dimanche 3 novembre 2013

Parole du jour
Lc 19, 1-10
Dimanche 03 novembre

Jésus traversait la ville de Jéricho.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d'impôts,
et c'était quelqu'un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus,
mais il n'y arrivait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore
pour voir Jésus qui devait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l'interpella :
« Zachée, descends vite :
aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient :
« Il est allé loger chez un pécheur. »
Mais Zachée, s'avançant, dit au Seigneur :
« Voilà, Seigneur :
je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j'ai fait du tort à quelqu'un,
je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet :
« Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison,
car lui aussi est un fils d'Abraham.
En effet, le Fils de l'homme est venu chercher
et sauver ce qui était perdu. »

Zachée, un publicain, comme Matthieu. Un homme rejeté de ses compatriotes en raison de sa collaboration avec les romains ... et de l'argent qu'il se met dans la poche en collectant les impôts ...
Comme pour Matthieu, l'attitude de Jésus a son égard ne se calque pas sur l'extérieur. Jésus voit le cœur. Il ne s'arrête pas au péché, il va directement à la personne. Et cette personne, il l'aime : "Dieu ne fait pas de différence entre les personnes". Et même, Jésus s'invite chez lui comme il s'invite chez chacune : "Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs." dira-t'il. Jésus ne peut rentrer que dans la maison dont la porte est ouverte. Et souvent c'est le péché qui ouvre la porte car la faiblesse et la reconnaissance de son incapacité à marcher droit par soi-même rend humble et ouvre au salut : "Il reçut Jésus avec joie." Ceux qui se croient "justes" se font les juges des autres et ne voient pas la "poutre qu'ils ont dans l'œil". L'amour, ils ne connaissent pas. Vivre dans cette état, ce n'est pas la joie ! ... A l'extérieur il se montre fort mais à l'intérieur c'est la tristesse et l'enfermement. 
L'accueil réciproque de Jésus et de Zachée ouvre une relation lumineuse qui  conduit Zachée à reconnaître ses erreurs et donc à la conversion et au bien-être : "Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu."
 
A méditer
 
Voici l'autre devant moi, Seigneur
je dois le regarder "lui"
au-delà de ma sympathie ou de mon antipathie,
au-delà de mes idées et de ses idées,
de mon comportement et de son comportement.
Je dois "lui" permettre d'exister devant moi,
tel qu'il est en son être profond,
et non pas l'obliger à l'attaque,
à la défensive, à la comédie.
Je dois le respecter, autre que moi ,
et non pas le saisir pour moi,
le gagner à mes idées, l'entrainer à ma suite.
Je dois être pauvre devant "lui",
ne pas l'écraser ni l'humilier,
ni l'obliger à la reconnaissance.
Car il est unique, Seigneur, et donc riche,
d'une richesse que je ne possède pas,
et c'est moi le pauvre qui me tiens à sa porte,
nu, dépouillé, pour apercevoir
au fond de son coeur ton visage,
ô Christ ressuscité, qui m'invite et me sourit.

                                                      Michel Quoist

 
 

vendredi 1 novembre 2013

  Commémoraison des défunts
Samedi 2 novembre

Au lendemain de la fête de tous les saints où l’Église célèbre dans la joie la communion des saints et le salut des hommes, saint Odilon, cinquième Abbé de Cluny, a institué, à la fin du 1er millénaire, pour ses monastères très nombreux en Europe, la « Fête des morts ». Par celle-ci, il a voulu exhorter ses moines à prier de manière particulière pour les morts, contribuant ainsi mystérieusement à leur accès à la pleine communion avec Dieu. A partir de l’abbaye de Cluny, l’usage s’est peu à peu répandu d’intercéder solennellement pour les défunts par une célébration qui est en vigueur dans l’Église universelle depuis le XIIIè sc et que nous appelons aujourd’hui : « la Commémoraison (ou Commémoration) des défunts ».
Écoutons Jean Paul II nous en donner le sens
« En priant pour les morts, l’Église contemple avant tout le mystère de la Résurrection du Christ qui, par sa Croix, nous obtient le salut et la vie éternelle. Aussi, avec saint Odilon, pouvons-nous redire sans cesse :      « La croix m’est un refuge, la Croix m’est voie et vie [...]. La Croix est mon arme invincible. La Croix repousse tout mal. La croix dissipe les ténèbres ». La Croix du Seigneur nous rappelle que toute vie est habitée par la lumière pascale, qu’aucune situation n’est totalement perdue, car le Christ a vaincu la mort et nous ouvre le chemin de la vraie vie. La Rédemption « se réalise par le sacrifice du Christ, grâce auquel l’homme rachète la dette du péché et s’est réconcilié avec Dieu » (Tertio millennio adveniente, n. 7)...

 Parole du jour
Lc 2, 25-32

Il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. 
C'était un homme juste et religieux, 
qui attendait la Consolation d'Israël, 
et l'Esprit Saint était sur lui.

L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort 
avant d'avoir vu le Messie du Seigneur.
Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. 
Les parents y entraient avec l'enfant Jésus 
pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient.
Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître,
tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix,
selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut,
que tu as préparé à la face de tous les peuples :
lumière pour éclairer les nations païennes,
et gloire d'Israël ton peuple. »
Les 1ers mots de la 1ère  lecture de la messe de ce jour,  tirée du livre de la Sagesse  disent : " Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même. La vie des justes est dans la main de Dieu ..." (Sg 2, 23) Merveilleuse affirmation ! Siméon porte en lui cette certitude. Il sait qu'il va mourir. Cela ne l'effraie pas. Il est à l'écoute de l'Esprit et il discerne sa voix. Il se laisse conduire par le même Esprit qui le conduit à prendre Jésus dans ses bras et à en recevoir la paix :" Maintenant au Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix ..." Ce qu'il a vu de ses yeux de chair c'est le Salut. Il reconnaît Jésus comme le Salut qui le conduit à son accomplissement : "La gloire de Dieu c'est l'homme vivant et la vie de l'homme, c'est de voir Dieu", écrit St Irénée. Syméon est vivant de l'Esprit qu'il laisse "jaillir en lui", et dans l'enfant qu'il tient dans ses bras, il voit Dieu du regard de son coeur et le reconnait : "Nous Le (le Christ) verrons tel qu'il est, écrit St Jean, car nous lui serons semblable." Siméon Lui est devenu conforme et en est illuminé. 

LA TOUSSAINT

Parole du jour
Vendredi 1 novembre
Mt 5, 1-12a
Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait,
il gravit la montagne.
Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.

Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire.
Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur :
le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux :
ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux :
ils obtiendront miséricorde !

Heureux les cœurs purs :
ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix :
ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l'on vous insulte,
si l'on vous persécute
et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse,
car votre récompense sera grande dans les cieux !


Qui sont-ils ces Saints que nous fêtons aujourd'hui ? ... Bien-sûr ceux qui sont inscrits sur nos calendriers, ceux dont nous portons le prénom, ceux qui ont été canonisés par l'Eglise. Mais il ne faut pas oublier la multitude de ceux qui inconnus, se sont laissés sanctifier par le Christ. Et sans doute que nous en croisons sur nos routes, hommes ou femmes qui sans bruit vivent du Christ. Et chacun d'entre nous, nous sommes appelés à être Saint. C'est la vocation de tout chrétien et donc de chacun d'entre nous ... et même de toute personne humaine. Car la vocation humaine est une vocation à l'Amour et l'être humain souffre de ne pas aimer comme il le faudrait. Dieu qui est l'unique Saint a créé l'homme à son Image. Dieu est Amour. En se faisant Homme, le Fils de Dieu a parfaitement accompli cette vocation dans notre propre chair. Il est l'unique chemin vers la sainteté. L'accueillir au cœur de notre vie, c'est lui permettre de l'assumer avec nous en la purifiant et en l'ajustant sur l'Amour et donc de l'accomplir en sainteté.
Le Sacrement du baptême nous plonge dans la Sainteté du Christ, dans le Mystère de sa mort et de sa Résurrection, et nous incorpore à Lui : "Tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ." La Sainteté est alors un déjà-là par cette union au Christ et un pas-encore car il nous faut adhérer (la Foi) de tout notre être à cette sainteté au quotidien de nos vies en faisant de Lui le compagnon de nos routes. Il est "le Chemin, la Vérité et la Vie." Certes sur nos routes, il nous arrive de chuter contre la pierre ou de tomber dans le fossé. mais Il est toujours là pour nous relever et nous remettre sur le chemin. La Sainteté n'est pas la perfection, mais cette remise continuelle de notre vie dans la Sienne. Car Il est Lui-même notre Sainteté, Lui qui a parfaitement accompli notre Humanité. Aussi notre regard ne doit-il pas se détacher de Lui.

Écoutons le dialogue de St François avec son compagnon Léon :


"Sautant d’un rocher à l’autre, Léon eut tôt fait de traverser le torrent. François le suivit. Il y mit plus de temps. Léon, qui l’attendait debout sur l’autre rive, regardait l’eau limpide couler avec rapidité sur le sable doré entre les masses grises des rochers. Lorsque François l’eut rejoint, il demeura dans son attitude contemplative. Il semblait ne pouvoir se détacher de ce spectacle. François le regarda et il vit de la tristesse sur son visage.
- Tu as l’air songeur, lui dit simplement François.
- Ah! si nous pouvions avoir un peu de cette pureté, répondit Léon, nous connaîtrions, nous aussi, la joie folle et débordante de notre sœur l’eau et son élan irrésistible!
Il passait dans ces paroles une profonde nostalgie. Et le regard de Léon fixait mélancoliquement le torrent qui ne cessait de fuir dans sa pureté insaisissable.
- Viens, lui dit François en le tirant par le bras.
Et ils reprirent tous deux leur marche. Après un moment de silence, François demanda à Léon :
- Sais-tu, frère, ce qu’est la pureté du cœur ?
- C’est ne pas avoir de faute à se reprocher, répondit Léon sans hésiter.
- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher.
- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d’arriver un jour à la pureté du cœur.
- Ah! frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C’est cela même, petit frère, avoir le cœur pur.
« Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté.

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon.
- Oui, sans doute, répondit François. Mais la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on se découvre et que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude.
« Notre néant, vois-tu, s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme.
« Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos cours. C’est cela avoir le cœur pur.
« Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant.
- Comment faire? demanda Léon
- Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aiguë de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le cœur devient alors léger. II ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu." (Tiré du livre "La Sagesse d'un pauvre" d'Eloi Leclerc)
 Parole du jour
Rm 8, 31b-39
Jeudi 31 octobre

Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? 
Il n'a pas refusé son propre Fils, il l'a livré pour nous tous : 
comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? 
Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? 
puisque c'est Dieu qui justifie. 
Qui pourra condamner ? 
puisque Jésus Christ est mort ; plus encore : il est ressuscité,
il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.
Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ? 
la détresse ? l'angoisse ? la persécution ? la faim ? 
le dénuement ? le danger ? le supplice ? 
L'Écriture dit en effet : 
C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt, 
on nous prend pour des moutons d'abattoir.
Oui, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs 
grâce à celui qui nous a aimés. 
J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, 
ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, 
ni aucune autre créature, 
rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu 
qui est en Jésus Christ notre Seigneur.

(Evangile du jour : Lc 13, 31-35)

Dans le commentaire sur le psaume 34, St Augustin écrit : "Que le Seigneur nous ouvre l'oreille pour écouter lorsqu'il nous dit : "C'est moi, ton Salut." Il le dit mais certains font la sourde oreille et, du coup, ils n'entendent plus guère, une fois plongés dans l'épreuve, que les ennemis qui les assaillent. Et ils cherchent ailleurs leur salut ... J'écouterai donc Celui qui me dit : "C'est moi ton Salut." Je ne chercherai pas d'autre saluit que le Seigneur mon Dieu."
Ce commentaire résume bien le passage de la lettre de Paul aux Romains : "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ... Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ, la détresse, l'angoisse etc ... En tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à Celui qui nous a aimés ... Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus-Christ, notre Sauveur."
L'Evangile nous laisse entendre cet amour de Dieu en Jésus-Christ. Un Amour qui va jusqu'au bout. Il chasse les démons, fait des guérisons ... Prélude du don total de sa vie qui libère et guérit, donne le Salut. Il est le Salut !
Oui, laissons résonner en nous la Parole du Seigneur : "C'est moi ton Salut". En toute Eucharistie il nous la refait entendre en la réalisant sacramentellement et en nous donnant d'y communier. Qu'elle soit le Roc sur lequel nous bâtissons, il est le Roc : "C'est moi ton Salut" !
 Parole du jour
Lc 13, 22-30
Mercredi 30 octobre

Dans sa marche vers Jérusalem, 
Jésus passait par les villes et les villages en enseignant.
Quelqu'un lui demanda : 
« Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » 
Jésus leur dit : 
« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, 
car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer 
et ne le pourront pas.

Quelle est donc cette "porte étroite" dont il est question dans l’Évangile ? Ne serait-ce pas le Christ Lui-même ?  Il l'a dit : "Je suis la Porte ... Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé." (Jn 10, 9)
Mais pourquoi "étroite" ? Lui-même en donne l'explication ailleurs : "Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même et prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive." (Lc 9, 23) Il s'agit de Lui devenir conforme dans l'Amour : "Le Fils de l'homme est venu non pour être servi mais pour servir et donner sa vie ..." (Mc 10, 45)
Jésus dit aussi qu'  "il faut s'efforcer" d'entrer. Pour quoi "s'efforcer" ?  Notre libre arbitre nous donne de choisir entre "entrer" ou "rester dehors". Dans l’Évangile, comme l'écrit Mgr Rouet, il n'est pas d'abord question de bien et de mal, mais d'ouverture ou de fermeture. "S'efforcer", c'est s'ouvrir à Celui qui est toujours déjà là en nous, et donc Lui permettre d'assumer avec nous notre vie au quotidien, les évènements et les rencontres, l'inattendu. L'Eucharistie est le Sacrement par excellence de l'ouverture. Nous communions pour demeurer en Lui par l'ouverture de notre être à sa Présence, comme Lui demeure en nous : "Demeurez en moi comme moi en vous, sans moi vous ne pouvez rien faire." (Jn 15,5)

lundi 28 octobre 2013


Sts Simon et Jude
 Parole du jour
Lc 6, 12-19
Lundi 28 octobre

En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne
pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu.
Le jour venu, il appela ses disciples,
en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres :
Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère,
Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée,
Simon appelé le Zélote,Jude fils de Jacques,
et Judas Iscariote, celui qui fut le traître.
Jésus descendit de la montagne
avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples,
et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem,
et du littoral de Tyr et de Sidon,
qui étaient venus l'entendre
et se faire guérir de leurs maladies.
Ceux qui étaient tourmentés
par des esprits mauvais en étaient délivrés.
Et toute la foule cherchait à le toucher,
parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.

Pourquoi "douze apôtres" ? En référence aux "douze tribus d'Israël" ? Jésus prépare le nouvel Israël : "l'Église". Non que l'ancien Israël ne serait plus le "peuple choisi", mais l'Église est appelée à conduire à bien la mission qui était celle d'Israël : "En toi seront bénis toutes les nations de la terre". Jésus va se façonner un peuple appelé à accomplir cette mission ... qui est la sienne. St Pierre dans sa 1ère lettre écrira : "Bénissez, c'est cela votre vocation ..." Cette "Bénédiction" qui est une "diction béné", une Parole de bien, la Parole créatrice", est source de Vie : "expulser les démons, guérir toute maladie et toute infirmité." L'Église a pour mission de proclamer qu'en Jésus se réalise la "bénédiction", le Salut, la Santé, pour tous et chacun. Elle est porteuse de ce trésor car Jésus se laisse "toucher" aujourd'hui par le moyen de l'Église qu'il a fondée et qui prolonge sa mission.

- Il se laisse toucher dans l'assemblée des baptisés réunis : "Là où deux où trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux." (Mt 18, 20)

- Il se laisse aussi toucher dans la proclamation de la Bonne Nouvelle des Évangiles entendus et accueillis : Alors, accueillant la parole de Pierre ils se firent baptiser. La communauté s'augmenta ce jour-là d'environ trois mille personnes." (Ac 2, 41); "Il y avait parmi elles une certaine Lydia, une commerçante en tissus de pourpre ... Elle nous écoutait, car le Seigneur lui avait ouvert l'esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul. 15 Elle se fit baptiser avec tous les gens de sa maison." (Ac 16, 14)
 
- Il se laisse toucher dans les Sacrements : Baptême, Confirmation, Eucharistie, Réconciliation, Malades, Mariage, Ordre. 
  
- Il se laisse toucher dans la sœur ou le frère en humanité en lequel il se présente à nous car il est au cœur de la vie de tous et de chacun : "Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt 25, 40) ...

dimanche 27 octobre 2013

 Parole du jour
Lc 18, 9-14
Samedi 26 octobre

Jésus dit une parabole pour certains hommes 
qui étaient convaincus d'être justes 
et qui méprisaient tous les autres :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. 
L'un était pharisien, et l'autre, publicain.
Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 
'Mon Dieu, je te rends grâce 
parce que je ne suis pas comme les autres hommes : 
voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. 
Je jeûne deux fois par semaine 
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.'
Le publicain, lui, se tenait à distance 
et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; 
mais il se frappait la poitrine, en disant : 
'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !'
Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, 
je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. 
Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. » 

Quelle représentation le pharisien se fait-il de Dieu ? ... Il se croit "l'élu" parce que parfait à ses propres yeux, devant Dieu. Il a accompli les œuvres extérieures demandées par la loi.  Et pour lui Dieu ne peut que le considérer parfait. Il se regarde devant Dieu à travers ses oeuvres. Et donnant donnant, Dieu ne peut que le reconnaître juste. 
St Paul écrit : 
"Le salut ne vient pas de vous, il est un don (gratuit) de Dieu; il ne vient pas des oeuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier devant lui".(Ep 2, 8-9) Et quel mépris pour son prochain ! Jésus dira : " Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux : à l'extérieur ils ont une belle apparence, mais l'intérieur est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures. C'est ainsi que vous, à l'extérieur, pour les gens, vous avez l'apparence d'hommes justes, mais à l'intérieur vous êtes pleins d'hypocrisie et de mal. " (Mt 23, 27-28) 
Et St Jean : 
"Celui qui dit j'aime Dieu et qui n'aime pas son frère est un menteur, En effet, celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne peut pas aimer Dieu qu'il ne voit pas." (1jn 4, 20) 
Citons aussi Jésus :  
"Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt 25, 40) 
La prière du pharisien commence par "je", finalement il n'y a que "lui". "Moi, moi, moi !" C'est de l'enfermement, du nombrilisme ... 

La prière du publicain commence par "Tu". Il reconnaît son incapacité à s'en sortir par lui-même et s'ouvre au "Tu" qui est Dieu, pour en recevoir le salut et donc la capacité d'aimer en vérité. Il a compris "grâce à son péché" (ce qui est un comble), qu'il ne peut se sauver par lui-même.
St Paul écrit :
"C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu." (Ep 2, 8)
Le publicain se décentre de lui-même pour accueillir la Vie d'un Autre. La Source peut couler en lui, il est "devenu juste", ajusté. 
En conclusion, écoutons  à nouveau Jésus :
"Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs." (Mt 9, 13)

samedi 26 octobre 2013

 Parole du jour
Lc 13, 1-9
Samedi 26 octobre

Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus 
l'affaire des Galiléens 
que Pilate avait fait massacrer 
pendant qu'ils offraient un sacrifice.
Jésus leur répondit : 
« Pensez-vous que ces Galiléens 
étaient de plus grands pécheurs 
que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien non, je vous le dis ; 
et si vous ne vous convertissez pas, 
vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées 
par la chute de la tour de Siloé, 
 pensez-vous qu'elles étaient plus coupables 
que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien non, je vous le dis ; 
et si vous ne vous convertissez pas, 
vous périrez tous de la même manière. »

Jésus leur disait encore cette parabole : 
« Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. 
Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : 
'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, 
et je n'en trouve pas. Coupe-le. 
A quoi bon le laisser épuiser le sol ?'
Mais le vigneron lui répondit : 
'Seigneur, laisse-le encore cette année, 
le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. 
Sinon, tu le couperas.' »

Souvent nous vivons comme si notre vie ici-bas était sans fin. Or un accident est vite arrivé, une crise cardiaque où autre chose de semblable qui en quelques instants peuvent nous conduire à quitter cette terre pour l'autre rive. Les premiers moines au désert cultivaient en particulier deux pensées : celle du "Souvenir de Dieu" par la prière et la rumination de la Parole de Dieu; puis celle de la mort, non de façon morbide, mais afin de ne pas oublier que la patrie définitive n'était pas en ce monde qui passe. Ces pensées permettaient de vivre l'instant dans sa plénitude comme déjà l'éternité et d'être prêt, autant que possible, au passage. La lucidité de l'instant les conduisaient à la conscience de leurs péchés et donc à un état de conversion continuelle vers Celui qui seul pouvait les en libérer, ce Dieu dont il gardait le souvenir et qui les rejoignait en Jésus Christ, leur seul Sauveur. La prière de Jésus qui est né au désert et qui est la prière essentielle avec le Notre Père, en Orient, en témoigne : "Seigneur Jésus, Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur."

vendredi 25 octobre 2013


Parole du jour
Lc 12, 49-53
Vendredi 25 octobre

Jésus disait à la foule :
« Quand vous voyez un nuage monter au couchant, 
vous dites aussitôt qu'il va pleuvoir, et c'est ce qui arrive.
Et quand vous voyez souffler le vent du sud, 
vous dites qu'il fera très chaud, et cela arrive. 
Esprits faux ! 
L'aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger ; 
mais le temps où nous sommes, 
pourquoi ne savez-vous pas le juger ?

Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes 
ce qui est juste ? 
Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, 
pendant que tu es en chemin 
efforce-toi de te libérer envers lui, 
pour éviter qu'il ne te traîne devant le juge, 
que le juge ne te livre au percepteur des amendes, 
et que celui-ci ne te jette en prison. 
Je te le dis : tu n'en sortiras pas 
avant d'avoir payé jusqu'au dernier centime. »

Combien souvent nous vivons notre aujourd'hui sans référence à Celui qui lui donne existence ! Nous le vivons seul en dehors de sa Présence. Il est là et nous sommes absents ce qui signifie que nous ne vivons pas l'instant mais que sans cesse nous nous évadons dans le passé ou l'avenir. Vivre "le temps où nous sommes", c'est vivre "ici et maintenant", c'est là que Dieu nous attend pour nous illuminer. Il est dit dans le Prologue de St Jean (1, 3-5 : " Par lui, tout s'est fait,et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie,et la vie était la lumière des hommes; la lumière brille dans les ténèbres,et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée." Accueillir sa vie dans la notre, c'est déposer la notre dans la sienne et lui permettre d'assumer avec nous notre aujourd'hui. Il est au cœur du "temps où nous sommes" ... Il en est le "coeur". Alors laissons le notre battre au diapason du sien. Nos relations avec les autres comme avec nous-mêmes en seront transformées car nous les vivrons dans sa Lumière. 

jeudi 24 octobre 2013

Parole du jour
Lc 12, 49-53
Jeudi 24 octobre

Jésus disait à ses disciples : 
« Je suis venu apporter un feu sur la terre, 
et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, 
et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? 
Non, je vous le dis, mais plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille
 seront divisées : 
trois contre deux et deux contre trois ; 
ils se diviseront : 
le père contre le fils et le fils contre le père, 
la mère contre la fille et la fille contre la mère, 
la belle-mère contre la belle-fille 
et la belle-fille contre la belle-mère. »

De quelle division Jésus parle-t-il ? De celle qui se produit parce qu'il met en pleine lumière ce qui est caché. Il révèle par sa simple présence et par sa parole ce qu'il y a dans le cœur de l'homme. Il met dans la lumière l'obscurité qui s'y cache. Jésus est "un signe en but à la contradiction" (Lc 2, 34). Il y a ceux qui accueille la lumière et ceux qui veulent l'éteindre car elle les dérange dans leurs œuvres mauvaises en lesquelles ils se complaisent.La croix en sera l'aboutissement. Ce sera l'heure du baptême de Jésus passant par la mort et de l'Esprit qui sous la forme de langues de feu renouvellera l'humanité : "La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne peuvent l'atteindre ... l'éteindre". La victoire est au Christ, même si les apparences pourraient parfois nous en faire douter.

vendredi 18 octobre 2013




Fête de St Luc
Luc l'évangéliste ou saint Luc (gr: Λουκᾶς Loukas)
est un compagnon de l'apôtre Paul.
Il exerçait la médecine (Col 4:14)
et il suivit Paul lors de ses voyages d'abord en Macédoine
 puis jusque dans sa détention à Rome (2Ti 4:11).
Il est considéré comme l'auteur
du Troisième Évangile de Jésus Christ et des Actes des Apôtres.


Parole du jour
Lc 10, 1-9
Vendredi 18 octobre

 Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison.'
S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira.
Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.' »

"Le Règne de Dieu est tout proche". Le Règne de Dieu, ce n'est pas celui d'un potentat. Il ne s'agit pas d'un Roi qui approche et dont il faut avoir peur. Le "Règne de Dieu", c'est le bien de l'homme, c'est la lumière et la paix dans son coeur, c'est l'Amour au maximum. Quand Jésus dit qu'il "est tout proche", il parle à la fois de sa Présence, lui l'Emmanuel, "Dieu avec nous" et de la libération qu'il va accomplir par le don de sa vie sur la croix : "un amour jusqu'au bout". Ce don, l'homme est appelé à l'accueillir. Si la porte de son coeur reste fermé, la mort de Jésus ne pourra être source de résurrection pour lui car la lumière ne pourra entrer. "Dans toute maison où vous entrerez, dites : "Paix à cette maison". S'il y a un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui." Accueillir le Règne de Dieu, c'est recevoir la paix. Les envoyés sont porteurs de ce Règne d'amour. D'où l'urgence à trouver de ces ouvriers car la moisson est prête, c'est à dire qu'il y a dans nombre de coeur humain, l'attente de ce Règne. L'ouvrier est là pour en apporter la révélation, lui a qui le Règne s'est révélé.

dimanche 6 octobre 2013



Parole du jour
Lc 17, 5-10
Dimanche 6 octobre

Les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »

Le Seigneur répondit : 
« La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, 
vous diriez au grand arbre que voici : 
'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.

Il est facile de dire «je crois » quand tout va bien. Et encore il nous arrive alors de ne plus nous attacher à la foi, Dieu n'ayant d'intérêt que pour répondre à nos prières quand tout va mal. La foi, c'est bien autre chose : il s'agit d'une relation intime et personnelle avec quelqu'un que je reconnais comme une Personne et en qui je mets toute ma confiance. Quelqu'un à qui je dois la vie, que je sais être au cœur de ma vie, et à qui je remets ma vie car je suis sûr qu'il en prendra soin quelque soit les circonstances de la vie. Avoir la foi, c'est donc ne plus se regarder soi, mais le regarder Lui, et Lui permettre ainsi d'assumer avec moi ma vie. C'est l'accueil du Mystère Pascal au cœur de ma vie. Mystère Pascal ou déjà il a tout assumer de ma vie pour me rendre libre au cœur de celle-ci et confiant en sa Présence et en son agir. Lorsque Pierre descend de la barque pour avancer vers Jésus en marchant sur la mer, tant que son regard est dans le regard de Jésus il avance comme sur la terre ferme et sans crainte. Mais lorsqu'il détourne son regard de celui de Jésus pour le porter sur la situation où il se trouve, l'eau, le vent, les vagues, il coule ... Pour en sortir, il lui faut retourner son regard vers Jésus (conversion) et lui tendre la main. Oui, "Seigneur augmentent en nous la foi !"

Homélie :
Dans la Bible, l’arbre solidement enraciné en terre - probablement un mûrier noir (sycomore) qui peut résister six siècles aux intempéries - représente la vie ; la mer est toujours symbole de la mort. Jésus affirme donc que si nous avions de la foi gros comme la plus petite des graines potagères, nous pourrions faire fleurir la vie au cœur même des situations les plus désespérées.
Il est clair qu’un tel regard sur les événements ne peut procéder du « vieil homme », lui qui est devenu affreusement myope depuis que le péché l’a privé de la lumière de la grâce. Aussi ne peut-il évaluer les situations et les événements auxquels il est confronté, que sur l’horizon restreint de cette vie éphémère. La sagesse voudrait qu’il se laisse conduire par la main, comme un aveugle faisant confiance à celui qui voit. Hélas il n’en est rien : nous prétendons mener notre barque comme bon nous semble au risque de l’échouer sur les récifs des épreuves inévitables de nos vies.
Mais comment prendre autorité sur ce vieil homme auquel nous nous identifions spontanément ? Par la parabole du « serviteur quelconque », Notre-Seigneur nous répond : en nous appuyant par la foi sur un Autre, qui voit plus loin que nous, et qui s’est engagé à nous conduire au bon port : « Moi je suis la lumière du monde, proclame Jésus. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie »  (P. Joseph-Marie)

mercredi 25 septembre 2013

 Parole du jour
Lc 9, 1-6
Mercredi 25 septembre

Jésus convoqua les Douze,
et il leur donna pouvoir et autorité
pour dominer tous les esprits mauvais
et guérir les maladies ; 
il les envoya proclamer le règne de Dieu
et faire des guérisons. Il leur dit :
« N'emportez rien pour la route,
ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ;
n'ayez pas chacun une tunique de rechange.
Si vous trouvez l'hospitalité dans une maison,
restez-y ; c'est de là que vous repartirez.
Et si les gens refusent de vous accueillir,
sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds :
ce sera pour eux un témoignage. »
                                           Ils partirent, et ils allaient de village en village,
                                                         annonçant la Bonne Nouvelle
                                                        et faisant partout des guérisons.

Jésus qui annonce la Bonne Nouvelle, proclame le règne de Dieu, celui de l'Amour, et en donne les signes par les délivrances et guérisons qu'il accomplit, donne à ses disciples de prolonger sa mission. A travers eux, c'est à l'Église qu'il donne mission. Le Pape Paul VI a écrit dans l'exhortation apostolique "Evangelii nuntiandi" : "Née de la mission de Jésus, l'Église est à son tour envoyée par Jésus. L'Église reste dans le monde lorsque le Seigneur de gloire retourne au Père. Elle reste comme le signe à la fois opaque et lumineux d'une nouvelle présence de Jésus, de son départ et de sa permanence. Elle le prolonge et le continue. Or c'est avant tout sa mission et sa condition d'évangélisateur qu'elle est appelée à continuer. Car la communauté chrétienne n'est jamais close sur elle-même. En elle, la vie intime - vie de prière, écoute de la Parole et de l'enseignement des apôtres, charité fraternelle vécue, pain partagé - n'a tout son sens que lorsqu'elle devient témoignage, provoque l'admiration et la conversion, se fait prédication et annonce de la Bonne Nouvelle. C'est ainsi toute l'Église qui reçoit mission d'évangéliser et l'œuvre de chacun est importante pour le tout ..." Et je voudrais rappeler ici les paroles de la prière de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité : "Que je te sois une humanité de surcroit en laquelle tu renouvelles ton mystère."

lundi 23 septembre 2013

Parole du jour
Lc 8, 16-18
Lundi 23 septembre
Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. » 
Jésus est "la Lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde", (Jn 1, 9) "la Lumière qui luit dans les ténèbres et que les ténèbres ne peuvent éteindre" (v. 5). "Qui le suit, dit-il ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la Lumière de la Vie. (Jn 8, 12)" Suivre Jésus, c'est marcher dans la lumière, devenir "lampadaire", "porteur de la lumière", ce qui revient à dire "porteur du Christ" Lui-même et donc ne pas avoir peur d'en être les témoins. Notre vie doit correspondre à notre Foi. Combien de "martyrs" (le mot signifie "témoins") sont aujourd'hui encore porteurs de la Lumière ? ... leurs témoignages traversent les siècles ! C'est notre mission aujourd'hui : témoigner de notre Foi par une vie conforme à celle de Jésus, à son enseignement. Ce dont nous témoignons alors, c'est d'un Amour au maximum, celui de Dieu tel que nous l'a révélé Jésus par sa propre vie donnée.

samedi 21 septembre 2013


SAINT MATTHIEU
Parole du jour
Mt 9, 9-13
Samedi 21 septembre

 Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

A le regarder de l'extérieur, voici un homme peu fréquentable, un collabo, un homme à la solde des romains ... Il perçoit l'impôt et en garde de l'argent dans sa poche. Mais Jésus lui, voit l'intérieur. Il sait que la conscience de Matthieu n'est pas au beau fixe, que son comportement a creusé une brèche dans son coeur. Un mal-être l'habite qui prépare un changement possible, une conversion. Jésus le vit ! L'appel de Jésus va le faire passer de la position assise où il est bloqué sur son siège, à la position debout : "L'homme se leva." "Anasthas" en grec, est l'un des  mots pour  signifier la Résurrection. Jésus le fait passer de la mort à la vie par sa Parole et sa Présence, par son regard. La lumière pénètre par la brèche et éclaire toute la maison. Un amour qui libère,  la Paix retrouvée. Il le suit !
Cette expérience, Matthieu ne peut la garder pour lui. La rencontre de Jésus pousse au témoignage et à la mission. Il veut que ses amis, publicains et pécheurs, connaissent Jésus et fassent l'expérience de sa Présence, de son amour et de la Paix. Les pharisiens blindés dans leur suffisance et qui se croient "justes" restent en dehors de la rencontre et de la Lumière ... ils sont du "monde". Matthieu, lui, à trouvé le "Royaume" et veut le faire découvrir : "Je suis venu appeler non pas ceux qui se croient jutes, mais ceux qui se savent pécheurs et aspirent à  la délivrance."