mardi 15 mai 2012

Parole du jour
Jn 16, 5-11
Mardi 15 mai

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son père,
il disait à ses disciples :
Je m'en vais maintenant auprès de celui qui m'a envoyé,
et aucun de vous ne me demande : 'Où vas-tu ?'
Mais, parce que je vous ai parlé ainsi,
votre cœur est plein de tristesse.
Pourtant, je vous dis la vérité :
c'est votre intérêt que je m'en aille,
car, si je ne m'en vais pas,
le Défenseur ne viendra pas à vous ;
mais si je pars, je vous l'enverrai.
Quand il viendra,
il dénoncera l'erreur du monde sur le péché,
sur le bon droit, et sur la condamnation.
Il montrera où est le péché,
car l'on ne croit pas en moi.
Il montrera où est le bon droit,
car je m'en vais auprès du Père,
et vous ne me verrez plus.
Il montrera où est la condamnation,
car le prince de ce monde est déjà condamné.

Tant que Jésus est avec eux, les apôtres le voient de l'extérieur comme à travers un voile. En effet, ils projette sur lui leurs propres représentations qu'ils se font de lui. Ils pressentent les profondeurs de son être, mais s'arrêtent à l'extérieur, à leurs pensées sur lui. C'est d'ailleurs souvent ce que nous faisons dans notre relation aux autres, nous les pensons à partir de nous-mêmes et très vite les affublons d'habits qui ne sont pas les leurs.
C'est l'Esprit-Saint qui va ouvrir le cœur des apôtres à la vraie connaissance de Jésus et cette connaissance passe obligatoirement par un combat intérieur aux répercutions extérieures, car une purification du cœur est nécessaire. Pour que la foi en Jésus soit effective, il faut que le péché soit mis au plein jour, comme d'ailleurs toutes fausses représentations ... Non pas pour culpabiliser, mais pour libérer. La condamnation du péché qui n'est pas condamnation de la personne, il faut séparer les deux, est porteuse de vie : " Si je fais ce que je ne voudrais pas, alors ce n'est plus moi qui accomplis tout cela, c'est le péché, lui qui habite en moi." (Rm 7, 20) St Paul montre bien qu'il faut séparer le pécheur de son péché. Le péché doit être arraché comme une mauvaise herbe pour que le pécheur vive. Le péché est comme une pieuvre qui nous paralyse en nous enserrant de ses tentacules. C'est de l'intérieur que Jésus, le Christ, vient desserrer son étreinte et lui faire lâcher prise. Au baptême, l'Esprit-Saint "imprime" en nous la Présence du Ressuscité. Sur les baptisés de Pâques a été dite cette parole : "Tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ." (Rituel)

samedi 12 mai 2012

Parole du jour
(Samedi 12 mai)
(Jn 15, 18-21)

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père,
il disait à ses disciples:
"Si le monde a de la haine contre vous,
sachez qu'il en a eu d'abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde,
le monde vous aimerait, car vous seriez à lui.
Mais vous n'appartenez pas au monde,
puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ;
voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous.
Rappelez-vous la parole que je vous ai dite :
Le serviteur n'est pas plus grand que son maître.
Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi.
Si l'on a observé ma parole,
on observera aussi la vôtre.
Les gens vous traiteront ainsi à cause de moi,
parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé.

Je connais une personne qui a connu l'injustice. Elle s'est interrogée sur la façon dont elle devait se comporter, sur ce que la Parole de Dieu disait à ce propos. Quel était le commandement essentiel que Dieu donnait dans la Bible, Parole de Vie. Elle a relu la Bible de A à Z et à découvert ceci : le grand commandement, après celui de l'amour, le commandement qui conduit l'amour à son accomplissement, c'est "N'ayez pas peur". Cette parole, d'une manière ou d'une autre, revient continuellement dans les Écritures. Et Jésus, dans les Évangiles, la redit à bien des reprises. Un seul exemple, la tempête apaisée. Aux Apôtres effrayés par l'imminence du naufrage, Jésus dit : "Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi." La FOI est donc le remède à la peur. Les Apôtres demanderont à Jésus : "Augmente en nous la foi." Et Jésus leur dira : "Si vous aviez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous diriez à cette montagne : 'Vas te jeter dans la mer, et elle irait'." Où en sommes-nous de notre confiance en Jésus ? "Hors de moi vous ne pouvez rien faire" nous rappelait-il encore dans l'Évangile de Mercredi et il invitait à "demeurer en lui comme il demeure en nous". Jésus a connu l'injustice, ô combien, et il est resté dans la paix profonde, debout dans la confiance envers son Père. On a cru le détruire, mais la mort n'a pas eu de prise sur lui car il recevait tout du Père. Il est ressuscité ! Ainsi dans nos vies si nous nous recevons de Jésus. Notre vocation chrétienne est un appel à tout vivre dans notre existence comme lui a vécu la sienne, dans la sérénité et la confiance, dans la Foi. Nous ferons alors l'expérience de la Paix et de la joie profonde, et cela au cœur même de l'injustice. Voici ce qu'écrit le P. Nathanaël Pujos : "Le chrétien a un devoir impératif de joie et, bien souvent, cette joie mesure sa foi. Car elle signifie : "Quoi que je traverse, je sais que la victoire est certaine. Je sais que rien n'est grave, sinon l'immense amour de Dieu." Je terminerais par ce passage du psaume 17, 10-20 : " Au jour de ma défaite, ils m'attendaient (mes ennemis), mais j'avais le Seigneur pour appui. Et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré car il m'aime."

Sur le tableau de Jérôme Boch proposé pour cette méditation, on voit comment Jésus reste serein, en paix, au cœur-même de l'injustice, comme si celle-ci ne le touchait pas. Il est posée à l'intérieur, sur le cœur du Père. Véronique, en bas à gauche, qui représente l'Église, est ajustée sur cette paix, car elle est en pleine communion avec Jésus. Et le "bon larron, au dessus à droite, est en chemin vers celle-ci, vers cette "demeurance" en Jésus : "Aujourd'hui même, tu seras avec moi en paradis".

vendredi 11 mai 2012

Parole du jour
Jn 15, 12-17
 Vendredi 11 mai

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père,
il disait à ses disciples :
Si vous m'aimez,
vous resterez fidèles à mes commandements.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous :
c'est l'Esprit de vérité.
Le monde est incapable de le recevoir,
parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ;
mais vous, vous le connaissez,
parce qu'il demeure auprès de vous,
et qu'il est en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins,
je reviens vers vous.
D'ici peu de temps, le monde ne me verra plus,
mais vous, vous me verrez vivant,
et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez
que je suis en mon Père,
que vous êtes en moi,
et moi en vous.
Celui qui a reçu mes commandements
et y reste fidèle,
c'est celui-là qui m'aime ;
et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ;
moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Il est essentiel d'accueillir l'Esprit-Saint, le Souffle divin qui, comme une sève, vient habiter les moindre recoin de notre être. Il est là, en nous. Par le baptême, par la Confirmation, nous lui avons ouvert nos vies, nos cœurs, mais la porte ne dois pas se refermer, elle doit s'ouvrir de plus en plus. "Laissez jaillir l'Esprit !" écrit St Paul. C'est par l'Esprit que Jésus se forme en nous et que nous sommes re-formés : "Tu es devenu une Création nouvelle, tu as revêtu le Christ" (rituel du baptême) Ouvrons nos portes à l'Esprit-Saint déjà reçu mais que nous laissons trop souvent inactif dans nos vies. C'est Lui qui nous apprend à garder les commandements, c'est-à-dire le "Paroles de Vie" de Jésus et donc à "aimer" comme Lui :

Viens, Esprit-Saint, en nos coeurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres.
Viens, dispensateur des dons.
Viens, lumière en nos coeurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le coeur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient,
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu
donne le salut final
donne la joie éternelle.

Amen.

lundi 7 mai 2012

Parole du jour
Jn 14, 21-26
Lundi 7 mai

À l'heure où Jésus passait
de ce monde à son Père,

il disait à ses disciples :
" Celui qui a reçu mes commandements
et y reste fidèle,

c'est celui-là qui m'aime ;
et celui qui m'aime
sera aimé de mon Père ;

moi aussi je l'aimerai,
et je me manifesterai à lui. "

Jude lui demanda :
" Seigneur, pour quelle raison
vas-tu te manifester à nous,

et non pas au monde ? "
Jésus lui répondit :
" Si quelqu'un m'aime,
il restera fidèle à ma parole ;
mon Père l'aimera,
nous viendrons chez lui,
nous irons demeurer auprès de lui.
Celui qui ne m'aime pas
ne restera pas fidèle à mes paroles.

Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi :
elle est du Père, qui m'a envoyé.
Je vous dis tout cela
pendant que je demeure encore avec vous ;

mais le Défenseur,
l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. "
Le péché des origines est lié à la Parole de Dieu, cette Parole créatrice qui donnait existence à Adam et Eve comme la sève pour la vigne. Dieu dit "Faisons l'humain à notre Image et Ressemblance ..." L'écoute de la Parole Source de leur existence et donc de Celui qui la proférait avec amour, était Source de Vie. Cette Parole résonnait dans les moindres fibre de l'être de l'Homme. Puis à un moment il y a eu comme une infiltration d'une autre parole qui a détourné l'attention de l'être humain et fait sortir de cette résonance de la voix de Dieu. Cette infiltration est signifiée sous l'aspect du serpent qui est un être tortueux, à la langue double et à la morsure mortelle. L'être humain s'y est laissé prendre et son être s'est retrouvé fissuré. Alors que la Parole créatrice l' "informait", la parole mensongère l'a "désinformé". Comme si la sève s'était figé, s'arrêtant de couler. Comme si le courant qui éclairait la maison s'était coupé. St Bernard écrira en parlant de l'Histoire du Salut : "Formé ... déformé ... reformé ... conformé." C'est en Jésus que s'est réalisé cette "reformation", cette "réinformation" Pilate le signifiera prophétiquement : "Voici l'Homme !" Désormais c'est en Lui que nous retrouvons notre intégrité des origines. Aussi faut-il le suivre, se mettre à son Ecoute et jusqu'à nous nourir de sa Présence Sacramentelle : " Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui." Aimer Jésus, c'est donc se laisser "éduquer" par Lui afin que la Parole créatrice puisse à nouveau, sans obstacles, résonner dans tout notre être et nous donner Vie. Passer de la solitude et de l'enfermement où nous a plongé le péché, à la communion dans l'amour avec le Christ et par Lui, entre nous : "Aimez-vous les uns les autres de l'amour dont je vous ai aimé ..." Au Baptême, après les rites essentiels de la plongée dans l'eau, symbole de la plongée dans la Parole Créatrice et de l'onction du St chrême, symbole sacramentel du don de l'Esprit-Saint, le célébrant affirme : "Tu es devenu une Création nouvelle, tu as revêtu le Christ." C'est le cheminement de toute une vie "avec, par et dans le Christ" comme l'affirme là aussi la grande doxologie de la prière Eucharistique ... Une véritable conversion et dans un monde où nous sommes bombardés par des mots, une ... "Écoute" de la Bonne Parole, celle du Christ !

samedi 5 mai 2012

Parole du jour
(Dimanche 6 mai
(Jn 15, 1-5)

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père,
il disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.

Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ;
tout sarment qui donne du fruit,
il le nettoie, pour qu'il en donne davantage.

Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite :

Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment ne peut pas porter du fruit
par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments.

Celui qui demeure en moi et en qui je demeure,
celui-là donne beaucoup de fruit, car,
en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.

Le seul moyen de porter du fruit, pour un sarment, c'est d'être attaché à la vigne. Coupé de la vigne, le sarment se dessèche et n'est plus bon qu'à être brûlé... Or la Vigne, c'est le Christ. Et Jésus ne se compare pas seulement à une vigne. Il dit qu'il est "la vraie vigne." C'est une référence aux prophètes qui comparaient le peuple d'Israël à une vigne. Une vigne destinée à produire de bons fruits... mais Israël a failli à sa vocation.
Jésus est la vraie vigne. C'est lui, descendant d'Israël, qui accomplit pleinement la vocation du peuple de Dieu. Et désormais pour accomplir cette vocation de la vigne du Seigneur et porter du fruit, il faut être des sarments attachés à la vraie vigne. On ne peut pas compter sur ses propres forces. « Hors de moi, vous ne pouvez rien faire... » Simplement parce qu'on ne produit pas le fruit, on le porte seulement... C'est dans le Christ, par l'ouverture de notre vie à la Sienne que dans l'Esprit qui nous insuffle sa puissance d'amour, que nous produisons le fruit que nous portons !
Les sarments détachés de la vigne se dessèchent... et finissent par être brûlé. La source vitale pour le chrétien, c'est sa communion avec Jésus-Christ.
Nous avons tous besoin de nous ressourcer, par la sève de la parole du Christ. « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous. » ...



Parole du jour
Jn 14, 7-14
Samedi 5 mai

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père,
il disait à ses disciples :
"Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père.
Dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. »
Philippe lui dit :
« Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond :
« Il y a si longtemps que je suis avec vous,
et tu ne me connais pas, Philippe !
Celui qui m'a vu a vu le Père.
Comment peux-tu dire :
'Montre-nous le Père' ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père
et que le Père est en moi !
Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ;
mais c'est le Père qui demeure en moi,
et qui accomplit ses propres oeuvres.
Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père,
et le Père est en moi ;
si vous ne croyez pas ma parole,
croyez au moins à cause des oeuvres.
Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi.
Il en accomplira même de plus grandes,
puisque je pars vers le Père.
Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom,
je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom,
moi, je le ferai."

Trés souvent lorsque nous disons le mot Dieu, nous pensons au Père. Il ne faut pas oublier que le Fils et l'Esprit-Saint sont également Dieu. Lorsque nous faisons sur nous le signe de la Croix, nous nous signons "Au Nom du Père, du Fils et du St Esprit." Nous faisons alors sur nous le signe de notre Baptême " Bernard, je te baptise au Nom du Père et du Fils et du St Esprit." etc ... Voici ce que St Athanase écrit dans son Credo : "Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté ... Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs ... Et dans cette Trinité il n'est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales ..." Si le Fils seul s'est incarné, le Père et l'Esprit sont entièrement engagés dans cette Incarnation, et tout ce que vit le Fils en son humanité est vécu et par le Père et par l'Esprit ... Jésus Lui-même dit "ne rien faire qu'il ne voit faire au Père, ne rien dire qu'Il ne voit dire au Père ..." "Le Père et moi, dit-il, nous sommes UN." Et "le Fils a la plénitude de l'Esprit". Oui, "qui le voit, voit le Père" ... Si entre les hommes, il y a une distance de l'un à l'autre, il n'en est pas de même dans la Trinité, car leur communion, leur unité est parfaite, Ils sont UN SEUL DIEU : "Une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit."

mercredi 2 mai 2012

Parole du jour
Jn 12, 44-50
Mercredi 2 Mai

Jésus affirmait avec force:
"Celui qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit,
mais en celui qui m'a envoyé;
et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé.
Moi qui suis la lumière,
je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu'un entend mes paroles et n'y reste pas fidèle,
moi, je ne le jugerai pas,
car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver.
Celui qui me rejette et n'accueille pas mes paroles
aura un juge pour le condamner.
La parole que j'ai prononcée,
elle le condamnera au dernier jour.
Car ce que j'ai dit ne vient pas de moi :
le Père lui-même, qui m'a envoyé,
m'a donné son commandement
sur ce que je dois dire et déclarer ;
et je sais que son commandement est vie éternelle.
Donc, ce que je déclare,
je le déclare comme le Père me l'a dit. »

Jésus est le "Médiateur" entre le Père que souvent nous appelons Dieu, et les hommes. Il est à la fois "vrai Dieu et vrai homme". Son humanité est élevé par sa divinité, illuminée. C'est ainsi que trois disciples le verront lors de la transfiguration. Il est "la Lumière". Croire en Lui, c'est croire au Père et le voir Lui, c'est voir le Père. Ailleurs, dans l'Évangile, il dit à Philippe : "Qui me voit, voit le Père." "Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi." Leur unité est absolue. C'est que le Fils est la Parole du Père : "Le Père Lui-même m'a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer." Cette Parole est Source de Salut, c'est-à-dire de libération et de guérison. Refuser la Parole nous laisse dans notre état pécheur. C'est là le jugement. Ce n'est pas Jésus, ni le Père qui juge, mais la Parole qui est vérité et qui dévoile le mensonge qui est en nous; la Parole qui est Lumière et qui met en pleine clarté la ténèbre dans laquelle nous nous cachons. Lorsqu'Adam et Ève tombent dans le péché en mangeant le fruit défendu, ils se cachent et ils ont peur en entendant le pas de Dieu dans le jardin. Ils mettent sur le dos de Dieu le jugement, alors que c'est eux qui par leur comportement envers la Parole de Dieu qui leur demande ne pas manger de l'arbre de vie, se sont mis dans une situation de jugement. Dieu, lui demeure le même et il s'inquiète pour l'homme qui se met dans une situation de mal et s'exile du bien : "Adam où es-tu ?" Cette inquiétude le conduira à l'Incarnation et au don de sa vie sur la croix. Et la question : "Adam, où es-tu ?", Il ne cesse de nous la poser aujourd'hui encore ... Oui, où sommes-nous ? ... Où suis-je ?

dimanche 29 avril 2012

Parole du jour
Dimanche 29 avril
Jn 10, 11-18
Jésus disait aux Juifs : 
« Je suis le bon pasteur, le vrai berger. 
Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, 
car les brebis ne lui appartiennent pas : 
s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; 
le loup s'en empare et les disperse.
Ce berger n'est qu'un mercenaire, 
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. 
Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, 
et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît,
 et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : 
celles-là aussi, il faut que je les conduise. 
Elles écouteront ma voix :
 il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite.
Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même.
 J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : 
voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »
Le mot que nous traduisons par « berger », signifie en hébreu « celui qui fait manger ». La nourriture que Jésus donne, c’est son enseignement, sa Parole. Et son enseignement, sa Parole, il est le premier à les mettre en pratique. Ils sont son être même et se disent à travers son incarnation, ses pensées, ses paroles, son comportement … Aussi se donnera-t-il lui-même en nourriture car il est la Parole sur laquelle il faut ajuster sa vie. Le manger, c’est s’unir à Lui, devenir « un » avec Lui. Les Pères dans la foi aimerons parler d’incorporation. A la Messe, il y a deux tables, celle de la proclamation de la Parole à entendre, c’est la manducation de l’enseignement,  et celle de la Parole à manger, Jésus lui-même, c’est celle de la manducation de l’Enseigneur. Les deux ne font qu’un et elles apportent le Salut, c’est-à-dire « la Vie en abondance ».
 

vendredi 27 avril 2012

Parole du jour
Vendredi 27 avril
Ac 9, 1-20

Saul était toujours animé d'une rage meurtrière
contre les disciples du Seigneur. 
Il alla trouver le grand prêtre et lui demanda des lettres 
pour les synagogues de Damas, afin de faire prisonniers
 et de ramener à Jérusalem tous les adeptes de la Voie de Jésus, 
hommes et femmes, qu'il découvrirait.
Comme il était en route et approchait de Damas, 
une lumière venant du ciel l'enveloppa soudain de sa clarté. 
Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait :
 « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » Il répondit : 
« Qui es-tu, Seigneur ? 
— Je suis Jésus, celui que tu persécutes. 
Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. »
Ses compagnons de route s'étaient arrêtés, muets de stupeur :
 ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne. 
Saul se releva et, bien qu'il eût les yeux ouverts,
 il ne voyait rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas.
Pendant trois jours, il fut privé de la vue 
et il resta sans manger ni boire. 
 Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. 
Dans une vision, le Seigneur l'appela : « Ananie ! » 
Il répondit : « Me voici, Seigneur. » 
Le Seigneur reprit : « Lève-toi, va dans la rue Droite, chez Jude :
 tu demanderas un homme appelé Saul, de Tarse. 
Il est en prière, et il a eu cette vision : 
un homme, du nom d'Ananie, entrait 
et lui imposait les mains pour lui rendre la vue. » 
Ananie répondit : 
« Seigneur, j'ai beaucoup entendu parler de cet homme, 
et de tout le mal qu'il a fait à tes fidèles de Jérusalem. 
S'il est ici, c'est que les chefs des prêtres lui ont donné 
le pouvoir d'arrêter tous ceux qui invoquent ton Nom. »
Mais le Seigneur lui dit : 
« Va ! cet homme est l'instrument que j'ai choisi 
 pour faire parvenir mon Nom auprès des nations païennes, 
auprès des rois et des fils d'lsraël. 
Et moi, je lui ferai découvrir 
tout ce qu'il lui faudra souffrir pour mon Nom. »
Ananie partit donc et entra dans la maison. 
Il imposa les mains à Saul, en disant : 
« Saul, mon frère, celui qui m'a envoyé, 
c'est le Seigneur, c'est Jésus, 
celui qui s'est montré à toi sur le chemin 
que tu suivais pour venir ici. 
Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d'Esprit Saint. »
Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, 
et il retrouva la vue. Il se leva et il reçut le baptême. 
Puis il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. 
Il passa quelques jours avec les disciples de Damas 
et, sans plus attendre, il proclamait Jésus 
dans les synagogues, affirmant qu'il est le Fils de Dieu.

Pour marcher à sa suite, Jésus ne choisit pas obligatoirement des personnes ralliées à sa cause. Ici, il choisit quelqu'un qui le persécute en persécutant ses disciples : "Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait". (Mt 25, 40) L'expérience de Paul est foudroyante ! C'est l'expérience du "passage" (sens du mot Pâques) de sa vie passée à une vie totalement nouvelle : "Passage de la mort à la vie". Pour Paul, l'expérience de la "Résurrection" au cœur de sa vie concrète. Voici ce qu'il écrira aux Philippiens : "Tous les avantages que j'avais, je les ai considérés comme désavantageux à cause du Christ. Oui, je considère tout cela comme désavantageux à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. A cause de lui, j'ai tout perdu ; je considère tout comme déchets, en vue d'un seul avantage, le Christ, en qui Dieu me reconnaîtra comme juste. Cette justice ne vient pas de moi-même - c'est-à-dire de mon obéissance à la loi de Moïse - mais de la foi au Christ : c'est la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi ..." (Ph 3, 7-9) Dans une homélie pour la fête de la "Conversion de St Paul", Le Père Verlinde écrit : "Dans son homélie pour la solennité de ce jour - la conversion de saint Paul - Benoît XVI soulignait que l’apôtre ne dit pas : « Je me suis converti », mais : « J'ai cessé de vivre » (Ga 2, 19) ; autrement dit : je suis une nouvelle créature. La conversion de saint Paul ne fut pas un passage de l'immoralité à la moralité, d'une foi erronée à une foi « correcte » ; mais elle consiste essentiellement dans le consentement à l'amour du Christ. Le zélé défenseur des traditions de ses pères découvre en un instant qu’il lui faut renoncer à vouloir mériter l’amour de Dieu, renoncer à la prétention d’être lui-même l’auteur de sa propre perfection, pour entrer dans l’humble accueil du salut offert gratuitement en Jésus, et se mettre sans réserve au service du Christ pour ses frères." Un dernier mot de Paul qui nous invite à nous ouvrir au Salut en Christ par la Foi : "ce n'est pas en observant la Loi que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c'est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi ... Si je revenais à la Loi que j'ai rejetée, c'est alors que je me mettrais dans la désobéissance ... Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi." (Ga 2, 16-20) Les "bonnes œuvres" que nous sommes appelés à pratiquer ne viennent pas de nous, mais de Dieu qui nous en donne les moyens en Christ-Jésus qui les assume avec nous : "Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ-Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions." (Eph 2, 10) ... "Seigneur, augmente en nous la foi ?" (Lc 17, 5)

jeudi 26 avril 2012

Parole du jour
Jn 6, 44-51

jeudi 26 avril

Après avoir multiplié les pains,
Jésus disait à la foule des Juifs :
« Personne ne peut venir à moi,
si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi,
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes :
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.
Tout homme qui écoute
les enseignements du Père vient à moi.
Certes, personne n'a jamais vu le Père,
sinon celui qui vient de Dieu :
celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne,
et ils sont morts ; mais ce pain-là, qui descend du ciel,
celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel :
si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c'est ma chair,
donnée pour que le monde ait la vie. »
Il nous faut entendre et réentendre ces paroles de Jésus et les laisser prendre racine dans notre coeur : "Celui qui croit en moi a la vie éternelle" ... "Moi je suis le pain de la vie" ... "Celui qui mange de ce pain ne mourra pas" ... " Moi je suis le pain vivant descendu du ciel" ... "Si quelqu'un mange de ce pain vivra éternellement" ... "Le pain que je donnerai c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie". Le pain dans la Bible est symbolique de la "Parole de Dieu" qui est une "Parole qui construit, qui éduque, qui donne la Vie": "L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu". Cette Parole, ce n'est pas seulement l'enseignement de Jésus, c'est Jésus Lui-même qui a incarné la Parole même qu'il proclame pour la libération et la guérison de la personne. Cette Parole, c'est son Être même. Ce qu'il dit, il l'est. Aussi, manger le pain de la vie, c'est à la fois se nourrir des Écritures et en particulier du Nouveau Testament et plus en particulier encore des Évangiles, et se nourrir de sa Personne dans l'Eucharistie, puisqu'il est "Parole de Dieu". St Jean de la croix écrit : "Dieu n'a eu qu'une seule Parole : son Fils" : "Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement." Prenons une des petites phrases de l'Évangile de ce jour notée plus haut et ruminons la tout au long de la journée et nous verrons notre cœur devenir brûlant comme celui des disciples d'Emmaüs écoutant Jésus expliquer les Écriture, et n'oublions pas d'aller à l'Eucharistie (Messe) pour accueillir dans notre cœur, dans notre vie, Celui qui est la "Parole de Dieu", "Parole Incarnée", le "Pain vivant", le "Pain de la Vie", nous en serons transformés car en pleine communion avec Lui ... Les disciples d'Emmaüs "le reconnurent à la fraction du Pain" . ( Lc 24)

mercredi 25 avril 2012

SAINT MARC
 Parole du jour
(Mercredi 25 avril)
(Mc 16, 5-20)

Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres :
« Allez dans le monde entier.
Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ;
celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront
ceux qui deviendront croyants :
en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ;
ils parleront un langage nouveau ;
ils prendront des serpents dans leurs mains,
et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ;
ils imposeront les mains aux malades,
et les malades s'en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé,
fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu.
Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle.
Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole
par les signes qui l'accompagnaient.

Le chrétien est appelé à être missionnaire, témoin et porteur de la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ. Le langage nouveau est celui de la foi et de cette certitude d'être "tant aimé de Dieu". Cette expérience le pousse à annoncer cet amour fou de Dieu pour tout être humain. Fou de la folie de la Croix et de la lumière de la Résurrection. Celui qui est baptisé est uni à vie à Jésus-Christ et en reçoit toute la lumière. Celui qui, en connaissance de cause, sachant que c'est le chemin, refuse cette intimité, cette amitié, ce compagnonnage, reste dans les ténèbres. Non que Dieu le veut, mais lui-même fait le choix d'y demeurer. C'est comme quelqu'un qui marchant dans la nuit refuserait la lampe qu'on lui offre pour avancer en sécurité. Dieu respecte ce choix même s'il le regrette et fera tout pour que celui-là se convertisse ... pour son bien. Désormais, depuis la Pentecôte, le Salut passe à travers l'Église - instituée par Jésus lui-même -, en particulier par les Sacrements, prolongement de son œuvre de libération et de guérison, de paix ... Le Christ qui librement a donné sa vie, rend libre au cœur même de l'adversité ... La tempête peut souffler, elle ne peut faire écrouler la maison bâtie sur le roc. Il est le "Roc" sur lequel on peut bâtir sa vie sans craindre les ouragans. (Mt 7, 24-25)

mardi 24 avril 2012

Parole du jour
Jn 6, 30-35
mardi 10 mai
Après la multiplication des pains,
la foule dit à Jésus :
« Quel signe vas-tu accomplir
pour que nous puissions le voir,
et te croire ?
Quelle oeuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ;
comme dit l'Écriture :
Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ;
c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel
et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors :
« Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »
Jésus leur répondit :
« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ;
celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif.

Comme pour la vie du corps il faut manger le pain de la terre, de même pour la vie de l'âme, il faut manger "le pain du ciel", Jésus lui-même dans le don libre qu'Il nous fait de sa Vie sur la Croix. Il est le "Pain vivant descendu du ciel" car le Fils de Dieu ne s'est incarné et a pris nom Jésus, que pour nous donner sa Vie, cette Vie à laquelle il nous invite à communier en la recevant au moyen du pain de la terre qui devient "Pain du ciel" sur l'autel : "Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde." Pour recevoir sa Vie au cœur de la notre, il ne nous est pas demandé quelque chose d'extraordinaire, au dessus de nos forces, mais seulement de nous nourrir de sa Vie par le moyen du pain de la terre, pain visible et palpable devenu sacramentellement Pain du ciel, Présence de Jésus, dans le mystère de sa mort et de sa résurrection et du don de l'Esprit-Saint. Voici ce que dit la 3ème prière eucharistique après la consécration : "En faisant mémoire de ton Fils, de sa passion qui nous sauve, de sa glorieuse résurrection ..." Cette "mémoire" non dans le sens de souvenir, mais d'actualisation aujourd'hui de ce qui s'est passé il y a deux mille ans, car la grâce du Mystère Pascal n'est plus tributaire de l'espace et du temps, elle nous rejoint ici et maintenant. La Prière Eucharistique continue "Quand nous serons nourris de son Corps et de son Sang et remplis de l'Esprit-Saint ..." Corps livré ... Sang versé ... Amour qui relève et donne la Vie. La Présence invisible de Jésus devient palpable dans la Foi qui est certitude et relation dans un cœur à cœur avec Lui : "Heureux ceux qui croit sans avoir vu." Laissons résonner en nous la Parole de Jésus : "Moi, je suis le pain de la Vie."

lundi 23 avril 2012


 
 Parole du jour  
Jn 6, 22-29
Lundi 23 avril

Jésus avait traversé le lac en marchant sur les eaux. 
Le lendemain, la foule restée sur l'autre rive du lac 
se rendit compte qu'il n'y avait eu là qu'une seule barque, 
et que Jésus n'y était pas monté avec ses disciples, 
qui étaient partis sans lui.
Cependant, d'autres barques, venant de Tibériade, 
étaient arrivées près de l'endroit 
où l'on avait mangé le pain 
après que le Seigneur eut rendu grâce.
La foule s'était aperçue que Jésus n'était pas là, 
ni ses disciples non plus. 
Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent 
vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : 
« Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : 
« Amen, amen, je vous le dis :
vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, 
mais parce que vous avez mangé du pain 
et que vous avez été rassasiés. 
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, 
mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, 
celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, 
le Père, a marqué de son empreinte. »
Ils lui dirent alors : 
« Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit :
« L'œuvre de Dieu, 
c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »

Qu'est-ce qui est le plus important : Ce que Jésus donne ou la Personne de Jésus ? La foule court après Jésus non pour sa Personne, mais pour ce qu'Il lui donne : "Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés." Elle fait de Lui, un magicien, un faiseur de miracle. Sa relation avec Lui se place à ce niveau. Ce qu'elle regarde ce n'est pas Jésus mais le pain et à travers celui-ci leur ventre, leur propre personne. La foule s'approprie Jésus, elle le ligote à son profit. Mais ce qu'elle veut est éphémère et sans avenir, c'est une nourriture qui se perd et qui fondamentalement ne donne pas la vie. C'est que "l'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu." Cette Parole n'est pas quelque chose, mais Quelqu'un, Jésus Lui-même, Parole de Dieu. Tout son être parle. Aussi c'est de Lui qu'il faut se nourir, Il est le "Pain véritable dont il faut se nourrir pour avoir la vraie Vie : "Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde ... " (v. 33) Et Jésus s'identifie à ce pain-là :  "Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. " (v. 51) Et nous, quel est le pain que nous désirons ? ... Croire, c'est accueillir Jésus dans notre vie comme le pain qui seul peut nous rassasier : "Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif." (v. 35)
 

dimanche 22 avril 2012

Parole du jour
Lc 24, 35-48
Dimanche 22 avril
Les disciples qui rentraient d"Emmaüs
racontaient aux onze Apôtres
et à leurs compagnons ce qui s"était passé sur la route,
et comment ils avaient reconnu le Seigneur
quand il avait rompu le pain.
Comme ils en parlaient encore,
lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Frappés de stupeur et de crainte,
ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ?
Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi !
Touchez-moi, regardez :
un esprit n'a pas de chair ni d'os,
et vous constatez que j'en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire,
et restaient saisis d'étonnement.Jésus leur dit :
« Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
Il le prit et le mangea devant eux.
Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles
que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous :
Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi
dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.
Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture :
les souffrances du Messie,
sa résurrection d'entre les morts le troisième jour,
et la conversion proclamée en son nom
pour le pardon des péchés à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins. »

" Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous. » Étonnant verset : Jésus Ressuscité n’est-il pas au milieu des siens lorsqu’il leur tient ces propos ? Certes, Il est bien réellement présent avec ses disciples lorsqu’il leur parle ; et pourtant, il faut bien nous rendre à l’évidence : Il n’est plus avec eux comme Il l’était avant la Passion. La résurrection n’est pas la simple réanimation de son cadavre, comme ce fut le cas pour Lazare, le fils de la veuve de Naïm ou la fille de Jaïre. Être ressuscité signifie vivre de Dieu, en Dieu et pour Dieu dans l’intégralité de tout son être ; c’est vivre de la vie même de Dieu, non seulement spirituellement, mais aussi psychiquement et physiquement. Notre nature est donc appelée à subir une profonde transformation, qui est suggérée dans les Évangiles par la modification de l’apparence du Ressuscité par rapport au Jésus pré-pascal. Toutes les apparitions soulignent ce fait déconcertant : « Dans leur joie, ils n’osaient pas y croire, et restaient saisis d’étonnement ». Marie-Madeleine « aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c’était lui » (Jn 20, 14) ; après la seconde pêche miraculeuse, Jésus ressuscité dit aux disciples « “Venez déjeuner”. Aucun d’entre eux n’osait lui demander : “Qui es-tu ?” Ils savaient que c’était le Seigneur » (Jn 21, 12). Notre-Seigneur apparaît en Galilée à ses disciples à la montagne où il leur avait ordonné de se rendre ; « quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes » (Mt 28, 17). Cette transformation de l’apparence sensible oblige les témoins à faire un acte de foi. Leur témoignage repose certes sur une rencontre objective avec le Ressuscité ; mais les disciples ont à parcourir un chemin de foi pour reconnaître leur Seigneur. " (P. Joseph-Marie)

Vivre dans la Lumière du Ressuscité, c'est ouvrir tout notre être, corps, âme et esprit à cette Lumière et à sa puissance de transformation ... de divinisation :

Qui est l'homme ?
"Si vous me demandez ce qu'est l'homme, je vous réponds ceci : l'homme est du divinisable. C'est la réponse la plus profonde, au-delà de toutes les choses si intéressantes que peuvent nous dire les sciences humaines… Divinisable ? Tout simplement parce qu'il y a un homme qui est Dieu. Un homme pleinement homme : l'Évangile et saint Paul nous répètent que le Christ est pleinement homme sauf le péché, ajoute-t-on. Mais c'est précisément parce qu'il n'est pas pécheur que le Christ est pleinement homme. Ce qui nous empêche nous d'être parfaitement hommes, c'est que nous sommes pécheurs. Si vraiment il y a un membre du genre humain, de l'espèce humaine qui est Dieu, c'est donc qu'il y a dans tous les hommes une capacité à devenir ce qu'est Dieu. Si un homme est Dieu, c'est que tous peuvent le devenir. Le mystère de tout homme, le sens de l'homme, la signification de la vie humaine, c'est l'aptitude essentielle de l'homme à devenir ce qu'est Dieu."
Qui est Dieu ?
"Jésus nous révèle qui est Dieu : Dieu est Amour. Nous le savons, oui ; mais prenons-nous cette affirmation au sérieux ? Il est bien évident que s'il y a un homme qui est Dieu, c'est que Dieu est Amour. On imagine mal l'incarnation si Dieu n'est pas Amour. En effet, la tendance profonde, le mouvement profond de l'amour est de devenir l'être aimé, non seulement d'être uni à lui mais d'être un avec lui. C'est un mouvement qui existe déjà dans l'amour humain mais qui n'est pas réalisable pleinement… Dieu est amour. Toute la Bible développe ce point."
Qu’est-ce que l’amour ?
"Toute l'histoire de la Révélation est la conversion progressive d'un Dieu envisagé comme puissance à un Dieu adoré comme amour. C'est avec cette perspective-là qu'il nous faudrait relire la Bible et étudier l'histoire des religions… Il y a moyen d'imaginer un regard d'amour où il n'y aurait que de l'amour car je pense que, dans l'expérience de l'amour humain (qu'il s'agisse de l'amour conjugal, de la sympathie fraternelle, de l'amour paternel ou maternel, de la charité et du dévouement aux autres, etc.), il y a suffisamment d'amour même mêlé de beaucoup d'égoïsme, pour que nous comprenions ce qu'est l'amour quand il est vécu en Dieu, en toute pureté et en toute plénitude."
Le Dieu en qui nous croyons n'est pas le Dieu des philosophes, d'Aristote ou de Platon, il est le Dieu révélé par Jésus Christ… Nous sommes loin de Jupiter, du paternalisme et du triomphalisme ! C'est ce Dieu Amour
que nous révèle Jésus-Christ. (P. François Varillon)
Ne nous trompons pas de Dieu. Les disciples eux-mêmes s'y sont trompés. Ils espéraient un Messie guerrier et une bonne place à ses cotés dans son royaume selon ce monde ... Il aura fallu la Pentecôte et le don de l'Esprit d'Amour pour qu'enfin ils s'ouvrent à la compréhension, celle qui passe par le cœur ... Un dernier mot du Père Varillon : "Dieu ne divinise que ce que l'homme humanise" ... Il n'y a que l'Amour qui humanise : "Dieu est Amour"

mardi 17 avril 2012

Parole du jour
Jn 3, 7-15
Mardi 17 avril

Jésus disait à Nicodème :
« Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître.
Le vent souffle où il veut :
tu entends le bruit qu'il fait,
mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va.
Il en est ainsi de tout homme
qui est né du souffle de l'Esprit. »

Nicodème reprit :
« Comment cela peut-il se faire ? »
Jésus lui répondit :
« Toi, tu es chargé d'instruire Israël,
et tu ne connais pas ces choses-là ?
Amen, amen, je te le dis :
nous parlons de ce que nous savons,
nous témoignons de ce que nous avons vu,
et vous n'acceptez pas notre témoignage.
Si vous ne croyez pas
lorsque je vous parle des choses de la terre,
comment croirez-vous
quand je vous parlerai des choses du ciel ?
Car nul n'est monté au ciel
sinon celui qui est descendu du ciel,
le Fils de l'homme.
De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que tout homme
qui croit obtienne par lui la vie éternelle. »

Cette nouvelle naissance, les disciples en font l'expérience le jour de la Pentecôte. Elle se réalise pour eux dans le souffle de l'Esprit-Saint. Leur vie bascule alors ... La peur disparaît. Ils sortent au plein Jour. Ils vivaient les évènements de l'extérieur, dans leur littéralité ... Et voilà qu'ils passent à l'intérieur. Désormais ils comprennent avec le cœur. Leurs yeux voient au-delà de l'écorce. Ils passent de la terre (l'extérieur) au ciel (l'intérieur). "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel" dit-on dans le Notre Père. C'est l'unification entre l'intérieur et l'extérieur. Vivre les choses extérieures à partir du regard intérieur. Ne pas imprimer sa vie dans l'éphémère et le passager ...
Pour cela, il fallait que l'Esprit imprime en eux la Présence du Ressuscité et leur donne la vraie liberté intérieure. Bâtis sur le "Roc d'être", ils ne se laisseront plus ballottés à tous vents de l'espace et du temps, de l'histoire du monde : "
Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde " avait dit Jésus dans la prière sacerdotale. (Jn 17, 16) Il s'agit du monde dans tout ce qu'il a d'obscurité et d'illusion ... Jésus a refusé ce chemin pour ne pas perdre son identité et son âme et marcher dans cette vérité qui s'enracine dans les profondeurs de l'être. Passant par la mort, il n'a pu demeurer dans la mort car tout son être est Vie et qu'en Lui il n'y a pas de faille pour laisser passer la nuit : "ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle." Il veut aujourd'hui colmater nos brèches pour que nos vies rayonnent de sa Lumière ... l'Esprit est à l'œuvre ne nous : "Laissez-vous conduire par l'Esprit ..." (Gal 5, 16)

lundi 16 avril 2012

Parole du jour
Jn 3, 1-8
Lundi 16 avril

Il y avait un pharisien nommé Nicodème ;
c'était un notable parmi les Juifs.
Il vint trouver Jésus pendant la nuit.
Il lui dit :
« Rabbi, nous le savons bien,
c'est de la part de Dieu
que tu es venu nous instruire,

car aucun homme ne peut accomplir les signes

que tu accomplis si Dieu n'est pas avec lui. »

Jésus lui répondit :
« Amen, amen, je te le dis :
personne, à moins de renaître,

ne peut voir le règne de Dieu. »

Nicodème lui répliqua :

« Comment est-il possible de naître
quand on est déjà vieux ?
Est-ce qu'on peut rentrer dans le sein de sa mère

pour naître une seconde fois ? »

Jésus répondit :
« Amen, amen, je te le dis :
personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit,
ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

Ce qui est né de la chair n'est que chair ;

ce qui est né de l'Esprit est esprit.

Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître.

Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait,

mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va.
Il en est ainsi de tout homme
qui est né du souffle de l'Esprit. »


Par Nicodème, nous savons pourquoi Dieu a envoyé Jésus : "C'est de la part de Dieu que tu es venu nous instruire." On a trop oublié que Jésus était un Rabbi, un Maître d'école (didascalè en grec). Sa mission est l'éducation, la régulation de la personne humaine en vue que celle-ci retrouve sa véritable identité, soit réunifiée dans tout son être et trouve ainsi son véritable accomplissement. St Paul écrit : "Que votre être tout entier, corps, âme et esprit, soit rendu saint (réunifié et accompli dans l'amour) par l'avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ." (1 th 5, 23) Cette instruction, il la donne à travers ses enseignements et les signes qu'il accomplit : "Aucun homme ne peut accomplir les signes que tu accomplis si Dieu n'est pas avec lui."
Nicodème, un pharisien touché par la personne de Jésus, est encore malgré sa bonne volonté, dans l'incompréhension. Jésus va lui ouvrir une voie, celle qui fait passer du "dehors" au "dedans" : "Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit." Ce qui fait penser à ce qu'écrit St Paul dans la Lettre aux Romains : "L'Esprit Saint atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu." (Rm 8, 16) Et ce passage à "l'intérieur" se réalise par la "Nouvelle Naissance" qu'est le Sacrement du Baptême : "Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. " Entrer dans le Royaume, c'est "mener une Vie Nouvelle" (Rm 6, 4), ce qui ne peut se réaliser qu'en Jésus : "Tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ." (Rituel du Baptême) Quitter la nuit pour vivre en plein Jour ...

dimanche 15 avril 2012

2ème dimanche après Pâques
Dimanche de la Miséricorde
Dimanche 15 avril
(Jn 20, 19-22)

C’était après la mort de Jésus,
le soir du premier jour de la semaine.
Les disciples avaient verrouillé
les portes du lieu où ils étaient,
car ils avaient peur des Juifs.
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole,
il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m'a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé,
il répandit sur eux son souffle et il leur dit :
« Recevez l'Esprit Saint.»

"Jésus vint et il était là au milieu d'eux". Cela ne veut pas dire qu'il était absent, mais il le voit car il manifeste visiblement sa Présence. La première parole du ressuscité aux disciples est "la paix soit avec vous". Cette paix qui est communion dans l'amour. Ce qui brouillait la relation (le péché) a disparu comme goutte d'eau dans la mer de la miséricorde de Dieu. Ils n'ont plus à avoir peur. Jésus est le Prince de la Paix, la vraie. Et Jésus va leur donner cette Paix qui renouvelle le cœur et la vie : "Recevez l'Esprit-Saint."
Ce dimanche est le dimanche de la miséricorde (du latin : misericordia). Souvent à ce mot nous donnons la signification suivante : Dieu a du cœur et il se penche vers l'homme plongé dans la misère, pour l'en sortir, d'où l'incarnation. Dieu en son Fils nous rejoint dans la misère qui nous englue : "Il s'est identifié à notre condition pécheresse, écrit St Paul, pour nous identifier à sa sainteté" ... C'est beau et profond ! Mais le mot hébreux rahamim est un pluriel qui signifie « entrailles maternelles ». André Chouraqui traduit dans la Bible qui porte son nom : "Dieu est matricien". La signification est alors la suivante : "Dieu est comme une Mère qui sans cesse nous ré-engendrerait à la vie". Dieu est Père ... Il est aussi Mère. Le terme rahamim désigne également l'attachement qui unit Dieu à l'être humain, ses « entrailles » frémissent en pensant à l'homme. Ainsi Dieu s'émeut avec tendresse comme un père ou une mère à l'égard de leurs enfants. La peinture de Rambrandt sur "le Fils prodigue" montre le fils à genoux, la tête sur le cœur du Père ... Celui-ci pose ses deux mains sur les épaules de son fils. Allez voir ! Vous remarquerez alors que l'une de ses mains est celle d'un homme et l'autre celle d'une femme ...

(Christ miséricordieux peint par Saint Faustine, sœur polonaise canonisée par Jean-Paul II)