qu'il a fait si aimant ..." "Ah, si tu le connaissais un peu, la prière ne t'ennuerait plus, il me semble que c'est un repos, un délassement : on vient tout simplement à celui qu'on aime ..." Aimez toujours la prière ... et quand je dis prière, ce n'est pas tant s'imposer une quantité de prières vocales à réciter chaque jour, mais c'est cette élévation de l'âme vers Dieu à travers toute chose qui nous établit avec la Sainte Trinité en une sorte de communion continuelle, tout simplement en faisant tout sous son regard." (publié dans inXL6)

Elisabeth nous laisse cette admirable prière qui peut inspirer la notre :

O mon Dieu, Trinité que j'adore,
aidez-moi à m'oublier entièrement
pour m'établir en vous, immobile et paisible
comme si déjà mon âme était dans l'éternité!
Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous,
ô Immuable, mais que chaque minute m'emporte
plus loin dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites en votre ciel,
votre demeure aimée et le lieu de votre repos;
que je ne vous y laisse jamais seul,
mais que je sois là toute entière,
toute éveillée en ma foi, toute adorante,
toute livrée à votre action créatrice.

O mon Christ aimé, crucifié par amour,
je voudrai être une épouse pour votre cœur;
je voudrais vous couvrir de gloire,
je voudrais vous aimer ... jusqu'à en mourir!
Mais je sens mon impuissance
et
je Vous demande de me revêtir de Vous-même,
d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre Âme;
de me submerger, de m'envahir, de Vous substituer à moi,
afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie.
Venez en moi comme Adorateur,
comme Réparateur et comme Sauveur.

O Verbe éternel, parole de mon Dieu,
je veux passer ma vie à Vous écouter,
je veux me faire tout enseignable afin d'apprendre tout de Vous;
puis, à travers toutes les nuits, tous les vides,
toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours
et demeurer sous votre grande lumière.
O mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse
plus sortir de votre rayonnement.

O feu consumant, Esprit d'amour,
survenez en moi afin qu'il se fasse en mon âme
comme une incarnation du Verbe;
que je Lui soit une humanité de surcroît,
en laquelle il renouvelle son mystère.

Et vous, Ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature,
ne voyez en elle que le Bien-aimé en lequel
Vous avez mis toutes vos complaisances.

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude,
Solitude infinie, Immensité où je me perds,
je me livre à vous comme une proie;
ensevelissez-vous en moi,
pour que je m'ensevelisse en Vous, en attendant
d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.
Ainsi soit-il

Elisabeth de la Trinité fut proclamée Bienheureuse par le Pape Jean Paul II, le 25 novembre 1984.

Quelques livres : "Elisabeth de la Trinité, oeuvres complètes", édition critique par le Père Conrad de Meester, édition du Cerf, Paris 1996; "Petite vie d'Elisabeth de la Trinité" par Bernard Sésé, Paris 1993; "Ce que croyait Elisabeth de la Trinité" par Jean Rémy, Paris 1984.



jeudi 15 janvier 2009

Témoignage : Bénédiction, Amour et Pardon


Ingrid Bétancourt

De la Bénédiction ...

"Si je n'avais pas eu le Seigneur à mes côtés, je ne pense pas que j'aurais réussi à grandir dans la douleur. Être otage vous place dans une situation de constante humiliation. Vous êtes victime de l'arbitraire complet, vous connaissez le plus vil de l'âme humaine. Face à cela il y a deux chemins :
- Soit on se laisse enlaidir, on devient hargneux, vindicatif, on laisse son cœur se remplir de rancune.
- Soit on choisit l'autre chemin, celui que Jésus nous a montré. Il nous demande :

"Bénis ton ennemi".

Un chemin difficile ...

Pourtant dès que je faisais l'exercice de prononcer "Bénis ton ennemi" - alors que j'avais envie de dire tout le contraire -, c'était magique, il y avait comme une espèce de ... soulagement." Et Ingrid Bétancourt, qui dit avoir vécu "un dialogue constant avec Dieu, à travers l'Évangile", de conclure : "Je sens qu'il y a eu une transformation en moi."

... à l'Amour

La seule réponse à la violence est une réponse d'amour. Cette réponse d'amour, cette attitude non violente a été chrétienne pour moi parce que je suis de foi chrétienne mais elle aurait pu être bouddhiste ou musulman. Ce que j'ai découvert, c'est qu'on peut être mené à haïr de toutes ses forces dans notre être et, en même temps, de trouver le soulagement de cette haine par l'amour. On ne peut pas aimer quelqu'un qui vous fait du mal. Mais on peut trouver, et moi je le trouvais dans le Christ, une assise, comme un tremplin. Je me disais : "Pour Toi, Seigneur, je ne vais pas dire que je le déteste." Le fait de ne pas avoir ces mots de haine dans la bouche était un apaisement.

et au Pardon

Il faut de l'amour pour entrer dans une démarche de pardon. J'ai réussi à pardonner, et pas seulement aux geôliers. J'ai pardonné aussi aux compagnons, avec qui on a eu parfois des moments très difficiles. J'ai pardonné à des amis qui ne se sont pas rappelés à nous, à ces gens sur qui vous comptez et qui vous ont fait défaut; à ces gens que vous aimiez et qui ont dit des horreurs, comme par exemple : "elle l'a bien cherchée cette détention". J'ai pardonné à ces gens qui disaient : "C'est la guerre, s'il faut qu'elle meure, c'est un nombre de plus dans les statistiques globales" et qui vous font croire que la vie, ce n'est pas plus qu'un numéro ..."
(Extraits de propos recueillis par Nicolas Senèze (De la Bénéd.) Dominique Gerbaud et Jean-Christophe Ploquin, pour le journal " La Croix")