mercredi 24 juin 2009

Parole du jour
(Jeudi 25 juin)
(Mt 7, 24-27)

Tout homme qui écoute ce que je vous dis là
et le met en pratique
est comparable à un homme prévoyant
qui a bâti sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé,
la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ;
la maison ne s'est pas écroulée,
car elle était fondée sur le roc.
Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là
sans le mettre en pratique
est comparable à un homme insensé
qui a bâti sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé,
la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ;
la maison s'est écroulée,
et son écroulement a été complet. »

L'été, certains préfèrent la montagne à la mer et ses plages et réciproquement ... Mais quand il s'agit de bâtir ! Que veut dire Jésus ? Un texte tiré du prophète Jérémie peut nous y aider : "Parole du Seigneur : Maudit soit l'homme qui met sa confiance dans un mortel,qui s'appuie sur un être de chair,tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée,il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert,une terre salée et inhabitable.
Béni soit l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espoir. Il sera comme un arbre planté au bord des eaux,qui étend ses racines vers le courant :il ne craint pas la chaleur quand elle vient,et son feuillage reste vert ; il ne redoute pas une année de sécheresse,car elle ne l'empêche pas de porter du fruit."
(Jér 17, 5-8)
Pour bâtir ta vie, tu as le choix du terrain et de la semence, mais le résultat ne sera pas le même.
D'un côté, si tu bâtis sur l'homme, sur toi-même et sèmes tes propres idées, tu bâtis sur le sable et te jettes dans la malédiction. Tu vas à la sècheresse, au mal-être, à l'enfermement et ne trouvera pas le repos ...
De l'autre, si tu bâtis sur Dieu, sur le Christ, et sèmes la Parole de Dieu, celle de l' Évangile
, dans ton cœur, dans ta vie, tu bâtis sur le Roc et te pose dans la bénédiction. D'un côté, tu seras submergé par les épreuves de la vie ... De l'autre, tu les traverseras avec le Christ qui les assumant avec toi, t'ouvrira un passage (sens du mot "Pâques") vers le repos.
Deux "voies" donc s'ouvrent à toi
, laquelle choisis-tu ? ... Jésus te dit "Je suis le chemin ..." Certes, le prendre demande conversion et acte de foi à chaque instant. Choisis la vie !
Nativité de Saint Jean Baptiste
(Mercredi 24 juin)
(Lc 1, 57-64)

Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant.
Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père.
Mais sa mère déclara :
« Non, il s'appellera Jean. »
On lui répondit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l'appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Son nom est Jean. »
Et tout le monde en fut étonné.
A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.

Zacharie et Elisabeth étaient sans enfant car Elisabeth était stérile. Ce qui n'est pas sans rappeler le couple d'Abraham et de Sarah. Comme pour ce dernier, Dieu se souvient.
Ce souvenir de Dieu est inscrit dans le nom de "Zacharie" qui signifie "Dieu s'est souvenu". A l'annonce de la venue d'un enfant, Zacharie oubliera son nom par manque de foi et il deviendra muet. En Israël, le nom est une vocation. En ne faisant pas confiance à Dieu comme l'avait fait Abraham et comme le fera Marie, il se désajuste de sa mission ... Il accueillera la foi en ouvrant une brèche dans la tradition des hommes et retrouvera alors la parole : "Son nom sera Jean". La tradition voulait que l'enfant s'appelle Zacharie.
Le nom d' "Élisabeth" signifie "Maison de Dieu", Jean prend chair dans la "Maison de Dieu" qu'il ne quittera plus : "Je t'ai appelé dès le sein de ta mère ..." Serviteur du Très-Haut, prophète, il sera le Hérault annonçant la venue du Messie, le précurseur qui le désignera en Jésus : "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ..." (Jn 1, 29)
Le nom de Jean signifie "Dieu fait grâce", plus littéralement : "Dieu dispense les bienfaits", "Dieu pardonne". C'est là le message qu'il est appelé à annoncer. La signification de son nom se réalisera en celui qu'il annonce, "Jésus" dont le nom signifie "Dieu sauve".
Jean dit "le baptiste" car il donnait un baptême appelant à la conversion, ira jusqu'au bout de sa mission en rendant témoignage à la vérité jusqu'au don de sa vie, préfigurant la mission et la mort de Jésus qui dira lui-même être venu pour rendre témoignage à la vérité : "Je suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix." (Jn 18, 37)

Pourquoi le 24 juin ?
Jean est un homme juste et humble. A ses disciples qui se scandalisent de voir Jésus baptiser, Jean répond : "Qui a l'épouse (l'Église), c'est l'Epoux (Jésus); mais l'ami de l'Epoux (lui, Jean) qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'Epoux. Telle est ma joie et elle est complète. Il faut que Lui grandisse et que moi je décroisse"(Jn 3, 29-30). A partir du 24 juin, Naissance de Jean, le jour commence à décroître au profit de la nuit (solstice d'été). A partir du 25 décembre, Naissance de Jésus, le jour commence à grandir au détriment de la nuit (solstice d'hiver), la "Lumière" se lève sur le monde ...
(Icône : "La Naissance de Jean-Baptiste")

mardi 23 juin 2009

Parole du jour
(Mardi 23 juin)
(Mt 7, 12-14)

Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi,
voilà ce que dit toute l'Écriture :la Loi et les Prophètes.
« Entrez par la porte étroite.
Elle est grande, la porte, il est large, le chemin
qui conduit à la perdition ;
et ils sont nombreux, ceux qui s'y engagent.
Mais elle est étroite, la porte,
il est resserré, le cheminqui conduit à la vie ;
et ils sont peu nombreux,
ceux qui le trouvent.

Jésus nous invite à faire, en premier, aux autres, ce qu'on aimerait qu'il nous fasse. Combien attendent que les autres, ou l'autre, fassent le premier pas. Et rien ne bouge ! Chacun reste sur sa position et tout le monde est malheureux. St Jean écrit : "Dieu nous a aimé le premier". Il n'a pas attendu que nous l'aimions - heureusement pour nous - pour nous aimer. Il est trop facile aussi de se mettre à table et d'attendre que l'autre nous serve. Jésus dit à ses apôtres : "Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donné sa vie pour la multitude." De même il n'a pas attendu que nous lui demandions pardon pour nous pardonner : "Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font." Toute la vie chrétienne s'enracine sur ce pardon donné gratuitement : "Le salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu". Jésus nous appelle à quitter nos certitudes qui nous enferment en nous-mêmes et nous empêchent d'avancer, pour nous ouvrir à l'humilité et donner de notre vie. Jésus est la Porte, il nous montre le chemin qui est obligatoirement celui de la conversion, et donc du renoncement à soi. Mais bien que resserré, "il conduit à la vie" et à la vraie liberté du cœur.

lundi 22 juin 2009

Parole du jour
(Lundi 22 juin)
(Mt 7, 1-5)

Comme les disciples
s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait:
"Ne jugez pas, pour ne pas être jugés;
le jugement que vous portez contre les autres
sera porté aussi contre vous ;
la mesure dont vous vous servez pour les autres
servira aussi pour vous.
Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère,
alors que la poutre qui est dans ton œil,
tu ne la remarques pas ?
Comment vas-tu dire à ton frère :
'Laisse moi retirer la paille de ton oeil',
alors qu'il y a une poutre dans ton oeil à toi ?
Esprit faux ! Enlève d'abord la poutre de ton œil,
alors tu verras clair pour retirer la paille
qui est dans l'œil de ton frère.

Voici une parabole suffisamment explicite pour être à elle-même son commentaire. Voici pour l'agrémenter une histoire racontée par un catéchiste burkinabè :

Dimanche soir : autour du feu, Victor et Madeleine profitent de la fraîcheur du soir. Les enfants sont couchés ; ils sont seuls et parlent doucement.

"Tu as entendu la parole de Dieu, ce matin à la messe ?
- Bien sûr : il s'agissait de la paille et la poutre. Pourquoi tu me le demandes ?
- Parce que j'ai pensé à quelque chose. Tu sais que souvent je te reproche tes défauts, et toi aussi tu me reproches ce qui ne te plaît pas chez moi. De mon côté, je ne vois pas la poutre dans mon œil, mais je vois bien la paille qui est dans le tien. Et c'est pareil pour toi.
- C'est bien vrai ! La poutre qui est dans mon œil, je la considère comme un fétu de paille, un petit détail sans importance, mais pour toi ça a de l'importance.
- Tu sais ce qu'on va faire ? toutes les pailles que tu vois et toutes les poutres que je ne vois pas, on va les sortir et les mettre ensemble. Nous n'en cacherons aucune : à tous les deux nous devrions en avoir assez pour bâtir une maison, grande et belle."
Et ils s'y sont mis, avec beaucoup d'honnêteté et énormément d'humour : leur foyer en est sorti grandi.

Si tous les hommes s'entendaient pour mettre ensemble leurs défauts et leurs richesses - l'un étant la face cachée de l'autre - leur joie de vivre et leur ardeur au travail, leurs danses et leurs chants comme leurs usines et leurs monuments, leur sagesse et leur expérience,
- si tous les peuples avaient le courage de s'asseoir pour faire la vérité,
- si toutes les conférences, toutes les assemblées, toutes les réunions dites de conciliation, à tous les niveaux avaient le courage de faire la vérité,
- si, au lieu d'essayer à toute force d'enlever la paille dans l'œil de l'autre, ils s'aidaient à construire ensemble la Maison humaine avec les poutres qui aveuglent,
- alors la Paix règnerait dans notre monde, plus forte que toutes les peurs, toutes les jalousies, toutes les injustices.
Utopie ! dites vous. Sans doute, mais utopie possible puisqu'elle surgit du plus profond du cœur de Dieu. (Rapporté par le Père Bernard Laur)

dimanche 21 juin 2009

Parole du jour
(dimanche 21 juin)
(Mc 4, 35-41)

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles.
Le soir venu, il dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque,
comme il était ; et d'autres barques le suivaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait d'eau.
Lui dormait sur le coussin à l'arrière.
Ses compagnons le réveillent et lui crient :
« Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi avoir peur ?
Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? »
Saisis d'une grande crainte, ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Sur l'enluminure qui représente "la tempête apaisée", nous voyons sur la gauche Pierre qui réveille Jésus, et sur la droite Jésus qui "muselle" la tempête : "il se fit un grand calme."
Par le Sacrement du baptême, de l'Eucharistie, du mariage et autres Sacrements, de bien d'autres manières également, nous sommes prêts à accueillir Jésus dans la barque de notre existence. Mais souvent, trop souvent, nous le laissons dormir dans un coin et même oublions sa Présence. Et Jésus dort. Comment pourrait-il assumer avec nous notre existence puisque nous l'oublions sur le coussin ? Et la tempête survient : "la pluie est tombé, les torrents sont venus, et les vents ont soufflés et se sont déchainés ... l'eau remplit la barque, la voile se déchire etc ... Jésus dort ! Centrés sur nous-mêmes, nous avons oublié de centrer notre vie sur Lui. Nous en avons fait la cinquième roue du carrosse et encore ! Lui ne demande qu'à nous aider, à nous sauver. Alors, faisons comme Pierre et les apôtres. Quittons notre superbe et nos biceps pour lui permettre d'agir dans nos vies. Il est le prince de la paix!
Il est bon d'ailleurs de ne pas le réveiller seulement quand ça va mal car alors on en fait un distributeur automatique qui comme un esclave doit répondre à notre moindre appel. Ce qu'il désire, c'est être pour nous un compagnon de route et vivre avec nous une Histoire d'amour. Il nous l'a prouvé par le don de sa vie pour nous ... Écoutons la seconde lecture de ce jour : "Frères, l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort. Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux ... Si donc quelqu'un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est déjà né." (2Co 5, 14-17) Quitter "l'ancien" pour le "nouveau", un appel à passer sur l'autre rive ... celle de la "Foi".

samedi 20 juin 2009

Fête du Cœur immaculée de Marie
(Samedi 20 juin)

Le cœur, dans la Bible, c'est la Personne en ce qu'elle a de plus profond, de plus intérieur. Marie a laissé jaillir la Source en son cœur, et le Souffle de Dieu, l'Esprit-Saint, a imprimé en elle la Parole de Dieu à qui elle a donné chair : "Elle conçut du St Esprit". "Et la Parole s'est faite chair". A la différence d'Ève, Marie, demeurera ancrée dans la Parole de Dieu, dans le cœur à cœur avec Dieu ... Elle sera la première disciple de son Fils. En Lui, elle est devenue Mère universelle : "Voici ton Fils." dit Jésus en lui montrant St Jean qui symboliquement nous représente tous, au pied de la croix, et il dit à chacun de nous : "Voici ta Mère."

Marie est comparée à un astre

"Et le nom de la vierge était Marie" (Lc 1,27).
Disons quelque chose aussi sur ce nom, qui est interprété :

"Etoile" de la mer
et qui convient à merveille à la mère restée vierge.

Oui, on la compare à un astre, et rien de plus juste :

comme l'astre, sans être altéré, émet son rayon,
ainsi, sans lésion intime, la Vierge met au monde son Fils.
Le rayon n'amoindrit pas la clarté de l'astre,
p
as plus que le fils ne diminue l'intégrité de la vierge.
Oui, elle est cette noble étoile issue de Jacob

dont les rayons illuminent l'univers entier,
dont la splendeur étincelle sur la cime
et pénètre jusqu'aux ombres profondes,
dont la chaleur répandue sur la terre
réchauffe les âmes plus que les corps,
mûrit les vertus et consume les vices.
Elle est cette brillante et merveilleuse étoile

qui se lève, glorieuse et nécessaire
au-dessus de cet océan immense,

dans la splendeur de ses mérites et de ses exemples.

Dans la tempête, regarde l'étoile, invoque Marie !

O toi, qui que tu sois,
qui dans cette marée du monde,
te sens emporté à la dérive parmi orages et tempêtes,
plutôt que sur la terre ferme,
ne quitte pas les feux de cet astre.
Si tu ne veux pas sombrer dans la bourrasque.
Quand se déchaînent les rafales des tentations,

quand tu vas droit sur les récifs de l'adversité,
regarde l'étoile, appelle Marie !
Si l'orgueil, l'ambition, la jalousie te roulent dans leurs vagues,

regarde l'étoile, crie vers Marie !
Si la colère ou l'avarice,

si les sortilèges de la chair secouent la barque de ton âme,
regarde vers Marie !
Quand, tourmenté par l'énormité de tes fautes,

honteux des souillures de ta conscience,
terrorisé par la menace du jugement,
tu te laisses happer par le gouffre de la tristesse,
par l'abîme du désespoir,
pense à Marie.

Dans les dangers, dans les angoisses,

dans les situations critiques,
pense à Marie, crie vers Marie !
Que son nom ne quitte pas tes lèvres,

qu'il ne quitte pas ton cœur,
et pour obtenir la faveur de ses prières,
ne cesse d'imiter sa vie.

Fais ta propre expérience de Marie !

Si tu la suis, point ne t'égares.
Si tu la pries, point ne désespère.

Si tu la gardes en pensée, point de faux pas.

Qu'elle te tienne, plus de chute.

Qu'elle te protège, plus de crainte.

Sous sa conduite, plus de fatigue.

Grâce à sa faveur, tu touches au port.

Et voilà comment ta propre expérience
te montre
combien se justifie la parole :
Le nom de la Vierge était Marie (Lc 1, 27).


Saint Bernard (+ 1153)

vendredi 19 juin 2009

Parole du jour
(Samedi 20 juin)
(Is 61, 10)

Je tressaille de joie dans le Seigneur,
mon âme exulte en mon Dieu.

Car il m'a enveloppé du manteau de l'innocence,

il m'a fait revêtir les vêtements du salut,

comme un jeune époux se pare du diadème,

comme une mariée met ses bijoux.

Voici une parole à prendre à notre compte. Il nous faut la laisser prendre chair en nous. Le christianisme est la religion de la joie, la vraie, car il est la religion de l'Amour. Un Amour qui s'est offert à nous sur la croix et dont la grâce est permanente. Jésus, en prenant notre condition pécheresse pour nous libérer du péché ... en se faisant maudit pour nous libérer de la malédiction, nous a enveloppé du manteau de l'innocence, nous a revêtu des vêtements du salut. Admirable échange que seul un Amour sans faille pouvait accomplir : "Tout est accompli !" dit-il dans un dernier souffle en lequel il répand l'Esprit d'Amour en nous. Comment être dans la morosité et le regard sur soi, quand nous sommes aimés comme le bien-aimé aime sa bien-aimée et réciproquement. Tel est l'Amour de Dieu pour nous. Un Amour qui, révélé en Jésus-Christ, est sans retour quelques soient nos pauvretés, nos limites ... Du côté de Dieu, tout est donné. A nous de vivre de ce Don. Une seule chose nous est demandé : la "Foi". A plusieurs reprises dans l'Évangile, Jésus dit à l'une ou l'autre personne : "Va, ta foi t'a sauvé." Le courant peut arrivé jusqu'à la prise du Don, mais si tu n'y branches pas ta vie, tu ne peux marcher dans sa Lumière. Branche ta vie et la joie, la vraie, se révèlera à toi.
(St Jean sur le cœur de Jésus)

mercredi 17 juin 2009

Parole du jour
(Mercredi 17 juin)
(Mt 6, 1-6.16-18)

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne, il leur disait :
« Si vous voulez vivre comme des justes,
évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer.
Autrement, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l'aumône,
ne fais pas sonner de la trompette devant toi,
comme ceux qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône,
que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous priez,
ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle :
quand ils font leurs prières,
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et les carrefours
pour bien se montrer aux hommes.
Amen, je vous le déclare :
ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries,
retire-toi au fond de ta maison,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret :
il te le revaudra.
Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme ceux qui se donnent en spectacle :
ils se composent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare :
ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Mettons-nous à la place du pharisien. De quoi avons-nous l'air ? Ridicule ! Maintenant regardons dans notre vie. Pourquoi agissons-nous ? Que cherchons-nous dans le service rendu, dans la parole prononcée etc ... Nous-mêmes ou le bien de l'autre ... des autres ? Est-ce gratuitement ou dans l'attente d'une récompense ? ... Nous ne sommes peut-être pas loin du pharisien ! Le vrai bonheur est ailleurs, dans le don gratuit de soi-même où nous rejoignons Dieu ...

mardi 16 juin 2009

Parole du jour
(Mardi 16 juin)
(Mt 5, 43-48)

Comme les disciples
s'étaient rassemblés autour de Jésus,
sur la montagne,
il leur disait:
"Vous avez appris qu'il a été dit:
Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père
qui est dans les cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense aurez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d'extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Il est bon de s'interroger à partir de cette Parole de Jésus. Aimer son prochain, celui qui m'est proche, d'accord, mais mon ennemi ? Arrêtons-nous un instant, asseyons-nous, faisons silence ... et posons-nous la question : "Qui est mon ennemi ?"... "Qui sont mes ennemis ?" Prenons une feuille de papier et écrivons les noms qui remontent à la surface, les situations qui nous font grincer des dents, les sentiments qui reviennent "comme si j'y étais". Toute cette rancœur, cette haine peut-être, ce rejet, cette colère etc ... font de nous des malades. Or Jésus a dit : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants, mais pour les malades". Parfois d'ailleurs, ce mal-être conduit à la maladie du corps car nous sommes un : corps, âme et esprit. Ce qui touche une de ces dimensions, touche l'autre ... Une fois ce "travail" accompli, dans la prière, remettons nommément les personnes inscrites, les situations et sentiments, au Christ dans la grâce de son pardon sur la croix : "Père pardonne-leur car il ne savent pas ce qu'ils font". Et demandons nous-mêmes pardon pour être devenus ennemis des uns ou des autres par nos paroles ou comportements etc ... Un lieu essentiel pour cette délivrance et le retour à la santé, c'est le "Sacrement de Réconciliation".
Lorsque Jésus dit qu'il faut "être parfait comme notre Père céleste est parfait", il parle de la miséricorde. En l'Évangile de St Luc, il est dit en effet : "Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux."
La miséricorde est perfection de l'amour car elle donne la Vie. Devenons conforme au Père, nous y trouverons la paix dans une relation renouvelée avec les autres : "Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde".

dimanche 14 juin 2009

Solennité du St Sacrement du Corps et du Sang
de Notre Seigneur Jésus-Christ

(Dimanche 14 juin)
(Mc 14, 22-24)


Pendant le repas,
Jésus prit du pain,
prononça la bénédiction,
le rompit,
et le leur donna,
en disant :
« Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, prenant une coupe
et rendant grâce,
il la leur donna,
et ils en burent tous.
Et il leur dit :
« Ceci est mon sang,
le sang de l'Alliance,
répandu pour la multitude.

Voici le Sacrement de la Présence Réelle et Sacramentelle de Jésus Christ. Il ne s'agit pas bien évidemment de la Présence physique. C'est Jésus ressuscité et glorifié qui se donne à nous concrètement dans le pain devenu son Corps et le vin son Sang, dans l'acte du don total de sa vie librement donnée pour nous : "Ayant aimé les siens, il les aima jusqu'au bout". L'Eucharistie est le Sacrement de l'Amour et donc le Sacrement de notre Salut. C'est l'Amour qui donne le Salut, qui donne Vie. Ce mot Salut signifiant libération et guérison (intérieures), santé de l'être. Comme il faut nourrir notre corps pour vivre physiquement, il nous faut nourrir notre âme, notre cœur, pour vivre intérieurement. Notre vie essentielle n'est pas extérieure mais intérieure : "Si l'être extérieur se détériore, écrit St Paul, l'être intérieur se renouvelle de jour en jour." Et Jésus, dans l'Évangile selon St Jean : "Celui qui mange ma chair et boit mon Sang à la vie éternelle". La vie éternelle étant l'accomplissement de notre vie intérieure dans la Communion avec Dieu en Jésus-Christ. Accomplissement dont la grâce se répercute sur toutes les dimensions de notre être : corps, âme et esprit. St Paul écrit dans la 2ème lettre aux Thessaloniciens : "Que tout votre être, corps, âme et esprit, soient rendu saint par l'Avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ ..." La Communion au Corps et au Sang du Christ est cet "Avènement" qui nourrit notre sanctification en nous unissant sacramentellement au Christ.

vendredi 12 juin 2009

Parole du jour
(Samedi 13 juin)
(Mt 5, 33-37)

Comme les disciples
s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne,
il leur disait: "Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens:
Tu ne feras pas de faux serments,
mais tu t'acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment,
ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied,
ni par Jérusalem, car elle est la Cité du grand Roi.
Et tu ne jureras pas non plus sur ta tête,
parce que tu ne peux pas rendre
un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui',
quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'.
Tout ce qui est en plus vient du Mauvais.

La loi de Moïse interdisait absolument le parjure ou la violation des serments. Au temps du Christ, les déclarations assermentées étaient si fréquentes et la casuistique les concernant si compliquée qu’on en abusait grossièrement. Ceci conduisait à un grand manque de respect envers le nom de Dieu. Jésus établit ici le critère que ses disciples devront appliquer dans leurs vies. Il est fondé sur le rétablissement de la confiance mutuelle et de la sincérité. Le diable est "le père du mensonge" (Jn 8,44). Il s’ensuit que les relations humaines ne doivent pas être basée sur la fraude et la supercherie. Dieu étant vérité, les enfants du Royaume doivent fonder leurs relations sur la vérité. Jésus a constamment condamné l’hypocrisie dans ses enseignements et il a loué la sincérité comme une des plus hautes vertus : " Voici un véritable Israélite en qui il n’est point d’artifice." dit-il en parlant de Nathanaël en Jn 1, 47. Lui même dit être venu pour "rendre témoignage à la vérité". Il n'a été que "OUI".
Parole du jour
(Vendredi 12 juin)
(Mt 5, 27-30)

Comme les disciples
s'étaient rassemblés autour de Jésus,

sur la montagne, il leur disait:
"Vous avez appris qu'il a été dit:
Tu ne commettras pas d'adultère.
Eh bien moi, je vous dis :
Tout homme qui regarde une femme et la désire
a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur.
Si ton oeil droit entraîne ta chute,
arrache-le et jette-le loin de toi :
car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres,
et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute,
coupe-la et jette-la loin de toi :
car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres,
et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne.

Quel est ton regard sur ta sœur ? (Quand je parle de "soeur", je parle de la "femme") . Celui de l'émerveillement et du respect ... ou celui de la convoitise, de l'appropriation et du plaisir ? Que désires-tu pour ta sœur ? Son bien ? qu'elle soit pleinement elle-même, heureuse ? Ou qu'elle soit l'objet dont tu te sers et que tu jettes après utilisation ?... Tu es dans le don ... ou dans l'appropriation ? Questions terribles !
Jésus lui regarde la femme avec un immense respect. Il libère Marie Madeleine de 7 démons. Il guérit la cananéenne. Il sauve la samaritaine etc ... Il cherche pour la femme le plein accomplissement, ce qu'il y a de meilleur. C'est ce qu'il veut pour l'homme également ... Regarde-le avec Lévi le publicain, Zachée, Pierre etc ...Son regard est celui de l'Amour qui donne existence et non qui la prend, l'Amour avec un grand "A". Amour qui se révèle pleinement sur la croix, dans le don total que, librement, il fait de lui-même. Et Lui ne fait pas de différence entre les êtres car il voit en chacun une Personne dont il faut respecter la dignité et le mystère. L'autre nous échappe toujours car il est trop grand - de la grandeur de Dieu - pour être enfermé. Nul ne peut s'en faire propriétaire. Il est un être libre et il a autant de droit que toi à la Vie. Le bonheur se trouve dans le respect et le don de soi qui permettent à l'autre d'être pleinement ajusté à son identité profonde et à sa vocation particulière.
Lors d'un mariage, j'aime à dire : "Votre amour demande, dans la réciprocité, d'être attentif au bien de l'autre, de le préférer à soi. Pour toi, "Jean", ce sera que "Anne" devienne pleinement elle-même, en tant que femme, épouse et mère. Et pour toi "Anne", que "Jean" devienne pleinement lui-même en tant qu'homme, époux et père."
En dehors du mariage, il s'agit toujours de vouloir le meilleur pour l'autre, qu'il soit homme ou femme, plus que pour soi-même, de vouloir l'accomplissement de sa Personne.
Quel est ton regard sur ta sœur ? (Quand je parle de "soeur", je parle de la "femme"). Celui de l'émerveillement et du respect ... ou celui de la convoitise, de l'appropriation et du plaisir ? Que désires-tu pour ta sœur ? Son bien ? qu'elle soit pleinement elle-même, heureuse ? Ou qu'elle soit l'objet dont tu te sers et que tu jettes après utilisation ?... Tu es dans le don ... ou dans l'appropriation ? Questions terribles !
Jésus lui regarde la femme avec un immense respect. Il libère Marie Madeleine de 7 démons. Il guérit la cananéenne. Il sauve la samaritaine etc ... Il cherche pour la femme le plein accomplissement, ce qu'il y a de meilleur. C'est ce qu'il veut d'ailleurs pour l'homme ... Son regard est celui de l'Amour avec un grand "A". Amour qui se révèlera pleinement sur la croix, dans le don total de lui-même. Il ne fait pas de différence entre les êtres car il voit en chacun une personne dont il faut respecter la dignité. Nul ne peut se faire propriétaire de l'autre. Le bonheur se trouve dans ce respect et dans le don de soi pour que l'autre soit pleinement ajusté sur son identité profonde et sa vocation particulière.
Lors d'un mariage, j'aime à dire : "Votre amour demande, dans la réciprocité, d'être attentif au bien de l'autre, de le préférer à soi. Pour toi, "Pierre", ce sera que "Marie" devienne pleinement elle-même, en tant que femme, épouse et mère. Et pour toi "Marie, que "Pierre" devienne pleinement lui-même en tant qu'homme, époux et père." En dehors du mariage, il s'agit toujours de vouloir le meilleur pour l'autre, de vouloir l'accomplissement de sa Personne.

mercredi 10 juin 2009

Parole du jour
(Lundi 8 juin)
(Mt 5, 17-18)

Comme les disciples s’étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu'à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera
sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.

Qu'est-donc que la "Loi" ? André Chouraqui, juif et traducteur de la Bible explique dans son commentaire sur St Jean : "Le mot "thora"a été traduit par la Septante (traduction grec du texte hébraïque) par "nomos" qui désignait à l'époque la Loi" des dieux de l'Olympe, ce qui constitue en définitive un contresens car l'hébreu, Thora" signifie proprement "Enseignement, Doctrine" et s'applique au sens strict au cinq premiers livres de la Bible (Pentateuque), dans un sens large, à toute parole inspirée de Yahvé. Le parallélisme entre Moïse et Jésus complète celui qui existe entre la Thora qui est la Parole révélée de Yahvé (Dieu) et l'annonce de l'Évangile en Jésus." Donc l'Évangile est l'accomplissement de la Thora, et comme l'Évangile ne dit qu'une seule Parole qui est Jésus-Christ, Fils de Dieu, Jésus est l'accomplissement de la Thora. Il est "Régulation de vie" pour celle ou celui qui ajuste leur vie sur la sienne. Le Père Marcel Jousse explique que "le mot "Thora" signifie (aussi) "directive, conduite. C'est comme une mère qui, de ses mains tendues, protège et guide l'enfant qui essaie de marcher ..." (M.P. 158)
Dans le récit sur "la Transfiguration", Jésus s'entretient avec Moïse qui représente la Thora et Élie, les prophètes (Le rôle du prophète étant de ramener les égarés sur le chemin de la Thora). Le récit veut signifier que désormais, c'est en Jésus que la réalité de Moïse et Élie se condense, en lui s'accomplissent la Thora et les prophètes. Dans l'Évangile selon St Luc, il est dit que tous les trois parlent de l'exode de Jésus, c'est-à-dire de sa mort. Or, dans l'Évangile de Jean, la dernière parole de Jésus est : "Tout est accomplit". Sa vie librement donnée par amour accomplit la Thora et les prophètes, ce qui revient à dire que l'enseignement qu'est la Thora n'est autre que celui de l'Amour : "N'ayez de dettes envers personne. Car celui qui aime a de ce fait accompli la thora. En effet, le précepte : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité (l'amour) ne fait point de tort au prochain. La charité (l'amour) est donc la Thora dans sa plénitude." (Rm 13, 8-10) D'où la Parole de vie (le commandement) qui résume toute la Thora : "Aimez-vous les uns les autres de l'amour dont je vous ai aimés." Ce qui est impossible sans aimer Dieu ...
(Icône de la Transfiguration)

mardi 9 juin 2009

Parole du jour
(Lundi 8 juin)
(Mt 5, 13-16)

Comme les disciples s’étaient rassemblés
autour de Jésus,
sur la montagne,
il leur disait :

« Vous êtes le sel de la terre.
Si le sel se dénature,
comment redeviendra-t-il du sel ?

Il n’est plus bon à rien :
on le jette dehors et les gens le piétinent.
Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.

Et l'on n'allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;

on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors en voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

Le sel donne du goût aux aliments, ou il en améliore le goût. Ceci est très bien compris par celui auquel les médecins interdisent de manger du sel — la nourriture n'a plus aucune saveur pour lui. Le sel conserve aussi les aliments. L'Ancien Testament parle de "l'alliance du sel" (Nombres 18, 19). Et c'est dans cette alliance que Dieu a donné la royauté "pour toujours" à David et à ses descendants (2e livre des Chroniques, 13, 5). Si nous ajoutons cet apport de l'Ancien Testament à la pensée de Matthieu, la signification de ce verset, "Vous êtes le sel de la terre" devient : plus votre "salinité" est grande, plus vous êtes l'alliance entre Dieu et les humains. Et n'oublions pas que le sel est considéré aussi comme le "feu des eaux" (L.C. de St Martin). Le Feu étant le symbole de l'Esprit-Saint , le Souffle de Dieu et l'eau, celui de la Parole de Dieu. Jean Baptiste parlant de Jésus dira : "Lui vous baptisera dans l'eau et le Feu". Et ailleurs : "dans l'eau et l'Esprit-Saint". Plongé dans l'eau, au Baptême, nous en sortons comme le sel de l'eau, pour que "menant une vie nouvelle dans le Christ, celle-ci devienne "saveur de l'Evangile" pour le monde.
Pour ce qui est de la "Lumière", la réalité est la même. Je relèverais seulement quelques passage de la Bible : "Ta Parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route." (Ps 118, 105) Si Jésus est la "Lumière du monde" : "Son éclat est pareil à la Lumière, des rayons sortent de ses mains (cloués sur la croix), là se tient caché sa puissance (la puissance de l'amour)."(Ha 3) c'est qu'il est la Parole de Dieu qui se dit à travers notre humanité qu'il a pleinement assumée. Par le Baptême, nous "revêtons le Christ" (Rituel). Notre vie est appelée à mettre en pleine lumière sa Présence qui comme un levain élève l'humanité qu'il a sauvé en allant jusqu'au bout de l'amour : "Qui regarde vers Lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage." (Ps 33)

lundi 8 juin 2009

Parole du jour
(Lundi 8 juin)
(Mt 5, 1-12)

Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur :
le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux :
ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent :
ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux :
ils obtiendront miséricorde !
Heureux les coeurs purs :
ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix :
ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous
si l'on vous insulte,
si l'on vous persécute
et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse,
car votre récompense sera grande dans les cieux !
C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

Le texte des Béatitudes est un des joyaux des Évangiles. Quelques mots sur deux de ces béatitudes.
La première : Le cœur dans la bible est le lieu où l'on engrange la leçon, c'est-à-dire l'enseignement reçu. Les "pauvres de cœur" sont en fait les pauvres de l'enseignement des pharisiens et des scribes. On me dira que la vraie traduction devrait être "pauvres de souffle" (Notre mot "esprit" ayant cette signification de "souffle"). Mais le sens est la même que pour le "cœur" puisque le souffle est ce qui porte la parole ... Le Royaume des Cieux est à eux. Il s'agit en fait de l'enseignement de Jésus. Le mot araméen Malkouta que l'on traduit par Royaume, Règne, peut aussi se traduire par "Règle" dans le sens d'un "Enseignement régulateur" qui transforme la personne. Nous pourrions donc paraphraser la Béatitude par : "Bienheureux ceux qui sont pauvres de l'enseignement des pharisiens ... car ils sont aptes à accueillir mon enseignement, ma Parole."

La quatrième : "Bienheureux les affamés et les assoiffés de justice." Ce mot justice est à traduire par justesse. Il s'agit de ceux qui n'ont qu'un désir, que leur vie soit ajustée à la Parole de Jésus. Ils seront rassasiés, c'est-à-dire que leur vie en sera transformée, accomplie. Au Satan qui le tente, Jésus répondra par une parole de l'A.T. : "Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu vivra l'homme." C'est ce pain-là que nous demandons pour chaque jour dans la prière du Notre Père.
Qu'elle est notre faim, notre soif de la Parole de Dieu ? Croyons-nous qu'elle peut changer nos vies et ... celle des autres ?
(Mont des Béatitudes en Israël)

dimanche 7 juin 2009


Fête de la
SAINTE TRINITE

Parole du jour
(Samedi 6 juin)
(Mt 28, 16-20)


Au temps de Pâques,
les onze disciples s’en allèrent
en Galilée, à la montagne
où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes.
Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles :
« Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.
Allez donc !
De toutes les nations faites des disciples,
baptisez-les
au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ;
et apprenez-leur à garder tous les commandements
que je vous ai donnés.
Et moi, je suis avec vous tous les jours
jusqu'à la fin du monde. »

Dieu n'est pas une monade, une solitude. Dieu n'est pas perché sur un nuage. Il ne nous regarde pas d'en haut de ses remparts. Dieu est l'Emmanuel, nom qui signifie "Dieu avec nous". Il est au cœur de nos vies, Il en est la Source, Il en prend soin : « Je Le sens si vivant en mon âme. Je n’ai qu’à me recueillir pour le trouver au-dedans de moi, et c’est cela qui fait tout mon bonheur. Il a mis en mon cœur une soif d’infini et un si grand besoin d’aimer que Lui seul peut rassasier » (Bx Elisabeth de la Trinité)
Elisabeth nous laisse enfin une grande et belle prière à la Trinité qui commence ainsi :
« O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en Vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de Vous, ô mon immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice… »
Jésus nous a révélé que Dieu est Trinité, Père, Fils et Esprit-Saint, Communion d'Amour et que nous sommes appelés à cette Communion : "Faisons l'Homme à notre Image et Ressemblance".
Nous sommes faits pour cette Communion avec ce Dieu dont la nature est l'Amour et en cela à la Communion entre nous ...
(Icône de la Sainte Trinité de Roublev)

samedi 6 juin 2009

Parole du jour
(Samedi 6 juin)
(Mc 12, 38-44)

Dans son enseignement, Jésus disait :
« Méfiez-vous des scribes,
qui tiennent à sortir en robes solennelles
et qui aiment les salutations sur les places publiques,

les premiers rangs dans les synagogues,
et les places d'honneur dans les dîners.

Ils dévorent les biens des veuves
et affectent de prier longuement :

ils seront d'autant plus sévèrement condamnés. »
Jésus s'était assis dans le Temple
en face de la salle du trésor,
et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc.
Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes.

Une pauvre veuve s'avança et déposa deux piécettes.
Jésus s'adressa à ses disciples :
« Amen, je vous le dis :
cette pauvre veuve a mis dans le tronc
plus que tout le monde.

Car tous, ils ont pris sur leur superflu,
mais elle, elle a pris sur son indigence :
elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. »


La condamnation dont il est question pour les pharisiens, ne vient ni de Dieu ni d'un autre quidam. Ce sont eux-mêmes qui s'y plongent par leurs comportements. Ils s'enferment dans leur tour d'ivoire, s'emplâtrent sur leur pied d'estalle, se noient sous leurs biens extorqués aux autres. Quand ils donnent, c'est de leur superflu ... Leur ligne de conduite est le paraître, l'adulation, le pouvoir et l'avoir. Or une seule chose demeure : "l'amour". "L' amour ne passera jamais" dit St Paul. Et le commandement qui résume tous les autres : "Aimez-vous les uns les autres ..."
Cette pauvre veuve qui est pauvre extérieurement est riche intérieurement. Sa richesse, c'est l'amour : "Elle donne tout ce qu'elle avait pour vivre". La vraie richesse n'est pas du domaine de la quantité, mais de la qualité. Par sa manière d'être, elle rejoint la personne de Jésus. Il est "l'Amour incarné " : "Ayant aimé les siens, il les aima jusqu'au bout". Regardons-le vivre, écoutons-le nous enseigner le bon chemin, laissons-le nous libérer de nos inhumanités pour nous rendre à la vraie grandeur qui est celle de l'unique Amour.
Récemment, l'hebdomadaire "Le Pèlerin" titrait : "Construire l'avenir sur l'amour", et dans l'interview, le Card. Barbarin disait : "Notre capacité d'aimer et, plus encore, de nous laisser aimer pour être ensuite capables de servir les autres, tout au long d'une vie, est essentielle."
(L'obole de la veuve)

jeudi 4 juin 2009

Parole du jour
(Jeudi 4 juin)
(Mc 12, 28-31)

Un scribe, s'avança vers Jésus et lui demanda:
"Quel est le premier de tous les commandements?"
Jésus lui fit cette réponse :
« Voici le premier :
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur.

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton coeur,
de toute ton âme,
de tout ton esprit
et de toute ta force.

Voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

Le mot amour est souvent aujourd'hui synonyme d'affectif. Or bibliquement il a signification "d'éducation". Aimer, c'est "éduquer", permettre à l'autre de se "construire" dans son humanité, dans sa personnalité, dans toute les dimensions de son être. Ainsi pour Dieu, aimer, c'est éduquer, enseigner. En ce sens Dieu est Père. Le mot Abba (Père) dans la culture du temps de Jésus, était donné au "grand Rabbi". En fait nul n'est "Abba" que Dieu seul, car Lui seul a toute la connaissance ... Jésus dira : "Ne vous faites pas appeler "Abba" car vous n'avez qu'un seul "Abba", votre "Abba" des cieux." Comme il dira d'ailleurs : "Ne vous faites pas appeler "Maître" car vous n'avez qu'un seul Maître ..." Le mot "Maître" ayant signification de "Maître d'école". Jésus lui-même se reconnaît comme le Fils, c'est-à-dire "l'Eduqué" du Père : "Je ne fais rien que je ne vois faire au Père, je ne dis rien que je n'ai entendu dire au Père." Le mot "Fils" en araméen, langue de Jésus, signifie "construit", "bâti".

Dans l'Évangile de ce jour, Jésus donne les deux commandements qui n'en font qu'un :
"Aimer Dieu"
, c'est-à-dire : "se laisser éduquer par lui", par son enseignement, par sa Parole. C'est en Jésus que cela se réalise pour nous : "Qui m'a vu a vu le Père". "Tous ceux qui se laisse instruire par le Père viennent à moi."
"De tout ton cœur"
. Le cœur est le lieu de la mémoire, la bibliothèque où il faut engranger la Parole. On parle aujourd'hui encore "d'apprendre par cœur".
"De toute ton âme". Le mot que l'on traduit par âme, signifie "gorge" en araméen. Ce qui a été engrangé dans le cœur, il faut le ruminer pour s'en imprégner dans tout son être. Et pour cela, il faut que ça remonte du cœur dans la bouche, en passant par la gorge, pour être renvoyé au cœur par l'ouïe. Le modèle de cette rumination, c'est la brebis : "Vous êtes mes brebis" . Les premiers Pères dans la vie monastique prendront aussi l'exemple de la vache ...
"De tout ton esprit".
La Parole éduque l'intelligence et les pensées. Le mot "esprit" peut être traduit aussi par "souffle", ce souffle qui porte la Parole et lui permet
"d'accomplir sa mission" :
"De toute ta force". C'est l'agir. De tout ton comportement.

Un résumé de cette transformation de l'être par la Parole de Dieu, de cette "incarnation" de la Parole jusque dans les moindres fibres de notre être, nous est donné dans la lettre aux hébreux :"Vivante est la Parole de Dieu, plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme (la gorge) et de l'esprit (le souffle), des articulations et des moelles (la force), elle peut juger les sentiments et les pensées du coeur. " (He 4, 12) Toute une transformation des pensées et des sentiments se réalise : "Ayez les sentiments qui sont dans le Christ Jésus", écrira St Paul aux Philippiens.

"Et l'amour du prochain ?" Ainsi transformée, notre vie elle-même devient Parole de vie pour les autres, éducative. On pourrait paraphraser le second commandement : "Eduquer son prochain comme soi-même on a été éduqué par le Christ qui lui-même est l"'Eduqué" du Père en tant que Fils (bâti) bien-aimé." Les Pères du désert diront : "Sois le Pasteur de ton frère". Or le mot Pasteur signifie "Celui qui fait manger". Celui qui enseigne et qui par son enseignement "éduque". Ta vie est appelée à être un enseignement pour les autres afin qu'ils se "construisent".
(Jésus enseignant)

mercredi 3 juin 2009

Parole du jour
(Lundi 3 juin)
(Mc 12, 18-27)

Des sadducéens
- ceux qui affirment qu'il n'y a pas de résurrection -
viennent trouver Jésus, et ils l'interrogeaient :
« Maître, Moïse nous a donné cette loi :
Si un homme a un frère qui meurt
en laissant une femme,
mais aucun enfant,
qu'il épouse la veuve
pour donner une descendance à son frère.

Il y avait sept frères ;
le premier se maria,
et mourut sans laisser de descendance.
Le deuxième épousa la veuve,
et mourut sans laisser de descendance.
Le troisième pareillement.
Et aucun des sept ne laissa de descendance.
Et finalement, la femme mourut aussi.
A la résurrection, quand ils ressusciteront,
de qui sera-t-elle l'épouse,
puisque les sept l'ont eue pour femme ? »
Jésus leur dit :
« N'êtes-vous pas dans l'erreur,
en méconnaissant les Écritures,
et la puissance de Dieu ?
Lorsqu'on ressuscite d'entre les morts,
on ne se marie pas,
mais on est comme les anges dans les cieux.
Quant à dire que les morts doivent ressusciter,
n'avez-vous pas lu dans le livre de Moïse,
au récit du buisson ardent,
comment Dieu lui a dit :
Moi, je suis
le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob
?
Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Vous êtes complètement dans l'erreur. »

Les Sadducéens affirmaient qu'il n'y a pas de résurrection. L'idée qu'il se faisait de celle-ci, si elle devait exister, était le prolongement de l'existence terrestre d'où leur question : "De qui sera-t-elle la femme." Or si cette femme a dû épouser les sept frères, c'était en vue de la descendance et non par amour. C'est l'amour qui unit deux êtres et non l'acte de procréation par lui-même. Au moment de la mort, ce qui est lié à la vie terrestre tombe (on ne se marie pas) et c'est une vie toute nouvelle qui émerge (on est comme les anges dans les cieux). Seul l'amour demeure et donc la relation spirituelle, c'est-à-dire celle qui prend source dans le cœur. Le véritable lien entre deux êtres, est le lien du cœur qui pousse à aller jusqu'au don total de soi-même pour l'autre ("... s'il me manque l'amour, écrit St Paul, je ne suis rien" 1Co 12, 31sq), comme le Christ l'a accompli pour nous ("Ayant aimé les siens, il les aima jusqu'au bout" Jn 13, 2). Abraham, Isaac et Jacob (amis de Dieu) ont vécu cette relation-là avec Dieu, source de tout amour et ils sont bien vivants de par Dieu. Nous ne sommes plus là au niveau d'une existence matérielle éphémère, mais d'une existence relationnelle entre des Personnes, qui demeure au-delà de la mort physique. Pour qu'il y ait des Personnes, il faut qu'il y ait l'amour. Sans amour, on se sert de l'autre, on en faire son objet, on le manipule, sans nul respect de sa dignité de Personne, d'être libre et responsable de sa vie.
(Jésus et les pharisiens)