dimanche 14 février 2010

Parole du jour
Jr 17, 5-8
(Dimanche 14 février)

Parole du Seigneur :
Maudit soit l'homme
qui met sa confiance dans un mortel,
qui s'appuie sur un être de chair,
tandis que son coeur se détourne du Seigneur.
Il sera comme un buisson sur une terre désolée,
il ne verra pas venir le bonheur.
Il aura pour demeure les lieux arides du désert,
une terre salée et inhabitable.

Béni soit l'homme
qui met sa confiance dans le Seigneur,
dont le Seigneur est l'espoir.
Il sera comme un arbre planté au bord des eaux,
qui étend ses racines vers le courant :
il ne craint pas la chaleur quand elle vient,
et son feuillage reste vert ;
il ne redoute pas une année de sécheresse,
car elle ne l'empêche pas de porter du fruit.

Comment passer à coté de ce texte de l'Ancien Testament si riche d'enseignement ? ... Je préfèrerais tout d'abord, traduire "Maudit" par "Malheureux", car nul et surtout pas Dieu, nul ne "maudit", c'est l'homme lui-même qui se met dans le malheur par sa façon d'être. "Que n'as-tu que tu n'aies reçu", écrit St Paul. Or cet homme ne le reconnaît pas, il vit comme si tout venait de lui. Sa confiance, il ne la met qu'en lui-même et ne s'appuie sur personne d'autre. Il se fait le centre de tout. Dieu, il le voit comme un concurrent ou même ne le voit pas, tellement son égo l'aveugle. S'il lui arrive d'écouter quelqu'un, c'est quelqu'un qui lui ressemble. le Psaume 1er aurait pu dire "Malheureux l'homme qui entre au conseil des méchants, qui suit le chemin des pécheurs et s'assied avec ceux qui ricane" (Ps 1,1) Les autres, il s'en tape ! Dans son arrogance et son orgueil, il peut sembler "heureux", et pourtant, dit Jérémie, "il ne verra jamais le bonheur". Il est dans l'illusion et ce qu'il pense être la liberté est en fait pour lui un "enfermement". Voici le riche de l'Évangile de ce jour (Lc 6, 17.20-26) : "Malheureux vous les riche, vous avez votre consolation !" Le mot "riche" nous fait tout de suite penser aux biens, à l'argent". Il s'agit, dans l'Évangile, premièrement, de l'homme riche de lui-même, une richesse qui n'est qu'un leurre ...
"Béni soit" où "bienheureux" l'homme qui justement ne s'enracine pas en lui-même, mais qui reçoit sa vie d'un Autre : "qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espérance". Il est dit de lui dans le Psaume 1, 3 : "
Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ..." Il est ce "pauvre" de la Béatitude : "Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !" Non pas la pauvreté en bien et en argent, mais la "pauvreté du cœur". Que fait cet homme pour en arriver à être bienheureux ? ... C'est encore le psaume 1 qui nous le dit : "Il se plaît dans la Parole de Dieu et la murmure jour et nuit" Cette Parole de Dieu, il en fait sa respiration et sa nourriture et elle le transforme jusqu'à la ressemblance de Celui qui l'a inspirée. Cette Parole, nous l'avons sans doute chez nous, peut-être sur une étagère. Le livre qui nous l'offre s'appelle la Bible. Ne la laissons pas se recouvrir de poussière et faisons-en notre pain quotidien : "Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour" (Notre Père). Nous ferons rapidement l'expérience de ses bienfaits ... Commençons par le Nouveau Testament et dans celui-ci, par les Évangiles. La Parole de Dieu nous décentrera de nous mêmes et nous ouvrira au bien des autres reconnus dans leur dignité ...

samedi 13 février 2010

Parole du jour
Mc 8, 1-10
Samedi 13 février

En ces jours-là,
comme il y avait de nouveau une grande foule de gens,
et qu'ils n'avaient pas de quoi manger,
Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit :
« J'ai pitié de cette foule,
car depuis trois jours déjà ils sont avec moi,
et n'ont rien à manger.
Si je les renvoie chez eux à jeun,
ils vont défaillir en route ;
or, quelques-uns d'entre eux sont venus de loin. »
Ses disciples lui répondirent :
« Où donc pourra-t-on trouver du pain
pour qu'ils en mangent à leur faim,
dans ce désert ? »
Il leur demanda :
« Combien de pains avez-vous ? »
Ils lui dirent : « Sept. »
Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre.
Puis, prenant les sept pains
et rendant grâce,
il les rompit,
et il les donnait à ses disciples
pour que ceux-ci les distribuent ;
et ils les distribuèrent à la foule.
On avait aussi quelques petits poissons.
Il les bénit et les fit distribuer aussi.
Ils mangèrent à leur faim,
et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles.
Or, ils étaient environ quatre mille.
Puis Jésus les renvoya.
Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples,
il alla dans la région de Dalmanoutha.

''Ils n'avaient pas de quoi manger". De quelle nourriture s'agit-il ? De la nourriture du corps sans doute ! Mais surtout de la nourriture du cœur. La pitié de Jésus correspond à la venue du Fils de Dieu en notre chair : "Il s'est fait nous" pour nous libérer de notre faim en nous rassasiant du Salut. Il est notre Salut ! Les trois jours dont il est question, ne serait-ce pas les "trois jours" de l'accomplissement de ce Salut : le premier jour, Jésus meurt sur la croix, semblant nous laisser à notre faim : "Nous espérions nous ... mais voilà le troisième jour que toutes ces choses sont arrivées" (Lc 24, 21) . Mais le troisième jour, Jésus ressuscite et c'est le rassasiement : "C'est bien vrai, le Seigneur est ressuscité, il est apparu à Pierre !" (v. 34) Et ce Salut, ce rassasiement, atteint tout l'univers, les "sept pains" correspondant au sept jours de la création.
Voilà tout ce qui se vit en chaque Eucharistie (Messe) : "Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule." Depuis ce jour qui correspond à l'institution de l'Eucharistie (Lc 22, 19), l'Église n'a cessée de distribuer le Pain changé en la Présence de Jésus, mort et ressuscité, Source du Salut ... le Pain du rassasiement qui jamais ne manque : "Ils mangèrent à leur faim, et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles pleines" ...

vendredi 12 février 2010

PAROLE DU JOUR
Mc 7, 31-37
(Vendredi 12 février)

Jésus quitta la région de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole.
On lui amène un sourd-muet,
et on le prie de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles ;
et, prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel,
il soupira et lui dit :
« Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s'ouvrirent ;
aussitôt sa langue se délia,
et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda
de n'en rien dire à personne ;
mais plus il le leur défendait,
plus ils le proclamaient.
Très vivement frappés, ils disaient :
« Tout ce qu'il fait est admirable :
il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Cet homme est malade de la "non-parole" car il ne peut "écouter". Jésus va faire de lui une création nouvelle. Il le refaçonne dans son être. Pour cela il agit en créateur : doigts dans les oreilles, salive sur la langue.
Les doigts sont symboliques de l'Esprit-Saint, le Souffle de Dieu. En l'Évangile selon St Luc
(11, 20) il est écrit : "Si c'est par le doigt de Dieu que je chasse les démons " et dans St Matthieu (12, 28) : "Si c'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les démons."
La salive qui est de l'eau, est symbolique de la "Parole de Dieu" surtout, ici, que cette salive appartient à celui qui est la "Parole incarnée".
St Irénée a écrit que
"c'est par ses deux mains que sont la Parole et le Souffle (le Fils et l'Esprit) que le Père a créé l'univers."
L'homme est libéré de ce qui entrave son être et rendu à l'ouverture du cœur : "Effata" c'est-à-dire "Ouvre-toi !" ... "Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement" . Il retrouve l' "Écoute" et la "Parole" Et chose étonnante, il n'entend pas Jésus lui demander de ne rien dire à personne et proclame ce que Jésus a fait pour lui. Ce témoignage touche ceux qui l'écoute : " Très vivement frappés, ils disaient : ' Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. ' " Ainsi se propage la "Bonne Nouvelle du Salut" (le mot Salut signifiant : "Santé" !)
Au Baptême, après les rites essentiels de l'eau, symbolique de la Parole et de l'onction du St chrême, symbolique de l'Esprit-Saint, le célébrant ajoute : "Tu es devenu une "création nouvelle", tu as revêtu le Christ". Et pendant la préparation au Baptême, il y a le rite de l' "Ephata". Tous nous sommes appelés à "Écouter" et à "Parler"... C'est le Christ qui nous y éduque en nous guérissant jour après jour !

jeudi 11 février 2010

Parole du jour
Mc 7, 24-30
(Jeudi 11 février)

Jésus se rendit dans la région de Tyr.
Il était entré dans une maison,
et il voulait que personne ne sache qu'il était là ;
mais il ne réussit pas à se cacher.
En effet, la mère d'une petite fille possédée par un esprit mauvais
avait appris sa présence,
et aussitôt elle vint se jeter à ses pieds.
Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne,
et elle lui demandait d'expulser le démon hors de sa fille.
Il lui dit :
« Laisse d'abord les enfants manger à leur faim,
car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants
pour le donner aux petits chiens. »
Mais elle lui répliqua :
« C'est vrai, Seigneur,
mais les petits chiens, sous la table,
mangent les miettes des petits enfants. »
Alors il lui dit :
« A cause de cette parole, va :
le démon est sorti de ta fille. »
Elle rentra à la maison,
et elle trouva l'enfant étendue sur le lit :
le démon était sorti d'elle.

Israël, lui le peuple choisi, regardait tous les autres peuples comme des impurs. Que Jésus s'occupe de son peuple se comprenait encore, mais qu'il touche également les païens ? ... Jésus laisse entendre qu'il est venu pour Israël : "Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants ...", et compare même les païens à des "petits chiens". Mais c'est une mise à l'épreuve et la femme passe celle-ci haut la main : "Mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants." Jésus est admiratif : " A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. " La Foi n'a pas de frontières, c'est nous qui les posons. Dieu n'est pas prisonnier de celles-ci et Jésus les franchit allègrement. Combien de fois dans les Évangiles va-t-il guérir des "infidèles" ou les entretenir comme des amis. Parmi ceux-ci, pensons à la Samaritaine, la cananéenne, le centurion, ici la Syro-phénicienne, comme il le fera d'ailleurs avec les pécheurs et les publicains. Jésus ne s'arrête pas à des lois et à la tradition, il voit la Personne et son bien. Ce n'est pas parce que nous sommes baptisés que nous sommes plus aimés. Le baptême est le Sacrement de la Foi, d'une Foi appelée à être vivante, à grandir et à porter du fruit à la suite de Jésus. Il ne suffit pas de se dire chrétien, il faut le devenir et c'est chaque jour qu'il faut en prendre le chemin. On n'est pas chrétien une fois pour toutes. Dans les préparation au mariage, il est étonnant de rencontrer des couples où c'est celui ou celle qui n'est pas baptisé qui a le plus de Foi ! L'Église n'a pas de frontière et le christ est à l'œuvre en tout cœur humain. Le baptême n'est pas un passeport, mais l'engagement de vivre sa vie "avec le Christ, par Lui et en Lui" et ainsi de témoigner de sa Présence dans la vie de tous les hommes et de leur indiquer sa Présence et son amour.

mercredi 10 février 2010

Parole du jour
Mc 7, 14-15, 17-23
(Mercredi 10 février)

Jésus appela de nouveau la foule et lui dit :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l'homme
et qui pénètre en lui
ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l'homme,
voilà ce qui rend l'homme impur. »
Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison,
ses disciples l'interrogeaient sur cette parole énigmatique.
Alors il leur dit :
« Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ?
Ne voyez-vous pas
que tout ce qui entre dans l'homme,
en venant du dehors,
ne peut pas le rendre impur,
parce que cela n'entre pas dans son coeur,
mais dans son ventre, pour être éliminé ? »
C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.

Il leur dit encore :
« Ce qui sort de l'homme,
c'est cela qui le rend impur.
Car c'est du dedans, du cœur de l'homme,
que sortent les pensées perverses :
inconduite, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés,
fraude, débauche, envie,
diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans,
et rend l'homme impur. »

Résumons : « Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur ... Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. » La nourriture en soi est neutre et ne souille pas le cœur. Il n'est pas question du cœur de chair, mais de la personne elle-même. Le péché souille la personne et il s'incruste dans les pensées qui sortent sous forme de parole et de comportements. Nous sommes conduits par nos pensées. Les Pères dans la vie monastique ont beaucoup enseigné sur la "garde des pensées", la "garde du cœur". Ces pensées sont parfois comparées à des "démons" car elle conduisent au mal : "c'est du dedans, du cœur de l'homme, que sortent les pensées perverses." A chacun d'être vigilant et de prendre du recul par rapport à ses pensées, de les regarder bien en face et de savoir leur dire "non" quand elles sont néfastes. ... Les pensées mauvaises rendent l'âme malade et coupent les gens les uns des autres. Elles paralysent la vie. L'homme se croit libre en étant le centre de tout et en jugeant de tout d'après ses critères, mais il se retrouve esclave ...
Le Sacrement de Réconciliation libère l'homme du cœur impur par la reconnaissance de cette impureté et l'accueil du pardon de Dieu : "Je confesse à Dieu (Amour) Tout-Puissant, que j'ai péché en pensées, en paroles, par action et par omission ...
" Et le prêtre agissant "in Personna Christi" (dans la Personne du Christ) : "...et moi, au nom du Père et du Fils et du St Esprit, je te pardonne tous tes péchés." Démarche simple mais qui, pour beaucoup est un combat car il y faut de l'humilité ... : "Bienheureux les humbles en esprit, le Royaume des cieux est à eux ... Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu." (Mt 5, 3. 8)

mardi 9 février 2010

Parole du jour
Mc 7, 1-13
(Mardi 9 février)

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem.
Ils se réunissent autour de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées.
- Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
fidèles à la tradition des anciens ;
et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d'autres pratiques :
lavage de coupes, de cruches et de plats. -
Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas
la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
Jésus leur répond :
« Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites,
dans ce passage de l'Écriture :
Ce peuple m'honore des lèvres,
mais son coeur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ;
les doctrines qu'ils enseignent
ne sont que des préceptes humains.
Vous laissez de côté le commandement de Dieu
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour observer votre tradition.
En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère
sera mis à mort.
Et vous, vous dites :
'Supposons qu'un homme déclare
à son père ou à sa mère :
Les ressources qui m'auraient permis de t'aider
sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.'
Vous l'autorisez à ne plus rien faire
pour son père ou sa mère,
et vous annulez la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Il ne suffit pas de se laver les mains, il faut laver son cœur. Les règles et lois extérieures n'ont aucun sens si elles ne sont porteuses d'une réalité "intérieure", elles sont alors hypocrisie et peut-être recherche de "bonne conscience". Jean Cassien, moine du 4ème siècle dont les Conférences ont nourris des génération de moines écrit que "le jeûne, les veilles et autres pratiques ascétiques" ne sont que des moyens, le but est la "pureté du cœur" en vue de la "charité" et de l' "union à Dieu" (contemplation). Il ne faut jamais perdre cela de vue. Ne pas faire d'un moyen un absolu. Combien qui tombent dans la culpabilité parce qu'ils n'ont pas été fidèle à tel rite, à tel règle ! Ce n'est ni le rite, ni la règle qu'il faut regarder mais le but. Et si le rite ou la règle est un obstacle pour atteindre le but, il faut l'écarter du chemin. Un exemple : Il y a bien des années, j'ai vécu moi-même la règle du chapelet qui consistait à s'obliger chaque jour à réciter un chapelet sinon plus. En soi c'est bien et peut être bon, mais si cela finit par tendre comme une arc et culpabiliser le jour où je ne l'ai pas fait, cette règle finit par me replier sur moi-même et me donne une image de Dieu qui, pour m'aimer, attend que je m'épuise à accomplir la règle. La perfectionnite est une maladie de l'âme. Je puis aussi avec ce rite ou cette règle jouer le donnant donnant avec Dieu. Je te donne, tu me dois. Quelle image avons-nous de Dieu ... et de nous-mêmes ? Il faut des rites et des règles, mais ils doivent toujours être subordonnés au but qui est la charité : Dieu est charité !

lundi 8 février 2010

Parole du jour
Mc 6, 53-56
(Lundi 8 février)

Jésus et ses disciples,
ayant traversé le lac, abordèrent à Génésareth
et accostèrent.
Ils sortirent de la barque,
et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
ils parcoururent toute la région,
et se mirent à transporter les malades sur des brancards
là où l'on apprenait sa présence.
Et dans tous les endroits où il était,
dans les villages, les villes ou les champs,
on déposait les infirmes sur les places.
Ils le suppliaient de leur laisser toucher
ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchèrent
étaient sauvés.

Il est beau de voir tous ces gens qui apportent les malades à Jésus et qui supplient Jésus de les guérir. Nous-mêmes, nous devons désirer la guérison de nos frères et soeurs malades et les déposer sur le cœur de Jésus. La compassion de Jésus est immense et la grâce de guérison de Jésus est toujours présente aujourd'hui dans son Église et il est un Sacrement qui en est le signe : "Le Sacrement des malades" ... Cette grâce est d'ailleurs également présente dans les autres Sacrements comme le Baptême et l'Eucharistie ... Nous ne devons jamais oublier pour autant que la guérison essentielle dont la guérison physique peut être le témoignage, c'est la guérison intérieure, la guérison du cœur. Et de celle-ci nous en avons tous besoin. Jésus a dit : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ... pour les justes mais pour les pécheurs." (Mt 9, 13; Mc 2, 17) Ne pas oublier que le péché est une maladie de l'âme plus grave que la maladie du corps. Lorsqu'on amène à Jésus un paralytique, il commence par lui remettre ses péchés avant de le guérir physiquement (Mc 2, 1-12) ...

vendredi 5 février 2010

Parole du jour
Lc 5, 1-11
(dimanche 7 février)

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ;
la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques,
qui appartenait à Simon, et lui demanda
de s'éloigner un peu du rivage.
Puis il s'assit et, de la barque,
il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons
que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons
de l'autre barque de venir les aider.
Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba
aux pieds de Jésus, en disant :
« Seigneur, éloigne-toi de moi,
car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi,
lui et ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée,
ses compagnons. Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et,
laissant tout, ils le suivirent.


Le mot cathédrale vient de "cathèdre" qui désigne le siège sur lequel l'Évêque enseignait la Parole à son peuple. Aujourd'hui, il le fait le plus souvent debout. Jésus monte dans la barque s'éloigne du rivage puis ..."Il s'assit, et de la barque il enseignait la foule." Les cathédrales comme nombre d'Églises sont construites comme un barque inversée, la voute étant la coque. L'Église est une barque qui vogue à travers les siècles ... Pour jésus, la mer sert de haut-parleurs, la mer renvoyant ses paroles vers la foule qui se tient sur le rivage. Puis, vient cette Parole qui appelle à la Foi : "Avance au large et jetez les filets ..." Simon-Pierre, Jacques et Jean, pêcheurs de métier n'ont rien pris de toute la nuit, et pourtant ils s'y connaissent ... A l'invitation de Jésus de jeter les filets, ils obéissent : "ils le firent ..." Et c'est l'abondance. La Foi fait des miracles car elle décentre de soi-même et de ses certitudes pour s'en remettre à un Autre, Jésus, révélation de Dieu : "Rien n'est impossible à Dieu" (Lc 1, 37) ... "Ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu" (Mt 19, 26) ... "Car séparé de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 5) ... "Tout est possible à celui qui croit" (Mc 9, 23) ... L'expérience de Foi que Pierre vient de vivre, lui donne conscience de tous ses manques de Foi et il se reconnaît pécheur. Jésus le rassure et lui annonce que l'expérience vécue est appelée à devenir la norme de sa vie : " ... désormais, ce sont des hommes que tu prendras". Cette expérience va être fondatrice de l'Église : "Laissant tout, ils le suivirent. " Et nous en sommes les héritiers ...
Parole du jour
Mc 6, 30-34
(Samedi 6 février)

Après leur première mission,
les Apôtres se réunissent auprès de Jésus,
et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné.
Il leur dit :
« Venez à l'écart dans un endroit désert,
et reposez-vous un peu. »
De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux
qu'on n'avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque
pour un endroit désert, à l'écart.
Les gens les virent s'éloigner,
et beaucoup les reconnurent.
Alors, à pied, de toutes les villes,
ils coururent là-bas
et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule.
Il fut saisi de pitié envers eux,
parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les instruire longuement.

Fondamentalement Jésus est un Enseignant, un "Régulateur" pourrait-on dire. Régulateur, en ce sens que son enseignement recentre la Personne sur son axe fondamental en la libérant de ce qui est faussé en elle. Le mot araméen "Malkouta"que l'on traduit par Royaume et règne, signifie également "règle". Le Royaume de Dieu, c'est aussi "l'enseignement régulateur" de Jésus. On court vers Lui à cause des miracles sans doute, mais aussi parce que sa Parole fait du bien, elle rejoint les profondeurs de l'auditeur car elle est vraie. Pensons aux disciples d'Emmaüs : "Notre cœur n'était-il pas tout brûlant tandis qu'il nous expliquait les Écritures". Une invitation pour nous à nous mettre à son écoute en ouvrant les Évangiles ... Le mot hébreu que l'on traduit par "berger", signifie en fait "celui qui fait manger". Le Rabbi, l'enseignant est considéré comme celui qui nourrit. Avec Jésus on se trouve dans de bon pâturage : "L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu."
Parole de Dieu
Mc 6, 14-19
(Vendredi 5 février)

Comme le nom de Jésus devenait célèbre,
le roi Hérode en entendit parler.
On disait :
« C'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts,
et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »
Certains disaient : « C'est le prophète Élie. »
D'autres disaient encore :
« C'est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait :
« Celui que j'ai fait décapiter,
Jean, le voilà ressuscité !
Car c'était lui, Hérode, qui avait fait arrêter Jean
et l'avait mis en prison.
En effet, il avait épousé Hérodiade,
la femme de son frère Philippe,
et Jean lui disait :
« Tu n'as pas le droit
de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean,
et elle cherchait à le faire mettre à mort ... »

Jésus fascine en même temps qu'il intrigue. La diversité d'interprétations à son sujet n'est que le reflet d'une incertitude sur son identité : "Qui est-il donc ? ... Les remords d'Hérode qui l'a fait décapiter après son serment à une Salomée manipulée par sa mère Hérodiade, le conduisent à revenir sur l'évènement (Mc 6, 19-29) . Nous découvrons que Jean le Baptiste, Précurseur de Jésus dans sa vie publique, l'est aussi quand à sa mort. Captif en raison de la vérité dont il se fait le héraut, il est exécuté pour faire taire la parole de vérité. C'est ainsi que Jean Baptiste annonce la passion et la mort à venir de Jésus. Comme Joseph d'Arimatie et quelques disciples descendront Jésus de la croix pour qu'enroulé dans le linceul, il soit déposé au tombeau, de même les disciples de Jean viennent "prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau". Jean Baptiste, jusqu'au bout et jusque dans sa chair, aura annoncé et montré Jésus : "Voici l'Agneau de Dieu !" Combat entre l'Amour et le mensonge. Dans un premier temps, ce dernier semble avoir le dernier mot ... mais il est balayé comme fétu de paille par la victoire de la Vérité : "Heureux est l'homme qui n'entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu'il entreprend réussira, tel n'est pas le sort des méchants. Mais ils sont comme la paille balayée par le vent : au jugement, les méchants ne se lèveront pas, ni les pécheurs au rassemblement des justes. Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra. " (Ps 1, 1-6)

jeudi 4 février 2010

Parole de Dieu
Mc 6, 7-13
(jeudi 4 février)

Jésus appelle les Douze,
et pour la première fois il les envoie deux par deux.
Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais,
et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route,
si ce n'est un bâton ;
de n'avoir ni pain, ni sac,
ni pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales,
ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore :
« Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison,
restez-y jusqu'à votre départ.
Si, dans une localité,
on refuse de vous accueillir et de vous écouter,
partez en secouant la poussière de vos pieds ;
ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir.

Ils chassaient beaucoup de démons,
faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades,
et les guérissaient.

"... pour la première fois il les envoie deux par deux ..." Voici l'Église naissante lancée sur les routes. Jésus prépare son départ. Ce que font les apôtres, c'est ce que fait Jésus : "Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient." Libérations et guérisons ... Aujourd'hui comme il y a deux mille ans, Jésus est à l'oeuvre à travers son Église par l'annonce de la Parole, les Sacrements et le témoignage de vie qu'elle est appelée à donner ... Et l'Église, ce ne sont pas les autres, c'est nous qui baptisés, avons "revêtu le Christ". "Que faisons-nous de notre baptême ? ". Une question à se poser chaque matin. C'est une confiance et une responsabilité qui nous est donnée dans le don de la Foi, car ce don n'est pas seulement pour nous, mais pour les autres. Dans sa prière bien connu, la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité écrit : "Que je te sois une humanité de surcroit en laquelle tu renouvelles ton mystère." Mystère de quoi ? - D'amour, de libération et de guérison ... Un Père écrivait : "Sois le Sauveur de tes frères." Cela n'est possible que "Par Lui, avec Lui et en Lui", dans la docilité à sa Présence.






mercredi 3 février 2010

Parole de Dieu
Mc 6, 1-6
(Mercredi 3 février)

Jésus est parti pour son pays,
et ses disciples le suivent.
Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
Les nombreux auditeurs, frappés d'étonnement, disaient :
« D'où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses soeurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à cause de lui.
Jésus leur disait :
« Un prophète n'est méprisé que dans son pays,
sa famille et sa propre maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
Il s'étonna de leur manque de foi.
Alors il parcourait les villages d'alentour en enseignant.

Voici Jésus qui vient à Nazareth, là où il a grandi. On le connaît, ou plutôt on pense le connaître. Jésus ne devait pas faire beaucoup de vague pendant sa vie caché. Il était un parmi d'autres ... le fils du charpentier ... Puis voici qu'il joue les rabbis et parle avec autorité et sagesse : "Ils se mit à enseigner dans leur synagogue ... Qu'elle est cette sagesse qui lui a été donné et ces grands miracles ... ?" Et les voici "choqués" ! Il est difficile d'accepter que l'un des siens sorte du lot. On le regarde dans le miroir de sa famille qui n'a rien d'extraordinaire : "N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie ..." Ses compatriotes le regardent avec leurs yeux de chair et finalement ne l'ont jamais rencontré car il l'ont vu selon les apparences et les représentations qu'ils s'en faisaient , jugeant sur l'extériorité. Ils leur manquent de la profondeur : "Il s'étonna de leur manque de foi." Et là où manque la foi, là s'installe la stérilité : "là, il ne pouvait accomplir aucun miracle ... " C'est pour nous un enseignement : le manque de foi conduit à la stérilité. La "Foi", qui demande le regard du cœur, de l'intériorité, conduit à la fécondité. "Seigneur, augmente en nous la Foi !"

mardi 2 février 2010

Parole du jour
Lc 2, 22-40
(Mardi 2 février)

Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse
pour la purification, les parents de Jésus
le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur ...
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C'était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d'Israël,
et l'Esprit Saint était sur lui.
L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort
avant d'avoir vu le Messie du Seigneur.
Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple.
Les parents y entraient avec l'enfant Jésus
pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient.
Syméon prit l'enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :

« Maintenant, ô Maître,
tu peux laisser ton serviteur
s'en aller dans la paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut,
que tu as préparé à la face de tous les peuples :
lumière pour éclairer les nations païennes,
et gloire d'Israël ton peuple. »

Le père et la mère de l'enfant
s'étonnaient de ce qu'on disait de lui.

Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère :
« Vois, ton fils qui est là provoquera la chute
et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de division.
- Et toi-même, ton cœur
sera transpercé par une épée. -

Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes
d'un grand nombre » ...


Jésus n'avait pas besoin d'être présenté au Temple, il est le Temple : "Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai ... il parlait du Temple de son corps." (Jn 2, 19-22) Son Humanité est le Temple de sa Divinité, en Lui, les deux ne font qu'un : Il est vrai Dieu et vrai Homme, sans séparation ni confusion.
Marie n'avait pas besoin de purification, elle la "Toute Pure", conçue sans péché (Immaculée Conception) qui fut enceinte par l'action de l'Esprit-Saint après son "Fiat" à la demande de Dieu envoyé par l'ange Gabriel : "Et le Verbe s'est fait chair" (Lc 1, 26-38; Jn 1, 14)
Tous les deux, cependant, accomplirent la Torah. Jésus, en effet, n'est pas venu pour "abolir la Torah, mais l'accomplir" (Mt 5, 17) L'accomplir, en lui insufflant la Vie", en lui redonner un cœur qui bat : "l'amour de Dieu et du prochain" (Lc 10, 25) Cet accomplissement, il le prêchera comme une Bonne Nouvelle tout au long de sa vie publique, au risque de trouver l'opposition des "bien- installés", "profiteurs" et "hypocrites" : "
Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. " Le sommet de cet accomplissement se réalisera sur l'autel de la Croix lorsque Jésus librement y déposera sa vie pour le Salut de tous. Jour de grande douleur, en particulier pour sa Mère : "Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée." Mais Jour de "libération" que prophétise par avance Syméon : "... mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple."

Ce jour de "La Présentation de Jésus au Temple", que l'on appelle aussi "chandeleur," mot qui vient de "chandelles", une procession précède la Messe, où chacun porte un cierge béni, qui apparaît comme la marche du Peuple chrétien à la Lumière du Christ ...



lundi 1 février 2010

Parole de Dieu
Mc 5,1-20
(Lundi 1er février)

Jésus et ses disciples
arrivèrent sur l'autre rive du lac,
dans le pays de Géraséniens.
Comme Jésus descendait de la barque,
aussitôt un homme possédé d'un esprit mauvais
sortit du cimetière à sa rencontre ;
il habitait dans les tombeaux
et personne ne pouvait plus l'attacher,
même avec une chaîne ;
en effet on l'avait souvent attaché
avec des fers aux pieds et des chaînes,
mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers,
et personne ne pouvait le maîtriser.
Sans arrêt, nuit et jour,
il était parmi les tombeaux et sur les collines,
à crier, et à se blesser avec des pierres.
Voyant Jésus de loin,
il accourut, se prosterna devant lui
et cria de toutes ses forces :
« Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut ?
Je t'adjure par Dieu, ne me fais pas souffrir ! »
Jésus lui disait en effet :
« Esprit mauvais, sors de cet homme ! »
Et il lui demandait :
« Quel est ton nom ? »
L'homme lui répond :
« Je m'appelle Légion, car nous sommes beaucoup. »
Et ils suppliaient Jésus avec insistance
de ne pas les chasser en dehors du pays.
Or, il y avait là, du côté de la colline,
un grand troupeau de porcs
qui cherchait sa nourriture.
Alors, les esprits mauvais supplièrent Jésus :
« Envoie-nous vers ces porcs,
et nous entrerons en eux. »
Il le leur permit.
Alors ils sortirent de l'homme
et entrèrent dans les porcs.
Du haut de la falaise,
le troupeau se précipita dans la mer :
il y avait environ deux mille porcs,
et ils s'étouffaient dans la mer.
Ceux qui les gardaient prirent la fuite,
ils annoncèrent la nouvelle
dans la ville et dans la campagne,
et les gens vinrent voir ce qui s'était passé.
Arrivés auprès de Jésus, ils voient le possédé
assis, habillé, et devenu raisonnable,
lui qui avait eu la légion de démons,
et ils furent saisis de crainte.
Les témoins leur racontèrent l'aventure du possédé
et l'affaire des porcs.
Alors ils se mirent à supplier Jésus
de partir de leur région.
Comme Jésus remontait dans la barque,
le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui.
Il n'y consentit pas,
mais il lui dit :
« Rentre chez toi, auprès des tiens,
annonce-leur tout ce que le Seigneur
a fait pour toi dans sa miséricorde. »
Alors cet homme s'en alla,
il se mit à proclamer dans la région de la Décapole
tout ce que Jésus avait fait pour lui,
et tout le monde était dans l'admiration.

En méditant cet Evangile, il m'est venu le passage du livre d'Ézéchiel : "Ainsi parle le Seigneur DIEU: Je vais ouvrir vos tombeaux; je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple, je vous ramènerai sur le sol d'Israël. Vous connaîtrez que je suis le SEIGNEUR quand j'ouvrirai vos tombeaux, et que je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple. Je mettrai mon souffle en vous pour que vous viviez; je vous établirai sur votre sol; alors vous connaîtrez que c'est moi le SEIGNEUR qui parle et accomplis-oracle du SEIGNEUR." (Ez 37, 12-14)
Le péché conduit à la mort et sème la mort. Il suffit de regarder tous ces conflits qui régissent le monde et trop souvent la relation entre les hommes. Le "Péché"
est indomptable et possède celui qui tombe dans ses griffes. Ses facettes sont légion, il s'incruste partout comme une lèpre, maladie incurable. L'homme s'est laissé piégé au jardin d'Éden lorsque le serpent le détourna du bien ... St Paul écrit dans sa lettre aux Romains : "Moi je suis un être de chair, vendu au pouvoir du péché. Vraiment ce que je fais je ne le comprends pas : car je ne fais pas ce que je veux, je fais ce que je hais ... Quand je veux faire le bien, : le mal seul se présente à moi. Car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l'homme intérieur; mais j'aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m'enchaine à la loi du péché ..." Et Paul de conclure : "Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort ? Grâces soient à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur !" (Rm 8, 14-25) Il n'y a qu'une seule antidote : "Jésus-Christ Notre Seigneur". C'est "Par" Lui que nous sommes libérés : « Esprit mauvais, sors de cet homme ! » Voici que l'homme possédé se retrouve délivré de ce qui entravait son existence : "assis, habillé, et devenu raisonnable". Expérience du Baptême, du Sacrement de Réconciliation ... de la Présence de Jésus accueillit au cœur de notre vie.

dimanche 31 janvier 2010





Parole du jour
(1 Co 12, 12, 31; 13, 1-13)
(Dimanche 31 janvier)

Frères,
Parmi les dons de Dieu,
vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur.

Eh bien, je vais vous indiquer
une voie supérieure à toutes les autres :


J'aurais beau parler toutes les langues
de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité,

s'il me manque l'amour,
je ne suis qu'un cuivre qui résonne,
une cymbale retentissante.

J'aurais beau être prophète,
avoir toute la science des mystères
et toute la connaissance de Dieu,
et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes,
s'il me manque l'amour, je ne suis rien.

J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j'aurais beau me faire brûler vif,
s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.

L'amour prend patience ;
l'amour rend service ;
l'amour ne jalouse pas ;
il ne se vante pas,
ne se gonfle pas d'orgueil ;
il ne fait rien de malhonnête ;
il ne cherche pas son intérêt ;
il ne s'emporte pas ;
il n'entretient pas de rancune ;
il ne se réjouit pas de ce qui est mal,
mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
il supporte tout,
il fait confiance en tout,
il espère tout,
il endure tout.
L'amour ne passera jamais.

Un jour, les prophéties disparaîtront,
le don des langues cessera,
la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
En effet, notre connaissance est partielle,
nos prophéties sont partielles.
Quand viendra l'achèvement,
ce qui est partiel disparaîtra.
Quand j'étais un enfant,
je parlais comme un enfant,
je pensais comme un enfant,
je raisonnais comme un enfant.
Maintenant que je suis un homme,
j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant.
Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ;
ce jour-là, nous verrons face à face.
Actuellement ma connaissance est partielle ;
ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu.
Ce qui demeure aujourd'hui,
c'est la foi, l'espérance et la charité ;
mais la plus grande des trois,
c'est la charité.

Comment ne pas choisir ce passage de la Lettre de St Paul que nous offre la Liturgie de ce jour ! Voici le Joyau de "l' Alliance Nouvelle et Éternelle" qui est le cœur même de l'Eucharistie : "Prenez et buvez-en tous, ceci est le Sang de l'Alliance Nouvelle et Éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude pour la rémission des péché." L'Amour ! Avec un grand A.

Dans tout ce que nous faisons, c'est moins le faire qui est important que l'intention du cœur à le faire. Je peux le faire comme un "service" pour le bien d'autrui, mais je peux aussi n'y chercher que mon intérêt sans vraiment de considération pour celui à qui je rends ce soi-disant service : "S'il n'y a l'amour, je ne suis rien !" Il y a bien des orgueils cachés !

Puis vient l'énumération du fruit qui montre l'Amour et le réalise ... "Dieu est Amour" écrit St Jean dans sa première lettre (4, 16) , donc il est possible de changer le mot "Amour" par Dieu. Une façon d'apprendre à connaître Dieu : Dieu est patient; Dieu rend service; Dieu ne jalouse pas ... Et nous le connaissons en son Fils, "Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu", qui s'est fait l'un de nous en Jésus né de Marie. Donc, le mot "Amour" peut être remplacé par le nom de "Jésus" : Jésus ne se vante pas; Jésus ne se gonfle pas d'orgueil; Jésus ne fait rien de malhonnête; Jésus ne cherche pas son intérêt ...

Notre vocation fondamentale est la même : l'Amour. Le grand et seul commandement, entendons Parole de vie, qu'il nous a laissé est le suivant : "Aimez-vous les uns les autres de l'Amour dont je vous ai Aimés." (Jn 13, 34) Ce qui veut dire que le mot Amour est appelé à être remplacé par notre prénom. Ainsi pour Marie puisque, pour elle qui n'a été que "oui" à l'Amour de Dieu, c'est vrai : Marie ne s'emporte pas ; Marie n'entretient pas de rancune ; Marie ne se réjouit pas de ce qui est mal ... Quand à nous qui sommes en devenir, il est bon de mettre notre prénom pour prendre conscience à la fois de notre vocation fondamentale et du chemin qui reste à parcourir. C'est chaque jour qu'il faut reprendre la route : N.........trouve sa joie dans ce qui est vrai; N......... supporte tout; N.......... espère tout ... C'est l'Amour qui éternise : "L'Amour ne passera jamais". Ainsi de Jésus ... qui ne passera jamais ... et de nous si nous suivons "ses traces". Pour terminer, un mot du Cardinal Barbarin : "rappelez-vous que la Charité , l'Amour, est la seule chose qui restera à la fin du monde. Ça me fait penser à un vers de Jean de la Croix: "Le soir tu t'examineras sur l'amour" que le saint a ensuite corrigé en "Le soir, nous serons examinés sur l'amour." Cette variante est riche de sens, je vous invite à l'analyser. Pensez-y : nous serons jugés sur l'amour que nous saurons recevoir et donner. Quel amour j'ai reçu aujourd'hui ? Sais-je me laisser aimer ? Ma vie ne vaudra que l'amour donné et reçu. Ignace de Loyola signait ses lettres "mendiant en amour". Il faut savoir être mendiant. Allez à la communion comme des mendiants : c'est seulement si nous reconnaissons que dans la vie spirituelle nous n'avons rien que nous saurons tenir bon jusqu'au bout." Le "Nada" de Thérèse d'Avila ... Seul Celui qui est l'Amour peut nous apprendre à devenir nous-mêmes en vérité, aussi Jésus te dit : "Suis-moi !" ... "Je suis le chemin, la Vérité et la Vie." (Jn 14, 6)

samedi 30 janvier 2010

Parole du jour
Mc 4, 35-41
(jeudi 30 janvier)

Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule en paraboles.
Le soir venu, il dit à ses disciples :
« Passons sur l"autre rive. »
Quittant la foule,
ils emmènent Jésus dans la barque,
comme il était ;
et d'autres barques le suivaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait d'eau.
Lui dormait sur le coussin à l'arrière.
Ses compagnons le réveillent et lui crient :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi avoir peur ?
Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? »
Saisis d'une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Combien de fois par jour, nous passons sur l'autre rive ! Nos journées sont ainsi faites, passant d'une activité à une autre, d'une rencontre à une autre ... Montant dans notre barque, nous voguons au rythme du temps dans l'égrènement des heures qui passent ... Jésus est-il dans la barque ? Pour certains, oui, qui dès le lever le rende présent à leur pensée et à leur cœur par la prière. Mais les réalités d'un vécu absorbant peuvent le rendre au sommeil ... Pour d'autres, non. Ce qui ne l'empêche pas d'être présent, mais ils n'en ont pas conscience : "il dort"! Puis les soucis arrivent avec leurs lots d'angoisse : problème, peut-être, de relation, de couple, de travail, de voiture, de santé, et j'en passe : "les vagues se jettent sur le barque qui se remplit d'eau". L'eau de l'amertume et du mal-être ... Seul, la gorge nouée, pour affronter la tempête !
Il est pourtant "Quelqu'un" qui pourrait aider ... mais il dort, car on le laisse dormir, trop occupé à nos angoisses. Réveillons-le ! Non que d'un coup de baguette magique il changera la citrouille en carrosse, mais il assumera avec nous la dure réalité de notre existence, nous rendra à la paix : "le vent tomba et il se fit un grand calme" ... et nous rendant à l'espérance, nous donnera la force, la sagesse et le discernement dont nous aurons besoin. Écoutons la prière de Salomon : " Je m'adressai au Seigneur et le priai, et je dis de tout mon cœur : 'Donne-moi la Sagesse ... pour qu'elle me seconde et peine avec moi ... elle sait et comprend tout. Elle me guidera prudemment dans mes actions et me protègera ...' " Et ce cri du cœur : "Envoie-la !" (Sg 9, 4. 10. 11) Cette Sagesse est venue et elle est là, Elle s'est incarnée en Jésus qui ne cesse de cheminer avec nous ... A nous de ne pas quitter sa main et de lui ouvrir nos cœurs et nos vies !

vendredi 29 janvier 2010

Parole du jour
(Jeudi 27 janvier)
(Mc 4, 21-25)

Parlant à la foule en parabole,
Jésus disait :
« Il en est du règne de Dieu
comme d'un homme
qui jette le grain dans son champ :
nuit et jour,
qu'il dorme ou qu'il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe,
puis l'épi, enfin du blé plein l'épi.
Et dès que le grain le permet,
on y met la faucille,
car c'est le temps de la moisson. »

Jésus disait encore :
« A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole allons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde ;
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences du monde.
Mais quand on l'a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »

Comme les aliments qui nourrissent notre corps et le garde en vie sans que nous nous en soucions, la Parole de Dieu manduquée, c'est-à-dire assimilée comme la nourriture, se développe en nous et donne vie à notre intériorité sans même que nous en ayons conscience. C'est au fruits qui se donnent à travers nos pensées, paroles, comportements, que son action se révèle et le changement lent mais sûr, nous éblouit : "La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission". (Is 55, 10-11) C'est qu' "Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur ..." (He 4, 12) La Parole, dans le secret du cœur, accomplit son œuvre de libération et de guérison et restaure l'œuvre de Dieu que nous sommes, en nous conduisant, dans le temps, à notre plein accomplissement, à faire de nous un "grand arbre". Il est bon de prendre conscience que la Parole en nous, à l'instant où je parle, "accompli sa mission" dans le secret et le silence, si du moins, nous en avons accueilli la semence ...