dimanche 31 janvier 2010





Parole du jour
(1 Co 12, 12, 31; 13, 1-13)
(Dimanche 31 janvier)

Frères,
Parmi les dons de Dieu,
vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur.

Eh bien, je vais vous indiquer
une voie supérieure à toutes les autres :


J'aurais beau parler toutes les langues
de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité,

s'il me manque l'amour,
je ne suis qu'un cuivre qui résonne,
une cymbale retentissante.

J'aurais beau être prophète,
avoir toute la science des mystères
et toute la connaissance de Dieu,
et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes,
s'il me manque l'amour, je ne suis rien.

J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j'aurais beau me faire brûler vif,
s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.

L'amour prend patience ;
l'amour rend service ;
l'amour ne jalouse pas ;
il ne se vante pas,
ne se gonfle pas d'orgueil ;
il ne fait rien de malhonnête ;
il ne cherche pas son intérêt ;
il ne s'emporte pas ;
il n'entretient pas de rancune ;
il ne se réjouit pas de ce qui est mal,
mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
il supporte tout,
il fait confiance en tout,
il espère tout,
il endure tout.
L'amour ne passera jamais.

Un jour, les prophéties disparaîtront,
le don des langues cessera,
la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
En effet, notre connaissance est partielle,
nos prophéties sont partielles.
Quand viendra l'achèvement,
ce qui est partiel disparaîtra.
Quand j'étais un enfant,
je parlais comme un enfant,
je pensais comme un enfant,
je raisonnais comme un enfant.
Maintenant que je suis un homme,
j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant.
Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ;
ce jour-là, nous verrons face à face.
Actuellement ma connaissance est partielle ;
ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu.
Ce qui demeure aujourd'hui,
c'est la foi, l'espérance et la charité ;
mais la plus grande des trois,
c'est la charité.

Comment ne pas choisir ce passage de la Lettre de St Paul que nous offre la Liturgie de ce jour ! Voici le Joyau de "l' Alliance Nouvelle et Éternelle" qui est le cœur même de l'Eucharistie : "Prenez et buvez-en tous, ceci est le Sang de l'Alliance Nouvelle et Éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude pour la rémission des péché." L'Amour ! Avec un grand A.

Dans tout ce que nous faisons, c'est moins le faire qui est important que l'intention du cœur à le faire. Je peux le faire comme un "service" pour le bien d'autrui, mais je peux aussi n'y chercher que mon intérêt sans vraiment de considération pour celui à qui je rends ce soi-disant service : "S'il n'y a l'amour, je ne suis rien !" Il y a bien des orgueils cachés !

Puis vient l'énumération du fruit qui montre l'Amour et le réalise ... "Dieu est Amour" écrit St Jean dans sa première lettre (4, 16) , donc il est possible de changer le mot "Amour" par Dieu. Une façon d'apprendre à connaître Dieu : Dieu est patient; Dieu rend service; Dieu ne jalouse pas ... Et nous le connaissons en son Fils, "Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu", qui s'est fait l'un de nous en Jésus né de Marie. Donc, le mot "Amour" peut être remplacé par le nom de "Jésus" : Jésus ne se vante pas; Jésus ne se gonfle pas d'orgueil; Jésus ne fait rien de malhonnête; Jésus ne cherche pas son intérêt ...

Notre vocation fondamentale est la même : l'Amour. Le grand et seul commandement, entendons Parole de vie, qu'il nous a laissé est le suivant : "Aimez-vous les uns les autres de l'Amour dont je vous ai Aimés." (Jn 13, 34) Ce qui veut dire que le mot Amour est appelé à être remplacé par notre prénom. Ainsi pour Marie puisque, pour elle qui n'a été que "oui" à l'Amour de Dieu, c'est vrai : Marie ne s'emporte pas ; Marie n'entretient pas de rancune ; Marie ne se réjouit pas de ce qui est mal ... Quand à nous qui sommes en devenir, il est bon de mettre notre prénom pour prendre conscience à la fois de notre vocation fondamentale et du chemin qui reste à parcourir. C'est chaque jour qu'il faut reprendre la route : N.........trouve sa joie dans ce qui est vrai; N......... supporte tout; N.......... espère tout ... C'est l'Amour qui éternise : "L'Amour ne passera jamais". Ainsi de Jésus ... qui ne passera jamais ... et de nous si nous suivons "ses traces". Pour terminer, un mot du Cardinal Barbarin : "rappelez-vous que la Charité , l'Amour, est la seule chose qui restera à la fin du monde. Ça me fait penser à un vers de Jean de la Croix: "Le soir tu t'examineras sur l'amour" que le saint a ensuite corrigé en "Le soir, nous serons examinés sur l'amour." Cette variante est riche de sens, je vous invite à l'analyser. Pensez-y : nous serons jugés sur l'amour que nous saurons recevoir et donner. Quel amour j'ai reçu aujourd'hui ? Sais-je me laisser aimer ? Ma vie ne vaudra que l'amour donné et reçu. Ignace de Loyola signait ses lettres "mendiant en amour". Il faut savoir être mendiant. Allez à la communion comme des mendiants : c'est seulement si nous reconnaissons que dans la vie spirituelle nous n'avons rien que nous saurons tenir bon jusqu'au bout." Le "Nada" de Thérèse d'Avila ... Seul Celui qui est l'Amour peut nous apprendre à devenir nous-mêmes en vérité, aussi Jésus te dit : "Suis-moi !" ... "Je suis le chemin, la Vérité et la Vie." (Jn 14, 6)

samedi 30 janvier 2010

Parole du jour
Mc 4, 35-41
(jeudi 30 janvier)

Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule en paraboles.
Le soir venu, il dit à ses disciples :
« Passons sur l"autre rive. »
Quittant la foule,
ils emmènent Jésus dans la barque,
comme il était ;
et d'autres barques le suivaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait d'eau.
Lui dormait sur le coussin à l'arrière.
Ses compagnons le réveillent et lui crient :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi avoir peur ?
Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? »
Saisis d'une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Combien de fois par jour, nous passons sur l'autre rive ! Nos journées sont ainsi faites, passant d'une activité à une autre, d'une rencontre à une autre ... Montant dans notre barque, nous voguons au rythme du temps dans l'égrènement des heures qui passent ... Jésus est-il dans la barque ? Pour certains, oui, qui dès le lever le rende présent à leur pensée et à leur cœur par la prière. Mais les réalités d'un vécu absorbant peuvent le rendre au sommeil ... Pour d'autres, non. Ce qui ne l'empêche pas d'être présent, mais ils n'en ont pas conscience : "il dort"! Puis les soucis arrivent avec leurs lots d'angoisse : problème, peut-être, de relation, de couple, de travail, de voiture, de santé, et j'en passe : "les vagues se jettent sur le barque qui se remplit d'eau". L'eau de l'amertume et du mal-être ... Seul, la gorge nouée, pour affronter la tempête !
Il est pourtant "Quelqu'un" qui pourrait aider ... mais il dort, car on le laisse dormir, trop occupé à nos angoisses. Réveillons-le ! Non que d'un coup de baguette magique il changera la citrouille en carrosse, mais il assumera avec nous la dure réalité de notre existence, nous rendra à la paix : "le vent tomba et il se fit un grand calme" ... et nous rendant à l'espérance, nous donnera la force, la sagesse et le discernement dont nous aurons besoin. Écoutons la prière de Salomon : " Je m'adressai au Seigneur et le priai, et je dis de tout mon cœur : 'Donne-moi la Sagesse ... pour qu'elle me seconde et peine avec moi ... elle sait et comprend tout. Elle me guidera prudemment dans mes actions et me protègera ...' " Et ce cri du cœur : "Envoie-la !" (Sg 9, 4. 10. 11) Cette Sagesse est venue et elle est là, Elle s'est incarnée en Jésus qui ne cesse de cheminer avec nous ... A nous de ne pas quitter sa main et de lui ouvrir nos cœurs et nos vies !

vendredi 29 janvier 2010

Parole du jour
(Jeudi 27 janvier)
(Mc 4, 21-25)

Parlant à la foule en parabole,
Jésus disait :
« Il en est du règne de Dieu
comme d'un homme
qui jette le grain dans son champ :
nuit et jour,
qu'il dorme ou qu'il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe,
puis l'épi, enfin du blé plein l'épi.
Et dès que le grain le permet,
on y met la faucille,
car c'est le temps de la moisson. »

Jésus disait encore :
« A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole allons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde ;
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences du monde.
Mais quand on l'a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »

Comme les aliments qui nourrissent notre corps et le garde en vie sans que nous nous en soucions, la Parole de Dieu manduquée, c'est-à-dire assimilée comme la nourriture, se développe en nous et donne vie à notre intériorité sans même que nous en ayons conscience. C'est au fruits qui se donnent à travers nos pensées, paroles, comportements, que son action se révèle et le changement lent mais sûr, nous éblouit : "La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission". (Is 55, 10-11) C'est qu' "Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur ..." (He 4, 12) La Parole, dans le secret du cœur, accomplit son œuvre de libération et de guérison et restaure l'œuvre de Dieu que nous sommes, en nous conduisant, dans le temps, à notre plein accomplissement, à faire de nous un "grand arbre". Il est bon de prendre conscience que la Parole en nous, à l'instant où je parle, "accompli sa mission" dans le secret et le silence, si du moins, nous en avons accueilli la semence ...

jeudi 28 janvier 2010


Parole du jour
(Mercredi 27 janvier)
(Mc 4, 21-25)

Jésus disait encore à ses disciples cette parabole :
« Est-ce que la lampe vient
pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ?
N'est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?
Car rien n'est caché,
sinon pour être manifesté ;
rien n'a été gardé secret,
sinon pour venir au grand jour.
Si quelqu'un a des oreilles pour entendre,
qu'il entende ! »
Il leur disait encore :
« Faites attention à ce que vous entendez !
La mesure dont vous vous servez
servira aussi pour vous,
et vous aurez encore plus.
Car celui qui a
recevra encore ;
mais celui qui n'a rien
se fera enlever même ce qu'il a. »

Cet enseignement? Jésus le donne à la suite de la parabole du "semeur" et son explication, dans l'Évangile selon St Marc. Cette Parabole enseignait comment il faut recevoir la Parole : "d'autres grains sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit ..." (Mc 3, 8) Être une "bonne terre" : regarder Jésus et entendre la Parole ... regarder en vérité, c'est-à-dire avec le cœur, Celui qui est la Parole, Jésus, et mettre en pratique ce qu'il enseigne. Juste avant la Parabole du "semeur", le récit nous oriente vers la vraie parenté de Jésus : "Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique." (Lc 8, 50) "Faire la volonté de Dieu" en Mc 3, 35, a la même signification.
Cette Parole reçu "lampe sur mes pas, lumière sur ma route" (Ps 118, 105) "Parole qui illumine" (v. 130), comment pourrait-elle demeurer cachée ? Lorsque les disciples d'Emmaüs (Lc 24, 25-35) entendent Jésus "interpréter les Écritures", leur "cœur devient tout brûlant" et aussitôt "ils partent et s'en retournent à Jérusalem" et là "ils racontent ce qui s'était passé en chemin ..." Et Jean, dans sa première lettre écrit : "Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons ... " (1 jn 1, 3) Et qu'annonce-t-il ? - "La Parole de vie" qui est " Vie éternelle ..." Par le témoignage de leur propre vie et la prédication, Les apôtres vont annoncer à temps et à contre temps cette "Parole de Vie" qui s'est révélée, et qui est à la fois Quelqu'un, Jésus, et son enseignement.
Habités par cette Présence de celui qui s'est dit "la Lumière du monde" (Jn 8, 12), à leur tour, "en Lui, par Lui, avec Lui", ils deviennent "Lumière pour le monde" (Mt 5, 14). Non pas des lumières, mais "La Lumière". Car ce qu'ils sont devenus ne vient pas d'eux-mêmes, mais de Lui. Ce qu'ils ont à dire, ce n'est pas eux, mais Lui : "Ainsi votre Lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux." (v. 16) La grâce de la Foi, de la transformation personnelle, n'est pas seulement pour soi, mais pour les autres. En ce sens, "rien n'est caché sinon pour être manifesté", et celui qui reçoit ce qui vient de Dieu en Jésus-Christ et le transmet, va d'illumination en illumination et sa joie est sans limite car "Dieu est Amour, Dieu est Lumière, Dieu est Parole et nous sommes créés "à son Image" ...

mardi 26 janvier 2010

Parole du jour
(Mercredi 27 janvier)
(Mc 4, 1-9)

Jésus s'est mis une fois de plus à enseigner au bord du lac,
et une foule très nombreuse se rassemble auprès de lui,
si bien qu'il monte dans une barque
où il s'assoit.
Il était sur le lac et toute la foule était au bord du lac,
sur le rivage.
Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles,
et il leur disait, dans son enseignement :
« Écoutez ! Voici que le semeur est sorti pour semer.
Comme il semait, il est arrivé que du grain
est tombé au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé.
Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux,
où il n'avait pas beaucoup de terre ;
il a levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde ;
et lorsque le soleil s'est levé, ce grain a brûlé
et, faute de racines, il a séché.
Du grain est tombé aussi dans les ronces,
les ronces ont poussé, l'ont étouffé,
et il n'a pas donné de fruit.
Mais d'autres grains sont tombés sur la bonne terre ;
ils ont donné du fruit
en poussant et en se développant,
et ils ont produit trente, soixante, cent pour un. »
Et Jésus disait :
« Celui qui a des oreilles pour entendre,
qu'il entende ! »

Tous les grains de la parabole ont la capacité de porter du fruit, mais beaucoup parmi eux sont perdus ... La raison ne vient pas des grains mais de celui qui les reçoit, de la façon dont il les reçoit ... Que faisons-nous des grains reçus ? ... Celui qui le sème, c'est le Fils de Dieu qui s'est incarné (il est sorti) pour semer la Parole dans le cœur (la terre) des hommes, dans nos cœurs. Il est à la fois le Semeur et la Semence, car son enseignement, il l'incarne. Tout ce qu'il dit, et il le dit aussi bien par la bouche que par le comportement et sa façon d'être, est Parole de Vie pour celui qui l'écoute où le regarde.
En premier lieu, cette parabole est un appel à "l'écoute", et dans ce monde oral, on "écoute" aussi par le "regard". Nous lisons dans le Psaume 39, 7 : "Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j'ai dit : « Voici, je viens. « Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j'aime : ta loi me tient aux entrailles." Le "voici je viens" sort d'une "oreille ouverte" qui écoute vraiment et qui donne à la loi (la Parole) d'être profondément semé dans les entrailles (le cœur). Dans la lettre aux Hébreux, "tu as ouvert mes oreilles" devient "tu m'as façonné un corps" (He 10, 5). Le rapport entre l'écoute de la Parole et l'édification de la personne est étonnante. La Parole reçue en vérité nous bâtis, nous construits. C'est le sens du mot "fils" (bera) en araméen : "le bâti" ...
Et il est écrit au Psaume 18,9 : "La Parole du Seigneur est limpide, elle clarifie le regard". La regarder, regarder Jésus, transforme les relations les uns envers les autres ... Cela me fait penser à un autre passage : "goûtez et voyez comme est bon le Seigneur" (Ps 33,9) C'est la Parole de Dieu écoutée, regardée avec le cœur qui donne du goût à la vie ...
A partir de cette Parabole, nous pouvons nous interroger sur notre façon d'écouter la Parole de Dieu et de regarder Jésus, et à partir de là, qu'elle est notre écoute d'autrui et notre regard sur lui ? ... Il s'agit de porter du fruit en abondance ... c'est cela qui nous bâtis dans notre existence et nous donne vie.
Jésus explique la Parabole en Mc 4, 10-20 ...
Parole du jour
(Mardi 26 janvier)
(Ac 22, 3-16)

Comme Jésus était dans une maison,
sa mère et ses frères arrivent.
Restant au-dehors,
ils le font demander.
Beaucoup de gens étaient assis autour de lui ;
et on lui dit :
« Ta mère et tes frères sont là dehors,
qui te cherchent. »
Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est mon frère, ma soeur, ma mère. »

Déjà, lorsque Jésus avait douze ans, iléchappa à sa famille en demeurant à Jérusalem, alors que la caravane rejoignait Nazareth. La raison donnée par Jésus fut la suivante : " Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. " (Lc 2, 49) L'Évangéliste ajoute : "Ils ne comprirent pas ce qu'il disait." Difficile à entendre pour des parents, pour des frères (au sens large de cousins) ... en un monde où la famille selon la chair est sacrée. Jésus ne reniera jamais sa famille charnelle mais il refusera d'en être prisonnier. Il a sa mission et c'est cette mission qui est sacrée. Pour l'accomplir, il doit couper des liens. Comme "l'homme doit quitter son père et sa mère pour s'attacher à sa femme ... et tous deux ne feront plus qu'un" (Gn 2, 24), ainsi Jésus doit quitter sa famille charnelle pour s'attacher à l'Église naissante, sa famille, son Épouse ... Comme Abraham fut appeler "partir et à quitter son pays, sa famille et la maison de son Père ..." pour être une bénédiction : "Tu deviendras une bénédiction" (Gn 12, 1-2, de même Jésus est appelé à tout quitter pour être "Bénédiction" pour son peuple et les nations ... Ce qui unit "sa vraie Famille" à laquelle les membres de sa famille charnelle peuvent adhérer, c'est l'accomplissement de la "volonté de Dieu" qui passe par la Foi en lui, Jésus, qui l'incarne. Cette volonté, elle se dit à travers lui et "l'Écoute", qui demande la Foi, en est le vecteur. Il ne s'agit pas, en effet, d'une "Écoute" passagère et distraite (Lc 8, 4-8), mais d'une "Ecoute" active et transformante qui prend tout l'être. Dans l'Évangile de St Luc, pour le même récit, il est dit : "Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique". (Lc 8, 21) Faire la "volonté de Dieu, c'est donc "écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique" ! ... Cette Parole qu'Il incarne et qu'Il enseigne ...
A l'Eucharistie, cette Parole est proclamée et devient Nourriture, Communion avec Lui, et par Lui entre tous les membres de la grande Famille-Église. Baptisés, nous sommes appelés à former un seul Corps, le Sien, en laissant sa propre Vie s'écouler dans la notre (1 jn 4, 9) et faire de nous des hérauts de la Bonne Nouvelle pour le monde : " Comme il est beau de voir courir ... le messager qui annonce la Paix, le messager de la Bonne Nouvelle, qui annonce le Salut,celui qui vient dire ... :« Il est roi, ton Dieu ! " (Is 52, 7) Il s'agit du Règne de l'Amour : "Dieu est Amour !" (1jn 4, 8)

lundi 25 janvier 2010

Conversion de St Paul

Parole du jour

(Lundi 25 janvier)
(Ac 22, 3-16)

J'ai persécuté à mort les adeptes
de la Voie que je suis aujourd'hui ;
je les arrêtais et les jetais en prison,
hommes et femmes ;
le grand prêtre et tout le conseil des Anciens
peuvent en témoigner.
Eux-mêmes m'avaient donné des lettres pour nos frères
et j'étais en route vers Damas :
je devais faire prisonniers ceux qui étaient là-bas
et les ramener à Jérusalem
pour qu'ils subissent leur châtiment.
Donc, comme j'étais en route et que j'approchais de Damas,
vers midi, une grande lumière
venant du ciel m'enveloppa soudain.
Je tombai sur le sol, et j'entendis une voix qui me disait :
'Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?'
Et moi je répondis : 'Qui es-tu, Seigneur ?
'Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.'
Mes compagnons voyaient la lumière,
mais ils n'entendaient pas la voix de celui qui me parlait,
et je dis : 'Que dois-je faire, Seigneur ?'
Le Seigneur me répondit :
'Relève-toi, va jusqu'à Damas,
et là on t'indiquera tout ce qu'il t'est prescrit de faire.'
Comme je n'y voyais plus, à cause de l'éclat de cette lumière,
mes compagnons me prirent par la main,
et c'est ainsi que j'arrivai à Damas.
Or, Ananie, un homme religieux et fidèle à la Loi,
estimé de tous les Juifs habitant la ville,
vint me trouver et, arrivé auprès de moi, il me dit :
'Saul, mon frère, retrouve la vue.'
Et moi, au même instant, je retrouvai la vue, et je le vis.
Il me dit encore :
'Le Dieu de nos pères t'a destiné à connaître sa volonté,
à voir celui qui est le Juste
et à entendre la parole qui sort de sa bouche.
Car tu seras pour lui, devant tous les hommes,
le témoin de ce que tu as vu et entendu.
Et maintenant, pourquoi hésiter ?
Lève-toi et reçois le baptême,
sois lavé de tes péchés en invoquant le nom de Jésus.'

Pour marcher à sa suite, Jésus ne choisit pas obligatoirement des personnes ralliées à sa cause. Ici, il choisit quelqu'un qui le persécute en persécutant ses disciples : "Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait". (Mt 25, 40) L'expérience de Paul est foudroyante ! C'est l'expérience du "passage" (sens du mot Pâques) de sa vie passée à une vie totalement nouvelle : "Passage de la mort à la vie". Pour Paul, l'expérience de la "Résurrection" au cœur de sa vie concrète. Voici ce qu'il écrira aux Philippiens : "Tous les avantages que j'avais, je les ai considérés comme désavantageux à cause du Christ. Oui, je considère tout cela comme désavantageux à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. A cause de lui, j'ai tout perdu ; je considère tout comme déchets, en vue d'un seul avantage, le Christ, en qui Dieu me reconnaîtra comme juste. Cette justice ne vient pas de moi-même - c'est-à-dire de mon obéissance à la loi de Moïse - mais de la foi au Christ : c'est la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi ..." (Ph 3, 7-9) Dans une homélie pour la fête de la "Conversion de St Paul", Le Père Verlinde écrit : "Dans son homélie pour la solennité de ce jour - la conversion de saint Paul - Benoît XVI soulignait que l’apôtre ne dit pas : « Je me suis converti », mais : « J'ai cessé de vivre » (Ga 2, 19) ; autrement dit : je suis une nouvelle créature. La conversion de saint Paul ne fut pas un passage de l'immoralité à la moralité, d'une foi erronée à une foi « correcte » ; mais elle consiste essentiellement dans le consentement à l'amour du Christ. Le zélé défenseur des traditions de ses pères découvre en un instant qu’il lui faut renoncer à vouloir mériter l’amour de Dieu, renoncer à la prétention d’être lui-même l’auteur de sa propre perfection, pour entrer dans l’humble accueil du salut offert gratuitement en Jésus, et se mettre sans réserve au service du Christ pour ses frères." Un dernier mot de Paul qui nous invite à nous ouvrir au Salut en Christ par la Foi : "ce n'est pas en observant la Loi que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c'est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi ... Si je revenais à la Loi que j'ai rejetée, c'est alors que je me mettrais dans la désobéissance ... Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi." (Ga 2, 16-20) Les "bonnes œuvres" que nous sommes appelés à pratiquer ne viennent pas de nous, mais de Dieu qui nous en donne les moyens en Christ-Jésus qui les assume avec nous : "Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ-Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions." (Eph 2, 10) ... "Seigneur, augmente en nous la foi ?" (Lc 17, 5)

dimanche 24 janvier 2010

Parole du jour
(Dimanche 24 janvier)
(Lc 1, 1-4; 4, 14-21)

Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit,
revint en Galilée, sa renommée
se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues des Juifs,
et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi.
Comme il en avait l'habitude,
il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction.
Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres,
et aux aveugles qu'ils verront la lumière,
apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit.
Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire :
« Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre,
c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »

Jésus est un "Rabbi", c'est-à-dire un "Enseignant". Lorsqu'il est appelé "Maître", la signification est la même : "Maître d'école". Le terme grec employé "didascalè" a cette signification ... Normalement un Rabbi est passé par une "École" et il parle au nom d'un autre Rabbi :"Rabbi Ismaël disait ... Rabbi Ben Abouja disait ..." Ainsi se perpétue la tradition ... Jésus lui n'a pas été dans une école et le fait qu'il se dit "Rabbi" lui sera reproché et sera aussi une des raisons de l'opposition qu'il rencontrera. Lorsque dans l'Évangile de St Jean, Jésus dit : "Moi, je viens au nom de mon "Abba" (Jn 5, 43) . Le terme "Abba" (Père) n'a pas la connotation affective que nous lui donnons, mais éducative de "grand Rabbi". Comme les autres Rabbis ont été enseignés par leurs "Maîtres" et parle en leur nom, Jésus a été enseigné par son Abba des cieux, de qui il vient, et parle en son Nom : "Le Fils (en araméen, le terme "Bera" que nous traduisons par "Fils" signifie "le construit" car l'éducation et l'enseignement bâtissent la personne) ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne voit faire au Père ( l'Abba éducateur et enseignant), ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils (Aimer, c'est éduquer, enseigner. Il faut dépasser la notion affective absolutisée en notre temps ...) et lui montre tout ce qu'il fait" (Jn 5, 19-20). Dans la culture oral, l'enseignement se fait autant par le geste que par le langage, l'enseignement est global, d'où la notion de "voir et de faire" aussi bien que "d'entendre". Si Jésus parle avec "autorité" et "non comme les scribes" (Mc, 1, 22) , c'est parce que sa gloire (Enseignement qui donne la vie et met debout. St Irénée écrit : "La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant") il la reçoit du Père, alors qu'eux "reçoivent leur gloire les uns des autres, et ne cherchent pas la gloire qui vient de Dieu". (Jn 5, 41-44) Ce que Jésus annonce aujourd'hui, c'est justement la Bonne Nouvelle de la Libération de l'Homme qui va s'accomplir en Lui car , à la différence des scribes, ce qu'Il dit, Il fait ... et même Il l'est : "Parole de Dieu", une Parole qui s'accomplira pleinement lorsqu'Elle sera proclamée du sommet de la croix : "Et moi, quand j'aurai été élevé de terre j'attirerai tous les hommes à moi." ( Jn 12, 32) Depuis, cette Parole ne cesse de résonner dans les profondeurs de l'homme et de la Création : "La création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu." (Rm 8, 19) Chaque génération est cet "aujourd'hui où elle s'accomplit" ... Pour nous, cet "aujourd'hui", c'est le notre ! A nous d'accueillir cette Parole qui vient nous révéler à nous mêmes, et nous rendre à notre véritable identité ...

samedi 23 janvier 2010

Parole du jour
(Samedi 23 janvier)
(Mc 3, 20-21)

Jésus entre dans une maison,
où de nouveau la foule se rassemble,

si bien qu'il n'était pas possible de manger.

Sa famille, l'apprenant,

vint pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »

La famille de "chair" de Jésus est loin de Lui. Elle semble aveuglée par ce lien. Elle connaît "trop" Jésus. Mais elle le connaît selon la chair et se fait une représentation de ce qu'il est, ou plutôt de ce qu'elle pense qu'il est. Elle veut le ramener à correspondre à cette représentation. Elle ne vient pas pour le libérer de ceux qui l'entourent et l'empêche de manger, mais elle vient se "saisir" de Lui pour l'emprisonner dans leur schéma sans respect de sa vraie personnalité. Sa famille reste à l'extérieur alors que les disciples cheminent vers l'intérieur et la rencontre de sa véritable identité qui correspond à celle de Celui que l'on appelle Dieu. "Dieu né de Dieu ... vrai Dieu né du vrai Dieu" affirmera plus tard le Symbole de Nicée. Cela demande un dessaisissement de soi et de ses représentations obtuses pour une ouverture au mystère de l'Autre. Cela est vrai dans toutes nos relations humaines ... Ayons assez d'humilité pour nous laisser bousculer et retourner dans nos certitudes ... La vraie liberté est à ce prix !

jeudi 21 janvier 2010


Parole du jour
(Jeudi 21 janvier)
(1S 17, 32sq)

Lorsque David revint après avoir tué le Philistin Goliath,
les femmes de toutes les villes d'Israël
sortirent au-devant du roi Saül
pour chanter et danser
au son des tambourins, des cris de joie et des cymbales.
Les femmes dansaient en se renvoyant ce refrain :
« Saül a tué ses milliers,
et David, ses dizaines de milliers. »
Saül le prit très mal et fut très irrité.
Il disait :
« A David on donne les dizaines de milliers,
et à moi seulement les milliers ;
il ne lui manque plus que la royauté ! »
Depuis ce jour-là, Saül regardait David d'un oeil envieux.

Saül dit à Jonathan son fils et à tous ses gens
sa volonté de faire mourir David.
Mais Jonathan, le fils de Saül, aimait beaucoup David
et il alla le prévenir :
« Mon père Saül veut te faire mourir.
Demain matin, sois sur tes gardes,
reste caché, dissimule-toi.
Moi, je sortirai et je me tiendrai à côté de mon père
dans la campagne, pas loin de toi.
Je parlerai de toi à mon père,
je verrai ce qu'il dira et je te le ferai savoir. »
Jonathan fit à son père Saül l'éloge de David
et il continua :
« Que le roi ne commette pas de crime
contre son serviteur David,
car lui n'a commis aucun crime contre toi.
Au contraire, il t'a rendu un grand service.
Il a risqué sa vie, il a tué Goliath le Philistin,
et le Seigneur a donné une grande victoire à tout Israël :
tu l'as vu et tu en as été heureux.
Pourquoi donc commettre un crime
contre la vie d'un homme innocent,
en faisant mourir David sans motif ? »
Saül écouta Jonathan et fit ce serment :
« Je le jure par le Seigneur qui est vivant :
David ne mourra pas ! »
Alors Jonathan appela David
et lui répéta tout ce que le roi avait dit.
Puis il le conduisit à Saül,
et il reprit sa place comme avant.

En désobéissant à Dieu, Saül a laissé son cœur s'enténébrer et "ses pensées ne sont plus celles de Dieu mais celles des hommes" : jalousie, convoitise, meurtre etc ... Ainsi de l'œuvre du péché en lui. La loi n'est plus celle de l'amour et du service, mais celle du rapport de force et de la jungle. David a sauvé ce peuple dont Saül est le roi. Saül aurait dû s'en réjouir, au contraire il aurait voulu en tirer gloire, honneur et reconnaissance au détriment de David qui a risqué sa vie. La meilleure façon de retrouver l'adulation du peuple, c'est d'éliminer le concurrent même si celui-ci a montré une fidélité à toute épreuve et risqué sa vie pour le roi en même temps que pour le peuple. Saül ne regarde qu'à lui-même. Le bien de son peuple est second. Il n'est plus serviteur, il a pris le pouvoir. David lui, montrera toujours de la déférence pour le roi et ne cherchera nullement à lui prendre sa place. Il deviendra roi par le bon vouloir de Dieu et non par sa propre volonté. Il fera des erreurs, saura les reconnaître et faire pénitence, et demeurera malgré ces faiblesses un "roi selon le cœur de Dieu." car il "aime son Dieu" et donc son peuple. Puissent "nos pensées être celles de Dieu et non celles des hommes". Cela demande une grande familiarité et un compagnonnage avec Lui ...

mardi 19 janvier 2010

Parole du jour
(Mercredi 20 janvier)
(1S 17, 32sq)

Le Philistin Goliath venait tous les jours défier l'armée d'Israël.
David dit au roi Saül :
« Que personne ne perde courage à cause de ce Philistin.
Moi, ton serviteur, j'irai me battre avec lui. »
Saül répondit à David :
« Tu ne peux pas marcher contre ce Philistin
pour lutter avec lui,
car tu n'es qu'un enfant,
et lui, c'est un homme de guerre depuis sa jeunesse. »
David insista :
« Le Seigneur,
qui m'a sauvé des griffes du lion et de l'ours,
me sauvera des mains de ce Philistin. »
Alors Saül lui dit :
« Va, et que le Seigneur soit avec toi ! »
David prit son bâton,
il choisit dans le torrent cinq cailloux bien ronds
et les mit dans une poche de son sac de berger ;
puis, la fronde à la main, il marcha vers le Philistin.
Le Philistin s'avança, précédé de son porte-bouclier,
et arriva près de David.
Lorsqu'il le vit, il le regarda avec mépris
car c'était un jeune garçon ; il était roux et de belle apparence.
Le Philistin lui dit :
« Suis-je donc un chien,
pour que tu viennes contre moi avec un bâton ? »
Et il lui lança une malédiction en invoquant ses dieux.
Il dit à David :
« Viens ici, que je te donne en pâture
aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! »
David lui répondit :
« Tu marches contre moi
avec l'épée, la lance et le javelot,
mais moi, je marche contre toi
au nom du Seigneur des armées,
le Dieu des troupes d'Israël que tu as insulté.
Aujourd'hui le Seigneur va te livrer en mon pouvoir,
je vais te tuer, te trancher la tête,
donner aujourd'hui même les cadavres de l'armée philistine
aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages.
Toute la terre saura qu'il y a un Dieu pour Israël,
et tous ces gens rassemblés sauront que le Seigneur
ne donne la victoire ni par l'épée ni par la lance,
mais que le Seigneur combat lui-même,
et qu'il vous livre entre nos mains. »
Goliath s'était avancé et venait à la rencontre de David.
Celui-ci s'élança et courut vers les rangs des ennemis
au-devant du Philistin.
Il plongea la main dans son sac,
et en retira un caillou qu'il lança avec sa fronde.
Il atteignit le Philistin au front,
le caillou s'y enfonça,
et Goliath tomba la face contre terre.
Ainsi David triompha avec une fronde et un caillou :
quand il frappa le Philistin à mort,
il n'avait pas d'épée à la main.
David se précipita, et arrivé près du Philistin,
il lui prit son épée, qu'il tira du fourreau,
et le tua en lui tranchant la tête.
Quand les Philistins virent que leur champion était mort,
ils prirent la fuite.

Le commentaire de l'Évangile d'hier convient également à celui d'aujourd'hui. Aussi je préfère m'arrêter à la première lecture de ce jour : le "combat entre David et Goliath".

Le philistin représente la puissance et la suffisance. Il est sûr de lui : "Viens ici que je te donne en pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! » Je ne puis m'empêcher de penser au passage du livre de Jérémie où il est dit : "Malheur à l'homme qui met sa confiance en l'homme, qui fait de la chair son appui ..." (Jr 16, 5) Cet homme-là, ses forces, il les trouve en lui-même et se surestime. Il se prend pour un dieu : "et dont le cœur s'écarte de Dieu ..." (id.) Ainsi du Philistin ...

David, lui, sait, pour l'avoir expérimenté, que la force ne vient pas de lui : « Le Seigneur, qui m'a sauvé des griffes du lion et de l'ours, me sauvera des mains de ce Philistin. » Décentré de lui-même, il est ancré sur "le Seigneur". Aussi répond-il au Philistin : " Tu marches contre moi avec l'épée, la lance et le javelot, mais moi, je marche contre toi au nom du Seigneur ..." Humainement parlant, il est vaincu, et il le sait, mais Divinement parlant, il est vainqueur et il le croit : "Au jour de ma défaite, ils m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui, il m'a libéré, mis au large, il m'a sauvé, car il m'aime." (Ps 17, 19-20)

C'est l'expérience que Jésus, descendant de David, réalise en lui-même dans le Mystère de sa mort et de sa résurrection : vrai homme (Humain) et vrai Dieu (Divin) . Mort selon les hommes, mais vivant selon Dieu : La Résurrection en est le Signe ... Goliath s'effondre : "David n'avait pas d'épée à la main ..."

(Goliath et David - Enluminure du XIIè siècle)

lundi 18 janvier 2010

Parole du jour
(Mardi 19 janvier)
(Mc 2, 23-28)

Un jour de sabbat, Jésus marchait
à travers les champs de blé ;

et ses disciples, chemin faisant,
se mirent à arracher des épis.

Les pharisiens lui disaient :
« Regarde ce qu'ils font le jour du sabbat !

Cela n'est pas permis. »

Jésus leur répond :
« N'avez-vous jamais lu ce que fit David,
lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim,
lui et ses compagnons ?
Au temps du grand prêtre Abiathar,

il entra dans la maison de Dieu
et mangea les pains de l'offrande
que seuls les prêtres peuvent manger,

et il en donna aussi à ses compagnons. »
Il leur disait encore :

« Le sabbat a été fait pour l'homme,

et non pas l'homme pour le sabbat.

Voilà pourquoi le Fils de l'homme
est maître,
même du sabbat. »

Le Sabbat était devenu une institution d'interdits pour soi-disant honorer Dieu qui après la Création se reposa le 7ème jour. Et il en demeure ainsi dans le judaïsme d'aujourd'hui. L'intention est sans doute bonne, mais au détriment de l'homme. L'homme aurait-il été fait pour le Sabbat ? ... Jésus donnera la réponse : c'est le Sabbat qui a été fait pour l'homme. Aussi ne peut-on faire du Sabbat un absolu et il faut savoir en transgresser les interdits lorsque l'homme est en danger. Jésus démontre à ses adversaires, défenseur de l'absolu du Sabbat, que lorsque leurs profits sont en danger, ils n'hésitent pas à le transgresser. Ainsi lorsqu'un fils ou un bœuf tombe dans un puits ...
Quand il est dit que Dieu se repose, cela ne signifie pas qu'il arrête de donner la vie. Jésus dira au juifs dans l'Evangile selon St Jean : "Moi et mon Père, nous travaillons toujours ..." La vie l'emporte absolument sur la loi du Sabbat. Les deux références données pour cette institution dans l'un des dix Commandements, c'est d'une part la "Création", c'est-à-dire le don de la vie, et d'autre part la "délivrance d'Égypte", c'est-à-dire la libération. Vie et libération l'emporte sur le précepte. St Paul écrit dans une de ses lettres : "La lettre tue, l'esprit donne la vie." Le pourquoi du Sabbat est de magnifier la vie et la libération donnée et réalisée par Dieu, donc la vie et la libération l'emporte sur le précepte. Se nourrir quand il en est nécessaire l'emporte sur le précepte qui, suivit à la lettre devient alors entrave au bien de l'homme ... et donc de Dieu qui veut le bien de l'homme.
Parole du jour
(Lundi 18 janvier)
(Mc 2, 18-22) )

Personne ne met du vin nouveau
dans de vieilles outres ;
autrement la fermentation fait éclater les outres,
et l'on perd à la fois le vin et les outres.
A vin nouveau, outres neuves. »

Jésus semble se définir comme ce vin nouveau, ce vin au goût inconnu, ce vin qui va agacer d'une certaine manière (et c'est bien ce qui se passe avec les pharisiens) et il demande que ce vin ne soit pas mis dans de veilles outres. Il dit même qu'il y a danger. Et pourtant je crois que les disciples eux, s'enivrent de sa présence puisqu'ils ne suivent plus les préceptes des anciens. Si Jésus est le vin nouveau, il y a donc un risque à suivre son enseignement. Il lui faut un contenant approprié; car on ne peut pas le mettre dans une outre qui a servi au vin ancien. Or il est extrêmement facile quand on a goûté à quelque chose, quand on aime cette chose, de ne pas vouloir changer sa manière de voir, de goûter, de comprendre. Quand on a des certitudes, on s'y accroche. On n'a pas du tout envie d'essayer quelque chose qu'on ne connaît pas. Et on va même penser que le nouveau est dangereux (pour notre sécurité) . Cela se vit bien aujourd'hui dans nos églises : il est si difficile de changer sa manière de voir et même de renoncer à s'approprier la Parole. La finale de cette péricope (enfin pas tout à fait, car là je fais référence à l'évangile de Luc : Lc 5,39 ) dit que celui qui a goûté au vin vieux ne veut pas de vin nouveau. En d'autres termes, il n'est pas facile de quitter ses certitudes, de se laisser interroger, renouveler par une Parole que l'on croit connaître et maîtriser. Il n'est pas facile d'être une outre neuve. Mon désir d'aujourd'hui, est que ce vin nouveau fasse exploser la vieille outre que je suis, pour qu'une nouvelle se crée et soit apte à conserver ce vin nouveau. Que ce mouvement de renouvellement soit un mouvement incessant. Pour moi le vin nouveau est d'une certaine manière un vin qui pétille, il a la vie en lui ... (Commentaire : Giboulee)

dimanche 17 janvier 2010

L'Epoux t'invite à l'Alliance

Nous sommes toujours aux noces de Cana, Seigneur.
Tu es parmi nous en ami,
mais nous ne Te connaissons pas.

Tu changes d’un geste clair

L’eau de nos larmes en vin joyeux
du Royaume à venir,
et nous ne le voyons pas.
Nous festoyons, nous Te jetons quelquefois
un regard furtif,
mais nous T’oublions
car nous ne T’avons pas reconnu.

Nous sommes trop ivres
de notre suffisance pour Te contempler.

Tu ne quittes pourtant pas la table de la vie,

Tu veilles à notre faim et Tu es attentif à notre soif.

Le lendemain de Ta présence,
dans le réveil dur de la solitude,

nous avons le cœur pris dans un étau de tristesse.

Nous revoyons soudain Ton regard et Tes gestes,

Et nous regrettons de ne T’avoir rien dit.

Nous aurions aimé Te reconnaître

et Te remercier d'être là, humble et magnifique.

Nous sommes malades d’avoir passé un jour de soleil,

sans même regarder le soleil.

Et si quelqu’un nous dit ce que Tu as fait,

nous voudrions renverser le sablier du temps :

Nous sommes si tristes, si vains,

que nous oublions que Tu nous attends déjà et encore

pour les noces d’aujourd’hui et celles de demain…
Claude Lopez-Ginisty

(Commentaire sur l'Évangile à la suite)

samedi 16 janvier 2010

Parole du jour
(Dimanche 17 janvier)
(Jn 2, 1-11 )

Il y avait un mariage à Cana en Galilée.
La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité
au repas de noces avec ses disciples.


Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit :
« Ils n'ont pas de vin. »
Jésus lui répond :
« Femme, que me veux-tu ?
Mon heure n'est pas encore venue. »
Sa mère dit aux serviteurs :
« Faites tout ce qu'il vous dira. »
Or, il y avait là six cuves de pierre
pour les ablutions rituelles des Juifs ;
chacune contenait environ cent litres.
Jésus dit aux serviteurs :
« Remplissez d'eau les cuves. »
Et ils les remplirent jusqu'au bord.
Il leur dit :
« Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. »
Ils lui en portèrent.
Le maître du repas goûta l'eau changée en vin.
Il ne savait pas d'où venait ce vin,
mais les serviteurs le savaient,
eux qui avaient puisé l'eau.
Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit :
« Tout le monde sert le bon vin en premier,
et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon.
Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.
C'était à Cana en Galilée.
Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Voici Jésus invité à un mariage. Jésus se réjouit avec les hommes, il aime les voir heureux. Dieu est ainsi. Mais voici que le vin manque. Un mariage sans vin ! L'Ancienne Alliance ne peut conduire au plein accomplissement de l'amour ...
Marie intervient :
"Il n'ont plus de vin !" C'est une demande. Jésus se défend : "Mon Heure n'est pas encore venue." Quelle heure ? L'Heure où l'Amour pourra s'accomplir pleinement car l'eau de l'Ancienne Alliance se changera en vin de la Nouvelle Alliance. Accomplissement salutaire pour l'Humanité. L'Heure de la croix, où du côté transpercé de Jésus a jailli l'eau ... et le Sang. A l'Eucharistie, Sacrement de la croix, l'eau changée en vin devient le Sang du Christ. L'Heure du Vin Nouveau, l'Heure du Sang versé, c'est l'Heure des noces de l'Agneau immolé. Le Christ Époux donne sa vie pour l'Église son Épouse, pour nous les hommes. Les noces de Cana sont les Noces de Dieu avec l'humanité. Le christianisme est une religion nuptiale, la religion de l'Amour ... et nous en sommes les bénéficiaires grâce au Sacrifice du "Verbe fait chair".
Parole du jour
(Vendredi 16 janvier)
(Mc 2, 13-17)

Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ;
toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée,

assis à son bureau de publicain
(collecteur d'impôts).
Il lui dit : « Suis-moi. »

L'homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table dans sa maison,

beaucoup de publicains et de pécheurs
vinrent
prendre place avec Jésus et ses disciples,

car il y avait beaucoup de monde.

Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi,

et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains,
ils disaient à ses disciples :
« Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »

Jésus, qui avait entendu, leur déclara :
« Ce ne sont pas les gens bien portants

qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

Dans son dernier livre, Mgr Albert Rouet, Archevêque de Poitiers, écrit dans son dernier livre "J'aimerais vous dire" : "Il me semble que l'opposition fondamentale dans la Bible n'est pas entre le bien et le mal. C'est nous qui lisons les choses de cette façon. L'opposition, dans l'Évangile se tient entre ouverture et fermeture. On constate que des gens peu moraux suivent le Christ et que des gens très moraux ne le suivent pas; tout comme des gens très moraux suivent le Christ et des gens immoraux ne le suivent pas ! Autrement dit, ce n'est pas en bien et en mal que réagit l'Évangile, mais en capacité d'accueil ou de fermeture ... Je peux avoir, par rapport à la vérité morale une relation de pharisien. Je peux avoir une relation d'exclusion, de condamnation, de violence, d'armement politique ... Mais il y a des gens qui sont dans des situation invraisemblables et qui ont une relation tellement juste à ce qu'ils sont, tellement vrais, que ceux-là sont dans une attitude d'ouverture dans laquelle se reconnaît la présence du Christ ..." (p. 130-132) Lévi, ce publicain, collaborateur de l'envahisseur, sans doute un peu (ou beaucoup) voleur de l'argent qui lui passe entre les mains. Rappelons-nous Zachée : "Si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rend le quadruple" (Lc 19, 8), correspond, me semble-t-il, à "ces gens immoraux". La situation qui est la sienne l'a conduit à à une attitude vraie à ce qu'il est et il n'en est pas fier. Aussi lorsque Jésus passe et le regarde sans le condamner mais en l'invitant à le suivre, il s'ouvre à cet appel : " il se leva et le suivit" ... et sa vie en est transformée. Il invite ses amis publicains et pécheurs pour qu'ils fassent la rencontre de Jésus et s'ouvre à sa Présence. Les pharisiens eux, "gens moraux" demeurent fermés : " Il mange avec les publicains et les pécheurs ! " Ils demeurent dans le jugement et la condamnation, l'exclusion. Jésus lui, n'est pas venu pour juger, condamner, exclure, mais pour sauver. Il ne s'arrête pas aux apparences ... "il sait ce qu'il y a en l'homme" ... Et qui peut se dire en bonne santé et sans péché ? ... Chacun, nous avons nos démons ! A chacun de le reconnaître et d'apprendre à les reconnaître.

vendredi 15 janvier 2010

Parole du jour
(Vendredi 15 janvier)
(Mc 1, 40-45)

Jésus était de retour à Capharnaüm,
et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison.
Tant de monde s'y rassembla
qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte.
Jésus leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens
qui lui amènent un paralysé,
porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule,
ils découvrent le toit au-dessus de Jésus,
font une ouverture
et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi,
Jésus dit au paralysé :
« Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

Or, il y avait dans l'assistance quelques scribes
qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ?
Il blasphème.
Qui donc peut pardonner les péchés,
sinon Dieu seul ? »
Saisissant aussitôt dans son esprit
les raisonnements qu'ils faisaient,
Jésus leur dit :
« Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
Qu'est-ce qui est le plus facile ?
de dire au paralysé : 'Tes péchés sont pardonnés',
ou bien de dire :
'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme
a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre,
je te l'ordonne,
(dit-il au paralysé),
lève-toi,
prends ton brancard et rentre chez toi. »
L'homme se leva, prit aussitôt son brancard,
et sortit devant tout le monde.
Tous étaient stupéfaits
et rendaient gloire à Dieu, en disant :
« Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »

J'ai connu une personne tétraplégique qui réconfortait ceux qui la visitait par son rayonnement ... La paralysie dont parle l'Évangile est avant tout celle du cœur. Le péché entrave la vie, il en arrête l'écoulement : "Les fleuves se changent en désert, les sources d'eau en pays de la soif ...". (Ps 107, 35) La relation avec soi-même, avec les autres parce qu'avec Dieu est paralysée. Il y a distorsion de l'être, déchirure et division. Aujourd'hui, on a tendance à relativiser le péché car on a perdu le chemin du paradis, c'est-à-dire du cœur, de l'intériorité. Peut-être que dans le passé, on nous a trop culpabilisés par rapport à celui-ci, nous promettant le jugement inflexible de Dieu, un Dieu en fait plein de miséricorde et venu pour nous sauver, c'est-à-dire nous rendre la santé. Mais ce constat ne nous empêche pas d'être malade ... Jésus est ce Médecin qui peut nous remettre debout en nous libérant des chaînes qui nous entravent et nous empêchent de nous bouger. L'Amour qui guérit est à la porte, Il frappe patiemment, encore fait-il l'ouvrir : " Ce ne sont pas les gens bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades ... je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." (Mt 9, 13) Le pardon et la guérison ! ... Encore faut-il être assez humble pour se reconnaître pécheur et donc malade. C'est le lot de tout être humain. La guérison physique par Jésus, quand il y a - Jésus n'a pas guéri tous les malades - est toujours le signe d'une guérison plus profonde, celle du cœur. Combien de fois dans un Sacrement qui est action de Jésus aujourd'hui comme il a deux mille ans, ai-je pu faire cette constatation, en particulier dans le baptême, la réconciliation et le sacrement des malades ... A l'Eucharistie même, lors de la consécration du vin qui devient le Sang rédempteur du Christ, il est dit : "Prenez et buvez en tous car ceci est la coupe de mon Sang, le Sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés." et juste avant de communier : "... dis seulement une Parole et je serais guéri." Il est lui-même cette Parole de guérison et nous y communions. Puissions nous permettre au Christ de nous dire ces paroles : "Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi." Il ne peut le faire sans notre désir et notre humble adhésion. Les moyens sont à notre portée, encore faut-il les prendre ...