samedi 31 octobre 2015

 
   
Parole du jour
  Lc 14, 1.7-11
Vendredi 30 octobre
  
Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »
 
Commentaire :
 
Dans sa Règle St Benoît commente le dernier verset de notre Evangile de ce jour. Je lui laisse la parole :
 
"La divine Écriture, mes frères, nous crie : "Quiconque s'élève sera abaissé, et qui s'abaisse sera élevé." (Luc 14, 11 ; 18, 14 ; Matth 23, 12) En parlant ainsi, elle nous montre que tout élèvement est une espèce d'orgueil ; et c'est ce dont le Prophète déclare se garder, lorsqu'il dit : "Seigneur, mon coeur ne s'est point élevé et mes yeux ne se sont point levés : je n'ai point marché dans les grandeurs ni dans des merveilles au-dessus de moi." (Ps 130, 1-2)
Mais que m'arriverait-il "si je n'avais pas eu d'humbles sentiments, si j'avais élevé mon âme ? Tu me traiterais comme l'enfant qu'on enlève du sein de sa mère." (idem)
Si donc, mes frères, nous voulons atteindre au sommet de l'humilité parfaite, et parvenir rapidement à cette hauteur céleste, à laquelle on monte par l'humilité dans la vie présente,  il nous faut monter et dresser par nos actions cette échelle qui apparut en songe à Jacob. Il y voyait des anges descendre et monter.
Cette descente et cette montée assurément ne signifient pas autre chose pour nous sinon que l'on descend par l'élèvement et que l'on monte par l'humilité. L'échelle en question, c'est notre vie en ce monde, que le Seigneur dresse vers le Ciel, si notre cœur s'humilité ..." (Chapitre 7, l'humilité)

Suivent les douze degrés de l'humilité que vous pouvez retrouver dans cette règle. A chacun de les adapter à sa situation de vie ... Je relève seulement le premier : "Fuir l'oubli de Dieu car il est toujours présent et nous regarde." et le sixième qui est : "Être toujours content de notre situation ordinaire ..."  La pensée de Jésus à genoux aux pieds de ses disciples pour leur laver les pieds, de Jésus nu sur la croix, et celle de demeurer à notre place en toute vérité, sans chercher plus,  nous garderons en paix et dans l'amour. Ste Thérèse d'Avila a écrit : " l'humilité, c'est la vérité." Apprenons à nous connaître et à rester à la place qui est la notre, "content de notre situation ordinaire."

vendredi 30 octobre 2015

   
Parole du jour
  Lc 14, 1-6
Vendredi 30 octobre
 
Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Or voici qu’il y avait devant lui un homme atteint d’hydropisie. Prenant la parole, Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? » Ils gardèrent le silence. Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller. Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? » Et ils furent incapables de trouver une réponse.
 
Commentaire 

"Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat" dira Jésus. Il ne faut pas se tromper. Ce qui a du prix aux yeux de Dieu, c'est l'homme, et non une loi ou une règle aussi belles soient-elles. Le sabbat certes à un sens dans la vie d'un juif, mais ne peut-être un absolu, et de plus il doit être bien compris. Il est porteur de deux réalités : le don de la vie (Ex 20,10-11),  et la libération d’Égypte (Dt 5, 14-15) . Alors comment est-il possible de ne pas donner la vie  le jour du Sabbat et de ne pas libérer. C'est un contresens. Le repos de Dieu le 7ème jour ne signifie pas que ce jour-là Dieu passe son temps dans un hamac à ne rien faire. Il continue de donner la vie et de libérer. Son repos, c'est la contemplation de l’œuvre qu'il vient d'accomplir et qu'il trouve belle, en particulier l'être humain qu'il a créé à son image pour être le chantre de la création et son interlocuteur ... L'être humain le lui a bien rendu et il est sûr que Dieu n'a plus le temps de se reposer comme nous l'entendons. Jésus dira "Moi et mon Père nous travaillons toujours". C'est ce qu'il fait le jour du sabbat en guérissant et en libérant. Jésus a la passion de l'homme et de sa restauration. Cette passion le conduira à la croix. Il n'a cessé et ne cesse de travailler à notre salut. Un salut qui nous est offert gracieusement : "Nous qui étions des morts par suite de nos fautes, Dieu nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés." (Eph 2, 5) Ce qui nous est demandé, c'est d'accueillir ce salut. Et la clef qui ouvre au salut c'est la foi, une foi active en Lui : "C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. " (2, 8-10)
 

jeudi 29 octobre 2015

  Parole du jour
Rm 8,31b-39
Jeudi 29 octobre
 Frères,
    si Dieu est pour nous,
qui sera contre nous ?
    Il n’a pas épargné son propre Fils,
mais il l’a livré pour nous tous :
comment pourrait-il,
avec lui, ne pas nous donner tout ?
    Qui accusera ceux que Dieu a choisis ?
Dieu est celui qui rend juste :
    alors, qui pourra condamner ?
Le Christ Jésus est mort ;
bien plus, il est ressuscité,
il est à la droite de Dieu,
il intercède pour nous :
    alors, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?
la détresse ? l’angoisse ? la persécution ?
la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?
    En effet, il est écrit :
C’est pour toi qu’on nous massacre sans arrêt,
qu’on nous traite en brebis d’abattoir.

    Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs
grâce à celui qui nous a aimés.
    J’en ai la certitude :
ni la mort ni la vie,
ni les anges ni les Principautés célestes,
ni le présent ni l’avenir,
ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes,
ni aucune autre créature,
rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Commentaire

Il faut entendre ces paroles de St Paul pour les faire notres : "si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?" Et comment pouvons-nous en être sûr ? Jésus "en qui Dieu s'est rendu visible à nos yeux" (Préface de Noël) a donné sa vie pour nous. Certes nous ne pouvons nous justifié nous-mêmes et nous avons toujours quelque chose "en pensée, en parole, en action, en omission" (Je confesse à Dieu) qui pèse sur notre conscience, mais " Dieu est celui qui rend juste, alors, qui pourra condamner ?". St Jean, dans sa 1ère lettre écrit : "Si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses." (1jn 3, 20) Alors Paul pose la question : " Qui pourra donc condamner ? " En donnant sa vie sur la croix, Jésus a tout pris de notre péché : "Il s'est fait Péché pour nous." écrit-il encore (2 Co 5, 21). Et en Galates 3, 13 : " Quant à la malédiction de la Loi du péché, le Christ nous en a rachetés en devenant, pour nous, objet de malédiction ..." Alors oui, "qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ?... " "RIEN ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur". Et quand on dit "rien", c'est "rien" : ni la détresse, ni l’angoisse, ni la persécution, ni la faim, ni le dénuement, ni le danger, ni le glaive. " J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ... ni le présent ni l’avenir ... ni aucune créature" : RIEN ! ...  Voilà une Bonne Nouvelle ! Ce qui nous est demandé c'est d'être au Christ et de ne pas le lâcher et de lui faire confiance ! Trop souvent, comme Pierre qui, en confiance, marche sur l'eau, détourne son regard de Jésus pour le poser sur lui, nous quittons la confiance et nous coulons. Quand cela nous arrive, faisons comme lui, tendons la main en disant notre désir : "Seigneur, sauve-moi ! " Nous trouverons toujours la main de Jésus déjà tendu ... (Mt 14, 22-33)

mercredi 28 octobre 2015



 Suite à la demande de nombre d'entre vous, 
je reprends ce blog de réflexion sur la "Parole du jour". 
J'y serai assidu dans la mesure du possible 
en raison de mes différents services et m'excuse d'avance pour les manques ... 

Je demande toutes bénédictions sur vous 
et que l'Esprit-Saint vous éclaire dans l’approfondissement de la "Parole de Dieu" 
qui est une "Parole de Vie" !


 Parole du jour
 Lc 6, 12-19
Mercredi 28 octobre
 
En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres :

Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.

Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui
et les guérissait tous.

Commentaire :

Lorsque Jésus fonde son Église, il la fonde comme une fraternité. On ne peut être chrétien seul ! Il en choisit "douze". Et déjà la mission de l’Église appelée à être le prolongement de la mission de Jésus, est signifié par ce qui suit le nom des "douze" : Les gens viennent pour "entendre" Jésus, se faire "guérir" de leur maladies, être "libérés" des esprits impurs, "toucher" Jésus. L’Église a un Cœur qui est Jésus lui-même. Un Cœur qui est une Source, un torrent d'Amour. La mission de l’Église forte de la "force" de Jésus est d' "annoncer sa Parole", de "guérir" et de "libérer" ... Et la première guérison et libération dont il s'agit est celle de l'âme qui peut rejaillir sur celle du corps comme un signe de cette guérison intérieure et essentielle car ouverte sur la vie éternelle. Et l'on voit dans l’Évangile que la Parole de Jésus conduit à un changement de vie, la "conversion". Jésus enseigne avec "autorité"( Mc 1, 22). L'autorité qui n'est pas l'autoritarisme, est ce qui fait grandir donc ce qui donne la "santé". Le mot "santé" qui est la traduction du mot bien connu "salut". L’Église, en vivant de son grand Cœur, est appelé à "être une "humanité de surcroit de Jésus" en laquelle il renouvelle son mystère" mystère d'Amour et de Salut. C'est ce que demandait la bienheureuse Elisabeth de la Trinité dans sa prière bien connue.

Annexe :

Le symbolisme du chiffre "Douze".

Quant au chiffre 12, il est vrai que c'est un nombre symbolique dans la Bible, et tout particulièrement dans l'Apocalypse ... mais ce symbole est aussi présent dans d'autres cultures (il est le produit des 4 points cardinaux par les trois plans du monde , d'où le ciel divisé en 12 secteurs, les 12 signes du zodiaque, les 12 mois de l'année, etc....). 
Comme souvent, la Bible historicise ces symboles. Pourquoi 12 ? ... Peut-être pour marquer la plénitude de l'espace : les quatre points cardinaux;  et du temps : 3 = passé, présent, futur. A noter que les Pères de l’Église renvoyaient le chiffre 4 à la création et 3 à la Trinité.
Le chiffre 12 (4x3) signifie donc un accomplissement du créé dans l'Incréé divin! et le chiffre renvoie alors aux 12 tribus d'Israël, repris dans le NT pour les 12 apôtres et devient ainsi le signe de la création nouvelle, d'où son importance dans l'Apocalypse: la Jérusalem céleste a 12 portes, la cité future repose sur 12 fondements, le rempart a 144 coudées (12X12), sans oublier les 144.000 élus : 12X12X1000, symbole d'Israël, de l'Eglise, multiplié par le chiffre de la plénitude, cela témoigne donc de la multitude des élus !... (Michel Cornuz)

jeudi 3 septembre 2015

Parole du jour
Lc 5, 1-11 
Jeudi 3 septembre
 
Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ;
la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques,
qui appartenait à Simon, et lui demanda
de s'éloigner un peu du rivage.
Puis il s'assit et, de la barque,
il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons
que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons
de l'autre barque de venir les aider.
Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba
aux pieds de Jésus, en disant :
« Seigneur, éloigne-toi de moi,
car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi,
lui et ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée,
ses compagnons. Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et,
laissant tout, ils le suivirent.

Le mot cathédrale vient de "cathèdre" qui désigne le siège sur lequel l'Évêque enseignait la Parole à son peuple. Aujourd'hui, il le fait le plus souvent debout. Jésus monte dans la barque s'éloigne du rivage puis ..."Il s'assit, et de la barque il enseignait la foule." Les cathédrales comme nombre d'Églises sont construites comme un barque inversée, la voute étant la coque. L'Église est une barque qui vogue à travers les siècles ... Pour jésus, la mer sert de haut-parleurs, la mer renvoyant ses paroles vers la foule qui se tient sur le rivage. Puis, vient cette Parole qui appelle à la Foi : "Avance au large et jetez les filets ..." Simon-Pierre, Jacques et Jean, pêcheurs de métier n'ont rien pris de toute la nuit, et pourtant ils s'y connaissent ... A l'invitation de Jésus de jeter les filets, ils obéissent : "ils le firent ..." Et c'est l'abondance. La Foi fait des miracles car elle décentre de soi-même et de ses certitudes pour s'en remettre à un Autre, Jésus, révélation de Dieu : "Rien n'est impossible à Dieu" (Lc 1, 37) ... "Ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu" (Mt 19, 26) ... "Car séparé de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 5) ... "Tout est possible à celui qui croit" (Mc 9, 23) ... L'expérience de Foi que Pierre vient de vivre, lui donne conscience de tous ses manques de Foi et il se reconnaît pécheur. Jésus le rassure et lui annonce que l'expérience vécue est appelée à devenir la norme de sa vie : " ... désormais, ce sont des hommes que tu prendras". Cette expérience va être fondatrice de l'Église : "Laissant tout, ils le suivirent. " Et nous en sommes les héritiers ...

mercredi 27 mai 2015

Parole de Dieu
Mc 10, 32-45
Mercredi 27 mai

Les disciples étaient en route
avec Jésus pour monter à Jérusalem ;
Jésus les précédait ;
ils étaient effrayés,
et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte.  
Prenant de nouveau les Douze avec lui, 
il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré
aux chefs des prêtres et aux scribes,
ils le condamneront à mort, ils le livreront aux païens, ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui, ils le flagelleront et le tueront,
et trois jours après, il ressuscitera. »
Jacques et Jean, les fils de Zébédée,
s'approchent de Jésus et lui disent :  
« Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. » Il leur dit :
« Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent :
« Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche,
dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire,
recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond :
« La coupe que je vais boire, vous y boirez ;  
et le baptême dans lequel je vais être plongé,
vous le recevrez.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,
il ne m'appartient pas de l'accorder,
il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
Les dix autres avaient entendu,
et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.
Jésus les appelle et leur dit :
« Vous le savez : ceux que l'on regarde
comme chefs des nations païennes
commandent en maîtres ;
les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :
car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Alors que Jésus vient d’évoquer sa Passion, les moqueries et les crachats, les disciples restent dans l’incompréhension. Ils s’inquiètent des places d’honneur. Adressant leur requête à Jésus, ils montrent combien leur inconscience est grande ; pire, ils avouent implicitement qu’ils ne croient pas que la gloire vienne du Père, mais de Jésus. Pour eux, partager la gloire du Fils de l’homme se limite à recevoir des fonctions temporelles d’importance.

Jésus les invite alors à se prononcer pour lui, à s’engager à sa suite. En leur proposant la coupe à laquelle il boira lui-même, le Seigneur reste dans la logique de son annonce de la Passion. Dans l’Ancien Testament, la « coupe » désigne en effet un avenir de souffrances ; les disciples ne l’ignoraient pas. Quand ils lui répondent « nous le pouvons », ils affirment donc crânement qu’ils suivront Jésus jusqu’au bout, même dans la souffrance, pour arriver leurs fins. Le récit est sur ce point très ironique. Non seulement les apôtres abandonneront tous le Seigneur Jésus, les deux frères comme les autres, mais ceux qui l’accompagneront dans ses souffrances, jusqu’à siéger à sa droite et à sa gauche, ne seront pas deux disciples mais deux brigands. (F. Dominique) Et nous, que cherchons-nous ? ... Le chemin des honneurs ou celui de Jésus qui conduit au Père : "le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude" ?

dimanche 17 mai 2015

Parole du jour
Jn 17, 13-19
Dimanche 17 mai
Et maintenant que je viens à toi,
je parle ainsi, en ce monde,
pour qu'ils aient en eux ma joie,
et qu'ils en soient comblés.
Je leur ai fait don de ta parole,
et le monde les a pris en haine
parce qu'ils ne sont pas du monde,
de même que moi je ne suis pas du monde.
Je ne demande pas que tu les retires du monde,
mais que tu les gardes du Mauvais.
Ils ne sont pas du monde,
comme moi je ne suis pas du monde.
Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité.
De même que tu m'as envoyé dans le monde,
moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me consacre moi-même,
afin qu'ils soient, eux aussi,
consacrés par la vérité.


Jésus se consacre pour ses disciples, c'est-à-dire qu'il "donne sa vie pour eux". On dit parfois d'un homme très pris par son travail, qu'il se consacre à son travail. Ce qui revient à dire qu'il lui donne tout de lui-même. Jésus donne tout pour nous les hommes et dire "tout" veut dire "lui-même"...
Une définition de la "vérité" nous est donnée dans ce texte : "ta Parole est Vérité". St Jean, dans le prologue écrit en ce même sens : "La Loi est venu par Moïse, la Grâce et la Vérité par Jésus-Christ". La Grâce et la Vérité, qui sont synonymes, remplace la Loi. Cette "Vérité" est donc la Parole de Dieu, cette Parole qui ajuste sur Dieu car elle le révèle en ce qu'elle dit et en ce qu'elle fait., en ce qu'elle est. Jésus dira à Pilate être venu "rendre témoignage à la Vérité", il est la Parole Incarnée : "Et la Parole s'est faite chair".
"Ils ne sont pas du monde". Le monde chez St Jean, ce ne sont pas les personnes, mais les comportements en ce qu'ils sont contraire à l'amour, contraire à la Parole de Dieu. Le monde, c'est tout ce qui est porteur d'ombre et de ténèbre, porteur de péché et de mort. Le monde vit à l'extérieur, dans les apparences, l'éphémère, le rapport de force, le jugement et la haine, la division et la destruction ... Il suffit d'ouvrir les journaux, d'allumer la télé pour comprendre de quoi je parle. Il n'y a pas de bonheur possible dans ce monde-là et l'homme n'a pas été créé pour y vivre. Ne pas être du monde, c'est rejeter et refuser tout cela en vivant à partir de l'intérieur de soi, de cette Présence intérieure qui nous appelle à revêtir le Christ pour nous laisser transformer par ses propres sentiments qui sont à l'opposé des sentiments du monde. Il suffit de lire les Évangiles pour nous en convaincre. Sur ce chemin, Jésus n'a jamais accepté la compromission ... L'Esprit-Saint nous est donné pour que s'accomplisse en nous cette transformation. Elle demande de notre part une conversion radicale : "Si quelqu'un veut me suivre, dit Jésus, qu'il renonce à lui-même (le monde), qu'il prenne sa croix (l'amour), et qu'il me suive (ayant aimé les siens, il les aima jusqu'au bout)". Sachant que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. Il les aime tous et veut le meilleur pour chacun.

vendredi 15 mai 2015


Parole du jour
Vendredi 15 mai

Jn 15, 26 – 16, 4a
 
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous allez pleurer et vous lamenter,
tandis que le monde se réjouira ;
vous serez dans la peine,
mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine
parce que son heure est arrivée.
Mais, quand l’enfant est né,
elle ne se souvient plus de sa souffrance,
tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine,
mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ;
et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Jésus annonce les évènements qui vont se produire dans les jours à venir, évènements qu'il avait prédits : " Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite." (Mc 8, 31) Mais Pierre avait refusé ces paroles de Jésus :  "Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. " (Mc 8, 32-33) Les disciples ne comprennent pas car le Messie qu'ils attendent n'est pas un Messie souffrant mais un Messie guerrier ... 
Lorsque Jésus sera arrêté, ils seront perdus, l'un trahira, l'autre reniera, les autres fuiront sauf peut-être Jean resté avec Marie sa Mère ...Oui, "Ils vont pleurer, se lamenter alors que le monde se réjouira". Le mal a pu semblé avoir la victoire mais c'était compté sans l'Amour. Comment le pourrait-il d'ailleurs ? ... Dans le film "La passion du Christ" de Mel Gibson, c'est au moment où le Christ est dans la pire déchéance au regard extérieur - il tombe sous la croix - qu'il dit à sa Mère qui s'élance vers lui : "Mère, voici que je fais toutes choses nouvelles". Le Christ est dans les douleurs de l'enfantement, l'enfantement d'une humanité nouvelle :  " j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus.Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. » Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. " (Ap 21, 1-5)
Alors que les disciples sont enfermés dans la peur après la crucifixion, leur tristesse va se changer en joie :   Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. " (Jn 20, 19-20) Le don de l'Esprit-Saint en fera des messagers et des témoins :  " Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ..."

jeudi 14 mai 2015


l'ASCENSION 
Ac 1, 8-11
Jeudi 14 mai

"Mais vous allez recevoir une force,
celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous.
Alors vous serez mes témoins à Jérusalem,
dans toute la Judée et la Samarie,
et jusqu'aux extrémités de la terre. » 
Après ces paroles, ils le virent s'élever
et disparaître à leurs yeux dans une nuée.
Et comme ils fixaient encore le ciel
où Jésus s'en allait,
voici que deux hommes en vêtements blancs
se tenaient devant eux et disaient :
« Galiléens, pourquoi restez-vous là
à regarder vers le ciel ?
Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous,
reviendra de la même manière
que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel."


Jésus s'est manifesté visiblement à ses disciples pendant quarante jours après sa Résurrection. Désormais, il ne le verront plus avec leurs yeux de chair. Ils devront apprendre à le voir avec les yeux de leur cœur. Cette capacité leur sera donné au jour de la Pentecôte lorsqu'il reviendra dans la puissance d'amour de l'Esprit-Saint. Il part en ce jour dans cette même puissance. Le récit de l'Ascension renvoie en effet, à la montée du prophète Élie au ciel dans un char de feu, symbole de la force de L'Esprit. Élisée, son disciple, le voit monter et reçoit le double de l'Esprit qui animait Élie. (2Rois 2, 1-15) Les Apôtres, à la Pentecôte, reçoivent la plénitude de l'Esprit-Saint et la Présence de Jésus s'imprime en eux comme le Parole de Dieu sur les deux tables de la Thora au Sinaï.(Ex 34, 28 sq;  Dt 10, 4sq) Ils deviennent alors les Portes-Paroles de la Bonne Nouvelle dans le Souffle de l'Esprit, les Portes-Christ car le Christ est la Parole de Dieu. Il l'incarne dans le moindre mouvement de sa vie d'homme. Nous mêmes qui avons reçu l'Esprit sans mesure lors de notre Baptême, de notre Confirmation, nous sommes investis de la qualité de témoins dans nos lieux de vie et bien au-delà. C'est une responsabilité. Nous sommes les Portes-Paroles du Christ.

mercredi 13 mai 2015

Parole du jour
Mercredi 13 mai
Jn 15, 26 – 16, 4a
 
 En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »

Jésus nous a révélé que Dieu n'est pas un être seul mais qu'il est "Communion d'amour" Père, Fils et St Esprit. Un seul Dieu mais trois Personnes : Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l'Esprit-Saint est Dieu. Une seule nature mais trois Personnes en communion d'amour. D'après l’Évangile de ce jour : le Père est la Source : "Tout ce que possède le Père est à moi". Le Fils le réceptacle qui accomplit ce qu'il a reçu du Père, ce sera la grâce qui concerne l'incarnation et la rédemption, et l'Esprit accomplit le don mutuel du Père et du Fils dans le cœur de l'humanité et donc des hommes que nous sommes : " L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître." La connaissance n'ayant pas une connotation intellectuel mais d'intimité ... Nous trouvons en St Paul la formule à méditer, qui est reprise comme salutation au début de la Messe : "La grâce de Jésus notre Seigneur, l'amour de Dieu le Père,et la communion de l'Esprit Saint, soient toujours avec vous ". (2 Co 13,13). Qu'il en soit vraiment ainsi !

mardi 12 mai 2015

Parole du jour
Mardi 12 mai
Jn 15, 26 – 16, 4a
 
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé,
et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”
Mais, parce que je vous dis cela,
la tristesse remplit votre cœur.
Pourtant, je vous dis la vérité :
il vaut mieux pour vous que je m’en aille,
car, si je ne m’en vais pas,
le Défenseur ne viendra pas à vous ;
mais si je pars, je vous l’enverrai.
Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde
en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché,
puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice,
puisque je m’en vais auprès du Père,
et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement,
puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »


Les disciples qui suivent Jésus le voit comme un homme. Il est devant eux comme nous sommes les uns devant les autres. Et nous savons combien nous avons du mal à connaître vraiment l'autre et très souvent nous portons des jugements hâtifs et sans fondements. Nous voyons l'autre à travers le voile de nous-mêmes et trop souvent c'est un épais brouillard ... Jésus avertit dans l’Évangile : "Vous, vous jugez selon les apparences, moi je vois le cœur." Il y a une différence entre voir l'autre à partir de l'extérieur et le voir à partir de l'intérieur. D'ailleurs nous connaissons-nous nous-mêmes ? ... Les disciples voyant Jésus à l'extérieur projette sur lui leurs propres pensées de lui, de qui il doit être. N'attend-t-on pas un Messie guerrier qui va chasser l'occupant et prendre le pouvoir !  A bien des reprises le récit des Évangiles nous le signifie. Un regard sur Jésus qui est celui du monde. Combien de fois les apôtres cherchent-ils la grandeur, le pouvoir, la meilleure place etc ... Aussi Jésus leur dit : " Il vaut mieux pour vous que je m’en aille ..." Jésus va se donner à connaître de l'intérieur et cette expérience ne peut se vivre que dans l'Esprit-Saint : "si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai." Que se passe-t-il à la Pentecôte ? ... C'est ce passage de Jésus de l'extérieur (il disparait définitivement à l'ascension) à l'intérieur : "Ils furent tous remplis de l'Esprit-Saint." (Ac 2, 4) L'Esprit-Saint imprime en eux la Présence de Jésus, le vrai. Leurs vies sont transformées. Il font le passage du monde au Royaume. Jésus leur avait bien dit : "Mon Royaume n'est pas de ce monde." (Jn 18, 36) Le Royaume est très dérangeant pour le monde car dans la lumière du Christ vient au jour la "culpabilité du monde" en ce sens que le monde dans le sens johannique de péché ne peut apporter que la désolation et la mort, alors que le Royaume est porteur de Vie : "Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle " (Lc 7, 22) Nous sommes appelés à en être les témoins ! (Lc 24, 48) 

lundi 11 mai 2015

Parole du jour
Lundi 11 mai
Jn 15, 26 – 16, 4a
 
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand viendra le Défenseur,
que je vous enverrai d’auprès du Père,
lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père,
il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage,
car vous êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés.
On vous exclura des assemblées.
Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront
s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu.
Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.
Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela :
quand l’heure sera venue,
vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »

L'Esprit-Saint est ce Souffle d'Amour qui unit le Père et le Fils comme l'enfant est le fruit-amour qui unit son père et sa mère. L'enfant est une personne à part entière, de même de l'Esprit-Saint. Comme le Père est une Personne et que le Fils est une Personne, de même l'Esprit est une Personne. (Voir le Symbole d'Athanase). Et l'Esprit est envoyé comme l'Amour du Père et du Fils pour nous ouvrir à une relation d'amour divin (l'agapè) avec eux et entre nous. Le monde qui, dans St Jean, a une connotation de péché :  la recherche du pouvoir, de l'avoir, de la manipulation etc ... ne peut recevoir ce message et même s'y oppose de toutes ses forces. Il va jusqu'à se forger un faux dieu, un dieu qui lui ressemble. Aussi le chrétien qui se laisse conduire par l'Esprit-Saint ne doit pas s'étonner d' "être exclu des assemblées", c'est à dire d'être discrédité et même persécuté : "l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu." C'est bien ce que nous voyons aujourd'hui. Et combien de nos sœurs et frères en paient le prix fort. Mais ils meurent avec le nom de Jésus sur les lèvres. Ils sont les grands vainqueurs !Le Christ l'a annoncé aussi ailleurs : "Ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront... Le disciple n'est pas au-dessus de son maître. " Christ ressuscité à vaincu la haine par l'Amour, Christ ressuscité a vaincu la mort par la Vie. La vraie Vie, celle qui jaillit de l'Amour-agapè. "Dieu est Amour-Agapè !" (1 jn 4, 8) Cet Amour-Agapè est l'A-venir de l'Humanité.

jeudi 25 décembre 2014



Dans l'impossibilité de préparer la "Parole du jour"
pendant quelques jours,
je vous invite à ruminer et à vous laisser interpeller
par les textes de la Parole de Dieu
offerts chaque jour pour la Messe.


"Souvent nous entendons la Parole de Dieu et l’avalons sans même prendre le temps de la mâcher... Aussitôt, cette nourriture avalée est oubliée. Observez les ruminants comme la vache par exemple. Elle coupe l’herbe sans la mâcher et peut ainsi ingurgiter une grande quantité d’herbe par jour. Celle-ci est accumulée dans la panse puis, après un certain temps, l’animal se met à ruminer, c'est-à-dire qu’elle régurgite le contenu de sa panse dans sa bouche et le mâche à nouveau. Ainsi pulvérisée, cette nourriture pourra être à nouveau avalée puis commencera la digestion qui durera trois jours. Cette nourriture la nourrit et lui donne vie ...
Les Ecritures ne sont pas des paroles d’hommes, mais la Parole de ‘Dieu’ qui ne périt pas, qui demeurera toujours, qui est toujours vivante, parlante pour chacun d’entre vous. Mais encore faut-il comme la vache, pouvoir l’accueillir avec bonheur chaque jour, la mâcher, la remâcher jusqu’à ce qu’elle nous parle et puisse accomplir son œuvre de transformation ..." (Anonyme)


 " La lectio divina constitue un véritable itinéraire spirituel par étapes. De la lectio, qui consiste à lire et relire un passage de l'Écriture Sainte en en recueillant les principaux éléments, on passe à la meditatio, qui est comme un temps d'arrêt intérieur, où l'âme se tourne vers Dieu en cherchant à comprendre ce que sa parole dit aujourd'hui pour la vie concrète. Vient ensuite l'oratio, qui nous permet de nous entretenir avec Dieu dans un dialogue direct, et qui nous conduit enfin à la contemplatio ; celle-ci nous aide à maintenir notre cœur attentif à la présence du Christ, dont la parole est une « lampe brillant dans l’obscurité, jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans nos cœurs » (2 P 1, 19). "
Benoît XVI, le 22 juin 2006


En s’inspirant de l’image biblique de « l’échelle sainte» (cf. Gn 28,12 et Jn 1,51), Guigues le Chartreux a recueilli l’héritage patristique et monastique sur la lectio divina et a synthétisé cette pédagogie divine en proposant quatre échelons qui permettent, à partir de l’accueil de la Parole, d’aboutir à la contemplation et de nourrir l’action.


1. La « lectio »
Cette simple, mais attentive, lente et dense lecture est déjà une présence divine, vérité révélée en Jésus-Christ. Cette lecture n’est en réalité pas si facile à faire. Elle demande silence, disponibilité, gratuité et attention, si elle ne veut pas être superficielle et si elle veut nous conduire à la contemplation. Il faut apprendre à ne pas passer trop rapidement par dessus cette première étape de la pédagogie divine de la Lectio Divina.
Voilà pourquoi chaque lecture doit se faire calmement, paisiblement, sans hâte, sans ce désir de savoir qui dénote une recherche critique, un travail humain qui veut percer une réalité qui se présente et que l’on veut comprendre, posséder. La « lectio » est une ouverture, elle n’est pas une conquête. Aussi ne la fait-on bien que si on lit en laissant dès le début à l’Esprit de Dieu, la liberté de nous éclairer comme il veut, de nous faire voir ce qu’il veut nous faire contempler, de nous faire désirer à cette lumière ce qui deviendra prière, appel, offrande et abandon à l’amour ; cet amour qui se révèle en se communiquant et qui transforme en éclairant.
En lisant ces textes, et en les relisant une deuxième ou une troisième fois, en les « ruminant », peut-être en les écrivant, certains passages attirent l’attention intérieure de celui qui les lit ; déjà s’établit comme un attrait, un dialogue entre la Parole qui se manifeste et celui qui veut la comprendre et la suivre. Ce qui suppose, en lisant, une ouverture toujours plus grande à l’Esprit qui nous guide et illumine le texte. Il faut simplement accepter d’être éclairé et guidé.

Lectio Divina
C’est à partir de la lectio que se fait la meditatio. Il est bon d’éviter un raisonnement sur les textes et de ne pas chercher trop rapidement des applications à partir des textes médités. Cette meditatio doit être prudente. Elle ne doit pas nous fixer sur nous-mêmes, elle ne peut que nous fixer sur Dieu ; elle ne peut être œuvre humaine, étude, analyse ; elle doit rester accueil et ouverture. Elle est un désir d’intelligence et de vision. Elle mène vers une adhésion priante et favorise une contemplation toujours plus unifiée et plus complète du mystère de Dieu, selon ses vues. C’est une étape délicate. En effet, la « meditatio » pourrait se faire facilement introspective, cherchant des applications concrètes immédiates, personnelles et même apostoliques, ce qui diminue fort le champ de vision et empêche de voir la grandeur et l’ampleur du mystère contemplé, de la lecture faite, de la Parole entendue, écoutée. Toute Parole de l’Ecriture ne peut avoir en tout temps un point d’application concrète.
La méditation peut se nourrir avec profit de la « symphonie de l’Ecriture », un texte biblique pouvant être éclairé par d’autres ; elle se nourrit aussi du trésor de la tradition chrétienne qui a déjà reçu avec fruit cette Parole de Dieu.
On peut également s’appuyer sur les informations que l’on trouve en notes dans une Bible bien commentée, lorsque celles-ci éclaircissent le sens du texte. C’est après la Lectio Divina qu’on doit lire ces informations, et non pendant le temps de prière de la Parole. L’étude exégétique du texte sacré aidera d’autant mieux la Lectio Divina qu’elle souligne son importance dans l’Histoire du Salut, informe au sujet de son destinataire, donne la structure du texte et explique sa portée. Une telle étude peut être priante ; elle le sera d’autant plus que la Lectio Divina bien faite a précédé l’étude. Cette dernière est d’autant plus riche qu’un texte a été souvent objet de Lectio Divina.
Remarquons enfin qu’une « meditatio » peut être d’autant plus fructueuse que le fruit de sa réflexion a été noté. Tel texte sera noté parce que mieux compris, tel autre sera retenu et noté qui a offert une occasion de prière. Quand la prière devient simple, elle se fait « litanique », en ce cas elle peut très bien être mise par écrit ; elle sera répétée après.
Lectio Divina
La prière est formulée par rapport aux textes qui la nourrissent. Peu à peu on s’habitue à transformer les textes en prières courtes, en invocations simples, en brèves paroles qu’on répète intérieurement ; elles soutiennent une prière plus profonde. On peut y donner un temps assez long ; on peut aussi la reprendre dans les temps libres, dans un temps d’adoration eucharistique ou une prière plus prolongée, paisible et détendue. Elle mène à la contemplatio.
Devant la grandeur de Dieu et l’infinie bonté de son amour, cette oratio dépasse la foi en la vérité révélée pour devenir adhésion à l’amour divin, abandon à sa miséricorde, confiance en cette bonté infinie du Père qui envoie son Fils et nous donne l’Esprit. Ce mouvement change la réflexion en une adoration où tout l’homme s’oublie pour ne plus fixer que la Source de toute bonté, le Dieu très saint, fort et immortel, le Dieu qui est amour infini et éternel.
Le croyant simplifie son adhésion à Dieu par un Amen filial que l’Esprit Saint forme en lui, unissant son cœur au Cœur du Christ ; ajustant sa propre attitude à la disposition intérieure du Christ (cf. Ph 2), en suscitant le désir de suivre le Christ sur les voies de l’amour, en se mettant avec lui comme coopérateur de Dieu, sauveur avec le Christ Sauveur, acceptant l’ensevelissement avec le Christ pour ressusciter avec son Seigneur. Telle sera l’aspiration que le cœur formule avec des mots simples, le plus souvent dans un silence qui accepte tout ce qui dépasse l’entendement et où l’intelligence humaine ne peut plus comprendre, tant est immense le mystère de la lumière divine.
La prière du cœur est un élan de l’âme, un mouvement d’admiration devant la grandeur, la beauté du mystère révélé. Dieu est grand ! Dieu est beau ! Dieu est bon ! La prière s’exprime en vivant ce mystère de grandeur et de beauté divines dans lequel tout homme se situe à la lumière de Dieu, à la lumière de la révélation.
Cette prière, nourrie de la Parole de Dieu, peut prendre tous les accents de la prière biblique exprimée dans les Psaumes et cantiques de l’Ancien comme du Nouveau Testament : adoration, louange, confiance, action de grâces, demande de conversion et de pardon, supplication.

Lectio Divina
Dans le silence de Dieu, l’homme mesure la plénitude de vie qui lui est réservée. Il s’apaise, il se pacifie ; son regard s’illumine dans la lumière éternelle et son cœur s’attache aux biens qui ne passent plus : ici, l’oratio, la prière filiale, devient contemplation divine. L’homme adhère de tout son cœur à Celui qui l’a créé, il se donne tout entier à Celui qui s’est livré pour le sauver, il se consacre à Celui qui dans un appel éternel, l’a appelé de son nom et l’a consacré pour être à Lui à jamais.
La contemplatio dépasse tout effort par un acte d’adhésion à Dieu dans la foi à son Amour ; elle devient espérance en sa miséricorde, elle s’étend en charité pour aimer tout ce que Dieu aime et reporter tout à Lui. On aime pour Dieu, à cause de Lui, comme Lui, par amour de Dieu et amour des hommes. La contemplation fixe dès maintenant tout l’être en Dieu ; elle permet à l’homme d’être par sa seule présence le témoin de Dieu, l’instrument de sa bonté, le signe de sa charité.
A l’expérience, nous constatons que la contemplatio connaît cette ardeur qui est un don gratuit, une intervention de Dieu, souvent inattendue, qu’elle prend en nous une forme spontanée qui n’est pas l’effet d’un effort, d’une activité propre, le résultat d’une générosité ; elle est un don gratuit de Dieu qui nous unit à Lui, demeure en nous et nos fait demeurer en Lui. Ce don nous fait sentir une présence d’amour qui est vie, force, ardeur, chaleur, feu consumant, purifiant, flamme d’amour. C’est là l’effet de l’action de l’Esprit. Le « Veni Creator », dont sont prises ces paroles, forme un petit traité d’union à Dieu et d’expérience spirituelle que la contemplation expérimente et atteste toujours à nouveau.
Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de contemplation, sans ressentir ses effets : plénitude de Dieu qui envahit tout l’homme, le comble, le réduit au silence, le fixe en Dieu. Tout cela peut se faire sans cette ardeur qui est plus l’effet de la présence de Dieu que cette présence même. L’ardeur la rend sensible. On peut cependant l’expérimenter dans l’aridité, quand l’oraison se fait difficile.
Ce qui importe avant tout, c’est de situer la contemplatio au centre même de ce qu’elle est. La contemplatio est repos en Dieu. Elle est « repos », parce qu’elle unifie intérieurement ; elle fixe toute l’attention sur la présence, l’action de Dieu en nous, elle nous centre sur Dieu qui demeure en nous et de ce fait nous permet de demeurer en Lui. Père et Fils font en nous leur demeure. Ils viendront en nous, si nous suivons, si nous observons leurs commandements, c’est-à-dire leur inspiration, leur Esprit.
Ce repos en Dieu est une transformation intérieure ; il nous permet d’être tout à Dieu ; il est don de Dieu, présence d’amour. L’ardeur qui nous révèle cette présence peut être momentanée, elle peut nous surprendre, elle est signe de l’action de Dieu, elle n’est pas l’action elle-même de Dieu en nous. Dieu nous transforme par assimilation ; il nous rend semblables à Lui : quand nous le verrons, nous verrons que nous sommes semblables à lui. Il fallait être contemplatif comme Jean pour écrire ces paroles si simples et si profondes.
C’est dans ce repos que prend place l’adoration. Adorer, c’est reconnaître la grandeur de Dieu, sa beauté, son amour. C’est louer sa majesté, l’ampleur de ses dons, c’est professer que nous sommes de lui, en lui, par lui, c’est témoigner de lui et lui rendre hommage, en lui remettant tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons reçu, le monde qui nous est uni comme nous lui sommes unis par volonté divine ; l’adoration est offrande et action de grâces ; elle vit l’amour, don de Dieu qui nous permet de l’aimer lui seul, lui toujours plus.

L’adoration est la plus haute prière, la prière parfaite, celle des anges et des élus, celle de ceux qui voient Dieu. Et nous le voyons déjà dans la foi, une foi illuminée qui s’éclaire quand elle est vision d’amour, échange d’amour. Adoration parfaite parce que filiale, prière de Jésus qui, pauvre, a tout reçu et tout remis en un seul amour, qui, obéissant, n’a rien fait que la volonté du Père, être sa Parole, faire ses œuvres, manifester son amour, donner sa gloire. (site Lectio Divina "La Parole de Dieu pour chaque jour)

NOËL
Parole du jour
Lc 2, 1-14
  Jeudi 25 décembre
 En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
— ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. —
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée,
pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem,
car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie,
son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là,
arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers
qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit :
« Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer
une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David.
Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né emmailloté
et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »

Le Fils de Dieu n'est pas arrivé sur terre comme une météorite en disant : "C'est moi !" Il s'est inséré dans une histoire, celle du Peuple de Dieu, au temps de l'Empereur Auguste. Il naît pendant un recensement. Il naît dans une famille bien défini et ... il ne fait pas de bruit ! Il se présente non avec les oripeaux d'un Roi, mais sous les traits d'un enfant couché sur la paille. Déjà cela devrait nous alerter sur l'identité de Dieu, nous qui avons toujours des idées de grandeur et de domination. Dieu n'est pas ainsi. Il se présente fragile et se remet entre les mains des hommes et ceux-ci en feront ce qu'ils veulent. Le fin mot sera la Croix" ! Mais Dieu a quelque chose de particulier par rapport à nous : Il est "l'Amour". Cet Amour auquel nous aspirons, mais que si souvent nous bafouons ... Noël, c'est l'annonce de la Bonne Nouvelle de l"Amour" en ce que ce mot a de plus noble, qui s'incarne : "Aujourd'hui vous est né un Sauveur." Amour rime avec Salut. C'est que l'Amour fait exister, nous le savons ... L'Amour libère, il guérit, il rend la Santé. C'est déjà vrai entre des humains. Mais notre amour est toujours limité avec des hauts et des bas ... l'égocentrisme et autres maladies nous terrassent trop souvent. L'Amour de Dieu lui est toujours identique à lui-même car c'est sa nature. La révélation et la preuve en sont la croix : "Voilà ce que fait l'Amour invincible du Seigneur de l'univers." (Is 9, 6)
L'Amour, nous le contemplons sous les traits d'un Enfant qui reçoit nom "Jésus", ce qui signifie justement "Dieu Sauve". Couché dans une mangeoire, lieu où mangent les animaux, il offre déjà sa vie. Il s'offre déjà en nourriture, dans cette ville de Bethléem dont le nom signifie "la Maison du Pain". Il est ce "Pain" dont nous sommes appelés à nous nourrir pour qu'il prenne Corps en nous : "Et le Verbe s'est fait chair" (Jn 1, 14) pour que la chair, notre Humanité, devienne Verbe. L'Eucharistie, c'est Noël comme c'est Pâques, et la Pentecôte ... au quotidien.
 

Endormies
par tant et tant de veilles
les étoiles d'un coup
se sont mises à danser
Plus lumineux que soleil
sur la paille dorée
l'Enfant-Roi
repose en silence
en ses langes serrés

Le bœuf et l'âne
réchauffent ton sommeil
La brebis et l'agneau
se couchent à tes pieds
Les bergers s'émerveillent
courbés sur leurs bâtons
Marie et Joseph
s'affairent en silence
Tu es là, doux et faible
Présence légère
illuminant l'étable et les vallons

Né au creux du terroir
aux odeurs animales
sans or ni argent
couché en la mangeoire
l'Enfant-Roi
au cœur extasié
s'offre en silence
en ses rêves imagés

L'oiseau en son vol
plane dessus l'étable
en un ciel étoilé
où l'astre des mages
trône en royauté
En son bec
il porte le bois ...
P.R.