mercredi 4 mars 2009

Parole du jour
(Jeudi 5 mars)

Comme les disciples
s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait:
"Demandez, vous obtiendrez;
cherchez, vous trouverez;
frappez, la porte vous sera ouverte.
Celui qui demande reçoit ;
celui qui cherche trouve ;
et pour celui qui frappe,
la porte s'ouvrira.

Lequel d'entre vous donnerait
une pierre à son fils qui lui demande du pain ?
ou un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc, vous qui êtes mauvais,

vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,

combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !"
(Mt 7, 7-11)

Jésus nous invite à demander avec insistance, mais pas n'importe quoi. Il s'agit de "bonnes choses". Dieu ne répondra pas à nos caprices car il sait que cela n'est pas "vie" pour nous. Ce qu'il nous donnera, c'est ce qui est bon pour nous. Mais que faut-il d'abord demander ? ... Qu'elles sont ces " bonnes choses" ? St Luc dans le même passage, en son Évangile nous donne la réponse : "combien plus votre Père du ciel donnera-t-il l'ESPRIT-SAINT à ceux qui l'en prient" (Lc 11, 19). Avant tout autre demande, c'est l'Esprit-Saint qu'il faut demander, car lui saura nous inspirer ce qui convient : "L'Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse; car nous ne savons que demander pour prier comme il faut; mais l'Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et celui qui sondent les cœurs sait quel est le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu." (Rm 8, 26-27)
(Icône de la Pentecôte)

mardi 3 mars 2009

Parole du jour
(Mercredi 4 mars)

Comme la foule s'amassait, Jésus se mit à dire :
" Cette génération est une génération mauvaise :
elle demande un signe,
mais en fait de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération."
(Lc 11, 29-30)

Quel est donc ce signe dont parle Jésus ? Jonas est envoyé par Dieu à Ninive pour la conversion des habitants de la ville. Le Père a envoyé son Fils sur la terre pour sauver l'humanité pécheresse. Jonas fut jeté par dessus bord du bateau prêt à couler dans la tempête. Jésus fut jeté hors de la ville, cloué à la croix. Jonas demeura trois jours dans le ventre d'un gros poisson avant d'être "vomit par le poisson sur le rivage". Jésus sortit du tombeau le troisième jour, ressuscité. Par la prédication de Jonas, les gens de Ninive se convertir ... Par le sacrifice de Jésus, l'humanité fut sauvée. Salut qui nous rejoint aujourd'hui encore car sa grâce est permanente.
(Jonas vomi par le poisson)

lundi 2 mars 2009

Parole du jour
(Mardi 3 mars)

"Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié.

Que ton règne vienne;
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,

comme nous les avons remises nous-mêmes

à ceux qui nous devaient.

Et ne nous soumets pas à la tentation,

mais délivre-nous du Mal."

(Mt 6, 9-13)

Voici que Jésus nous donne sa prière. Le mot cieux chez St Matthieu remplace le mot Dieu qu'un juif ne prononce jamais. Il faudrait traduire "Notre Père qui es aux cieux" en paraphrasant la prière que tout juif (Jésus est juif) doit réciter plusieurs fois par jour : "Écoute, Israël, le Seigneur ton Dieu est l'unique. Tu n'auras pas d'autres dieux que lui." Ce qui donnerait :"Notre Père, toi que je reconnais comme l'unique Dieu". Jésus dévoile que Celui que le peuple d'Israël appelle le "Dieu unique" est Père, et qu'il nous aime comme un Père. Plus encore, qu'il est la source de toute Paternité. Il ne ressemble pas aux pères de la terre. Ce sont ceux-ci qui sont appelés à lui ressembler. Et Lui, Jésus, est le Fils, son Fils ... et en Lui, nous sommes nous-mêmes fils et filles du Père : "Notre Père ..." Et cette appellation, on ne peut la prononcer que dans l'Esprit-Saint qui est le "lien d'amour" entre le Père et le Fils. : "L'Esprit-Saint nous fait nous écrier "Abba, Père ! En personne, Il se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu." (Rm 8, 15-17) Jésus, le Fils bien-aimé, dit à ce Père en Jn 17, 23c : "Tu les as aimés comme tu m'as aimé." Et ce qu'il veut, c'est "que l'amour dont il est aimé du Père soit en nous et Lui, le Fils, en nous." (Jn 17, 26) Aussi est-il bon de désirer et de demander que le Père soit révélé comme saint, plein d'amour pour chacun, à travers notre témoignage de vie. Que cette amour dont il est la source nous transforme, règne en nous. Et que sa volonté qui ne peut être que notre bien s'accomplisse en nous et que nous nous ajustions à ce bien. Le pain, c'est celui de la Parole qui nous façonne, celui du temps qui passe en nous imbibant de sa Présence, celui de l'autel, Sacrement de l'amour qui nous fait exister, celui du frère à qui il nous faut nous donner sans retour. Le Pardon, il le donne sans mesure, car il ne sait qu'être don au-delà même de nos refus et de notre péché terrible blessure à l'amour dont le Fils a fait les frais : "Père, pardonne-leur, car il ne savent pas ce qu'ils font". C'est au coeur même de cette blessure qu'il nous sauve. Aussi est-ce "par Lui, avec Lui et en Lui" que nous apprenons nous-mêmes à pardonner et en pardonnant, à devenir libre de cœur et en paix ... artisan de paix. Que le Père nous garde de prendre un autre chemin que le sien, qu'Il nous garde de tomber dans ce qui est contraire à l'Amour, de nous rendre esclave de Celui qui est sans amour ("délivre-nous du Mal") et qui ne désire que déchirer nos vies ... Jésus, le Fils, au nom du Père, l'a vaincu et désormais, greffés sur Lui par le baptême, nous n'avons rien à craindre si nous le demeurons :"N'ayez pas peur !" Parole qui revient dans la bouche de Jésus comme un refrain. L'essentiel pour nous est de bâtir notre maison, notre vie, sur le roc (Mt 7, 24-25) ... Dieu est Roc. Le "Amen" que nous ajoutons, signifie : c'est vrai, je crois, en toi je mets toute ma confiance ...
Parole du jour
(Lundi 2 Mars)

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
'Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume préparé pour vous
depuis la création du monde.
Car j'avais faim,
et vous m'avez donné à manger ;
j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ;
j'étais malade, et vous m'avez visité ;
j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !'
Alors les justes lui répondront :
'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ?
tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?'
Et le Roi leur répondra :
'Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l'avez fait
à l'un de ces petits qui sont mes frères,
c'est à moi que vous l'avez fait.'
(Mt 25, 34-40)

Ce passage de l'Évangile de St Matthieu, parle de lui-même. Ce que nous faisons aux autres, nous le faisons au Christ qui en assumant notre humanité (En Lui, Dieu s'est fait l'un de nous) s'identifie à chaque être humain : "C'est à moi que vous l'avez fait". La preuve qu'il n'est pas loin de nous, mais qu'il assume avec nous, c'est à dire avec chacun, notre existence. La question de l'ancien testament : "Qu'as-tu fais de ton frère ?" garde toute son actualité. En chacun il se fait notre frère. Et cette question continue, aujourd'hui, encore de nous être posé.

samedi 21 février 2009

Parole du jour
(Dimanche 22 février)

"Qu'est-ce qui est le plus facile ?
de dire au paralysé :
'Tes péchés sont pardonnés',
ou bien de dire :
'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ?
Eh bien !
Pour que vous sachiez
que le Fils de l'homme a le pouvoir
de pardonner les péchés sur la terre,
je te l'ordonne, dit-il au paralysé :
Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »
L'homme se leva,
prit aussitôt son brancard,
et sortit devant tout le monde."
(Mc 2, 1-12)

La pire des paralysies est le péché. Cette maladie du cœur qui empêche de respirer et qui entrave notre existence. Aussi la guérison la plus essentielle est la guérison intérieure. Beaucoup vivent comme s'ils étaient maître de leur vie. Or il suffit d'un petit caillou dans les rouages pour que la statue tombe de son piédestal. Une bonne question à se poser : "Quel est le sens de ma vie ?" ... La guérison extérieure dans les Évangiles, la guérison physique est le signe d'une guérison beaucoup plus profonde. Notre vie est beaucoup plus précieuse que notre aspect physique ou que tout l'or du monde. La vraie beauté comme la vraie richesse sont celles du cœur. Alors ne perdons pas notre temps en des futilités, nous valons beaucoup plus que cela.
("La guérison du paralytique" : Basilique St Apollinaire-le-neuf - Ravenne)

vendredi 20 février 2009

Parole de Dieu
(Samedi 21 février)

"Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissant,
d'une blancheur telle que personne sur terre
ne peut obtenir une telle blancheur.
Elie leur apparut avec Moïse,
et ils s'entretenaient avec Jésus ..."
(Mc 9, 2-7)

St Séraphin de Sarov, starets russe, explique qu'en définitive, ce n'est pas Jésus qui est transfiguré, mais que ce sont les disciples qui par grâce sont rendus capable de voir Jésus tel qu'il est en réalité. Jésus est toujours tel qu'ils le voient, mais habituellement il ne le voient pas tel qu'il est en réalité. Ils sont aveuglés par les projections qu'ils se font de lui. Il croyaient qu'il allait prendre le pouvoir temporel en Israël. Ils se voyaient déjà en ministres etc ... Jésus n'est pas celui-là. Ils ne le voient pas. Il leur dit d'ailleurs : "Vous ne comprendrez donc jamais !" Et nous ? Nous croyons peut-être comprendre et ... le connaître. Comme eux nous avons besoin de purifier notre regard et notre cœur pour le voir en vérité. St Jean écrira : "Nous le verrons tel qu'il est car nous lui serons semblable." Alors n'attendons pas pour nous mettre à sa suite. La voix du Père nous y invite : "Ecoutez-le !"
(La Transfiguration d'après le psautier d'Ingeburge, XIIè)

jeudi 19 février 2009

Parole du jour
(Vendredi 20 février)

"Si quelqu'un veut marcher derrière moi,
qu'il renonce à lui-même,

qu'il prenne sa croix
et qu'il me suive.
car celui qui veut sauver sa vie
la perdra;
mais celui qui perdra sa vie
pour moi et pour l'Évangile la sauvera."
(Mc 8, 34-38)

Marcher derrière Jésus consiste à renoncer à soi-même, à son enfermement, à son égoïsme, à son ambition, à son pouvoir sur les autres, à sa séduction. C'est donc servir à l'exemple du Christ lavant les pieds de ses disciples. Tout un programme ! Prendre sa croix a la même résonance. La croix est le symbole par excellence de l'Amour dans son plein accomplissement : "Je ne sais si le Christ est celui qui a le plus souffert physiquement, expliquait un prédicateur, mais ce que je sais, c'est que c'est lui qui a le plus aimé." Prendre sa croix signifie fondamentalement : "aimer", beaucoup aimer, à l'exemple du Christ. Sauver sa vie en la perdant, c'est tout cela. C'est s'oublier en donnant sa vie pour donner la vie. Telle est notre nature profonde. Agir à l'inverse nous détruit.
(Icône du "Lavement des pieds" - N.D. des Neiges)

mercredi 18 février 2009

Parole du jour
(jeudi 8, 27-33)

"Chemin faisant, il les interrogeait :
"Pour les gens, qui suis-je ?"

Ils répondirent:
"Jean-Baptiste;
pour d'autres, Élie;
pour d'autres, un des prophètes."
Ils les interrogeait de nouveau :

"Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?"
Pierre prit la parole et répond :
"Tu es le Messie."
(Mc 8, 28-31)

Chaque matin, il est bon de se laisser interpeller par cette question de Jésus : "Pour toi, qui suis-je ?" La réponse que nous donnerons va orienter toute notre journée, notre manière de la vivre, nos rencontres ... Pour ce qui est de ces rencontres, lui même nous le dit : "Ce que vous ferez à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." Chaque personne rencontrée est donc l'un de ces petits à travers qui il se présente à nous. Ce n'est pas toujours évident à discerner et pourtant! Il est aussi important d'apprendre la Présence de Jésus dans les moindres circonstances de notre quotidien car rien ne lui est étranger de notre vie qu'il ne demande qu'à assumer avec nous. Si nous l'accueillons dans notre barque, il saura nous guider à travers la mer jusque sur l'autre rive. Avançant ainsi dans sa lumière, il est possible qu'au moment de nous coucher, nous aurons mieux compris qui il est ...

Parole du jour
(Mercredi 18 février)

"Si le grain de blé tombé en terre
ne meurt pas,
il reste seul;
mais s'il meurt,

il donne beaucoup de fruit.

Celui qui aime sa vie la perd;
celui qui s'en détache la garde pour la vie éternelle.
Si quelqu'un veut me servir,
qu'il me suive ..."
(Jn 12, 24-26)
Il est une parole de Jésus qui explique ce qui est dit dans ce passage de l'Évangile selon St Jean : "Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie ..." Ce grain qui, tombé en terre, meurt, c'est la vie de Jésus toute donnée, la victoire de la croix ... c'est notre vie toute donnée. Sainte Thérèse de l'E.J. écrit : "Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même". Notre vocation est d'être pain partagé pour que les autres aient la vie. C'est pour cela que nous avons besoin de nous ressourcer continuellement en Celui qui sans cesse et sans fin se fait "Pain partagé" pour la multitude, Pain Eucharistique.
Celui qui garde sa vie, c'est celui qui refuse ce partage et qui se fait le centre du monde, le centre de toutes les attentions des autres sans faire nullement attention à eux. Il est avare de sa vie et s'y
enferme tellement qu'il ne vit plus. Il est comme mort. Il est toujours possible de sortir de cet état. Le Seigneur ressuscite les morts. Il y faut "seulement" le désir et la volonté de reprendre le chemin d'une vraie communion avec les autres. Il y faut une conversion.
Celui qui, comme Jésus, se met au service, entre dans la joie d'une véritable intimité avec Dieu (la vie éternelle) qui est Amour, par ressemblance avec Jésus. C'est Jésus d'ailleurs, qui en lui-même et par lui-même, nous révèle la véritable identité de Dieu.


samedi 14 février 2009

Parole du jour
(Dimanche 15 février)

"Un lépreux vient trouver Jésus;
il tombe à ses pieds et supplie :

"Si tu le veux, tu peux me purifier."
Pris de compassion devant cet homme,
Jésus étendit la main, le toucha et lui dit :

"Je le veux, sois purifié."
A l'instant même, la lèpre le quitta
et il fut purifier."


"Jésus continue aujourd’hui à étendre la main et à guérir ses enfants, tout d’abord et en premier lieu à travers les sacrements. Une foi illuminée devrait nous conduire à expérimenter chaque sacrement comme un contact vital avec le Seigneur, transformant et sanctifiant, à l’image de celui qu’il eut avec le lépreux de l’évangile. Avoir cela présent à la conscience lorsque nous nous approchons de la communion eucharistique ou du sacrement de la Réconciliation, nous permettrait sans doute d’en cueillir beaucoup plus de fruit spirituel. Mais Jésus veut aussi prolonger son geste de miséricorde et de recréation à travers chacun de nous. A nous qui avons bénéficié de sa miséricorde, Dieu nous invite à être ses mains et sa voix auprès de tous ceux qui souffrent la maladie physique, morale ou spirituelle. (F. Elie)

(Evangéliaire copte, enluminure)

vendredi 13 février 2009

Parole du jour
(Samedi 14 février)

"La moisson est abondante
mais les ouvriers peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d'envoyer des ouvriers à sa moisson."
(Lc 10, 1-3)

Nous fêtons en ce jour St Cyrille, moine, et St Méthode, évêque, patrons de l'Europe, qui furent artisan d'unité entre les Églises romaines et slave : "Pour nous, leur apostolat exprime un appel œcuménique, il invite à reconstruire dans la paix, l'unité entre l'Orient et l'Occident." (Jean-Paul II)
Lorsqu'il est question de ces ouvriers dont parle l'Évangile, on pense le plus souvent aux prêtres et aux consacrés. Or tout chrétien est appelé à être ouvrier pour la moisson et cela commence par la vigilance à laisser pousser la graine de l'Évangile dans le champ de notre propre cœur. La transparence du fruit que nous porterons alors, et ce fruit c'est le Christ, permettra à beaucoup de laisser pousser en eux la graine et de produire trente, soixante ou cent pour un. Il nous faut donner le Christ aux autres pour que sa vie se révèle en eux. Prions pour que se lève de ces ouvriers qui récoltent ce qu'ils auront semé par leur propre vie habitée par celle du Christ.
(Icône représentant "St Cyrille et Méthode")

dimanche 8 février 2009

Parole de Dieu
(Vendredi 13 février)

"On lui amène un sourd muet,
et on le prit de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles,
et prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit :
"Effata !" c'est-à-dire : "Ouvre-toi !"
Ses oreilles s'ouvrirent;

aussitôt sa langue se délia,
et il parlait correctement."
(Mc 7, 31-35)

Voici un homme qui ne peut ni écouter la Parole de Dieu, ni chanter sa louange. Il est sourd et muet. C'est par des gestes humains, corporels, sensibles que Jésus va le rendre à ces deux capacités qui permettent à l'homme d'entrer dans une relation vraie avec autrui. La porte de son entendement était fermée, Jésus l'ouvre. Sa langue liée, il la délie. Combien souvent les oreilles de nos cœurs sont fermées à la voix du Seigneur et nos langues muettes de ne pas prononcer des paroles de vie. Demandons là encore à Jésus de nous "toucher", comme il l'a fait pour cet homme en qui, finalement, nous nous retrouvons.

(Photo "Chapelle de la Trinité" par Pat. Renier)

Parole de Dieu
(Jeudi 12 février)

"Une femme paënne, de nationalité syrophénicienne
et elle lui demandait d'expulser le démon hors de sa fille.
Il lui dit :
"Laisse d'abord les enfants manger à leur faim,

car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants
pour le donner aux petits chiens."
Mais elle lui répliqua :
"C'est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table,
mangent les miettes des petits enfants."
Alors il lui dit :

"A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille."
(Mc 7, 25-30)

Jésus à la demande d'une païenne, accepte que le "pain des enfants" (réservé aux juifs) soit partagé aussi aux "petits chiens" (c'est-à-dire aux païens). La délivrance dont Jésus est porteur concerne tous les hommes. Il est celui qui peut libérer toutes les races de leurs démons mauvais. Il est celui qui, en tout homme, peut libérer "le meilleur de lui-même." (Noël Quesson)

(Photo "désert en Israël" par Pat. Renier)

Parole de Dieu
(Mercredi 11 février)

"Jésus appela la foule et lui dit :
Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l'homme
et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l'homme,
voilà ce qui rend l'homme impur.
"
(Mc 7, 14-15)

Notre agir et nos comportements correspondent à ce que leur ordonne les pensées de notre cœur. Ce qui a besoin d'être purifié, ce ne sont pas nos mains, mais notre cœur. C'est ainsi qu'au nom de Dieu, le prophète Ézéchiel proclame : "Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés; de toutes vos souillures et de toutes vos ordures je vous purifierai. Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j'ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois ..." (Ez 36, 25-27) Laissons Jésus nous purifier.

(Panneau de bois polychrome : "Jésus enseigne " XIIè)

Parole du jour
(Mardi 10 février)

"Dieu dit :
"Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance ...
Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa,
il les créa homme et femme.
Dieu les bénit et leur dit :
"Soyez féconds et multipliez-vous ..."
(Gn 1, 26-28)

Il est intéressant de relever que Dieu fait les différents éléments de la terre : la lumière, le firmament, les arbres, les animaux ... mais l'homme ou plutôt "l'Humain", il le crée. Le mot "créer" en hébreu, signifie "mettre en face de soi. Il le crée "à son Image" c'est-à-dire capable d'une relation personnelle avec Lui. Image et ressemblance, quelle différence ? L'Image, c'est le "déjà-là". Tout est donné pour cette rencontre entre l'être humain et Dieu. L'être humain est "fait" pour cette rencontre avec son créateur. La Ressemblance, c'est le "pas encore". Tout est là, donné, mais tout reste à faire en raison du libre arbitre qui conduit l'être humain a se déterminer lui-même. Sinon il serait un robot. Dieu le veut libre dans son choix. C'est tout un chemin à parcourir et nous faisons parti du voyage. Le but de celui-ci : "Nous verrons Dieu tel qu'il est car nous lui serons semblable" (1 jn 3, 2). Fidélité à l'Image ... et plus encore à la réalité de Dieu dans une union éternelle, dont la réalisation s'enracine dans notre aujourd'hui.

("La Création" par Michel-Ange)
Parole du jour
(Lundi 9 février)

"Dans tous les endroits où il était,
dans les villages, les villes ou les champs,
on déposait les infirmes sur les places.
Ils le suppliaient de leur laisser toucher
ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés."
(Mc 6, 56)

Voici qu'il est à nouveau question de malades et de guérisons. Marc se plaît à revenir sur celles-ci. Le salut est vraiment libération et guérison. Et ce verbe "toucher" qui revient. Ici on touche le vêtement qui touche Jésus et qui est empreint de sa personne. Comme l'écrit St Jérôme : "Jésus est à la fois le médecin et le remède." A l'Eucharistie, il se donne à nous comme le Remède : "Dis seulement une parole et je serai guéri", disons-nous avant de communier. Il est, Lui, Cette Parole incarnée qui se donne ... et qui guérit.

samedi 7 février 2009

parole du jour
(Dimanche 8 février)

"La belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre.
Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.

Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main,
et il la fit lever.
La fièvre la quitta, et elle les servait."

(Mc 1, 30-31)

Comme aux lépreux, comme à la femme au flux de sang, comme à la petite fille de Jaïre, etc. ... à la belle-mère de Pierre, Jésus donne la vie. Il y a là encore une symbolique très riche qui nous touche profondément. Elle est au lit, dans la position couchée qui est celle de la mort. La fièvre montre combien elle est fortement atteinte et ne peut se relever par elle-même. Ses proches eux- mêmes n'y peuvent rien ... Dans la culture du temps de Jésus, la fièvre est le plus souvent regardée comme liée au péché ... Là encore, Jésus la "touche" et l'intégrité de son être rend l'intégrité à l'être de cette femme. Il la fait "lever". Toujours ce terme qui est le mouvement de la Résurrection. En cette femme, c'est le mystère de la mort et de la Résurrection qui s'accomplit et Jésus en est le pivot. Il la fait passer de la position couchée à la position debout, de la mort à la Résurrection, à la vie. Il est le Passeur. Le mot Pâque signifie "Passage". Pour ce faire, Il l'unit à Lui comme par avance, dans la puissance de salut de son propre mystère pascal de mort et de Résurrection. La main tendue, le toucher, signifie l'ajustement sur Lui, qu'il réalise pour cette femme. La preuve est donnée immédiatement : La fièvre la quitte et, levée, elle les servait. Ce mot "servait" à signification de l'amour en œuvre. Ainsi, Jésus dira qu'il n'est pas venu pour être servi, mais pour servir ..." Pâque, ce n'est pas une fois par an, c'est chaque jour si nous savons convier Jésus au cœur de notre existence au quotidien ...

(Image : "Evangéliaire copte")

vendredi 6 février 2009

Parole du jour
(Samedi 7 février)

"Après leur première mission,
les Apôtres se réunissent auprès de Jésus,
et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné.
Il leur dit :

"Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu."
De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux
qu'on avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque
pour un endroit désert."
(Mc 6, 30-32)

L'activité ne doit pas devenir de l'activisme et il faut savoir s'arrêter pour reprendre souffle. Nous sommes dans un monde où tout le monde s'active et le stress fait bien des adeptes. "On n'a plus le temps de vivre !" devient l'un des slogans. Parfois dans ce manque de temps, il faut inclure celui passé devant la télé ou l'ordinateur ou ... N'y aurait-il pas aussi une fuite devant la réalité du présent, la peur de s'arrêter et de se retrouver avec soi-même ... pour se dire quoi ? C'est oublier qu'on est jamais seul ... qu'Il est toujours là, et que les temps d'arrêt peuvent devenir des moments d'une intense relation avec Lui. Le mot désert en hébreu se dit "mid'bar" et signifie "Lieu de la Parole". "Je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son cœur." dit Dieu dans le livre d'Osée au Ch. 2. Le désert est donc le lieu de la rencontre, de l'écoute du cœur et de la Parole qui engendre la Paix, "l'hésychia" disent les Pères. Et la Paix conduit au repos. C'est ainsi que Guillaume de St Thierry, un ami de St Bernard écrira que "la prière est un loisir". Aller à l'écart, c'est prendre ce temps de la rencontre et du ressourcement dans la Présence de l'hôte intérieur qui toujours nous attend et que trop souvent, justement, nous laissons seul derrière la porte. Si nous l'ouvrons cette porte, notre vie sera bouleversée ... et nous entrerons dans son repos.

(Photo "vue depuis le Sinaï" par Pat. Renier)

jeudi 5 février 2009

Parole du jour
(Vendredi 6 février)

"Comme le nom de Jésus devenait célèbre,
le roi Hérode en entendit parler.
On disait :
"c'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts,

et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles."

Certains disaient :

"C'est le prophète Élie."
D'autres disaient encore :

"C'est un prophète comme ceux de jadis."
Hérode entendait ces propos et disait :
"Celui que j'ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité."
(Mc 6, 14-16)

Un jour, Jésus lui-même posera la question à ses disciples : "Pour les gens qui suis-je ?" ceux-ci répondront : "Pour les uns tu es ... pour les autres ... ou encore ..." On retrouve, bien que différemment, le début de l'Évangile de ce jour. Et Jésus ajoutera : "Et pour vous, qui suis-je ?" Pierre prendra la parole : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !" Il est important de se prononcer ... Jésus demande à chacun de nous ... il te demande : "Pour toi, qui suis-je ?" Il est essentiel que tu t'arrêtes un instant pour répondre à cette question, ne serait-ce que pour être toi-même au clair avec toi-même. Un jour, en telle ou telle circonstance, telle ou telle rencontre, tu seras peut-être appelé à rendre témoignage de ta foi?

(Photo "En chemin" Pat. Renier)

mercredi 4 février 2009

Parole du jour
(Jeudi 5 février)

"Jésus appelle les Douze,
et pour la première fois
il les envoie deux par deux ...
Ils partirent,
et proclamèrent qu'il fallait se convertir.
Ils chassaient beaucoup de démons,

faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades,
et les guérissaient."
(Mc 6, 7 ...13)

Voici l'Église en germe. Tout y est. Jésus "appelle". C'est Jésus qui a l'initiative. C'est Lui la Source de l'Église. C'est en Lui qu'elle existe. Chaque membre de l'Église est appelé. Être disciple est une réponse à cet appel. Et pour celui qui répond, une responsabilité, car Jésus donne sa grâce à travers son Église et donc à travers la vie, l'agir et la parole de ses disciples. En effet Il les "envoie". Les disciples ont mission d'annoncer la Bonne Nouvelle, de la proclamer. Cette Bonne Nouvelle, c'est d'abord que l'homme doit changer de cap (se convertir), il doit ouvrir son cœur à la Présence intérieure. Cette Bonne Nouvelle, c'est que Jésus libère, Jésus guérit : son Église elle-même reçoit de Lui le pouvoir d'amour de chasser les démons, de guérir les malades, de rendre l'homme à son intégrité. L'Église est instrument du Salut par Jésus, avec Jésus et en Jésus (Grande doxologie à la Messe) qui en est l'unique Maître d'oeuvre. L'Église n'a pas a se substituer à Jésus le Christ, elle est appelée à se mettre à sa suite et à Lui ressembler. Le mot "Salut" vient d'un mot grec qui signifie "Santé". En espagnol, le mot "Santé" se dit "Salud". On aime parler de Jésus comme du Sauveur, c'est-à-dire de Celui qui rend l'homme à la Santé. Santé du corps pour certains (Jésus n'a pas guéri physiquement tous les malades), mais comme signe d'une Santé plus intérieure et plus essentielle pour tous, celle du cœur, et à travers celle-ci, de tout l'être. La "Résurrection" en est l'accomplissement. Le mot signifie passer de la position couché à la position debout, bien ferme sur ses deux pieds.