lundi 28 octobre 2013


Sts Simon et Jude
 Parole du jour
Lc 6, 12-19
Lundi 28 octobre

En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne
pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu.
Le jour venu, il appela ses disciples,
en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres :
Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère,
Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée,
Simon appelé le Zélote,Jude fils de Jacques,
et Judas Iscariote, celui qui fut le traître.
Jésus descendit de la montagne
avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples,
et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem,
et du littoral de Tyr et de Sidon,
qui étaient venus l'entendre
et se faire guérir de leurs maladies.
Ceux qui étaient tourmentés
par des esprits mauvais en étaient délivrés.
Et toute la foule cherchait à le toucher,
parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.

Pourquoi "douze apôtres" ? En référence aux "douze tribus d'Israël" ? Jésus prépare le nouvel Israël : "l'Église". Non que l'ancien Israël ne serait plus le "peuple choisi", mais l'Église est appelée à conduire à bien la mission qui était celle d'Israël : "En toi seront bénis toutes les nations de la terre". Jésus va se façonner un peuple appelé à accomplir cette mission ... qui est la sienne. St Pierre dans sa 1ère lettre écrira : "Bénissez, c'est cela votre vocation ..." Cette "Bénédiction" qui est une "diction béné", une Parole de bien, la Parole créatrice", est source de Vie : "expulser les démons, guérir toute maladie et toute infirmité." L'Église a pour mission de proclamer qu'en Jésus se réalise la "bénédiction", le Salut, la Santé, pour tous et chacun. Elle est porteuse de ce trésor car Jésus se laisse "toucher" aujourd'hui par le moyen de l'Église qu'il a fondée et qui prolonge sa mission.

- Il se laisse toucher dans l'assemblée des baptisés réunis : "Là où deux où trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux." (Mt 18, 20)

- Il se laisse aussi toucher dans la proclamation de la Bonne Nouvelle des Évangiles entendus et accueillis : Alors, accueillant la parole de Pierre ils se firent baptiser. La communauté s'augmenta ce jour-là d'environ trois mille personnes." (Ac 2, 41); "Il y avait parmi elles une certaine Lydia, une commerçante en tissus de pourpre ... Elle nous écoutait, car le Seigneur lui avait ouvert l'esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul. 15 Elle se fit baptiser avec tous les gens de sa maison." (Ac 16, 14)
 
- Il se laisse toucher dans les Sacrements : Baptême, Confirmation, Eucharistie, Réconciliation, Malades, Mariage, Ordre. 
  
- Il se laisse toucher dans la sœur ou le frère en humanité en lequel il se présente à nous car il est au cœur de la vie de tous et de chacun : "Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt 25, 40) ...

dimanche 27 octobre 2013

 Parole du jour
Lc 18, 9-14
Samedi 26 octobre

Jésus dit une parabole pour certains hommes 
qui étaient convaincus d'être justes 
et qui méprisaient tous les autres :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. 
L'un était pharisien, et l'autre, publicain.
Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 
'Mon Dieu, je te rends grâce 
parce que je ne suis pas comme les autres hommes : 
voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. 
Je jeûne deux fois par semaine 
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.'
Le publicain, lui, se tenait à distance 
et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; 
mais il se frappait la poitrine, en disant : 
'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !'
Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, 
je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. 
Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. » 

Quelle représentation le pharisien se fait-il de Dieu ? ... Il se croit "l'élu" parce que parfait à ses propres yeux, devant Dieu. Il a accompli les œuvres extérieures demandées par la loi.  Et pour lui Dieu ne peut que le considérer parfait. Il se regarde devant Dieu à travers ses oeuvres. Et donnant donnant, Dieu ne peut que le reconnaître juste. 
St Paul écrit : 
"Le salut ne vient pas de vous, il est un don (gratuit) de Dieu; il ne vient pas des oeuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier devant lui".(Ep 2, 8-9) Et quel mépris pour son prochain ! Jésus dira : " Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux : à l'extérieur ils ont une belle apparence, mais l'intérieur est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures. C'est ainsi que vous, à l'extérieur, pour les gens, vous avez l'apparence d'hommes justes, mais à l'intérieur vous êtes pleins d'hypocrisie et de mal. " (Mt 23, 27-28) 
Et St Jean : 
"Celui qui dit j'aime Dieu et qui n'aime pas son frère est un menteur, En effet, celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne peut pas aimer Dieu qu'il ne voit pas." (1jn 4, 20) 
Citons aussi Jésus :  
"Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt 25, 40) 
La prière du pharisien commence par "je", finalement il n'y a que "lui". "Moi, moi, moi !" C'est de l'enfermement, du nombrilisme ... 

La prière du publicain commence par "Tu". Il reconnaît son incapacité à s'en sortir par lui-même et s'ouvre au "Tu" qui est Dieu, pour en recevoir le salut et donc la capacité d'aimer en vérité. Il a compris "grâce à son péché" (ce qui est un comble), qu'il ne peut se sauver par lui-même.
St Paul écrit :
"C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu." (Ep 2, 8)
Le publicain se décentre de lui-même pour accueillir la Vie d'un Autre. La Source peut couler en lui, il est "devenu juste", ajusté. 
En conclusion, écoutons  à nouveau Jésus :
"Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs." (Mt 9, 13)

samedi 26 octobre 2013

 Parole du jour
Lc 13, 1-9
Samedi 26 octobre

Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus 
l'affaire des Galiléens 
que Pilate avait fait massacrer 
pendant qu'ils offraient un sacrifice.
Jésus leur répondit : 
« Pensez-vous que ces Galiléens 
étaient de plus grands pécheurs 
que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien non, je vous le dis ; 
et si vous ne vous convertissez pas, 
vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées 
par la chute de la tour de Siloé, 
 pensez-vous qu'elles étaient plus coupables 
que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien non, je vous le dis ; 
et si vous ne vous convertissez pas, 
vous périrez tous de la même manière. »

Jésus leur disait encore cette parabole : 
« Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. 
Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : 
'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, 
et je n'en trouve pas. Coupe-le. 
A quoi bon le laisser épuiser le sol ?'
Mais le vigneron lui répondit : 
'Seigneur, laisse-le encore cette année, 
le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. 
Sinon, tu le couperas.' »

Souvent nous vivons comme si notre vie ici-bas était sans fin. Or un accident est vite arrivé, une crise cardiaque où autre chose de semblable qui en quelques instants peuvent nous conduire à quitter cette terre pour l'autre rive. Les premiers moines au désert cultivaient en particulier deux pensées : celle du "Souvenir de Dieu" par la prière et la rumination de la Parole de Dieu; puis celle de la mort, non de façon morbide, mais afin de ne pas oublier que la patrie définitive n'était pas en ce monde qui passe. Ces pensées permettaient de vivre l'instant dans sa plénitude comme déjà l'éternité et d'être prêt, autant que possible, au passage. La lucidité de l'instant les conduisaient à la conscience de leurs péchés et donc à un état de conversion continuelle vers Celui qui seul pouvait les en libérer, ce Dieu dont il gardait le souvenir et qui les rejoignait en Jésus Christ, leur seul Sauveur. La prière de Jésus qui est né au désert et qui est la prière essentielle avec le Notre Père, en Orient, en témoigne : "Seigneur Jésus, Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur."

vendredi 25 octobre 2013


Parole du jour
Lc 12, 49-53
Vendredi 25 octobre

Jésus disait à la foule :
« Quand vous voyez un nuage monter au couchant, 
vous dites aussitôt qu'il va pleuvoir, et c'est ce qui arrive.
Et quand vous voyez souffler le vent du sud, 
vous dites qu'il fera très chaud, et cela arrive. 
Esprits faux ! 
L'aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger ; 
mais le temps où nous sommes, 
pourquoi ne savez-vous pas le juger ?

Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes 
ce qui est juste ? 
Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, 
pendant que tu es en chemin 
efforce-toi de te libérer envers lui, 
pour éviter qu'il ne te traîne devant le juge, 
que le juge ne te livre au percepteur des amendes, 
et que celui-ci ne te jette en prison. 
Je te le dis : tu n'en sortiras pas 
avant d'avoir payé jusqu'au dernier centime. »

Combien souvent nous vivons notre aujourd'hui sans référence à Celui qui lui donne existence ! Nous le vivons seul en dehors de sa Présence. Il est là et nous sommes absents ce qui signifie que nous ne vivons pas l'instant mais que sans cesse nous nous évadons dans le passé ou l'avenir. Vivre "le temps où nous sommes", c'est vivre "ici et maintenant", c'est là que Dieu nous attend pour nous illuminer. Il est dit dans le Prologue de St Jean (1, 3-5 : " Par lui, tout s'est fait,et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie,et la vie était la lumière des hommes; la lumière brille dans les ténèbres,et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée." Accueillir sa vie dans la notre, c'est déposer la notre dans la sienne et lui permettre d'assumer avec nous notre aujourd'hui. Il est au cœur du "temps où nous sommes" ... Il en est le "coeur". Alors laissons le notre battre au diapason du sien. Nos relations avec les autres comme avec nous-mêmes en seront transformées car nous les vivrons dans sa Lumière. 

jeudi 24 octobre 2013

Parole du jour
Lc 12, 49-53
Jeudi 24 octobre

Jésus disait à ses disciples : 
« Je suis venu apporter un feu sur la terre, 
et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, 
et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? 
Non, je vous le dis, mais plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille
 seront divisées : 
trois contre deux et deux contre trois ; 
ils se diviseront : 
le père contre le fils et le fils contre le père, 
la mère contre la fille et la fille contre la mère, 
la belle-mère contre la belle-fille 
et la belle-fille contre la belle-mère. »

De quelle division Jésus parle-t-il ? De celle qui se produit parce qu'il met en pleine lumière ce qui est caché. Il révèle par sa simple présence et par sa parole ce qu'il y a dans le cœur de l'homme. Il met dans la lumière l'obscurité qui s'y cache. Jésus est "un signe en but à la contradiction" (Lc 2, 34). Il y a ceux qui accueille la lumière et ceux qui veulent l'éteindre car elle les dérange dans leurs œuvres mauvaises en lesquelles ils se complaisent.La croix en sera l'aboutissement. Ce sera l'heure du baptême de Jésus passant par la mort et de l'Esprit qui sous la forme de langues de feu renouvellera l'humanité : "La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne peuvent l'atteindre ... l'éteindre". La victoire est au Christ, même si les apparences pourraient parfois nous en faire douter.

vendredi 18 octobre 2013




Fête de St Luc
Luc l'évangéliste ou saint Luc (gr: Λουκᾶς Loukas)
est un compagnon de l'apôtre Paul.
Il exerçait la médecine (Col 4:14)
et il suivit Paul lors de ses voyages d'abord en Macédoine
 puis jusque dans sa détention à Rome (2Ti 4:11).
Il est considéré comme l'auteur
du Troisième Évangile de Jésus Christ et des Actes des Apôtres.


Parole du jour
Lc 10, 1-9
Vendredi 18 octobre

 Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison.'
S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira.
Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.' »

"Le Règne de Dieu est tout proche". Le Règne de Dieu, ce n'est pas celui d'un potentat. Il ne s'agit pas d'un Roi qui approche et dont il faut avoir peur. Le "Règne de Dieu", c'est le bien de l'homme, c'est la lumière et la paix dans son coeur, c'est l'Amour au maximum. Quand Jésus dit qu'il "est tout proche", il parle à la fois de sa Présence, lui l'Emmanuel, "Dieu avec nous" et de la libération qu'il va accomplir par le don de sa vie sur la croix : "un amour jusqu'au bout". Ce don, l'homme est appelé à l'accueillir. Si la porte de son coeur reste fermé, la mort de Jésus ne pourra être source de résurrection pour lui car la lumière ne pourra entrer. "Dans toute maison où vous entrerez, dites : "Paix à cette maison". S'il y a un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui." Accueillir le Règne de Dieu, c'est recevoir la paix. Les envoyés sont porteurs de ce Règne d'amour. D'où l'urgence à trouver de ces ouvriers car la moisson est prête, c'est à dire qu'il y a dans nombre de coeur humain, l'attente de ce Règne. L'ouvrier est là pour en apporter la révélation, lui a qui le Règne s'est révélé.

dimanche 6 octobre 2013



Parole du jour
Lc 17, 5-10
Dimanche 6 octobre

Les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »

Le Seigneur répondit : 
« La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, 
vous diriez au grand arbre que voici : 
'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.

Il est facile de dire «je crois » quand tout va bien. Et encore il nous arrive alors de ne plus nous attacher à la foi, Dieu n'ayant d'intérêt que pour répondre à nos prières quand tout va mal. La foi, c'est bien autre chose : il s'agit d'une relation intime et personnelle avec quelqu'un que je reconnais comme une Personne et en qui je mets toute ma confiance. Quelqu'un à qui je dois la vie, que je sais être au cœur de ma vie, et à qui je remets ma vie car je suis sûr qu'il en prendra soin quelque soit les circonstances de la vie. Avoir la foi, c'est donc ne plus se regarder soi, mais le regarder Lui, et Lui permettre ainsi d'assumer avec moi ma vie. C'est l'accueil du Mystère Pascal au cœur de ma vie. Mystère Pascal ou déjà il a tout assumer de ma vie pour me rendre libre au cœur de celle-ci et confiant en sa Présence et en son agir. Lorsque Pierre descend de la barque pour avancer vers Jésus en marchant sur la mer, tant que son regard est dans le regard de Jésus il avance comme sur la terre ferme et sans crainte. Mais lorsqu'il détourne son regard de celui de Jésus pour le porter sur la situation où il se trouve, l'eau, le vent, les vagues, il coule ... Pour en sortir, il lui faut retourner son regard vers Jésus (conversion) et lui tendre la main. Oui, "Seigneur augmentent en nous la foi !"

Homélie :
Dans la Bible, l’arbre solidement enraciné en terre - probablement un mûrier noir (sycomore) qui peut résister six siècles aux intempéries - représente la vie ; la mer est toujours symbole de la mort. Jésus affirme donc que si nous avions de la foi gros comme la plus petite des graines potagères, nous pourrions faire fleurir la vie au cœur même des situations les plus désespérées.
Il est clair qu’un tel regard sur les événements ne peut procéder du « vieil homme », lui qui est devenu affreusement myope depuis que le péché l’a privé de la lumière de la grâce. Aussi ne peut-il évaluer les situations et les événements auxquels il est confronté, que sur l’horizon restreint de cette vie éphémère. La sagesse voudrait qu’il se laisse conduire par la main, comme un aveugle faisant confiance à celui qui voit. Hélas il n’en est rien : nous prétendons mener notre barque comme bon nous semble au risque de l’échouer sur les récifs des épreuves inévitables de nos vies.
Mais comment prendre autorité sur ce vieil homme auquel nous nous identifions spontanément ? Par la parabole du « serviteur quelconque », Notre-Seigneur nous répond : en nous appuyant par la foi sur un Autre, qui voit plus loin que nous, et qui s’est engagé à nous conduire au bon port : « Moi je suis la lumière du monde, proclame Jésus. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie »  (P. Joseph-Marie)

mercredi 25 septembre 2013

 Parole du jour
Lc 9, 1-6
Mercredi 25 septembre

Jésus convoqua les Douze,
et il leur donna pouvoir et autorité
pour dominer tous les esprits mauvais
et guérir les maladies ; 
il les envoya proclamer le règne de Dieu
et faire des guérisons. Il leur dit :
« N'emportez rien pour la route,
ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ;
n'ayez pas chacun une tunique de rechange.
Si vous trouvez l'hospitalité dans une maison,
restez-y ; c'est de là que vous repartirez.
Et si les gens refusent de vous accueillir,
sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds :
ce sera pour eux un témoignage. »
                                           Ils partirent, et ils allaient de village en village,
                                                         annonçant la Bonne Nouvelle
                                                        et faisant partout des guérisons.

Jésus qui annonce la Bonne Nouvelle, proclame le règne de Dieu, celui de l'Amour, et en donne les signes par les délivrances et guérisons qu'il accomplit, donne à ses disciples de prolonger sa mission. A travers eux, c'est à l'Église qu'il donne mission. Le Pape Paul VI a écrit dans l'exhortation apostolique "Evangelii nuntiandi" : "Née de la mission de Jésus, l'Église est à son tour envoyée par Jésus. L'Église reste dans le monde lorsque le Seigneur de gloire retourne au Père. Elle reste comme le signe à la fois opaque et lumineux d'une nouvelle présence de Jésus, de son départ et de sa permanence. Elle le prolonge et le continue. Or c'est avant tout sa mission et sa condition d'évangélisateur qu'elle est appelée à continuer. Car la communauté chrétienne n'est jamais close sur elle-même. En elle, la vie intime - vie de prière, écoute de la Parole et de l'enseignement des apôtres, charité fraternelle vécue, pain partagé - n'a tout son sens que lorsqu'elle devient témoignage, provoque l'admiration et la conversion, se fait prédication et annonce de la Bonne Nouvelle. C'est ainsi toute l'Église qui reçoit mission d'évangéliser et l'œuvre de chacun est importante pour le tout ..." Et je voudrais rappeler ici les paroles de la prière de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité : "Que je te sois une humanité de surcroit en laquelle tu renouvelles ton mystère."

lundi 23 septembre 2013

Parole du jour
Lc 8, 16-18
Lundi 23 septembre
Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. » 
Jésus est "la Lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde", (Jn 1, 9) "la Lumière qui luit dans les ténèbres et que les ténèbres ne peuvent éteindre" (v. 5). "Qui le suit, dit-il ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la Lumière de la Vie. (Jn 8, 12)" Suivre Jésus, c'est marcher dans la lumière, devenir "lampadaire", "porteur de la lumière", ce qui revient à dire "porteur du Christ" Lui-même et donc ne pas avoir peur d'en être les témoins. Notre vie doit correspondre à notre Foi. Combien de "martyrs" (le mot signifie "témoins") sont aujourd'hui encore porteurs de la Lumière ? ... leurs témoignages traversent les siècles ! C'est notre mission aujourd'hui : témoigner de notre Foi par une vie conforme à celle de Jésus, à son enseignement. Ce dont nous témoignons alors, c'est d'un Amour au maximum, celui de Dieu tel que nous l'a révélé Jésus par sa propre vie donnée.

samedi 21 septembre 2013


SAINT MATTHIEU
Parole du jour
Mt 9, 9-13
Samedi 21 septembre

 Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

A le regarder de l'extérieur, voici un homme peu fréquentable, un collabo, un homme à la solde des romains ... Il perçoit l'impôt et en garde de l'argent dans sa poche. Mais Jésus lui, voit l'intérieur. Il sait que la conscience de Matthieu n'est pas au beau fixe, que son comportement a creusé une brèche dans son coeur. Un mal-être l'habite qui prépare un changement possible, une conversion. Jésus le vit ! L'appel de Jésus va le faire passer de la position assise où il est bloqué sur son siège, à la position debout : "L'homme se leva." "Anasthas" en grec, est l'un des  mots pour  signifier la Résurrection. Jésus le fait passer de la mort à la vie par sa Parole et sa Présence, par son regard. La lumière pénètre par la brèche et éclaire toute la maison. Un amour qui libère,  la Paix retrouvée. Il le suit !
Cette expérience, Matthieu ne peut la garder pour lui. La rencontre de Jésus pousse au témoignage et à la mission. Il veut que ses amis, publicains et pécheurs, connaissent Jésus et fassent l'expérience de sa Présence, de son amour et de la Paix. Les pharisiens blindés dans leur suffisance et qui se croient "justes" restent en dehors de la rencontre et de la Lumière ... ils sont du "monde". Matthieu, lui, à trouvé le "Royaume" et veut le faire découvrir : "Je suis venu appeler non pas ceux qui se croient jutes, mais ceux qui se savent pécheurs et aspirent à  la délivrance."

vendredi 20 septembre 2013

 Parole du jour
Lc, 8, 1-3
Vendredi 20 septembre

Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l'accompagnaient, ainsi que des femmes qu'il avait délivrées d'esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l'intendant d'Hérode, Suzanne, et beaucoup d'autres, qui les aidaient de leurs ressources. 

Relevons d'abord que le "Règne de Dieu" est une "Bonne Nouvelle" traduction du mot "Évangile". Le Règne de Dieu c'est à la fois la Parole de Jésus, son enseignement et sa Présence. Il est un Rabbi, un enseignant et sa Parole libère et réajuste, elle réunifie et donc conduit à l'accomplissement. Il enseigne cette Parole et à la fois il incarne cette Parole. Il est la "Parole de Dieu". Le suivre, c'est tout un enseignement. La croix sera la Parole ultime de Jésus, Celle qui résume tout l'enseignement, la Bonne Nouvelle par excellence : Jésus se fait le serviteur de tous et librement donne sa vie pour la multitude. La Parole ultime est celle de la folie de l'amour. Jésus l'incarne dans sa chair ...  Les douze sont là, eux qui d'une manière particulière vont prolonger sa mission par l'annonce de la Parole, de cette Parole. Et les femmes sont là. Il faut savoir que les rabbis de l'époque excluaient les femmes du cercle des disciples. Jésus les libèrent de cette mise à l'écart et les intègre dans le groupe des disciples : elles sont les égales des hommes dans l'annonce de la Bonne Nouvelle. Marie, de qui il a chassé sept démons, ne sera-elle pas la première à annoncer la résurrection de Jésus aux apôtres eux-mêmes ?  Et ne constatons-nous pas, aujourd'hui, combien elles sont présentes dans les différents services de la mission ? ...

jeudi 19 septembre 2013

 Parole du jour
Lc 7, 36-50
Jeudi 19 septembre

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. »
Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. — Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? »
Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. — Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds. Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds.  Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. »
Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »

La sainteté n'est pas la perfection. S'il en était ainsi, très vite l'orgueil prendrait le dessus : l'être humain se ferait comme trop souvent il le fait l'égal de Dieu. Le donnant-donnant. Or la vie nous la recevons de Lui comme la sainteté. Lui seul est Saint. Et lorsque Jésus nous demande "d'être parfait comme notre Père Céleste est parfait" (Mt 5, 48) , il nous appelle à la miséricorde et à l'amour : "Vous donc soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux." (Lc 6, 36) Et il ajoute : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés, pardonnez et vous serez pardonnés." (v. 37-38) Voilà en fait la vraie perfection qui s'apparente alors à l'amour qui en est la Source et le moteur ... En ce sens, le pharisien n'était pas parfait comme il pensait l'être avec toutes ses pratiques et sa suffisance. Il  savait reconnaître le péché des autres sans distinguer d'ailleurs entre la personne et son péché mais pas le sien. Pour cette raison, le pardon ne pouvait accomplir son oeuvre de salut en lui.  Quand à la femme :  "Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. " La reconnaissance de son péché et la joie de la libération a mis dans son coeur "son grand amour". Et désormais elle n'est plus centrée sur son "égo", mais sur la Personne de Jésus dans une confiance qui laisse passer la grâce : " Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! ". "Que celui qui a des oreilles entende !"

mardi 17 septembre 2013

 Parole du jour
Lc 7, 11-17
Mardi 17 septembre 

Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. 
Ses disciples faisaient route avec lui, 
ainsi qu'une grande foule. 
Il arriva près de la porte de la ville au moment 
où l'on transportait un mort pour l'enterrer ; 
 c'était un fils unique, et sa mère était veuve. 
Une foule considérable accompagnait cette femme.
En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, 
et lui dit : 
« Ne pleure pas. » 
Il s'avança et toucha la civière ; 
les porteurs s'arrêtèrent, et Jésus dit : 
« Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi. » 
Alors le mort se redressa, s'assit et se mit à parler. 
Et Jésus le rendit à sa mère. 
La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : 
« Un grand prophète s'est levé parmi nous, 
et Dieu a visité son peuple. »
 Et cette parole se répandit dans toute la Judée 
et dans les pays voisins.

Voici un récit qui préfigure la mort et la résurrection de Jésus : Jésus est fils unique, Marie sa Mère est veuve. Sans doute que Jésus pense à lui et à sa mère et en voyant la souffrance de cette veuve, pense à la souffrance qui sera celle de sa Mère : "Ne pleure pas !" Tout ne s'arrête pas là. Sa mort sera un commencement. L'être humain va de la vie à la mort, "par Jésus, avec Jésus et en Jésus" il passe de la mort à la vie : "Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi." Le verbe grec que traduit : "lève-toi." est "égertheti" qu'il faudrait traduire par "réveille-toi." Terme technique pour dire la "Résurrection" et souvent traduit ainsi en français... Alors le mort se redressa ... Jésus sera rendu à sa mère par l'intermédiaire de l'homme dont il a fait un fils en le sauvant : "femme, voici ton fils." Il lui désignait l'apôtre Jean qui était auprès d'elle au pied de la croix et auquel il dit : "Voici ta Mère." Jean représentait l'Humanité, chacun d'entre nous.

lundi 16 septembre 2013



Parole du jour 
(Lc 7, 1-10)
Lundi 16 septembre

Après avoir achevé tout son discours devant le peuple, 
Jésus entra dans la ville de Capharnaüm.
Un centurion de l'armée romaine avait un esclave 
auquel il tenait beaucoup ; 
celui-ci était malade, sur le point de mourir.
Le centurion avait entendu parler de Jésus ; 
alors il lui envoya quelques notables juifs 
pour le prier de venir sauver son esclave.
Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient : 
« Il mérite que tu lui accordes cette guérison. 
Il aime notre nation : 
c'est lui qui nous a construit la synagogue. »
Jésus était en route avec eux, 
et déjà il n'était plus loin de la maison, 
 quand le centurion lui fit dire par des amis : 
« Seigneur, ne prends pas cette peine, 
car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. 
 Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. 
Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. 
Moi qui suis un subalterne, j'ai des soldats sous mes ordres ; 
à l'un, je dis : 'Va', et il va ; 
à l'autre : 'Viens', et il vient ; 
et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. »
Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration. 
Il se tourna vers la foule qui le suivait : 
« Je vous le dis, même en Israël, je n'ai pas trouvé une telle foi ! » 
De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en bonne santé.

La foi serait-elle le fait de ceux qui se disent dans le sérail ? ... L'Evangile de ce jour nous dit le contraire. Ce qui est pour nous une leçon. Il est tout à fait possible que celui que je rencontre et qui "me semble" loin du Christ parce qu'il ne fait pas partie du "groupe" est plus près de Lui que moi. Comment en juger ? ... C'est nous qui posons des palissades et qui prenons la tension. Mais Dieu dépasse notre entendement et présent en chaque personne humaine, il cherche à rejoindre le coeur et la vie de chacune quelque soit son chemin. Ecoutons Jésus : "Même en Israël, je n'ai pas trouvé une telle foi !" Cela nous garde dans l'humilité et nous pousse à nous interroger sur notre propre foi. Il ne suffit pas de dire "l'avoir" comme si nous en étions propriétaire alors qu'elle est un "don", encore faut-il en vivre vraiment !

vendredi 13 septembre 2013

Parole du jour
(Vendredi 14 septembre)
(Lc 6, 39-42)

Jésus s’adressait à la foule en paraboles :
« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?

Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ?

Le disciple n'est pas au-dessus du maître ;
mais celui qui est bien formé sera comme son maître.
Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère,
a
lors que la poutre qui est dans ton œil à toi,

tu ne la remarques pas ?

Comment peux-tu dire à ton frère :

'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil',

alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ?

Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton oeil ;

alors tu verras clair pour retirer la paille

qui est dans l'oeil de ton frère.



Il ne suffit pas de se dire chrétien, encore faut-il l'être. Le rite du baptême ne fait pas de nous des chrétiens, il nous met sur le chemin ... Certes, à partir de ce Sacrement, on nous reconnaît comme chrétien, mais ce que l'on reçoit alors doit se déployer dans toute notre vie au quotidien , dans nos pensées, nos paroles, nos comportements ... pour qu'en vérité on le soit. La graine jetée en terre est appelée à germer et pousser : " ... la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi ..." (Mc 4, 26-29) Et pour que cela arrive, il faut prendre soin de la terre et de la graine, il faut mener une vie selon le Christ. Au baptême, le célébrant, dit après les rites essentiels de l'eau et de l'onction, "tu es devenu une création nouvelle, tu as revêtu le Christ". Le baptisé est appelé alors à collaborer à cette vérité en permettant au Christ d'assumer avec lui son existence et de la transfigurer à sa ressemblance. Pour ce faire, l'écoute de sa Parole est essentielle : "Celui qui est bien formé sera comme son maître" nous dit l'Évangile de ce jour. Il faut se laisser éduquer par Jésus. Le maître dont il est question ici est le "maître d'école", celui qui éduque. Se laisser éduquer en s'imprégnant tout d'abord des Évangiles qui sont, comme l'écrit St Jérôme, le "Corps du Christ". Puis communier à sa Présence à travers les Sacrements par lesquels il nous touche jusqu'au fond de l'être pour nous transformer. Enfin s'ouvrir à la vie fraternelle en laquelle nous sommes invités à mettre en œuvre ce que nous avons reçu, la vie de Jésus. Nous sommes, comme l'écrivent les Pères, des "Porte-Christ". Ce qui demande un décentrement de nous-mêmes pour un recentrement sur Lui. C'est là ce que veut exprimer la grande doxologie de la prière eucharistique : "Par Lui, avec Lui et en Lui".
Si nous ne vivons pas de la grâce de notre baptême au quotidien, nous risquons bien d'être des aveugles qui conduiront d'autres aveugles sans les guider vers la lumière du Christ. Nous dirons savoir, mais nous nous ferons illusion. Il y a des signes de cet aveuglement. L'Évangile de ce jour nous en donne un : "le jugement". Le fait d'être chrétien ne fait pas de nous des "juges" et des "supermans", il nous conduit à nous reconnaître pécheurs, mais pécheurs pardonnés. La reconnaissance de notre incapacité à nous sauver nous-mêmes, nous conduit à l'humilité et à la compassion envers les autres que l'on sait autant aimés de Dieu que nous-mêmes : "Dieu ne fait pas acception des personnes." Le Christ ne juge pas, il donne Sa Vie pour donner la Vie. C'est là notre vocation chrétienne.

samedi 7 septembre 2013

Parole du jour
Lc 6, 1-5
Samedi 7 septembre

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé ;
ses disciples arrachaient et mangeaient des épis,
après les avoir froissés dans leurs mains. Des pharisiens lui dirent :
« Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? »
Jésus leur répondit :
« N'avez-vous pas lu ce que fit David
un jour qu'il eut faim, lui et ses compagnons ?
Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l'offrande,
en mangea, et en donna à ses compagnons,
alors que les prêtres seuls ont la permission d'en manger. »
Jésus leur disait encore :
« Le Fils de l'homme est maître du sabbat. »

Il ne faut pas se tromper ! Ce qui est au cœur de la préoccupation de Jésus, c'est la Personne humaine et non des règles qui aussi importantes soient-elles, ne sont que des moyens. Si celles-ci deviennent un obstacle pour le vrai bien de l'homme, il faut savoir les écarter momentanément. Ne jamais en faire un absolu ! Ainsi des épis arrachés pour apaiser la faim. Le sabbat n'est pas là pour enfermer l'homme. Au contraire, il est le signe de la vie et de la libération.
La vie ! Il se réfère au récit de la création dont il fait mémoire(Ex 20, 8-11). Aussi, si la vie est en danger, la secourir passe avant la "mémoire" qu'on en fait.
La libération ! Il se réfère à la libération des hébreux de l'Égypte, par le passage de la mer rouge (Dt 5, 12-15). Aussi lorsque la liberté de l'homme est en danger, la libération passe avant la "mémoire" de l'évènement.
Jésus est Maître du sabbat. Ce qui est premier pour lui, c'est la vie et la libération de l'homme. Tout en respectant le sabbat, il refuse d'en être esclave et invite à en retrouver le sens en le libérant de ce qui le paralyse et à lui redonner vie.