mardi 11 mars 2014






Parole du jour
Mt 6, 7-15
mardi 11 mars

Comme les disciples s'étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi
vous avez besoin avant même
que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne ;
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous les avons remises nous-mêmes
à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.

Le "Notre Père" est la prière chrétienne par excellence. La seule que Jésus nous a laissé. C'est à la fois "Sa" prière et la "notre". Nous ne pouvons la dire seul ... nous ne pouvons la dire que dans l'Esprit-Saint, sinon elle n'est qu'une récitation stérile. La dire dans l'Esprit-Saint, avec le cœur, c'est prier en communion avec l'unique Fils, Jésus notre frère. Aussi disons-nous : "Notre Père ..." Et ce "Notre" englobe également tous ceux qui baptisés au nom du Fils unique, ont "revêtu le Christ" (rituel du baptême). Et au-delà, tous ceux qui, créés dans le Fils, à l'Image de Dieu, n'ont pas conscience d'être les enfants du Père, mais le sont fondamentalement. A nous qui nous disons "chrétien" d'être leur conscience en priant en leur nom également et en les portant dans notre prière. L'Église est catholique, c'est-à-dire "universelle". A l'image de Dieu, elle ne laisse personne sur le bord du chemin ...

lundi 10 mars 2014

Parole de Dieu
Mt 25, 31-46
Lundi 10 mars
Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite,
et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
'Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume préparé
pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ;
j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ;
j'étais malade, et vous m'avez visité ;
j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !'
Alors les justes lui répondront :
'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ?
tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?'
Et le Roi leur répondra :
'Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits
qui sont mes frères,
c'est à moi que vous l'avez fait.'

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
'Allez-vous-en loin de moi, maudits,
dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges.
Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ;
j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ;
j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ;
j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.'
Alors ils répondront, eux aussi :
'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif,
être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?'
Il leur répondra :
'Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits,
à moi non plus vous ne l'avez pas fait.'
Cet enseignement de Jésus est suffisamment parlant pour éviter les grand discours. En l'écoutant il me vient une autre parole tirée de la 1ère lettre de St Jean : "Celui qui dit j'aime Dieu et qui n'aime pas son frère est un menteur. Comment pourrait-on aimer Dieu qu'on ne voit pas si on aime pas son frère que l'on voit." (1Jn 4, 20) . Ce qui revient à dire qu'on aime Dieu qu'on ne voit pas de la mesure dont on aime son frère que l'on voit. Et il est question d'aimer ainsi tout être humain qui nous est un frère ou une sœur, car "Dieu ne fait pas de différence entre les hommes." (Ac 10, 34) Et sa vie il l'a donnée pour tous et pour chacun. A nous de faire de même : "Le Fils de l'homme (Jésus) est venu, non pour être servi mais pour servir et donner sa vie vie pour la multitude." (Mc 10, 45) Oui, nous dit-il, "aimez-vous les uns les autres de l'amour dont je vous ai aimé ..." (Jn 1", 35-37) Il y a, ô combien, besoin de "conversion", à commencer par nous-mêmes !

dimanche 9 mars 2014

 Parole du jour  
Lc 18, 9-14
Dimanche 9 mars
 
Jésus dit une parabole pour certains hommes 
qui étaient convaincus d'être justes 
et qui méprisaient tous les autres :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
 L'un était pharisien, et l'autre, publicain.
Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 
'Mon Dieu, je te rends grâce 
parce que je ne suis pas comme les autres hommes : 
voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. 
Je jeûne deux fois par semaine 
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.'
Le publicain, lui, se tenait à distance 
et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; 
mais il se frappait la poitrine, en disant : 
'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !'
Quand ce dernier rentra chez lui, 
c'est lui, je vous le déclare, 
qui était devenu juste, et non pas l'autre. 
Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. » 
 
Le pharisien ne manque pas d'air, il gonfle à vue d’œil. St Paul écrit dans l'hymne à l'amour : "l'amour ne se gonfle pas d'orgueil, il ne cherche pas son intérêt, il rend service ..." et le livre des proverbes définit ainsi l'orgueilleux : "L'orgueilleux, le hautain, s'appelle un moqueur; Il agit avec la fureur de l'arrogance." (Pr 21, 24) Notre pharisien est un malheureux qui s'ignore. Il se regarde et se trouve beau dans sa suffisance, et pour exister, il a besoin de se comparer aux autres en les dénigrant et quelque part en les poignardant. Sa relation à Dieu n'existe que dans le sens de Dieu vers lui, Dieu qui le contemple dans sa perfection. Il ne voit que le JE : "JE te rends grâce ... JE ne suis pas comme les autres hommes ... JE jeûne deux fois par semaine ...  JE verse le dixième de tout ce que je gagne." Il est tout regard vers lui-même. Ne serait-ce pas ça l'enfer ? ... Se recevoir de soi-même ! ... Se mirer dans un miroir et contempler sa propre image.
St Pierre, dans sa première lettre appelle à quitter cette posture mortifère. Dieu n'est pas de ce monde là  : "Revêtez-vous d'humilité; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles."(1P 5, 5)
Notre publicain ne se regarde pas, il regarde "Mon Dieu" à qui il se remet de sa vie : " TOI, prends pitié ..." le TU est premier. Et ensuite il se dit en toute vérité : "du pécheur que je suis". Dieu peut agir. Son JE, il le plonge dans le TU de Dieu qui l'assume et peut ainsi le rendre à la lumière et à la paix : le ciel s'ouvre pour cet homme : "Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste ...

samedi 8 mars 2014

Parole de Dieu
Lc 5, 27-32
Samedi 8 mars

Jésus remarqua un publicain (collecteur d'impôts)
du nom de Lévi assis à son bureau de publicain.
Il lui dit: "Suis-moi."
Abandonnant tout, l'homme se leva
et se mit à le suivre.
Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ;
il y avait une grande foule de publicains
et d'autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti
récriminaient en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes
mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent.

Matthieu le sait, il est pécheur et malade ... Son métier de publicain (collecteur d'impôt) fait de lui un collaborateur de César et de plus, il empoche de-ci de-là ... Son cœur est malade. Ses compatriotes le regarde de travers et le méprise. Les pharisiens mettent ces gens-là à la table des pécheurs : "Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? ".
Et puis voici un homme qui le regarde autrement, ni mépris, ni jugement. Son regard le transperce jusqu'au cœur et d'un coup celui-ci devient tout brûlant ... Cet homme le rejoint dans ses profondeurs malades mais le reconnaît au-delà de celle-ci dans sa dignité d'homme et d'enfant de Dieu. Il sait mais ne condamne pas ... Matthieu se sent exister. Son état de publicain lui avait ouvert les yeux sur lui-même et son incapacité à en sortir par lui-même. Un lourd fardeau l'écrasait. Mais une brèche s'était ouverte en lui par où le regard de lumière et d'amour put s'engouffrer et chasser les ténèbres. La parole de Jésus : "Suis-moi !" le libère de sa chaise et le met debout dans la position du Ressuscité. Une vie nouvelle commence pour lui : "L'homme se leva et se mit à le suivre ...
Immédiatement son désir est que ses amis rencontrent Jésus et fassent la même expérience. Ils les invite à un repas ... Pharisiens et lévites, blindés dans leurs certitudes et leur suffisance, extérieurs à l'œuvre de salut qui vient de se réaliser, restent collés à leurs jugements ...
Et Jésus à cette parole qui est pour nous une immense espérance : " « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. " La conversion est guérison.

lundi 3 mars 2014

Parole du jour
Mc 10, 28-31
Mardi 4 mars

Pierre se mit à dire à Jésus :
« Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis :
personne n'aura quitté,
à cause de moi et de l'Évangile,
une maison, des frères, des soeurs,
une mère, un père,
des enfants ou une terre,
sans qu'il reçoive, en ce temps déjà,
le centuple : maisons, frères, soeurs,
mères, enfants et terres,
avec des persécutions, et,
dans le monde à venir, la vie éternelle.
Beaucoup de premiers seront derniers,
et les derniers seront les premiers. »

Il est étonnant de constater comment la dépossession conduit à la communion. Il est des liens qui nous enchaînent et nous empêche d'exister. Combien de parents qui gardent l'emprise sur leurs enfants même une fois mariés. Ce qui d'ailleurs produit des drames conjugaux. Car on ne se marie pas à trois ou à quatre, mais à deux : "l'homme (la femme) quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme (à son mari) et tous deux ne feront plus qu'un." Tant que l'on est possessif envers une personne ou même un objet, on a un fil à la patte. L'épanouissement naît de deux libertés, celle laissée à l'autre et celle que je m'octroie en permettant à l'autre d'être lui-même. En comprenant bien que la liberté va toujours dans le sens du plus grand bien. Or permettre à l'autre d'exister pour lui-même, c'est lui offrir le plus grand bien, et me permettre à moi-même d'exister pour moi-même. L'amitié comme l'amour prennent racine dans ce respect mutuel. Avec Dieu, il en est de même. Combien de fois le faisons-nous prisonnier de nos désirs et de nos peurs. Dieu a le droit d'exister pour lui-même et nous devons l'aimer dans ce respect de sa Personne comme il nous aime dans le respect de la notre. Il ne s'impose et ne nous oblige jamais. Il s'incline devant notre dignité ... qui nous vient de Lui. Tout quitter, c'est ainsi s'ouvrir à une vraie communion, une vraie relation où deux libertés se rencontrent et se respectent, dans le désir du plus grand bien de l'autre selon la voie qui est la sienne et qui est propre à chacun. L'Évangile ouvre nos cœurs à cette bonne nouvelle.
Parole du jour
Mt 5, 43-48
Lundi 3 mars

Jésus se mettait en route 
quand un homme accourut vers lui, 
se mit à genoux et lui demanda : 
« Bon maître, 
que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : 

« Pourquoi m'appelles-tu bon ? 
Personne n'est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : 

Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, 
ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, 
ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
L'homme répondit : 

« Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
Posant alors son regard sur lui, 

Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : 
« Une seule chose te manque : 
va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres 
et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre 

et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples :

 « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses 
d'entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. 

Mais Jésus reprend : 
« Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu. 
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille 
qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : 

« Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et répond : 

« Pour les hommes, cela est impossible, 
mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » 

 Ce que Jésus lui propose, c’est de faire comme lui : c'est-à-dire de ne plus seulement être le bienfaiteur lointain de ses frères dans le besoin, mais de les rejoindre dans leur condition, tant il est vrai que l’amour se fait semblable à celui qu’on aime.
« Va, donne tout ce que tu as aux pauvres, puis viens, suis-moi » : comme nous le rappelle Benoît XVI dans sa première Encyclique, le statut de disciple est indissociable de la solidarité avec les plus pauvres, qui doivent jouir de son amour préférentiel. Une religiosité qui se limiterait à une quête de perfection, ne conduirait qu’à une auto-glorification stérile et ne ferait pas avancer le Royaume. En quelques mots, Jésus vient de souligner la spécificité du chemin de l’Évangile : la sainteté ne consiste pas dans une intériorité aseptisée, qui se serait isolée des autres et de leurs exigences ; elle exige tout au contraire d’entrer dans une réelle compassion envers tous ceux que le Seigneur met sur notre route. Le Pape n’hésite pas à nous mettre vigoureusement en garde : « Si dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être “pieux” et accomplir mes “devoirs religieux”, alors même ma relation à Dieu se dessèche. Cette relation est seulement “correcte”, mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à lui de m’aimer. Les saints - pensons par exemple à la bienheureuse Teresa de Calcutta - ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres » (Deus caritas est, 18). Sachons nous aussi nous « laisser tomber à genoux » devant Jésus Eucharistie, et croiser son regard plein d’amour : c’est là que nous puiserons la force des détachements qui s’imposent pour que nous puissions devenir des disciples selon son cœur.     
Père Joseph-Marie

dimanche 2 mars 2014

Parole du jour
Mt 6, 24-34
Dimanche 2 juin

Comme les disciples s'étaient rassemblés
autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Aucun homme ne peut servir deux maîtres :
ou bien il détestera l'un et aimera l'autre,

ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre.

Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent.

C'est pourquoi je vous dis :
Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie,
au sujet de la nourriture,
ni pour votre corps,
au sujet des vêtements.
La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
et le corps plus que les vêtements ?
Regardez les oiseaux du ciel :
ils ne font ni semailles ni moisson,
ils ne font pas de réserves dans des greniers,
et votre Père céleste les nourrit.
Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?
D'ailleurs, qui d'entre vous,
à force de souci,
peut prolonger tant soit peu son existence ?
Et au sujet des vêtements,
pourquoi se faire tant de souci ?
Observez comment poussent les lis des champs :
ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Or je vous dis que Salomon lui-même,
dans toute sa gloire,
n'était pas habillé comme l'un d'eux.

Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs,
qui est là aujourd'hui,
et qui demain sera jetée au feu,
ne fera-t-il pas bien davantage pour vous,
hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ;
ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ?'
ou bien : 'Qu'allons-nous boire ?'
ou encore : 'Avec quoi nous habiller ?'
Tout cela, les païens le recherchent.
Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Cherchez d'abord son Royaume et sa justice,
et tout cela vous sera donné par-dessus le marché.
Ne vous faites pas tant de souci pour demain :
demain se souciera de lui-même ;
à chaque jour suffit sa peine.

Nous sommes dans un monde ou l'argent est Roi. Il en faut certes pour vivre, on le sait et ceux qui en manque peuvent témoigner de l'angoisse qu'inflige l'impossibilité de joindre les deux bouts, comme on dit. Il s'agit là d'un argent "au service" de la vie de l'homme. On se suffirait d'un minimum pour vivre, même s'il est bon d'en avoir un peu plus ...
Puis il y a ceux qui sont esclaves de l'argent et qui, en ayant déjà suffisamment, en veulent toujours plus, au détriment de la vie des autres.
L'argent est devenu leur dieu. Il n'en sont pas plus heureux pour autant, mais il cherche à combler leurs insatisfactions par toujours plus d'argent. Ils font cependant l'expérience du dicton : "l'argent ne fait pas le bonheur"...Leur vie s'imprime dans leur magot qui ne peut les sauver. Ils peuvent  croire un moment qu'ils pourront tout avoir avec l'argent, mais très vite ils se retrouvent face à un mur. l'Amour ne s'achète pas à coup d'argent ... Dieu, le vrai, ne s'achète pas à coup d'argent.
Seul Dieu, le Dieu de Jésus Christ, peut donner la paix du cœur et l'ouvrir à l'amour. Combien de pauvres dont la vie est riche. C'est le constat que font ceux qui vont rencontrer des peuples en des pays en voie de développement, comme on appelle cela. Pauvres de biens, oui, mais riches de relations et d'entraide. Et l'accueil de l'autre est un devoir premier ... Là, oui, Dieu, le vrai, est présent et il prend soin d'eux ! Ces gens, il faut les aider, certes, mais pas en les engonçant dans nos habits de consommation et de riches selon le monde. La vraie richesse est toute intérieure. Ne leur volons pas ce trésor ! D'ailleurs nous en sommes nous-mêmes cohéritiers : "Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète ce champ." (Mt 13, 44) Ne s'agirait-il pas du champs de ton cœur ? A chacun de chercher et de creuser !

samedi 1 mars 2014

Parole de Dieu
Mc 10, 13-16
Vendredi 1er mars
On présentait à Jésus des enfants
pour les lui faire toucher ;
mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :
« Laissez les enfants venir à moi.
Ne les empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis :
celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu
à la manière d'un enfant n'y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.
Jésus se sent bien avec les enfants. Il fait partie de leur monde et ils se reconnaissent en Lui. En eux il n'y a pas d'arrière pensée, il y a de la confiance et de l'abandon. L'enfant sait reconnaître Jésus, il le fait non avec sa tête, mais avec son cœur. Daniel Ange a écrit un livre intitulé : "Ces enfants, nos théologiens." Souvent les paroles simples de l'enfant sur Dieu, sur Jésus, sont d'une extrême profondeur et d'une grande justesse car il est directement connecté à la Source, vivant son réel dans le présent, là où jaillit la Présence et donc la relation vraie. Son regard est limpide ...
L'adulte, lui, a tendance à fuir dans le passé où à se projeter dans l'avenir, dans la difficulté de vivre le présent. D'où toutes ses complications et ses replis sur lui-même, ses aspirations à la domination et au rapport de force ... à la reconnaissance.
Tout le cheminement spirituel consiste à retrouver la simplicité de l'enfant, sa spontanéité dans l'amour au delà de tous calculs : "le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent". L'enfant nous révèle l'aspiration de notre cœur et aussi tout le chemin qu'il reste à parcourir ... c'est ainsi qu'il peut être dérangeant pour l'adulte : "les disciples les écartèrent vivement". La parole de Jésus doit nous interpeler et ne plus nous lâcher : "Si vous ne redevenez comme des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume." Être comme un enfant, c'est aussi reconnaître qu'on ne sait pas tout et même qu'on ne sait rien et qu'on a tout à apprendre ... Le  "Royaume des cieux", c'est Jésus lui-même. Accueillir Jésus comme un enfant ... Que celui qui a des oreilles entende et ... comprenne !

dimanche 23 février 2014

Parole du jour
Mt 5, 43-48
Dimanche 23 février

Vous avez appris qu'il a été dit :
Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père
qui est dans les cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants
et sur les bons, et tomber la pluie
sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense aurez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d'extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Vous donc, soyez parfaits
comme votre Père céleste est parfait.

Il suffit de regarder le tableau de Jérôme Bosch, le portement de croix, pour mieux comprendre ce que signifie "Aimez ses ennemis". En fait ses détracteurs font de Jésus leur ennemi. Jésus, Lui, refuse de faire d'eux ses ennemis. Aucune haine dans son cœur, seulement le choix libre de donner sa vie pour eux. Il se servira de leur haine à son encontre pour les sauver : "Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font." La Croix en est le Signe définitif, le Signe de l'Amour victorieux. Tel est la perfection dont parle Jésus : "Vous donc, soyez parfait comme votre Père céleste est parfait." Tout un programme !

samedi 22 février 2014

Parole de Dieu
Mt 16, 13-19
Samedi 22 février

Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe,
et il demandait à ses disciples :
« Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, il est Jean Baptiste ;
pour d'autres, Élie ;
pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara :
« Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

L'Église repose sur la proclamation de Pierre, inspirée par le Père Lui-même : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant !" Pierre comprend-il vraiment ce qu'il dit ? ... Il le comprendra à la Pentecôte où l'Esprit-Saint lui donnera l'intelligence du cœur. Et c'est en ce Jour et à cette Heure que l'Église sera vraiment fondée. Aujourd'hui, nombre de chrétiens disent "oui" à Jésus et laisse de côté l'Église, allant jusqu'à lui dire "non". C'est un contresens total ! Jésus ne s'oppose pas à l'Église, il en est le Fondateur, il l'a voulu : "Tu es Pierre, et sur cette Pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux."
Parfois les hommes qui forment l'Église et nous en sommes, peuvent ne pas être à la hauteur de leur mission de chrétiens, mais en son cœur l'Eglise est Sainte et la voix du Père ne cesse de s'y faire entendre par la Parole qu'est le Fils incarné, dans le Souffle qu'est l'Esprit. C'est de son cœur que jaillit la grâce des Sacrements qui sont action du Christ pour nous aujourd'hui. Et combien leur tournent le dos, le tournant ainsi au Christ.
Il est facile de se faire juge, cela évite de se remettre soi-même en question comme si nous étions au-dessus de la mêlée. Tous ceux qui forment l'Église sont en chemin ...
Écoutons St Paul :
" Il s'agit de connaître le Christ, d'éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts. Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j'ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, je ne pense pas l'avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l'avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus." (Ph 3, 10-14) Dans une course, les participants ne sont pas tous au même point du parcours ... l'important, c'est de courir et d'arriver. Ainsi pour les baptisés !
Écoutons aussi ces paroles du Pape Paul VI : "Il convient de rappeler à un moment où non sans douleur, nous pouvons entendre des personnes, que nous voulons croire bien intentionnées mais certainement désorientées sans leur esprit, répéter qu'elles prétendent aimer le Christ mais sans l'Église, écouter le Christ mais non l'Église, être au Christ mais en dehors de l'Église. L'absurde de cette dichotomie apparaît nettement dans cette parole de l'Évangile : "Qui vous rejette, me rejette." (Lc 10, 16) Et comment vouloir aimer le Christ sans aimer l'Église, si le plus beau témoignage rendu au Christ est celui de St Paul : "Il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ?" (Ep 5, 25) ( Evangelii nuntiandi 16)
Rappelons ici les dernière paroles de Ste Thérèse d'Avila, juste avant de mourir au monastère d'Alba de Tormes, qui redisent tout son attachement et son amour filial pour l'Église, sa fierté de lui appartenir : "Je suis fille de l'Église !" Et plusieurs siècles après, une autre Thérèse, celle de Lisieux décrira sa vocation dans ces simple mot : "Au cœur de l'Église, je serai l'Amour !" A nous, par notre conversion et notre fidélité au Christ, de témoigner de la beauté de l'Église, car l'Église, c'est chacun de nous, et nous tous ensemble. Le mot Église signifie "Ensemble". On ne peut être chrétien seul !

mercredi 19 février 2014

Parole du jour
Mc 8, 28-31
jeudi 20 février

"Chemin faisant, il les interrogeait :
"Pour les gens, qui suis-je ?"

Ils répondirent:
"Jean-Baptiste;
pour d'autres, Élie;
pour d'autres, un des prophètes."
Ils les interrogeait de nouveau :

"Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?"
Pierre prit la parole et répond :
"Tu es le Messie."
 
Chaque matin, il est bon de se laisser interpeller par cette question de Jésus : "Pour toi, qui suis-je ?" La réponse que nous donnerons va orienter toute notre journée, notre manière de la vivre, nos rencontres ... Pour ce qui est de ces rencontres, lui même nous le dit : "Ce que vous ferez à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." Chaque personne rencontrée est donc l'un de ces petits à travers qui il se présente à nous. Ce n'est pas toujours évident à discerner et pourtant! Il est aussi important d'apprendre la Présence de Jésus dans les moindres circonstances de notre quotidien car rien ne lui est étranger de notre vie qu'il ne demande qu'à assumer avec nous. Si nous l'accueillons dans notre barque, il saura nous guider à travers la mer jusque sur l'autre rive. Avançant ainsi dans sa lumière, il est possible qu'au moment de nous coucher, nous aurons mieux compris qui il est ...

samedi 15 février 2014

Parole du jour
Mc 8, 1-10
Samedi 15 février

En ces jours-là,
comme il y avait de nouveau une grande foule de gens,
et qu'ils n'avaient pas de quoi manger,
Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit :
« J'ai pitié de cette foule,
car depuis trois jours déjà ils sont avec moi,
et n'ont rien à manger.
Si je les renvoie chez eux à jeun,
ils vont défaillir en route ;
or, quelques-uns d'entre eux sont venus de loin. »
Ses disciples lui répondirent :
« Où donc pourra-t-on trouver du pain
pour qu'ils en mangent à leur faim,
dans ce désert ? »
Il leur demanda :
« Combien de pains avez-vous ? »
Ils lui dirent : « Sept. »
Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre.
Puis, prenant les sept pains
et rendant grâce,
il les rompit,
et il les donnait à ses disciples
pour que ceux-ci les distribuent ;
et ils les distribuèrent à la foule.
On avait aussi quelques petits poissons.
Il les bénit et les fit distribuer aussi.
Ils mangèrent à leur faim,
et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles.
Or, ils étaient environ quatre mille.
Puis Jésus les renvoya.
Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples,
il alla dans la région de Dalmanoutha.

''Ils n'avaient pas de quoi manger". De quelle nourriture s'agit-il ? De la nourriture du corps sans doute ! Mais surtout de la nourriture du cœur. La pitié de Jésus correspond à la venue du Fils de Dieu en notre chair : "Il s'est fait nous" pour nous libérer de notre faim en nous rassasiant du Salut. Il est notre Salut ! Les trois jours dont il est question, ne serait-ce pas les "trois jours" de l'accomplissement de ce Salut : le premier jour, Jésus meurt sur la croix, semblant nous laisser à notre faim : "Nous espérions nous ... mais voilà le troisième jour que toutes ces choses sont arrivées" (Lc 24, 21) . Mais le troisième jour, Jésus ressuscite et c'est le rassasiement : "C'est bien vrai, le Seigneur est ressuscité, il est apparu à Pierre !" (v. 34) Et ce Salut, ce rassasiement, atteint tout l'univers, les "sept pains" correspondant au sept jours de la création.
Voilà tout ce qui se vit en chaque Eucharistie (Messe) : "Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule." Depuis ce jour qui correspond à l'institution de l'Eucharistie (Lc 22, 19), l'Église n'a cessée de distribuer le Pain changé en la Présence de Jésus, mort et ressuscité, Source du Salut ... le Pain du rassasiement qui jamais ne manque : "Ils mangèrent à leur faim, et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles pleines" ...

jeudi 13 février 2014

Parole du jour
Mc 7, 24-30 
Jeudi 13 février

Jésus se rendit dans la région de Tyr.
Il était entré dans une maison,
et il voulait que personne ne sache qu'il était là ;
mais il ne réussit pas à se cacher.
En effet, la mère d'une petite fille possédée par un esprit mauvais
avait appris sa présence,
et aussitôt elle vint se jeter à ses pieds.
Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne,
et elle lui demandait d'expulser le démon hors de sa fille.
Il lui dit :
« Laisse d'abord les enfants manger à leur faim,
car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants
pour le donner aux petits chiens. »
Mais elle lui répliqua :
« C'est vrai, Seigneur,
mais les petits chiens, sous la table,
mangent les miettes des petits enfants. »
Alors il lui dit :
« A cause de cette parole, va :
le démon est sorti de ta fille. »
Elle rentra à la maison,
et elle trouva l'enfant étendue sur le lit :
le démon était sorti d'elle.

Israël, lui le peuple choisi, regardait tous les autres peuples comme des impurs. Que Jésus s'occupe de son peuple se comprenait encore, mais qu'il touche également les païens ? ... Jésus laisse entendre qu'il est venu pour Israël : "Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants ...", et compare même les païens à des "petits chiens". Mais c'est une mise à l'épreuve et la femme passe celle-ci haut la main : "Mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants." Jésus est admiratif : " A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. " La Foi n'a pas de frontières, c'est nous qui les posons. Dieu n'est pas prisonnier de celles-ci et Jésus les franchit allègrement. Combien de fois dans les Évangiles va-t-il guérir des "infidèles" ou les entretenir comme des amis. Parmi ceux-ci, pensons à la Samaritaine, la cananéenne, le centurion, ici la Syro-phénicienne, comme il le fera d'ailleurs avec les pécheurs et les publicains. Jésus ne s'arrête pas à des lois et à la tradition, il voit la Personne et son bien. Ce n'est pas parce que nous sommes baptisés que nous sommes plus aimés. Le baptême est le Sacrement de la Foi, d'une Foi appelée à être vivante, à grandir et à porter du fruit à la suite de Jésus. Il ne suffit pas de se dire chrétien, il faut le devenir et c'est chaque jour qu'il faut en prendre le chemin. On n'est pas chrétien une fois pour toutes. Dans les préparation au mariage, il est étonnant de rencontrer des couples où c'est celui ou celle qui n'est pas baptisé qui a le plus de Foi ! L'Église n'a pas de frontière et le christ est à l'œuvre en tout cœur humain. Le baptême n'est pas un passeport, mais l'engagement de vivre sa vie "avec le Christ, par Lui et en Lui" et ainsi de témoigner de sa Présence dans la vie de tous les hommes et de leur indiquer sa Présence et son amour.

mardi 11 février 2014

Parole du jour
Mc 7, 1-13
 Mardi 11 février

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem.
Ils se réunissent autour de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées.
- Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
fidèles à la tradition des anciens ;
et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d'autres pratiques :
lavage de coupes, de cruches et de plats. -
Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas
la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
Jésus leur répond :
« Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites,
dans ce passage de l'Écriture :
Ce peuple m'honore des lèvres,
mais son coeur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ;
les doctrines qu'ils enseignent
ne sont que des préceptes humains.
Vous laissez de côté le commandement de Dieu
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour observer votre tradition.
En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère
sera mis à mort.
Et vous, vous dites :
'Supposons qu'un homme déclare
à son père ou à sa mère :
Les ressources qui m'auraient permis de t'aider
sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.'
Vous l'autorisez à ne plus rien faire
pour son père ou sa mère,
et vous annulez la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Il ne suffit pas de se laver les mains, il faut laver son cœur. Les règles et lois extérieures n'ont aucun sens si elles ne sont porteuses d'une réalité "intérieure", elles sont alors hypocrisie et peut-être recherche de "bonne conscience". Jean Cassien, moine du 4ème siècle dont les Conférences ont nourris des génération de moines écrit que "le jeûne, les veilles et autres pratiques ascétiques" ne sont que des moyens, le but est la "pureté du cœur" en vue de la "charité" et de l' "union à Dieu" (contemplation). Il ne faut jamais perdre cela de vue. Ne pas faire d'un moyen un absolu. Combien tombent dans la culpabilité parce qu'ils n'ont pas été fidèle à tel rite, à tel règle ! Ce n'est ni le rite, ni la règle qu'il faut regarder mais le but. Et si le rite ou la règle est un obstacle pour atteindre le but, il faut l'écarter du chemin. Un exemple : Il y a bien des années, j'ai vécu moi-même la règle du chapelet qui consistait à s'obliger chaque jour à réciter un chapelet sinon plus. En soi c'était bien et ce peut être bon, mais si cela finit par tendre comme une arc et par culpabiliser le jour où on ne l'a pas fait, cette règle finit par nous replier sur nous-mêmes et nous donne une image de Dieu qui, pour nous aimer, attend que nous nous épuisions à accomplir la règle. La perfectionnite est une maladie de l'âme. Je puis aussi avec ce rite ou cette règle jouer le donnant donnant avec Dieu. Je te donne, tu me dois. Quelle image avons-nous de Dieu ... et de nous-mêmes ? Il faut des rites et des règles, mais ils doivent toujours être subordonnés au but qui est la charité : Dieu est charité !

lundi 10 février 2014

Parole du jour
Mc 6, 53-56(Lundi 10 février)
Jésus et ses disciples,
ayant traversé le lac, abordèrent à Génésareth
et accostèrent.
Ils sortirent de la barque,
et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
ils parcoururent toute la région,
et se mirent à transporter les malades sur des brancards
là où l'on apprenait sa présence.
Et dans tous les endroits où il était,
dans les villages, les villes ou les champs,
on déposait les infirmes sur les places.
Ils le suppliaient de leur laisser toucher
ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchèrent
étaient sauvés.

Il est beau de voir tous ces gens qui apportent les malades à Jésus et qui supplient Jésus de les guérir. Nous-mêmes, nous devons désirer la guérison de nos frères et soeurs malades et les déposer sur le cœur de Jésus. La compassion de Jésus est immense et la grâce de guérison de Jésus est toujours présente aujourd'hui dans son Église et il est un Sacrement qui en est le signe : "Le Sacrement des malades" ... Cette grâce est d'ailleurs également présente dans les autres Sacrements comme le Baptême et l'Eucharistie ... Nous ne devons jamais oublier pour autant que la guérison essentielle dont la guérison physique peut être le témoignage, c'est la guérison intérieure, la guérison du cœur. Et de celle-ci nous en avons tous besoin. Jésus a dit : "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ... pour les justes mais pour les pécheurs." (Mt 9, 13; Mc 2, 17) Ne pas oublier que le péché est une maladie de l'âme plus grave que la maladie du corps. Lorsqu'on amène à Jésus un paralytique, il commence par lui remettre ses péchés avant de le guérir physiquement (Mc 2, 1-12) ...

dimanche 9 février 2014

Parole du jour
Mt 5, 13-16
Dimanche 9 février

Comme les disciples s’étaient rassemblés
autour de Jésus,
sur la montagne,
il leur disait :

« Vous êtes le sel de la terre.
Si le sel se dénature,
comment redeviendra-t-il du sel ?

Il n’est plus bon à rien :
on le jette dehors et les gens le piétinent.
Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.

Et l'on n'allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;

on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors en voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

Le sel donne du goût aux aliments, ou il en améliore le goût. Ceci est très bien compris par celui auquel les médecins interdisent de manger du sel — la nourriture n'a plus aucune saveur pour lui. Le sel conserve aussi les aliments. L'Ancien Testament parle de "l'alliance du sel" (Nombres 18, 19). Et c'est dans cette alliance que Dieu a donné la royauté "pour toujours" à David et à ses descendants (2e livre des Chroniques, 13, 5). Si nous ajoutons cet apport de l'Ancien Testament à la pensée de Matthieu, la signification de ce verset, "Vous êtes le sel de la terre" devient : plus votre "salinité" est grande, plus vous êtes l'alliance entre Dieu et les humains. Et n'oublions pas que le sel est considéré aussi comme le "feu des eaux" (L.C. de St Martin). Le Feu étant le symbole de l'Esprit-Saint , le Souffle de Dieu et l'eau, celui de la Parole de Dieu. Jean Baptiste parlant de Jésus dira : "Lui vous baptisera dans l'eau et le Feu". Et ailleurs : "dans l'eau et l'Esprit-Saint". Plongé dans l'eau, au Baptême, nous en sortons comme le sel de l'eau, pour que "menant une vie nouvelle dans le Christ, celle-ci devienne "saveur de l'Evangile" pour le monde.
Pour ce qui est de la "Lumière", la réalité est la même. Je relèverais seulement quelques passage de la Bible : "Ta Parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route." (Ps 118, 105) Si Jésus est la "Lumière du monde" : "Son éclat est pareil à la Lumière, des rayons sortent de ses mains (cloués sur la croix), là se tient caché sa puissance (la puissance de l'amour)."(Ha 3) c'est qu'il est la Parole de Dieu qui se dit à travers notre humanité qu'il a pleinement assumée. Par le Baptême, nous "revêtons le Christ" (Rituel). Notre vie est appelée à mettre en pleine lumière sa Présence qui comme un levain élève l'humanité qu'il a sauvé en allant jusqu'au bout de l'amour : "Qui regarde vers Lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage." (Ps 33)